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29/12/2012

Challenge Virginia Woolf

  • virginia woolf.jpgDe retour de vacances, après avoir fêté Noël et fait quelques belles lectures, et très heureuse de vous retrouver en ce week-end tranquille...
  • En 2010 j'ai eu envie de lancer un challenge autour de la brillante Virginia Woolf, dont l'oeuvre vaste, très variée m'attire depuis bien longtemps. Après quelques belles lectures, qui n'ont pas toutes été chroniquées par ici, j'ai aujourd'hui encore plus envie de partager avis, découvertes et coups de coeur (je n'en doute pas) avec vous.  D'autant plus que les éditeurs nous ont beaucoup gâtés récemment avec de belles publications autour de Woolf, qui entre d'ailleurs cette année dans la prestigieuse Bibliothèque de la Pléiade. C'est pourtant je relance ce challenge en 2013 en espérant que vous aurez envie de vous joindre à moi pour des lectures communes et libres, avec pour seuls mots d'ordre le plaisir et l'échange, et encore le plaisir !
  • Plusieurs niveaux pour ce challenge :
  • Niveau Katherine Hilbery (Nuit et Jour) : un texte de Virginia Woolf et une biographie OU une oeuvre inspirée de sa vie (roman, BD, film...)
  • Niveau Orlando : trois textes de Virginia Woolf et une biographie OU une oeuvre inspirée de sa vie
  • Niveau Mrs Dalloway : au moins cinq textes de Virginia Woolf, une oeuvre inspirée de sa vie, une biographie
  • Pour celles qui ont déjà participé au challenge en 2010 : vos anciens billets comptent bien sûr aussi pour ce challenge 2013.
  • Pour vous inscrire, c'est par ici ! Who's in for a cup of tea ?

 
Quelques idées de lecture :
  • Romans et nouvelles :
  • Traversées / La Traversée des Apparences
  • Nuit et Jour
  • Lundi ou Mardi
  • La Chambre de Jacob
  • Mrs Dalloway
  • La Promenade au Phare 
  • Orlando
  • Les Vagues
  • Les Années
  • Flush
  • Entre les Actes

Autres nouvelles non publiées du vivant de Virginia Woolf


Essais, lettres, journaux (non exhaustif) :

La Scène Londonienne

Une Chambre à soi

The Common Reader

L'art du roman

Suis-je snob ?

De la Maladie

Elles

L'écrivain et la Vie

Le cinéma et autres essais

Correspondance avec Vita Sackville-West

Correspondance avec Lytton Strachey

Ce que je suis demeure en réalité inconnu (extraits de sa correspondance)

Journal

Le Journal de Hyde Park Gate

Instants de Vie


Biographies, témoignages :

Alexandra Lemasson, Virginia Woolf

Viviane Forrester, Virginia Woolf

Alexandra Harris, Virginia Woolf

Geneviève Brisac et Agnès Desarthe, La Double Vie de Virginia Woolf

Jane Dunn, Virginia Woolf et Vanessa Bell : Une très intime conspiration

Vanessa Curtis, Les Femmes de Virginia Woolf

Hermione Lee, Virginia Woolf ou l'Aventure intérieure

Nicolas Pierre Boileau, Jacques Aubert, Luc Garcia et Monique Harlin, Virginia Woolf : L'écriture, refuge contre la folie

E.M. Forster, Virginia Woolf

Kennedy Richard, J'avais peur de Virginia Woolf


Autres oeuvres inspirées de la vie de Virginia Woolf ou de ses écrits :


Susan Sellers, Virginia ma Soeur, mon Amour
 
Christine Orban, Virginia et Vita
 
Michael Cunningham, The Hours (+ adaptation)
 
... d'autres idées d'oeuvres insipirées par Woolf et ses créations ?
 
 
Et vous, quelles sont les lectures de Woolf qui vous ont marqué ?
 
*****
Je profite de ce billet pour vous faire part d'un autre challenge organisé par Coralie pour nous porter chance en 2013. N'hésitez pas à aller faire un petit tour chez elle pour conjurer le mauvais sort l'année prochaine !

21/12/2012

Louise Welsh, De Vieux Os

écosse, roman écossais, prix kiltissime, louise welsh, de vieux osVoilà enfin les vacances de Noël, mais avant de partir à la recherche de Santa Claus je m'acquitte de mes devoirs et termine enfin mes lectures dans le cadre du Prix Kiltissime, prix des blogueurs du meilleur roman écossais, organisé par la très gaélique Cryssilda.

 Je vous avais déjà parlé de Scintillations de John Burnside et de L'Homme de Lewis de Peter May. Poursuivons avec De Vieux os de Louise Welsh. Dans quelques jours je publierai mon billet sur Nuage de Cendre de Dominic Cooper et vous dirai enfin qui est mon heureux élu !

J'avais hâte de lire De Vieux os mais j'ai réservé cette lecture pour la fin, car je nourrissais de grands espoirs à son égard et anticipais un plaisir de lecture certain. Et pour cause : le héros, Murray Watson, docteur en lettres à l'Université de Glasgow (je vois déjà des yeux qui scintillent), vient de prendre une année sabbatique afin de se consacrer à des recherches sur un poète des années 70, Archie Lunan. Murray est fasciné par un recueil de Lunan depuis son adolescence et est bien décidé à écrire une biographie qui rendra enfin justice à ce jeune génie mort sur un rafiot en pleine tempête. Suicide ? Inconscience ? Le mystère plane autour de la disparition de cet énigmatique personnage, dont on ne connaît qu'un recueil et que la postérité a oublié.

écosse, roman écossais, prix kiltissime, louise welsh, de vieux osMurray tâtonne d'abord : peu de documents intéressants dans les archives de la bibliothèque; Christie, qui vivait avec Lunan à l'époque de ses débauches puis de son décès, refuse d'être interviewée. Mais petit à petit, et grâce à de nombreux hasards tout de même, Murray parvient à retrouver des gens qui ont connu Lunan ou ses comparses. Plus l'enquête avance, plus la fascination presque malsaine que Murray éprouve pour Lunan grandit. Et, au-delà des recherches sur un jeune homme talentueux noyé dans l'alcool, menant une vie de hippie et s'intéressant aux sciences occultes, Murray s'interroge sur sa propre vie et sur le sens de sa démarche. Sur le plan littéraire, il finit par se demander s'il convient vraiment de connaître l'auteur pour comprendre l'oeuvre et plus son enquête avance, plus il songe à abandonner pour publier une analyse purement critique de Lunan. Sur le plan personnel, l'histoire sordide de Lunan et la solitude des personnes qu'il croise au cours de ses recherches mettent en évidence le vide de sa propre existence. Sa mère a disparu depuis bien longtemps, son père vient de mourir sénile, loin de sa maison et de ses deux fils ; Murray vient de se brouiller avec son frère Jack, sa maîtresse Rachel (la femme du chef du département) le quitte, il s'attend à perdre son emploi, une aventure d'une nuit refuse de donner suite, son appartement et son mode de vie chaotiques reflètent sa solitude... bref, ce récit sera aussi celui-ci de la vie de Murray : son travail aura-t-il un effet positif sur lui ?

C'est là un roman fort plaisant, une sorte de thriller littéraire dont le thème avait tout pour me plaire. J'ai évidemment apprécié les références à d'autres textes, toutes les réflexions sur la littérature, brûlé d'envie d'en savoir plus sur Lunan, espéré en secret un nouveau départ pour Murray. Malgré tout cette lecture a légèrement déçu mes attentes car, en raison du sujet, je m'attendais à un texte plus abouti, à une plume plus alerte. A titre de comparaison les descriptions des îles Hébrides faites par Peter May étaient plus spectaculaires – j'emploie ce mot délibérément car en lisant Peter May je voyais les éléments se déchaîner sur les côtes sauvages écossaises. Et paradoxalement, je n'ai pas été complètement emportée par le récit malgré toutes ses qualités (peut-être parce que tout s'imbrique finalement trop bien et que le hasard fait vraiment bien les choses ?).

