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23/04/2009

Ci-gît un cimetière pas comme les autres :

gaiman_graveyard book.jpgDans la série des livres qui se morfondaient dans le tas des billets en retard, The Graveyard Book de Neil Gaiman arrive en bonne place, avec plus d'un mois d'abandon (sans compter le fait qu'entre le moment où j'ai lu les 100 premières pages et celui où j'ai lu la suite se sont écoulés près de deux mois). Il faut dire que la magie a seulement vraiment opéré la deuxième fois.

Ce roman est celui de Nobody Owens, recueilli par les habitants d'un cimetière après le meurtre de sa famille. Poursuivi par l'étrange Man Jack à son arrivée, on le sait menacé dans le monde réel et on se charge de le cacher. On ? Des fantômes vieux de plusieurs siècles, dont un couple autrefois sans enfant, ainsi que Silas, ni mort, ni vivant (mais très vampirique). « Bod » grandit donc au milieu des « siens », apprend à traverser les murs, à se faire invisible, à connaître les étoiles et la manière d'appeler à l'aide dans des langues fantastiques. Ses expressions datent parfois de plusieurs siècles, et ses connaissances sont souvent décrites à coup d'épitaphe : « here he lyes in the certainty of the moft glorious refurrection », « they sleep to wake again », « son of the above » ou encore « As I Am So Shall You Be ».

Le roman est composé de chapitres consacrés chacun à une aventure propre, qui pourrait presque se lire séparément comme un conte, à l'exception des premier et deux derniers chapitres qui sont liés à l'histoire de Nobody et de ses vrais parents. Chaque histoire a ses propres créatures : loup-garou, gobelins, oiseaux fantastiques, gardiens éternels d'un mausolée. Neil Gaiman crée un univers facile à se représenter, dans un décor étrange mais plutôt sympathique facilement transposable au cinéma.

The Graveyard Book (dont le titre fait allusion à The Jungle Book, cher à Gaiman) est un très bon roman jeunesse, parfait pour les 10-14 ans (c'est en tout cas le genre de livres que j'aimais à cet âge), vraiment agréable à lire pour les plus grands. Outre les péripéties palpitantes de Bod et de ses amis funèbres, ce livre évoque le passage à l'âge adulte, l'amitié, la nécessité de tracer sa propre route. Le ton est souvent empreint d'humour et que voulez-vous, entre Caius Pompeus et Thackeray Porringer (1720-1734), sans parler des derniers Victoriens à avoir peuplé le cimetière, le mélange des siècles dépayse judicieusement : on ne s'ennuie pas un instant !

Un court extrait :

« On the north-western side of the graveyard things had become very overgrown and tangled, far beyond the ability of the groudsman or the Friends of the Graveyard to tame, amd he ambled over there and woke a family of Victorian children who had all died before their tenth birthdays, and they played hide-and-go-seek in the moonlight in the ivy-twined jungle. »

Pendant que je lisais tranquillement ce livre en VO, j'ai été contactée par les éditions Albin Michel qui m'ont proposé de m'envoyer la version française. J'ai accepté gaiman_vie de nobody owens.gifpar curiosité et reçu les épreuves non corrigées puis le livre publié en mars (je n'ai découvert ce dernier que très récemment, n'étant pas chez moi lorsqu'il est arrivé). J'ai lu quelques extraits et, très honnêtement, même si je préfère lire systématiquement les livres jeunesse en VO, il est tout aussi agréable de lire ce roman en VF. Le changement majeur tient au choix des illustrations. En anglais, j'ai choisi la version pour le jeune public, préférant les dessins de Chris Riddell qui me rappelaient certains livres de mon enfance et que je trouvais à la fois amusants et monstrueux. La VF contient les dessins de Dave McKean, plus modernes. Ils m'évoquent les comics à la Batman et Spiderman, malgré un style personnel. Quant à la couverture, j'adore !

On trouve les illustrations et beaucoup d'autres détails passionnants (ou pas) sur le site consacré au livre. Notamment ceci : « The Graveyard Book has just won the The John Newbery Medal for the most outstanding contribution to children’s literature ».

