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05/05/2012

Séjour éprouvant à Mansfield Park

film-mansfield park 1999_04.jpgJe viens tout juste de refermer Mansfield Park de Jane Austen, et j'ai eu envie de voir enfin l'adaptation de Patricia Rozema, qui faisait partie de mes quelques DVD austeniens en attente. J'avais déjà vu il y a trois ans la version d'ITV, quand je passais mes soirées à regarder des adaptations  des romans d'Austen. Cette version d'ITV ne m'a pas laissé une grande impression, si ce n'est que j'avais trouvé Billie Piper hautement improbable dans le rôle de Fanny Price. Je savais que la version de Patricia Rozema n'était pas fidèle au roman et j'ai essayé de ne pas m'attacher à ce point en voyant le film, pour éviter une déception du type Pride and Prejudice de Joe Wright. Bon, il faut bien le dire, c'est un véritable échec, car je me suis franchement ennuyée et suis complètement passée à côté des subtilités de la réalisation.

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Mais quelques mots sur le sujet : Fanny Price a été recueillie petite fille par son oncle et sa tante Bertram. Cette dernière a fait un mariage plus réussi financièrement que Mrs Price qui, ayant suivi son coeur, se retrouve dans une situation financière peu enviable. Fanny grandit ainsi auprès de ses cousins et tombe amoureuse d'Edmund, qui doit entrer dans les ordres. Le petit cercle est soudain perturbé par l'arrivée dans le voisinage de Mr Henry Crawford et de sa soeur Mary, séduisants, ambitieux, bien décidés à tirer profit de leurs nouvelles connaissances.

film-Mansfield-Park-1999-mansfield-park-14359543-640-480.jpgRepartant sur cette même base, le film n'a malgré tout pas grand-chose en commun avec le roman, si ce n'est le nom des personnages et quelques traits communs, ainsi que l'attachement de la jeune Fanny Price pour son cousin Edmund. Mais je m'y étais préparée et ce n'est pas tant ça qui m'a posé problème.

La réalisation est pour moi complètement décousue : là où Joe Wright (dont les films me font mourir d'ennui) sait exceller en plans de toute beauté, le film est d'un esthétisme douteux, voire franchement décevant, malgré quelques idées sympathiques comme cette caméra qui s'envole à la fin de scène en scène, avec une narration non dénuée d'humour. Quel intérêt y avait-il à multiplier les voix superposées (comme par exemple le sermon de Sir Bertram, dont les échos se perdent de scène en scène) ou les ralentis (danse au bal, ou encore Fanny partie à cheval une nuit sous un orage parce qu'elle n'est pas contente) ? Certaines scènes manquent de crédibilité : Lady Bertram reniflant sa petite fiole (il s'agirait d'opium), Sir Bertram ne réagissant pas franchement à l'annonce de l'échec du mariage de sa fille aînée par la presse, Mary Crawford enlaçant Fanny dans une étreinte sensuelle en répétant une pièce de théâtre ou encore fumant une cigarette, quand elle n'assiste pas aux conseils familiaux des Bertram chez qui décidément, tout le linge sale est lavé en public (à noter ce commentaire fort judicieux « This is 1806 for Heaven's sake ! »). Enfin l'esclavage, l'un des thèmes évoqués car la fortune de la famille en dépend, est introduit à plusieurs reprises mais, à mon avis, sans lien clair avec le reste de l'histoire. Quelques scènes viennent ainsi nous dire que l'esclavage est un commerce monstrueux, ce qui est certes vrai mais ne fait qu'ajouter une dose de bons sentiments au milieu de ce méli-mélo de passages à l'eau de rose, le film étant beaucoup trop fleur bleue pour moi je crois.

film-mansfield park 1999_01.jpgEn tout cas j'aurais eu beaucoup de mal à me laisser tenter par le roman en voyant d'abord ce film, qui me déçoit finalement beaucoup plus que ce que j'avais anticipé. Et c'est vraiment dommage, car je n'avais pas vraiment envie de quitter Mansfield Park ! A noter cependant la bonne prestation de Frances O' Connor qui campe une Fanny très différente de celle du roman, apportant beaucoup de fraîcheur au personnage.

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Un nouvel article dans le cadre du challenge Back to the Past organisé sur ce blog et avec Maggie, et du challenge Jane Austen judicieusement proposé par Alice de Jane is my Wonderland.