Une phrase que je trouve peu élégante mais très drôle : Quelques moutons qui s'abritaient derrière s'effrayèrent à son approche et s'enfuirent avec une hâte irréfléchie, telles de grosses dames dévalent une colline sur des talons hauts. (p218)

Et sur Lunan : Je pensais qu'il était plus épris de l'idée d'être écrivain que du besoin de créer. (p94)

Quelques avis kiltissimes : Cryssilda, Melodie ; Choupynette s'est tellement ennuyée qu'elle n'a pas fait de billet, (membres du jury oubliés n'hésitez pas à me laisser vos liens)

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392 p

Louise Welsh, De Vieux Os, 2010

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07/12/2012

Peter May, L'Homme de Lewis

may_homme lewis_jpeg.jpgC'était LE roman de la sélection Kiltissime qui me faisait un peu peur car je lis très peu de polars depuis des années, hormis quelques romans dont l'action se situe au XIXe (ce qui là change ma perception des choses, bizarrement...).

Je ressors pourtant de L'Homme de Lewis de Peter May vraiment ravie de cette découverte (car il est certain que je n'aurais pas lu ce roman si je n'avais pas participé au prix).

Alors que le coût de l'énergie augmente, de nombreux habitants de l'île de Lewis retrouvent les habitudes de leurs ancêtres et utilisent désormais la tourbe pour se chauffer. Le roman s'ouvre avec la découverte d'un corps momifié dans la tourbe. Rapidement, un lien est établi entre le défunt et le vieux Tormod MacDonald, le père de l'ancienne petite amie de Fin Macleod, ex-détective de retour sur son île natale à la suite d'une tragédie familiale. Avant que n'arrive un inspecteur étranger aux îles, Fin commence à mener l'enquête afin de protéger les MacDonald et d'innocenter Tormod, suspect numéro 1. En parallèle de l'enquête, alors qu'il est atteint de sénilité, Tormod se souvient de son enfance et de son adolescence malheureuse : orphelin, il a été envoyé avec son frère Peter dans les îles Hébrides en tant que « homer », au service d'une famille locale.

peter may,écosse,roman écossais,l'homme de lewis,prix kiltissimeJe ne sais pas encore si je me laisserai tenter par les autres romans de Peter May et notamment, par le premier opus de cette trilogie, car j'ai surtout apprécié la dimension historique avec le destin de ces orphelins devenus des homers et bien plus que l'intrigue policière en elle-même, c'est le récit de la vie de Tormod qui m'a fait dévorer de nombreux passages. A l'inverse, je me suis moins intéressée aux personnages plus jeunes.

En ce qui concerne le Prix Kiltissime j'attends ma dernière lecture et la relecture d'extraits du roman de Dominic Cooper pour me prononcer. Nuage de Cendre avait été un vrai coup de coeur mais ma lecture date un peu ; L'Homme de Lewis me paraît un peu moins abouti mais je me suis régalée à la lecture de nombreux chapitres, dont la fin, et j'ai été sous le charme des descriptions. Peter May sait faire vivre les îles écossaises sous nos yeux, retraduire la force brute des éléments et la beauté sauvage d'un littoral battu par les vents... sur ce point, cette lecture a été un vrai régal !

(En cherchant une image pouvant illustrer les homers je suis tombée sur le joli dessin en bas)

3,5coeurs.jpg

 

 

315 p

Peter May, L'Homme de Lewis, 2011

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04/12/2012

John Burnside, Scintillation

burnside_scintillation.jpgVoilà un roman dont je vais avoir bien du mal à parler. Il y a plusieurs mois j'avais accepté avec joie de participer au Prix Kiltissime visant à récompenser un roman écossais, prix des lecteurs/blogueurs organisé par ma copine Cryssilda. Après avoir lu Nuage de Cendre sur lequel je dois encore rédiger un billet (ce qui ne sera pas chose facile après plusieurs mois) j'ai tardé à poursuivre mes lectures, mais me rattrape enfin ! Commençons donc avec Scintillation de John Burnside. Et quel drôle de texte !

Le début est assez déstabilisant car il s'agit du passage dans l'au-delà de l'un des personnages, passage qui je dois l'avouer m'a franchement épouvantée car rien de tel qu'une introduction très mystique pour me faire grincer des dents ! Heureusement pour moi j'ai trouvé beaucoup de qualités à ce roman par la suite.

Le récit se déroule dans l'Intraville, lieu imaginaire aux allures de banlieue populaire en crise après la désaffection d'une usine chimique. La ville est marquée par la disparition de jeunes garçons dont personne ne sait ce qu'il est advenu ; personne, à l'exception du représentant des forces de l'ordre local qui a trouvé le premier corps, les bras disposés en croix dans un simulacre de rite religieux. Dans cette ville marquée par les maladies et la folie, les gens choisissent de croire à la version officielle et renoncent à rechercher les garçons disparus. Tous sauf le jeune Leonard, qui est persuadé qu'il est arrivé quelque chose à son meilleur ami, le dernier sur la liste.

On pourrait penser au début qu'il s'agit d'une histoire policière mais rapidement on devine que l'étranger dont Leonard s'est rapproché n'est autre que le tueur et que la fin n'aura rien de réjouissant. L'intérêt du roman repose sur le cadre étonnant, sur ce site industriel en ruine d'où s'échappent des rejets toxiques, responsables de l'abrutissement et de la déchéance physique des habitants de la ville. Burnside crée de toutes pièces une ambiance pesante et sait tenir son lecteur en haleine, car j'ai lu d'une traite de nombreux chapitres. Et pourtant, je ne peux pas vraiment dire que ce roman m'ait plu et j'étais contente d'arriver au bout, sans doute parce que l'univers ne me plaisait pas spécialement et que je ne me suis attachée à aucun personnage. Une lecture intéressante mais douloureuse !

Au final, Scintillation est indéniablement un roman intelligemment construit mais je l'écarte pour ma part sans hésiter de ma sélection de favoris pour le Prix Kiltissime, parce que nous n'étions pas faits pour nous aimer... mais d'autres ont adoré ce roman et je vous invite à lire leur billet, à commencer par celui de Cryssilda qui l'a sélectionné pour le Prix Kiltissime.

Un grand merci à Jérôme et aux éditions Points pour cet envoi !

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308 p

John Burnside, Scintillation, 2008

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29/11/2012

Ian Mc Ewan, Sur la plage de Chesil : concours

McEwan_Sur la Plage de Chesil.jpgIan McEwan faisait partie de ces (nombreux) auteurs dont je convoitais les romans alléchants depuis un moment sans jamais me décider à les lire. J'ai finalement profité d'un séjour londonien pour découvrir son univers avec Sur la Plage de Chesil.

Edward et Florence viennent de se marier et s'apprêtent à traverser ensemble leur nuit de noces. Dans un petit hôtel en bord de mer, le dîner traîne en longueur tandis que les mariés anticipent chacun à sa façon la nuit à venir. D'un côté Edward brûle d'impatience et ne rêve que du bonheur qui l'attend auprès de sa jeune épouse. A l'inverse, Florence est tétanisée : elle n'a jamais voulu en arriver là et elle rêverait d'un amour platonique car la perspective de ce qui l'attend la dégoûte profondément. Tous deux sont complètement inexpérimentés et le mariage est venu brutalement bousculer le statut quo qui existait entre eux, car il est évident pour tous les deux que le serment fait dans la journée a changé officiellement leur relation et ce qu'ils sont en droit d'en attendre.

