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13/11/2009

Un jour mon prince viendra... didiiiididiidida !

persuasionitv.jpgAprès l'adaptation de Persuasion par la BBC de 1995, j'ai donc découvert le récent téléfilm d'ITV que j'ai également beaucoup apprécié, mais pour de toutes autres raisons.

Rappelons brièvement l'histoire – ce que j'ai omis de faire dans mon dernier billet, mea culpa. Anne Elliot approche de la trentaine (et du statut de vieille fille) alors qu'à l'âge de 19 ans, sur les conseils d'une amie proche de la famille, elle a accepté puis repoussé la demande en mariage du capitaine Wentworth, marin alors sans ressources ni garanties. Anne vit avec son père et l'une de ses sœurs, deux personnages vaniteux dépensant tant et si bien que les Elliot sont contraints de louer leur propriété et de s'installer à Bath pour ne pas se retrouver sans le sou. Les nouveaux locataires sont de la famille du capitaine Wentworth, qu'Anne va être amenée à croiser de nouveau.

persuasion-itv-03.jpgLes faiblesses de la version ITV tiennent pour moi aux libertés prises avec le texte : à partir d'un roman relativement court surgit un scénario parfois décousu où certains développements importants sont laissés de côté ou revus et corrigés, rendant l'histoire un peu incohérente. La fin montrant une Anne qui se met à courir dans tout Bath nous permet de savourer des décors superbes mais ne présente pas un grand intérêt ; le contexte dans lequel le capitaine Wentworth lui renouvelle sa demande par écrit est complètement faussé par le fait qu'il n'a jamais entendu les déclarations d'Anne au sujet de la constance des femmes en amour, privant leur histoire d'un élément qui donnait tout son sens à la conclusion du roman.

persuasion-itv-05.jpgCertains personnages sont traités de manière superficielle : c'est par exemple le cas du père d'Anne Elliot. Cela ne m'a toutefois pas particulièrement dérangée, le choix des acteurs et la mise en scène permettant de rester fidèle au contexte grâce à quelques répliques bien choisies. Plusieurs seconds rôles crèvent l'écran : le père donc, portrait très fidèle du Sir Elliot du roman ou encore Mary Musgrove, la sœur hypocondriaque et nombriliste (incarnée avec une fraîcheur bienvenue par une actrice qui s'est complètement ré-approprié ce rôle un peu ingrat). Seule Elizabeth Elliot me semble un peu fade ; sa coiffure est aussi le seul élément à m'avoir gênée en ce qui concerne les costumes et les styles de coiffure (à force d'en faire trop il me semble que l'on frôle le ridicule, avec de plus une coiffure peu seyante).

persuasionITV-2007-01.jpgAnne Elliot et le capitaine Wentworth sont incarnés par des acteurs bien différents de ceux de la version de 1995, plus en phase avec les derniers films d'époque austeniens : plus jeunes, plus attirants, plus consensuels. Leur jeu est convaincant et touchant. Je trouve cependant un peu dommage que le réalisateur ait choisi de dévoiler dès le début leurs sentiments, qui sont bien moins transparents dans le livre et dans l'adaptation de 1995 qui met en avant la complexité de la situation dans laquelle ils se trouvent, après des années de silence, sans rien savoir du parcours de l'autre et de son état d'esprit.

persuasionITV-02.jpgCes petites «faiblesses» sont autant de choix du réalisateur que je n'aurais sans doute pas faits si j'avais pu un jour adapter ce roman, mais qui me semblent relativement crédibles et légitimes et aboutissent finalement à un film plutôt réussi. Mais c'est un aspect que je n'ai pas encore évoqué qui fait pencher la balance en faveur de ce film : son côté très esthétique, qui m'a totalement enthousiasmée. Le fait de filmer sans caméra fixe peut surprendre mais donne du mouvement et un dynamisme certain à cette adaptation, dont les couleurs aux tons pastel m'ont enchantée. Les costumes soignés s'accordent merveilleusement à cet univers. Les paysages sont de toute beauté, qu'il s'agisse de la représentation de Bath, de la campagne ou du littoral anglais. Un régal pour les yeux, surtout pour les amoureux de l'Angleterre.

Au final, une adaptation à voir et à revoir cet hiver les jours de pluie...

Persuasion, un film de Simon Burke, 2007

04/11/2009

Jane, le come back du retour !

persuasion95-dvdcover.gifJ'ai lu cet été Persuasion mais je n'ai pas eu le temps de finaliser mon billet depuis. Qu'à cela ne tienne ! Je commencerai par un billet sur une adaptation de ce roman.

Première découverte vendredi dernier avec la version BBC de 1995 qui m'avait été prêtée par Isil. Ce film est fidèle au roman et parvient à s'en tenir à l'essentiel sans nuire à l'histoire grâce à un choix de scènes très pertinent. Les acteurs divisent sans doute les amateurs de Jane Austen, le capitaine Wentworth n'ayant rien d'un jeune premier ; cela dit, son physique plutôt atypique ne m'a pas paru incohérent pour ce rôle d'homme encore jeune qui a tout de même baroudé à travers le monde. L'actrice principale a un visage sans doute plutôt quelconque, progressivement embelli par un maquillage approprié à l'évolution de son état d'esprit ; son jeu correspond bien à l'idée que je me faisais d'Anne Elliot, me la rendant d'ailleurs plus sympathique que l'héroïne telle que je me l'étais imaginée en lisant le roman (mais c'est une autre histoire sur laquelle je reviendrai bientôt).

persuasion95_03.jpgQuelques choix un peu incongrus cela dit : au niveau du casting, le père tient finalement moins à son apparence que je ne le pensais et n'a rien de l'homme de belle prestance annoncé dans le roman ; quant aux relations choisies des Elliot à Bath, autant dire que le maquillage frôle le ridicule. Ma plus grosse critique tient au fait que ce téléfilm a terriblement mal vieilli. Réalisé à la même période que Pride and Prejudice de la BBC (aux couleurs un peu passées et à la réalisation sans grand intérêt sur le plan cinématographique, même s'il s'agit de mon adaptation favorite), ce film n'est pas très esthétique : les couleurs sont ternes ou risibles (je songe à la mer flamboyante aux couleurs kitsch); certains plans sont mal filmés comme par exemple un paysage sous la pluie à travers une fenêtre qui devient totalement inintéressant ou encore la chute de Louisa Musgrove.

persuasion95_01.jpgMalgré ces réserves j'ai beaucoup apprécié cette adaptation que je trouve un peu datée mais intelligemment construite et agréable à regarder. A noter qu'Henrietta Musgrove n'est autre que Victoria Hamilton (la reine dans Victoria and Albert, ou encore Mrs Forster dans Pride and Prejudice 1995 et Maria Bertram dans Mansfield Park 1999).

 

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A venir très vite : le téléfilm d'ITV découvert samedi soir (quand on aime Austen, on ne compte pas !).

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Persuasion, un film de Roger Michell, BBC 1995

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09/10/2009

La belle, le docteur et la bête

mary_reilly 01.jpgAujourd'hui, l'Angleterre fête la journée nationale du monstre victorien. Si si. Votre fidèle et dévouée a voulu célébrer l'événement à sa manière et a choisi de parler cinéma.

Mary Reilly revisite l'histoire du Docteur Jekyll et de Mister Hyde, en suivant le point de vue d'un nouveau personnage : celui de la servante. Beaucoup de grands noms ont participé à ce film : dans la peau de Jekyll et de Hyde, un certain John Malkovich (monstre sacré du cinéma s'il en est!), tandis que Julia Roberts incarne Mary Reilly et que Glenn Close joue les tenancières de bordel et se fait sauvagement assassiner par ce cher docteur. Quant au réalisateur, il s'agit de Stephen Frears, autre référence incontournable.

