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23/11/2011

Boston, Aggie et Margaret

ferdjoukh_aggie change de vie.gifJ'avais très envie de faire la connaissance des Quatre Soeurs de Malika Ferdjoukh, mais c'est finalement Aggie que j'ai décidé de suivre dans son ascension, des bas quartiers aux maisons chics de Boston. Et quel délicieux bonbon que ce court roman ! Je me suis régalée du début à la fin et j'ai passé un si bon moment que c'est le genre de livre que je ne doute pas de relire à l'occasion avec plaisir.

Si la couverture exquise et ses paper dolls ne suffisent pas à vous tenter, peut-être qu'un petit aperçu de l'histoire achèvera de vous convaincre ? Nous voilà à Boston, dans un environnement qui n'est pas sans rappeler Dickens et ses pauvres orphelins. Aggie vit chez un couple peu recommandable qui l'envoie détrousser les gentlemen en pleine nuit, la petite empruntant les égouts de la ville pour s'acquitter de sa tâche. Mais un soir, celui qu'elle prend pour un pigeon comme un autre n'est pas celui qu'elle croyait : c'est ainsi qu'elle sera arrachée à sa misérable existence et présentée à une famille qui n'a plus vu une nièce chérie depuis des années. Mais avant de se faire passer pour une demoiselle comme il faut, Aggie aura du boulot !

Tout est bon dans ce petit livre : l'ambiance très XIXe, les personnages attachants, les références littéraires, l'écriture si agréable et une intrigue qui nous tient en haleine. N'hésitez plus, lisez-le (au passage, si vous avez une petite fille dans votre entourage je ne peux que vous recommander chaudement ce récit pour les fêtes de Noël à venir, car il me semble parfait pour une lecture auprès de la cheminée). 

D'autres avis : Malice qui me l'a recommandé, mais aussi Rory, Allie, Bouma, Roudoudou, Sharon, Marie, S'il était encore une fois, Ricochet, Le forum Whoopsy Daisy.

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94 p

Malika Ferdjoukh, Aggie change de vie, 2009

15/10/2011

L'inégalable Cimetière et sa Crypte !

singleton_century.jpgCaché au fond de ma bibliothèque, sur une étagère poussiéreuse regorgeant de romans abandonnés aux tranches décolorées par le temps, sommeillait un étonnant livre aux accents victoriens, Century.

Poussée par la curiosité et toujours en quête de manoirs anglais (avec un petit faible pour les demeures abandonnées, plus à la portée de mon modeste pécule), j'ai suivi la jeune Mercy qui, en propriétaire attentive, n'a pas manqué de me vanter les charmes des lieux. Et moi qui ne possède pas moins de trois propriétés anglaises oubliées, à commencer par un cottage esseulé sur les hauteurs de Haworth, je n'ai pas su résister au charme de cette vieille bâtisse, dans laquelle j'ai posé mes valises la semaine dernière.

Si j'ai été séduite par cette demeure, c'est aussi parce qu'elle annonçait de grandes aventures. C'est donc également munie de mon spectomètre, d'un pic à glace et d'une lampe torche que j'ai fait mon entrée dans Century, domaine où les habitants se couchent avant l'aube et se réveillent après le crépuscule. Un éternel hiver entoure ses jardins, les plantes ne poussent plus, le froid est mordant. Trajan, le père de Mercy, vit enfermé dans une pièce inconnue, ce qui ne manque pas dans une demeure où la plupart des pièces ont été condamnées puis oubliées par leurs habitants. J'ai rencontré mes premiers fantômes, à commencer par un effroyable visage soudain apparu sous la glace d'un lac gelé, alors que j'étais bien décidée à me remettre au patinage (puisqu'il n'y avait pas grand-monde pour me voir, ce qui n'est malheureusement pas le cas dans les patinoires publiques). J'ai subi avec Mercy et sa soeur Charity les fastidieuses leçons de l'austère Galatea (qui semblait décidée à rattraper ce que cinq ans de latin au secondaire n'ont jamais réussi à faire pour moi) et, après deux jours qui m'ont paru une éternité, j'ai suivi Mercy derrière une tapisserie poussièreuse (ce qui, étant donné mon allergie aux acariens, n'a pas été de tout repos). D'un passage secret à un autre, j'ai quitté l'année 1890 pour 1789 (en tant que Française j'étais soulagée d'être bien loin de ma terre natale). C'est là que j'ai découvert qu'un enchantement maintenant Century dans un hiver sans fin, à la suite d'événements tragiques ayant eu lieu un siècle auparavant. Parmi eux, une terrible expérimentation rappelant les laboratoires du docteur Frankenstein et autres scientifiques et alchimistes inquiétants oubliés ou trop éblouis par les Lumières !

Je ressors de ce voyage intrépide enchantée, même si j'ai finalement décidé de quitter Century pour louer un appartement à Londres et suivre Alexia Tarabotti dans sa quête tout aussi mouvementée de la célèbre treacle tart. Et si Century permet de s'arrêter au cimetière pour notre train fantôme, c'est parce que l'une des scènes finales a lieu dans un cimetière familial où une femme enterrée un siècle plus tôt s'extrait soudain de sa fosse, toute couverte de terre mais apparemment en pleine forme. Charming, isn't it ?

A woman under the ice. A ghost. Mercy could see ghosts, the echoes of people who had died.

Avis : Hilde (avec qui j'ai découvert ce livre au hasard d'un petit marché aux livres), Mes imaginaires, Read in a single sitting, Clarabel...

