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14/03/2018

Nancy Springer, An Enola Holmes Mystery, T4, The Case of the Peculiar Pink Fan

springer_enola holmes_t4_pink fan.jpegCela fait presque 4 ans que ce roman de Nancy Springer attendait dans ma PAL. Je l'avais commandé à une période très heureuse où je profitais notamment d'un printemps radieux pour faire de belles lectures au parc. C'était aussi une période où je lisais beaucoup de "mystery novels" et de polars historiques anglais. Voyant fleurir les billet élogieux autour de cette série sur la petite soeur de Sherlock et Mycroft Holmes, j'avais choisi un de ses titres d'après la couverture, pour finalement faire passer d'autres lectures en priorité. Ayant décidé cette année d'exhumer des titres qui sont dans ma PAL depuis trop longtemps, j'ai commencé par jeter mon dévolu sur ce titre-ci. 

Force est de constater que j'aurais sans doute mieux fait de commencer par le commencement et de lire les premières aventures d'Enola Holmes, a minima en BD. Les premières pages ont été un peu abruptes, hors contexte. Qu'est-ce que c'est que cette héroïne qui cherche à fuir ses deux frères et mène une vie extravagante pour son jeune âge et sa condition de femme ? Cela dans une société où la femme est juste bonne à marier pour produire un héritier, quand elle ne travaille pas d'arrache-pied pour payer les pintes de monsieur, selon le milieu social. J'ai eu donc une certaine difficulté à accepter de me laisser happer par l'intrigue, ne croyant pas une seule seconde au postulat de base. Une Enola qui vivrait dans l'East End chez une logeuse s'occupant bien d'elle, dans un confort relatif qui ne cadre pas beaucoup avec les représentations habituelles de ce quartier. Une Enola qui a réussi à monter une agence de détective en se faisant passer pour la secrétaire d'un homme qui n'est jamais présent, qui se déguise à longueur de journée et porte les objets les plus incongrus sur elle au cas où. Bien sûr, cela fait du bien de voir une héroïne audacieuse et peu conventionnelle, mais c'est un peu tiré par les cheveux.

Dans ce tome, Enola aide Lady Cecily Alistair (qu'elle connaît déjà) à échapper à un mariage forcé. Grâce à un message codé inscrit sur un éventail rose que laisse tomber Lady Cecily près d'elle lors d'une rencontre fortuite, Enola comprend que la jeune femme est séquestrée et mène l'enquête pour la délivrer. A l'occasion de ses investigations - souvent nocturnes, on croisera notamment des aristocrates sans scrupule, un Sherlock Holmes charismatique mais moins brillant que ce à quoi on est habitué, un Mycroft toujours pontifiant, un orphelinat, une péniche et un molosse, tout en explorant divers quartiers de la ville.

Une lecture appréciée mais sans plus, je me suis un peu forcée pour en venir à bout rapidement, après quelques jours passés sans lire grand-chose. J'ai les deux premiers tomes des BD à la maison et suis curieuse de les lire pour enfin planter le décor et mieux comprendre les relations que la jeune détective entretient avec ses frères aînés.

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Nancy Springer, An Enola Holmes Mystery, T4, The Case of the Peculiar Pink Fan, 2008

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04/03/2018

Fiona Melrose, Midwinter

melrose_midwinter.jpgLandyn et Vale Midwinter, père et fils, sont agriculteurs dans le Suffolk, une région pauvre d'Angleterre où, derrière les jolis paysages, les marais et les adorables fermes se cachent le travail dur et ingrat de la ferme, les difficultés financières, le manque de perspective pour les jeunes, qui trouvent une échappatoire dans les soirées largement arrosées. Mais, au-delà de ce quotidien rude, les Midwinter sont tourmentés par la mort brutale de Cecelia Midwinter en Zambie des années auparavant. Ce souvenir douloureux refait surface alors que Vale est un jeune homme et réalise que son père est indirectement responsable de ce qui s'est produit. S'enchaînent ainsi les récits croisés des deux hommes qui, chacun à leur tour, avec une voix d'emblée reconnaissable, vont relater les mêmes évènements du quotidien et revenir sur cette période où la famille a fui la misère en participant à un programme agricole attractif en Afrique.

On avait tous été témoins d'apparitions ces derniers jours. On sentait un frisson étranger flotter autour de nous. Ce n'est pas que j'avais peur, j'essayais juste d'être vigilant au cas où le vent tournerait. On n'est pas hanté par ce qui nous fait peur, mais par ce qu'on désire (p 254).

Premier roman âpre, sauvage et très maîtrisé, Midwinter nous plonge dans un milieu extrêmement masculin, où, pourtant, les rares figures féminines ont une influence indéniable sur le père et son fils, qu'il s'agisse de la mère, de la jeune Beth ou d'une mystérieuse renarde, toutes d'un roux flamboyant. Ce récit tissé de maladresses montre avec une grande pudeur tout l'amour qu'éprouvent l'un pour l'autre le père et le fils, malgré une grande difficulté de communication. C'est aussi un roman d'amitié, où, là encore, des hommes apprennent à reposer les uns sur les autres et à témoigner leur affection avec beaucoup de retenue. Midwinter rend par ailleurs hommage à la nature et aux éléments. La neige, la mer, les marais rythment et menacent le quotidien tandis que les animaux chers aux croyances païennes croisent régulièrement les narrateurs tout au long de ce rude hiver. 

Alors, le garçon sortait marcher. Je ne l'ai plus jamais empêché. Au fil des ans, il ressemblait de plus en plus à un garçon au crâne rempli de rats en colère qui le rongeaient, la tête éternellement penchée en avant, on aurait dit une pomme tardive (p261).

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Beaucoup de profondeur et de recherche dans ce roman, dont j'ai d'autant plus savouré la lecture que j'ai eu la chance de rencontrer Fiona Melrose alors qu'il me restait la moitié du texte à lire. Un beau moment qui m'a permis de réaliser à quel point chaque détail était pensé par cette jeune auteur.