On peut dire que l'époque victorienne et ses monstres sont loin de me laisser indifférente, mais ma lecture du mary reilly 02.jpgclassique de Stevenson ne m'a pas laissé un souvenir impérissable. D'accord, soyons sincères, avouons, avouons mes amis : je me suis passablement ennuyée et j'ai été terriblement déçue, parce que j'attendais énormément de ce roman, ou peut-être plutôt parce que j'attendais autre chose. Malgré tout, l'histoire de Jekyll et de Hyde continue de me fasciner et j'ai abordé le film Mary Reilly avec un optimisme débordant (de toute manière, ne serait-ce que pour les scènes avec Malkovich, je savais que ce film vaudrait son pesant de cacahouètes).

mary reilly_malkovich as jekyll.jpgmary reilly_malkovich as hyde.jpgMalgré le rôle extrapolé de Mary Reilly, servante professionnelle mais trop curieuse, soupçonneuse mais fidèle, malgré la relation ambiguë qui existe entre Jekyll, Hyde et elle – autant d'éléments qui pourraient dénaturer l'histoire principale, le scénario est globalement très crédible. Le personnage témoin est un allié précieux qui permet de croiser le docteur et le monstre dans leur intimité ou au laboratoire et de provoquer des réactions qui ne nuisent en rien à la complexité du cas Jekyll et Hyde. La dualité entre ces deux protagonistes est assez subtilement traitée, même si elle laisse encore la place au doute sur certains aspects de la transformation ou l'origine des crises, comme c'est aussi le cas dans le récit. La dernière scène représente Mary Reilly allongée contre le corps de Jekyll qui devient Hyde dans le plan suivant, lorsqu'elle quitte l'endroit. C'est peut-être le seul passage qui n'a pas grand intérêt et apporte bien peu à l'histoire, puisqu'il ne dévoile pas grand-chose de l'ambiguïté des sentiments de Mary, que l'on devinait déjà avant ; d'autres gestes tout aussi symboliques auraient été beaucoup plus crédibles à mon sens. Mais je vous l'accorde, vous qui me lisez, c'est un petit détail sans importance.

 

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Au final, voilà un film qui se laisse voir avec plaisir et que je recommande chaudement aux amateurs de Stevenson, de monstres classiques et mary reilly_04.jpgd'époque victorienne. Les acteurs sont convaincants, y compris Julia Roberts qui joue ici un rôle très différent de tous ceux dans lesquels je l'avais vue précédemment. J'ai été plus séduite par Malkovich en Jekyll car il me semble que le traitement de Hyde est un poil superficiel et qu'il prend peu de risques dans son interprétation. Il reste malgré tout crédible et brille en Jekyll, tandis que Glenn Close est presque méconnaissable en mère maquerelle fardée à outrance et peinturlurée avec un rouge à lèvres criard mal appliqué. Les décors sont soignés, de même que les costumes. Je me suis régalée devant plusieurs plans de Londres dans sa traditionnelle vision sombre – certaines images des toits m'ont fait penser aux quelques scènes sordides de Mary Poppins qui avaient marqué mon enfance (non ! les comparaisons incongrues ne me font pas peur, d'ailleurs il existe un évident lien de parenté entre Mary Poppins et Hyde, vous ne trouvez pas ?). Un très bon film donc, dont la réalisation aurait peut-être gagné à être un peu moins classique.

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Mary Reilly, un film de Stephen Frears, 1996

06/10/2009

Mephisto où es-tu ?

les_poupees_du_diable 00.jpgEn plein dans les préparatifs du Bloody Swap, j'ai eu envie de profiter de la rentrée du cinéma pour découvrir Les Poupées du Diable de Tod Browning, dont l'affiche m'avait interpelée en passant à proximité du petit cinéma qui diffusait ce film. Une première pour moi qui n'avais jamais vu au cinéma un vieux film en noir et blanc comme celui-ci, qui date de 1936.

De Tod Browning je ne connaissais que l'immortel Dracula, kitsch à souhait mais tellement mythique qu'on lui pardonnerait tout. Pire encore, on en redemande !

les_poupees_du_diable 03.jpgLes Poupées du Diable – comme l'a fait remarquer l'une des amies avec qui je l'ai vu – est un film hybride qui semble bizarrement mélanger deux histoires qui n'auraient a priori pas grand-chose à faire l'une avec l'autre en temps normal.

les_poupees_du_diable 04.jpgL'histoire débute dans un cadre sombre ; on voit venir le film d'épouvante dans toute sa splendeur, avec tout ce qu'il faut de décors glauques et de mise en situation diantrement dramatique : deux prisonniers du bagne de Devil's Island parviennent à semer les autorités qui sont à leur trousse. Ensemble, ils rejoignent Malita, l'épouse de l'un d'eux. Celle-ci vit dans ce qui ressemble vaguement à une cabane en rondins, perdue au milieu de la forêt et près d'un cours d'eau qui a tout d'un marais, à l'écart de la société. C'est là qu'elle a promis d'attendre son époux emprisonné et de travailler à leur grande entreprise : miniaturiser des êtres vivants en poupées qui s'animent en fonction de la volonté de leurs épouvantables créateurs. Alors qu'il tente une expérience sur la bonne, une jeune femme un peu simple d'esprit, le scientifique fou Marcel succombe à une crise cardiaque aux côtés de son épouse et de son compère Paul Lavond, mis dans la confidence. (Mal)heureusement, Malita est bien décidée à poursuivre l'œuvre de son illustre époux. On s'en doute, elle trouve en Lavond un nouvel allié bien décidé à utiliser cette opportunité pour se venger des escrocs qui l'ont fait condamner alors qu'il était innocent. C'est donc à Paris que les deux complices installent une boutique de poupées pour opérer.

les_poupees_du_diable 05.jpgTout commence donc dans une ambiance parfaitement machiavélique. Pourtant, l'horreur fait bientôt place au suspense puis au drame familial. Paul Lavond est loin d'être un monstre, ce qui donne lieu à certaines scènes dégoulinant de bons sentiments lorsque la famille de Lavond fait son entrée, entre la mère certaine de l'innocence de son petiot, la fille qui déteste son père sans le connaître et l'épouse qui a mis fin à ses jours. Nulle raison de s'inquiéter donc, c'est l'heure de sortir les mouchoirs et de pleurer sur le triste sort des uns et des autres, qui souffrent pour de mauvaises raisons (la première étant que toute leur affaire est décidément très compliquée).

les_poupees_du_diable 02.jpgJ'ai souvent eu le sourire aux lèvres en découvrant ce film fort sympathique et bien sûr si délicieusement décalé et maladroit. Les effets spéciaux m'ont surprise et m'ont paru plutôt réussis pour un film de cette époque, même si le défaut majeur que l'on pourrait reprocher au montage est de donner l'impression que deux plans différents ont été superposés pour obtenir l'effet voulu : un personnage miniature qui marche sous un fauteuil ou se hisse sur une table.

les_poupees_du_diable 01.jpgCeci dit, ce n'est pas ce qui est le plus amusant parmi tous les éléments qui rendent le film peu crédible. Il y a par exemple ce repère a priori infâme où se terre la femme d'un bandit et qui, une fois qu'on y pénètre, se révèle être une maison confortable et très bien meublée, pourvue de plusieurs pièces et d'un escalier. Il y a aussi cet air de psychopathe de Malita qui prête à sourire, avec ces yeux grands ouverts, ces sourcils arqués et ce regard fixe qui ne la quittent pas. Et puis certaines scènes extrêmement drôles, comme la rencontre entre le père et la fille : le père prétend être un autre, il a à peine changé par rapport à la photo prise lors de son arrestation mais sa fille n'est pas capable de le reconnaître et conclut à la fin : « c'est bizarre, il me dit quelque chose » (en voilà une qui a certainement inventé la poudre !). Ou encore au tout début, la scène de la crise cardiaque qui vaut tout de même son pesant de cacahuètes. Imaginez cette pauvre Malita qui se morfond en attendant son illustre mari puis, lorsque celui-ci meurt sous ses yeux à peine arrivé (précisons qu'elle l'accueille comme s'il rentrait après un petit week-end et non comme l'évadé tant attendu), la voilà qui l'examine et qui constate : « Il est mort ! »(musique ; elle s'agrippe à Paul Lavond) « mais nous devons continuer son œuvre ! ». Tadam ! A ce sujet, la place des femmes est encore bien représentative de l'époque. Si Malita est particulièrement mauvaise (voire maléfique), elle a besoin d'occuper une place de seconde et se soumet à la volonté de Paul Lavond dès que son époux décède. Ce n'est qu'à la fin qu'elle décide de se rebeller, mais son regard psychotique et sa stupidité la trahissent : Paul Lavond évite de justesse d'être transformé en poupée.

les_poupees_du_diable 06.jpgA noter l'acteur principal dont le physique et le jeu se prêtent parfaitement au rôle (y compris lorsqu'il se déguise en une inquiétante petite vieille) : Lionel Herbert Blythe, qui a reçu l'oscar du meilleur acteur en 1931 et souvent joué avec Greta Garbo.