Une très belle entrée en matière pour ma première rencontre avec Ian McEwan. Dans ce roman qui pour l'essentiel tient en une seule soirée, McEwan nous livre le portrait de deux personnages que tout oppose, deux âmes à la recherche l'une de l'autre mais profondément entravées par le poids de la tradition et des convenances. Toute leur relation se heurte à ce mariage dans lequel tous deux se sont réfugiés pour de mauvaises raisons et qui leur donne de nouveaux droits ou leur octroie de nouveaux devoirs, selon que l'on songe à Edward ou Florence. Ce changement de statut sonnera le glas de la relation romantique et romanesque qu'ils entretenaient avant.

Un roman tout en finesse, des personnages qui prennent vie sous nos yeux, une écriture très agréable... pour ma part un coup de coeur et une lecture qui me marquera !

Un extrait : « Elle vénérait les vieux mélomanes qui mettaient des heures à émerger de leur taxi, ces derniers Victoriens qui rejoignaient leur place en boitant et en s'appuyant sur leur canne, pour écouter un récital dans un silence religieux, leur sens critique en éveil, les genoux recouverts d'un plaid qu'ils avaient apporté avec eux. » (p30).

D'autres avis : InColdBlog, Levraoueg, Thom, Emjy, Lilly, Sybilline...

Une lecture qui entre dans le cadre du Challenge du Prix Campus, co-organisé chez Cryssilda, Titine et ici-même en partenariat avec les éditions Folio.

prix-campus-lecteurs-Logo.jpgDans le cadre du Challenge du Prix Campus :

Cryssilda a parlé de L'Elégance du Hérisson de Muriel Barbery, de Sur La Plage de Chesil de Ian McEwan, de Novecento : pianiste d'Alessandro Baricco,

Titine a parlé de Corniche Kennedy de Maylis de Kerangal, du Seigneur des Porcheries de Tristan Egolf, de La Promesse de l'Aube de Romain Gary,

Ici, je vous ai parlé de L'Ami retrouvé de Fred Ulhman,

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178 p

Ian McEwan, Sur la Plage de Chesil, 2007

*****

Je profite de cette chronique britannique pour faire un clin d'oeil à deux autres romans qui figurent sur la liste du Prix Campus:

coe_bienvenue au club.jpgBienvenue au club de Jonathan Coe : Un extrait de mon billet datant de 2010 "Dans un roman assez dense, Coe nous offre un large panorama des années 70, mettant l'accent sur l'histoire politique du pays et le contexte sociétal tendu de ces années: (...) En fin de compte, ce sont beaucoup de petites histoires a priori insignifiantes qui, mises bout à bout, forment un récit riche, amusant et empreint d'une grande sensibilité.  (...)  Un bel hommage à l'Angleterre des années 70 ! " N'hésitez pas à aller voir mon billet sur ce roman et mes autres billets sur Jonathan Coe pour vous laisser tenter par cet auteur fabuleux !

alan-bennett-la-reine-des-lectrices.jpeg.jpgLa Reine des Lectrices d'Alan Bennett : Je m'étais ruée sur ce livre à sa sortie, un petit plaisir de lecture comme on les aime ! Ce que j'en ai dit en 2009 : "Un peu par hasard, la Reine découvre une librairie ambulante aux portes de son palais (ou devrais-je dire, de ses cuisines). Se sentant obligée d’emprunter un livre, elle fait une première tentative… ratée, avant de découvrir Nancy Mitford. C’est la révélation, le début de la fin, sa Majesté aime lire et comme toute Lectrice Compulsive Anonyme qui se respecte, la reine n’a bientôt plus qu’une idée en tête : lire !. (...) Légèrement irrévérencieux, parfaitement British, ce livre parlant de lecture et de lecteurs devrait séduire beaucoup de LCA !" Et pour lire mon billet sur ce récit, suivez le guide !

****

Prix Campus.jpgEt comme Noël approche, j'ai le plaisir de vous proposer de gagner deux romans britanniques dans le cadre du Prix Campus. Voici donc un nouveau concours pour tenter de gagner un exemplaire de Bienvenue au Club de Jonathan Coe OU de Sur la Plage de Chesil Beach de Ian McEwan. Pour participer, c'est très simple, il suffit de répondre dans les commentaires à cette question : "Quel a été votre roman anglais préféré lu cette année ?" (il peut avoir été publié en 2012 ou bien avant). Pensez aussi à me dire si vous souhaitez participer pour remporter le roman de Jonathan Coe ou celui de Ian McEwan, ou l'un des deux sans préférence. Vous avez jusqu'au 8 décembre pour participer. Good luck !

26/11/2012

L'importance d'être Wilde (Théâtre)

theatre_importance d'etre wilde.jpgAuteur: Philippe Honoré d’après l’œuvre et la vie d’Oscar Wilde
Mise en scène: Philippe Person
Avec: Anne Priol, Emmanuel Barrouyer, Pascal Thoreau

J'avais raté l'an dernier cette pièce sur Wilde qui me tentait évidemment (dès qu'il s'agit de ce cher Oscar...). Alors vous imaginez bien quel a été mon enthousiasme lorsque j'ai récemment vu qu'il y avait des prolongations !

Dans une petite salle fort confortable et pleine de charme du théâtre du Lucernaire, où les acteurs sussurrent des aphorismes à l'oreille des spectateurs lorsque ceux-ci s'installent, nous avons assisté à une pièce un brin provocante, pleine d'humour et d'émotion.

A travers des aphorismes, des extraits de pièces, du Portrait of Dorian Gray et de lettres, la pièce fait revivre un Wilde flamboyant, brillant, provocant, qui finit par devenir l'ombre de lui-même, entre le procès qui l'envoya en prison, la pauvreté, la perte d'inspiration et une fin de vie triste et sordide à Paris.

Une pièce intelligente servie par d'excellents interprètes (à noter notamment la prestation d'Anne Priol jouant un extrait de Salomé). Philippe Honoré et Philippe Person ont pris le parti de proposer une oeuvre décalée, moderne, qui utilise habilement les écrits de Wilde sans ancrer la pièce dans le XIXe victorien – l'exemple le plus frappant étant les choix musicaux, dont Tom Jones ou un des titres de David Bowie que j'adore). Et le tout se marie parfaitement.

Oscarblue2.jpgLa fin de la pièce m'a particulièrement touchée (mort d'Oscar Wilde) et c'est ce qui en fait un coup de coeur pour moi, car c'est la première fois que je suis aussi émue en voyant une pièce de théâtre. Le fait d'utiliser l'enregistrement d'une des (rares) personnes ayant assisté à l'enterrement de Wilde n'y est pas pour rien. A noter que son « ami » Gide était aux abonnés absents.

Une pièce qui m'a donné envie de reprendre mes lectures de Wilde et de poursuivre à mon rythme le Challenge Oscar Wilde que j'avais lancé il y a un petit moment mais mis de côté. N'hésitez pas à vous joindre à moi si vous souhaitez participer et échanger sur l'oeuvre de cet esthète à la personnalité pour le moins remarquable.

importance-detre-wilde-615_jean-claude-grouard.jpgUne pièce savourée avec ma chère Titine, dont le billet vous attend également aujourd'hui.

Un article intéressant du Nouvel Observateur sur Wilde, une analyse d'un texte consacré aux funérailles de Wilde, un article sur la relation Wilde-Proust (à noter que je n'ai pas voulu faire de lien vers un site relatant la mort d'Oscar Wilde avec moult détails glauques et renvoyant à une photo post-mortem).

Sur ce blog, de Wilde...