D'autres avis : Cocola, « adorable, impossible d'y résister » ; Fashion – qui me l'a fait découvrir, « roman formidable, (...) sombre comme une nuit sans lune au-dessus d'un cimetière » ; ,Karine:) « Le monde créé par la plume de Gaiman a une magie certaine. » ; Marie, « Quel talent ce Neil Gaiman ! » ; Pimpi, « J’ai lu le livre d’une traite. Et j’ai adoré!!!! » ; Yueyin, « Une très belle et magique parabole du passage de l'enfance à l'âge adulte » ; Ofelia, "les neophytes se regaleront d'un roman qu'on a du mal a lacher, les connaisseurs retrouveront avec plaisir l'univers fantasmagorique (mais qui a souvent l'air tellement reel) de Gaiman." ; Isabelle, dans un billet judicieusement intitulé La mort vous va si bien, conclut : « Un très joli roman donc, plein de poésie, que je vous recommande chaudement. »

294 p

Neil Gaiman, The Graveyard Book, 2008

(En France : L'Etrange vie de Nobody Owens, 2009)

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2009.03.19 concours bd 4.jpgPetits blablas en passant :

Colin Firth (que je connais très bien et qui m'a évidemment tout raconté) va embellir l'année 2009 en jouant dans A Christmas Carol ET Dorian Gray (je retiens de justesse un «hiiiiiiiiiiiiii » hystérique que je réserve pour la sortie en salle).

*

gaudi_batllo_noche.jpgAujourd'hui, c'est La Diada de Sant Jordi ou le Lovers Day à Barcelone. Et sachez mes amis que les Catalans sont parfois des gens décidément vraiment (mais alors vraiment) bien. Car pour fêter ça, les couples échangent traditionnellement une rose (pour la fille) et un livre (pour le garçon). Mieux encore, il paraît qu'aujourd'hui le garçon offre la rose ET le livre à la fille (là Mr Lou proteste, on a donc décidé de s'offrir mutuellement les deux raisons du conflit). Il devrait y avoir des livres et des roses partout, notamment sur les Ramblas (et la foule aussi, malheureusement). Je n'en sais pas plus pour l'instant mais sachez que j'ai déjà hâte d'y être ! D'ailleurs, qu'est-ce que je fais encore ici, moi ?

diada sant jordi.jpg

 

20/10/2008

Thé ou Xeres ?

wersba_petite vie cernée de rêves.jpg

Voilà bien longtemps que je n’avais pas lu de romans spécialement écrits pour un public jeune (à l’exception de la relecture de La Sorcière de Midi, à recommander aux enfants qui ne sont pas sages et dont je fais partie). Mais quand Lilly a parlé de cette histoire de vieille dame entourée de bouquins dans une bicoque branlante, ma curiosité a été piquée.

Albert, le narrateur, est un adolescent mal dans sa peau, solitaire à l’école et incompris à la maison. Avouez, charmants lecteurs, que ce garçon sort sacrément du lot (mais n’est pas héros qui le veut… quoique, mais c’est une autre histoire) : nul à l’école, aux abonnés absents côté activités extrascolaires, Albert aime : 1) son chat (qui m’est particulièrement sympathique) ; 2) l’horticulture (passe-temps sans aucun doute peu prisé par la majorité des adolescents habitant près de New York) ; 3) la littérature, en particulier Shakespeare (rien que ça !).

Dans une maison où l’orage n’est jamais bien loin, Albert a renoncé depuis longtemps à communiquer avec sa mère – névrosée, et son père – alcoolique. Puis il rencontre une voisine, Orpha Woodfin. A 80 ans, celle-ci vit seule dans une maison menaçant de s’effondrer, un lieu envahi par la crasse et les livres. Albert se prend rapidement d’affection pour cette femme qui, après avoir été une grande actrice de théâtre en Europe au début du XXe, a choisi de vivre simplement et l’aide à donner plus de sens à sa vie.