Au final j'ai passé un excellent moment en découvrant ce film au charme suranné. Une curiosité (à voir en VO pour les imitations d'accent français) !

Un avis plus éclairé.

Tod Browning, The Devill-Doll / Les Poupées du Diable, 1936

29/07/2009

Coraline

coraline affiche.jpgDe Neil Gaiman, je ne connais que The Graveyard Book (livre jeunesse globalement sympathique et bien ficelé) et American Gods. Je pense encore lire Neverwhere étant donné le cadre mais pour ce qui est de Coraline, j'étais plutôt attirée par l'adaptation au cinéma après avoir vu un reportage sur les marionnettes créées pour le tournage et le remarquable travail d'animation.

Pour ceux qui ne le savent pas encore, la petite Coraline vient d'emménager avec ses parents dans coraline 01.jpgune vieille baraque isolée, au sein d'une région où il pleut (beaucoup) et, plus précisément, au cœur d'un appartement qui a besoin de quelques (petites) réparations. Les parents écrivent un guide sur les plantes qui a l'air follement passionnant, surtout pour ce couple qui n'a pas de jardin, fait des repas avec un morceau de munster et trois radis, ne déballe pas ses cartons et laisse foyer et fille chérie à l'abandon. Sans parler de Maman, un poil dominatrice !

coraline 02.jpgBref, vous l'avez compris, il y a des décors plus sympa et des parents plus funky. C'est alors qu'une nuit, guidée par de petites souris, Coraline découvre un passage secret qui conduit dans un double de sa maison. Un double idyllique, où tout est fait pour le bonheur des yeux, le confort et les papilles de la petite qui découvre des copies de ses parents prêts à tout faire pour rendre leur petit ange heureux. Et, malgré les boutons cousus dans leurs yeux, Coraline s'adapte rapidement à ce nouvel environnement et décide de l'explorer régulièrement.

 

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coraline 04.jpgJe me suis régalée avec ce film extrêmement bien réalisé et techniquement très réussi. Il faut dire que j'ai gardé mon âme d'enfant et guette avec impatience les nouveaux films d'animation (d'ailleurs cette semaine je vais voir Up). Les décors sont soignés, fourmillant de détails ; les silhouettes, expressions et mouvements des personnages sont quant à eux très réalistes – dommage que seule Coraline ait vraiment un rôle important, les autres personnalités n'étant pas toujours assez exploitées. Mais je pinaille. L'histoire rappelle à la fois les contes de fée classiques et les terribles aventures des enfants héros de Roald Dahl. Quant à la réalisation, elle est très largement imprégnée de l'univers de Tim Burton, qui a visiblement influencé le film pour la musique et sur le plan esthétique. Pas étonnant, puisque le réalisateur est aussi celui de L'étrange Noël de Monsieur Jack (écrit et produit par Burton). On rit, on s'émerveille... on aurait presque un peu peur pour Coraline. Enfin, que vous dire ? Si vous aimez les films d'animation, ne manquez pas celui-ci, malgré une fin assez facile et un déroulement tout de même un peu prévisible (mais après tout on passe un si bon moment qu'on s'en fiche !).

 

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Au passage, je n'ai pas spécialement envie de lire le roman mais j'ai assez aimé l'histoire pour être tentée par la bande-dessinée si les dessins me plaisent.

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Coraline, un film de Henry Selick, 2009

 

Vite fait, vite fait :

Ils n'ont aucun rapport avec la lecture mais bon, soyons fous.

age de glace.jpgSi vous devez choisir en ce moment entre plusieurs films le dimanche soir au ciné, oubliez L'Âge de Glace 3 : le Temps des Dinosaures qui pourra largement attendre la sortie en DVD à moins de pouvoir le voir en 3D évidemment. C'est mignon, plutôt drôle, Sid est toujours la catastrophe ambulante qu'on adore, l'histoire tient la route, mais le tout a un petit goût de déjà vu et les gags rappellent les premiers films. Une légère déception.

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L'Âge de Glace 3 : le Temps des Dinosaures, un film de Carlos Saldanha, 2009

good morning england.jpgPar contre, si vous êtes plutôt pop and rock, ne laissez pas passer Good Morning England dont la BO monopolise mon lecteur CD ces derniers temps. Années soixante. Les radios pirates font vibrer l'Angleterre, ce qui n'est pas au goût du ministre de la culture, prêt à les faire disparaître. Alors que Radio Rock vit ses derniers instants, le jeune Carl est envoyé sur le bateau-radio par sa mère, histoire de le remettre sur le droit chemin après son renvoi du lycée. Drôle d'idée quand on sait que le bateau est un lieu de débauche et de douce folie entre mélomanes. Voilà un excellent film, plein d'humour et de fraîcheur, rythmé par une BO absolument génialissime.

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Good Morning England, un film de Richard Curtis, 2009

28/06/2009

Les Enquêtes de Murdoch

inspecteur murdoch 01.jpgDepuis deux semaines, France 3 diffuse une nouvelle série policière qui se passe au Canada à la fin du XIXe siècle. Très victorienne, cette série a évidemment attiré mon attention et je dois bien avouer, amis lecteurs, que je suis tout à fait prête à suivre l'inspecteur William Murdoch et ses collègues lors des saisons à venir.

 

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Je ne doute pas que certaines seront interpellées par le physique avantageux de Yannick Bisson ; pour ma inspecteur murdoch 05.jpgpart, je le trouve très sympathique avec la voix de Tom Hanks en VF (eh oui pour l'instant je n'ai pas vu la VO, une fois n'est pas coutume) et ses cils décidément très dessinés. Le casting est très réussi, les personnages complémentaires, les intrigues variées et sympathiques, les enquêtes plutôt bien menées, le tout surtout saupoudré d'une bonne dose d'humour, qui donne tout son charme à cette série un brin décalée et franchement pittoresque. Plus que l'énigme, c'est surtout l'ambiance qui m'a séduite.

inspecteur murdoch 07.jpgMais ce n'est pas tout. Librement inspiré du personnage de Sherlock Holmes, Murdoch rend en quelque sorte hommage au célèbre limier, au point de le rencontrer dans le deuxième épisode. Et puis, pour les amateurs de littérature policière, sachez que cette série a pour origine les Murdoch Mysteries de Maureen Jennigs.

On passe un très bon moment !

 

 

Inspecteur murdoch livre 01 .jpgsherlock-holmes.jpg
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Le guide des épisodes. Un article intéressant présentant la série.

Ci-dessous, le début d'un épisode, avec le générique :

 

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Murdoch Mysteries, série, 2008

25/06/2009

Au secours Miss Bennet !

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J'ai décidé d'ajouter quelques impressions à mon billet sur Pride and Prejudice 2005 (17/03/09), ayant depuis revu la série de 1995 et relu le roman. Un poil ironique, toujours second degré et volontairement enflammée dans ma précédente chronique, j'ai fait partie des nombreux détracteurs de ce film (et suscité un débat qui amuserait sans doute Lizzie si elle était aussi réelle que l'affection follement débordante des janéites). Je laisse ci-dessous l'arme du crime avant de vous retrouver plus bas.

Billet d'origine (âmes sensibles s'abstenir) :

J'avais éte mise en garde par Fashion mais, étant un peu comme Saint Thomas, il me fallait le voir pour le croire. Veni, Vedi, Vinci (enfin j'ai des doutes sur ce dernier point) mais je préfère vous mettre en garde à mon tour: sans être très fleur bleue, il faut être follement téméraire pour consacrer 129 mn au film de Joe Wright Pride and Prejudice.

A sa décharge, je nourrissais déjà des soupçons à l'égard de ce film, que j'ai abordé avec des préjugés dont je n'ai pas réussi à me défaire :

1) une inquiétude certaine devant le nom du réalisateur : Atonement (Reviens-moi) m'a récemment fait pousser des soupirs exaspérés et râler à deux ou trois reprises quand l'histoire n'avançait pas ou dégoulinait de bons sentiments, comportement inédit chez moi, même devant Angélique Marquise des Anges – peut-être parce que j'avais dans les dix ans quand je l'ai vu.