Le Crime de Lord Arthur Savile

Teleny

The Importance of being earnest

The Picture of Dorian Gray

...  et autour de Wilde (adaptations) : 

An Ideal Husband (1999)

The importance of being earnest (2002)

 

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L'Importance d'Etre Wilde, 2012

 

wilde.jpgChallenge Oscar Wilde :

Ecrits de Wilde :

An Ideal Husband : Theoma

Lady Windermere's Fan : Titine

The Picture of Dorian Gray Lou

Teleny : LouSybilleThe Bursar,

Les adaptations sur petit et grand écran :

An Ideal Husband (1999) : Lou

Lady Windermere's Fan (1925) : Titine


 

10/11/2012

Kim Newman, Anno Dracula

newman_anno dracula1.jpegIl y a quelques années, grâce à un de ces petits miracles qui se produisent parfois sur la blogosphère et vous font faire de géniales découvertes, j'ai remarqué la série de Kim Newman débutant par Anno Dracula. Datant du début des années 1990, cette série mettait les vampires à l'honneur bien avant la déferlante de best-sellers sur le sujet mais, en dépit de la qualité de cette oeuvre, les trois romans de Kim Newman étaient épuisés quand je m'y suis intéressée. Aujourd'hui le premier opus, Anno Dracula, est réédité par les éditions Bragelonne, et je ne peux que vous recommander de vous ruer chez un bon libraire pour vous le procurer sans plus attendre. Pas la peine de lire ma modeste chronique, dévorez ce roman !

J'ai un attachement particulier pour la littérature vampirique (j'en ai déjà parlé un peu par ici). Petite puis jeune adolescente j'ai été marquée par quelques textes, comme Je m'appelle Dracula (merci M. Cohen) et à l'adolescence, l'envoûtant Entretien avec un Vampire lu et relu – quel dommage qu'Anne Rice ait bien changé ! Il y a maintenant quelques années, j'ai eu la chance de tomber sur un excellent professeur ayant eu l'idée géniale de proposer un cours en anglais sur les vampires dans la littérature et au cinéma. J'ai découvert avec bonheur de nombreux classiques, rédigé avec un enthousiasme juvénile touchant des essais dont un portant sur les femmes dans la littérature vampirique du XIXe (comme quoi, les Victoriens et moi, c'est une longue histoire). Hormis les lectures obligatoires, j'ai fait quelques découvertes très sympathiques et échangé avec mon professeur devenu un ami ; depuis j'associe toujours mes lectures vampiriques à cette période exaltante et aux discussions passionnantes sur le sujet. J'en garde aussi de la nostalgie pour une certaine approche du mythe du vampire. J'ai toujours eu un faible pour la version romantique du dandy vampire (sans doute une trace de mes lectures d'Anne Rice, qui connaissait ses classiques et savait s'en inspirer) mais je suis surtout fascinée par le fait que ce sujet soit abordé de multiples façons, avec certaines constantes (le pieu, la lumière, l'aïl qui reviennent souvent) mais des variations intéressantes ; beaucoup d'oeuvres ou de navets utilisent le vampire de façon très symbolique (à commencer par la sexualité inhérente au personnage). Quoi qu'il en soit, le mythe du vampire est d'une richesse toute particulière à mes yeux et je regrette de ne pas trouver facilement de textes avec un réel niveau d'exigence depuis la multiplication des romans apparus avec l'arrivée de Twilight. Et lorsque dans la jungle des récits peu ambitieux un livre tel qu'Anno Dracula est réédité, le mérite de la maison d'édition mérite vraiment d'être souligné.

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Anno Dracula avait d'ailleurs tout pour me plaire puisque l'action se situe en 1888 sous le règne de Victoria. Pour les amateurs de l'époque, l'année sera forcément familière puisqu'il s'agit de l'époque des meurtres de Jack l'Eventreur. Kim Newman utilise ainsi les faits divers sordides de l'époque pour reconstruire à sa manière le « mythe » Jack the Ripper tout en offrant à Bram Stoker une suite d'un genre très particulier à son roman Dracula.

kim newman,anno dracula,vampires,angleterre,angleterre victorienne,challenge halloween,londres,londres xixe,londres victorienne,bram stoker,dracula,époque victorienneQuelques mots sur le contexte : la reine s'est remise de la mort du prince Albert et a eu la bien mauvaise idée d'épouser le comte Dracula, que Van Helsing n'est pas parvenu à tuer (avec une lucidité certaine Newman a décidé que Van Helsing ne pouvait pas lutter contre le terrible Karpathe, ainsi sa tête est fichée dans un pieu devant le palais depuis la montée en puissance de Dracula). Même s'il n'est que le prince consort, Dracula a désormais les rennes du pouvoir et fait appliquer sa loi dans les rues de Londres qui deviennent de plus en plus sordides en raison de l'application de decrets moyenâgeux (par exemple ceux consistant à lutter contre l'homosexualité en tirant les « invertis » d'un bordel pour les empaler en plein cœur de la ville au beau milieu de la nuit). La terrifiante garde Karpathe patrouille et terrorise les habitants, les assassinats sont tolérés, la justice expéditive.

Les vampires pouvant vivre désormais librement, sans se cacher, beaucoup de sang-chauds recherchent le baiser des ténèbres en espérant vivre éternellement, et les vampires prolifèrent. La vie après la première mort n'est pas si évidente ; peu expérimentés, beaucoup de ressucités prennent des risques inutiles ; dans les quartiers sordides de l'East End les alcooliques deviennent des vampires en bien mauvaise santé et certains meurent (définitivement) rapidement. Enfin quelques sang-chauds tentent de s'opposer au système et comprennent qu'il y a quelque chose de peu naturel à changer ainsi la société (où les vivants deviennent progressivement du bétail).

Dans cette machine de mieux en mieux huilée, les meurtres de Whitechapel touchant des prostituées vampires viennent mettre quelques grains de sable bien fâcheux. Le pouvoir y voit une offense envers les vampires qui mérite de sévères représailles et la pègre locale est gênée dans ses activités par les trop nombreuses descentes de police. Ainsi beaucoup de personnes sont amenées à enquêter. Parmi elles se trouvent Beauregard, sang-chaud oeuvrant pour une société secrète, et Geneviève, une Ancienne, vampire avant Dracula lui-même (Dracula dont la lignée est dégénérée).

newman_anno dracula.jpeg A partir de là, Anno Dracula est un fabuleux roman mêlant une intrigue habile et pleine de rebondissements à une intertextualité jouissive et délicieusement maîtrisée. L'on croise ainsi le docteur Moreau, le docteur Jekyll, les personnages de Dracula, Joseph Merrick, la police de l'époque... mais aussi des personnages moins connus telle que cette bonne vieille Lady Ducaine. Que dire d'autre, si ce n'est que nous avons là un texte intelligent, riche, passionnant ? Un impératif pour les amoureux de l'époque victorienne ainsi que les amateurs de vampires et un texte fortement recommandé pour les autres. D'ailleurs j'avais tellement envie de vous parler de cet excellent moment de lecture que je ne m'étais pas autant amusée à rédiger un billet depuis longtemps !

C'était ma dernière contribution au Challenge Halloween 2012 co-organisé avec mon amie Hilde.

Lu également dans le cadre d'une rencontre des Victorian Frogs, pour le challenge Victorien d'Arieste ainsi que le challenge de Londres de mes amies Maggie et Titine.

Rendez-vous dans quelques jours pour publier le billet récapitulatif du Challenge Halloween 2012, et à l'année prochaine pour la 4e édition du challenge, car si nous avons survécu au périple de l'extrême organisé cette année pour l'occasion, nous survivrons bien à la fin du monde à Noël !

Merci aux éditions Bragelonne et bravo pour cette nouvelle édition !

