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03/04/2018

Amélie Nothomb, Ni d'Eve ni d'Adam

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Cela fait longtemps que je n'avais pas lu Amélie Nothomb. Après La Métaphysique des Tubes lu et adoré à l'adolescence, j'avais abandonné Antéchrista (trop éprouvant) et Le Sabotage amoureux (j'étais passée complètement à côté). Et puis, il faut bien l'avouer, la popularité de certains auteurs finit par me les rendre suspects. Ni d'Eve ni d'Adam m'a été prêté récemment par une inconditionnelle de Nothomb et m'a finalement réconciliée avec elle.

Si Stupeur et Tremblements décrivait la vie dans une entreprise japonaise (roman que j'ai désormais hâte de découvrir), l'auteur s'attache ici à décrire sa relation avec Rinri, jeune japonais. Tous deux sont étudiants. Amélie est de retour au Japon où elle a vécu enfant et étudie le japonais tandis que Rinri apprend (mal) le français dans une université "de gare" (de son appellation japonaise). La Belge va donner des cours à Rinri et bientôt, tous deux forment un couple.

Intelligent, amusant, bien écrit, ce roman nous fait suivre les traces d'une Occidentale au Japon à la fin des années 80. C'est un choc des cultures qu'Amélie Nothomb nous donne à voir, grâce à son oeil acéré et sa prose directe et claire. Pendant son long séjour, la jeune femme vit à Tokyo et voyage, nous entraînant à sa suite à Hiroshima, à la montagne ou encore sur l'île de Sado. Il en ressort des anecdotes dignes d'intérêt, parfois même saisissantes sur la culture japonaise.

Sur Hiroshima : "C'était comme si, ici, les êtres vivaient plus fort qu'ailleurs. Habiter une ville dont le nom signifiait, pour la planète entière, la mort avait exalté en eux la fibre vivante ; il en résultait une impression d'optimisme qui recréait l'ambiance d'une époque où l'on croyait encore en l'avenir. (...) Rien, absolument rien ne suggérait une ville martyre. Il me sembla que, dans n'importe quel autre pays, une monstruosité de cette ampleur eût été exploitée jusqu'à la lie. Le capital de victimisation, trésor national de tant de peuples, n'existait pas à Hiroshima. " (p102-p103)

"Au Japon, les stations de ski sont très rares et aucune population sédentaire n'habite la montagne qui est le royaume de la mort et des sorcières. C'est pourquoi l'Empire demeure d'une sauvagerie dont les témoignages ne rendent pas assez compte." ( p 169)

"Le kotatsu représente un mode de vie davantage qu'un chauffage ; dans les maisons traditionnelles, un trou carré occupe un vaste coin de séjour et, au centre de ce creux, siège le poêle en métal. On s'assied par terre, les jambes pendantes dans la piscine remplie de chaleur, et on protège ce bassin d'air torride d'une immense couverture." (p174) En cherchant ce terme j'ai surtout trouvé des tables recouvertes d'un futon, avec un chauffage en dessous, mais j'ai fini par tomber sur une photo plus proche de ce que l'auteur décrit ici.

Au contact de Rinri, Amélie découvre de nouvelles subtilités de la vie japonaise. La mère de Rinri, si polie, qui lui demande soudain pourquoi elle cherche à s'exprimer de façon sophistiquée quand son visage bien trop expressif ne lui permettra jamais d'être une femme distinguée. Ses jambes blanches sous sa robe courte en été lui valent également l'hilarité de la famille de Rinri : une femme comme il faut mettrait des collants, même sous la canicule. Lorsque Rinri décide de lui présenter ses amis, il s'éclipse aux fourneaux pendant tout le repas et Amelie découvre que les convives attendent d'elle qu'elle ne mange pas et parle, comme les "conversationneurs" (métier inventé pour permettre à la bonne société de manger sans avoir à se préoccuper de la discussion). Amélie déblatère sur les mérites des bières belges pendant tout le repas, voyant défiler les mets plus délicats devant elle à son plus grand désespoir. Arrive ensuite cette demande de mariage acceptée par erreur parce qu'elle a répondu "non" à une formulation à la tournure négative, ce qui équivaut à une réponse positive.

Et puis, comme Amélie savoure les plats japonais, nos papilles frémissent d'envie en lisant certains passages. Je rêve d'okonomiyaki depuis cette lecture, mais voici d'autres mets délicats qui passent devant nos yeux brillants à la lecture de ce roman : 

"Il revint avec un plateau de merveilles qu'il disposa devant nous : beignets de pissentlis, feuilles de chiso farcies aux racines de lotus, fèves confites aux cédrats, crabes nains frits à croquer entiers." (p143) "(Il) les remplaça (...) par des ramequins individuels de chawan mushi, (...) ce flan de fruits de mer et de champignons noirs au fumet de poisson qu'il faut manger brûlant" (p147)

Un récit exquis, enlevé, où une jeune femme à la forte personnalité partage avec nous son amour du Japon. Si ce pays me fascinait depuis longtemps, voilà un roman qui a encore aiguisé mon appétit de voyage et de dépaysement au pays du soleil levant.

Présenté dans le cadre du rendez-vous autour d'Amélie Nothomb et de ses romans se déroulant au Japon. C'est aussi ma première participation au Mois belge !

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245 p

Amélie Nothomb, Ni d'Eve ni d'Adam, 2007

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02/04/2018

Sayaka Murata, Konbini

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Repéré il y a quelque temps sur les blogs, Konbini est une première bonne surprise dans le cadre de mes lectures pour ce mois au Japon.