Billets : Peachy Reviews (qui n'est pas tendre avec l'adaptation), et plus positifs Lilly (enthousiaste),  Nataka...

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Mansfield Park, un film de Patricia Rozema, 1999

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23/04/2012

Miss Monroe en Angleterre

film-myweekwithmarilyn.JPGJe n'avais pas spécialement envie de voir de biopic sur Marilyn Monroe, mais lorsque j'ai découvert dans la bande-annonce qu'il s'agissait d'un focus sur un instant précis de sa vie, et qu'il avait pour cadre l'Angleterre, j'ai changé d'avis. J'ai ainsi fini par braver la pluie cet après-midi pour voir My Week with Marilyn (je remarque d'ailleurs qu'hier et aujourd'hui il se met à faire soleil peu de temps après mon retour à la maison, c'est assez rageant !).

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film-my-week-with-marilyn_2.jpgEn 1956, Marilyn, alors au sommet de sa carrière, mondialement connue, se rend en Angleterre pour tourner dans The Prince and the Showgirl avec le célèbre Laurence Olivier, également réalisateur du film. C'est également avec ce film que le jeune Colin Clark, 23 ans, débute dans l'industrie du cinéma, en tant que 3e assistant, un terme bien pompeux pour désigner l'homme à tout faire. Ce qui devait arriver arrive, Colin Clark tombe sous le charme de la jeune femme, qui l'apprécie également et se rapproche de lui. Le film est tiré d'une histoire réelle, si l'on en croit ce que disait Colin Clark de cette romance.

Dans l'ensemble ce film est plutôt réussi. Des trois biopics les plus récents My Week with Marilyn, La Dame de Fer et Cloclo, c'est celui qui a sans doute le plus de charme, même si en ce qui me concerne il ne s'agit pas d'un coup de coeur.

film-my_week_with_marilyn.jpgMichelle Williams, bien que ne ressemblant pas spécialement à l'actrice, campe une Marilyn très crédible. Avec beaucoup de finesse elle parvient à restituer différentes facettes de la star, à travers un jeu très expressif parfois assez troublant (certaines scènes rappellent d'ailleurs des photos célèbres, les moindres mimiques de Marilyn étant parfaitement restituées). Un rôle qui lui va à merveille !

L'histoire en elle-même est mignonne. L'actrice, fragile, panique lors du tournage de certaines scènes, est systématiquement en retard, consomme des pilules toute la journée. Lorsqu'elle repère Colin elle en fait son confident et l'abandonnera lors de son retour aux Etats-Unis où l'attend son mari, Arthur Miller. En attendant, leur histoire et le tournage du film forment une parenthèse dans la vie compliquée de Marilyn. A noter que l'on voit également Vivian Leigh, l'épouse de Laurence Olivier.

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Dommage que le scénario soit parfois un peu mou car le casting est excellent et la mise en scène réussie.

Un film Back to the Past, challenge lancé avec la très baudelairienne Maggie.

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My Week with Marilyn, un film de Simon Curtis, 2012

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27/02/2012

La dame de fer

Iron_lady_film_poster.jpgJe l'attendais depuis plusieurs mois, je me suis précipitée pour le voir à sa sortie... et je ressors un peu partagée.


Comme vous le savez déjà (ce film ayant bénéficié d'une bonne couverture médiatique, il serait difficile de passer à côté), il s'agit d'une biopic consacrée à la très controversée Margaret Thatcher, ancien premier ministre anglais conservateur ayant marqué les années 80 par sa politique dure, dans un contexte difficile (crise économique, attentats de l'IRA...).
Comme on pouvait s'y attendre Meryl Streep incarne presque à la perfection Margaret Thatcher. La transformation physique est très réussie, les mimiques, l'attitude – et les tailleurs - sont là. Et même si on parle moins d'elle, on peut tout autant saluer Alexandra Roach, qui incarne Thatcher dans ses jeunes années (pendant les bombardements de Londres puis ses premières campagnes politiques). Malgré tout, au-delà de la performance personnelle, le scénario m'a semblé un peu fragile et j'ai trouvé que ce film s'essoufflait rapidement.