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381 p

Kim Newman, Anno Dracula, 1992

25/10/2012

R.L. Stine, La Nuit des Pantins

stine_nuit pantins.jpgComme beaucoup d'entre vous sans doute, je me suis régalée jeune ado de la série Chair de Poule de R.L. Stine, qui m'a procuré bien des frissons (surtout Les Epouvantails de Minuit, lu et relu et qui me rappelait un téléfilm qui m'avait terrorisée petite – j'imaginais des bonhommes de paille vivants cachés dans mes placards). La Nuit des Pantins faisait partie des titres que j'aimais bien et je l'ai récemment relu en vue du challenge Halloween.

Caro et sa soeur jumelle Lucy vont fouiner dans la maison voisine en construction. C'est là que Caro découvre un pantin neuf dans une poubelle : elle a vite fait de l'appeler Clac-Clac et de le traîner partout avec elle pour préparer un numéro de ventriloque. Elle sera bientôt invitée pour faire son numéro lors de goûters d'anniversaire. Lucy est évidemment follement jalouse et, au grand dam de Caro, reçoit un autre pantin de son père : ce sera Mr Wood. Cependant il commence à arriver de drôles de choses aux deux soeurs et bientôt Lucy ne parvient plus à contrôler ce qu'elle dit lors de ses propres numéros de ventriloque. Il s'avère bien entendu que Mr Wood est plus vivant qu'il n'y paraît ; et il est bien décidé à faire des deux filles ses esclaves, sous peine de représailles.

Je gardais un bon souvenir de ce texte, sans doute parce que je n'ai jamais fait confiance aux soi-disant inoffensifs pantins de toutes espèces (premières angoisses avec une exposition d'automates lorsque j'étais enfant, fascinée mais morte de trouille). Et j'ai bien fait de me méfier de Clac-Clac et de Mr Wood, car je savais que leurs vilains visages peints cachaient des Chucky en devenir. Alors avant d'acheter une marionnette à vos enfants, je vous conseille cette petite lecture vivifiante qui vous mettra en garde contre les dangers que vous encourez. Et si vous ne changez pas d'avis, alors je ne pourrai plus rien faire pour votre âme qui devra lutter seule contre les puissances démoniaques !

r.l. stine,roman d'épouvante,chair de poule,halloween,challenge halloween,la nuit des pantinsExpérience redoutable et redoutée dans le cadre du challenge Halloween 2012 concocté par la sorcière Hilde et moi-même, pour la nouvelle étape made in the USA.

Lu en même temps cet été mais présenté plus tôt car il n'a vraiment rien d'effrayant : Nuits de Cauchemar, du même auteur.

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142 p

R.L. Stine, La Nuit des Pantins, 1993

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24/10/2012

Susan Hill, The Man in the Picture

hill_man in the picture.jpgIl y a quelques mois, je découvrais The Woman in Black de Susan Hill et frissonnais pendant un trajet en train en imaginant facilement un marais inquiétant dans la campagne anglaise. En plein challenge Halloween j'ai rassemblé mon courage à deux mains et, non sans me munir d'une lampe torche et d'une poëlle pour assommer tout spectre approchant à moins de deux mètres de mon canapé, je me suis replongée en mauvaise compagnie en lisant un autre récit de la même plume, The Man in the Picture.

Magdalene_College_Cambridge_night.JPGOliver se rend à Cambridge où il a étudié et en profite pour passer une soirée en compagnie d'un ancien professeur qu'il tient en haute estime, Theo Parmitter. Habituellement joyeux et prêt à raconter les anecdotes les plus intéressantes, Parmitter semble cette fois-ci plus soucieux et profite de l'occasion pour se confier à Oliver. Il souhaite en effet se défaire d'un fardeau qui lui pèse depuis des années sur les épaules. Il revient ainsi sur l'achat d'une peinture vieille de deux siècles représentant le carnaval de Venise. Cette peinture semble n'apporter que malheur autour d'elle ; dès qu'il l'a eue en sa possession, Theo a ressenti un certain malaise, bien qu'indéfinissable. Ce n'est qu'en deuxième partie du récit qu'on en saura un peu plus sur l'histoire du tableau : une toile qui, curieusement, semble à même d'emprisonner les personnes qui la croisent.

hill.jpgLe récit nous conduit dans une Venise effrayante (une lecture que je déconseillerais ainsi à ceux qui s'apprêtent à s'y rendre, à moins de vouloir vous prévenir contre une certaine femme masquée et vêtue de blanc) : « I was taken aback from how much I disliked it from the moment we arrived. I marvelled at the buildings, the canals, and the lagoon astonished me. And yet I hated it. I feared it. It seemed to be a city of corruption and excess, an artificial place, full of darkness and foul odours. » (p89)

venezia.jpgCe court roman reprend comme The Woman in Black les codes de l'histoire gothique, à travers une trame classique mais efficace. Le style est sobre et assez élégant et, une fois encore, Susan Hill parvient à rendre de façon fidèle une atmosphère oppressante. J'ai été plus courageuse cette fois-ci car point de spectre effrayant à l'horizon (ma tasse de thé mais également mon point faible) mais j'ai refermé ce livre en éprouvant le léger malaise qui nous vient parfois après avoir lu une bonne histoire d'épouvante, lorsqu'on a l'impression d'avoir laissé une part de soi quelque part et de sentir encore flotter l'atmosphère particulière de la scène que l'on vient de quitter. Comme dans The Woman in Black, Susan Hill choisit d'écrire une histoire sans fin : le Mal frappe toujours, et l'on sait en fermant la dernière page que les personnages seront abandonnés à un bien triste sort...

Un voyage angoissant en Angleterre et en Italie que je dois à mes amies victoriennes Cryssilda, Isil, Lamousmé et Titine... merci beaucoup à vous toutes pour ces nouveaux frissons !

Sur ce blog : une autre histoire de fantômes à Venise avec Wilkie Collins et l'Hôtel Hanté ; et de Susan Hill, The Woman in Black et son adaptation au cinéma.

Lu dans le cadre du Challenge Halloween 2012 co-organisé avec la très mystérieuse Hilde et dans le cadre du challenge Il Viaggio.

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145 p

Susan Hill, The Man in the Picture, 2007

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12/10/2012

Willis Hall, Le Dernier des Vampires

Hall_dernier des vampires.jpgContrairement à toi, ami lecteur suffisamment intrépide pour naviguer sur ce blog hanté ces derniers temps, la famille Hollins ne savait vraiment pas où elle mettait les pieds en quittant l'Angleterre pour ses vacances. Premières vacances passées à l'étranger, loin de Crabton-sur-Mer et c'est déjà le drame : pas d'étendue d'eau pour indiquer une frontière, il n'en fallait pas plus pour que la famille se perde et ne sache plus dans quel pays elle se trouve (ces continentaux, aussi, ils ne vous faclilitent pas la tâche !). La nuit tombant, la famille cherche en catastrophe un endroit où s'arrêter alors qu'elle progresse sur une route de montagne déserte. Et lorsqu'elle voit un chemin caché dans une forêt sombre, elle n'hésite pas à s'y engager en dépit des ténèbres (impénétrables) et des loups (affamés, que seul le petit garçon Edgar remarque). Arrive enfin une ancienne entrée de domaine manifestement abandonnée et une clairière sur laquelle les Hollins décident de planter leur tente, non loin d'un vieux château qui domine une crête. Quel cadre bucolique !
Mais les vacances seront loin d'être de tout repos : entre le comte Alucard (vampire végétarien), descendant des Dracula, les loups des environs (que Mrs Hollins confond avec de gentils toutous et n'hésite pas à gronder lorsqu'ils montrent leurs crocs) et des villageois bas de plafond, le danger est partout !
Ami lecteur, si tu as toi aussi l'âme de chasseur de vampire, mais aussi un peu d'humanité, fais toi aussi ce voyage désopilant en compagnie des Hollins. Si tu succombes à cette aventure, ce sera sans doute que le comte Alucard t'aura fait mourir, mais de rire !
(Au passage, les illustrations de Babette Cole sont adorables et pleines d'humour, un vrai coup de coeur !)