Keiko Furukura est employée dans un konbini, supérette japonaise. A 36 ans, sans être mariée comme c'est son cas, cela équivaut à être tout en bas de l'échelle sociale. Pourquoi n'a-t-elle pas de vrai travail ? Pourquoi ce temps partiel (de 5 jours tout de même) alors qu'habituellement ce sont les étudiants, les freeters (jeunes en situation de précarité) et les femmes mariées ayant besoin d'un revenu d'appoint qui font ce genre de travail ? A-t-elle déjà eu un petit ami ? Autant de questions que Keiko tente d'esquiver en prétendant souffrir de soucis de santé.

Si Keiko a choisi de continuer à travailler dans le même konbini après ses études, c'est parce qu'elle a conscience de ne pas avoir le comportement que la société attend d'elle, sans savoir pourquoi. Petite déjà, elle avait suscité l'effroi en proposant de cuisiner un oiseau mort dans le parc - oiseau que toutes les petites filles pleuraient - avant d'assommer avec une pelle un camarade de classe pris dans une bagarre quelques années plus tard, quelqu'un ayant dit qu'il fallait séparer les deux opposants. Ses réactions lui semblent rationnelles et justifiées et l'étonnement et la gêne qu'elle génèrent la laissent perplexe.

Adulte, elle constate que certaines de ses attitudes continuent d'étonner et préfère ainsi la sécurité de la supérette, régie par des codes vestimentaires et de langage; Keiko calque également son style vestimentaire personnel, ses intonations et certaines de ses réactions sur ceux de ses collègues, pour entrer dans le moule et paraître normale. Vivre semble être un travail de tous les jours.

Quelques extraits représentatifs de ce texte :

"Tout ce qui concerne la façon de parler, en particulier, je l'apprends par imitation. Mon langage actuel est un mélange d'Izumi et de Sugehara" (p 26).

" (...) Je m'inspire de son look. Vu de l'extérieur, j'ai tout de l'humain normal, portant un sac à la mode et s'exprimant selon les règles de la politesse et de la bienséance" (p 28).

" Ah, j'ai bien joué mon rôle d' "humain“, me dis-je en observant les réactions de mes deux camarades. Combien de fois ai-je éprouvé ce même soulagement entre les murs de la supérette!" (P 29)

Jusqu'au jour où elle propose à Shiraha, autre trentenaire en marge de la société, un contrat tacite : elle l'hébergera chez elle et le nourrira, à condition de pouvoir prétendre avoir un conjoint et ainsi faire cesser les questions. Comme le dit Shiraha, cynique et opportuniste :

" Dans ce monde régi par la normalité, tout intrus se voit discrètement éliminé. Tout être non conforme doit être écarté" (p 67)

Leur relation n'a rien de romantique, ni même d'amical. Il la trouve trop âgée, repoussante, méprise son travail dans un konbini et décide de prétendre être homme au foyer et pour cela, compte bien la forcer à obtenir un emploi stable. Keiko ne le trouve ni beau ni intéressant mais est soulagée de pouvoir prétendre avoir quelqu'un dans sa vie pour justifier son temps partiel et se rapprocher de la norme. Car plus le récit avance, plus on lui fait comprendre qu'elle a râté sa vie. Ainsi, quand Keiko énonce son idée d'une vie partagée, elle déclare prosaïquement à Shiraha:

" Je te fournirai ta pâtée. (...) C'est la première fois que j'héberge un être vivant, j'ai l'impression d'avoir un animal domestique." (P 86)

Un récit court et percutant sur la différence au sein de la société nippone - sujet qui trouve aussi un écho dans nos sociétés occidentales. Le portrait de Keiko est subtil, tandis que l'évolution des réactions de ses proches et collègues ne manque pas de cynisme. Un roman que j'ai dévoré avec beaucoup d'intérêt.

Au passage, j'ai découvert quelques "spécialités" culinaires propres à l'univers des supérettes : fromage à la rogue de colin, onigiri à la bonite séchée, pogo (saucisse sur bâtonnet), cidre chocolat-melon... et le très dépaysant "sandwich thon mayo", produit phare du magasin ! 

Lu pour le rendez-vous du mois consacré à la ville. Le konbini est situé dans un quartier d'affaires, en face d'une gare, dans un environnement très urbain.

124 p

Sayaka Murata, Konbini, 2016 (2018 en VF)

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27/03/2018

Un Mois au Japon 2018 : le programme

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Petit interlude en cette fin de mois British Mysteries !

Cette année, l'agence de voyage Hilde&Lou vous a concocté un sacré programme et espère que vous vous êtes équipés de chaussures confortables pour participer à l'aventure en toute sérénité.

Rendez-vous hebdomadaires :

  • Mercredi 4, 11, 18 et 25 avril : Manga
  • Vendredi 6, 13, 20 et 27 avril : Séance cinéma / Série TV
  • Samedi 7, 14, 21 et 28 avril : Album jeunesse avec le challenge Je lis aussi des albums
  • Dimanche 1, 8, 15, 22 et 29 : Délices du Japon avec la talentueuse Syl OU RDV gourmand littéraire ou cinématographique (autour du thé, des délices de Tokyo ou autres...)
  • Week-end du 13 au 15 avril (36H) : Read-a-thon nippon

Rendez-vous ponctuels :

  • La ville à l’honneur : lundi 2 avril
  • Un Amélie Nothomb se déroulant au Japon : mardi 3 avril
  • Plume féminine nippone au choix : jeudi 5 avril
  • Aki Shimazaki - Romans des cycles Le Poids des Secrets, Au coeur du Yamato, L’ombre du chardon : lundi 9 avril
  • Journée 100% zen : mardi 10 avril
  • Journée du chat nippon : jeudi 12 avril
  • Le Tombeau des lucioles, le livre ou le film d’animation : lundi 16 avril
  • RDV Polar : mardi 17 avril
  • Plume masculine nippone au choix : jeudi 19 avril
  • RDV historique (en roman, reportage, film, essai...) autour de la 2e guerre mondiale ou de la bombe atomique : lundi 23 avril
  • Rencontre avec un Samouraï : mardi 24 avril
  • Rencontre avec une Geisha, oeuvre au choix : jeudi 26 avril
  • Rendez-vous Yokaï : lundi 30 avril

Et bien sûr, les programmes libres sont tout à fait possibles aussi !