Merci aux Editions de la Table Ronde pour cette découverte.

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293 p

Fiona Melrose, Midwinter, 2016 

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02/03/2018

M. C. Beaton, T7, Agatha Raisin & the Wellspring of Death

m. c. beaton,agatha raisin enquête,agatha raisin,challenge british mysteries,the british mysteries month,agatha raisin and the wellspring of death m. c. beaton,agatha raisin enquête,agatha raisin,challenge british mysteries,the british mysteries month,agatha raisin and the wellspring of death

Dans le village voisin de Carsely, Ancombe, une fontaine emblématique des lieux va être exploitée par un groupe industriel. Les habitants sont divisés, entre ceux qui pensent aux opportunités commerciales et ceux qui s'inquiètent pour l'intégrité du village. Le conseil municipal est lui aussi partagé. Un seul homme réserve son opinion et fera tout basculer. Il est bientôt retrouvé mort à la fontaine, dans laquelle son sang s'écoule.

Après avoir lu les six premiers tomes d'Agatha Raisin en français, j'enchaîne en anglais après avoir trouvé l'ensemble des 20 premiers tomes neufs pour moins de 20 pounds. J'ai donc de quoi voir venir... la lecture d'Agatha Raisin en anglais est très plaisante et lui donne une petite touche locale supplémentaire. J'ai pris un immense plaisir à retrouver cette quinquagénaire de choc dans sa langue d'origine. Et puis, comme l'action se déroule dans les années 90, je sais maintenant dire "épaulettes" en anglais !

C'est le premier tome dont la lecture a été un peu polluée par le visionnage de la série. Si l'adaptation n'a pas grand-chose à voir avec les livres de M.C. Beaton, elle s'amusait à intervertir et emberlificoter les intrigues des premiers romans, ce qui fait que je savais déjà qui était le tueur en ouvrant the Wellspring of Death. Peu importe, on lit plus ces romans pour l'ambiance anglaise et cosy que pour l'intrigue. Je ne trouve pas qu'Agatha soit une très bonne enquêtrice. Elle met son nez partout pour avoir des informations mais elle prend des risques inconsidérés en se rendant seule chez de potentiels suspects et au final, c'est souvent un peu par hasard qu'elle découvre le meurtrier. On peut comprendre que les gens qu'elle interroge soient agacés par sa démarche.

Côté sentiments, la relation entre Agatha et James ressemble davantage à ce qu'elle était au début, malgré un intérêt désormais partagé pour l'autre. On se rembarre, on prétend avoir autre chose à faire mais on s'espionne discrètement... et voir James monter les escaliers à toute vitesse pour voir par la fenêtre qui Agatha reçoit m'a fait gentiment sourire.

Au final, un plaisir de lecture renouvelé, et l'envie de retrouver les Cotswolds. Il n'y a pas à dire, la série perdait un peu de son charme en partant à Chypre. Mon exemplaire est bourré de post-its de répliques amusantes ou de lieux que j'aimerais voir ou revoir. Alors avant de sillonner de nouveau cette belle région, je l'arpenterai par l'imagination en accompagnant Agatha dans ses prochaines aventures !

Une participation au rendez-vous Meurtre à la campagne du British Mysteries Month !

Et pour retrouver Agatha sur ce blog :

293 p

M. C. Beaton, T7, Agatha Raisin & the Wellspring of Death, 1998

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27/01/2018

Collectif, Les Avatars de Sherlock Holmes

collectif_Les-Avatars-de-Sherlock-Holmes.jpgDifficile de résister aux belles couvertures de la collection consacrée à Sherlock Holmes par les éditions Rivage / Noir. J'ai encore beaucoup à apprendre sur Holmes mais, comme toute amatrice de l'Angleterre qui se respecte, j'ai toujours été attirée par ce personnage que l'on connaît souvent davantage à travers les adaptations que par les romans et nouvelles d'origine - Le Chien des Baskerville mis à part.

Les Avatars de Sherlock Holmes réunit une série de pastiches de la fin du XIXe / 1ère moitié du XXe, comptant parmi leurs auteurs James M. Barrie, A. A. Milne ou encore P.G. Wodehouse. C'est donc la curiosité qui m'a poussée à découvrir ces courtes nouvelles assez inégales.

James M. Barrie, "Une soirée avec Sherlock Holmes" : texte relativement amusant où le narrateur dit avoir demandé à rencontrer le grand Sherlock lors d'une soirée, pour le battre à plate couture sur son domaine d'excellence, soit sa capacité à deviner "d'un seul coup d'oeil le menu de votre dîner du jeudi précédent".

P.G. Wodehouse, "Extraits du carnet d'un détective" : dans un club de gentlemen, un homme explique comment il a démasqué Holmes, qui serait en réalité un criminel. Il déroule son raisonnement totalement tiré par les cheveux. C'est là que réside l'humour mais venant de cet auteur on aurait pu s'attendre à plus drôle. Where is Jeeves ?! Le seul trait d'humour qui m'ait arraché un sourire figure à la première page.

E.F. Benson et Eustace H. Miles, "Le Retour de Sherlock Holmes" : voilà qui me rappelle les récits Mapp & Lucia repérés pour la première fois en visitant la maison de Henry James à Rye, j'aurais sans doute mieux fait de commencer par là ! Un texte où l'on découvre que Sherlock n'a pas disparu dans les chutes à cause de Moriarty, mais qu'il a fui Watson car il ne le supportait plus. Heureusement, il revient pour le meilleur et pour le pire, en disant "il y a en vous quelque chose qui l'emporte sur tout cela, je l'ai compris (il vient de dresser la liste de ses défauts). C'est votre incomparable médiocrité d'esprit et de style, qui se trouve être le médium le plus adapté pour narrer mes aventures, car il laisse l'esprit du lecteur entièrement libre pour suivre ce que je fais."

A. A. Milne, "L'enlèvement de Sherlock" : quelques pages qui, à vrai dire, ne méritent pas que l'on parle d'elles. La finesse du texte se résume à sa touche finale, "[Moriarty] n'existe pas, dit-il. C'est juste une marque de porridge". No comment.