2) un agacement persistant à la vue de Keira Knightley. Sa performance dans Atonement m'avait fait périr d'ennui et me l'avait rendue assez antipathique.

J'ai lu Pride and Prejudice il y a assez longtemps pour avoir oublié de nombreux détails. Ce n'est donc pas tellement l'adaptation que je trouve ratée, mais plutôt le film dans son ensemble.

Première épreuve : la famille Bennet. A force de vouloir faire ressentir le fossé qui sépare les Bennet de Bingley ou Darcy, Joe Wright se lance dans une parodie semble-t-il involontaire (le contraste entre le premier bal, très villageois, et le second, très guindé, en est un bon exemple). Les plus jeunes soeurs d'Elizabeth et sa mère sont terriblement vulgaires et stupides, gloussant comme des poules sentant le coq approcher. Les scènes à la ferme rendent souvent la famille plus ridicule encore, en particulier lorsque la mère sourit en voyant passer un cochon et ses testicules bien en vue.

Deux scènes avec la famille Bennet et j'éprouvais déjà le besoin de sortir baillons et fusils à pompe afin d'éviter la crise de nerfs – à la place Mister Lou et moi avons sorti le chocolat. A ce sujet, peut-être qu'un spectateur n'ayant pas vu les films délicats de la BBC ou ne s'intéressant pas aux moeurs du XIXe trouverait la scène irrésistiblement drôle. J'admets donc que je partais d'un mauvais pied.

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Les costumes et les coiffures m'ont déconcertée (Fashion en avait parlé aussi) : Elizabeth est particulièrement négligée. A l'exception de quelques scènes, son chignon est rapidement fait et des mèches s'en échappent en désordre ou pire encore, ses cheveux sont lâchés, sans chapeau. Sa tenue est elle aussi relâchée. Darcy avec sa chemise au col ouvert est charmant mais très débraillé et, à force de vouloir faire à tout prix une scène à la Darcy en chemise mouillée, le personnage perd de sa crédibilité.

Beaucoup de petits détails ne s'accordent pas du tout avec l'idée que je me fais de l'époque, à l'exemple de ces regards osés en public, des échanges presque familiers entre inconnus ou encore des soeurs pouffant grossièrement dans les pires situations.

Mais le pire reste le casting catastrophique – à quelques rares exceptions près. Malheureusement pour cette pauvre Keira Knightley, j'ai revu Love Actually quelques jours avant de subir ce Pride and Prejudice. Charmantes dans une comédie romantique où son nombre de répliques et son temps passé à l'écran sont limités, les trois expressions faciales pride and prejudice film 2005 02.jpgde cette actrice ont un effet désastreux lorsqu'elle joue Elizabeth. Concentration, petit sourire mignon, grand sourire (malencontreusement souvent accompagné d'un rire bête), regard à peu près inchangé du début à la fin : les sentiments sont communiqués selon un code répétitif qui ne laisse passer aucune émotion. Il en va de même pour ce cher Darcy qui, s'il est mignon, m'a fait à peu près le même effet qu'un tas de choux de Bruxelles refroidis. Soyons honnêtes : je n'attendais déjà plus rien de lui après la première scène, où, pour paraître austère et torturé, il affiche un air morne indiquant l'ennui profond qu'il éprouve – et qu'il communique rapidement au spectateur.

J'ai apprécié quelques scènes (Bingley répétant sa demande en mariage notamment) mais, dans l'ensemble, j'ai trouvé ce film ennuyeux à mourir. J'ai beaucoup baillé, à part deux crises de fou rire lors de scènes ridiculement mièvres (dont Elizabeth sur une colline, regardant le vide, une musique épouvantable nous rappelant que oui ceci est un film romantique et que oui, elle est amoureuse). Souvent exaspérée, j'ai trouvé que ce film est un parfait exemple de mauvais goût, ne le trouvant ni drôle ni romantique. L'histoire d'Elizabeth et de Darcy pâtit du jeu des deux acteurs, l'humour propre aux comédies romantiques n'a pas eu d'effet sur moi. J'ai trouvé ce film beaucoup trop mielleux. Quant au rapport avec Jane Austen, il est plus que vague.

Au passage, les Golden Globe Awards prennent un sacré coup dans mon estime puisque je viens de découvrir que Keira Knightley avait été nominée pour sa performance (au secours !).

Ce film n'est pas abominable et je comprends qu'il plaise, mais je ne pense pas du tout faire partie du public visé, étant trop attachée à certains codes propres aux films et romans ayant lieu au XIXe.

Malheureusement pour moi, un journaliste du Guardian a écrit après avoir succombé au charme de l'actrice : « Only a snob, a curmudgeon, or someone with necrophiliac loyalty to the 1995 BBC version with Colin Firth and Jennifer Ehle could fail to enjoy her performance. » J'assume.

Je vous recommande l'avis d'Allie, à l'opposé du mien, avec un billet très complet.

 

So what ?

 

prideandprejudice 04.jpgAouch ! Si Lou sort parfois ses griffes, il lui arrive aussi d'écouter les arguments adverses (si si) et de revenir parfois sur sa position. Quand en plus Lamousmé menace Colin Firth et se sent incomprise par ses fidèles groupies, il ne reste plus qu'à accorder le bénéfice du doute à un film qui a lui aussi ses adeptes. C'est donc diablement téméraire et prête à distribuer tous les bons points du loubook à Joe Wright que j'ai revu cette semaine ce sublime film qu'est Pride and Prejudice, version 2005.

 

Générique. Lou avec une tasse de thé et un grand sourire presque confiant.

Film + 10 mn. Premier bâillement étouffé.

Film + 15 mn. Cinquième bâillement et activation de l'opération "touillage de thé et résistance à l'appel du terrible pc-sudoku-téléphone-télé-finalement je sors".

30 mn plus tard. Appel au secours de SuperIsil, à la rescousse depuis sa base top cammouflage, en pleine phase de documentation (le Roundup est nocif pour l'homme, pas plus d'un verre par jour mes amis, soyez attentifs).

et ainsi de suite.

 

pride and prejudice film 2005 06.jpgAlors non, je n'ai définitivement pas été conquise par le film de Joe Wright, même si je lui trouve quelques qualités. Joe Wright a un goût certain pour les plans purement esthétiques ou vaguement symboliques : Lizzie sur sa colline, Lizzie sur sa balançoire – deux plans que je trouve longs et sans intérêt, mais aussi de jolies scènes marquant des moments charnière, comme celle  des draps et rideaux qui suggèrent un Netherfield abandonné par Bingley.

Contrairement à la minisérie, cette adaptation prend beaucoup de libertés avec le pride and prejudice film 2005 03.jpgroman. La plupart des personnages secondaires ont un rôle réduit à une peau de chagrin (l'affaire Wickam, les exquises répliques de Mr Bennet), tandis que l'histoire d'amour est traitée avec fougue, à la Brontë comme l'ont dit d'autres avant moi. Par ailleurs, je ne retrouve pas l'évolution très graduelle des sentiments que l'on ressent bien dans la série, les scènes entre Darcy et Lizzie ayant ici à peu près toujours la même intensité et conduisant souvent au même échange de regards entre les personnages.

prideandprejudice 2005 01.jpgMes plus gros reproches tiennent d'abord à la réalisation, qui fait de ce film un ensemble très artistique, assez beau mais avec quelques longueurs qui ne me paraissent pas justifiées alors que tant d'excellentes réparties et de passages importants du roman sont sacrifiés. Enfin, je ne reviens pas sur mon avis concernant les acteurs. Matthew MacFayden m'a seulement convaincue à partir de la deuxième moitié du film, tandis que Keira Knightley me déplaît presque de bout en bout, hormis quelques très rares exceptions. Je continue à trouver les gloussements et énormes sourires pénibles et ridicules, d'autant plus qu'ils n'embellissent pas franchement l'actrice à mon avis (que je trouve pourtant jolie dans d'autres films, mais tout ça est bien sûr terriblement subjectif). Par ailleurs je n'aime pas sa façon de débiter ses phrases à toute allure, sur un ton égal ou énervé. Dernier détail : pourquoi la filmer tout le temps, en particulier lors de la déclaration de Darcy, où l'on voit beaucoup moins ce pauvre garçon que sa future moitié ?