Nous espérons que vous savourerez autant que nous ce mois japonais qui commence dans quelques jours !

Rendez-vous le 1er avril !

challenge un mois au japon

29/04/2017

Medoruma Shun, Les Pleurs du Vent

shun_pleurs du vent.jpgDernière chronique de ce Mois au Japon, et une très belle rencontre avec cet auteur nippon que je ne connaissais pas du tout. C'est en déambulant entre les rayons de L'Arbre à Lettres dans le Marais que je suis tombée sur ce livre à la jolie couverture (dont les couleurs ne sont pas très bien rendues ici).

Après Shimazaki qui évoquait la bombe atomique dans Le Poids des Secrets, Medoruma Shun évoque aussi la seconde guerre mondiale, avec la bataille d'Okinawa. Que ceux qui n'aiment pas les romans traitant de guerre ou de bataille se rassurent : point de combat ici, ni de tactiques de guerre, mais plutôt le souvenir d'une période douloureuse et son empreinte sur plusieurs protagonistes des décennies plus tard.

Les Pleurs du vent, ce sont les lamentations du crâne d'un kamikaze japonais tué pendant la guerre, qui repose dans un ossuaire désormais inaccessible en haut d'une falaise, face à la mer. Quand le vent souffle, une plainte sourde et angoissante résonne. Des légendes courent sur ce crâne. On ne connaît pas leur nature mais on sait qu'elles sont suffisamment inquiétantes pour tenir les gens à l'écart. 

Puis arrive une équipe de reporters, décidés à filmer le crâne et à raconter son histoire. Chez les habitants, les points de vue divergent. Certains y voient l'opportunité d'attirer l'attention sur le village et de développer le tourisme. Seikichi, lui, s'oppose fermement à ce qu'on dérange le crâne. Et pour cause, il en sait bien plus long que tous les autres sur ses origines.

Ce court roman est un coup de coeur pour moi. Comme le dit l'éditeur : ce texte "conte magnifiquement la paix retrouvée des âmes". Sa construction est originale et nous entraîne là où on ne pensait pas forcément aller au départ. L'écriture m'a séduite, en particulier lorsque l'auteur décrit la nature autour du village, avec son aspect sauvage et luxuriant, voire dangereux : "la prolifération des banians et des liserons", "l'embouchure où la mangrove poussait dru", ou encore cette luciole qui jaillit "laissant derrière elle une fugitive traînée scintillante ; elle tourna autour d'Akira, monta le long de la cascade de liserons, passa entre les deux formes légèrement bleutées et s'évanouit". Je ne regarderai plus jamais un crabe de la même façon désormais (si vous voulez savoir pourquoi, il ne vous reste plus qu'à lire ce roman).

J'ai découvert que les éditions Zulma avaient publié un recueil de nouvelles de cet auteur. Autant vous dire que je pense déjà en parler l'an prochain lors du prochain Mois au Japon.

124 p

Medoruma Shun, Les Pleurs du Vent, 1997

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28/04/2017

Aki Shimazaki, Le Poids des Secrets T2, Hamaguri

shimazaki_hamaguri.jpgJ'ai manqué le jour de la lecture commune consacrée à la pentalogie Le Poids des Secrets mais, le Mois au Japon touchant à sa fin, je triche un peu en antidatant mon billet afin de pouvoir partager avec vous mes dernières lectures nippones.

Deuxième tome de la pentalogie, Hamaguri est en quelque sorte le miroir du 1er tome, dans lequel la narratrice racontait un secret de famille à sa fille dans une lettre posthume. Elle y évoquait notamment le jeune fils de ses voisins, lorsqu'elle était adolescente pendant la 2e guerre mondiale et notamment, lors des bombardements américains. Dans ce nouvel opus, c'est le jeune voisin qui s'exprime. C'est désormais un homme âgé, qui n'a pas oublié son amour de jeunesse. On lit ce tome avec d'autant plus d'intérêt que l'on connaît d'avance le secret que cet homme mettra toute sa vie à comprendre.

Hamaguri porte un autre regard sur une histoire commune. Comme le roman précédent, il est porté par une écriture fluide et épurée. La structure narrative va elle aussi à l'essentiel. Les personnages n'en sont pas moins attachants. La guerre occupe une place moins importante, en revanche, le carcan social est au premier plan, puisqu'il est question des choix qui s'offrent à une mère célibataire et son fils "bâtard", souffrant de la cruauté des autres enfants.

Un récit d'une simplicité désarmante et de nouveau, un vrai bonheur à la lecture.

112 p

Aki Shimazaki, Le Poids des Secrets Tome 2, Hamaguri, 2000

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24/04/2017

Masayuki Kusumi & Jirô Taniguchi, Le gourmet solitaire

manga_gourmet solitaire.jpgL'attention portée à l'oeuvre de Taniguchi cette année m'a fait repérer quelques titres prometteurs, moi qui ne connaissais cet auteur que de nom. Je pensais lire Quartier Lointain mais le dernier exemplaire venait de partir et j'ai opté pour Le Gourmet solitaire sur les conseils de la libraire. Je ne regrette pas du tout mon choix !

Le Gourmet solitaire, ce sont 18 chapitres et autant de rencontres gustatives et culturelles. Le personnage principal est un commercial célibataire, un loup solitaire qui, au gré de ses déplacements et sorties, nous fait partager le moment de son repas. Cela pourrait paraître ennuyeux à mourir mais, si vous vous intéressez ne serait-ce qu'un peu au Japon, vous devriez vous régaler avec cet album qui s'adresse beaucoup à nos papilles, mais pas que.