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220 p

Sarah Singleton, Century, 2005

Logo Halloween4.jpgsarah singleton,century,les fantômes de century,roman,roman anglais,roman xixe,époque victorienne,angleterre,angleterre victorienne,manoir hantéChallenge God save le livre : 18 livres lus

15/06/2011

Le mois kiltissime : le recap

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JOUR 1 (15 juin)

 JOUR 2 (16 juin)

JOUR 3 (17 juin)

JOUR 4 (18 juin)

JOUR 5 (19 juin)

JOUR 6 (20 juin)

JOUR 7 (21 juin)

JOUR 8 (22 juin)

JOUR 9 (23 juin)

JOUR 10 (24 juin)

JOUR 11 (25 juin)

JOUR 12 (26 juin)

JOUR 13 (27 juin)

JOUR 14 (28 juin)

JOUR 15 (29 juin)

JOUR 16 (30 juin)

JOUR 17 (1er juillet)

JOUR 18 (2 juillet)

JOUR 19 (3 juillet)

JOUR 20 (4 juillet)

JOUR 21 (5 juillet)

JOUR 22 (6 juillet)

JOUR 23 (7 juillet)

JOUR 24 (8 juillet)

JOUR 25 (9 juillet)

JOUR 26 (10 juillet)

JOUR 27 (11 juillet)

JOUR 28 (12 juillet)

JOUR 29 (13 juillet)

  • Lecture commune de Voyage à reculons en Angleterre et en Ecosse de Jules Verne : Pascale, Cryssilda

JOUR 30 (14 juillet)

JOUR 31 (15 juillet)

JOUR 32 (16 juillet)

JOUR 33 (17 juillet)

JOUR 35 (19 juillet)

JOUR 36 (20 juillet)

JOUR 37 (21 juillet)

JOUR 38 (22 juillet)

JOUR 39 (23 juillet)

 

JOUR 40 (24 juillet)

 

JOUR 41 (25 juillet)

JOUR 42 (26 juillet)

 

JOUR 43 (27 juillet)

JOUR 44 (28 juillet)

 

JOUR 45 (29 juillet)

 

JOUR 46 (30 juillet)

 

JOUR 47 (31 juillet)

 

JOUR 48 (1er août)

JOUR 49 (2 août)

 

 JOUR 50 (3 août)

JOUR 51 (4 août)

JOUR 52 (5 août)

JOUR 53 (6 août)

 

JOUR 54 (7 août)

 

JOUR 55 (8 août)

 

 

 

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13/04/2010

Zombies in the neighbourhood ? Damn it !

ryan_Laforetdesdamnes.jpgDepuis qu'une certaine blogueuse m'a communiqué le virus des zombies, j'ai pris en sympathie ces malheureuses créatures égarés dont j'admire la démarche chaloupée (ou presque) et le fond de l'oeil vitreux. C'est donc avec fougue et la main fébrile que j'ai commencé à tourner les pages de La Forêt des Damnés de Carrie Ryan.

Imaginez Mary, jeune adolescente romantique, intelligente, rêveuse, intrépide, fûtée et bien sûr amoureuse. Maintenant que vous vous êtes fait une bonne idée de ce personnage ô combien atypique, ajoutez à son portrait une toile de fond qui vous rappellera sans aucun doute votre quotidien de lecteur intrépide : un village, des grillages et tout autour, la forêt, peuplée de Damnés. Bref, un monde d'apocalypse, où les survivants sont gourvernés par les Soeurs et protégés par les Gardiens, où le seul livre disponible est "Le Livre Sacré" (de quoi me transformer en sportive chevronnée) et où l'océan, les villes et le monde entier ne sont plus qu'une légende racontée par quelques parents, malgré le scepticisme du plus grand nombre. Mais Mary, elle, a l'étoffe d'une héroïne et, lorsque les Damnés envahissent le village, elle y voit finalement l'occasion d'explorer l'inconnu.

Mon avis est finalement assez mitigé. Après avoir dévoré les 100 premières pages, j'ai finalement trouvé le contenu et la forme un peu légers. Ce roman n'en est pas un, puisqu'il il n'est  à mon avis que le prémice d'une nouvelle série pour adolescents (non je n'écrirai pas "prépubères"), avec tous les ingrédients classiques que les dernières superproductions du genre ont apparemment beaucoup prisés : amours compliquées, adolescents en plein questionnement (avec un petit côté obsessionnel permettant aux mêmes questions de revenir régulièrement), créatures surnaturelles (ici peu sexy, en cela Carrie Ryan joue la carte de l'originalité, je vous l'accorde). Pourquoi pas ? Reste à savoir si vous souhaitez voir Mary tourner dans la forêt pendant environ 200 pages sans que rien de fondamentalement palpitant ne se passe.

Malgré tout je lirai sans doute la suite car ce roman a éveillé ma curiosité, même si, ami lecteur, je vois bien que tu as l'air d'en douter derrière ton écran. L'histoire est au départ bien campée et je dois dire que j'ai été plus qu'intriguée par le cadre (j'avais moi aussi très envie de savoir ce qui se cachait derrière les grilles, j'avais d'ailleurs mis une faux de côté pour effectuer ma petite promenade de santé sans souci). Le côté assez opressant lié à l'omniprésence de la religion m'a également paru assez bien rendu. Enfin l'apparition d'une inconnue dans le village, puis d'une zombie beaucoup plus rapide que ses congénères a achevé de me conquérir... jusqu'à ce que le roman s'enlise tout de même dans les méandres de la forêt. Un essai à transformer !

Un deuxième livre va sortir (qui n'est pas une suite) : espérons que le roman ne s'achève pas ainsi, car au final, cela se résumerait à beaucoup de bruit pour rien.

A tenter toutefois, surtout si vous en avez assez de Bella !

Les avis de Clarabel, Emmyne, Esmeraldae, Fashion, Francesca, Lael, Miss Frizz, Petit Graffiti, Rana Toad, Stéphanie de L'Attrape Rêve, Sylly...

Ici le trailer à l'américaine (marketing éditorial en force !). Evidemment, je serais bigrement surprise si ce livre était adapté sur grand écran (si si, je vous jure !).

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380 p

Carrie Ryan, La Forêt des Damnés, 2009

08/10/2009

Halloween for kids

surget_grande_peur_halloween.jpgContinuons donc avec les lectures autour du Bloody Swap, de Halloween et des créatures de la nuit qui vont bientôt investir les demeures des irréductibles participants.

Au programme, deux lectures jeunesse toutes deux assez légères pour que je préfère en parler dans un seul billet.

Première découverte avec La Grande Peur d'Halloween d'Alain Surget chez Cascade, une collection qui me rappelle de délicieux moments de lecture il y a quelques années.

