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09/06/2016

Nancy Mitford, Wigs on the Green

mitford_wigs on the green.jpgFin mars / Début avril, je suis allée me ressourcer dans la campagne anglaise équipée de Wigs on the Green de Nancy Mitford, qui se déroule entre un village et les terres d'une grande propriété. Ce roman m'a donc semblé tout indiqué pour ma participation à la LC du Mois anglais autour de la Campagne Anglaise.

Cela fait bien longtemps que je n'avais pas lu cet auteur dont j'avais beaucoup apprécié deux titres, découverts alors que ce blog en était encore à ses balbutiements (La poursuite de l'amour et L'amour dans un climat froid). Wigs on the Green m'a été offert par Alice de Books are my Wonderland dans le cadre du Swap British qu'elle organisait l'an dernier. J'avais été très gâtée comme vous pouvez le constater.

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Dans Wigs on the Green, quatre personnages viennent de s'installer pour quelque temps dans le village de Chalford et vont lier connaissance. Ayant reçu un petit héritage qui fait de lui un parti un peu plus intéressant, Noel est venu dans le but de séduire l'héritière locale Eugenia Malmains, sur les conseils de son ami Jasper, très opportuniste, également du voyage pour profiter au mieux des nouvelles ressources financières de Noel. Marjorie fuit un mariage prestigieux avec un homme qu'elle n'aime pas. Elle est accompagnée de son amie Poppy, qui a une vision beaucoup plus pragmatique du mariage et s'apprête à flirter avec Jasper pendant que son propre époux a une nouvelle passade avec une jeune fille. Ajoutons à cela Mrs Lace, un peu plus âgée mais toujours séduisante, qui va s'intéresser à Noel à partir du moment où on lui aura fait croire qu'il s'agit d'un mystérieux prince là incognito (ce qui donnera lieu à quelques passages cocasses). Le groupe va rejoindre la branche fasciste locale pour plaire à Eugenia. La jeune fille est enthousiaste et obsédée par la cause en question. Si elle est assez ridicule, ses nouvelles connaissances le sont tout autant en se ralliant au mouvement pour des raisons qui n'ont rien à voir avec leurs convictions politiques. Un grand rassemblement festif en faveur du fascisme va les mobiliser et rythmer leurs rencontres tout au long du roman.

Bien évidemment, l'humour est le maître mot pour Nancy Mitford, qui tourne tout le monde en dérision et ne résiste pas aux boutades. Par exemple, voici une réaction qui m'a amusée suite à un discours particulièrement enflammé d'Eugenia en faveur de la cause fasciste : The yokels stood first on one foot and then on the other. Finally, one of them removed a straw from his mouth and remarked that they had all enjoyed Miss Eugenia's speech very much, he was sure, and how was His Lordship's hay-fever? (p10) - His Lordship étant le grand-père d'Eugenia, dont le rhume des foins parle davantage à la population locale que les grands discours de la jeune fille.

J'ai passé un bon moment en lisant Wigs on the Green. Néanmoins, c'est un roman plutôt dérangeant, même si l'on considère qu'il a été écrit dans les années 1930, avant que l'Europe ne prenne pleinement conscience de toutes les implications de la montée du fascisme. Nancy Mitford nous livre ainsi une nouvelle comédie inspirée de ses soeurs Diana et Unity, l'une maîtresse puis épouse du fondateur de la British Union of Fascists, Sir Oswald Mosley, l'autre admiratrice inconditionnelle de Hitler qui ira jusqu'à tenter de se suicider lors de l'entrée en guerre du Royaume-Uni contre l'Allemagne. La publication de ce livre entraîna une brouille entre les soeurs Mitford et Nancy s'opposa à sa réédition en 1951, jugeant notamment qu'il était désormais du plus mauvais goût de faire des plaisanteries à propos du nazisme. Cependant - et c'est ce qui m'a vraiment gênée à la lecture - Nancy disait quelques années plus tôt à ses soeurs que le livre était pour l'essentiel en faveur du fascisme, malgré quelques plaisanteries. Le fait est que non seulement les fascistes du roman ne sont pas plus ridicules que les autres personnages mais qu'in fine, le roman se traduit par un happy end où la jeune héritière Eugenia Malmains réalise son rêve en rencontrant le leader du parti grâce à l'efficacité de son action sur le plan local, le lecteur assistant ensuite à un mariage très joyeux entre les fascistes de Chalford. Je connaissais les attirances obscures de certaines Mitford pour le nazisme ou le fascisme anglais mais n'avais pas réalisé que Nancy était elle aussi plutôt sensible à ce discours et en tout cas suffisamment détachée du sujet pour ne nous livrer ici aucune critique de fond - ni en faire l'apologie d'ailleurs, si tel était son choix. Même en lisant ce roman avec un oeil contemporain, même en connaissant l'ambiguïté de la position de Nancy Mitford sur le sujet, difficile de ne pas être gêné par l'insouciance de l'écrivain qui ne s'implique pas sur le plan politique.

L'avis en anglais de All The Pretty Books.

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170 p hors introduction

Nancy Mitford, Wigs on the Green, 1935

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08/06/2016

Mois anglais : Concours n°2

On vous gâte pendant le Mois anglais !

Aujourd'hui, nous avons le plaisir de vous donner la possibilité de gagner Le Célibataire de Stella Gibbons, grâce aux Editions Héloïse d'Ormesson que nous remercions pour leur gentillesse. Deux exemplaires sont en jeu.

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Après vous avoir invité à faire appel à votre âme de poète, nous vous proposons cette fois-ci de décrire pour nous ce célibataire tel que vous l'imaginez, dans un petit texte où la seule contrainte est de croquer son portrait avec un brin d'humour à l'anglaise.

Vos textes sont à nous envoyer par mail au plus tard le 15 juin prochain sur nos deux adresses : cryssilda@hotmail.com et myloubook@yahoo.com.

Les auteurs des deux textes qui nous amuseront le plus recevront chacun un exemplaire de ce roman.

A vos claviers et surtout, have fun ! Nous avons hâte de vous lire !

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07/06/2016

Jane Austen & Becca Stadtlander, Pride and Prejudice retold

austen_stadtlander_pride and prejudice.jpgJe n'étais pas du tout partie pour présenter ce petit livre lors du rendez-vous du Mois anglais consacré à Jane Austen mais, faute d'organisation, j'ai finalement choisi de le relire et de vous en parler enfin - car je l'avais découvert à sa sortie sans faire de billet.

Classics Unfolded est une petite collection assez étonnante à destination de la jeunesse. Le but est de présenter une oeuvre classique en quelques pages illustrées.