Côté repas, c'est une cuisine simple que l'on découvre, une cuisine du quotidien, souvent traditionnelle mais aussi parfois inspirée par d'autres pays. Des plats goûteux, avec des éléments récurrents (légumes au sel et surtout riz, un incontournable pour le personnage principal). On voit notamment souvent le repas dans son ensemble avec les commentaires qu'il inspire au protagoniste, fin gourmet. Autant vous dire qu'on a envie de déguster la vraie cuisine japonaise après avoir lu cet album !

Mais la cuisine est aussi un bon moyen de découvrir la vie de tous les jours, entre la recherche d'un lieu où manger, la découverte de restaurants et gargotes en tous genres ainsi que la clientèle, observée par notre héros culinaire. Quelques commentaires laissent voir l'abîme entre nos deux cultures, avec un portrait du Japon qui n'est pas toujours flatteur (statuts hommes-femmes, ouverture vis-à-vis des étrangers...).

On ne sait pas grand-chose du personnage principal qui interagit globalement assez peu avec son entourage mais, paradoxalement, il parvient à être assez touchant.

Cet album est un vrai coup de coeur pour moi. Je craignais de ne pas prendre autant de plaisir à la lecture d'autres titres de Taniguchi mais je viens de réaliser qu'il y a une suite au Gourmet solitaire. C'est donc par là que je poursuivrai ma découverte...

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200 p

Masayuki Kusumi & Jirô Taniguchi, Le gourmet solitaire, 1997

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22/04/2017

Kazuyo Toda et Chiaki Okada, Jour de Pluie

album_jour de pluie.jpgEncore une petite pépite dénichée au détour d'un rayon jeunesse, pendant que Petite Lou écoutait un conteur à quelques pas de là.

Dans Jour de Pluie, Akiko s'ennuie ferme, coincée à la maison à cause de la pluie. Elle rouspète jusqu'à ce qu'elle remarque une grenouille à la fenêtre, qui vient lui proposer de la suivre dehors pour s'amuser ensemble. Car quand vient la pluie, c'est la fête pour les batraciens. Akiko la suit, accompagnée de plusieurs doudous et jouets qui s'animent et sont eux aussi ravis de cette activité imprévue.

Une jolie histoire qui plaît beaucoup à ma fille - dont le moment favori reste l'arrivée de petites grenouilles venues se joindre à la fête, et qu'il faut retrouver en regardant attentivement des feuillages verts.

Les illustrations se prêtent très bien à l'univers enfantin décrit. Traits de crayon visibles, tons pastels, de la douceur et du réalisme, voilà qui accompagne à la perfection le récit.

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Une nouvelle délicieuse surprise nippone et une ode à l'imagination, à savourer quelle que soit la météo.

Publié aux Editions Bibi.

Lu dans le cadre de la LC Album jeunesse japonais.

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32 p

Kazuyo Toda et Chiaki Okada, Jour de Pluie, 2017 (édition française)

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17/04/2017

Yoko Ogawa, L'Annulaire

ogawa_annulaire.jpgYoko Ogawa est un auteur que j'affectionne particulièrement. Je l'ai d'abord découverte avec trois textes, un lumineux - La Formule préférée du Professeur, les deux autres plus dérangeants, Le Musée du Silence et L'Annulaire. Les ayant lus avant la naissance de blog, j'ai pensé que cette journée en hommage à Ogawa serait l'occasion de relire un de ces textes qui m'avaient marquée à l'époque.

Mon choix s'est finalement porté sur L'Annulaire, en partie parce que j'en avais un souvenir plus confus, mais aussi, avouons-le, parce que c'est un texte court et que je ne suis pas en avance dans mes chroniques japonaises de ce mois d'avril !

La narratrice, jeune femme d'environ 20 ans, trouve un travail chez M. Deshimaru, dans une impressionnante bâtisse où l'on fait des "spécimens". Les clients trouvent l'endroit sans publicité, lorsqu'ils ont vraiment besoin de faire un enfermer un objet associé à un souvenir particulier. Les spécimens une fois préparés sont stockés sur place et les propriétaires peuvent venir les voir, mais cela n'arrive pratiquement jamais. Tout peut être conservé : objets les plus insolites mais aussi musique ou encore un jour, une cicatrice. Le procédé reste mystérieux car M. Deshimaru n'ouvre pas la porte de son laboratoire à la narratrice, qui ne saura donc pas ce qu'il est advenu de la jeune fille ayant fait cette demande si particulière.

La jeune employée a elle même perdu une partie d'un doigt lors d'un précédent travail à l'usine et cette particularité semble fasciner son employeur, plus âgé, avec qui elle ne tarde pas à avoir une liaison. Entre eux, le rapport des forces est peu équilibré et l'ambiance est paradoxalement calme, apaisée mais aussi parfois malsaine, en raison de l'étrangeté des lieux et du personnage de M. Deshimaru.

Je crois que j'apprécie particulièrement cette facette d'Ogawa car j'avais également beaucoup aimé Le Musée du Silence, un peu dans la même veine. Un texte court qu'on peut volontiers recommander pour découvrir une partie de l'univers d'Ogawa ; rien qu'une partie cependant, car elle s'attache à des thèmes variés et ses textes ne sont pas tous aussi étranges.

Si vous voulez découvrir d'autres sources d'inspiration de cet auteur, voici quelques pistes avec mes précédents articles sur certains de ses romans ou nouvelles : 

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95 p

Yoko Ogawa, L'Annulaire, 1994

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15/04/2017

Ramona Badescu & Chiaki Miyamoto, Mon Panda

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Mon Panda, c'est le doudou perdu d'un enfant qui s'interroge tout au long de cet album sur ce qui a bien pu arriver à sa peluche. Il personnifie son doudou et émet des hypothèses sur ce qu'il a bien pu faire. Du quotidien au poétique en passant par l'humour, l'imagination du jeune narrateur nous fait entrevoir l'attachement qu'il a pour son petit panda.