Le soir d'Halloween, trois frères et sœurs accompagnés de plusieurs camarades font la tournée des maisons, réclamant des bonbons sous leurs costumes traditionnels (le palmarès revenant au terrifiant vampire qui zozotte avec ses dents en plastique). Mais devant la maison d'une vieille dame charmante qu'on a vu acheter beaucoup de friandises à la boulangerie, une citrouille inquiétante les guette. Serait-ce la maison d'une sorcière ?

Cette histoire s'adresse aux tout-petits ou aux jeunes lecteurs de 7-8 ans. Pour les adultes, ce sera seulement un livre mignonnet, divertissant et très vite lu. Les illustrations ajoutent d'ailleurs au charme de ce court roman. Pour les jeunes lecteurs, j'ai trouvé le dossier de la fin très bien fait : avec beaucoup de simplicité, on parle aux enfants d'Halloween, de citrouilles ou de jack-o-lanterns. Avis aux parents qui cherchent un livre sympathique sur ce sujet !

Ne vous mettez pas en retard. Et n'oubliez pas de dire aux gens « Trick or treat ! » sinon vous n'aurez pas de friandises.

-Trico trit, répète Sophie.

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91 p

Alain Surget, La Grande Peur d'Halloween, 1999


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Je poursuis avec un livre croisé par hasard à la bibliothèque, Dans les forêts de la nuit, livre rédigé par Amelia Atwater-Rhodes à l'âge de treize ans. Écrit à la première personne, ce roman suit les pas d'une jeune femme transformée en vampire aux Etats-Unis à la fin du XVIIe. Alternant des chapitres sur son quotidien et sur son passé, le récit se décline autour de quelques thèmes clefs : souvenirs d'un bonheur familial détruit, désir de vengeance à l'encontre d'un autre vampire, le tout dans un cadre puritain ma foi assez bien rendu par la narratrice.

Ce roman est sympathique et agréable à lire. Le fait de choisir pour cadre Concord et une époque troublée par la chasse aux sorcières et l'extrémisme religieux ajoute une dimension intéressante au traitement assez classique du vampire. Ce n'est pas un coup de cœur, sans doute parce que la trame du récit est un brin simpliste ; c'est tout de même un livre à recommander aux amateurs du genre car il ne manque pas de qualités.

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153 p

Amelia Atwater-Rhodes, Dans les forêts de la nuit, 1999

17/06/2009

Princesses, fées et licornes

goudge_Secret de Moonacre.01jpg.jpgAyant repéré récemment l’affiche du film Le Secret de Moonacre, j’ai décidé de découvrir Elizabeth Goudge avec ce roman (The little white horse en VO) avant de me diriger d’un pas décidé vers les salles de cinéma.

What’s going on ? : Epoque victorienne. Maria Merryweather se rend chez un oncle inconnu après le décès de ses parents. Accompagnée de sa gouvernante Miss Heliotrope (sujette aux indigestions et grande consommatrice de bonbons à la menthe), la jeune fille découvre un monde enchanteur, peuplé de personnes exubérantes et d’animaux franchement étranges (dont un chat géant, un chien qui ressemble à tout sauf à un chien et une licorne). Si la joie de vivre semble régner sur le domaine et au sein du village tout proche, une vieille malédiction fait peser sur les habitants une menace bien réelle, avec les terribles Hommes de la Forêt des ombres qui monopolisent l’accès à la baie et pillent leurs voisins. Je suis certaine que vous ne serez pas surpris de savoir que selon la légende, seule une princesse de la Lune pourra réconcilier les Merryweather et les hommes de la Forêt et que celle qui parviendra à rétablir la paix dans la vallée n’est autre que Maria, notre héroïne (accompagnée de quelques adjuvants, dont un charmant jeune garçon – bizarre bizarre !).

Le Secret de Moonacre (apparemment rebaptisé ainsi pour la sortie du film) est un roman jeunessegoudge_Secret de Moonacre.02.jpg charmant qui m’a fait agréablement rêvasser pendant quelques heures. L’époque, les lieux (le manoir, la propriété et les collines alentours sont tous entourés de mystère et de magie) ainsi que les personnages aux rôles très définis (pour ne pas dire stéréotypés) font de cette histoire une aventure très mignonne qui rappelle d’ailleurs quelques classiques pour enfants. Notamment Peter Pan et Robin des Bois via l’un des personnages ainsi qu’Alice au pays des Merveilles (avec la chute dans un trou qui n’est pas sans évoquer un certain terrier), sans oublier une fuite qui fait penser à celle de Blanche-Neige dans la forêt. Bref, nous voilà plongés dans une sorte de conte de fées un tantinet modernisé, avec une galerie de personnages sympathique et une ambiance ma foi fort « doudouesque ».

goudge_Secret de Moonacre.03.jpgCe livre vaut très certainement beaucoup de romans d'aventures contemporains et devrait plaire à tous ceux qui aiment l’univers victorien des histoires à la Burnett et à la James Matthew Barrie, même s’il ne renouvelle pas franchement le genre. J’ai évidemment savouré les influences très marquées et passé un bon moment, mais je regrette des défauts tout de même évidents : l’absence quasi-totale de surprise, aussi bien dans le déroulement passées les 100 premières pages que lors de la fin (je pensais que l’orpheline atterrirait chez un oncle déplaisant mais c’est bien le seul point sur lequel je me suis trompée) ; une certaine lenteur dans le récit, notamment due à la répétition de quelques journées plus ou moins semblables ; enfin, une tendance insupportable à la profusion de bonnes intentions, avec quelques moments terribles de « bisounours'itude ». Exemple: « Je suis née dans les Cornouailles, où la mer tonne contre les falaises rocheuses et où les géraniums sont les plus beaux de la terre » (p231). Mais surtout vers la fin : «  Se disputer ne servira à rien, dit-elle. Si vous pardonnez à Sir Wrolf d’avoir voulu prendre la terre de William Le Noir, Sir Benjamin vous pardonnera de vous être livré au vol et au braconnage. Et si vous promettez de ne plus être méchant, nous deviendrons amis pour toujours… » (p271). Joli programme.

Le Secret de Moonacre n’est donc pas un exemple impérissable de littérature jeunesse réussie, mais c’est tout de même un roman féerique qui se défend (pour les plus grands) et se dévore (pour les plus petits). Amateurs de romans pour enfants/ados, parents de petits lecteurs et amoureux d’ambiances victoriennes, ce livre devrait vous plaire !