John Kendrick Bangs, "Une énigme pragmatique" : Les capacités de déduction du grand détective sont tournées en ridicule à travers un Holmes très pompeux qui explique à Watson tout ce qu'il sait de ses faits et gestes récents... en s'appuyant sur des observations sans queue ni tête puisqu'ils ont passé tout ce temps ensemble et que sa capacité de déduction n'a rien à voir là-dedans. Agaçant. A noter au passage quelques moqueries concernant les étudiants américains ("des joueurs de football s'engageant pour un parcours de quatre ans dans une institution savante") et Henry James, que personne ne comprend.

Stephen Leacock, "Tiré par les cheveux" : une bonne ouverture : "A présent, le mystère avait atteint son apogée. Premièrement, l'homme avait, sans nul doute possible, été assassiné. Deuxièmement, personne n'aurait pu le faire, c'était absolument certain." Une histoire courte à l'humour un peu sommaire, mais l'absurde fait davantage sourire ici que dans la plupart des textes précédents. Holmes compte identifier un coupable en recherchant le propriétaire d'un cheveu retrouvé sur le lieu du crime. Après avoir passé les rues au peigne fin, il jette son dévolu sur un homme à casquette qui s'avère être chauve et Holmes, plutôt que de reconnaître son erreur, déclare que l'homme n'en était pas à son premier forfait.

Robert Barr, "Le Mystère de Pegram" : Holmes accepte de résoudre un mystère qui passionne tout Londres, celui d'un homme retrouvé mort dans le compartiment d'un train dans des circonstances inexpliquées. A partir de déductions et de calculs, Holmes conclut à un suicide et retrouve l'arme (que le suicidé a jeté par la fenêtre...). Grâce à lui, la police retrouve les propriétaires de l'arme et, officiellement, les vrais coupables... Un texte un plus abouti, sans être renversant.

Robert Barr, "L'affaire du second butin" : Où l'on découvre le triste sort réservé à Holmes. Un Holmes bête comme ses pieds, il faut bien l'avouer. Ce texte, comme le précédent, est un peu au-dessus du lot.

Vous l'aurez compris, ce recueil présentera probablement davantage d'intérêt aux collectionneurs, qu'ils soient holmesiens ou férus de littérature anglo-saxonne. Une curiosité, sans plus.

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139 p

Collectif, Les Avatars de Sherlock Holmes, 2015 (textes : Fin XIXe - 1ères moitié XXe)

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20/01/2018

M. C. Beaton, Agatha Raisin Enquête, T6, Vacances tous risques

mc beaton_t6_Vacances-tous-risques.jpgL'été dernier, j'ai accompagné mes vacances d'un livre de circonstance avec Vacances tous risques, le 6e tome de la série Agatha Raisin. Je n'ai pas pris le temps d'en parler ici mais, venant d'achever la lecture du tome 7, je me suis sentie un peu obligée de rédiger quelques lignes sur le précédent opus.

Dans cette nouvelle aventure de notre quinquagénaire forte en gueule et détective amatrice, tout commence par un bilan bien triste de la vie sentimentale d'Agatha. Ceux qui ont déjà lu la série savent qu'elle devait épouser son voisin James Lacey (une relation qui s'était nouée tellement rapidement qu'on avait un peu de mal à y croire...), mais que celui-ci ne voulait plus entendre parler d'elle depuis qu'il avait découvert qu'elle n'était pas veuve comme elle le prétendait. "Heureusement", le tome 5 était là pour arranger les choses puisque le mari disparu se faisait assassiner après avoir refait brièvement surface. Bref, après cet épisode, James met les voiles.

C'est à Chypre qu'Agatha va le retrouver. Elle se retrouve rapidement mêlée à un groupe de touristes mal assortis, entre un couple de snobs et des parvenus très vulgaires dont elle ne comprend pas la proximité. Evidemment, comme le veut la tradition raisinesque, un meurtre a lieu. Agatha va profiter de sa proximité au sein de ce groupe pour enquêter tout en croisant le chemin de James... mais aussi celui de l'aristocrate Sir Charles Fraith, avec qui elle aura une petite aventure. 

Je suis devenue une inconditionnelle des aventures d'Agatha Raisin, pour l'ambiance doucement surannée, l'héroïne atypique et les errances à travers les Cotswolds, qui me permettent d'y retourner par procuration. Ce dernier aspect m'a manqué, même si je trouvais intéressant de découvrir Chypre dans les années 1990. Mon souvenir s'est un peu estompé. Pas un coup de coeur, mais il vaut mieux passer par là pour continuer le reste de la série.

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M. C. Beaton, Agatha Raisin Enquête, T6, Vacances tous risques, 1997

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24/11/2017

Anne Perry, La Disparue de Noël

perry_disparue de noel.jpgAllez, c'est parti ! Ce matin j'ai acheté quelques décorations à personnaliser, je suis en train de me faire un thé chai maison avec tout plein d'épices, je suis enrhubée... autant de signes annonciateurs de Noël ! Pour fêter son arrivée, quoi de mieux qu'un petit crime de Noël comme on les aime ? Voilà donc un chronique très tardive sur une lecture faite il y a des mois de cela pour le mois kiltissime. Un billet qui s'annonce donc pour le moins expérimental.

Si vous avez déjà fait une pause dans mon petit salon littéraire à cette période de l'année, vous avez probablement remarqué que je succombe régulièrement au Anne Perry de Noël, malgré des cuvées inégales.

A la période des fêtes, lors d'une réception mondaine en petit comité à la campagne, Isobel Alvie insulte Gwendolen Kilmuir en lui adressant des sous-entendus à peine voilés quant à son comportement. La jeune veuve entretiendrait-elle des relations inconvenantes avec un domestique ? La remarque blessante est faite en présence d'un parti intéressant semblant prêt à demander Gwendolen Kilmuir en mariage. Le lendemain, la jeune femme est retrouvée morte. Les convives semblent décidés à en faire porter la responsabilité à Isobel. Pour faire pénitence, elle devra annoncer la triste nouvelle et expliquer les circonstances du drame à la famille de Gwendolen.