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C'est un très joli album, original, empreint de douceur et de nostalgie. Les illustrations sobres en noir et blanc piquées de légères touches de couleur sont superbes. Il me semble qu'il a peut-être plus de chances de plaire aux parents qu'aux enfants. Il ne fait pas partie des favoris lors du choix de la lecture du soir en ce moment - mais le deviendra peut-être. Il est d'ores et déjà bien apprécié.

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Si la chute est un peu triste (l'enfant dit clairement que son panda est vieux et usé mais espère le retrouver), l'histoire est intelligemment menée et pourra peut-être rassurer les petits ayant perdu leur doudou favori. Il est préférable de l'imaginer vivant de fabuleuses aventures que perdu sous un banc ou donné à un autre enfant.

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De la tendresse, de la finesse et un graphisme inspiré de l'art traditionnel japonais. Une bien jolie rencontre !

Le site des éditions Belize

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25 p

Ramona Badescu & Chiaki Miyamoto, Mon Panda, 2008

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11/04/2017

Keigo Higashino, La Maison où je suis mort autrefois

higashino-la-maison-ou-je-suis-mort-autrefois-623808-264-432.jpgVoilà ma première expérience de polar japonais, avec ce roman encensé par la critique et récompensé par le Prix du Polar international de Cognac en 2010.

Sayaka sollicite son ex-petit ami (narrateur de cette histoire) afin de l'aider dans une quête personnelle. La jeune femme ne conserve aucun souvenir de ses années précédant l'entrée au primaire. Suite au décès de son père, elle a retrouvé une clef et un plan. Se souvenant que son père disparaissait parfois pendant plusieurs jours d'affilée autrefois, elle décide de retrouver la maison et espère que cela lui permettra de recouvrer la mémoire par la même occasion. 

Près d'un lac, ils découvrent ainsi une construction de style occidental, cachée entre les arbres. Le temps semble s'y être arrêté. Tous les réveils, horloges et montres indiquent la même heure. La poussière s'est déposée en couches épaisses. Une chambre d'écolier semble figée depuis des années. Le journal du petit garçon qui l'occupait s'est arrêté brutalement. La porte d'entrée est condamnée, il faut ainsi passer par une cave obscure pour accéder à la maison.

Qu'est-il arrivé aux occupants, qui semblent avoir disparu brutalement ? Quel lien avec Sayaka ou son père ?

Un roman policier qui sort des sentiers battus. On se prend même à frissonner à moment donné lorsque le soir tombe - a-t-on vraiment envie de passer la nuit là avec les protagonistes ? Difficile d'en dire davantage sans dévoiler l'intrigue mais voilà avant tout un roman à l'ambiance glaçante très réussie.

Lu dans le cadre de la LC : Un roman policier / thriller.

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256 p

Keigo Higashino, La Maison où je suis mort autrefois, 2010 (pour la publication française)

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07/04/2017

Série Midnight 'Diner : Tokyo Stories'

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Pour cette première séance ciné du vendredi consacrée aux séries japonaises, j'ai décidé de mettre à l'honneur Midnight Diner : Tokyo Stories, série diffusée par Netflix.

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Le pitch : dans une ruelle de Tokyo, lorsque le quartier s'endort et que les travailleurs ont terminé leur journée et rentrent chez eux, un patron ouvre sa gargote à partir de minuit, jusqu'au petit matin. Il propose peu de plats mais cuisine tout ce que ses clients lui demandent, à partir du moment où il a les ingrédients requis.

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Entrent des clients, des habitués ou de nouvelles têtes. A chaque nouvel épisode, un plat et un groupe de clients sont mis à l'honneur. On suivra les clients du jour en dehors du restaurant, le temps d'arriver à la chute, qui tient souvent du happy end. Le restaurant est en effet un vrai lieu de vie où échangent les clients et le patron, qu'ils se connaissent bien ou non. 

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Jusque-là, la série paraît plutôt classique. Mais si je vous dis qu'on y croise d'anciens acteurs de série à la Bioman, un fantôme encombrant, une célibataire tricotant pour séduire des hommes qu'elle connaît à peine, un savant fou attachant et bien d'autres personnages hauts en couleur, vous vous douterez bien qu'on ne s'ennuie pas une seconde en mettant les pieds dans ce petit restaurant.

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Une série atypique et un peu barge qui permet une immersion totale dans la culture japonaise, entre la vie nocturne à Tokyo, la cuisine mise à l'honneur ou encore les références à la culture populaire (et j'ai dû passer complètement à côté de nombreux détails). C'est aussi une série feel-good avec une jolie philosophie de la vie.

Le patron observe avec intérêt ou amusement ses clients, échange avec eux mais occupe toujours une place plus en retrait, jusqu'au dernier épisode où enfin une scène nous laisse deviner ce que peut être sa vie personnelle. Un personnage discret et attachant.

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La cuisine mise à l'honneur est une cuisine traditionnelle, simple, sans prétention, mais aussi goûteuse et généreuse. Beaucoup de plats ne manqueront pas de titiller vos papilles !

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Quant à moi, j'ai maintenant une folle envie de me promener de nuit dans cette si jolie ruelle et de pousser la porte de ce 'diner'.

Le billet élogieux d'Umamiam dont j'ai découvert avec plaisir le blog très intéressant, tourné vers le Japon. L'article en anglais de Jonathan Pelz.

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Série Midnight 'Diner : Tokyo Stories', 2009

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03/04/2017

Aki Shimazaki, Le Poids des Secrets T1, Tsubaki

shimazaki_tsubaki.jpgCela fait des années que j'avais envie de lire Le Poids des Secrets d'Aki Shimazaki - depuis 2007 si j'en crois ma wish list en ligne ! L'an dernier, les billets de Romanza ont agi comme une petite piqûre de rappel. Je viens donc de lire Tsubaki, premier récit de cette pentalogie.