Quelques extraits :

goudge_Secret de Moonacre.04.jpgA la Alice : "L'escalier aboutissait à une porte si minuscule qu'aucun adulte de taille normale ne pouvait la franchir. Mais pour une jeune fille de treize ans, elle était parfaite. Maria l'examina le coeur battant. Bien que petite, étroite, basse et manifestement vieille de plusieurs centaines d'années, elle semblait avoir été spécialement faite pour elle. En effet, si Maria avait eu la possibilité de choisir sa porte, c'est assurément celle-ci qu'elle aurait prise. (...) En chêne vert, ornée de clous argentés, elle avait en guise de heurtoir un délicat fer à cheval, si poli qu'il jetait des éclats. A sa vue, Maria repensa immédiatement à l'adorable petit cheval blanc qu'elle avait cru apercevoir dans le parc et qu'elle avait voulu montrer à Miss Heliotrope." (p33)

A la Peter Pan : "Mais Robin avait disparu de sa vie deux ans auparavant ; dès qu'elle avait commencé à coiffer ses cheveux en chignon et à adopter des allures de dame, il avait cessé de venir." (p50)

"La baie de Merryweather avait la forme d'un croissant de lune. De magnifiques falaises, trouéesgoudge_Secret de Moonacre.05.jpg de grottes, enserraient une petite plage de galets multicolores, bordée par une bande de sable blond, où des rochers retenaient des flaques peuplées d'anémones aux couleurs éclatantes, de coquillages et d'algues qui s'étiraient comme des rubans de satin. Au loin, la mer était d'un bleu profond, parsemée de crêtes blanches qui ressemblaient à des chevaux au galop, des centaines de chevaux blancs s'élançant vers l'horizon dans un déferlement de lumière." (p280)

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334 p

Elizabeth Goudge, Le Secret de Moonacre, 1946


13/05/2009

I only drink wine...

cohen_je m'appelle dracula.JPGAmis blogueurs, chers draculitos et draculettes en devenir, bonsoir !

Parmi les challenges inavoués de cette année 2009 (à part Jane Austen j’ai prévu les grands fantastiques classiques ainsi que Wharton et Wilde), le vampirisme s’est rappelé à moi récemment car je ne me remets toujours pas de ma difficulté à lire plus de quelques pages de Stephenie Meyer qui, à défaut de particulièrement m’enflammer, fait maintenant partie des livres populaires incontournables en la matière. Tout ça pour dire que je ne désespère pas de me faire ma propre opinion un jour mais qu’en attendant, j’ai décidé d’exhumer d’autres titres de ma bibliothèque afin de partager mon intérêt (hautement scientifique, of course !) pour les vampires.

Donc, mes amis, j’ai profité d’un week-end sur la côte atlantique pour farfouiller comme toujours dans ma bibliothèque de petite fille et d’ado, à la recherche de titres à relire ou simplement, à feuilleter. Je suis tombée sur Je m’appelle Dracula d’Olivier Cohen dans la vieille collection Je Bouquine. J’avais complètement oublié l’existence de ce livre que j’avais lu plusieurs fois étant petite et hop ! ni une ni deux, j’ai eu envie de le relire.

Eh bien pour faire court c’est vachement chouette, chers vous tous ! Mais laissez-moi développercohen_je_m_appelle_dracula_lcover2.jpg un peu plus mes propos (et autocensurer mes digressions matinales qui me laissent penser que mon livre de chevet* a une influence pernicieuse et me fait passer trop de temps en compagnie de Miss Bates).

Je m’appelle Dracula est une réponse du comte à la publication de Dracula de Bram « Stocker ». Au passage, cher Monsieur Cohen, je ne sais pas si l’effet était voulu ou non mais Stoker s’écrit normalement sans « c » et, en relisant votre histoire (une de mes favorites lorsque j’étais petite, mais c’est un autre sujet), j’ai commencé à comprendre pourquoi je me suis acharnée sur le nom de ce pauvre Stoker jusqu’à ce qu’un essai sur la condition de la femme dans Dracula me soit rendu avec des corrections à chaque fois qu’apparaissait le nom de l’auteur (thanks by the way, Gregory). Mais plus de détour, promis ! Je vais aller droit au but.

Réfugié dans le Marais à Paris, le comte Dracula écrit son histoire afin de mettre un terme aux accusations portées contre lui dans le livre de « Stocker ». Outré de voir son portrait en couverture, son nom conservé, ses ennemis portés aux nues et toutes ses actions mal interprétées, le comte tient à opposer à ce tissu de mensonges sa propre version des faits. Il revient sur le passage de Harker dans les Carpathes, sa rencontre avec Lucy (Mina est absente en revanche), le bateau fantôme, les caisses de terre, le petite cimetière ou encore Renfield (son vieil oncle devenu fou).

Paris, le 4 novembre 1897. Quatre mois se sont écoulés depuis la parution de cet abominable livre. Quatre mois pendant lesquels j’ai dû me cacher pour fuir la haine d’une populace excitée par le scandale, la curiosité des journalistes et l’acharnement d’une secte bien décidée à me perdre. (p7)

cohen-je mappelle dracula 03.JPGVoilà une lecture très rafraîchissante, bourrée de clins d’œil à Dracula dont j’ai enfin pu profiter (puisque j’ai lu ce roman bien après avoir lu et relu le petit livre d’Olivier Cohen). Pas besoin d’avoir apprécié le livre de Stoker pour s’amuser des inventions d’un comte bien plus proche du dandy que ne l’a jamais été le monstrueux vampire. Les illustrations sont sympathiques, le style alerte et très agréable. Je n’ai d’ailleurs pas observé le décalage que je regrette en général lorsque je lis des romans jeunesse maintenant (par exemple The Graveyard Book, pourtant destiné aux adolescents), ce qui me fait penser que ce court roman peut être lu à n’importe quel âge car il est assez simple pour un public jeune, tout en étant écrit par un narrateur adulte, aux préoccupations et au ton plus proches d’un lectorat plus âgé. Les explications sont relativement crédibles bien que l’auteur laisse finalement planer le doute – dans une fin que j’apprécie particulièrement, car j’aime penser que Dracula reste une créature fantastique.