Billet à haute teneur végétarienne vampirique.

Lu dans le cadre du challenge Halloween 2012 co-organisé avec mon amie la très maléfique Hilde

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228 p

Willis Hall, Le Dernier des Vampires, 1982

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05/10/2012

Les Fantômes des Victoriens

collectif_Fantomes-des-victoriens--cover.jpgJe crois que je compte vous parler de ce livre depuis le premier Challenge Halloween en 2010, mais longtemps il a résisté ! Il faut dire qu'une nouvelle de Dickens m'a donné du fil à retordre l'an dernier et m'a fait passer l'envie de poursuivre ma promenade en territoire victorien. Mais cette année, voyant notre première étape irlando-grande-bretonne (!) approcher à toute allure et mon roman de 700 pages avancer bien moins vite, j'ai opté pour une stratégie de repli visiblement hautement efficace puisque, aujourd'hui, pour mon plus grand bonheur, j'arrive enfin à vous parler du recueil Les Fantômes des Victoriens publié par les excellentes éditions José Corti (qui comme Phébus ont le don d'exhumer de vrais petits bijoux).

Beaucoup de grands écrivains victoriens dans ce recueil, mais aussi quelques-uns que je ne connaissais que vaguement de nom, encore moins de réputation. Cela donne une suite de nouvelles très variées, pour tous les goûts !

Wilkie Collins, « Neuf heures ! » : pendant la révolution française, des hommes attendant leur exécution dans une prison festoient pour la dernière fois et s'interrogent sur l'heure à laquelle ils approcheront de la guillotine. L'un d'eux confie à un autre qu'il sait qu'il mourra à neuf heures le matin... et c'est bien ce qui arrivera. Une nouvelle concise qui frappe l'esprit (la preuve c'est que j'en parle un an après sa lecture et que je garde encore le souvenir d'un texte glaçant et très précis).

Charles Dickens, « Le Fantôme dans la Chambre de la Mariée » : un mari attend avec impatience le décès de sa femme et lui intime de mourir... j'avais lu ce texte l'an dernier mais il ne m'avait pas vraiment plu à l'époque et je n'ai pas eu envie de le relire. Tant pis !

Patrick Kennedy, « Les Fantômes et la partie de Football » : un fantôme cherche à réparer ses erreurs passées mais lorsqu'il propose une partie de foot à ses hôtes ceux-ci sont bien incapables de lui adresser la parole. Difficile dans ce cas de passer le message !

Anonyme, « Le Spectre de la Visiteuse » : un jeune homme à la vie dissolue vient mourir chez ses parents. Dans la pièce isolée et lugubre qu'il occupe, une étrange femme apparaît chaque nuit, causant au mourant un profond trouble... son comportement scandaleux semblerait l'avoir rattrapé.

Joseph Sheridan Le Fanu, « Le Fantôme et le Rebouteux » : Ce n'est pas le meilleur Le Fanu mais malgré tout cette nouvelle est bien sympathique. Un rebouteux est forcé de passer la nuit dans un château réputé hanté. On s'en doute, le redouté fantôme sortira de son tableau pour venir taquiner notre héros... A noter que le récit débute par une parenthèse historique ; autrefois, certains Irlandais pensaient que la dernière personne enterrée dans un lieu était obligée d'aller chercher de l'eau pour tous les autres habitants des lieux, pour étancher leur terrible soif ; par conséquent si deux enterrements se suivaient les cortèges faisaient la course pour mettre en terre leur mort en premier, au point d'aller jusqu'à jeter le cercueil par dessus le mur pour éviter de faire un détour par le portail !

Sir Arthur Conan Doyle, « Comment c'est arrivé » : un accident de voiture qui se finit mal (très court mais très bien mené).

Vincent O' Sullivan, « Quand j'étais mort » : Un jeune homme décède et se retrouve fantôme dans sa propre maison, incapable de se faire entendre de ses domestiques affolés ou éplorés selon les cas.

Bernard Capes, « La Maison qui s'est évanouie » : Dans le froid des musiciens gelés décident de jouer pour se réchauffer. Apparaît alors une maison et une jeune femme leur propose une étrange boisson... mais mieux vaudrait s'abstenir !

Arthur Quiller-Couch, « La Chance du Laird » : une nouvelle un peu plus longue, à la construction classique mais efficace. Un jeune homme tombé pendant les guerres napoléoniennes fait l'objet de mémoires et d'une étrange histoire. Juste avant sa mort on l'a soupçonné de tricher aux cartes (et comme au XIXe on ne plaisantait pas avec ça c'est son honneur qui est mis en cause, une affaire qui devait briser sa carrière et sa vie, voire se solder par un duel !). Vous vous en doutez bien, c'est un petit lutin qui a fait le coup ! J'ai beaucoup aimé le coup classique du Victorien sérieux et respectable (ici dans l'armée qui plus est) capable de gober avec facilité toutes les histoires de fantômes les plus abracadabrantes... c'est ça qui fait le charme de l'époque !

George Moore, « Un Théâtre dans la Lande » : aussitôt lu, aussitôt oublié, c'est fâcheux ! J'ai été assez réfractaire au style, d'où un intérêt modéré pour le contenu. A la campagne, une mère règle de façon expéditive l'accouchement honteux de sa fille, dont l'enfant hantera la lande.

E.M. Forster, « L'Omnibus Céleste » : un omnibus conduit par d'illustres cochers (tel  Dante) amène ses occupants dans un au-delà merveilleux... mais tout le monde n'en revient pas indemne. Une histoire qui relève davantage du merveilleux que de l'épouvante, malgré une fin pour le moins sombre.

2341141959.jpgUn très bon recueil, certaines nouvelles m'ont davantage plu que d'autres mais avec autant d'auteurs et d'approches différentes, ce n'est pas étonnant ! Chaudement recommandé pour les arrêts  en territoire maléfique !

Et je poursuis mon voyage anglais en compagnie des Radley...

Etape 1 du voyage d'Halloween : UK et Irlande

Lu dans le cadre du challenge Halloween 2012 co-organisé avec mon amie la redoutable sorcière Hilde, et du challenge victorien d'Arieste

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201 p

Collectif, Les Fantômes des Victoriens, XIXe
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30/09/2012

E.L. Doctorow, Homer et Langley

doctorow-homer.jpgJ'avais promis à ma chère Titine de participer au mois américain mais j'ai eu bien du mal à le faire entre une première semaine de septembre très dense puis mon départ loin, bien loin de chez moi – bizarrement je n'ai pas eu l'occasion de tenir parole jusqu'à aujourd'hui.

J'ai lu deux romans dans le cadre de ce mois américain mais la seule chronique que je vais faire à temps porte sur Homer & Langley de E.L. Doctorow, roman qui m'a fait de l'oeil pendant un moment en librairie. J'ai fini par succomber à la couverture et au sujet : deux frères assez riches pour vivre dans la Cinquième avenue retrouvés morts « ensevelis sous des piles de journaux et de livres » (je vois déjà quelques bibliomanes pâlir et jauger d'un oeil inquiet les piles branlantes envahissant désormais jusqu'à leur salle de bain).

e.l. doctorow,homer & langley,collyer brothers,actes sud,new york,etats-unis,etats-unis xxe,new-york xxeNarré par Homer, le « frère aveugle », le récit évoque peu les années d'enfance mais porte davantage sur la façon dont les deux frères ont reconstruit leur vie après la mort de leurs parents. Homer et Langley sont habitués à vivre dans le faste et héritent de la maison parentale, mais chacun a subi un traumatisme qui vient perturber le fonctionnement du foyer. Homer a perdu progressivement la vue alors qu'il était encore jeune, quant à Langley que l'on croyait mort, il revient changé de la guerre de 14-18, ses poumons et sa peau attaqués par le gaz. Les deux frères restent très soudés mais mènent une vie excentrique, voire débauchée pour l'époque, loin du carcan social dans lequel ils ont grandi. Petit à petit la maison se vide de ses domestiques et les frères sont livrés à eux-mêmes, devenant de plus en plus marginaux.