Le format est déjà original en lui-même : un étui à l'intérieur duquel se trouve un fascicule cartonné replié en éventail.

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Photo Copyright MyLouBook

Le fascicule comprend quant à lui 16 pages. La première introduit les personnages principaux. La dernière comprend un résumé de l'histoire et de ses thématiques à lire en 30 secondes environ. Enfin, les autres pages reprennent les temps forts du roman à travers des scènes illustrées. Chaque scène est accompagnée d'un extrait du roman et d'une petite phrase résumant très succinctement l'évènement clef concerné.

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Photo Copyright MyLouBook

Voilà une bien jolie collection. Ce Pride and Prejudice retold séduira forcément les janéites car c'est un bel objet. J'ai trouvé le principe inventif et l'idée bien exécutée, même si évidemment, pour résumer Pride and Prejudice en quelques dessins, on oublie beaucoup de personnages et moult scènes qui font la richesse du roman. L'ouvrage a le mérite d'introduire l'oeuvre et, il faut l'espérer, doit normalement donner envie de découvrir le texte d'origine. Ma petite lectrice en herbe a été très intriguée par le format en me voyant déplier cette feuille cartonnée. Il a fallu que nous regardions ensemble toutes les images et elle me demandait qui étaient les personnages... malgré son très jeune âge qui ne lui permet pas de retenir grand-chose de ce type de récit (même si elle a adoré s'essayer à prononcer quelques mots anglais et a apparemment retenu le nom "Bennet") je trouve cela plutôt encourageant.

A l'origine, j'avais découvert cette collection alors que je cherchais des adaptations d'Alice in Wonderland, mais finalement j'ai opté pour ce titre-ci. J'étais tentée également par The Secret Garden que j'avais adoré petite mais que j'ai complètement oublié. Je me demande tout de même quelle impression on peut avoir d'une oeuvre en la découvrant de cette façon. Est-ce suffisant pour inciter à la lire ? Ou est-ce plutôt un objet à collectionner qui séduira surtout les lecteurs déjà convaincus ? Pour un jeune public, il me semble que ce livre peut plutôt servir de support lors d'une lecture avec un proche qui pourra enrichir cette base avec ses souvenirs de l'oeuvre présentée.

Une jolie découverte en tout cas !

Jane Austen & Becca Stadtlander, Pride and Prejudice, classics unfolded, mois anglais, mois anglais 2016, jane austen

 

 

16 p

Jane Austen, Pride and Prejudice Retold in pictures by Becca Standtlander, 2015 

Jane Austen & Becca Stadtlander, Pride and Prejudice, classics unfolded, mois anglais, mois anglais 2016, jane austenJane Austen & Becca Stadtlander, Pride and Prejudice, classics unfolded, mois anglais, mois anglais 2016, jane austen

03/06/2016

Stella Gibbons, Westwood

gibbons_westwood_points.jpgJ'ai plusieurs Stella Gibbons en attente chez moi et je m'en réjouis après cette première lecture. Si Westwood n'est pas tout à fait un coup de coeur, c'est un roman tout en nuances qui ravira les amateurs de littérature anglaise et notamment, de classiques "Vintage".

Jeune enseignante, Margaret vient de s'installer à Londres pendant la guerre avec ses parents, qui lui donnent l'image d'un mariage peu épanouissant. Dotée d'un physique quelconque, la jeune femme est très, voire trop sérieuse, malgré une grande sensibilité pour l'Art sous ses différentes formes. A l'inverse, son amie d'enfance Hilda récemment devenue sa voisine est très jolie, assez frivole, ne s'intéresse qu'aux films faciles et semble supporter la guerre avec une légèreté qui fait défaut à Margaret.

gibbons_westwood.jpgPar hasard, Margaret fait la rencontre du peintre Alexander Niland et de son beau-père dramaturge Gerard Challis, qui s'avère être un proche voisin vivant à Westwood, une superbe maison. Grâce à Zita, réfugiée juive travaillant chez les Challis, Margaret va obtenir son droit d'entrée à Westwood et côtoyer ainsi cette famille qui la fascine, en particulier le dramaturge qu'elle juge tout à fait admirable. Peu lui importe de devoir supporter les railleries de sa fille superficielle ou d'être régulièrement sollicitée pour s'occuper des petits-enfants que les femmes de la maison semblent incapables de gérer seules (sans penser même aux hommes, artistes au-delà de toutes ces considérations bassement matérielles -  à une époque où, de toute façon, l'homme ne joue pas ce rôle dans le foyer). Bien qu'on ne puisse se retenir de grincer des dents face aux mauvaises manières et à l'arrogance des Challis et des Niland, qui profitent allègrement de Margaret, difficile de ne pas être sous le charme de cette maisonnée. Nous suivons ainsi Margaret pendant plusieurs mois, entre son travail qu'elle prend moins au sérieux au fil du temps, ses visites à Westwood, ses sorties au concert et l'intimité qu'elle noue avec un ami de son père... autant de changements dans son quotidien qui la feront évoluer.

En parallèle, et bien que sûr de son pouvoir de séduction, le cinquantenaire Gerard Challis fait une cour laborieuse à Hilda, rencontrée dans le métro. Le charme et la beauté de la jeune femme l'empêchent d'admettre ses lacunes intellectuelles et son indifférence royale à tous ses discours pompeux. Bien évidemment, Hilda et Margaret sont loin de se douter du fait que toutes deux côtoient le même homme dans des circonstances bien différentes.

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On savoure ce roman délicat qui fait vivre sous nos yeux Hampstead et Highgate sous le Blitz, nous donnant à voir une capitale très vivante et gaie malgré les bombes allemandes. Le portrait qui nous est fait de Londres nous offre de très beaux passages, tel que celui-ci par exemple : Tant que dura l'été, la beauté l'emporta sur la tristesse, car le soleil bénissait toute chose - les ruines, les visages fatigués, les fleurs sauvages aux longues tiges et les étendues obscures d'eau stagnante - et, durant ces mois de calme, Londres dévasté fut aussi beau qu'une ville de rêve (p 8).

Stella Gibbons ne fait pas de cadeau à ses personnages : chacun a son lot de défauts, et même si aucun n'est fondamentalement antipathique, il est difficile de les apprécier ou, a fortiori, de les admirer. Notre héroïne n'échappe pas à la règle en raison de la passivité dont elle fait preuve alors que tout le monde semble trouver normal de profiter de sa générosité.

