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19/10/2013

Malika Ferdjoukh, La Fiancée du Fantôme

ferdjoukh_fiancee fantome.jpg- Allons, venez-vous ?

- Je vous suis, milord.

 Shakespeare

J'avais déjà lu ce court roman jeunesse lorsque Malice me l'avait offert mais ne l'avais pas chroniqué (comme Minuit Cinq ! du même auteur). Pendant mes vacances d'été, en farfouillant dans la bibliothèque de ma chambre d'ado où de temps en temps je laisse se reposer mes récentes lectures au côté de celles de mon enfance, je suis tombée sur ce petit livre et j'ai eu envie de le redécouvrir, en prévision du retour du challenge Halloween.

De quoi s'agit-il ? L'histoire se déroule il y a très longtemps (disons pour me plaire, au XIXe siècle).


malika ferdjoukh, la fiancee du fantome, fantomes, fantomes écossais, challenge halloweenLa Famille March (le père, le grand-père, le jeune Horace, sa cousine Livia âgée de vingt ans et la gouvernante) quitte Londres pour s'installer à Forest Lodge, au fin fond de l'Ecosse. L'arrivée de ces Anglais se fait conformément aux traditions écossaises : vent, tonnerre, foudre, cliquetis suspects... et découverte de l'existence du fantôme de Lord Aloysius Mac Bligh dans leur nouvelle demeure. Celui-ci se serait empoisonné après la mort à Londres de sa bien-aimée Olivia, dont il aurait été séparé en raison de leur appartenance à deux clans différents.

malika ferdjoukh, la fiancee du fantome, fantomes, fantomes écossais, challenge halloweenCe livre pour les jeunes lecteurs est plein de charme et m'a séduite pour de nombreuses raisons. Il reprend les codes du conte gothique et initie les jeunes lecteurs au genre à travers une ambiance délicieuse : manoir isolé, Ecosse, éléments déchaînés, présence d'un lugubre cimetière à proximité, histoire d'amour tragique, sinistres coïncidences... À la seconde, la lune disparut. La nuit devint très noire et le vent enfla. La colline glissa comme un rideau et la nouvelle maison de la famille March se découpa sur des ciels de nuages mauves. (p12)

malika ferdjoukh, la fiancee du fantome, fantomes, fantomes écossais, challenge halloweenChaque chapitre est introduit par un court texte de Shakespeare, toujours en lien direct avec le chapitre à venir, mais l'atmosphère lugubre est contrebalancée par de petites touches d'humour çà et là. Alors, adoptant une des lois de la relativité que le monde des Esprits avait découvertes avant le XXe siècle futur, le fantôme se coula dans un courant d'air et disparut. (p 24) Et puis, j'ai retrouvé les petits détails qui me faisaient rêver enfant, comme cette remarque sur les meubles qui conversent entre eux à la nuit tombée, ce qui expliquerait les craquements que l'on entend parfois (et qui sans cela ne seraient pas très rassurants). Les meubles sont ainsi de sympathiques compagnons. Par les petits trous à clefs qui lui servaient d'yeux, la vieille horloge voyait ce que les humains ne voient pas... Pourtant, sa bonne figure ronde indiquait l'heure sans faillir. (p 45) 

Un livre idéal pour les jeunes amateurs de fantômes et les rêveurs, grands ou petits.

Du même auteur j'avais adoré Aggie change de vie (moi qui lis si peu d'ouvrages pour la jeunesse), encore dans une ambiance très British !

Merci beaucoup à Malice pour cette découverte !

Lecture commune aux challenges Halloween et British Mysteries : Fantômes et cimetières britanniques et irlandais.

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71p

Malika Ferdjoukh, La Fiancée du Fantôme, 1990

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05/10/2013

Martine Bourre, Dans la Nuit d'Halloween

bourre_nuit_halloween.jpgJe n'ai pas l'habitude de lire des albums jeunesse mais c'est avec plaisir que j'ai parcouru Dans la nuit d'Halloween de Martine Bourre.

Cet album repose sur de superbes blanches ponctuées de courtes phrases, qui évoquent un petit conte en rimes. 

Partout des ombres se faufilent

ainsi commence la nuit d'Halloween

Les légumes s'agitent, se retrouvent et s'amusent "au clair de lune".

J'ai découvert que les planches étaient des photographies de montages faits par cette illustratrice, dont je vous invite à découvrir le site. Même si cet album ne comporte que quelques planches, chacune regorge de détails au charme irrésistible.

Un petit album vraiment adorable, à savourer quand on est un grand enfant et à partager avec les petits.

Lectures communes du jour autour d'un album jeunesse :

20 p

Martine Bourre, Dans la Nuit d'Halloween, 1998

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25/10/2012

R.L. Stine, La Nuit des Pantins

stine_nuit pantins.jpgComme beaucoup d'entre vous sans doute, je me suis régalée jeune ado de la série Chair de Poule de R.L. Stine, qui m'a procuré bien des frissons (surtout Les Epouvantails de Minuit, lu et relu et qui me rappelait un téléfilm qui m'avait terrorisée petite – j'imaginais des bonhommes de paille vivants cachés dans mes placards). La Nuit des Pantins faisait partie des titres que j'aimais bien et je l'ai récemment relu en vue du challenge Halloween.

Caro et sa soeur jumelle Lucy vont fouiner dans la maison voisine en construction. C'est là que Caro découvre un pantin neuf dans une poubelle : elle a vite fait de l'appeler Clac-Clac et de le traîner partout avec elle pour préparer un numéro de ventriloque. Elle sera bientôt invitée pour faire son numéro lors de goûters d'anniversaire. Lucy est évidemment follement jalouse et, au grand dam de Caro, reçoit un autre pantin de son père : ce sera Mr Wood. Cependant il commence à arriver de drôles de choses aux deux soeurs et bientôt Lucy ne parvient plus à contrôler ce qu'elle dit lors de ses propres numéros de ventriloque. Il s'avère bien entendu que Mr Wood est plus vivant qu'il n'y paraît ; et il est bien décidé à faire des deux filles ses esclaves, sous peine de représailles.