Ce film ne pouvait pas me plaire, parce qu'il est trop mélodramatique et que l'amour est trop immédiat, le tout manquant de l'humour ou des nuances que je recherche dans ce type d'histoire. Sans compter qu'il s'agit plus d'une oeuvre cinématographique originale que d'une adaptation, ce qui se défend mais me dérange un peu, surtout lorsque cela concerne une oeuvre à laquelle je suis attachée.

Ceci dit, je dois reconnaître que malgré mon ennui, j'ai beaucoup apprécié des éléments ponctuels, que je citerai ici en toute bonne foi prideandprejudice2005 02.jpg(histoire de relancer le débat ?!) :

  • Plusieurs personnages, en particulier ceux de : Charlotte Lucas (vraiment parfaite dans ce rôle, je la préfère à la Charlotte de 1995 que j'apprécie pourtant), Bingley, Caroline Bingley, Mary Bennet (moins caricaturale et plus touchante que dans la version 1995 – et toujours séduite par l'option Collins), Mr Collins (que j'aurais épousé si Jane avait déjà rencontré Bingley, car non seulement il n'est pas horrible mais il est plutôt timide et touchant avec ses fleurs, bien que toujours ridicule), Mrs Bennet (presque un contre-sens par rapport au roman, mais elle offre une autre version du personnage, plus humaine, plus agréable, un choix que j'ai trouvé intéressant).

  • L'arrivée de Jane à Netherfield, ponctuée par un éternuement.

  • Le désordre et l'anarchie qui règnent dans la bibliothèque de Mr Bennet ou lors des repas, donnant un peu plus d'animation aux scènes d'intérieur ; les jolis décors qui vont avec.

  • L'entrée des officiers dans le village.

  • Mr Collins se grattant la gorge dans le dos de Mr Darcy, au moment de se présenter.

  • Les fidèles endormis à l'église lors de l'intervention (dominicale ?) de Mr Collins.

  • Le passage où Darcy dépose la lettre dans la pièce où se trouve Lizzie. Oui, Joe Wright prend encore des libertés mais c'est une belle scène, qui à mon sens ne nuit pas au déroulement de l'histoire.

  • La préparation de la demande en mariage de Bingley et la demande elle-même, drôle, agréablement filmée et très touchante.

 

That's all folks ! Une chose est sûre : 1995 ou 2005, Jane Austen n'est pas prête d'être oubliée !

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Pride and Prejudice, Joe Wright, 2005

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22/06/2009

From this day you must be a stranger to one of your parents

P&P cover.jpgVoilà une chronique que je repousse depuis des mois (ce n'est pas une mince affaire !) mais, après avoir l'avoir vue trois fois cette année, je me suis enfin décidée à vous parler de l'adaptation de Pride and Prejudice par la BBC en 1995.

Cette mini-série a peut-être un peu vieilli, tout comme Emma filmé l'année suivante pour ITV ; mais, si les couleurs sont certainement plusP&p darcy 01.jpg ternes que celles du film de 2005, si les plans purement esthétiques sont absents et que cette série n'offrirait sans doute qu'un moment de divertissement aux cinéphiles non-janéites, c'est de loin mon adaptation austenienne favorite. Il s'agit d'une adaptation extrêmement fidèle à l'esprit du livre ; et même plus encore, hormis quelques détails, c'est pour moi une transcription parfaite à l'écran d'un roman riche auquel il est très difficile de rendre justice (comme le dit très bien Isil, c'est presque une « mise en images » du livre). Mais soyons fous, amis austeniens, et revenons sur l'excellent casting de cette série désormais culte.

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C'est un couple incontournable du petit écran et du monde austenien. Sans eux, impossible d'imaginer la série. Sans lui, difficile d'envisager Darcy. Et pour cause, Jennifer Ehle et Colin Firth incarnent à la perfection Elizabeth Bennet et Fitzwilliam Darcy, dont les échanges de regard pourraient faire à eux seuls l'intérêt de la série.
lizzy_bennet_pride_prejudice_bbc_400.jpgOn reproche parfois à Jennifer Ehle de ne pas être assez jolie pour le rôle. Mais si elle est selon les rumeurs rapportées par Miss Bingley une « local beauty », sa beauté ne frappe pas d'emblée Mr Darcy, qui ne prend conscience de ses attraits que graduellement. Pour moi, le charme de cette Elizabeth aux sourires en coin et aux yeux pétillants fait tout son intérêt. Pleine de fraîcheur, elle joue avec une large palette d'expressions qui lui permet de rendre avec beaucoup de subtilité les émotions éprouvées par le personnage.
Colin Firth est un bon acteur mais c'est pour moi ce rôle qui lui a permis de montrer toute l'ampleur de son talent.P&p darcy in london.jpg Peut-être plus encore qu'Ehle, parce qu'il incarne un personnage pour le moins réservé, Firth est impressionnant tant il parvient à exprimer des sentiments très divers tout en restant immobile et froid, avec une expression quasiment inchangée. Imperceptible mouvement de sourcil, regard ardent l'espace d'une seconde, naissance d'un sourire presque invisible sur un visage qui tente de rester impassible : ces infimes variations rendent ce Mr Darcy extrêmement convaincant. A côté, le couple choisi par Joe Wright me paraît fade ; il me semble en tout cas que le jeu des deux autres acteurs est peu nuancé et donc paradoxalement plus monotone (je dis paradoxalement car je les trouve beaucoup plus démonstratifs).

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Mr Bingley fait partie de mes personnages préférés, avec sa coiffure aussi amusante que son air perpétuellement ahuri. Dans le making of, l'acteur raconte que le réalisateur passait son temps à lui demander de sourire, tandis qu'il avait déjà l'impression de ne faire que ça. Ses quelques mouvements de sourcils en période de crise (impolitesses de Darcy ou de Mrs Bennet notamment, sans parler de l'excellente scène où Kitty demande à sa mère : «why do you keep winking at me ? ») me le rendent particulièrement sympathique. L'actrice de Jane Bennet est pour moi un choix assez surprenant. Je lui trouve un air un peu bovin, même si le but est sans doute d'exprimer la douceur et le caractère réservé de ce personnage généreux...

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P&p mrs bennet.jpgTrès mal assorti dans le livre, le couple Bennet est assez crédible à l'écran. Mrs Bennet est parfois irritante avec son goût immodéré pour les cris suraigus frisant l'ultrason mais elle est plutôt amusante la plupart du temps.

Quant à Mr Bennet, Benjamin Whitrow est pour moi son meilleur interprète si on le compare à celui du film deP&P mr bennet.jpg Joe Wright (pour moi un peu trop croulant tout de même, même si habituellement j'aime bien l'acteur) ou de Lost in Austen. Voilà un Mr Bennet plein d'humour qui donne à ses répliques ironiques beaucoup de naturel, les glissant avec un air bonhomme très approprié. Le ton choisi pour dire à Elizabeth « Read on » lorsqu'elle découvre la lettre de son oncle suite à la fuite de Lydia est un bon exemple de la performance de Whitrow dans ce rôle.

 

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Tout comme Jane, Caroline Bingley n'a pas été épargnée par le coiffeur de l'équipe, avec les immondes boucles très frisées qui encadrent son visage. Mis à part ce détail physique, l'actrice joue à merveille les langues de vipère. Les Hurst sont assez transparents, mais j'ajouterais, de même que dans le roman. J'avoue un petit faible pour les scènes d'ivrognerie en compagnie de Mr Hurst.

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mrcollins.JPGMr Collins est répugnant mais rend tout à fait le caractère fourbe, obséquieux et profondément stupide du personnage. Ceci dit, dans le making of, l'acteur s'exprime à peu près de la même manière. Et là, c'est vraiment flippant.

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Physiquement, les deux De Bourgh me semblent bien choisies. L'amusante, l'effrayante Lady Catherine est à mon avis infiniment supérieurecatherine de bourgh.jpg à l'actrice d'habitude excellente qui a été choisie pour la version de Joe Wright. Il me semble qu'elle parvient à créer un personnage à part, dans l'excès et la caricature, apportant une touche assez personnelle à ce rôle de femme de pouvoir nombriliste et désagréable. La musique qui accompagne les visites de cette grande dame est génialement appropriée : pompeuse, de mauvais augure, elle ajoute une dimension ironique à ces scènes. Delightful !