C'est le début d'un long périple. Accompagnée de Lady Vespasia (personnage récurrent de la série Charlotte et Thomas Pitt), Isobel va entreprendre un voyage périlleux vers une région d'Ecosse encore indomptée par l'homme. Malgré les paysages sauvages et grandioses, le trajet ne s'annonce pas une partie de plaisir. 

Ma lecture date mais j'en garde un très agréable souvenir. Ce n'est pas tant la résolution du mystère qui importe ici que la description minutieuse de la société victorienne et de quelques femmes au caractère bien trempé forcées de faire preuve de courage - malgré tous les défauts d'Isobel. Il est question de rédemption et le récit s'achève sur une note positive. Une lecture cosy qui a le mérite de nous faire voyager et qui donne envie de sillonner l'Ecosse.

Ce titre fait partie de mes récits de Noël d'Anne Perry favoris.

J'ai lu pas mal de titres de la série Charlotte et Thomas Pitt avant d'ouvrir ce blog. Voici les titres lus et chroniqués ici depuis :

Série Charlotte et Thomas Pitt :

Série Petits Crimes de Noël :

Ma première participation au Christmas challenge 2017 de Mya Rosa.

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Anne Perry, La Disparue de Noël, 2003

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31/10/2017

Ray Bradbury, L'Arbre d'Halloween

bradbury_arbre-d-halloween.jpgCela fait plusieurs années que je vois fleurir des billets sur L'Arbre d'Halloween de Ray Bradbury lors du challenge Halloween. Je me suis enfin décidée à le lire mais en ressors avec un avis pour le moins mitigé.

Tout commence le soir d'Halloween. Une bande de gamins se retrouve pour partir en quête de bonbons. Déguisés en momie, sorcière, squelette, mendiant, faucheuse et autres personnages classiques, les enfants remarquent rapidement l'absence de Pipkin, le leader adoré du groupe. Lorsqu'ils passent chez lui, nulle trace de décoration de circonstance et l'enfant, l'air maladif, promet de les rejoindre plus tard. Pour finir la soirée en beauté, le groupe file sonner à la porte d'une maison hantée. Mais la demeure est vraiment inquiétante et le maître des lieux plus encore. Après leur avoir joué un vilain tour et fait apparaître un arbre d'Halloween tout de citrouilles vêtu, Montsuaire – car c'est son nom – entraîne les enfants en d'autres temps, pour découvrir les origines de la célébration d'Halloween. Nous irons en Egypte, à Paris ou encore au Mexique. A chaque arrêt, on comprend pourquoi le déguisement de chaque enfant a un sens particulier. Et on retrouve le pauvre Pipkin, de plus en plus mal en point à chaque fois.

Ce roman n'est pas inintéressant sur le plan historique mais il est terriblement décousu. Fait de courts chapitres, il s'appuie sur un schéma répétitif qui m'a fait penser à une promenade dans un parc d'attractions où l'on passerait d'un manège à l'autre sans grande cohérence. Hop ! Allons voir les momies égyptiennes, paf ! Nous voici sur Notre Dame à faire accourir les gargouilles. Il manque un lien entre chaque moment historique mais aussi des personnages plus étoffés pour un vrai plaisir de lecture. Personnellement, je me suis souvent ennuyée malgré un début prometteur (je pense notamment à la maison « vivante »).

J'ai néanmoins découvert à cette occasion les Momies de Guanajuato au Mexique : le cimetière étant devenu trop exigu, on décida d'exhumer certains corps à partir des années 1860. Les propriétés du sol les avaient conservés naturellement. Ces momies (plus d'une centaine) sont désormais exposées dans un musée.

[Billet rédigé en septembre 2016 mais gardé de côté pour un challenge Halloween !]

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159 p

Ray Bradbury, L'Arbre d'Halloween, 1972

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09/10/2017

H.P. Lovecraft, La Maison maudite / Celui qui hante la nuit

lovecraft_maison maudite.jpgJ'entretiens un rapport un peu compliqué avec Lovecraft : fascination, répulsion, vif intérêt avant de sombrer parfois dans l'ennui... Cela dépend bien entendu des textes car j'ai déjà fait un certain nombre de tentatives et même choisi Lovecraft comme thématique pour un essai de fin de semestre dans le cadre d'un cours sur la littérature américaine. Mais finalement, plus le temps passe et plus j'apprécie cet auteur dont il me reste finalement tout ou presque à découvrir, tant son répertoire est vaste !

Ce recueil de deux longues nouvelles correspond bien à l'univers lovecraftien que je préfère. Celui de la vieille ville de Providence, avec ses maisons et ses ruelles fascinantes datant d'un à deux siècles. Biscornues, décrépites, mystérieuses, nous invitant à laisser libre cours à notre imagination. 

Premier texte du recueil, La Maison maudite était une relecture pour moi. Intrigué par l'histoire d'une maison à l'abandon dont les occupants sont morts les uns après les autres de façon mystérieuse, le narrateur décide de trouver l'origine de cette malédiction pour y mettre un terme. A ses risques et périls. Un récit qui trouve ses clefs dans le passé, mêlant une approche rationnelle au folklore et à la sorcellerie

J'ai surtout apprécié le côté historique et la description de cette maison horrifiante, un peu moins les scènes finales avec les formes monstrueuses qu'affectionne Lovecraft. Je suis plus fantômes, vampires et sorcières classiques que monstres gigantesques. Question de goût !