Preuve du plaisir que j'ai pris à le lire, mon exemplaire de Westwood est constellé de post-its, aussi bien pour retrouver de belles descriptions, des considérations sur la psychologie des personnages ou tout simplement, des touches d'humour. Je ne résiste pas au plaisir de vous citer cet extrait où Margaret farfouille dans une pile de livres d'occasion : Alors qu'elle ouvrait avec circonspection des sermons et des biographies de respectables nullités du dix-neuvième siècle depuis longtemps défuntes, elle aperçut soudain ce gros volume d'âge vénérable, dont la reliure vert foncé avait connu des jours meilleurs et dont la couverture arborait encore une gravure dorée défraîchie de la porte de Highgate (p 344).

Amoureux des lettres anglaises, Stella Gibbons est à découvrir sans plus attendre !

Lu dans le cadre du Mois anglais organisé ici et avec ma comparse Cryssilda, pour la lecture commune autour des (Vieilles) dames indignes ou indignées (thème qui me laisse un peu perplexe mais qui est il est vrai très amusant).

L'avis en anglais de Book Snob, qui émet quelques réserves que je rejoins en partie, même si j'ai trop apprécié ce livre pour souhaiter mettre en avant ses quelques faiblesses.

Merci aux Editions Points pour cette lecture !

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522 p

Stella Gibbons, Westwood, 1946

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01/06/2016

Mary Hooper, Velvet

hooper_velvet.jpgC'est avec un bon petit roman néo-victorien que je vais inaugurer mes chroniques de ce Mois anglais, cuvée 2016 ! J'avais prévu d'en parler plus tôt et de présenter un autre roman à la place mais finalement, quoi de mieux qu'un de mes genres favoris pour débuter notre traditionnel périple du mois de juin?

Londres, début du XXe (une association d'emblée prometteuse). Velvet a perdu sa mère et laissé son père détesté se noyer un soir où il la pourchassait. Elle travaille dans une blanchisserie, un métier très éprouvant physiquement, jusqu'au jour où une cliente lui propose une place chez elle. Elle va ainsi s'installer au domicile de Madame Savoya, medium très réputée intervenant dans des démonstrations publiques et recevant chez elle des personnes fortunées, en groupe ou lors de séances privées.

Velvet va ainsi découvrir le monde du spiritisme en devant la dame de compagnie de la jeune et belle Madame Savoya et, petit à petit, elle va intervenir auprès de la clientèle. La jeune fille est conquise par son nouvel environnement : par le charme de Madame Savoya, ses tenues raffinées et le sérieux avec lequel elle traite son don de spirite ; mais aussi en raison de l'autre assistant, le séduisant George, qu'elle ne semble pas non plus laisser indifférente.

Néanmoins, avec le temps qui passe, Velvet va commencer à remettre en question le sérieux des grands spirites de l'époque... jusqu'à douter de Madame Savoya elle-même.

Porté par des héros aux personnalités affirmées, ce roman jeunesse est un vrai régal pour qui s'intéresse à la thématique du spiritisme en Angleterre à l'époque où celui-ci était particulièrement en vogue. [Spoilers à la suite] Mary Hooper est partie de sa propre expérience des cercles spirites et, n'ayant jamais été convaincue du résultat, elle a choisi ici de mettre particulièrement en avant les anarques des mediums, les trucages employés et les moyens utilisés pour soutirer de grosses sommes à des clients en deuil. Mary Hooper s'est ainsi beaucoup documentée et conclut : l'information capitale fut sans doute que tous les médiums de l'époque ont été accusés d'escroquerie, à l'exception d'un seul (p317-318) [Fin des spoilers].

Si le spiritisme est le principal sujet, une autre thématique est abordée à travers le sort des enfants de filles mères, confiés à des nourrices coupables de négligences, voire de maltraitance ou de meurtres. Dans les notes à la fin de l'ouvrage, on signale une loi de 1864 stipulant que la responsabilité des enfants illégitimes incombait à la mère seule. Les réformes ont été lentes car les législateurs ne souhaitaient pas violer cette idéal victorien que représentait la sanctification de la famille (p 320).

Velvet est un roman passionnant que j'ai dévoré - impossible de me coucher avant d'avoir tourné la dernière page. Outre les personnages bien campés, les rebondissements de l'histoire de Velvet et l'ambiance générale très réussie, ce livre présente un vif intérêt sur le plan historique en retraduisant habilement l'époque. Mary Hooper s'est appuyée sur des recherches solides - dont elle nous fait part à la fin - et est parvenue à distiller avec à-propos tout au long du roman les informations obtenues. Un grand plaisir de lecture !

Merci encore Titine pour ce beau cadeau ! 

mary hooper,velvet,londres,editions les grandes personnes,challenge british mysteries,british mysteries,le mois anglais,mois anglais 2016,epoque victorienne,spiritisme,londres victorienneLu dans le cadre de la Lecture commune du Mois anglais et du Blogoclub de Lecture ayant pour thème " Londres". Et c'est également une nouvelle participation au challenge British Mysteries.

325 p

Mary Hooper, Velvet, 2011

mary hooper,velvet,londres,editions les grandes personnes,challenge british mysteries,british mysteries,le mois anglais,mois anglais 2016,epoque victorienne,spiritisme,londres victoriennemary hooper,velvet,londres,editions les grandes personnes,challenge british mysteries,british mysteries,mois anglais,mois anglais 2016,epoque victorienne,spiritisme,londres victorienne

31/05/2016

Mois anglais 2016 : Le billet recap

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Nous y voici déjà, le mois anglais est de retour dès demain et ce pour un mois de foliiie !

Cryssilda et moi-même somme absolument RAVIES de vous accueillir cette année encore dans le petit salon feutré de notre cottage anglais, au bord d'une falaise, en Cornouailles.

Comme tous les ans, pour nous faciliter la tâche (et elle est énoooorme), nous vous demanderons de nous indiquer les liens vers vos billets soit ici, en commentaire de ce billet, chez Cryssilda (sur son billet recap) ou encore sur notre groupe Facebook !

D'avance merci à tous... and now, let the show begin !

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Les billets de présentation :
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Les billets tout au long du mois
 
1er juin :
Proposition de thématique du jour : Un roman qui se passe à Londres
 
2 juin : 
3 juin :
Proposition de thématique du jour : (Vieilles) dames indignes ou indignées - Willa Marsh, Mary Wesley, Nancy Mitford, Barbara Pym, Agatha Christie, Elizabeth Taylor, Stella Gibbons...
 