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Au lieu de suivre par exemple un ordre chronologique plus classique, le film se construit autour du présent, avec une Thatcher âgée qui n'a plus toute sa tête. Elle se souvient de certains événements et c'est donc essentiellement par le biais de flash backs que nous découvrons son ascension politique. Cette construction ne m'a pas gênée en soi ; le principe me semblait plutôt intéressant. Cependant, la réalisation reste assez maladroite, accordant à mon sens trop de place à la Margaret d'aujourd'hui, au détriment des autres séquences.

film-damefer3.jpgLa vie de Thatcher est abordée dans les grandes lignes, à travers un portrait plutôt flatteur : la jeune femme courageuse qui va remettre une cloche à beurre à sa place pendant un bombardement, au lieu de rester cachée ; l'influence de ce père épicier très engagé, qui lui inculque le sens de la réussite individuelle ; ses premiers pas de candidate au niveau local, alors que les femmes sont exclues du débat politique ; la belle histoire d'amour ; la réussite et l'accession au poste de premier ministre ; et de ces années, on retient quelques événements, telle la guerre des Malouines, la fermeté face aux grèves, l'attentat à la bombe et une attitude dominatrice vis-à-vis de ses collaborateurs, qui sera l'une des causes de son déclin.

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Les réformes mis en place sont peu abordées et les quelques décisions polémiques portées à l'écran sont traitées de façon assez superficielle : les collaborateurs contestant ses choix ne le font pas avec fermeté et les arguments qu'ils avancent ne sont pas forcément convaincants. Ce qui fait qu'in fine, hormis son caractère trop autoritaire, on finit presque par sortir en se demandant ce qu'on pouvait bien reprocher à cette femme de caractère, fidèles à ses opinions, ayant dû faire preuve de beaucoup de courage pour s'imposer pendant toute sa vie. Autant je n'aurais pas apprécié à l'inverse un film « anti Thatcher » cherchant à montrer à quel point cette femme était épouvantable, autant je regrette beaucoup que les choix politiques de Thatcher et les débats qu'ils ont suscité n'aient pas été abordés avec plus de sérieux, afin d'avoir un rôle informatif, voire engagé, avec des questionnements permettant  par exemple d'apporter un éclairage intéressant sur des thématiques actuelles.


film-dame fer-Streep-Thatcher.jpgAutre point qui m'a gênée : pour traiter de Thatcher aujourd'hui et de sa maladie d'alzheimer, on voit régulièrement le fantôme de son mari, qui lui rend souvent visite et qu'elle est la seule à voir. J'ai trouvé qu'un peu plus de subtilité aurait largement suffi à nous faire comprendre que l'ex premier ministre est aujourd'hui complètement sénile... alors que le reste du film manque d'engagement lorsqu'il s'agit de politique, ces séquences actuelles se complaisent dans un portrait niais et dégradant de Thatcher. Qu'avons-nous besoin de la voir marmonner toute seule toutes les vingt minutes ? Est-ce vraiment là un aspect important à aborder de manière récurrente lorsqu'on évoque la vie d'un chef d'Etat  ou d'un leader ayant marqué son parti et son pays, au point de survoler  ses années d'exercice ? Paradoxalement, alors qu'on sent la fascination de Phyllida Lloyd pour Thatcher, je crois qu'elle n'aurait pas pu livrer un portrait plus humiliant de l'ex premier ministre.

Certes, le film ne tient pas toutes ses promesses, mais je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé. J'ai passé un très bon moment (mais le fait que l'action se déroule en Angleterre a peut-être joué pour beaucoup), j'ai apprécié de très nombreuses scènes et le reverrai volontiers à l'occasion... mais ce n'est pas non plus le coup de coeur que j'espérais, d'autant plus que j'ai été à deux doigts de m'ennuyer à une ou deux reprises. Je conseillerais ce film :
- Aux admirateurs de Meryl Streep
- Aux personnes faisant une légère fixation sur l'Angleterre (je ne fais pas du tout partie de cette dernière catégorie, n'essayez pas de m'accuser, je vous vois venir)
- Avec plus de réserves : à ceux qui veulent découvrir Margaret Thatcher à travers ce film : compte tenu des nombreuses lacunes et du parti pris ce film vous servira tout juste d'introduction mais vous n'en saurez pas beaucoup plus après qu'avant.

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The Iron Lady, 2012, un film de Phyllida Lloyd

19/02/2012

Was Shakespeare a fraud ?

anonymous-movie-poster-01.jpgSi vous voulez en savoir plus sur Edward de Vere, 17e comte d'Oxford, vous ne devriez manquer sous aucun prétexte Anonymous, film hautement intellectuel réalisé par celui qui avait déjà marqué l'histoire du cinéma d'auteur avec Independance Day et Godzilla. Et il fallait bien un maître pour aborder la question de la paternité des oeuvres shakespeariennes.