Deuxième texte, cette fois-ci une découverte. Dans Celui qui hante la nuit, Lovecraft met en scène un artiste à l'univers très obscur, qui se retraduit notamment dans ses peintures de corps monstrueux. Cet homme observe une colline au loin, toujours dans la ville de Providence. Il est fasciné par un dédale de petites ruelles et surtout, par une masse sombre, une église que même les oiseaux semblent fuir. Il finit par se rendre là-bas. La communauté italienne qui vit à proximité refuse de lui indiquer le bâtiment et rapidement, le narrateur découvre les nombreuses superstitions qui courent autour de cet endroit. Une secte s'y serait établie au XIXe, pratiquant la magie noire et à l'origine de disparitions. L'endroit serait aujourd'hui hanté par un être monstrueux très sensible à la lumière. Et de fait, lorsqu'une panne d'électricité prive la colline d'éclairage, la panique s'empare un soir des habitants et les pousse à s'organiser avec flambeaux, lampes et torches pour tenir éloignée la créature qui vit peut-être dans l'église abandonnée.

Un récit très intéressant et original, qui allie les codes classiques du fantastique à des éléments beaucoup plus modernes. L'ancrage à l'époque de Lovecraft est très marqué, à travers la présence de cette communauté d'immigrés ou encore l'intrusion de la technologie et ces pannes d'électricité du plus bel effet. Et en même temps, force est de constater que le mystère qui entoure la créature ne manque pas de nous inquiéter. Lors de ses explorations, le narrateur nous donne un aperçu de ce qui a pu se passer mais l'information reste imprécise. A la fin, le journal intime incompréhensible soulève encore des questions et invite le lecteur à imaginer une partie de la scène.

Il faut s'habituer à la prose de Lovecraft, volontairement lourde, tortueuse, vieillotte.  Une fois le cap passé, c'est un univers fascinant qui s'offre à nous. A découvrir absolument !

Merci aux éditions Points pour cette lecture.

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D'autres chroniques sur d'autres récits de Lovecraft :

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117 p

H.P. Lovecraft, La Maison maudite (1928), suivi de Celui qui hante la Nuit (1936)

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24/09/2017

Jennifer Egan, Le Donjon

egan_donjon.jpgJe poursuis ma participation au Mois américain avec Le Donjon de Jennifer Egan, un roman surprenant, voire dérangeant qui ne m'a pas laissée indifférente.

Danny et Howard sont cousins. Lorsqu'ils étaient enfants, le premier était adulé, promis à un bel avenir. Le deuxième, adopté, empâté, seul, était jugé avec une certaine réprobation par sa famille.
Tous deux étaient néanmoins plutôt proches au début. Jusqu'à ce que Danny abandonne son cousin dans une grotte après l'avoir précipité dans une nappe d'eau souterraine.

Les années ont passé. Les deux hommes ont désormais la trentaine et leurs rôles se sont inversés. Danny est un looser de New York, obsédé par les moyens de communication modernes, vivant sa vie par procuration et confondant son réseau de connaissances à distance avec la réalité. Perdre son réseau, c'est ne plus exister. A l'opposé, Howard a pris sa retraite de trader à 34 ans pour acheter un château médiéval immense perdu en Europe. Il envisage d'y créer un hôtel tourné vers l'introspection, où les technologies qui font le bonheur de Danny seront interdites.

En parallèle, Ray, un prisonnier incarcéré au Etats-Unis participe à un atelier d'écriture.

J'ai mis un peu de temps à adhérer à cette histoire, je dois bien l'avouer. Bien sûr, le contexte m'intriguait, avec cette forteresse venue d'un autre temps offrant mille possibilités d'exploration, de découvertes historiques, de passages secrets. La piscine où s'étaient noyés des jumeaux. Les pièces délabrées où les objets désuets vieux de quelques dizaines d'années côtoyaient les lits à baldaquin et une végétation reprenant ses droits. Une vieille baronne excentrique, voire carrément folle. Malgré tout, quelque chose dans le style ne correspondait pas à mes goûts personnels (notamment le style volontairement familier avec l'emploi de "mec", "putain" etc) et j'avançais doucement ma lecture.
Puis arrivée au dernier tiers ou presque, les rebondissements, la structure narrative surprenante ont ravivé mon intérêt et c'est avec avidité que j'ai dévoré les cent dernières pages. Un roman habile, qui mêle les ingrédients de la littérature gothique avec un contexte contemporain en total décalage. Sans être un coup de cœur, ce roman fait sans aucun doute partie de mes lectures les plus marquantes au cours de ces derniers mois.

Merci aux éditions Points pour cette étrange découverte.

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312 p

Jennifer Egan, Le Donjon, 2006

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13/09/2017

Richard Brautigan, L'Avortement

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L'été dernier (2016), j'ai lu pour la première fois un roman de David Foenkinos avec grand plaisir, Le Mystère Henri Pick. Le choix du titre évocateur et le sujet m'avaient interpelée et, à une période où je passais mes journées et mes nuits à calmer un bébé aux capacités vocales insoupçonnées, ce livre est devenu un compagnon de route hautement apprécié. Dans ce roman, il est fait allusion à L'Avortement de Richard Brautigan, dans lequel figure une bibliothèque des manuscrits étonnante. Alors, lorsque ma route a croisé celle du roman de Brautigan, je me suis réjouie à l'idée de passer de nouveau un excellent moment.
Malheureusement, si je ne veux pas m'avancer en disant que l'élève a dépassé le maître, l'élève a certainement réussi à m'emporter bien plus facilement.

Dans L'Avortement, le narrateur est bibliothécaire dans un lieu bien spécial : les auteurs qui viennent déposent directement leur manuscrit, qui n'a jamais été publié. Tout est accepté, quels que soient la forme et le sujet, sans limite d'âge pour les auteurs non plus. Le bibliothécaire doit mettre les nouveaux arrivants à l'aise, enregistrer le titre et le nom de chaque livre et inviter l'auteur à placer le nouveau manuscrit où il le souhaite.

Puis entre en scène une jeune femme superbe mais bien gauche, car elle ne sait que faire de toute cette beauté. Elle devient la compagne du bibliothécaire et ne part plus, jusqu'au jour où elle découvre qu'elle est enceinte. Alors le couple fait appel au seul collègue du narrateur, chargé de l'approvisionner régulièrement et de récupérer son lot de manuscrits de temps en temps pour les stocker ailleurs. Grâce à lui, le couple part au Mexique pour un avortement clandestin.