Sujet fascinant servi par une plume très agréable à la traduction, mais un roman en peu en deçà de mes attentes. On voit les deux frères s'isoler de plus en plus mais ce glissement progressif se fait au prix d'une narration un peu monotone à mon sens. On voit malheureusement un peu trop vers où tend le récit et, bien qu'ayant trouvé beaucoup de qualités à ce roman (notamment une intéressante traversée du XXe), j'ai trouvé sa lecture parfois un tantinet monotone. Un ressenti bien subjectif cela va de soi, je ne peux que vous inviter à pousser la porte de cette maison étonnante pour en découvrir les drôles de trésors !

Clara a beaucoup aimé et explique très bien pourquoi.

Vous trouverez beaucoup de photos de la maison si vous tapez "Collyer brothers" sur un moteur de recherche ; ce blog évoque aussi leur histoire et leur fin tragique.

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229 p

E.L. Doctorow, Homer et Langley, 2009
(2012 pour l'édition française)

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24/08/2012

Anthony Trollope, Aaron Trow

roman xixe,xixe,xixe anglais,roman xixe anglais,roman anglais,angleterre,roman victorien,époque victorienne,nouvelles,anthony trollope,aaron trowAprès une magnifique série de rencontres victoriennes au sommet au cours desquelles nous avions toutes fait nos devoirs, la séance Trollope a marqué un petit ralentissement. Je faisais partie des deux mauvaises élèves... Cryssilda avait lu 69% de son roman (eh oui elle en est même venue à calculer de tête son rendement victorien mensuel). Quant à moi, j'avais deux lectures en cours : le début de Miss Mackenzie et, comme je voyais que Miss Mackenzie n'aurait pas le temps de se marier avant la prochaine rencontre des frogs, j'ai jeté mon dévolu sur Aaron Tarow Trow (oui, notre rencontre dans le métro fut brève et intense, mais pas assez pour me permettre de me souvenir de son nom lorsque, attablée devant ma Caledonian, j'ai dû parler de lui). Je suis heureuse de dire qu'après avoir réalisé que je n'avais que la moitié du texte dans la version que j'avais trouvée, puis attendu quelques mois histoire de tout oublier j'ai finalement relu le texte en entier grâce à mon Reader tout beau tout neuf .

roman xixe,xixe,xixe anglais,roman xixe anglais,roman anglais,angleterre,roman victorien,époque victorienne,nouvelles,anthony trollope,aaron trowBref, de quoi parle cette nouvelle ? Comme vous ne la lirez pas, je ne vais pas y aller par quatre chemins, sachez que ce billet est 100% spoiler (décidément ça fait beaucoup de calculs aujourd'hui, mais rassurez-vous mon cerveau ne tiendra pas longtemps à ce rythme).

 



bermuda.jpgAaron Trow (et non Tarow) est un ouvrier et père de famille anglais. Malheureusement, dans une ville industrielle sympathique comme l'Angleterre savait les faire au XIXe, Aaron est à l'origine d'une émeute au cours de laquelle il tue un policier. “At a period of great distress in a manufacturing town he had led men on to riot, and with his own hand had slain the first constable who had endeavoured to do his duty against him”. Il est ainsi banni et envoyé aux Bermudes. Comme ce père de famille est très malheureux de son sort, il finit par s'enfuir. Avec quelques autres, mais seul Aaron disparaît pour de bon. Qu'il est doué cet Aaron.

En parallèle, Anastasia Bergen vit avec son père, trop égoïste pour la laisser se marier. La voilà donc empêtrée dans de longues fiançailles. Mais ce n'est pas tant ce qui nous intéresse ici. Car Anastasia est souvent laissée seule la nuit dans la maison familiale et ce qui devait arriver arriva : Aaron arrive.

Anthony_Trollope.jpgLà où j'ai été surprise, c'est que j'attendais quelque chose de classique : elle tombe amoureuse de lui ou l'aide de suite, le cachant et le nourrissant par pure charité chrétienne. Aaron est bon, il ne fait que subir l'injustice de la société victorienne. En réalité, Aaron est un type toujours follement sympathique, qui la menace, la prive de son dîner (en même temps ce qui l'attendait n'était pas folichon, je peux déja vous dire qu'elle ne râte pas grand-chose), lui vole son brandy. Pour finir, il menace de la tuer à moins qu'elle ne lui donne de l'argent. “Murder you, yes ; why not ? I cannot be worse than I am, were I to murder you ten times over. But with money I may possibly be better.” Et là, manque de chance, Anastasia n'a pas la somme requise et Aaron, le fourbe, refuse de la croire puis menace d'attenter à sa vertu. Heureusement pour elle, Anastasia n'est pas de ces Victoriennes pleurnicheuses qui sanglotent en attendant l'intervention d'un mâle plus qualifié pour gérer ce genre de situation. Mais si la jeune femme réussit à se sauver, Aaron Trow n'aura pas la même chance. Le texte finit ainsi sur ces mots : “That the ghost of Aaron Trow may be seen there and round the little rocky inlet of the sea is part of the creed of every young woman in Bermuda.”

Bref. C'était ma première rencontre avec Trollope ; dans la foulée j'ai découvert The Château of Prince Polignac. La prochaine concernera peut-être une vieille fille devenue subitement plus attirante après un héritage conséquent.

Lu dans le cadre du challenge Trollope d'Urgonthe et du challenge victorien d'Arieste

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Environ 50 p

Anthony Trollope, Aaron Trow, Originally published in Public Opinion, December 1861.victorian frogs.jpgchallenge_trollope.jpg

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17/08/2012

Shocking ! Les filles Darcy risquent leur vertu à Londres

aston-les-filles-de-mr-darcy.jpgChère Lady Ludlow,

Ma chère amie, je viens de recevoir votre lettre envoyée le mois dernier depuis Cadix. Il faut croire que le courrier s'achemine de plus en plus mal car je suis certaine que lorsque Sir Edward et moi nous sommes rendus en Espagne il n'y a pas plus de cinq ans, je recevais si rapidement vos réponses à mes lettres que je n'avais guère le temps de me languir dans ce pays peu civilisé, sans la moindre modiste digne de ce nom – si bien que comme vous j'avais fini par faire venir ma couturière sur place pour plus de simplicité.
J'espère que vous ne vous ennuyez pas à mourir. Il est vrai que Cadiz est une ville bien plus petite que Madrid où je déplorais déjà le peu d'activités, mais vous appréciez tellement tous ces livres aux titres compliqués que je suis persuadée que vous êtes ravie de ce séjour, et je m'en réjouis. J'ose espérer toutefois que les quelques nouvelles de Londres que j'ai à vous communiquer sauront vous divertir, d'autant plus que vous ne pouvez pas rentrer sans connaître les derniers événements, sans quoi vous passeriez pour une excentrique !

Vous vous souvenez bien sûr du mauvais mariage qu'a fait Fitzwilliam Darcy, de Pemberley, et du scandale qu'a causé cette mésalliance. Alors qu'il aurait pu épouser n'importe quelle jeune femme de haut rang, voilà qu'il avait préféré une fille quelconque sans titre ni fortune, dont les manières laissaient qui plus est à désirer (je tiens cette dernière information d'une amie intime de ma tante, Lady Catherine, qui a eu bien des raisons de regretter cette triste affaire).