4 juin :
 
5 juin :
Proposition de thématique du jour : Meurtre à l'anglaise (ou plus prosaïquement Polars anglais)
Dimanche : les gourmandises passent le mois en Angleterre
6 juin :
7 juin :
Proposition de thématique du jour : Autour de Jane Austen (romans, adaptations, biographies, austeneries...)
8 juin :
 
 
9 juin :
Proposition de thématique du jour : Campagne anglaise (lectures ou films se déroulant principalement à la campagne ou dans de petits villages anglais, photos de voyage...)
10 juin :
11 juin :
Proposition de thématique du jour : Auteurs anglais d'origine étrangère
12 juin :
Dimanche : les gourmandises passent le mois en Angleterre
15 juin :
Proposition de thématique du jour : Victoriens anglais (Les soeurs Brontë, Wilkie Collins, Dickens, Gaskell, George Eliot, Thackeray, Trollope...)
16 juin :
 
17 juin :
Proposition de thématique du jour : Sherlock Holmes, l'original et les produits dérivés ou Arthur Conan Doyle 
18 juin :
19 juin :
Proposition de thématique du jour : Rois et Reines d'Angleterre
Dimanche : les gourmandises passent le mois en Angleterre
 
20 juin :
Proposition de thématique du jour : Un écrivain contemporain au choix
 
21 juin :
Proposition de thématique du jour : Angela Huth
 
22 juin :
Proposition de thématique du jour : BD, mangas, comics et trucs à bulles 
24 juin :
 
25 juin :
Proposition de thématique du jour : Théâtre anglais, tous siècles confondus
 
26 juin :
Dimanche : les gourmandises passent le mois en Angleterre 
 
27 juin :
Proposition de thématique du jour : Anita Brookner
 
28 juin :
Proposition de thématique du jour : Agatha Christie
 
29 juin :
Proposition de thématique du jour : Littérature enfantine ou adulescente ou adaptations sur grand et petit écran (Winnie, Beatrix Potter, Paddington Bear, Gruffalo, Neil Gaiman, Harry Potter, Roald Dahl, Mary Poppins...)
30 juin :
Proposition de thématique du jour : Ecrivains voyageurs (en incluant Anglais séjournant à l’étranger et Anglais ou étrangers voyageant en Angleterre. Tous siècles confondus)
 
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Billets de clôture :
 
 
Les autres logos (vous pouvez cliquer dessus pour les récupérer en grand format) - un grand merci pour toutes vos contributions :

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HAPPY ENGLISH MONTH EVERYONE !!!

12/05/2016

Challenge British Mysteries 2016-2017 : billet recap

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Billets des participants :

Anne - Des mots et des notes

Billet de présentation

1 - John Lawton, Black-Out

2 - Jane Casey, Ceux qui restent

3 - M.C. Beaton, Agatha Raisin Enquête - La quiche fatale

4 - Arthur Conan Doyle, Etude en rouge

5 - M.C. Beaton, Agatha Raisin enquête - Remède de cheval

6 - Agatha Christie, La mystérieuse affaire de Styles

7 - Patricia Wentworth, Le cabinet chinois

Cannibal lecteur

1 - Mark Frost, La liste des sept

2 - James Oswald, Le livre des âmes

3 - Ann Granger, La curiosité est un péché mortel

4 - F.R. Tallis, La chambre des âmes

5 - Jean-Pierre Croquet & Benoît Bonte, Sherlock Holmes – T7 – L’étoile sanglante [BD]

6 - André-Paul Duchâteau & Di Sano, Sherlock Holmes – T6 – Le rat géant du Sumatra [BD]

7 - André-Paul Duchâteau & Stibane, Sherlock Holmes – T5 – La bande moucheté [BD]

8 - Philippe R. Welté, Jack l’Éventreur – Le Secret de Mary Jane K.

9 - Ludovic Lamarque & Pierre Portrait, Je suis le sang

10 - Leah Moore & John Reppion, Sherlock Holmes – Tome 1

11 - Adam Nevill, Derniers Jours

12 - André-Paul Duchâteau & Stibane, Sherlock Holmes – T4 – Jack l’Éventreur [BD]

13 - André-Paul Duchâteau & Guy Clair, Sherlock Holmes – T3 – La béquille d’aluminium [BD]

14 - Tillieux & Will, Tif et Tondu – Tome 16 – L’ombre sans corps [BD]

15 - Annelie Wendeberg, Le Diable de la Tamise

16 - [Série] Penny Dreadful – Saison 1

17 - Philippe R. Welté, Le fantôme de Mitre Square – Annexe au livre « Jack l’Éventreur, le secret de Mary Jane K

18 - Jean-Pierre Croquet & Benoît Bonte, Sherlock Holmes – Tome 2 – La folie du colonel Warburton [BD]

19 - Croquet & Bonte, Sherlock Holmes – Tome 3 – L’ombre de Menephta

20 - Croquet & Bonte, Sherlock Holmes – Tome 4 – Le Secret de l’île d’Uffa

21 - Convard & Le Hir, Sherlock – Tome 2 – Les coquelicots du Penjab

22 - Convard & Le Hir, Sherlock – Tome 1 – Révélation

23 - Chanoinat & Marniquet, Les archives secrètes de Sherlock Holmes – Retour à Baskerville Hall

Cryssilda

Cyan

Billet de présentation

1 - Agatha Christie, Bienvenue au Club du Mardi / Le Club du Mardi continue

2 - Agatha Christie, Un Cadavre dans la Bibliothèque

3 - Agatha Christie, Le Vallon

4 - Agatha Christie, Une Poignée de Seigle

5 - Agatha Christie, La Troisième Fille

6 - Agatha Christie, Les Quatre

FondantGrignote

1 - Hampton Charles, Miss Seeton prend l'avantage

2 - Alan Bradley, Les Etranges Talents de Flavia de Luce

3 - Wilkie Collins, Secret Absolu

4 - M.C. Beaton, Agatha Raisin Enquête - La quiche fatale

5 - M.C. Beaton, Agatha Raisin enquête - Remède de cheval

6 - Agatha Christie, Associés contre le crime

7 - Hercule Poirot, Saison 13 [Série]

8 - Anne Perry, Half Moon Street

Lcath

1 - Peter Tremayne, La septième trompette

Les fils de Ju

Billet de présentation

1 - Anne Perry, L'Etrangleur de Cater Street

2 - Minette Walters, Le sang du renard

3 - Mo Hayder, Birdman

4 - Anthony Horowitz, La maison de soie

5 - PD James, La mort s’invite à Pemberley

Lou

Billet de lancement du challenge

Stephanie Lam, The Mysterious Affair at Castaway House (billet rétroactif)