Malheureusement, je suis passée complètement à côté de ce roman. Je ne doute pas de ses qualités mais nous évoluons tous deux dans des dimensions parallèles (peut-être pas si parallèles que ça d'ailleurs). La première partie centrée sur la bibliothèque m'a plutôt amusée. Le narrateur est lui aussi un personnage décalé, peut-être un peu bizarre - sans aucun doute un critère indispensable pour le poste. En revanche, j'ai trouvé la deuxième partie consacrée au personnage féminin et à l'avortement d'une lourdeur indescriptible. Oui, on a bien compris que Vita est magnifique et que les hommes tombent, ont des accidents à cause d'elle, mais une fois le sujet abordé j'ai trouvé assez pénible de voir le procédé se répéter presque à chaque fois qu'un personnage masculin passe dans les parages. On oublie la bibliothèque dans cette deuxième partie, or c'est pour moi ce qui faisait tout l'intérêt du roman. J'ai bien compris la volonté de l'auteur de produire un texte décalé, avec des commentaires pour le moins inattendus. Néanmoins, la magie n'a pas opéré et j'ai eu du mal à terminer ce livre pourtant devenu un incontournable pour beaucoup.

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Richard Brautigan, L'Avortement, 1973

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29/06/2017

Ann Granger, Le Brouillard tombe sur Deptford

granger_brouillard deptford.jpgJ’attendais avec impatience la sortie du tome 6 de la série Ben Ross et Elizabeth Martin d’Ann Granger, que je continue finalement à poursuivre en français  - ma sensibilité aux belles couvertures n’y est pas pour rien, et pour une fois, les couvertures françaises sont plus réussies. Force est de constater que je suis passée à côté de ce roman.

On retrouve l'inspecteur Ross et son épouse Lizzie, dont les points de vue s'entrecroisent et permettent d'enrichir le récit des aventures de chacun. Si j'apprécie beaucoup ce procédé, j'ai trouvé qu'il fonctionnait nettement moins cette fois-ci. Quelle histoire artificielle !

Une femme est retrouvée morte sur un terrain vague, avec une profonde blessure à la tête. On découvre rapidement qu'il s'agit d'une prêteuse sur gage, ce qui ne lui fait logiquement pas beaucoup d'amis. En parallèle, Lizzie apprend que le futur beau-frère de son cousin Frank Carterton est criblé de dettes contractées auprès d'une prêteuse sur gage. Quelle surprise ! Il s'agit de la femme assassinée. Les soupçons vont donc immédiatement se porter sur le jeune homme, mêlant ainsi indirectement Lizzie à l'enquête puisque sa famille sollicite son aide.

Moi qui adore cette série, je me suis un peu ennuyée cette fois-ci. Trop de coïncidences, à commencer par Lizzie, le jeune homme endetté et sa soeur qui tentent d'entrer chez la prêteuse alors que Ben y est déjà en raison de son assassinat. Une enquête qui tourne en rond et avance poussivement selon le fruit du hasard. On n'explore même pas sérieusement la piste des personnes endettées qui auraient pu chercher à se débarrasser de celle qui menaçait de les faire tomber : il suffit de dire que les reconnaissances de dettes ont disparu pour écarter toute cette piste. Quant aux coupables, je les soupçonnais depuis longtemps, avec une surprise finale qui n'en est pas vraiment une si on a lu quelques mystery novels (je savais bien que le mort n'était pas mort...). On croise moins Lizzie cette fois-ci, le rapport entre son récit et celui de Ben est moins équilibré et c'est bien dommage.

Au passage, dans les notes de bas de page on parle des cinq femmes d'Henri VIII, un peu surprenant à moins de considérer qu'Anne de Clèves est à exclure puisque le mariage fut remis en question une fois la promise découverte (et nettement moins séduisante que ne le laissait présager son portrait)? J'ai toujours entendu parler des six femmes d'Henri VIII...

Dans les points positifs : l'accent mis sur la condition injuste de la bonne de la meurtrière, dont la vie s'annonce sombre en raison d'une arthrite sévère ; un passage touchant où un pauvre bougre illettré est en admiration devant le policier venu noter sa déposition ; une remarque du superintendant qui regrette qu'on ne puisse pas engager Mrs Ross car c'est une femme, avant de dire que cela vaut peut-être mieux car on n'aurait alors plus besoin des services de ces messieurs.

Franchement pas le meilleur opus, tout juste passable même si on retrouve avec plaisir les personnages. J'espère que le prochain tome me séduira davantage !

Je ne suis pas dans une bonne période là, car je lutte aussi avec ma lecture en cours (un vrai ramassis d'idioties malgré un bon départ).

Mes précédentes lectures d'Ann Granger, en VF ou VO selon les tomes :

Lu dans le cadre de la Lecture commune autour d'Ann Granger.

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360 p

Ann Granger, Le Brouillard tombe sur Deptford, 2016

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24/06/2017

M. C. Beaton, Agatha Raisin Enquête, T5, Pour le Meilleur et pour le Pire

beaton mc_t5_Pour-le-meilleur-et-pour-le-pire.jpgJe poursuis ma découverte de la série Agatha Raisin avec Pour le Meilleur et pour le Pire, toujours avec le même plaisir. Si je n'ai pas eu la chance de savourer ce tome-ci dans une maison des Cotswolds, cela ne m'a pas empêché de le dévorer au cours d'un week-end prolongé.

[Attention, spoilers dans ce paragraphe pour ceux qui veulent lire la série mais n'ont pas encore lu le tome 4] Agatha Raisin s'apprête enfin à épouser son cher James, à l'issue d'une demande en mariage pour le moins subite. Le jour J, les éléments semblent se liguer contre elle : une crème anti-rides  lui déclenche une irruption de boutons qu'elle doit cacher en se tartinant de couches de fond de teint ; le vent envoie son chapeau dans une flaque boueuse ; et pour finir, le mari qu'elle espérait mort depuis longtemps refait surface pendant la cérémonie. A la crise de couple qui s'ensuit s'ajoute une nouvelle catastrophe : l'ancien époux d'Agatha est assassiné. Agatha et James se mettent à enquêter pour détourner les soupçons qui pèsent sur eux.