A sa mort, Yukiko laisse à sa fille deux lettres : l'une destinée à un frère dont on ignorait l'existence, l'autre racontant son adolescence pendant la Seconde Guerre mondiale. 

Dans ce court roman, Yukiko révèle un secret familial pesant, qui l'a tout autant marquée que l'explosion de la bombe atomique dont elle a été témoin.

Tout en finesse, Tsubaki (Camélia) nous livre les souvenirs d'une femme toute jeune pendant la guerre, travaillant à l'usine pour aider son pays, croisant des prisonniers américains sur son chemin. Une jeune femme également éprise de son voisin, qui a soif de vivre dans un contexte oppressant - car on pressent la défaite du Japon et quant au lecteur, il sait déjà qu'une bombe atomique ravagera la ville quelque temps plus tard.

Ce court récit est un petit bijou, insérant la petite histoire dans la Grande Histoire avec brio. Le contexte historique est au centre du récit ; difficile de rester indifférent aux interrogations du petit-fils de la principale protagoniste : Les victimes étaient pour la plupart des civils innocents. Plus de deux cent mille personnes ont été tuées en quelques semaines ! Quelle est la différence avec l'Holocauste des nazis ? (p11). Malgré tout, l'histoire personnelle de Yukiko est suffisamment intéressante pour toucher le lecteur au-delà de la catastrophe qui s'annonce.

J'ai retrouvé la pudeur et la subtilité des plumes japonaises que je connais. Beaucoup de retenue, une histoire racontée sans détour, sans grands effets ni détournements de notre attention vers d'éventuels détails ou histoires périphériques. La narratrice ne cherche pas non plus à susciter chez nous une émotion particulière : son récit est simple, factuel, sans étalage de sentiments, et pourtant touchant et très humain.

Une belle lecture.

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Le billet de Pasión de la lectura sur les cinq tomes et le billet de Romanza (dont j'aime beaucoup la mise en scène du livre).

Lu dans le cadre de la lecture commune : "Les plumes féminines japonaises à l'honneur".

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115 p

Aki Shimazaki, Le Poids des Secrets, T1, Tsubaki, 1999

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02/04/2017

Un mois au Japon : Le Recap

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Et voici le récapitulatif des participations au challenge Un mois au Japon.

Les billets d'annonce de participation / lancement :

Bidib, BlandineKiona, KobaitchiNath (Délivrer des Livres), Syl,

Hilde & Lou

 

1er avril :

2 avril :

Thème du Jour : Petits plats et délices japonais

[Hors thème]

3 avril :

Thème du Jour : Plumes féminines japonaises

 [Hors thème]

4 avril :

Thème du Jour : Atelier bricolage

 [Hors thème]

5 avril :

Thème du Jour : Manga

6 avril :

7 avril :

Thème du jour : La séance ciné du vendredi (séries)

 [Hors thème]

8 avril :

Thème du jour : Album jeunesse au choix 

[Hors thème]

9 avril :

Thème du Jour : Petits plats et délices japonais

 [Hors thème]

10 avril :

11 avril :

Thème du Jour 1 : Roman policier /Thriller

Thème du Jour 2 : Atelier bricolage

12 avril :

Thème du Jour : Le Japon historique

[Hors thème]

13 avril :

Thème du Jour 1: Haruki Murakami

Thème du Jour 2: Haïkus

[Hors thème]

14 avril :

Thème du Jour : Séance Cinéma

[Hors thème]

15 avril :

Thème du jour : Album jeunesse au choix 

[Hors thème]

16 avril :

Thème du Jour : Petits plats et délices japonais

 [Hors thème]

17 avril :

Thème du Jour : Yoko Ogawa

[Hors thème]

18 avril :

Thème du jour : Kyoto 

[Hors Thème]

19 avril :

Thème du jour : Hommage à Jiro Taniguchi

20 avril :

21 avril :

22 avril :

Thème du jour : Albums jeunesse

23 avril :

Petits plats et délices japonais

24 avril :

[Thème du jour : Tokyo]

[Hors Thème]

25 avril :

26 avril :

Thématique du jour : Hiroshima

[Hors-thème]

27 avril :

Thématique du jour “le poids des secrets"

28 avril :

29 avril :

30 avril :

[Autres participations]

 

WORK IN PROGRESS !!

01/04/2017

Mes lectures japonaises & co

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Aujourd'hui commence le Mois au Japon !

Pendant tout le mois d'avril, nous aurons le plaisir de partager avec vous films, lectures, photos et clins d'oeil au pays du soleil levant.

Pour commencer, j'ai décidé de dresser ici un bilan de mes anciennes chroniques sur ce thème, en espérant vous donner envie de découvrir certains de mes coups de coeurs !

Romans japonais :

  

   