Ce film débute à Broadway. Derek Jacobi arrive sous la pluie dans un théâtre, passe par les coulisses, il est en retard, presque essoufflé mais il est là. Le rideau s'ouvre et le voilà se posant en narrateur, introduisant ce récit. Et hop ! Le temps d'une transition remarquablement maîtrisée, nous voilà plongés dans l'Angleterre élisabéthaine. Et les révélations commencent !

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Le film repose sur la thèse qui vit le jour dans les années 1920 et selon laquelle Edward de Vere serait le véritable Shakespeare. Le comte d'Oxford aurait en effet été dans l'incapacité d'assumer la paternité de ses oeuvres (pièces engagées, art condamné dans une famille puritaine, notamment par son beau-père, Robert Cecil, conseiller de la reine). Mais la thèse développée par le film ne manque pas d'humour.

anonymous,film anonymous,william shakespeare,comte d'oxford,edward de vere,elisabeth 1,époque elisabethaine,angleterre élisabethaineImaginez une reine Elizabeth portée sur le théâtre et les hommes, fortement influencée par ses conseillers, plutôt gâteuse sur le tard (au point de se déboutonner en public et de fourrer sa main sous son corsage). Une reine vierge qui, sachez le, serait parvenue à accoucher au moins deux fois en toute discrétion lors de tournées à travers le pays. Mais s'il ne s'agissait que de cela : Edward de Vere tombe sous le charme de la reine alors qu'il n'est qu'un très jeune homme ; leur passion est ardente, la reine tombe enceinte mais de Vere a été contraint d'épouser la fille de Robert Cecil et, sous les conseils de celui-ci, la reine renonce à exiger d'épouser de Vere et accepte d'abandonner son fils. Bien des années plus tard, de Vere découvre que lui-même était le fils de la reine... une reine Vierge qui a un fils (et un petit-fils) de son fils inconnu, il fallait toute la subtilité de Roland Emmerich pour avoir cette idée.

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anonymous-rafe-spall.jpgQuant à Shakespeare, le vrai William Shakespeare, nous avons découvert qu'il s'agissait d'un acteur médiocre et suffisant, presque illettré, maître chanteur complètement stupide, bref, un râté de première.

Le film s'achève avec l'incendie du théâtre de Shakespeare, dans lequel étaient cachés les manuscrits du comte d'Oxford, tout juste mort et contraint de soustraire ses écrits à une famille hostile au théâtre et à la littérature. Heureusement, grâce à l'invention récent du coffre ignifugé (remarque fortement pertinente de notre Miss Marple de choc, Isil), les manuscrits sont sauvés des flammes (en plein jour, sachant que celui qui les cherche vient de quitter la tour de Londres, où il vient de passer un bon moment (scène tout à fait plausible, surtout lorsqu'il ouvre le coffre encore fumant à mains nues).

Bref, ce film ne repose sur aucune logique ; impossible d'aller le voir pour en savoir plus sur Shakespeare et l'époque car les nombreux rebondissements hollywoodiens ôtent toute crédibilité à l'histoire. Malgré tout j'ai passé un très bon moment. Les costumes sont très soignés, le casting impressionnant, l'histoire amusante, les reconstitutions de rue sentant un peu l'image de synthèse mais nous faisant malgré tout voyager. Un divertissement bien agréable, même si la trame est cousue de fil blanc. Un film qui nous aura fait découvrir que le fauteuil roulant existait déjà à l'époque, et même bien avant (au moins un détail historique que nous aura appris Anonymous).

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Sur les thèses concernant la paternité des oeuvres de Shakespeare, voici le lien Wikipedia (rubrique "la question de l'identité").

Vu dans le cadre du challenge Shakespeare de Maggie et Claudia.

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Anonymous, un film de Robert Emmerich (2011)

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04/02/2012

Holmes ? Such nonsense !

Sherlock Holmes 2 Film.jpgJe voulais parler ici de meurtres entre soeurs anglaises, lire enfin le roman de Tash Aw, passer des heures à me prélasser sur mon canapé, mon pc sur les genoux et une delicious cup of tea à portée de main, mais le manque de temps me fait privilégier les sorties cinéma de week-end et parler de films hautement intellectuels.