Ecrit avec simplicité, à travers la voix d’un adolescent, ce roman est très agréable à lire ; il est sans aucun doute bien adapté à un public de 10-15 ans mais fait aussi passer de bons moments quelques années plus tard. S’il est très abordable et semble assez simple à première vue, il donne à réfléchir sur les valeurs essentielles à chacun, ouvre une porte sur la littérature classique et questionne la notion de l’amitié à travers l’exemple de ce tandem peu conventionnel. Fashion souligne à juste titre le côté intemporel de cette histoire, que j’avais d’ailleurs tendance à transposer vingt ans plus tard. Ecrit en 1968, classique mais pas trop, ce roman n’a pas mal vécu le passage du temps avec ses effets de mode parfois dévastateurs à long terme. En ce qui me concerne, les collections pour ados étaient très peu présentes quand j’étais au collège et le passage des livres pour enfants aux livres pour adultes ne m’a pas toujours satisfaite à l’époque. J’aurais adoré connaître un éditeur de ce type pour mes lectures nocturnes, sous ma couette avec ma lampe torche !

Ce livre-voyageur a été prêté par Lilly (merci !) et lu par Fashion, Karine et, avant par Clarabel et Gawou. A mon tour de le faire parvenir à l’un(e) d’entre vous, petits chanceux ! Who’s next ? Yueyin (il me semble…) ?

Extraits 50% félins, 100% tordants :

« Je suis resté couché là, sur mon lit, à réfléchir à tout ça. Jusqu’à ce que je remarque qu’Orson était de nouveau assis dans la penderie. Dans le noir. Il y a deux ans environ, il a attrapé une souris à cet endroit et il ne s’en est jamais remis. Depuis, il passe une grande partie de ses journées assis là, comme si la même souris allait revenir. » (p 60)

« En chemin, j’ai aperçu Orson caché sous une haie et j’ai tout de suite compris que les geais bleus en avaient encore après lui. Orson doit être le seul chat d’Amérique pourchassé par des oiseaux. Il faut dire qu’il y a trois mois de cela, il s’est introduit dans un de leurs nids et ils ne l’ont jamais oublié. Depuis, chaque fois qu’ils le voient, ils fondent sur lui en poussant des cris de déments, et ça le traumatise. Parfois, il est obligé de rester caché toute la journée.

Il m’a regardé passer sans remuer une moustache. Prudent. » (p 154)

167 p

Barbara Wersba, Notre petite vie cernée de rêves, 1968

31/07/2008

Chaudron en vue !

honaker_sorciere_midi.JPGJe voulais profiter de mon séjour à Royan pour (re)lire quelques livres de ma bibliothèque d’enfant/d’adolescente, mais après quelques jours mon rythme de lecture a été revu à la baisse entre les diverses activités estivales. Je n’ai donc relu qu’un roman dont je gardais un excellent souvenir (mais plus que vague…) et que j’avais lu deux fois il me semble, sans doute quand je devais avoir environ 11 ou 12 ans. Bref, plus de 12 ans ont passé depuis… Il s’agit en l’occurrence de La Sorcière de Midi de Michel Honaker, dans l’excellente collection Cascade (ici Cascade Policier), chez Rageot Editeur. Je crois qu’elle a disparu depuis, ce qui est vraiment dommage car les textes, les choix de couvertures, le format, le type de papier, la police, les quelques illustrations entre les chapitres font de cette collection un de mes meilleurs souvenirs de lectures d’enfance.

A vrai dire, entre l’histoire dont je me souvenais et la réalité, il n’y avait pas grand-chose en commun. Pour vous annoncer la couleur, je me faisais une autre idée de ce récit, que je croyais plus sombre, plus angoissant. L’histoire de quelques gamins vivant dans un coin totalement reculé, non loin d’une sorcière vivant dans les marais ou sur une langue de terre hostile en bordure de leurs habitations.