Vous savez aussi que les Darcy ont eu cinq filles : vous ne serez pas étonnée de savoir que la pomme n'est pas tombée loin de l'arbre ! L'aînée était fiancée à un jeune homme de bonne famille, bien que sa famille soit assez peu connue dans nos cercles, mais il a disparu au cours d'une bataille. On dit que depuis la jeune femme jouait les veuves éplorées (ce qui a beaucoup fait rire par ici) et pour l'avoir rencontrée j'ai bien constaté que c'était l'héritière la plus assommante qui soit. Eh bien figurez-vous que son cher fiancé est réapparu, qui plus est marié ! Il prétend l'amnésie mais personne ici n'est dupe et, après avoir échangé quelques mots avec elle, tout le monde s'accorde à s'amuser de la présence d'esprit du fiancé et de la façon dont il a su se tirer de ce mauvais pas !

Mais je gardais le meilleur pour la fin : la deuxième fille, qui ressemble paraît-il à sa mère comme deux gouttes d'eau, s'est éprise de Sir Sidney, qui avait fait fuir sa dernière fiancée peu avant de la conduire à l'autel, Sir Sidney dont le statut de célibataire endurci commençait à se confirmer. A peine arrivée à Londres, cette demoiselle Darcy a manifesté son intérêt pour Sir Sidney sans la moindre discrétion, pour le rejeter publiquement après la demande en mariage que personne n'osait imaginer ! Vous vous doutez que ce petit scandale a alimenté toutes les conversations, mais à peine la nouvelle avait-elle fait le tour de Londres que le pot aux roses était découvert : Sir Sidney est (j'ose à peine l'écrire et il n'y a bien qu'avec vous que je peux permettre de divulguer aussi clairement une telle nouvelle sans passer pour une bavarde indiscrète) un sodomite, parti avec son valet favori à l'étranger qui plus est !

Ma chère amie, je tremble à l'idée de vous annoncer de tristes événements dans les missives à venir mais je crains que Fitzwilliam Darcy et son épouse n'aient de bien mauvaises nouvelles en guise d'accueil à leur retour de ce voyage en Perse ou en Turquie (un pays de ce genre). Il est évident que leurs filles ont été confiées à des mains bien peu expérimentées pour les accompagner pendant ce séjour londonien et leur entrée dans le monde. Mais lorsqu'on  laisse ses filles quitter le confort d'une propriété campagnarde pour les bals de Londres sans les surveiller de près, on peut s'estimer heureux s'il ne leur arrive rien de fâcheux !

Donnez-moi des nouvelles de vous ou parlez-moi de vos arides lectures si vous n'avez rien d'autre à me communiquer, j'en déduirai que vous vous ennuyez à mourir et veillerai à vous écrire aussi souvent que possible pour vous tenir informée des incontournables de cette saison ! Certes mes lettres ne valent pas vos lectures favorites, mais j'espère qu'elles auront au moins le mérite de constituer pour vous un agréable divertissement !

Lu dans le cadre du challenge austenien d'Alice3coeurs.jpg

 

 

475 p

Elizabeth Aston, Les filles de Mr Darcy, 2003

(2012 pour la parution française)

austen.jpg Oui je ne suis pas trop présente sur mon blog en ce moment : mariage, voyages, travail, j'ai un peu de mal à tout suivre mais je continue à lire et prévois des billets pour la rentrée et surtout, pour le challenge Halloween. A très vite !

16/07/2012

Jane Eyre de Cary Fukunaga

film-jane eyre2.jpgIl y a quelques jours j'ai eu la chance de découvrir en avant-première l'adaptation de Jane Eyre par  Cary Fukunaga. Curieusement je n'ai pas vraiment parlé des Brontë ici mais Jane Eyre a été une de mes premières incursions dans la littérature anglaise. Lu à l'adolescence, à une époque où je n'appréciais guère les classiques, Jane Eyre a éte une révélation pour moi. Je me vois encore vibrer au côté de la jeune femme, pleinement absorbée par ma lecture. Il y a deux ans lorsque je me suis rendue dans le Yorkshire, il m'a donc semblé évident de visiter Haworth et la maison des Brontë ; cela a été pour moi un voyage vraiment émouvant et, depuis, je revois régulièrement en pensée le petit village et la lande alentours et les associe toujours en pensée à la famille Brontë, qu'on imagine si facilement vaquer çà et là lorsqu'on découvre ces lieux.

jane_eyre_poster.jpgJ'étais ainsi particulièrement curieuse de découvrir cette nouvelle adaptation., à laquelle j'ai été assez sensible dans l'ensemble.

Fukunaga nous livre tout d'abord un splendide film d'époque : superbes costumes victoriens, décors d'intérieur minutieux, paysages spectaculaires et de magnifiques jeux de lumière restituant l'atmosphère romantique, gothique, souvent orageuse. Ne serait-ce que pour l'esthétisme et l'immersion dans un cadre si victorien, ce film avait déjà de fortes chances de me plaire !

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Le choix des acteurs m'a également plu. Certes, Rochester est plus séduisant que dans le roman, mais Fassbender n'a pas non plus un physique de jeune premier et a suffisamment de relief pour incarner ce fauve tourmenté et passionné sans faire pâle figure. Son jeu est excellent et il parvient à faire passer toute une palette d'émotions dans un regard ou un sourire – un regard en particulier lorsqu'il discute avec Jane au coin du feu m'a fait penser à Darcy regardant Elizabeth au pianoforte dans l'adaptation de la BBC, une de mes scènes préférées (c'est dire !). J'étais au tout début un peu dubitative quant à Jane, mais c'est davantage dû à la scène d'introduction qu'à l'actrice, Mia Wasikowska. En réalité j'ai trouvé que, physiquement, elle correspondait parfaitement au personnage. Son jeu est sans doute un peu plus monotone que celui de son principal partenaire mais elle reste très convaincante malgré tout.

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J'ai quand même quelques réserves. Le scénario est dans l'ensemble réussi et fidèle au roman tel que je m'en souviens (mais ma lecture date maintenant, j'ai d'ailleurs prévu une relecture). Malgré tout, j'ai été moyennement séduite par l'utilisation des flash-backs, surtout dans la scène d'introduction où l'on voit Jane errer dans la lande par temps orageux et pleurer, pleurer, pleurer à n'en plus finir. J'ai aussi trouvé que les scènes amoureuses arrivaient beaucoup trop vite et brutalement, surtout la première, alors que je gardais le souvenir d'une histoire évoluant plus lentement – mais le format film n'aide pas. L'un des personnages secondaires, celui de la petite protégée de Rochester, est joué par une piètre actrice – je sais bien qu'il s'agit d'une enfant mais j'ai vraiment été gênée par son jeu surfait, que l'on peut sans doute en partie imputer à la vision de la langue française qu'a le réalisateur (pour comprendre Jane Eyre lorsqu'elle parle français il faut activer plus d'un neurone...). Enfin, si j'ai d'abord beaucoup apprécié la musique, j'ai fini par me lasser du thème principal qui revient, et revient, et revient encore, si bien qu'à la fin j'en avais par dessus les oreilles !

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Evidemment comme j'ai évoqué les points négatifs à la fin vous devez vous dire que je ne suis pas enthousiaste. Certes, ce n'est pas un coup de coeur absolu mais j'ai trouvé qu'il s'agissait d'un beau film et, lorsque je suis sortie, une part de moi-même était restée perdue dans la lande en compagnie de Jane et de Rochester...

Dans le cadre du challenge Back to the Past organisé par Maggie et moi, ainsi que du Challenge Victorien

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Jane Eyre, un film de  Cary Fukunaga, 2011
Sortie française dans quelques jours, le 25 juillet

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