Sherlock Holmes 2 Film5.jpgPour lutter contre le froid, j'ai opté cet après-midi pour une petite escapade en compagnie de Guy Ritchie et de son nouveau Sherlock Holmes, A Game of Shadows. La semaine dernière j'avais déjà passé un moment assez improbable en compagnie de William Shakespeare, mais je vous raconterai ça d'ici quelques jours. Cette fois-ci, comme le titre le journal Marianne (article croisé sur le Net), j'ai vu Sherlock Holmes version grosse baston ou, ajouterais-je, version tout et n'importe quoi (et surtout n'importe quoi). J'avais été très bon public lors de la sortie du premier Sherlock, ne connaissant de Ritchie que son video clip publicitaire avec Madonna. J'espérais une suite un peu originale mais j'ai l'impression d'avoir vu une version infiniment plus caricaturale, définitivement moins subtile et positivement grotesque du premier opus (pour ceux qui ont déjà frémi la première fois, je conçois le caractère quelque peu inquiétant de mes propos). Pour résumer, c'est la même chose, sans beaucoup d'inventivité, le tout assaisonné d'un humour bien lourd.

Sherlock Holmes 2 Film2.jpgOn retrouve les ressorts de tout bon “navet d'action”. Sherlock sauve son ami, évite une guerre mondiale, saute dans des chutes d'eau mais ne meurt pas, suivant un scénario servi par la grâce exquise du réalisateur. Réalisateur qui ne peut s'empêcher de ressortir de son placard les ralentis avant vraie castagne. Mais si je me suis un peu ennuyée pendant ces passages (oui encore une fois je trouve ce type de scène follement soporifique), je n'ai pas été déçue du voyage...

Sherlock Holmes 2 Film6.jpgJ'ai ainsi découvert : que Sherlock avait un penchant pour les vêtements féminins et le maquillage (la question de la nature de sa relation avec Watson étant évoquée avec beaucoup de finesse) ; que lorsqu'il ne pouvait pas s'habiller en femme il adorait les déguisements ridicules (notamment longue barbiche et grosses barbes – Shakespeare et son faux nez à moustache est en comparaison la discrétion même dans Anonymous) ; qu'il buvait du formol (rien de plus naturel) et mettait des combinaisons de camouflage entre sous-vêtements victoriens et pyjama moulant. Quant à Stephen Fry, vous ne le verrez plus du même oeil après l'avoir découvert (tout nu) en Mycroft Holmes. On ne mentionnera pas la liste complète des aberrations et scènes peu crédibles, il faudrait pour ça copier presque intégralement le scénario ici. Les décors (Paris, Londres, Strasbourg...) et les acteurs sont exquis, mais ce film montre bien l'importance du réalisateur, sans qui les meilleurs ingrédients peuvent se transformer en plat bien fade.

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(Voilà qui peut compter pour la prochaine séance des Victorian frogs, au cas où j'aurais besoin d'un plan B)

Sur ce blog : le premier Sherlock Holmes de Ritchie. Une autre version hallucinée de Holmes dans L'Instinct de l'Equarrisseur de Thomas Day. Et de Doyle : Le Pacte des Quatre.

Vu dans le cadre du challenge Back to the Past organisé avec Maggie.

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Sherlock Holmes A game of Shadows, un film de Guy Ritchie (2011)

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22/01/2012

Bleak house BBC 2005

bleak_house serie02.jpgNous l'avions prédit, cette année 2012 sera dickensienne ou ne sera pas ! Après avoir lu Le Mystère d'Edwin Drood, j'éprouve une envie irrépressible de lire Bleak House, en attente dans ma PAL. Pourquoi ce roman en particulier ? La faute en incombe à la superbe adaptation de la BBC, avec un casting de choix incluant notamment Gillian Anderson (que je ne connaissais que pour son rôle dans X Files), Carey Mulligan (délicieuse dans la version de Pride and Prejudice de 2005, ou encore dans l'excellent An Education) ou Anna Maxwell Martin (North and South, Becoming Jane...).