Je gardais un bon souvenir de ce texte, sans doute parce que je n'ai jamais fait confiance aux soi-disant inoffensifs pantins de toutes espèces (premières angoisses avec une exposition d'automates lorsque j'étais enfant, fascinée mais morte de trouille). Et j'ai bien fait de me méfier de Clac-Clac et de Mr Wood, car je savais que leurs vilains visages peints cachaient des Chucky en devenir. Alors avant d'acheter une marionnette à vos enfants, je vous conseille cette petite lecture vivifiante qui vous mettra en garde contre les dangers que vous encourez. Et si vous ne changez pas d'avis, alors je ne pourrai plus rien faire pour votre âme qui devra lutter seule contre les puissances démoniaques !

r.l. stine,roman d'épouvante,chair de poule,halloween,challenge halloween,la nuit des pantinsExpérience redoutable et redoutée dans le cadre du challenge Halloween 2012 concocté par la sorcière Hilde et moi-même, pour la nouvelle étape made in the USA.

Lu en même temps cet été mais présenté plus tôt car il n'a vraiment rien d'effrayant : Nuits de Cauchemar, du même auteur.

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142 p

R.L. Stine, La Nuit des Pantins, 1993

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08/10/2012

Olivier Cohen, La Fiancée de Dracula

je m'appelle dracula, olivier cohen, dracula, bram stoker, vampires, littérature jeunesse, roman français, paris, venise, je bouquine, la fiancée de dracula, challenge halloweenIl y a trois ans, je relisais avec délectation Je m'appelle Dracula, récit dans lequel le comte rédige ses mémoires afin de réfuter les abominables accusations contenues dans le récit de Bram « Stocker » (au sujet du « c » incongru je vous invite à lire mon billet sur ce premier opus pour me voir pérorer un peu).
Je commandais quelques jours plus tard la suite, « La Fiancée de Dracula » (que je ne pense pas avoir lu dans ma prime jeunesse) et voilà le résultat : il faut attendre la 3e édition du challenge Halloween pour que ce livre sorte de ma PAL !
Toujours réfugié dans le marais, Dracula alias Jacques Dracole (admirez l'art du camouflage) tente de mener une vie normale, si tant est que cela soit possible pour un vampire, et tient une galerie à Paris. Il y fait la rencontre d'Albertine qui semble immédiatement séduite par le sombre et séduisant comte, qui l'invite à dîner dans sa maison du Marais. Tous deux amoureux, Dracole et Albertine se fréquentent régulièrement et multiplient les promenades romantiques, en dépit de la peur que la jeune femme éprouve en présence de son fascinant compagnon.
Malheureusement l'affreux Van Helsing (curieusement ce type-là ne m'a jamais été particulièrement sympathique) poursuit toujours Dracula et convainc la police de l'aider à anéantir le monstre. Pour s'échapper, Dracula n'hésitera pas à s'enfuir avec Albertine à Venise... la suite, vous la connaîtrez si vous vous laissez aussi tenter par cette lecture !
J'ai dévoré ce court roman de jeunesse très agréablement écrit mais il m'a moins séduite que « Je m'appelle Dracula », peut-être parce que j'avais savouré la première fois les nombreux clins d'oeil au roman de Stoker. En tout cas, une lecture bien agréable qui vient à point nommé pour fêter ensemble Halloween.

Lu dans le cadre du challenge Halloween 2012 organisé ici et chez la diabolique Hilde

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92 p

Olivier Cohen, La Fiancée de Dracula, 1985
(j'ai donc fait une erreur en indiquant la date de publication de « Je m'appelle Dracula », j'ai dû retenir celle de l'édition Je Bouquine).

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04/08/2012

R. L. Stine, Nuits de cauchemar

r.l. stine,roman d'épouvante,chair de poule,halloween,challenge halloweenAprès avoir co-annoncé le lancement en octobre de la 3e édition du challenge Halloween, j'ai eu une envie folle de replonger dans la collection Chair de Poule, avec la complicité de ma chère Hilde. Après l'organisation du mariage, beaucoup de travail et bientôt, la lune de miel, je me suis dit qu'il n'était jamais assez tôt pour commencer à préparer mes billets halloweeniens. Mais le Chair de Poule sur lequel j'ai jeté mon dévolu en premier (il a été suivi de La Nuit des Pantins, que je réserve pour octobre) tient autant du roman d'horreur que Mary Poppins tient du thriller.

Âgé de douze ans, Matt n'a pas une vie facile : sa mère n'est jamais là, son frère et sa soeur aînés se liguent toujours contre lui et leur chien de poche le déteste et cherche à l'attaquer à la moindre occasion. Son frère Greg a même l'idée de faire un reportage avec haut-parleur et de commenter les faits et gestes d'un Matt qui n'a rien demandé : «  L'habitat naturel de Matt est une chambre minuscule remplie de livres de science-fiction et de maquettes de vaisseaux spaciaux. Le sol de cette tanière est jonché de vieilles chaussettes et de bandes dessinées. On remarque çà et là des miettes de pizza qui constituent l'aliment de base de Matt le naze. Comment peut-il survivre dans un tel environnement? Les scientifiques restent perplexes, mais n'oublions pas que le comportement des nazes a toujours été un grand mystère pour les êtres humains normaux. »

Lorsque sa mère refuse de le laisser s'installer dans la chambre d'amis, beaucoup plus spacieuse, Matt se rebelle et s'y faufile en pleine nuit, bien décidé à y dormir enfin. C'est ainsi qu'il crée une faille temporelle qui le fait se transformer à chaque fois qu'il s'endort : il vieillit, rajeunit, devient un monstre, un écureuil, mais le pire dans tout ça, c'est que la police du réel est à ses trousses, bien décidée à l'anéantir avant qu'il ne crée davantage de dégâts.