En réalité, les variations ne manquent pas et la mémoire vous joue souvent bien des tours. L’histoire est celle d’un fils de pasteur un peu trop gros qui sert de bouc émissaire à ses petits camarades. Son seul ami, Harold, est un gringalet pâle et efflanqué lui aussi très solitaire, qui vit en dehors du village avec son grand-père, dans une petite maison isolée à l’orée de la forêt. Le narrateur nous raconte sa vie en classe, les bêtises, les bonbons, les bagarres, les copains… Un jour que la petite Nancy est particulièrement dissipée, la maîtresse l’envoie dans la cour méditer sur le comportement qu’elle devrait avoir en classe. Aux alentours de midi, là voilà qui disparaît et, malgré les recherches, la fillette reste introuvable. Suite à cet événement inquiétant, d’autres gamins viennent à disparaître, dans la forêt mais aussi chez eux, arrachés à leur lit au milieu des hurlements. Les enfants, eux, ont vu une vieille inquiétante et franchement répugnante traverser de nuit le petit pont de bois qui relie le village à la forêt. Mais les adultes, comme toujours, ne croient pas à ces sornettes d’enfant…

Voilà un livre bien moins inquiétant que dans mes souvenirs, un roman où l’affreuse sorcière reste un peu en marge du récit, toujours menaçante mais évoquée trop brièvement pour être au cœur de l’intrigue. L’histoire est principalement celle du narrateur et de son ami Harold, de leurs jeux puis de leurs tentatives pour percer à jour le mystère des enfants disparus. Le ton est léger, c’est celui d’un enfant qui parle spontanément. Bien sûr, je n’ai plus l’âge de m’identifier au héros et le langage, les pensées du narrateur créent une petite barrière qui n’existait pas avant. J’ai surtout trouvé ce livre agréable, tendre et assez drôle, hormis la fin plus portée sur l’action, la traque de la sorcière, l’exploration de la forêt. Les liens de l’amitié (presque virile) entre les deux enfants sont aussi un sujet important, très touchant. Pour ceux et celles d’entre vous qui ont des enfants (je dirais entre 8 et 11 ans), ce texte est tout à fait indiqué : il est facile d’accès, l’histoire est sympa et sans temps mort. Pour les adultes, pourquoi pas, pour tous ceux qui ont gardé une âme d’enfant ? Dans ce cas c’est une lecture rapide (un ou deux jours tout au plus si vous êtes très occupés).

Extrait :

« Je baisse la tête. Mon cœur se brise. Je trouve que la maîtresse est très injuste de ne pas vouloir m’écouter et que Mr Dern, le garde forestier, peut bien poireauter un peu, avec ses fleurs en solde, d’autant que lui il est au chaud dans sa voiture et qu’il écoute sa musique de dégénéré ; et c’est pas comme moi qui n’écoute que du classique, même que je sais faire le chef d’orchestre avec la broche qui est dans la cuisine. »

« J’ai tenu le serment du gosse un peu gros que j’étais – je le suis beaucoup moins, à présent, mais je suis plus vieux aussi. Je suis devenu écrivain, un conteur pour les enfants des villes qui n’ont jamais entendu parler de notre forêt, des montagnes du nord et des lutins qui y habitent. Quant à Nan… Vous savez, Nan, dont les cheveux sentaient si bon… J’ai à présent tout le loisir de les respirer, de les toucher même, depuis qu’elle a accepté de devenir mon épouse.

Elle lit ces lignes à mesure que je les écris, ici, sur la véranda, sa main posée sur mon épaule. Et comme moi, parfois, elle tourne les yeux vers la ligne bleue que dessinent les montagnes du nord, par-delà les forêts murmurantes. Il y a une brise fraîche qui caresse les pâturages ce soir, une brise au parfum de lointain, de féeries oubliées, hantées de sylphes que courtisent les étoiles de neige, dans l’abandon du printemps. »

Et la biographie de l’auteur, qui vaut son pesant de marshmallows :

« Michel Honaker est né en 1958 à Mont-de-Marsan dans les Landes. Très tôt, il consacre beaucoup d’efforts à détourner ses cahiers de classe du droit chemin en les truffant de textes ayant peu de rapports avec les équations ou la trigonométrie, auxquelles il vouera toujours une farouche aversion.