Philippa Boston, The Sorceress (billet rétroactif)

Margotte

Billet de présentation

Marjorie - Chroniques Littéraires

Billet de présentation

Mes Madeleines Wordpress

1 - M.C. Beaton, Agatha Raisin enquête - Tomes 1 et 2, La Quiche fatale / Remède de cheval

Pati Vore

Billet de présentation

Purplevelvet

Billet de présentation

Ellis Peters, Série Cadfael, Tome 3, Le Capuchon du Moine

Sharon

SKTV

1 - "Quelques légendes urbaines de Londres" (d’après le recueil de Scott WOOD "London urban Legends, The Corpse on the Tube & other Stories")

2 - Agatha Christie, La mystérieuse affaire de Styles

Yueyin

 

 Vous cherchez d'autres idées de lecture ? : Le billet recap des British Mysteries 2013-2014

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11/05/2016

Challenge British Mysteries, le retour

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En 2013 et 2014 je vous proposais avec ma complice Hilde un challenge British Mysteries. J'avais en tête de le lancer de nouveau car c'est une thématique que j'affectionne particulièrement et j'ai pris beaucoup de plaisir à vous lire et à découvrir de nouveaux titres grâce à des participantes très enthousiastes. Après moult hésitations, réflexions, atermoiements, ça y est, je me suis décidée à relancer officiellement ce challenge !

Cette année je serai la seule organisatrice, même si Hilde ne sera pas bien loin, de même que Titine et Cryssilda, qui agitent avec entrain leurs drapeaux de pompom girls pour m'accompagner.

La thématique du challenge (avec quelques adaptations) :

Les mystères britanniques et irlandais : Histoires de détectives (romans policiers, séries, films, BD) ou toute histoire ayant sa part de mystère (histoires de fantômes, de monstres du Loch Ness et autres légendes, maisons mystérieuses... aussi bien en littérature, sur grand et petit écran qu'en photos pourquoi pas ?). Et si vous avez effectué certains Ghost Tours dont raffolent nos amis d'Outre-Manche ou visité certains cimetières, châteaux ou manoirs réputés hantés, suivi le Jack the Ripper Tour... vos reportages et récits de voyage sont les bienvenus !

Jusqu'ici, nous avions limité les policiers à une certaine période historique mais je vous propose désormais d'intégrer aussi les récits se déroulant à notre époque.

Et bien sûr, le cadre géographique : Angleterre, Ecosse, Pays de Galles ou Irlande (nord et sud).

Les catégories (vous n'êtes pas obligés de choisir avant de débuter le challenge) :

Esprit es-tu là ? : Manifestations sporadiques et inattendues, effet garanti - entre 1 et 5 participations.

Détective de Scotland Yard : entre 6 et 10 participations, vous êtes devenu un limier expert.

Gardien de Highgate Cemetery : 11 participations et plus. Des histoires sombres, vous en avez vu passer depuis que vous détenez les clefs du célèbre cimetière. Aujourd'hui vous avez décidé de pousser pour nous quelques portes aux secrets bien gardés. 

Dates du challenge : 

Jusqu'au 30 mai 2017.

Comment ça marche ?

Il suffit d'ajouter un des logos du challenge dans chacun de vos billets mystérieux en renvoyant vers ce blog, et de venir déposer vos liens sur le billet recap à venir. Un raccourci vers le billet recap sera créé dans les jours qui viennent sur une des colonnes de ce blogs, avec le logo du challenge.

Vous pouvez bien entendu faire un petit billet de lancement, ce qui me fera bien entendu très plaisir mais n'est pas du tout obligatoire pour vous inscrire. 

Vous pouvez aussi rejoindre dès maintenant le groupe facebook du challenge. Vous pourrez y mettre en avant vos lectures, partager des liens vers des articles, proposer des LC... ou tout simplement papoter.

Si vous souhaitez ajouter déjà vos billets rentrant dans cette thématique depuis le 1er janvier 2016, il vous suffit d'y ajouter le logo et le lien et de venir me signaler ces billets.

Enfin, en cliquant sur les deux images vous pourrez ouvrir en grand les deux logos pour les enregistrer.

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Le précédent recap pour vous donner des idées...

J'espère que vous serez de nouveau nombreux à me rejoindre dans mes pérégrinations mystérieuses, j'ai hâte de vous retrouver!

08/05/2016

Le Mois anglais Saison 5

Le Mois anglais est de retour, pour la cinquième année consécutive ! Préparez déjà vos valises, sortez vos parapluies, vos tasses de thé, vos recettes de pudding, vos intégrales de Downton Abbey, vos souvenirs de voyage et vos romans anglais : le voyage débutera le 1er juin 2016 et durera tout le mois.

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Cryssilda et moi sommes très heureuses de vous retrouver à cette occasion, cette année sans notre complice Titine qui nous a quant à elle accompagnés tout au long de l'année avec le challenge A Year in England.

Billets libres, lectures communes, comme chaque année il y en aura pour tous les goûts. Le seul mot d'ordre : fêter l'Angleterre sur nos blogs. 

Pour vous inscrire, nous vous invitons à laisser un commentaire à la suite de ce billet et sur le billet de lancement de Cryssilda. N'hésitez pas non plus à nous y laisser les liens vers vos billets de présentation pour que nous puissions les relayer plus facilement.

Vous pouvez également rejoindre notre groupe facebook, sur lequel ont déjà été proposées de nombreuses idées de lectures communes.

*****

Voici d'ailleurs la liste très tentante des rendez-vous prévus en juin - vous pouvez continuer à proposer d'autres suggestions dès maintenant :

Un roman qui se passe à Londres - également LC du Blogoclub de Lecture (titre retenu par le Blogoclub : "Black-out " de John Lawton) : 1er juin

(Vieilles) dames indignes ou indignées - Willa Marsh, Mary Wesley, Nancy Mitford, Barbara Pym, Agatha Christie, Elizabeth Taylor, Stella Gibbons... : 3 juin

Meurtre à l'anglaise (ou plus prosaïquement Polars anglais) : 5 juin

Autour de Jane Austen (romans, adaptations, biographies, austeneries...) : 7 juin

Campagne anglaise (lectures ou films se déroulant principalement à la campagne ou dans de petits villages anglais, photos de voyage...) : 9 juin

Auteurs anglais d'origine étrangère : 11 juin

Connie Willis, “Sans parler du chien” : 13 juin

Victoriens anglais (Les soeurs Brontë, Wilkie Collins, Dickens, Gaskell, George Eliot, Thackeray, Trollope...) :  15 juin

Sherlock Holmes, l'original et les produits dérivés (les titres/films mettant en avant Arthur Conan Doyle rentrent aussi dans cette LC): 17 juin

Rois et Reines d'Angleterre : 19 juin

Un écrivain contemporain au choix : 20 juin

Angela Huth :  21 juin

George Orwell : 23 juin

Théâtre anglais, tous siècles confondus (Shakespeare, Elisabéthains, Tom Stoppard, Nell Leyshon...) : 25 juin

Anita Brookner : 27 juin

Agatha Christie : 28 juin

Littérature enfantine ou adulescente ou adaptations sur grand et petit écran (Winnie, Beatrix Potter, Paddington Bear, Gruffalo, Neil Gaiman, Harry Potter, Roald Dahl, Mary Poppins...) : 29 juin

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Mais aussi...