Un roman pour enfants/adolescents divertissant qui se lit tout seul, malgré le procédé récurrent et le manque de surprise, chaque chapitre s'articulant selon la même logique.

84 p (édition pour reader)

R.L. Stine, Nuits de Cauchemars, 1998 (version française)

Halloweem 2012.jpgEn avant-goût du challenge Halloween, auquel vous pouvez vous inscrire ici ou , sans oublier sur la page Facebook du challenge.

Et je suis en retard dans mes réponses aux commentaires mais j'ai prévu de profiter du week-end pour me rattraper !

 

 

15/04/2012

Cent ans après le naufrage du Titanic

navratil_enfants du titanic.jpgIl y a cent ans jour pour jour sombrait « l'insubmersible » Titanic, parti de Southampton pour New-York, qu'il ne devait jamais atteindre. Les séries et documentaires ne manquent pas ces derniers temps, mais c'est d'un roman que j'ai choisi de parler en cette date anniversaire de la tragédie.

Raconté par la fille d'un survivant du Titanic, Elisabeth Navratil, Les Enfants du Titanic mélange la petite histoire à la plus grande, en s'attachant à suivre le parcours de Lolo et Monmon, surnommés les orphelins de l'abîme.

Couturier d'un certain renom, Michel Navratil a vendu sa maison de couture niçoise récemment, suite à sa séparation avec sa femme Marcelle qui l'a trompé, lui faisant perdre toute envie de s'investir dans son affaire jusqu'ici florissante. A l'issue d'un déjeuner chez son meilleur ami avec les petits Lolo et Monmon (Lolo est le père de l'auteur), Michel emprunte le passeport de son ami, Hoffmann, et enlève les petits pour débuter une nouvelle vie outre-Atlantique. La famille embarquera à bord du Titanic, pour son voyage inaugural.


titanic.jpgJ'ai toujours éprouvé de l'intérêt pour cette affaire, découverte quand j'étais enfant (je repense notamment à l'arrivée du Titanic dans SOS Fantômes, mon film favori à l'époque)!. C'est donc avec curiosité que j'ai ouvert le roman d'Elisabeth Navratil. J'ai eu un peu de mal à m'immerger dans ce texte au début, mais c'est au final une lecture au bilan très positif. Malgré quelques réserves (un hommage familial avant tout, avec quelques maladresses à mes yeux), j'ai beaucoup apprécié cette lecture documentée et très émouvante. Le récit débute avec l'embarquement des Navratil, leur découverte du bateau (un tiers du roman environ) puis le naufrage et enfin, l'arrivée du Carpathia pour sauver les naufragés encore en vie et le court passage de Lolo et Monmon aux Etats-Unis : ayant perdu leur père dans le naufrage, les deux enfants font l'objet de toutes les attentions médiatiques, tandis que l'on cherche à retrouver leur mère.


titanic_stern_marschall2.jpgLa description du naufrage est dans l'ensemble très réussie ; chaque étape est décrite en mettant en avant les divers personnages qui nous ont été présentés depuis le départ du bateau. C'est ainsi que l'on vit les tragédies personnelles, les actes de courage ou de folie avec beaucoup d'intensité, à travers plusieurs passages très émouvants.
Navratil3.jpgBien qu'inspiré librement de l'histoire familiale Navratil, ce roman est une mine d'informations pour qui n'a qu'une connaissance superficielle du naufrage. Il soutient la thèse selon laquelle le drame a été le fruit de l'arrogance des dirigeants de la compagnie de la White Star Line, qui n'a choisi d'équiper le bateau que de la moitié des canaux nécessaires et qui préfère courir des risques en approchant des icebergs plutôt que de dévier plus tôt sa route, quitte à arriver un peu moins vite à New-York pour ce voyage inaugural. Le manque total d'organisation lors de la mise à l'eau des canaux est aussi longuement mis en avant. Un drame qui, d'après l'auteur, aurait pu être évité.
Un roman qui m'a en tout cas donné envie de me documenter davantage sur le Titanic ; j'ai d'ailleurs découvert en faisant quelques recherches un blog très intéressant si les épaves mystérieuses vous attirent.

L'image des deux enfants ci-dessus représente Lolo et Monmon. Cette photo a été prise à New York, avant diffusion dans les journaux lorsque l'on cherchait leur mère. Cette photo est à mes yeux particulièrement touchante car à côté des enfants se trouvent deux jouets offerts par la compagnie à l'embarquement : une très belle voiture et un modèle réduit du navire.

Un article sur les deux orphelins ; un autre très intéressant sur Il était une fois le Titanic. L'mage ci-dessous est tirée de Ghostbusters : le Titanic vient juste d'arriver.

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340 p

Elisabeth Navratil, Les Enfants du Titanic, 2012 (nouvelle édition)

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16/03/2012

Attention, jeune sorcière amoureuse

Mon-plan-d-action-pour-jeune-sorciere.jpgPendant deux jours j'ai pris le bus avec Anségisèle von Wienenberg (je ne fréquente pas n'importe qui, moi !), jeune sorcière de son état (vous voyez ce que je vous disais !). En quelques heures passionnantes de bouchons et d'entassement, Gigi (ça ira plus vite) a eu le temps de me faire beaucoup de confidences et vu ce qui lui arrive, je comprends bien qu'elle ait besoin de trouver une nouvelle oreille attentive. Il arrive à Gigi ce qui s'abat un jour ou l'autre sur la tête de n'importe quel adolescent, bref, la voici amoureuse. L'avantage avec elle, c'est qu'elle peut user de ses dons pour parvenir à ses fins. Envoûtements, charmes divers et variés, sept cupidons et vilaine sorcière, vous serez gâtés si comme moi vous décidez de parcourir un bout de chemin en compagnie de Miss von Wienenberg.