Avec un stylo oublié par un oncle vampire, il se lance dans le fantastique sulfureux et écrit une trentaine d’ouvrages consacrés au genre par des voies aussi détournées que le thriller ou la SF. A l’heure actuelle ce dangereux maniaque d’opéra et de musique classique est activement recherché pour détournement de lecteurs sages. »

184 p

Michel Honaker, La Sorcière de Midi, 1991

(Cascade Policier, Rageot Editeur)

11/09/2007

Japon, thé et guerriers

1bfc7473e201945e3e900b09ea49dad7.jpgParmi les livres offerts par Pauline au moment du SWAP se trouvait Le Clan des Otoris, Le Silence du Rossignol de Lian Hearn. Première découverte du SWAP et, autant le dire tout de suite, un gros coup de cœur !

L’histoire : suite au massacre de sa famille, le jeune Takeo est recueilli par Shigeru, un seigneur Otori récemment frappé par la mort de son frère au cours d’une bataille. Au fil des mois, Takeo s’endurcit, reçoit l’enseignement des seigneurs et se forme au combat, développant à l’aide de son maître Kenji des dons frôlant le fantastique. Le tout dans un esprit de vengeance, Shigeru et Takeo comptant bien débarrasser les trois pays d’Iida, l’auteur du massacre du village de Takeo et le responsable de la mort du frère de Shigeru. C’est alors qu’Iida orchestre le mariage de Shigeru avec une jeune fille retenue en otage chez l’un de ses alliés afin de sceller l’alliance entre leurs deux clans. Annonce de paix ? Piège ? Seule la lecture vous le dira !

Verdict : un sans faute pour Lian Hearn ! L’histoire est passionnante, bien menée, sans temps morts. eccd98d8d2319c64b71198538e069036.jpgL’écriture est très agréable, les descriptions agrémentent le texte en plantant un décor envoûtant, fait de brumes, de montagnes escarpées, de peintures ancestrales et de rumeurs et murmures incessants. Deux amours viennent ponctuer le récit et donner un visage plus humain aux guerriers, parfois durs et étonnamment endurants. Beaucoup de personnages intéressants, pas de héros manichéen… bref, un excellent conte qui plaira à ceux qui sont attirés par le Japon médiéval mais aussi à ceux qui comme moi sont peu familiers avec ce type de récit.

ad194e32087332f3175722910e36afa2.jpgEn passant, Le Clan des Otoris est aussi vendu en roman jeunesse mais ne vous attendez pas à retrouver un Harry Potter japonais. Le style tout en finesse aussi bien que le déroulement de l’histoire sont plus complexes. Et là où l’aventure bat son plein chez Harry, la narration est plus posée, les portraits plus détaillés, le tout pour un rendu très différent, particulièrement poétique. Ce qui n’empêchera pas les amis de Harry Potter comme moi de plonger tête baissée dans cette incroyable épopée.

370 p

13/08/2007

Ça y est je sais

890eec56478b64e02e55c8ac517e8ff5.jpg… comment meurt Harry Potter ! J’ai également découvert avec effroi que Ron était un traitre fini et qu’Hermione avait eu une aventure avec Fred… je sais aussi que Snape est le vrai père de Harry. MAIS NON ! Si vous pensez que je vais vous dévoiler la fin de l’histoire, c’est que le soleil (pourtant timide) du mois d’août vous a un ramolli le cervelet à un point critique, nécessitant une thérapie immédiate à base de Proust et de Nietzsche (aux grands maux les grands remèdes !). C’est pourquoi, amis lecteurs, je ne doute pas que vous avez tous lu sereinement ma brève introduction en ricanant avec raison à mes dépens. J’avoue que moi aussi ces (derniers) temps j’ai la pensée facile et de lourdes tendances gâteuses.