 

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Wickam est moins séduisant que dans Lost in Austen ou le film de 2005. Son jeu n'est pas passionnant mais il faut dire que je trouve le personnage un peu falot de manière générale (tout comme Willoughby, le jeune premier de Sense and Sensibility). Quant au colonel Fitzwilliam, je suis étonnée qu'aucune janéite ne le cite parmi les meilleurs partis austeniens.

 

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les darcy.jpgLe reste du casting est globalement aussi bien choisi, si on pardonne à Mr Gardiner le sourire figé qui ne le quitte presque jamais et si on oublie la légère tendance de Lydia à ouvrir la bouche trop longtemps, à rester les bras ballants ou à réagir trop vite dans certaines scènes. En général je lui trouve une spontanéité et une fraîcheur d'ailleurs vaguement copiées par la version de 2005. Il me semble aussigeorgiana 2.jpg que l'accent mis sur l'intérêt de Mary pour Mr Collins est un parti pris intéressant, servi par des regards et des échanges discrets, souvent au second plan de scènes importantes (comme la danse d'Elizabeth et de Mr Darcy). Petite question: ne trouvez-vous pas un petit air de ressemblance entre les portraits de Jane Austen et Mrs Gardiner ?

 

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Outre le casting, pourquoi cette P&P lake.jpgversion me plaît-elle autant ? Le scénario d'abord, suivant donc de près le roman, avec quelques scènes ajoutées qui ne me paraissent pas incohérentes (Lydia en tenue légère ou encore le fameux plongeon de Mr Darcy dans l'étang), à l'exception de deux regards à mon avis trop appuyés d'Elizabeth à Mr Darcy (lorsqu'elle est près de Georgiana au pianoforte et le moment où elle se retourne nettement dans la voiture qu'elle partage avec les Gardiner en quittant Pemberley ; ces deux scènes durent un peu trop longtemps).

P&p fin.jpgDe même, la façon de mettre en scène les différences sociales entre les Bennet, les Lucas, les Collins et leurs plus riches voisins sans pour autant trop exagérer.  Par exemple avec le choix de robes à imprimés pour les soeurs Bennet et de plumes et de soie pour les soeurs de Bingley. Les nuances entre les familles les plus proches sont  aussi assez bien vues (les De Bourgh ou les soeurs Bingley font étalage de leur fortune dans les vêtements ou la décoration, tandis que Bingley et peut-être plus encore Darcy sont beaucoup plus raffinés et discrets).

Les costumes sont pour certains moins chatoyants queP&P05.jpg dans d'autres adaptations, mais ils sont très soignés et changent souvent (dans le film de 2005, malgré les très beaux tissus, les superbes robes de Caroline et les habits colorés de la plupart des acteurs, la garde-robe vraiment terne de Keira Knightley me fait penser que la pauvre n'a vraiment pas été gâtée).

 

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Sans tourner au mélodrame, avec pudeur et une certaine dose d'humour, cette série est à mes yeux un exemple d'adaptation de roman très difficilement égalable. Il faut dire que le format long se prête parfaitement à la restitution fidèle du roman ; ce n'était certes pas suffisant pour exceller, mais cet aspect pratique joue certainement en faveur de la série. Sa découverte a été pour moi un coup de foudre. Je la connais maintenant sur le bout des doigts ou presque et j'ai un attachement tout particulier pour cet univers dans lequel j'éprouve un immense plaisir à me plonger. Peut-être cette adaptation a-t-elle quelques défauts... mais c'est  encore et toujours celle avec laquelle je préfère m'évader. Le coeur a ses raisons...

lake district england.jpgLe roman de Jane Austen ; l'adaptation par Joe Wright en 2005. A ce sujet, je vais revenir sur mon billet sur ce film car si je n'ai pas aimé, j'aimerais profiter de la relecture du roman et de la redécouverte de la version 1995 pour en reparler. J'avais vraiment détesté mais n'ayant parlé que des aspects négatifs la première fois, j'ai envie de revenir sur des qualités auxquelles j'ai repensé depuis, à force de débattre et de voir l'autre version.

La version Bollywood de 2004, les Bridget Jones inspirés librement de Pride and Prejudice et Becoming Jane, fausse biopic très influencée par Pride and Prejudice.

 

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Pride and Prejudice, Simon Langton, 1995 (minisérie en 6 épisodes de la BBC)

12/06/2009

Jane, Thomas, Mr Darcy and Wickham

becoming jane affiche.jpgJ'ai abordé Becoming Jane avec une petite appréhension, ayant lu plusieurs avis mitigés qui ne me faisaient pas attendre grand-chose de ce film. Et c'est finalement très positif puisque cette biopic romancée a été une bonne surprise.

Julian Jarrold a choisi de faire le portrait d'une Jane Austen encore jeune et non publiée, lors de sa rencontre avec son grand amour (présenté comme tel) Thomas Lefroy. Des débuts chaotiques où Lefroy provoque et taquine une Jane au sens de la répartie (ironique) développé, jusqu'à la fuite à deux pour un mariage qui n'aura finalement pas lieu, nous suivons l'histoire au final malheureuse de ce couple très épris. La scène finale est celle de leurs retrouvailles, des années plus tard : Jane Austen est alors un auteur réputé marqué par les années ; Thomas, que la vie semble aussi avoir fatigué, est accompagné de sa fille Jane et semble plus amoureux que jamais.

Symbolique, cette dernière partie est représentative du parti pris par le réalisateur. Ce film n'est pas BecomingJane 03.jpgtout à fait fidèle à la réalité (à ce sujet je vous invite à découvrir le passionnant article de Lori).

Il s'agit plutôt ici d'utiliser la biographie d'Austen comme un matériau brut pour la magnifier ensuite et en faire un vrai roman cinématographique, « à la manière de ». Et, en effet, le  scenario semble s'inspirer librement de Pride and Prejudice – que Jane Austen commence d'ailleurs à écrire pendant sa courte histoire avec Thomas Lefroy. Le héros est un mélange de Darcy (peu impressionné par Jane, blasé en compagnie de ces ruraux et assez brutal dans ses propos) et de Wickam (lâche, peu déterminé, d'une droiture douteuse). Il est aussi plus fougueux et cabotin, faisant penser aux soldats de BecomingJane 05.jpgMeryton et aux héros plus impétueux du XVIIIe. De même, on retrouve un peu Lizzie dans certaines répliques de Jane et dans la relation privilégiée qu'elle entretient avec sa soeur. Les parents font eux aussi penser aux Bennet (le père un peu moins décalé et la mère moins hystérique, restons crédibles) et Lucy Lefroy rappelle Mary : moyennement jolie, elle joue au piano et chante à peu près aussi mal que la 3e fille Bennet.

BecomingJane 07.jpgJ'ai vraiment beaucoup apprécié ce film, même s'il s'est un peu éloigné de la vérité historique – je crois même que le mélange entre la biographie et l'influence littéraire austenienne est un de ses points forts. Le casting est irréprochable. Anne Hathaway réussit à se couler dans ce rôle avec élégance, suffisamment pétillante pour rappeler l'esprit ironique des écrits de Jane Austen et assez sobre pour incarner une femme indépendante, intellectuelle, au physique assez quelconque – ce qui n'était pas forcément évident pour une actrice ravissante que j'ai toujours vue dans des rôles très légers de fille jolie, BecomingJane 09.jpgsouriante et bien habillée. James McAvoy, très beau mais un poil soporifique dans Atonement (Reviens-moi) de Joe Wright (mais j'en suis désormais persuadée, c'est ce réalisateur qui est très ennuyeux malgré son sens de l'esthétique développé)... bref je reprends, James McAvoy est tout simplement excellent. A la fois séducteur, malicieux puis malheureux, il parvient à exprimer beaucoup d'émotions, tout en finesse. Et n'oublions pas Julie Walters (Mrs Austen), James Cromwell (Mr Austen), Maggie Smith (Lady Gresham), tout aussi doués que d'habitude, ainsi que Laurence Fox (Mr Wisley) et Lucy Cohu (La Comtesse de Feuillide) dont j'ai maintenant très envie de voir la prestation dans Rebecca.