Mon Plan d'action pour jeunes sorcières très amoureuses est un roman très mignon, mais je dois l'avouer trop girly et adolescent pour moi qui ne me suis pas complètement projetée dans cet univers. C'est une lecture que je conseillerais néanmoins aux petites et jeunes filles qui risquent de se régaler dangereusement et de succomber elles aussi au charme de Lucas. Mélanie Lafrenière a d'ailleurs fait preuve de beaucoup d'imagination, vous n'imaginez même pas les créatures que vous serez amenés à croiser en lisant ce texte, d'ailleurs si Mélanie a des Boulamous Rettes à poils longs en stock je suis preneuse, le croisement gremlin et ewok ultra cute a eu raison de moi (facilement gérable en appartement ? Ont-ils des problèmes de réaction aux bains comme les gremlins ? – c'est bien gentil tout ça mais je ne veux pas non plus d'une boule puante à la maison). A noter que les dessins qui accompagnent le récit ont fait mon bonheur, on ne pouvait pas rêver mieux pour accompagner ce texte et on sent une illustratrice à l'imagination tout aussi débordante !

Merci à Mélanie Lafrenière pour ces agréables moments passés en compagnie de deux sorcières un peu folles (la sorcellerie à l'adolescence, voilà un mélange bien dangereux).

D'autres avis : Book en stock, Karine:), Un coin de blog, AntigoneHeclea...

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200 p

Mélanie Lafrenière, Mon plan d'action pour jeunes sorcières très amoureuses, 2012

Au fait je n'arrive pas à actualiser mon blog it express (enfin si mais ça ne s'actualise pas sur le blog ensuite), ça vous est déjà arrivé ?

07/12/2011

Poupoune, les feux de l'amour et une valise

chartre_petit_meurtre_menthe-204x300.jpgPetit meurtre et menthe à l'eau, voilà qui semble bien léger et me promettait un trajet en bus bien réjouissant. Et Cécile Chartre a tenu sa promesse.

Le héros, Philibert (déjà quand on a dit ça, on a beaucoup dit), se retrouve coincé en vacances avec son père et sa belle-mère dans un coin paumé dans les montagnes pour la troisième année consécutive. Étant donné que je ne fantasme absolument pas sur les vacances de randonnées pour respirer au grand air quand j'ai la possibilité de nager à la mer ou dans un bon petit lac, j'ai rapidement ressenti beaucoup de compassion pour ce pauvre adolescent affublé d'un prénom difficile à porter et coincé à Saint-Débilos-Le-Pied-Pourri (enfin c'est lui qui a rebaptisé ainsi la ville).

Afin de meubler les premières heures de sa captivité, Philibert se rend au Shopi, l'attraction du coin. C'est là qu'il découvre une petite annonce très alléchante : chat à garder moyennement paiement... et oubli des premières randonnées. Le cat-sitting est bientôt décidé et Philibert rencontre ainsi Poupoune, qui aime qu'on le gratte pendant qu'il regarde les Feux de l'amour. Mais, après une semaine de bonheur partagé et de ronronnements intensifs, Philibert commet un impair et confond la bouteille d'engrais avec l'eau potable et tue Poupoune sans le vouloir.

J'ai été assez convaincue par ce livre, même s'il reste très léger. Ce texte est vraiment très amusant et multiplie les situations et remarques cocasses. Curieusement cependant, le meurtre de Poupoune ne choque pas beaucoup : après les premiers instants de panique les choses s'arrangent rapidement et le texte se termine sur le succès de Philibert à la plage en dragueur invétéré. Bref, la mort de ce pauvre chat est tournée en dérision ; ça ne m'a pas gênée sur le moment mais je comprends Manu que cet aspect a un peu dérangé.

D'autres avis : Manu, que je remercie vivement de m'avoir fait découvrir ce petit texte, Clara, qui a reçu ce livre voyageur avant moi, Fantasia, Soukee, Encres Vagabondes... Un livre qui va ainsi repartir en voyage !

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75 p

Cécile Chartre, Petit Meurtre et Menthe à l'eau, 2011

23/11/2011

Boston, Aggie et Margaret

ferdjoukh_aggie change de vie.gifJ'avais très envie de faire la connaissance des Quatre Soeurs de Malika Ferdjoukh, mais c'est finalement Aggie que j'ai décidé de suivre dans son ascension, des bas quartiers aux maisons chics de Boston. Et quel délicieux bonbon que ce court roman ! Je me suis régalée du début à la fin et j'ai passé un si bon moment que c'est le genre de livre que je ne doute pas de relire à l'occasion avec plaisir.

Si la couverture exquise et ses paper dolls ne suffisent pas à vous tenter, peut-être qu'un petit aperçu de l'histoire achèvera de vous convaincre ? Nous voilà à Boston, dans un environnement qui n'est pas sans rappeler Dickens et ses pauvres orphelins. Aggie vit chez un couple peu recommandable qui l'envoie détrousser les gentlemen en pleine nuit, la petite empruntant les égouts de la ville pour s'acquitter de sa tâche. Mais un soir, celui qu'elle prend pour un pigeon comme un autre n'est pas celui qu'elle croyait : c'est ainsi qu'elle sera arrachée à sa misérable existence et présentée à une famille qui n'a plus vu une nièce chérie depuis des années. Mais avant de se faire passer pour une demoiselle comme il faut, Aggie aura du boulot !

Tout est bon dans ce petit livre : l'ambiance très XIXe, les personnages attachants, les références littéraires, l'écriture si agréable et une intrigue qui nous tient en haleine. N'hésitez plus, lisez-le (au passage, si vous avez une petite fille dans votre entourage je ne peux que vous recommander chaudement ce récit pour les fêtes de Noël à venir, car il me semble parfait pour une lecture auprès de la cheminée). 