Un cinquième tome dans l'esprit des premiers. Agatha et James ne brillent pas vraiment sur cette affaire mais qu'à cela ne tienne, il est toujours aussi agréable de les suivre pendant leurs interventions d'amateurs inconscients du danger. Malgré les meurtres qui s'accumulent, ils continuent à se rendre chez des témoins et meurtriers potentiels et ne pensent que rarement à leur sécurité personnelle. Cette fois-ci, peut-être encore plus que d'habitude, Agatha a beaucoup de chance de s'en sortir !

On retrouve toujours ce petit côté Barnaby revisité avec une héroïne quinquagénaire un peu moins brute de décoffrage qu'avant, mais toujours aussi amusante. Son côté vulnérable ressort davantage et notamment son inquiétude face aux effets du temps qui passe. Notre Agatha est aussi une grande sentimentale finalement. A savourer avec une bonne tasse de thé à portée de main. Une fois encore, j'ai hâte de lire la suite !

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284 p

M. C. Beaton, Agatha Raisin Enquête, T5, Pour le Meilleur et pour le Pire, 1996

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14/06/2017

Mary Hooper, Waterloo Necropolis

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Londres, 1861. Grace se rend au cimetière de Brookwood à bord du train funéraire dédié, le Waterloo Necropolis. Sur les conseils d'une sage femme, elle vient glisser son enfant mort né dans le cercueil d'une riche défunte, n'ayant pas elle-même les moyens de lui offrir une sépulture. Il s'agit d'un enfant né d'un viol subi dans les locaux d'une institution de charité.

Grace fait alors la connaissance des Unwin, riches marchands de l'univers du deuil. Ce marché prend son essor à l'époque victorienne, entre les beaux cimetières à l'extérieur de Londres, les conditions strictes de deuil et de demi-deuil avec les toilettes spécifiques pour chaque occasion, sans parler des bijoux de deuil (faits avec les cheveux des chers disparus) et des photographies post-mortem, qui sont pour certaines les seuls clichés du défunt dont dispose la famille, en raison du coût élevé de la photographie à l'époque.

Grace est aussi responsable de sa soeur Lily, un peu simple d'esprit. Celle-ci a du mal à se débrouiller seule et leur cause des soucis en vendant pour trois sous un objet de valeur.

A la suite de divers déboires, les deux jeunes filles ne peuvent plus subvenir à leurs besoins. Grace accepte alors un poste chez les Unwin. Elle sera pleureuse professionnelle et, lorsqu'il n'y a pas d'enterrement, participera à la confection d'articles de deuil.

Elle découvre alors cette industrie prospère. Les Unwin sont obséquieux et bon commerciaux en présence des clients, malhonnêtes et grossiers dans l'intimité. Les bijoux de valeur des défunts sont volés lorsque les cercueils sont scellés et les matériaux utilisés ne sont pas toujours de la qualité promise lors de la vente. Les affaires florissantes des Unwin leur permettent de vivre dans les beaux quartiers, de faire grandir leur fille unique dans le luxe. Quant au frère de M. Unwin, il possède L'Empire du Deuil, proposant tenues, chaussures et accessoires de mode dans un cadre luxueux. Le patron est lui aussi un personnage assez répugnant qui inspire à Grace un malaise qu'elle n'arrive pas à expliquer.

Grace et sa soeur Lily vont se retrouver en parallèle au coeur d'une machination dont je ne vous dis pas plus pour ne pas vous ôter le plaisir de cette lecture.

Un roman agréable dont le principal intérêt tient en la qualité de la reconstitution historique. Une fois de plus, Mary Hooper s'est bien documentée sur la société qu'elle décrit et ici, le sujet précis du deuil à l'époque victorienne. Chaque chapitre est précédé d'un court texte d'introduction, dont on comprendra parfois la portée quelques chapitres plus tard : annonces commerciales, faire-part, épitaphes...

Pour ce qui est de la trame du roman, je suis un peu plus partagée, sans doute d'autant plus que j'ai lu des avis dithyrambiques sur ce livre. J'ai trouvé l'histoire plaisante mais terriblement prévisible. Les personnages sont manichéens et j'attendais la chute très tôt (ce qui n'est pas souvent le cas car j'aime me laisser porter par le récit sans forcément essayer de deviner ce qui m'attend). Les rebondissements étaient tellement classiques que le récit ne m'a finalement pas réservé beaucoup de surprises, ce qui tempère un peu mon enthousiasme. Néanmoins, l'impression globale est au final très positive mais encore une fois, elle est portée par le contexte historique bien retraduit et très intéressant.

A ce sujet, je vous renvoie vers l'avis plus positif de Pedro Pan Rabbit mais aussi vers son article sur un livre consacré aux photographies de défunts au XIXe, Beyond the Dark Veil.

Je vous  invite aussi à lire cet article en anglais  sur la compagnie qui gérait la ligne funéraire, avec quelques photos.

Enfin, mon billet sur un autre roman de Mary Hooper inspiré du spiritisme à l'époque victorienne, Velvet.

Présenté dans le cadre du rendez-vous du Mois anglais consacré aux Victoriens.

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314 p

Mary Hooper, Waterloo Necropolis, 2010

Mois Anglais - Victoria.pngBritish mysteries 2016_2.jpg

13/06/2017

M. C. Beaton, Agatha Raisin Enquête, T4, Randonnée Mortelle

mcbeaton_randonnee mortelle.jpgJ'ai profité de mon premier séjour dans les Cotswolds pour découvrir le tome 4 de la série Agatha Raisin. Difficile de faire mieux comme cadre de lecture qu'une petite maison de Moreton-in-Marsh !