BecomingJane 01.jpgLes seuls reproches que je pourrais peut-être adresser à ce film tiennent à l'esthétique (les décors et les costumes sont soignés, mais peu de plans sont particulièrement mémorables de ce point de vue-là) et à l'aspect relativement traditionnel de la mise en scène. C'est un très joli film, une charmante comédie romantique – très entraînante et drôle au début, mais il lui manque un petit plus pour se démarquer tout à fait des classiques du genre (Emma de Douglas McGrath est pour moi un bon exemple de réalisation très réussie pour un film d'époque).

Un de mes 2 ou 3 films austeniens préférés pour l'instant (parmi 13 films).

Quelques liens : le Becoming Jane Fansite, une interview de l'équipe du film et les avis de Nameline, Emjy, Alwenn, Plaisirs à cultiver, Hydromielle.

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Becoming Jane, Julian Jarrold, 2007

 

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Austen et moi :

Mon questionnaire austenien

Textes de/sur Jane Austen :

Jane Austen, Northanger Abbey – LU, à relire.

Jane Austen, Pride and Prejudice (1813)

Jane Austen, The Watsons

Jane Austen, Emma

Dérivés :

Marsha Altman,The Darcys and the Bingleys (2009)

Adaptations :

Pride and Prejudice (BBC 1995) – REVU

Pride and Prejudice (2005)

Sense and Sensibility (1995, film de Ang Lee) - REVU

Emma (1996) - VU

Emma (ITV 1996) – VU

Northanger Abbey (ITV) – VU

Mansfield Park (ITV) – VU

Films dérivés :

Clueless – VU

Bridget Jones’s Diary (2001) / The Edge of Reason (2004)

Bride & Prejudice (2004)

Lost in Austen (ITV) - REVU

10/06/2009

Mariage pluvieux, mariage heureux

easy virtue 05 affiche VF.jpgLes conditions climatiques foncièrement impertinentes de cette exquise journée de juin me laissent penser qu'il est grand temps de vous parler du film Easy Virtue, vu le mois dernier. A part le titre de la VF qui aurait fait fuir toute madeleine de Proust ou d'hyper qui se respecte (Un Mariage de Rêve), ce film avait quelques atouts de poids pour prendre dans ses filets votre fidèle chroniqueuse :

  • Un manoir en Angleterre, dans les années folles, quand les Victoriens étaient à peine dépoussiérés par quelques autos ma foi tout à fait charmantes.

  • Un casting prometteur.

  • Des costumes de rêves sur l'affiche, à faire pâlir d'envie toute Miranda Priestly qui se respecte, malgré les quelques décennies d'écart.

  • Ah oui, j'allais oublier. Colin Firth. Vous savez, ce type qui a joué dans une série méconnue de la BBC il y a quelques années. Un petit détail tout à fait insignifiant, je vous l'accorde. Mais bon...

Tiré d'une pièce de Noël Coward (à l'origine d'un autre film de Hitchcock en 1928), ce film traite du retour au easy virtue 01.jpgbercail de John Whittaker pendant les années folles. John est l'héritier de propriétaires terriens anglais sur le déclin, une famille visiblement portée sur les traditions aristocratiques anglaises et le respect des conventions sociales. La surprise est donc de taille lorsque John revient de Monaco marié à une certaine Larita. Une épouse idéale, vous pensez bien : américaine, très directe, blonde platine, déjà mariée, Larita est une héroïne moderne qui aime participer à des courses automobiles, passe son temps à fumer et n'a de cesse de mettre un terme à la visite familiale. Vous vous en doutez déjà, Mrs Whittaker mère n'entend pas les choses de cette façon.

easy virtue 02.jpgC'est donc cette guerre impitoyable que se livrent la nouvelle épouse et sa belle-mère qui est au cœur de l'histoire et donne lieu à des scènes très drôles, à des répliques excellentes et des moments cultes – à commencer par le chien involontairement écrasé, les fleurs offertes en masse à une allergique au pollen, ou les conseils de lecture (Sodome et Gomorrhe et Lawrence) judicieusement prodigués à une belle-soeur un peu trop innocente.

Ce film offre un excellent moment de dépaysement au spectateur. Outre l'humour, j'ai easy virtue 03.jpgparticulièrement apprécié les décors et les costumes soignés, la musique entraînante et toujours à propos, sans parler des scènes rythmées qui s'enchaînent pour notre plus grand plaisir.

easy virtue 04.jpgLe casting est sans aucun doute le point fort de Easy Virtue. Kristin Scott Thomas est parfaite dans le rôle de la mère et de l'épouse incomprise qui doit gérer seule son domaine et lutter bec et ongles pour sauvegarder le peu qui lui reste. Colin Firth est franchement sympathique en mari méprisé par son épouse, en sauvageon barbu affable cachant une blessure secrète – comme c'est romanesque! On est loin de Darcy ou des multiples comédies romantiques dans lesquelles on est habitués à le retrouver. Et si je trouve que les photos de Firth mal rasé ne le flattent pas, il m'a totalement charmée dans ce film où il est de toute manière parfaitement convaincant dans son rôle délicieusement décalé.

easy virtue 06.jpgDu majordome aux enfants, en passant par tous les membres de la famille, tous les acteurs ont été particulièrement bien choisis – même si le jeune mari est un peu inconsistant, il me semble que cela correspond parfaitement à son tempérament et rend le duo père (Colin Firth) / fils plus intéressant. Mais la surprise vient pour moi de Larita, incarnée par Jessica Biel. Gardant le souvenir d'un personnage franchement soporifique dans Sept à la maison (7th Heaven), je n'aurais pas été voir le film pour les beaux yeux de Jessica Biel envers qui j'avais quelques a priori. Et pourtant, sa seule performance vaut le déplacement : Biel incarne une Larita flamboyante, easy virtue 07.jpgrendant aussi bien justice à la provocatrice qu'à la facette plus fragile du personnage. Superbe, drôle, très expressive, cette Larita entraîne ses partenaires (et le spectateur!) dans son sillage, avec brio.

Attention : produit très addictif !

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Easy Virtue, Stephen Elliott, 2008

 

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11/04/2009

Résolution numéro 1 : revoir Bridget Jones

bridget jones affiche 01.jpgJ’avais complètement oublié le rapport entre Bridget Jones et Jane Austen et ne gardais pas un souvenir impérissable du premier volet, vu en faisant au moins trois millions de choses à la fois. Mais là, je me suis régalée !

 

Tout le monde connaît à peu près l’histoire, celle de Bridget qui écrit dans son journal ses mésaventures amoureuses et ses considérations métaphysiques : Daniel Cleaver ou Mark Darcy ? Je ne développerai pas plus sur le sujet (qui n’a rien de prodigieusement original en soi). Par contre, j’ai bien envie de vous dire pourquoi je m’éclate en regardant Bridget Jones – et pourquoi après avoir vu le dernier film toute seule chez moi j’ai enchaîné en beauté avec une sublime performance sur l’Ultimate Collection de Madonna, dans un pyjama qui ne dépareillerait pas l’armoire de Bridget et le set de pulls faits maison de Marc.

 

bridget 22 pyjama.pngEvidemment, les quelques allusions à Pride and Prejudice ajoutent un peu de piment à ce qui n’est tout de même qu’une (grosse) comédie (un peu) romantique. Colin Firth reprend du service en jouant Mark Darcy, un avocat intègre et un homme idéal qui se cache sous l’apparence d’un type coincé et désagréable. Hugh Grant incarne Daniel Cleaver, sorte de Wickam, dragueur impénitent et beau parleur. Fâché avec Darcy depuis son aventure avec l’ex Mrs Darcy, Daniel se fait passer pour la victime dans l’histoire… bridget 14.jpgbref, on n’est pas trop loin d’un certain scénario bien connu. Pour les allusions, je ne me lasse pas du clin d’œil fait à l’attitude de Darcy vis-à-vis d’Elizabeth lors du bal (« she’s tolerable, but not handsome enough to tempt me »), lorsque Bridget entend Mark la traiter de vieille fille alcoolique qui s’habille comme sa mère.