D'autres avis : Malice qui me l'a recommandé, mais aussi Rory, Allie, Bouma, Roudoudou, Sharon, Marie, S'il était encore une fois, Ricochet, Le forum Whoopsy Daisy.

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94 p

Malika Ferdjoukh, Aggie change de vie, 2009

15/10/2011

L'inégalable Cimetière et sa Crypte !

singleton_century.jpgCaché au fond de ma bibliothèque, sur une étagère poussiéreuse regorgeant de romans abandonnés aux tranches décolorées par le temps, sommeillait un étonnant livre aux accents victoriens, Century.

Poussée par la curiosité et toujours en quête de manoirs anglais (avec un petit faible pour les demeures abandonnées, plus à la portée de mon modeste pécule), j'ai suivi la jeune Mercy qui, en propriétaire attentive, n'a pas manqué de me vanter les charmes des lieux. Et moi qui ne possède pas moins de trois propriétés anglaises oubliées, à commencer par un cottage esseulé sur les hauteurs de Haworth, je n'ai pas su résister au charme de cette vieille bâtisse, dans laquelle j'ai posé mes valises la semaine dernière.

Si j'ai été séduite par cette demeure, c'est aussi parce qu'elle annonçait de grandes aventures. C'est donc également munie de mon spectomètre, d'un pic à glace et d'une lampe torche que j'ai fait mon entrée dans Century, domaine où les habitants se couchent avant l'aube et se réveillent après le crépuscule. Un éternel hiver entoure ses jardins, les plantes ne poussent plus, le froid est mordant. Trajan, le père de Mercy, vit enfermé dans une pièce inconnue, ce qui ne manque pas dans une demeure où la plupart des pièces ont été condamnées puis oubliées par leurs habitants. J'ai rencontré mes premiers fantômes, à commencer par un effroyable visage soudain apparu sous la glace d'un lac gelé, alors que j'étais bien décidée à me remettre au patinage (puisqu'il n'y avait pas grand-monde pour me voir, ce qui n'est malheureusement pas le cas dans les patinoires publiques). J'ai subi avec Mercy et sa soeur Charity les fastidieuses leçons de l'austère Galatea (qui semblait décidée à rattraper ce que cinq ans de latin au secondaire n'ont jamais réussi à faire pour moi) et, après deux jours qui m'ont paru une éternité, j'ai suivi Mercy derrière une tapisserie poussièreuse (ce qui, étant donné mon allergie aux acariens, n'a pas été de tout repos). D'un passage secret à un autre, j'ai quitté l'année 1890 pour 1789 (en tant que Française j'étais soulagée d'être bien loin de ma terre natale). C'est là que j'ai découvert qu'un enchantement maintenant Century dans un hiver sans fin, à la suite d'événements tragiques ayant eu lieu un siècle auparavant. Parmi eux, une terrible expérimentation rappelant les laboratoires du docteur Frankenstein et autres scientifiques et alchimistes inquiétants oubliés ou trop éblouis par les Lumières !

Je ressors de ce voyage intrépide enchantée, même si j'ai finalement décidé de quitter Century pour louer un appartement à Londres et suivre Alexia Tarabotti dans sa quête tout aussi mouvementée de la célèbre treacle tart. Et si Century permet de s'arrêter au cimetière pour notre train fantôme, c'est parce que l'une des scènes finales a lieu dans un cimetière familial où une femme enterrée un siècle plus tôt s'extrait soudain de sa fosse, toute couverte de terre mais apparemment en pleine forme. Charming, isn't it ?

A woman under the ice. A ghost. Mercy could see ghosts, the echoes of people who had died.

Avis : Hilde (avec qui j'ai découvert ce livre au hasard d'un petit marché aux livres), Mes imaginaires, Read in a single sitting, Clarabel...

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220 p

Sarah Singleton, Century, 2005

Logo Halloween4.jpgsarah singleton,century,les fantômes de century,roman,roman anglais,roman xixe,époque victorienne,angleterre,angleterre victorienne,manoir hantéChallenge God save le livre : 18 livres lus

15/06/2011

Le mois kiltissime : le recap

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JOUR 1 (15 juin)

 JOUR 2 (16 juin)

JOUR 3 (17 juin)

JOUR 4 (18 juin)

JOUR 5 (19 juin)

JOUR 6 (20 juin)

JOUR 7 (21 juin)

JOUR 8 (22 juin)

JOUR 9 (23 juin)

JOUR 10 (24 juin)

JOUR 11 (25 juin)

JOUR 12 (26 juin)

JOUR 13 (27 juin)

JOUR 14 (28 juin)

JOUR 15 (29 juin)

JOUR 16 (30 juin)

JOUR 17 (1er juillet)

JOUR 18 (2 juillet)

JOUR 19 (3 juillet)

JOUR 20 (4 juillet)

JOUR 21 (5 juillet)

JOUR 22 (6 juillet)

JOUR 23 (7 juillet)

JOUR 24 (8 juillet)

JOUR 25 (9 juillet)

JOUR 26 (10 juillet)

JOUR 27 (11 juillet)

JOUR 28 (12 juillet)

JOUR 29 (13 juillet)

  • Lecture commune de Voyage à reculons en Angleterre et en Ecosse de Jules Verne : Pascale, Cryssilda

JOUR 30 (14 juillet)

JOUR 31 (15 juillet)

JOUR 32 (16 juillet)

JOUR 33 (17 juillet)

JOUR 35 (19 juillet)

JOUR 36 (20 juillet)

JOUR 37 (21 juillet)

JOUR 38 (22 juillet)

JOUR 39 (23 juillet)

 

JOUR 40 (24 juillet)

 

JOUR 41 (25 juillet)

JOUR 42 (26 juillet)

 

JOUR 43 (27 juillet)

JOUR 44 (28 juillet)

 

JOUR 45 (29 juillet)

 

JOUR 46 (30 juillet)

 

JOUR 47 (31 juillet)

 

JOUR 48 (1er août)

JOUR 49 (2 août)

 

 JOUR 50 (3 août)

JOUR 51 (4 août)

JOUR 52 (5 août)

JOUR 53 (6 août)

 

JOUR 54 (7 août)

 

JOUR 55 (8 août)

 

 

 

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13/04/2010

Zombies in the neighbourhood ? Damn it !

ryan_Laforetdesdamnes.jpgDepuis qu'une certaine blogueuse m'a communiqué le virus des zombies, j'ai pris en sympathie ces malheureuses créatures égarés dont j'admire la démarche chaloupée (ou presque) et le fond de l'oeil vitreux. C'est donc avec fougue et la main fébrile que j'ai commencé à tourner les pages de La Forêt des Damnés de Carrie Ryan.