En somme, un très très bon livre à recommander à tous les amateurs de vampires qui trouveront là un texte divertissant et bien écrit qui s’inspire très bien de l’histoire universellement (mal)connue de Bram Stoker.

 

cohen-je mappelle dracula 02.JPG

75 p

Olivier Cohen, Je m’appelle Dracula, 1993

* Emma de Jane Austen

23/04/2009

Ci-gît un cimetière pas comme les autres :

gaiman_graveyard book.jpgDans la série des livres qui se morfondaient dans le tas des billets en retard, The Graveyard Book de Neil Gaiman arrive en bonne place, avec plus d'un mois d'abandon (sans compter le fait qu'entre le moment où j'ai lu les 100 premières pages et celui où j'ai lu la suite se sont écoulés près de deux mois). Il faut dire que la magie a seulement vraiment opéré la deuxième fois.

Ce roman est celui de Nobody Owens, recueilli par les habitants d'un cimetière après le meurtre de sa famille. Poursuivi par l'étrange Man Jack à son arrivée, on le sait menacé dans le monde réel et on se charge de le cacher. On ? Des fantômes vieux de plusieurs siècles, dont un couple autrefois sans enfant, ainsi que Silas, ni mort, ni vivant (mais très vampirique). « Bod » grandit donc au milieu des « siens », apprend à traverser les murs, à se faire invisible, à connaître les étoiles et la manière d'appeler à l'aide dans des langues fantastiques. Ses expressions datent parfois de plusieurs siècles, et ses connaissances sont souvent décrites à coup d'épitaphe : « here he lyes in the certainty of the moft glorious refurrection », « they sleep to wake again », « son of the above » ou encore « As I Am So Shall You Be ».

Le roman est composé de chapitres consacrés chacun à une aventure propre, qui pourrait presque se lire séparément comme un conte, à l'exception des premier et deux derniers chapitres qui sont liés à l'histoire de Nobody et de ses vrais parents. Chaque histoire a ses propres créatures : loup-garou, gobelins, oiseaux fantastiques, gardiens éternels d'un mausolée. Neil Gaiman crée un univers facile à se représenter, dans un décor étrange mais plutôt sympathique facilement transposable au cinéma.

The Graveyard Book (dont le titre fait allusion à The Jungle Book, cher à Gaiman) est un très bon roman jeunesse, parfait pour les 10-14 ans (c'est en tout cas le genre de livres que j'aimais à cet âge), vraiment agréable à lire pour les plus grands. Outre les péripéties palpitantes de Bod et de ses amis funèbres, ce livre évoque le passage à l'âge adulte, l'amitié, la nécessité de tracer sa propre route. Le ton est souvent empreint d'humour et que voulez-vous, entre Caius Pompeus et Thackeray Porringer (1720-1734), sans parler des derniers Victoriens à avoir peuplé le cimetière, le mélange des siècles dépayse judicieusement : on ne s'ennuie pas un instant !

Un court extrait :

« On the north-western side of the graveyard things had become very overgrown and tangled, far beyond the ability of the groudsman or the Friends of the Graveyard to tame, amd he ambled over there and woke a family of Victorian children who had all died before their tenth birthdays, and they played hide-and-go-seek in the moonlight in the ivy-twined jungle. »

Pendant que je lisais tranquillement ce livre en VO, j'ai été contactée par les éditions Albin Michel qui m'ont proposé de m'envoyer la version française. J'ai accepté gaiman_vie de nobody owens.gifpar curiosité et reçu les épreuves non corrigées puis le livre publié en mars (je n'ai découvert ce dernier que très récemment, n'étant pas chez moi lorsqu'il est arrivé). J'ai lu quelques extraits et, très honnêtement, même si je préfère lire systématiquement les livres jeunesse en VO, il est tout aussi agréable de lire ce roman en VF. Le changement majeur tient au choix des illustrations. En anglais, j'ai choisi la version pour le jeune public, préférant les dessins de Chris Riddell qui me rappelaient certains livres de mon enfance et que je trouvais à la fois amusants et monstrueux. La VF contient les dessins de Dave McKean, plus modernes. Ils m'évoquent les comics à la Batman et Spiderman, malgré un style personnel. Quant à la couverture, j'adore !

On trouve les illustrations et beaucoup d'autres détails passionnants (ou pas) sur le site consacré au livre. Notamment ceci : « The Graveyard Book has just won the The John Newbery Medal for the most outstanding contribution to children’s literature ».

D'autres avis : Cocola, « adorable, impossible d'y résister » ; Fashion – qui me l'a fait découvrir, « roman formidable, (...) sombre comme une nuit sans lune au-dessus d'un cimetière » ; ,Karine:) « Le monde créé par la plume de Gaiman a une magie certaine. » ; Marie, « Quel talent ce Neil Gaiman ! » ; Pimpi, « J’ai lu le livre d’une traite. Et j’ai adoré!!!! » ; Yueyin, « Une très belle et magique parabole du passage de l'enfance à l'âge adulte » ; Ofelia, "les neophytes se regaleront d'un roman qu'on a du mal a lacher, les connaisseurs retrouveront avec plaisir l'univers fantasmagorique (mais qui a souvent l'air tellement reel) de Gaiman." ; Isabelle, dans un billet judicieusement intitulé La mort vous va si bien, conclut : « Un très joli roman donc, plein de poésie, que je vous recommande chaudement. »

294 p

Neil Gaiman, The Graveyard Book, 2008

(En France : L'Etrange vie de Nobody Owens, 2009)

****

2009.03.19 concours bd 4.jpgPetits blablas en passant :

Colin Firth (que je connais très bien et qui m'a évidemment tout raconté) va embellir l'année 2009 en jouant dans A Christmas Carol ET Dorian Gray (je retiens de justesse un «hiiiiiiiiiiiiii » hystérique que je réserve pour la sortie en salle).