 

bridget 10.jpgJ’ai préféré le premier film, Bridget Jones’s Diary, reprochant au deuxième des redites et quelques longueurs. Colin Firth, tellement fidèle au personnage, fait revivre un Darcy de 200 ans plus jeune – toujours aussi flegmatique, toujours aussi séduisant (bon, si vous ne l’avez pas déjà remarqué j’avoue un léger penchant pour Fitzwilliam Darcy, mais qui pourrait s’en étonner ?). bridget 01.jpgHugh Grant est assez différent du beau type plutôt timide qu’il incarne souvent (Love Actually, Coup de foudre à Notting Hill, Sense and Sensibility). Abandonnant ses mimiques empotées, il convainc tout à fait en jouant un séducteur et un faux romantique que l’on sait intéressé, coureur de jupons mais qu’on ne peut s’empêcher de trouver malgré tout très sympathique ! C’est bridget 18.jpgpourtant Bridget qui rend le film si drôle et assez nouveau – du moins à sa sortie. Non seulement elle est très crédible dans son rôle de fille lambda qui lutte contre les kilos, qui n’a pas un maquillage impeccable ni un déshabillé sexy en toutes circonstances (surtout en période de célibat), qui occupe un appart assez bordélique et ne suit pas les lois de la décoration ultra branchée du moment, mais elle a aussi un rapport presque crédible (disons un tantinet catastrophique) avec les hommes qu’elle rencontre. Mauvais choix de sous-vêtements au moment critique, remarque complètement stupide en raison d’un état de nervosité avancé… bref, Bridget c’est un peu vous et moi (parfois en pire), ce qui rend l’histoire encore plus amusante.

 

bridget jones affiche 02.jpgDans Bridget Jones : The Edge of Reason, on retrouve les mêmes ingrédients et des personnages qui n’ont pas du tout évolué. Je regrette un peu la similitude entre les deux histoires, alors que tout pourrait être différent puisque Bridget sort avec Darcy au début du deuxième film… mais non, on ne peut pas éviter la rupture, le retour de Daniel Cleaver qui tente une approche à peu près similaire pour reconquérir Bridget. La fin est presque la même aussi. Bref, côté cœur, pas grand-chose de nouveau à l’horizon ! J’ai aussi trouvé certaines scènes franchement lassantes, comme l’intrusion répétée de Bridget aubridget 20 rebecca.png mauvais moment dans le bureau de Darcy ou ses énormes bourdes lorsqu’elle rencontre les personnes haut placées qu’il fréquente (une fois c’est amusant, trois ou quatre fois on commence à se fatiguer). Le passage en prison est aussi un peu longuet et l’humour un peu lassant. J’ai tout de même bien aimé ce deuxième film. Finalement, j’ai presque autant apprécié le chassé-croisé entre Cleaver et Darcy ; j’ai adoré la chute concernant la charmante Rebecca – chez qui je voyais une réplique plus sympathique de la première rivale de Bridget ; quant à la BO, elle a eu un effet détonnant sur moi. Il faut dire que Madonna est évoquée plusieurs fois (avec Material Girl, Lucky Star, Holiday et Like a Virgin si je me souviens bien), ce qui n’est pas pour me déplaire (eh oui !). J’ai beaucoup apprécié le happy end dans un cimetière et j’ai un scoop pour vous : j’ai découvert que Bridget et moi avons la même télé. C’est peut-être un signe… mais je ne sais pas si je devrais m’en inquiéter ou me réjouir !

 

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Voilà deux films très légers, un peu lourds… que je risque de revoir encore bien souvent. Pour le côté loufoque. Et puis parce que, si j’ai horreur des déclarations sirupeuses, les échanges entre Bridget et Mark ne me laissent pas tout à fait indifférente…

 

 

 

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Et la Bridget joke :

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Voilà les liens directs vers mes articles du Challenge Jane Austen sur ce blog pour l’instant :

Mon questionnaire austenien

Pride and Prejudice : le livre, le film de 2005.

Bride and Prejudice

The Watsons

 

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26/03/2009

Austen suit la route des Indes !

bride_and_prejudice affiche.jpgJe ne connaissais pas son existence il y a quelques jours mais voilà un film qui vaut son pesant de cacahouètes. Bride and Prejudice (ou pour la version française au titre très recherché, Coup de foudre à Bollywood) est l'histoire d'un jeune Indien de retour au pays afin d'être témoin au mariage d'un ami. Il est accompagné de Darcy, issu d'une riche famille américaine propriétaire de nombreux hôtels, et de sa soeur, plus habituée à la société chic de Londres qu'aux danses exubérantes de Bombay. Au cours d'un bal, les deux hommes rencontrent deux femmes charmantes issues d'une famille relativement modeste. La mère est vulgaire, les filles jolies à l'exception de l'une d'entre elles, Darcy et la soeur de son ami s'amusent des traditions populaires du coin tandis que leur compère est déjà sous le charme de la fille aînée... does it ring a bell ?

Outre un scénario proche de l'histoire de Jane Austen, Bride and Prejudice ponctue çà et là le film de quelques phrases tirées du roman. On retrouve la plupart des personnages, entre l'Inde, l'Angleterre et les Etats-Unis. Avec une Lalita (Eliza) pleine d'esprit et un Darcy fier de sa culture américaine, une « Bingley » peau de vache et un Collins à l'intellect proche de celui de « Mrs Bennet », le spectateur se trouve en terrain familier. Côté Bollywood, il paraît que le film n'est pas fidèle au genre, ce qui ne m'étonne pas particulièrement car je l'ai trouvé très américain parfois (musiques, valeurs, remarques...). Je n'avais jamais vu de film bollywoodien jusqu'ici et pour ma part, m'attendant à une avalanche de kitch, de couleurs et de chansons, j'ai beaucoup ri – évidemment, c'est un film à prendre au second degré (sous peine de le trouver trop guimauvesque). Autant les scènes trop « romantiques » du Pride & Prejudice de Joe Wright m'ont fait rendre l'âme à force de pousser des soupirs endormis, autant les aspects ridicules de Bride & Prejudice m'ont plu pour leur côté complètement décalé. Et puis, si les chansons font très « musique de resto indien » et que les paroles sont bêtes à se rouler par terre, les danses dégagent une bonne humeur incroyable. Alors oui, on rigole quand Lalita chante « we will be friends for ever » en balançant les hanches et la tête en rythme, suivie par ses copines, mais avouez que vous aussi vous aimeriez parfois chanter et danser dans la rue avec les passants, les chiens et votre boulanger, façon Mamma Mia (et si vous me dites non je ne vous croirai pas, sauf peut-être Isil – je te vois venir) !

A recommander en cas de déprime, d'hiver persistant ou simplement autour d'un apéro entre copines, pour passer un bon moment sous le soleil artificiel des studios de Bollywood.

Un article négatif.

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Mr Collins, dans les rêves les plus fous de Lalita...

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Et si vous ne voulez pas voir le film, voici deux petites vidéos pleines de musique. Ne ratez pas la première, avec la chorégraphie époustouflante de notre nouveau Mr Bingley et la performance embarrassante de « Mrs Bennet ».

 


 

 

Bride and Prejudice, Gurinder Chadha, 2004

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altman_darcys and bingleys.pngJe voulais signaler à tous les lecteurs d'Austen une curiosité, The Darcys and the Bingleys, au titre au passage bigrement anodin.

L'auteur :« Marsha Altman is a historian and expert on Jane Austen sequels, having read nearly every single one that's been written. » Ah, une historienne et une experte ! Chouette ! Voici une étude académique ou une suite sérieuse ou... :

« Three days before their double wedding, Charles Bingley is desperate to have a word with his dear friend Fitzwilliam Darcy, seeking advice of a most delicate nature. Bingley is shocked when Darcy gives him a copy of the Kama Sutra, (petit sacripant!) but it does tell him everything he needs to know... Eventually, of course, Jane finds this remarkable volume, and in the utmost secrecy shows it to her dear sister Elizabeth, who goes searching for a copy in the Pemberley library... By turns hilarious and sweet, this book also presents an intriguing view of Miss Caroline Bingley, who has such good reasons for being the way she is that the reader can t help but hold her in charity (saperlipopette, j'en perds mon latin). Georgiana Darcy makes a most eligible match, and in spite of his abhorrence of being asked for advice, Darcy s friendship with Bingley is solid and full of fun. »

 

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