Nous vous proposons de nouveau cette année de participer à la création des logos. Eh oui, on A-DO-RE vos logos, qu'ils soient chics, drôles, kitsch, vintage... Nous espérons que cette année encore vous serez prêts à libérer le créateur ou la créatrice qui sommeille en vous pour vous amuser à concocter les logos les plus anglais.

Vous pouvez les ajouter sur le groupe facebook ou les envoyer à nos deux adresses mail : <myloubook@yahoo.com> et <cryssilda@hotmail.com>.

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Enfin, suivez nos blogs et le groupe dans les prochaines semaines, car nous avons prévu quelques surprises pour vous gâter en ce nouveau Mois anglais...

 

Rendez-vous le 1er juin ! 

03/04/2016

George Moore, Albert Nobbs

albert-nobbs-george-moore-L-NzxJCU.jpegJ'ai interrompu ma série de lectures anglaises pour sortir de ma PAL un classique irlandais, Albert Nobbs de George Moore, que m'avait offert Cryssilda il y a déjà un petit bout de temps. Cette nouvelle a été portée à l'écran avec un casting prestigieux, Glenn Close jouant le principal rôle.

Début du XXe, Albert Nobbs est un marjodome irréprochable officiant dans un hôtel de Dublin. Un personnage un peu étrange, laid, visiblement sans aucune attache, néanmoins toujours prêt à rendre service et de bonne volonté. Curieusement, il se montre particulièrement réticent un soir où on lui demande de partager sa chambre avec un peintre. Et pour cause : Albert est en réalité une femme qui, depuis des années, se fait passer pour un homme afin d'améliorer sa condition en accédant à de meilleurs postes. Cette nuit passée avec le peintre va changer sa vie en le poussant à s'interroger sur son isolement et à envisager le mariage.

L'histoire d'Albert est touchante et triste. Si elle ne manque pas d'originalité et pose un regard différent sur la condition des femmes et la société irlandaise (voire occidentale) au début du XXe, elle repose en revanche sur une première coincidence par trop énorme, à savoir la rencontre de deux femmes déguisées en hommes pour des motifs semblables. Malgré cette introduction qui m'a paru maladroite, cette nouvelle mérite d'être découverte.

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93 p

George Moore, Albert Nobbs (The Singular Life of Albert Nobbs), 1918

12/03/2016

Thomas Hardy : Une Femme d'imagination et autres contes

hardy_une femme d'imagination.jpgSuite à la lecture de Winter de Christopher Nicholson, j'ai eu envie de retrouver l'univers de Thomas Hardy, que je connais jusqu'ici à travers trois recueils de nouvelles (dont Métamorphoses, chroniqué sur ce blog). J'ai donc sorti de ma PAL Une Femme d'imagination et Autres contes - à la couverture si bien choisie.

Ce recueil comprend quatre nouvelles.

Le Hussard mélancolique de la Légion germanique : Promise à un mariage avantageux avec le terne Humphrey Gould, la jeune Phyllis s'éprend d'un hussard allemand dont le camp a été installé près de chez elle. Le jeune homme finit par lui proposer de s'enfuir avec lui. Un récit dans lequel les personnages sont soumis aux lois implacables du destin, qui, on le sent très rapidement, les promet à un sort funeste.

Le veto du fils : une jeune servante s'est élevée au rang de dame en épousant son employeur, le pasteur du village. Tous deux sont partis à Londres, loin des gens qui ont été témoins de cette union scandaleuse. Malgré les efforts de son mari pour l'éduquer, Sophy fait toujours des fautes de grammaire et ne fait guère illusion... ce dont se rend bien compte son fils Randolph, envoyé dans des écoles privées et visant à s'élever socialement. Lorsque sa mère veuve envisage de se marier avec un ancien admirateur du village, le coup est trop dur pour Randolph, qui s'opposera dès lors à cette union.

Le violoneux des contredanses : Prétendant attitré de Caroline, Ned se voit évincé par un violoneux qui, malgré un physique quelconque et des cheveux gras, parvient à séduire toutes les filles grâce à une musique aux accents presque diaboliques (il est d'ailleurs fait référence à Paganini). Quelques années plus tard, alors que Ned est installé à Londres et participe à la construction d'un bâtiment pour la Première Exposition Universelle, Caroline refait surface dans sa vie avec une petite fille. Après la première surprise, le brave homme accepte cette nouvelle famille qui lui est donnée. Jusqu'au jour où leur chemin croise de nouveau celui du violoneux...

Une femme d'imagination : poétesse, femme romanesque à l'imagination fertile, Ella s'installe avec son mari et leurs trois enfants dans une maison de vacances en bord de mer. Ils occupent notamment l'appartement habituel d'un poète, Robert Trewe, qu'Ella admire et cherche à égaler, sans succès. Sans le connaître, elle se prend d'une véritable passion pour lui. Un amour là encore mis à mal par le destin, qui semble toujours éloigner la possibilité d'une rencontre entre ces deux âmes qui, semble-t-il, pourraient être destinées l'une à l'autre.

Comme toujours, Thomas Hardy n'épargne pas ses personnages dont le bonheur est toujours entravé, le plus souvent par une série de coïncidences, hasards et malchances. Il émane de certains de ces textes une mélancolie évidente. La première et la dernière nouvelle se détachent des autres selon moi, notamment à travers une chute très bien maîtrisée, qui ne peut laisser indifférent. J'ai été un peu moins convaincue par Le Violoneux des contredanses, sans doute parce que j'ai eu de la peine à imaginer la capacité de séduction de ce violoneux plutôt repoussant, tandis que Caroline m'a déplu de bout en bout : fade, bête, dotée d'un culot monstrueux et pour ajouter la touche finale, assez peu attachée à son enfant. J'ai eu bien du mal à compatir à ses malheurs.