Imaginez Mary, jeune adolescente romantique, intelligente, rêveuse, intrépide, fûtée et bien sûr amoureuse. Maintenant que vous vous êtes fait une bonne idée de ce personnage ô combien atypique, ajoutez à son portrait une toile de fond qui vous rappellera sans aucun doute votre quotidien de lecteur intrépide : un village, des grillages et tout autour, la forêt, peuplée de Damnés. Bref, un monde d'apocalypse, où les survivants sont gourvernés par les Soeurs et protégés par les Gardiens, où le seul livre disponible est "Le Livre Sacré" (de quoi me transformer en sportive chevronnée) et où l'océan, les villes et le monde entier ne sont plus qu'une légende racontée par quelques parents, malgré le scepticisme du plus grand nombre. Mais Mary, elle, a l'étoffe d'une héroïne et, lorsque les Damnés envahissent le village, elle y voit finalement l'occasion d'explorer l'inconnu.

Mon avis est finalement assez mitigé. Après avoir dévoré les 100 premières pages, j'ai finalement trouvé le contenu et la forme un peu légers. Ce roman n'en est pas un, puisqu'il il n'est  à mon avis que le prémice d'une nouvelle série pour adolescents (non je n'écrirai pas "prépubères"), avec tous les ingrédients classiques que les dernières superproductions du genre ont apparemment beaucoup prisés : amours compliquées, adolescents en plein questionnement (avec un petit côté obsessionnel permettant aux mêmes questions de revenir régulièrement), créatures surnaturelles (ici peu sexy, en cela Carrie Ryan joue la carte de l'originalité, je vous l'accorde). Pourquoi pas ? Reste à savoir si vous souhaitez voir Mary tourner dans la forêt pendant environ 200 pages sans que rien de fondamentalement palpitant ne se passe.

Malgré tout je lirai sans doute la suite car ce roman a éveillé ma curiosité, même si, ami lecteur, je vois bien que tu as l'air d'en douter derrière ton écran. L'histoire est au départ bien campée et je dois dire que j'ai été plus qu'intriguée par le cadre (j'avais moi aussi très envie de savoir ce qui se cachait derrière les grilles, j'avais d'ailleurs mis une faux de côté pour effectuer ma petite promenade de santé sans souci). Le côté assez opressant lié à l'omniprésence de la religion m'a également paru assez bien rendu. Enfin l'apparition d'une inconnue dans le village, puis d'une zombie beaucoup plus rapide que ses congénères a achevé de me conquérir... jusqu'à ce que le roman s'enlise tout de même dans les méandres de la forêt. Un essai à transformer !

Un deuxième livre va sortir (qui n'est pas une suite) : espérons que le roman ne s'achève pas ainsi, car au final, cela se résumerait à beaucoup de bruit pour rien.

A tenter toutefois, surtout si vous en avez assez de Bella !

Les avis de Clarabel, Emmyne, Esmeraldae, Fashion, Francesca, Lael, Miss Frizz, Petit Graffiti, Rana Toad, Stéphanie de L'Attrape Rêve, Sylly...

Ici le trailer à l'américaine (marketing éditorial en force !). Evidemment, je serais bigrement surprise si ce livre était adapté sur grand écran (si si, je vous jure !).

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380 p

Carrie Ryan, La Forêt des Damnés, 2009

08/10/2009

Halloween for kids

surget_grande_peur_halloween.jpgContinuons donc avec les lectures autour du Bloody Swap, de Halloween et des créatures de la nuit qui vont bientôt investir les demeures des irréductibles participants.

Au programme, deux lectures jeunesse toutes deux assez légères pour que je préfère en parler dans un seul billet.

Première découverte avec La Grande Peur d'Halloween d'Alain Surget chez Cascade, une collection qui me rappelle de délicieux moments de lecture il y a quelques années.

Le soir d'Halloween, trois frères et sœurs accompagnés de plusieurs camarades font la tournée des maisons, réclamant des bonbons sous leurs costumes traditionnels (le palmarès revenant au terrifiant vampire qui zozotte avec ses dents en plastique). Mais devant la maison d'une vieille dame charmante qu'on a vu acheter beaucoup de friandises à la boulangerie, une citrouille inquiétante les guette. Serait-ce la maison d'une sorcière ?

Cette histoire s'adresse aux tout-petits ou aux jeunes lecteurs de 7-8 ans. Pour les adultes, ce sera seulement un livre mignonnet, divertissant et très vite lu. Les illustrations ajoutent d'ailleurs au charme de ce court roman. Pour les jeunes lecteurs, j'ai trouvé le dossier de la fin très bien fait : avec beaucoup de simplicité, on parle aux enfants d'Halloween, de citrouilles ou de jack-o-lanterns. Avis aux parents qui cherchent un livre sympathique sur ce sujet !

Ne vous mettez pas en retard. Et n'oubliez pas de dire aux gens « Trick or treat ! » sinon vous n'aurez pas de friandises.

-Trico trit, répète Sophie.