*

gaudi_batllo_noche.jpgAujourd'hui, c'est La Diada de Sant Jordi ou le Lovers Day à Barcelone. Et sachez mes amis que les Catalans sont parfois des gens décidément vraiment (mais alors vraiment) bien. Car pour fêter ça, les couples échangent traditionnellement une rose (pour la fille) et un livre (pour le garçon). Mieux encore, il paraît qu'aujourd'hui le garçon offre la rose ET le livre à la fille (là Mr Lou proteste, on a donc décidé de s'offrir mutuellement les deux raisons du conflit). Il devrait y avoir des livres et des roses partout, notamment sur les Ramblas (et la foule aussi, malheureusement). Je n'en sais pas plus pour l'instant mais sachez que j'ai déjà hâte d'y être ! D'ailleurs, qu'est-ce que je fais encore ici, moi ?

diada sant jordi.jpg

 

20/10/2008

Thé ou Xeres ?

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Voilà bien longtemps que je n’avais pas lu de romans spécialement écrits pour un public jeune (à l’exception de la relecture de La Sorcière de Midi, à recommander aux enfants qui ne sont pas sages et dont je fais partie). Mais quand Lilly a parlé de cette histoire de vieille dame entourée de bouquins dans une bicoque branlante, ma curiosité a été piquée.

Albert, le narrateur, est un adolescent mal dans sa peau, solitaire à l’école et incompris à la maison. Avouez, charmants lecteurs, que ce garçon sort sacrément du lot (mais n’est pas héros qui le veut… quoique, mais c’est une autre histoire) : nul à l’école, aux abonnés absents côté activités extrascolaires, Albert aime : 1) son chat (qui m’est particulièrement sympathique) ; 2) l’horticulture (passe-temps sans aucun doute peu prisé par la majorité des adolescents habitant près de New York) ; 3) la littérature, en particulier Shakespeare (rien que ça !).

Dans une maison où l’orage n’est jamais bien loin, Albert a renoncé depuis longtemps à communiquer avec sa mère – névrosée, et son père – alcoolique. Puis il rencontre une voisine, Orpha Woodfin. A 80 ans, celle-ci vit seule dans une maison menaçant de s’effondrer, un lieu envahi par la crasse et les livres. Albert se prend rapidement d’affection pour cette femme qui, après avoir été une grande actrice de théâtre en Europe au début du XXe, a choisi de vivre simplement et l’aide à donner plus de sens à sa vie.

Ecrit avec simplicité, à travers la voix d’un adolescent, ce roman est très agréable à lire ; il est sans aucun doute bien adapté à un public de 10-15 ans mais fait aussi passer de bons moments quelques années plus tard. S’il est très abordable et semble assez simple à première vue, il donne à réfléchir sur les valeurs essentielles à chacun, ouvre une porte sur la littérature classique et questionne la notion de l’amitié à travers l’exemple de ce tandem peu conventionnel. Fashion souligne à juste titre le côté intemporel de cette histoire, que j’avais d’ailleurs tendance à transposer vingt ans plus tard. Ecrit en 1968, classique mais pas trop, ce roman n’a pas mal vécu le passage du temps avec ses effets de mode parfois dévastateurs à long terme. En ce qui me concerne, les collections pour ados étaient très peu présentes quand j’étais au collège et le passage des livres pour enfants aux livres pour adultes ne m’a pas toujours satisfaite à l’époque. J’aurais adoré connaître un éditeur de ce type pour mes lectures nocturnes, sous ma couette avec ma lampe torche !

Ce livre-voyageur a été prêté par Lilly (merci !) et lu par Fashion, Karine et, avant par Clarabel et Gawou. A mon tour de le faire parvenir à l’un(e) d’entre vous, petits chanceux ! Who’s next ? Yueyin (il me semble…) ?

Extraits 50% félins, 100% tordants :

« Je suis resté couché là, sur mon lit, à réfléchir à tout ça. Jusqu’à ce que je remarque qu’Orson était de nouveau assis dans la penderie. Dans le noir. Il y a deux ans environ, il a attrapé une souris à cet endroit et il ne s’en est jamais remis. Depuis, il passe une grande partie de ses journées assis là, comme si la même souris allait revenir. » (p 60)

« En chemin, j’ai aperçu Orson caché sous une haie et j’ai tout de suite compris que les geais bleus en avaient encore après lui. Orson doit être le seul chat d’Amérique pourchassé par des oiseaux. Il faut dire qu’il y a trois mois de cela, il s’est introduit dans un de leurs nids et ils ne l’ont jamais oublié. Depuis, chaque fois qu’ils le voient, ils fondent sur lui en poussant des cris de déments, et ça le traumatise. Parfois, il est obligé de rester caché toute la journée.

Il m’a regardé passer sans remuer une moustache. Prudent. » (p 154)

167 p

Barbara Wersba, Notre petite vie cernée de rêves, 1968

31/07/2008

Chaudron en vue !

honaker_sorciere_midi.JPGJe voulais profiter de mon séjour à Royan pour (re)lire quelques livres de ma bibliothèque d’enfant/d’adolescente, mais après quelques jours mon rythme de lecture a été revu à la baisse entre les diverses activités estivales. Je n’ai donc relu qu’un roman dont je gardais un excellent souvenir (mais plus que vague…) et que j’avais lu deux fois il me semble, sans doute quand je devais avoir environ 11 ou 12 ans. Bref, plus de 12 ans ont passé depuis… Il s’agit en l’occurrence de La Sorcière de Midi de Michel Honaker, dans l’excellente collection Cascade (ici Cascade Policier), chez Rageot Editeur. Je crois qu’elle a disparu depuis, ce qui est vraiment dommage car les textes, les choix de couvertures, le format, le type de papier, la police, les quelques illustrations entre les chapitres font de cette collection un de mes meilleurs souvenirs de lectures d’enfance.

A vrai dire, entre l’histoire dont je me souvenais et la réalité, il n’y avait pas grand-chose en commun. Pour vous annoncer la couleur, je me faisais une autre idée de ce récit, que je croyais plus sombre, plus angoissant. L’histoire de quelques gamins vivant dans un coin totalement reculé, non loin d’une sorcière vivant dans les marais ou sur une langue de terre hostile en bordure de leurs habitations.