Une nouvelle lecture de Thomas Hardy qui m'a de nouveau donné envie de poursuivre la découverte de son oeuvre.

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155 p

Thomas Hardy, Une Femme d'Imagination et autres contes, 1888 ? (Année de publication des Wessex Tales dont la première nouvelle fait partie)

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06/03/2016

Christopher Nicholson, Winter

nicholson_winter.jpgSi Thomas Hardy est peu présent sur mon blog, c'est un auteur que j'ai découvert et beaucoup apprécié à travers trois recueils de nouvelles (seules les Métamorphoses ont été chroniquées ici) et dont les romans m'attirent même si je n'ai pas encore aujourd'hui franchi le pas (sauf avec Les Forestiers, dont je n'ai lu qu'une partie faute de temps lorsque je l'avais commencé). Aussi, lorsque je suis tombée par hasard sur le roman Winter de Christopher Nicholson mettant en scène Thomas Hardy, j'ai inévitablement eu envie de me le procurer.

L'action se déroule dans les années 1920, dans le Wessex, où vit l'écrivain âgé de 84 ans. Nous le découvrons chez lui, dans une assez grande propriété, isolée et cachée par d'immenses arbres qui cependant obscurcissent complètement la maison. Thomas Hardy passe ses journées à écrire, est très attaché à son chien Wessex mais communique peu avec sa femme Florence, qui a à peine plus de la moitié de son âge mais ne lui inspire plus qu'une certaine affection, lorsqu'elle ne l'agace pas. Florence souffre de sa solitude, a une santé fragile et accepte difficilement la tournure qu'a pris sa vie, consacrée entièrement à son époux ; elle est ainsi devenue amère et irritable.

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 Photo Thomas & Florence Hardy : Rex Features

A cette époque, une troupe locale d'acteurs amateurs met en scène Tess, l'adaptation de son grand roman. Cette pièce va rompre le quotidien monotone du couple Hardy, mais aussi devenir sujet de discorde. Le personnage principal est joué par la jeune Gertrude Bugler. Elle incarne un idéal féminin aux yeux de Hardy, qui, malgré son grand âge, se sent attiré par elle. Dans une sorte de huis clos, Nicholson met en scène ces trois personnages dont les aspirations et les sentiments ne peuvent qu'entrer en conflit.

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Photo Gertrude Bugler : National Trust /Simon Harris

Le roman alterne les points de vue, entre les chapitres consacrés à l'auteur rédigés à la 3e personne et les chapitres narrés directement par Florence ou Gertie. Se déroulant au coeur de l'hiver (et portant si bien son titre), ce livre exprime avec subtilité le ressenti des trois personnages, tout en s'interrogeant sur l'amour (ses formes, sa pérennité), la brièveté de la vie humaine, sa poursuite après la mort ou encore, sa place aux côtés de la nature. Même si je suis toujours un peu gênée par les récits inspirés de personnes ayant réellement existé, j'ai beaucoup apprécié ce roman profond, mélancolique et porté par une plume élégante. J'aurais juste aimé que l'auteur ajoute une note pour raconter la genèse de ce livre et indiquer ce qui est en partie inspiré de la réalité et ce qui est totalement inventé – simple curiosité.

Je m'apprête à lire Une Femme d'Imagination et Autres nouvelles et, après avoir lu le roman de Christopher Nicholson, je commence à sérieusement envisager de découvrir enfin Tess. Un mois de mars qui sera pour moi sous le signe des lectures anglaises, car je m'apprête à fêter Pâques dans le Kent et compte bien me plonger d'ores et déjà dans l'ambiance !

Quelques avis (en anglais et en français) : Heavenali, Titine, The Bookbinder's daughter. Et sur Books and other things, un article sur Thomas Hardy et sa première femme Emma.

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247 p

Christopher Nicholson, Winter (Hiver pour la traduction française), 2014

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28/02/2016

Nell Leyshon, La Couleur du Lait

leyshon_la-couleur-du-lait.jpgJ'ai eu récemment envie de sortir de ma PAL un roman qui avait tout pour me plaire par son cadre (Angleterre XIXe) mais dont le style me causait une petite appréhension. Pas de majuscules, des tournures très simples, peu ou pas d'indications pour introduire les dialogues. Dans l'ensemble, lorsqu'on feuillette le livre, on s'aperçoit d'emblée que l'auteur a volontairement privilégié une écriture maladroite, ayant choisi une jeune paysanne sans éducation pour narratrice. Un exercice risqué mais dans l'ensemble assez réussi.

1831. La jeune Mary vit à la ferme avec son grand-père, ses parents et ses trois soeurs aînées. Leurs journées sont rythmées par des corvées sans fin. Leur père est brutal et leur mère assez indifférente. Les quatre soeurs partagent le même quotidien mais ne sont pas véritablement soudées. Seul le grand-père est plus sympathique. Mary est sa favorite – c'est aussi la seule à s'intéresser à son sort. Un jour, elle est envoyée au presbytère pour aider le pasteur dont la femme est malade. Son salaire est versé directement à son père qui ne l'a nullement concertée avant de décider de lui faire quitter la ferme.

Mary n'a jamais appris à lire et n'a connu que le monde rustre et direct de la ferme. Elle détonne ainsi immédiatement chez son nouvel employeur de par son franc-parler : elle n'a aucune idée des conventions, dit tout ce qu'elle pense et ne voit pas d'impolitesse dans ses réparties (par exemple lorsqu'elle compare la quantité de nourriture ingérée par son employeur à celle que consomme habituellement le cochon de la ferme). Néanmoins, Mary a bon fond et fait preuve d'un bel optimisme, ce qui lui permet de gagner les faveurs de la femme du pasteur, ce dernier se montrant lui aussi indulgent devant des maladresses pouvant passer pour de la grossièreté.

A travers cet emploi, Mary va découvrir un univers totalement différent mais aussi saisir une opportunité, en apprenant à lire et à écrire. Néanmoins, le séjour au presbytère finit par prendre une tournure beaucoup plus sombre.

Ce court roman a su me toucher à travers la rencontre de deux mondes qui jusqu'ici n'ont évolué qu'en parallèle et qui n'ont finalement rien en commun, en dépit d'une même époque et de la grande proximité géographique. Nell Leyshon met en avant la condition paysanne au XIXe, misérable à bien des égards.