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91 p

Alain Surget, La Grande Peur d'Halloween, 1999


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Je poursuis avec un livre croisé par hasard à la bibliothèque, Dans les forêts de la nuit, livre rédigé par Amelia Atwater-Rhodes à l'âge de treize ans. Écrit à la première personne, ce roman suit les pas d'une jeune femme transformée en vampire aux Etats-Unis à la fin du XVIIe. Alternant des chapitres sur son quotidien et sur son passé, le récit se décline autour de quelques thèmes clefs : souvenirs d'un bonheur familial détruit, désir de vengeance à l'encontre d'un autre vampire, le tout dans un cadre puritain ma foi assez bien rendu par la narratrice.

Ce roman est sympathique et agréable à lire. Le fait de choisir pour cadre Concord et une époque troublée par la chasse aux sorcières et l'extrémisme religieux ajoute une dimension intéressante au traitement assez classique du vampire. Ce n'est pas un coup de cœur, sans doute parce que la trame du récit est un brin simpliste ; c'est tout de même un livre à recommander aux amateurs du genre car il ne manque pas de qualités.

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153 p

Amelia Atwater-Rhodes, Dans les forêts de la nuit, 1999

17/06/2009

Princesses, fées et licornes

goudge_Secret de Moonacre.01jpg.jpgAyant repéré récemment l’affiche du film Le Secret de Moonacre, j’ai décidé de découvrir Elizabeth Goudge avec ce roman (The little white horse en VO) avant de me diriger d’un pas décidé vers les salles de cinéma.

What’s going on ? : Epoque victorienne. Maria Merryweather se rend chez un oncle inconnu après le décès de ses parents. Accompagnée de sa gouvernante Miss Heliotrope (sujette aux indigestions et grande consommatrice de bonbons à la menthe), la jeune fille découvre un monde enchanteur, peuplé de personnes exubérantes et d’animaux franchement étranges (dont un chat géant, un chien qui ressemble à tout sauf à un chien et une licorne). Si la joie de vivre semble régner sur le domaine et au sein du village tout proche, une vieille malédiction fait peser sur les habitants une menace bien réelle, avec les terribles Hommes de la Forêt des ombres qui monopolisent l’accès à la baie et pillent leurs voisins. Je suis certaine que vous ne serez pas surpris de savoir que selon la légende, seule une princesse de la Lune pourra réconcilier les Merryweather et les hommes de la Forêt et que celle qui parviendra à rétablir la paix dans la vallée n’est autre que Maria, notre héroïne (accompagnée de quelques adjuvants, dont un charmant jeune garçon – bizarre bizarre !).

Le Secret de Moonacre (apparemment rebaptisé ainsi pour la sortie du film) est un roman jeunessegoudge_Secret de Moonacre.02.jpg charmant qui m’a fait agréablement rêvasser pendant quelques heures. L’époque, les lieux (le manoir, la propriété et les collines alentours sont tous entourés de mystère et de magie) ainsi que les personnages aux rôles très définis (pour ne pas dire stéréotypés) font de cette histoire une aventure très mignonne qui rappelle d’ailleurs quelques classiques pour enfants. Notamment Peter Pan et Robin des Bois via l’un des personnages ainsi qu’Alice au pays des Merveilles (avec la chute dans un trou qui n’est pas sans évoquer un certain terrier), sans oublier une fuite qui fait penser à celle de Blanche-Neige dans la forêt. Bref, nous voilà plongés dans une sorte de conte de fées un tantinet modernisé, avec une galerie de personnages sympathique et une ambiance ma foi fort « doudouesque ».

goudge_Secret de Moonacre.03.jpgCe livre vaut très certainement beaucoup de romans d'aventures contemporains et devrait plaire à tous ceux qui aiment l’univers victorien des histoires à la Burnett et à la James Matthew Barrie, même s’il ne renouvelle pas franchement le genre. J’ai évidemment savouré les influences très marquées et passé un bon moment, mais je regrette des défauts tout de même évidents : l’absence quasi-totale de surprise, aussi bien dans le déroulement passées les 100 premières pages que lors de la fin (je pensais que l’orpheline atterrirait chez un oncle déplaisant mais c’est bien le seul point sur lequel je me suis trompée) ; une certaine lenteur dans le récit, notamment due à la répétition de quelques journées plus ou moins semblables ; enfin, une tendance insupportable à la profusion de bonnes intentions, avec quelques moments terribles de « bisounours'itude ». Exemple: « Je suis née dans les Cornouailles, où la mer tonne contre les falaises rocheuses et où les géraniums sont les plus beaux de la terre » (p231). Mais surtout vers la fin : «  Se disputer ne servira à rien, dit-elle. Si vous pardonnez à Sir Wrolf d’avoir voulu prendre la terre de William Le Noir, Sir Benjamin vous pardonnera de vous être livré au vol et au braconnage. Et si vous promettez de ne plus être méchant, nous deviendrons amis pour toujours… » (p271). Joli programme.

Le Secret de Moonacre n’est donc pas un exemple impérissable de littérature jeunesse réussie, mais c’est tout de même un roman féerique qui se défend (pour les plus grands) et se dévore (pour les plus petits). Amateurs de romans pour enfants/ados, parents de petits lecteurs et amoureux d’ambiances victoriennes, ce livre devrait vous plaire !