Que dire donc de Harry Potter and the Deathly Hallows ? Tout d’abord c’est à mon avis un bon crû, voire un très bon. Quelques longueurs sur les 400 premières pages, mais le démarrage en douceur (une fois la première bataille passée) a pour mérite de laisser la place aux personnages. Ron et Hermione en particulier, les Weasly en général ainsi que Dumbledore prennent une certaine envergure, même si Harry n’est certainement pas le meilleur de tous. Beaucoup ont adoré les 200 dernières pages. Très honnêtement, les batailles et trépidantes aventures qui s’enchaînent sans pause entre les512ce3ea82813a4c28dfb0dbe8faeb96.jpg pages 400 et 500 sont celles que j’ai le moins appréciées. Pas le temps de développer les personnages, tout s’enchaîne rapidement, un peu trop à mon avis. Puis les 100 dernières pages méritent le détour. Beaucoup de choses s’expliquent, et plusieurs personnages acquièrent une complexité toute nouvelle qui ne sera pas pour déplaire aux habitués de J.K. Rowling. De révélation en révélation, voilà un tome qui met un terme aux aventures de Harry en faisant ressortir les liens qui se sont tissés peu à peu entre les différents tomes. Et c’est là que ce livre est une excellente surprise : on ne peut qu’admirer la manière dont l’auteur maîtrise cette histoire, qu’elle a su orchestrer dans les moindres détails dès le premier tome.

Quoi qu’agréable et bien présentée, la scène finale a été comme un coup de massue pour moi, tant je m’attendais à moins de banalité de la part de Rowling, dont les écrits gagnaient en noirceur à chaque tome. Deux personnages restent trop manichéens à mes yeux, l’histoire du Bien et du Mal s’affrontant etc etc étant un peu dépassée à mes yeux, d’autant plus que ce dernier tome veille justement à ne pas brosser de portraits trop caricaturaux de personnages clefs. Autre petit reproche : certains personnages importants disparaissent dans la plus grande discrétion. On aurait pu espérer les accompagner un peu plus dans leurs derniers instants.

7318ae4fa820a247aa7caeb77a0cdf4b.jpgAprès avoir souligné tous les travers de Harry Potter and the Deathly Hallows – ce que je n’ai pas pu m’empêcher de faire, me voilà pourtant prête à achever sur une note très positive : malgré ses petites faiblesses (que j’ai peut-être à tort trop souligné), ce dernier tome est vraiment très agréable à lire. Attachés aux personnages, on rit, on s’interroge, on tremble, on a une petite larme à l’œil, on espère… bref, on vit pleinement ces aventures, d’autant plus qu’il s’agit des dernières. Quoi que… J.K. Rowling s’est laissé la porte ouverte à mon avis…

608 p

21/07/2007

Harrryyyy !

5906e439d2a58dafa33844c9af89f810.jpgEh oui, je cherchais une lecture facile, une lecture drôle, rapide, qui me tiendrait éveillée dans le métro tous les matins en me rendant au travail. J’ai fini cette semaine ma relecture du premier tome de Harry Potter.

Au final : beaucoup de plaisir et une lecture complètement différente (car lorsqu’on connaît la suite on voit que Rowling a déjà établi des connexions avec les livres suivants). Beaucoup préfèrent les tomes plus récents, plus tournés vers l’action, mais j’aime beaucoup l’esprit léger du premier tome. Je raffole en particulier des scènes chez les Muggles, Oncle Vernont et Tante Petunia étant particulièrement gratinés.

Harry m’a permis de retrouver mon goût pour la lecture, mis à rude épreuve en ce moment par la fatigue et le peu de moments libres que j’ai dans la semaine (et Grey’s Anatomy + les Desperate Housewives qui occupent deux de mes soirées en semaine). J’enchaîne donc sur Human Croquet, qui traînait depuis un certain temps dans ma bibliothèque et me donne l’impression après quelques pages d’être du grand Atkinson, proche de Behind the Scenes at the Museum.

Je découvrirai donc l’histoire des Fairfax, en attendant le cœur battant (heureusement pour moi) le 7e et dernier tome de Harry Potter, commandé en version pour adultes et donc chez moi dans le courant de la semaine prochaine seulement (je sens que je vais baver devant les Harry Potter si je vais à la librairie cet après-midi comme j’avais prévu de le faire). A ce sujet, Taylor a écrit un article sur la fin probable de notre héros mondial. Pour sauver Harry, allez  !

320 p