En réalité, les variations ne manquent pas et la mémoire vous joue souvent bien des tours. L’histoire est celle d’un fils de pasteur un peu trop gros qui sert de bouc émissaire à ses petits camarades. Son seul ami, Harold, est un gringalet pâle et efflanqué lui aussi très solitaire, qui vit en dehors du village avec son grand-père, dans une petite maison isolée à l’orée de la forêt. Le narrateur nous raconte sa vie en classe, les bêtises, les bonbons, les bagarres, les copains… Un jour que la petite Nancy est particulièrement dissipée, la maîtresse l’envoie dans la cour méditer sur le comportement qu’elle devrait avoir en classe. Aux alentours de midi, là voilà qui disparaît et, malgré les recherches, la fillette reste introuvable. Suite à cet événement inquiétant, d’autres gamins viennent à disparaître, dans la forêt mais aussi chez eux, arrachés à leur lit au milieu des hurlements. Les enfants, eux, ont vu une vieille inquiétante et franchement répugnante traverser de nuit le petit pont de bois qui relie le village à la forêt. Mais les adultes, comme toujours, ne croient pas à ces sornettes d’enfant…

Voilà un livre bien moins inquiétant que dans mes souvenirs, un roman où l’affreuse sorcière reste un peu en marge du récit, toujours menaçante mais évoquée trop brièvement pour être au cœur de l’intrigue. L’histoire est principalement celle du narrateur et de son ami Harold, de leurs jeux puis de leurs tentatives pour percer à jour le mystère des enfants disparus. Le ton est léger, c’est celui d’un enfant qui parle spontanément. Bien sûr, je n’ai plus l’âge de m’identifier au héros et le langage, les pensées du narrateur créent une petite barrière qui n’existait pas avant. J’ai surtout trouvé ce livre agréable, tendre et assez drôle, hormis la fin plus portée sur l’action, la traque de la sorcière, l’exploration de la forêt. Les liens de l’amitié (presque virile) entre les deux enfants sont aussi un sujet important, très touchant. Pour ceux et celles d’entre vous qui ont des enfants (je dirais entre 8 et 11 ans), ce texte est tout à fait indiqué : il est facile d’accès, l’histoire est sympa et sans temps mort. Pour les adultes, pourquoi pas, pour tous ceux qui ont gardé une âme d’enfant ? Dans ce cas c’est une lecture rapide (un ou deux jours tout au plus si vous êtes très occupés).

Extrait :

« Je baisse la tête. Mon cœur se brise. Je trouve que la maîtresse est très injuste de ne pas vouloir m’écouter et que Mr Dern, le garde forestier, peut bien poireauter un peu, avec ses fleurs en solde, d’autant que lui il est au chaud dans sa voiture et qu’il écoute sa musique de dégénéré ; et c’est pas comme moi qui n’écoute que du classique, même que je sais faire le chef d’orchestre avec la broche qui est dans la cuisine. »

« J’ai tenu le serment du gosse un peu gros que j’étais – je le suis beaucoup moins, à présent, mais je suis plus vieux aussi. Je suis devenu écrivain, un conteur pour les enfants des villes qui n’ont jamais entendu parler de notre forêt, des montagnes du nord et des lutins qui y habitent. Quant à Nan… Vous savez, Nan, dont les cheveux sentaient si bon… J’ai à présent tout le loisir de les respirer, de les toucher même, depuis qu’elle a accepté de devenir mon épouse.

Elle lit ces lignes à mesure que je les écris, ici, sur la véranda, sa main posée sur mon épaule. Et comme moi, parfois, elle tourne les yeux vers la ligne bleue que dessinent les montagnes du nord, par-delà les forêts murmurantes. Il y a une brise fraîche qui caresse les pâturages ce soir, une brise au parfum de lointain, de féeries oubliées, hantées de sylphes que courtisent les étoiles de neige, dans l’abandon du printemps. »

Et la biographie de l’auteur, qui vaut son pesant de marshmallows :

« Michel Honaker est né en 1958 à Mont-de-Marsan dans les Landes. Très tôt, il consacre beaucoup d’efforts à détourner ses cahiers de classe du droit chemin en les truffant de textes ayant peu de rapports avec les équations ou la trigonométrie, auxquelles il vouera toujours une farouche aversion.

Avec un stylo oublié par un oncle vampire, il se lance dans le fantastique sulfureux et écrit une trentaine d’ouvrages consacrés au genre par des voies aussi détournées que le thriller ou la SF. A l’heure actuelle ce dangereux maniaque d’opéra et de musique classique est activement recherché pour détournement de lecteurs sages. »

184 p

Michel Honaker, La Sorcière de Midi, 1991

(Cascade Policier, Rageot Editeur)

11/09/2007

Japon, thé et guerriers

1bfc7473e201945e3e900b09ea49dad7.jpgParmi les livres offerts par Pauline au moment du SWAP se trouvait Le Clan des Otoris, Le Silence du Rossignol de Lian Hearn. Première découverte du SWAP et, autant le dire tout de suite, un gros coup de cœur !

L’histoire : suite au massacre de sa famille, le jeune Takeo est recueilli par Shigeru, un seigneur Otori récemment frappé par la mort de son frère au cours d’une bataille. Au fil des mois, Takeo s’endurcit, reçoit l’enseignement des seigneurs et se forme au combat, développant à l’aide de son maître Kenji des dons frôlant le fantastique. Le tout dans un esprit de vengeance, Shigeru et Takeo comptant bien débarrasser les trois pays d’Iida, l’auteur du massacre du village de Takeo et le responsable de la mort du frère de Shigeru. C’est alors qu’Iida orchestre le mariage de Shigeru avec une jeune fille retenue en otage chez l’un de ses alliés afin de sceller l’alliance entre leurs deux clans. Annonce de paix ? Piège ? Seule la lecture vous le dira !