Quelques extraits :

goudge_Secret de Moonacre.04.jpgA la Alice : "L'escalier aboutissait à une porte si minuscule qu'aucun adulte de taille normale ne pouvait la franchir. Mais pour une jeune fille de treize ans, elle était parfaite. Maria l'examina le coeur battant. Bien que petite, étroite, basse et manifestement vieille de plusieurs centaines d'années, elle semblait avoir été spécialement faite pour elle. En effet, si Maria avait eu la possibilité de choisir sa porte, c'est assurément celle-ci qu'elle aurait prise. (...) En chêne vert, ornée de clous argentés, elle avait en guise de heurtoir un délicat fer à cheval, si poli qu'il jetait des éclats. A sa vue, Maria repensa immédiatement à l'adorable petit cheval blanc qu'elle avait cru apercevoir dans le parc et qu'elle avait voulu montrer à Miss Heliotrope." (p33)

A la Peter Pan : "Mais Robin avait disparu de sa vie deux ans auparavant ; dès qu'elle avait commencé à coiffer ses cheveux en chignon et à adopter des allures de dame, il avait cessé de venir." (p50)

"La baie de Merryweather avait la forme d'un croissant de lune. De magnifiques falaises, trouéesgoudge_Secret de Moonacre.05.jpg de grottes, enserraient une petite plage de galets multicolores, bordée par une bande de sable blond, où des rochers retenaient des flaques peuplées d'anémones aux couleurs éclatantes, de coquillages et d'algues qui s'étiraient comme des rubans de satin. Au loin, la mer était d'un bleu profond, parsemée de crêtes blanches qui ressemblaient à des chevaux au galop, des centaines de chevaux blancs s'élançant vers l'horizon dans un déferlement de lumière." (p280)

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334 p

Elizabeth Goudge, Le Secret de Moonacre, 1946


13/05/2009

I only drink wine...

cohen_je m'appelle dracula.JPGAmis blogueurs, chers draculitos et draculettes en devenir, bonsoir !

Parmi les challenges inavoués de cette année 2009 (à part Jane Austen j’ai prévu les grands fantastiques classiques ainsi que Wharton et Wilde), le vampirisme s’est rappelé à moi récemment car je ne me remets toujours pas de ma difficulté à lire plus de quelques pages de Stephenie Meyer qui, à défaut de particulièrement m’enflammer, fait maintenant partie des livres populaires incontournables en la matière. Tout ça pour dire que je ne désespère pas de me faire ma propre opinion un jour mais qu’en attendant, j’ai décidé d’exhumer d’autres titres de ma bibliothèque afin de partager mon intérêt (hautement scientifique, of course !) pour les vampires.

Donc, mes amis, j’ai profité d’un week-end sur la côte atlantique pour farfouiller comme toujours dans ma bibliothèque de petite fille et d’ado, à la recherche de titres à relire ou simplement, à feuilleter. Je suis tombée sur Je m’appelle Dracula d’Olivier Cohen dans la vieille collection Je Bouquine. J’avais complètement oublié l’existence de ce livre que j’avais lu plusieurs fois étant petite et hop ! ni une ni deux, j’ai eu envie de le relire.

Eh bien pour faire court c’est vachement chouette, chers vous tous ! Mais laissez-moi développercohen_je_m_appelle_dracula_lcover2.jpg un peu plus mes propos (et autocensurer mes digressions matinales qui me laissent penser que mon livre de chevet* a une influence pernicieuse et me fait passer trop de temps en compagnie de Miss Bates).

Je m’appelle Dracula est une réponse du comte à la publication de Dracula de Bram « Stocker ». Au passage, cher Monsieur Cohen, je ne sais pas si l’effet était voulu ou non mais Stoker s’écrit normalement sans « c » et, en relisant votre histoire (une de mes favorites lorsque j’étais petite, mais c’est un autre sujet), j’ai commencé à comprendre pourquoi je me suis acharnée sur le nom de ce pauvre Stoker jusqu’à ce qu’un essai sur la condition de la femme dans Dracula me soit rendu avec des corrections à chaque fois qu’apparaissait le nom de l’auteur (thanks by the way, Gregory). Mais plus de détour, promis ! Je vais aller droit au but.

Réfugié dans le Marais à Paris, le comte Dracula écrit son histoire afin de mettre un terme aux accusations portées contre lui dans le livre de « Stocker ». Outré de voir son portrait en couverture, son nom conservé, ses ennemis portés aux nues et toutes ses actions mal interprétées, le comte tient à opposer à ce tissu de mensonges sa propre version des faits. Il revient sur le passage de Harker dans les Carpathes, sa rencontre avec Lucy (Mina est absente en revanche), le bateau fantôme, les caisses de terre, le petite cimetière ou encore Renfield (son vieil oncle devenu fou).

Paris, le 4 novembre 1897. Quatre mois se sont écoulés depuis la parution de cet abominable livre. Quatre mois pendant lesquels j’ai dû me cacher pour fuir la haine d’une populace excitée par le scandale, la curiosité des journalistes et l’acharnement d’une secte bien décidée à me perdre. (p7)

cohen-je mappelle dracula 03.JPGVoilà une lecture très rafraîchissante, bourrée de clins d’œil à Dracula dont j’ai enfin pu profiter (puisque j’ai lu ce roman bien après avoir lu et relu le petit livre d’Olivier Cohen). Pas besoin d’avoir apprécié le livre de Stoker pour s’amuser des inventions d’un comte bien plus proche du dandy que ne l’a jamais été le monstrueux vampire. Les illustrations sont sympathiques, le style alerte et très agréable. Je n’ai d’ailleurs pas observé le décalage que je regrette en général lorsque je lis des romans jeunesse maintenant (par exemple The Graveyard Book, pourtant destiné aux adolescents), ce qui me fait penser que ce court roman peut être lu à n’importe quel âge car il est assez simple pour un public jeune, tout en étant écrit par un narrateur adulte, aux préoccupations et au ton plus proches d’un lectorat plus âgé. Les explications sont relativement crédibles bien que l’auteur laisse finalement planer le doute – dans une fin que j’apprécie particulièrement, car j’aime penser que Dracula reste une créature fantastique.

En somme, un très très bon livre à recommander à tous les amateurs de vampires qui trouveront là un texte divertissant et bien écrit qui s’inspire très bien de l’histoire universellement (mal)connue de Bram Stoker.

 

cohen-je mappelle dracula 02.JPG

75 p

Olivier Cohen, Je m’appelle Dracula, 1993

* Emma de Jane Austen