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  • Hiraide Takashi, Le Chat qui venait du Ciel : "Petit conte philosophique qui n’est pas sans rappeler les haïkus, ce texte est avant tout poétique. Une écriture agréable s’ajoute à un récit fait d’impressions, d’émotions et de non-dits"
  • Murakami Haruki, Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil : "Voilà l’histoire d’un homme ordinaire saisie par une plume sobre et agréable. Un livre apparemment simple pourtant servi par une narration d’une grande justesse, un regard lucide et désillusionné porté sur un personnage désenchanté."
  • Niwa Fumio, L'Age des Méchancetés : "C’est un livre terrible sur la vieillesse. Difficile de choisir entre pitié, compassion ou répulsion. Traité avec brio, le résultat est tout simplement fascinant."
  • Ogawa Yoko, Amours en marge : "Peut-être peut-on considérer qu'il s'agit d'un roman contemplatif. On le lit dans le calme, en se délectant de scènes banales qui, à travers le regard d'Ogawa et sa plune fluide, prennent un sens, une profondeur insoupçonnés."
  • Ogawa Yoko, La Petite Pièce Hexagonale : "Au final, la Petite Pièce Hexagonale est une lecture agréable et facile. La narration semble couler de source, les personnages secondaires manquent de relief mais parviennent ainsi à mettre en avant les préoccupations du personnage principal. On retrouve sans difficulté le style doux et poétique d’Ogawa, qui contraste si bien avec les thèmes dérangeants que cet auteur choisit."
  • Ogawa Yoko, La Piscine, Les Abeilles, La Grossesse : "La Grossesse est le récit le plus connu de Yoko Ogawa. Il lui a valu le prix Akutagawa en 1991. Ces trois textes permettent de découvrir « en douceur » son univers étrange peuplé de personnages insolites. Comme toujours, Ogawa sait décrire le quotidien et ses gestes les plus simples en leur conférant un intérêt tout particulier, parfois élégant, parfois malsain."
  • Ogawa Yoko, Le réfectoire un soir et une piscine sous la pluie : "Yoko Ogawa évoque pour moi la pluie s’écoulant avec régularité, suivant de ses grosses gouttes ma fenêtre embuée, dessinant des formes étranges devant les fleurs accrochées à une petite rambarde à la peinture écaillée. Etrange, beau, doux, triste, vivant, essentiel."
  • Ogawa Yoko, Les Tendres Plaintes : "Si les livres de cet auteur ne sont pas toujours gais (celui-là mêlant les moments de plénitude à une histoire au fond plutôt mélancolique), ils parviennent presque toujours à m'arracher au quotidien et à me donner l'impression d'évoluer dans une bulle étrangement calme et bénéfique. Cette fois aussi j'ai vraiment savouré ce plongeon dans ce monde particulier que je quitte à regret, avec l'envie d'ouvrir rapidement les quelques livres d'Ogawa qui me restent à découvrir."
  • Yoshimura, La jeune fille suppliciée sur une étagère : "Beauté et détachement sont les maîtres mots de ces nouvelles traitant avec subtilité d’un thème pourtant grave. Là encore, je suis fascinée par la maîtrise avec laquelle les auteurs japonais font de la mort un sujet envoûtant, nous troublant sans pour autant gâcher le plaisir de la lecture."

Roman d'horreur japonais :

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  • Koji Suzuki, Ring : "Hormis le début angoissant, j'ai trouvé que ce roman s'apparentait davantage à un thriller qu'à un roman d'épouvante, dans un cadre pour le moins mystérieux et inquiétant."

Romans étrangers se déroulant au Japon ou en lien avec l'histoire du Japon :

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  • Lian Hearn, Le Clan des Otoris, Le Silence du Rossignol : "L’histoire est passionnante, bien menée, sans temps morts. ¡L’écriture est très agréable, les descriptions agrémentent le texte en plantant un décor envoûtant, fait de brumes, de montagnes escarpées, de peintures ancestrales et de rumeurs et murmures incessants."
  • Oswald Wynd, Une Odeur de Gingembre : "Oswald Wynd nous projette en Chine et au Japon au tournant du siècle puis à travers la première moitié du XXe, où nous suivons (parfois à distance) les grands évènements qui ont bouleversé l'échiquier politique mondial. L'auteur joue beaucoup sur le non-dit, prête une grande attention aux conventions sociales (anglaises, européennes, chinoises, japonaises), ce qui donne lieu à de remarquables passages tout en délicatesse, parfois remplis d'émotions et pourtant, d'une grande pudeur."
  • Julie Otsuka, Certaines n'avaient jamais vu la mer : "Julie Otsuka a privilégié une construction de roman audacieuse, prêtant sa plume à de nombreuses voix, celles de toutes ces immigrantes au parcours varié, aux espoirs plus ou moins déçus, aux destins parallèles émaillés de points communs."

Albums :

 

  • Mitsumasa Anno, Le Danemark d'Andersen : On sent que Mitsumasa Anno apprécie vraiment l'oeuvre d'Andersen, qu'il s'est approprié celle-ci et a pris plaisir à créer un univers s'en inspirant. C'est un hommage original qui est ainsi rendu au célèbre auteur. Mais c'est aussi un beau livre en soi, avec des illustrations soignées, qui fourmillent de détails.
  • Rosemary Wells, Yoko : "Un auteur anglo-saxon mais un univers japonisant pour cet album sur la différence, exprimée à travers cette petite Yoko moquée par ses camarades parce qu'elle apporte des sushis pour son déjeuner."
  • Satoshi Iriyama, Petit Ours Blanc a un an : "Par une nuit d'hiver, Ours vert et Ourse rouge ont un Bébé Ours tout blanc. Au fil des saisons, ils vont accompagner leur petit dans les premiers moments importants de sa vie. Beaucoup de tendresse, un coup de coeur."
  • Kazuo Iwamura, L'hiver de la famille Souris : Un bel album sur la famille, l'hiver, le partage et les petits détails qui font de la vie ensemble une réussite.

Mangas :

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  • Tana Toboso, Black Butler, Tomes 1, 2 et 3 (dans les prochains jours) : "Un joli graphisme, une histoire qui pour moi gagne en intérêt au tome 3, mais des libertés historiques qui m'ont vraiment gênée et un humour auquel je n'accroche pas."

               

 . 

  • Kaoru Mori, Emma Tome 1 : Je n'avais pas du tout aimé. Mais alors, pas du tout. "Sans être mortellement ennuyeuse, l’histoire banale n’est pas crédible pour un sou."

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  • Fumiyo Kouno, Le Pays des Cerisiers : "Ce manga traite du bombardement d’Hiroshima à travers le destin de plusieurs personnages. Le récit est assez complexe, mêle présent et passé grâce à de nombreux flash-back et des parties ramenant successivement le lecteur à différentes époques. Les dessins sont très agréables et les traits des personnages particulièrement délicats, tandis que les paysages et les décors sont très fouillés."