Le personnage de Mary est attachant. Je ne ressors pas complètement convaincue de l'exercice de style. Le fait que la jeune femme ait pu rédiger un tel récit juste après avoir appris à écrire me semble peu crédible. Au-delà de la ponctuation sommaire, il aurait fallu a minima envisager de monstrueuses fautes d'orthographe sans doute – mais cela aurait rendu la lecture insurmontable bien entendu. Tel que le récit est construit, les maladresses volontaires n'ont finalement pas gêné ma lecture et permettent de facilement imaginer la façon dont s'exprime la jeune fille.

Comme dans bien des romans anglais, l'un des thèmes principaux est l'attention portée aux apparences en accord avec une morale de façade, profondément hypocrite.

Un roman original et intéressant, dont la chute ne laisse pas indifférent.

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175 p

Nell Leyshon, La Couleur du Lait (The Colour of Milk), 2012

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13/02/2016

Stephanie Lam, The Mysterious Affair at Castaway House

lam_mysterious affair castaway house.jpgL'année 2016 s'annonce riche en lectures heureuses si je continue sur cette voie... Après l'excellent roman Une Odeur de Gingembre et malgré une petite perte de vitesse à la lecture de L'extraordinaire voyage de Sabrina (roman jeunesse honorable néanmoins), j'ai ouvert un roman repéré il y a quelques mois sur les blogs anglo-saxons et reçu en cadeau à Noël : The Mysterious Affair at Castaway House de Stephanie Lam. Autant le dire de suite, c'est presque un coup de coeur.

Ce livre est un peut-être un peu trop rapidement classé dans la catégorie des « mystery novels » et pourrait laisser penser qu'il s'agit d'un thriller historique saupoudré d'un brin de paranormal – malgré les chroniques dans l'ensemble très enthousiastes, j'ai lu quelques avis plus mitigés de lecteurs qui justement avaient attendu ce type de roman et étaient restés un peu sur leur faim. Je dirais plutôt qu'il s'agit d'un roman historique campant avec succès deux époques, les années 1920 et 1960, dont les protagonistes finissent par voir leurs trajectoires respectives se croiser autour d'une maison enveloppée d'un certain mystère.

Dans les années 1920, le jeune Robert Carver se rend chez son cousin Alec Bray pour passer l'été dans sa maison en bord de mer afin de se remettre de soucis respiratoires sérieux. Il est le parent pauvre d'une famille habituée à vivre dans le luxe. Castaway House n'est qu'une « maison de vacances » mais domine pourtant toutes les autres maisons de la ville par sa taille et son élégance. Robert est heureux de retrouver un cousin qu'il idéalise et profite d'un été de camaraderie, dont l'insouciance est vite assombrie par l'humeur changeante d'Alec, son mariage scandaleux avec une actrice qui désormais le déteste, son penchant marqué pour l'alcool et ses mauvais investissements sur le point de le conduire à la ruine.

En parallèle, dans les années 1960, la jeune Rosie Churchill a quitté le domicile familial et abandonné ses études brusquement, élisant domicile à Castaway House. Quarante ans après, la somptueuse demeure a été mal entretenue et démembrée en de nombreux appartements plutôt miteux et mal chauffés.

Parmi les atouts de ce livre, une belle mise en perspective à travers l'évolution de la maison et de certains personnages sur quarante ans, les deux époques étant bien restituées, dans un cadre de station balnéaire plutôt original. Les protagonistes sont intéressants, même si j'ai préféré pour ma part les chapitres se déroulant dans l'entre-deux-guerres, un monde mêlant espoir et désillusion, élégance et subversion dans un environnement encore étriqué et soumis au respect d'un certain décorum. J'ai trouvé les personnages de cette époque un peu plus touchants mais aussi profonds, même si après quelques pages j'ai toujours repris avec grand plaisir la lecture des passages traitant de Rosie et des années 1960.

Un roman historique réussi, terriblement anglais... à conseiller sans hésiter aux amateurs du genre. On trouve un peu de tout en la matière, avec des intrigues parfois un peu faciles ou un style un peu décevant. Ce livre n'est assurément pas de ceux-là.

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504 p

Stephanie Lam, The Mysterious Affair at Castaway House, 2014

(VF : L'Etrange Histoire du Manoir de Castaway)

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23/01/2016

P. L. Travers, L'extraordinaire voyage de Sabrina

pamela lyndon travers, mary poppins, auteur de mary poppins, extraordinaire voyage de sabrina, littérature anglaise, littérature anglaise deuxième guerre mondiale, classiques jeunesse, classiques jeunesse anglaisVoilà une bien jolie édition pour mettre à l'honneur P. L. Travers, l'auteur de Mary Poppins, à travers un roman inédit en France.

Ecrit à la première personne, à travers le journal de Sabrina Lind, ce récit est celui de deux enfants anglais arrachés à leur pays et au domaine familial en raison de la guerre et de la menace des bombardements. Sabrina et son frère partent ainsi pour l'Amérique chez un oncle et une tante vivant dans la région de New York. Le lecteur les suit alors qu'ils vivent encore chez eux, avant de les accompagner en mer pendant quelques semaines (première moitié du roman) et d'assister à leur installation aux Etats-Unis.

La guerre s'inscrit en toile de fond mais semble souvent distante. Malgré leur patriotisme et leur amour de leur pays, Sabrina et James sont avant tout des enfants qui cherchent à se divertir et à trouver des façons de s'évader au quotidien. Issus d'une classe privilégiée, ils ont la chance de mener une vie facile aux luxes les éloignant d'autant plus des préoccupations de guerre, même si leurs pensées se tournent régulièrement avec mélancolie vers l'Angleterre, leurs parents et amis.

Les protagonistes sont attachants et j'ai pris plaisir à suivre leur parcours, même si j'ai trouvé plus d'intérêt à la partie américaine, à travers certains aspects historiques notamment. Les enfants font quelques visites extraordinaires, comme celle de l'exposition universelle, dont la description a suscité ma curiosité. Un roman finalement assez joyeux et touchant, joliment illustré par Gertrude Hermes, auquel il a cependant manqué peut-être un peu de profondeur pour que je parvienne à complètement me laisser emporter. Un livre à recommander sans hésiter aux lecteurs de l'âge de James et Sabrina (neuf et onze ans) mais qui ne traverse pas aussi bien l'épreuve des années - je trouve - que d'autres classiques pour enfants (par exemple Moonfleet ou Papa Longues Jambes).

Lu en partenariat avec les éditions Zethel, au catalogue très prometteur, à suivre...

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235 p

P. L. Travers, L'extraordinaire voyage de Sabrina, Copyright 1941 (1ère publication en Grande Bretagne en 2015)

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