Une petite citation de rigueur  : Moreton-in-Marsh est un bourg prospère des Cotswolds dont la rue principale bordée de grands arbres suit une ancienne voie romaine, la Fosse Way. Depuis la décision de l'abbé de Westminster, propriétaire des terres, d'utiliser cet ancien tracé et de fonder un nouveau Moreton en 1222, la ville a toujours été une étape favorite des voyageurs, les marchands de laine des temps médiévaux étant remplacés aujourd'hui par les touristes (p 158).

Agatha Raisin, c'est une quinquagénaire londonienne revêche et brute de décoffrage, qui vient s'installer dans les Cotswolds pour une retraite anticipée après avoir roulé sa bosse avec succès dans le domaine des relations presse. Son arrivée est suivie d'un meurtre et depuis, cette région autrefois pénible est frappée d'assassinats variés aussi bien dans les méthodes que pour leurs motifs, parfois un peu ahurissants. Agatha tombe sous le charme de son voisin célibataire James Lacey, qu'elle tente de séduire maladroitement. Au fil du temps ils se lient d'amitié et enquêtent ensemble sur chaque nouveau cas. Agatha Raisin, c'est un mélange détonnant : c'est un peu Glenn Close quittant Le Diable s'habille en Prada pour jouer les inspecteurs Barnaby. Un mélange cocasse qui fonctionne bien : c'est léger, amusant, les héros sont attachants. Bref, on en redemande !

Le quatrième tome ne fait pas exception à la règle. Agatha a dû accepter une mission de six mois à Londres chez le concurrent qui a racheté sa société lors de son départ anticipé en retraite. Mais notre grande sentimentale se sent bien seule à Londres et a hâte de retrouve son cottage, ses nouveaux amis et son cher James. A son retour, une randonneuse ayant une dent contre les propriétaires terriens et le non respect des droits de passage se fait assassiner. Ni une, ni deux, Agatha et James se font engagés par le principal suspect, prennent un appartement ensemble et rejoignent le groupe de randonneurs en se faisant passer pour un couple marié.

L'enquête est égale aux précédentes intrigues, simple, un bon petit polar cosy à savourer au coin du feu ou au détour d'un chemin de campagne (avec une pelle sous la main, on ne sait jamais). Les échanges entre les protagonistes sont toujours amusants. Je regrette seulement revirement sentimental pour le moins brutal à la fin (et pour ne rien arranger, sans le vouloir j'ai découvert un énorme spoiler en feuilletant au hasard un autre livre de la série lors de mon passage à la librairie de Broadway - autre village des Cotswolds.

Toujours est-il que je ne suis toujours pas lassée des aventures d'Agatha Raisin, loin de là !

Un quatrième tome à savourer une fois de plus !

Lu dans le cadre de la L.C. Agatha Raisin.

Merci aux éditions

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243 p

M. C. Beaton, Agatha Raisin Enquête, T4, Randonnée Mortelle, 19

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07/06/2017

Susan Hill, Dolly

hill susan_dolly.jpgPour cette journée du Mois anglais consacrée à Susan Hill, j'ai choisi Dolly parmi les quelques titres en attente dans ma PAL (il doit en rester encore trois!). De cet auteur j'ai lu plusieurs histoires de fantômes (The Woman in Black et The Man in the Mirror) et des extraits de l'essai autobiographique consacré à ses lectures (Howards End is on the landing). Tentée par une petite histoire de fantômes, j'ai eu envie de découvrir une poupée sans doute effrayante à souhait. Susan Hill est douée pour recréer des atmosphères angoissantes, dans des récits gothiques de facture classique (aux influences victoriennes notamment). Tout à fait ce qu'il me fallait.

Le récit s'ouvre avec le retour du narrateur dans la vieille maison de sa tante décédée. Enfant, orphelin, il y avait passé un été en compagnie d'une cousine qu'il ne connaissait pas. Le lecteur découvre les évènements qui se sont produits à l'occasion de ces vacances, évènements qui influencent la destinée des personnages des années plus tard. Sans vouloir trop en dire, imaginez des bruits suspects, le crissement du papier en bruit de fond, des pleurs de poupée. Le tout dans une bicoque lugubre à proximité d'un cimetière.

Si j'ai pris plaisir à lire ce texte, avec le recul, je trouve qu'il manque un peu de consistance.

Dolly est un court roman qui frise avec la nouvelle et, à vrai dire, j'ai eu l'impression que Susan Hill avait un peu de mal à trouver le bon format pour ce récit. Un peu trop de développements pour être une nouvelle avec la chute que l'on pourrait attendre, mais un texte qui reste assez aride et un peu décousu, avec assez peu de matière.

Par ailleurs, Susan Hill utilise des ressorts classiques du récit gothique, mais on a l'impression qu'elle ponctue son histoire de micro évènements sans être capable de tout à fait les relier entre eux. Par exemple, quand le jeune narrateur ouvre pour la première fois l'armoire de sa chambre, il sent quelque chose lui souffler au visage sans la moindre explication. Par la suite, c'est une poupée qui hantera l'armoire mais elle n'est pas encore arrivée lorsque se produit ce premier incident. Sa cousine Leonora est horrifiée par son reflet dans l'eau et dans un plat en argent à l'église, sans qu'on sache ce qu'elle a vraiment vu. Leonora est rousse, elle a un caractère épouvantable et la gouvernante la suspecte d'apporter le Mal avec elle, mais ce point n'est pas vraiment confirmé ni clarifié à la fin. Et finalement, ce sont deux poupées - et non une - qui semblent porteuses ou victimes d'une étrange malédiction (chacun se fera son opinion), sans que le lien entre elles soit clairement établi. Je vous épargnerai mes multiples hypothèses mais, au final, aucune ne me semble tout à fait convaincante.

In fine, un roman d'atmosphère, sympathique mais soutenu par une structure légère. A réserver aux inconditionnels d'histoires de fantômes, aux amateurs de poupées inquiétantes et aux lecteurs de Susan Hill.

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153 p

Susan Hill, Dolly, 2012

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