Film d'animation

  • Steamboy, film d'animation de Katsuhiro Otomo : Un univers victorien, il avait tout pour me plaire, mais notre rencontre s'est soldée par un échec. "j'ai failli périr étoufée par toute cette vapeur mais c'est victorieuse que je suis sortie de ma lutte contre le sommeil – enfin, il s'en est fallu de peu !"

*****

Voilà a priori tous mes billets consacrés au thème du Japon, ou d'inspiration japonaise. Je compte bien mettre à profit le mois d'avril pour faire de belles découvertes.

Je souhaite à tous les participants du Mois au Japon un excellent challenge !

29/03/2017

Un mois au Japon, J-3

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Le Mois au Japon commence dans quelques jours... ! Après l'Ecosse et la Belgique, nous vous proposons de poursuivre ce périple littéraire et culturel en prenant un vol long courrier pour Tokyo, pour un séjour du 1er au 30 avril.
 
Un petit rappel du principe :
- Se faire plaisir : vous participez quand vous voulez, à votre rythme (une participation ou 30 !), rejoignez le challenge à tout moment.
- Participer selon ses envies : les billets communs n'ont aucun caractère obligatoire, vous participez si le sujet vous tente et vous pouvez parler d'une autre thématique les jours de billets communs.
- Penser à ajouter le logo du mois au Japon à vos billets et si vous y pensez, le lien url des blogs des gentilles organisatrices
- Ne pas hésiter à laisser un petit commentaire sur les blogs des participants, ça fait toujours plaisir ! Vous pouvez aussi venir papoter sur le groupe facebook.
- Nous signaler vos billets :
  • Le jour même ou à tout moment sur le billet recap des blogs des organisatrices
  • Le jour même : sur le recap quotidien des billets sur le groupe facebook (par contre, si vous actualisez un recap quotidien plusieurs jours après, on risque de ne pas s'en apercevoir ; il vaut mieux dans ce cas passer directement par nos blogs -  suite à notre expérience sur les mois thématiques) 
********
 
Les billets thématiques : 
 
Samedi 1er avril : Les premiers passagers à destination du Japon embarquent, avec un billet sur la thématique de leur choix.
 
Dimanche 2 avril : Petits plats et délices japonais avec les gourmandises du dimanche. Pour ceux qui cuisinent peu mais veulent participer autour d'une thématique culinaire, tous les billets sont permis : lectures, séries, beau livre de cuisine, dégustations au restaurant ou pour les plus chanceux, au Japon.
 
Lundi 3 avril : Les plumes féminines à l'honneur (Yoko Ogawa, Hiromi Kawakami, Aki Shimazaki, Banana Yoshimoto...)
 
Mercredi 5 avril : Manga avec le challenge BD du Mercredi
 
Vendredi 7 avril : La séance ciné du vendredi. Thématique suggérée (mais pas obligatoire) - une série japonaise.
 
Samedi 8 avril : Album jeunesse au choix avec le challenge Je Lis aussi des Albums
 
Dimanche 9 avril : Petits plats et délices japonais avec les gourmandises du dimanche (voir dimanche 2)
 
Mardi 11 avril : Un roman policier / thriller
 
Mercredi 12 avril : Le Japon historique, en roman, film, série, manga, documentaire & plus
 
Jeudi 13 avril : Haruki Murakami
 
Vendredi 14 avril : La séance ciné du vendredi. Thématique suggérée (mais pas obligatoire) - film d'horreur (c'est aussi l'occasion de parler de romans d'épouvante si cela vous dit).
 
Samedi 15 avril : Album jeunesse au choix avec le challenge Je Lis aussi des Albums
 
Dimanche 16 avril : Petits plats et délices japonais avec les gourmandises du dimanche (voir dimanche 2)
 
Lundi 17 avril : Yoko Ogawa
 
Mardi 18 avril : Hommage à Kyoto (des idées par là...)
 
Mercredi 19 avril : Hommage à Jirô Taniguchi avec le challenge BD du Mercredi
 
Jeudi 20 avril : Ichikawa Takuji, roman au choix ("Je reviendrai avec la pluie...")
 
Vendredi 21 avril : La séance ciné du vendredi. Thématique suggérée (mais pas obligatoire) - Film contemporain
 
Samedi 22 avril : Album jeunesse au choix avec le challenge Je Lis aussi des Albums
 
Dimanche 23 avril : Petits plats et délices japonais avec les gourmandises du dimanche (voir dimanche 2)
 
Lundi 24 avril : Hommage à Tokyo (films, romans dont celui de Mo Hayder, mangas, photos...)
 
Mardi 25 avril : “Le démon de l’île Solitaire” d’Edogawa Ranpo
 
Mercredi 26 avril : Hiroshima (romans, documentaires, film d'animation, manga type Le Pays des Cerisiers, chanson Enola Gay, "Hiroshima fleur d'été", "Le poids des secrets"...)
 
Jeudi 27 avril : "Le poids des secrets" d'Aki Shimazaki, tome au choix
 
Vendredi 28 avril : La séance ciné du vendredi. Thématique suggérée (mais pas obligatoire) -Film des studios Ghibli (Mon voisin Totoro; Ponyo; Le conte de la Princesse Kaguya...)
 
Samedi 29 avril : Album jeunesse au choix avec le challenge Je Lis aussi des Albums
 
Dimanche 30 avril : Derniers billets et bilan
 
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Et n'oubliez pas qu'ensuite en mai, nous nous envolerons pour l'Italie, avant de retrouver notre dear old England en juin !
 
Bienvenue à tous et à toutes !
 
Hilde et Lou, organisatrices du Mois au Japon