Verdict : un sans faute pour Lian Hearn ! L’histoire est passionnante, bien menée, sans temps morts. eccd98d8d2319c64b71198538e069036.jpgL’écriture est très agréable, les descriptions agrémentent le texte en plantant un décor envoûtant, fait de brumes, de montagnes escarpées, de peintures ancestrales et de rumeurs et murmures incessants. Deux amours viennent ponctuer le récit et donner un visage plus humain aux guerriers, parfois durs et étonnamment endurants. Beaucoup de personnages intéressants, pas de héros manichéen… bref, un excellent conte qui plaira à ceux qui sont attirés par le Japon médiéval mais aussi à ceux qui comme moi sont peu familiers avec ce type de récit.

ad194e32087332f3175722910e36afa2.jpgEn passant, Le Clan des Otoris est aussi vendu en roman jeunesse mais ne vous attendez pas à retrouver un Harry Potter japonais. Le style tout en finesse aussi bien que le déroulement de l’histoire sont plus complexes. Et là où l’aventure bat son plein chez Harry, la narration est plus posée, les portraits plus détaillés, le tout pour un rendu très différent, particulièrement poétique. Ce qui n’empêchera pas les amis de Harry Potter comme moi de plonger tête baissée dans cette incroyable épopée.

370 p

13/08/2007

Ça y est je sais

890eec56478b64e02e55c8ac517e8ff5.jpg… comment meurt Harry Potter ! J’ai également découvert avec effroi que Ron était un traitre fini et qu’Hermione avait eu une aventure avec Fred… je sais aussi que Snape est le vrai père de Harry. MAIS NON ! Si vous pensez que je vais vous dévoiler la fin de l’histoire, c’est que le soleil (pourtant timide) du mois d’août vous a un ramolli le cervelet à un point critique, nécessitant une thérapie immédiate à base de Proust et de Nietzsche (aux grands maux les grands remèdes !). C’est pourquoi, amis lecteurs, je ne doute pas que vous avez tous lu sereinement ma brève introduction en ricanant avec raison à mes dépens. J’avoue que moi aussi ces (derniers) temps j’ai la pensée facile et de lourdes tendances gâteuses.

Que dire donc de Harry Potter and the Deathly Hallows ? Tout d’abord c’est à mon avis un bon crû, voire un très bon. Quelques longueurs sur les 400 premières pages, mais le démarrage en douceur (une fois la première bataille passée) a pour mérite de laisser la place aux personnages. Ron et Hermione en particulier, les Weasly en général ainsi que Dumbledore prennent une certaine envergure, même si Harry n’est certainement pas le meilleur de tous. Beaucoup ont adoré les 200 dernières pages. Très honnêtement, les batailles et trépidantes aventures qui s’enchaînent sans pause entre les512ce3ea82813a4c28dfb0dbe8faeb96.jpg pages 400 et 500 sont celles que j’ai le moins appréciées. Pas le temps de développer les personnages, tout s’enchaîne rapidement, un peu trop à mon avis. Puis les 100 dernières pages méritent le détour. Beaucoup de choses s’expliquent, et plusieurs personnages acquièrent une complexité toute nouvelle qui ne sera pas pour déplaire aux habitués de J.K. Rowling. De révélation en révélation, voilà un tome qui met un terme aux aventures de Harry en faisant ressortir les liens qui se sont tissés peu à peu entre les différents tomes. Et c’est là que ce livre est une excellente surprise : on ne peut qu’admirer la manière dont l’auteur maîtrise cette histoire, qu’elle a su orchestrer dans les moindres détails dès le premier tome.

Quoi qu’agréable et bien présentée, la scène finale a été comme un coup de massue pour moi, tant je m’attendais à moins de banalité de la part de Rowling, dont les écrits gagnaient en noirceur à chaque tome. Deux personnages restent trop manichéens à mes yeux, l’histoire du Bien et du Mal s’affrontant etc etc étant un peu dépassée à mes yeux, d’autant plus que ce dernier tome veille justement à ne pas brosser de portraits trop caricaturaux de personnages clefs. Autre petit reproche : certains personnages importants disparaissent dans la plus grande discrétion. On aurait pu espérer les accompagner un peu plus dans leurs derniers instants.

7318ae4fa820a247aa7caeb77a0cdf4b.jpgAprès avoir souligné tous les travers de Harry Potter and the Deathly Hallows – ce que je n’ai pas pu m’empêcher de faire, me voilà pourtant prête à achever sur une note très positive : malgré ses petites faiblesses (que j’ai peut-être à tort trop souligné), ce dernier tome est vraiment très agréable à lire. Attachés aux personnages, on rit, on s’interroge, on tremble, on a une petite larme à l’œil, on espère… bref, on vit pleinement ces aventures, d’autant plus qu’il s’agit des dernières. Quoi que… J.K. Rowling s’est laissé la porte ouverte à mon avis…

608 p

21/07/2007

Harrryyyy !

5906e439d2a58dafa33844c9af89f810.jpgEh oui, je cherchais une lecture facile, une lecture drôle, rapide, qui me tiendrait éveillée dans le métro tous les matins en me rendant au travail. J’ai fini cette semaine ma relecture du premier tome de Harry Potter.

Au final : beaucoup de plaisir et une lecture complètement différente (car lorsqu’on connaît la suite on voit que Rowling a déjà établi des connexions avec les livres suivants). Beaucoup préfèrent les tomes plus récents, plus tournés vers l’action, mais j’aime beaucoup l’esprit léger du premier tome. Je raffole en particulier des scènes chez les Muggles, Oncle Vernont et Tante Petunia étant particulièrement gratinés.

Harry m’a permis de retrouver mon goût pour la lecture, mis à rude épreuve en ce moment par la fatigue et le peu de moments libres que j’ai dans la semaine (et Grey’s Anatomy + les Desperate Housewives qui occupent deux de mes soirées en semaine). J’enchaîne donc sur Human Croquet, qui traînait depuis un certain temps dans ma bibliothèque et me donne l’impression après quelques pages d’être du grand Atkinson, proche de Behind the Scenes at the Museum.

Je découvrirai donc l’histoire des Fairfax, en attendant le cœur battant (heureusement pour moi) le 7e et dernier tome de Harry Potter, commandé en version pour adultes et donc chez moi dans le courant de la semaine prochaine seulement (je sens que je vais baver devant les Harry Potter si je vais à la librairie cet après-midi comme j’avais prévu de le faire). A ce sujet, Taylor a écrit un article sur la fin probable de notre héros mondial. Pour sauver Harry, allez  !

320 p