Bleak House repose autour de Jarndyce & Jarndyce, affaire qui oppose les héritiers d'une belle fortune. Depuis bien longtemps, l'affaire traîne en longueur, sans qu'aucun document ou fait significatif ne permette à la justice de trancher en faveur de l'un ou l'autre des intéressés. Une justice qui ne semble pas franchement concernée par le problème et qui une fois de plus chez Dickens est moquée pour son incompétence, son goût de la paperasse et le peu de cas qu'elle fait de ceux qui pâtissent de sa lenteur. La fin absurde assène d'ailleurs un dernier coup de massue à la justice anglaise, mais l'issue de l'affaire en question n'est pas ce qui nous préoccupe le plus.

bleak_house serie01.jpgLa trame est complexe (surprenant pour Dickens, n'est-ce pas ?). Outre l'histoire des héritiers présomptifs en attente du jugement, il est question d'Esther, élevée par une tante qui la détestait, dame de compagnie et gouvernante à la fois courtisée par un juriste bourré de tics, un médecin idéaliste et son propre employeur. Esther, personnage un peu terne, est en réalité au coeur du récit, entre ses divers prétendants et la découverte de sa mère, qu'elle ne connaissait pas. Enquêtes, secrets de famille, rencontres de soldats valeureux et de pauvres en souffrance, coups de foudre, chantages et meurtre, sans oublier une scène tragique, tous les ingrédients sont là pour nous tenir en haleine (merci Mr Dickens). La réalisation sert très bient le propos, avec un grand soin du détail, des séquences captivantes, des acteurs bien choisis (j'ai notamment beaucoup aimé Gillian Anderson en Lady Deadlock, aristocrate hautaine et triste) et l'attention portée à certains personnages plus mineurs, tel Mr Guppy, risible et plutôt attachant, peut-être franchement timbré aussi. Un vrai régal, et le fait de ne pas avoir encore lu le roman ne vous privera pas du plaisir de la découverte !

Et si vous êtes ici vous pourriez avoir envie de découvrir le blog d'Old Fashioned charm.

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Bleak House, série BBC, adaptation du roman de Charles Dickens par Andrew Davies*, 2005

(* Pride and Prejudice 1995)

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18/01/2012

Exposition universelle et steampunk

steamboy2.jpgVoilà un film d'animation que je voulais voir depuis un moment et malheureusement, une déconvenue. M'intéressant beaucoup à l'époque victorenne (vraiment ? vous ne l'auriez jamais deviné !), je suis attirée depuis un certain temps déjà par les romans fantastiques inspirés de l'époque et parmi eux, les romans steampunk. Il y a quelques mois, j'ai découvert par hasard l'existence de Steamboy, film d'animation ayant pour cadre l'exposition universelle de Londres.

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Ray Steam est fils et petit-fils d'inventeurs brillants, dans un monde où les technologies à vapeur progressent sans cesse et les scientifiques se livrent une compétition rude. Lorsque le film commence, Ray vient de recevoir une boule à vapeur surpuissante que son grand-père lui demande de remettre au professeur Robert Stevenson. L'objet en question est en réalité convoité par plusieurs scientifiques et, du début à la fin, la question sera de savoir à qui confier cette boule et dans quel but. Car Ray déchante rapidement : lui qui est brillant et plein d'illusions se rend rapidement compte des motivations des hommes qu'il croise, à savoir l'ambition, la soif de pouvoir ou d'argent. Stevenson et le père de Ray (défiguré à la suite d'une expérience) se battent pour développer les meilleures technologies militaires et n'hésitent pas à profiter de l'exposition pour montrer les terribles machines qu'ils sont parvenus à développer.

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SteamBoy_1.jpgLe sujet pourrait être intéressant mais j'ai trouvé le scénario léger et le film d'une lenteur épouvantable. Les scènes d'action s'enchaînent à n'en plus finir et je dois avouer que je trouve ce genre de film d'un ennui mortel. Les personnages ont la psychologie d'un poisson rouge sous laudanum, entre les vilains méchants voulant asservir le monde mouah ahahah et les rares gentils intelligents et courageux qui se doivent de triompher à la fin. Le seul personnage féminin un peu développé est la petite Scarlet, petite-fille d'industriel odieuse à force d'être gâtée, très drôle et parfois étonnante dans ses réactions (voyant que les machines guerrières détruisent tout sur leur passage sans savoir que l'entreprise avait envisagé de faire une telle démonstration de force, elle ordonne simplement avec autorité à son habituel souffre douleur de ne pas perdre cette guerre... alors qu'on aurait pu imaginer qu'un tel événement la bouleverserait et la ferait évoluer). Mais à part la petite peste Scarlet et quelques beaux paysages londoniens, que de machines, de vapeur et d'explosions ! Quant à l'esthétisme je suis assez partagée, ayant trouvé les personnages assez basiques (on aurait dit les mangas que je regardais il y a près de 20 ans) et le tout un peu sombre.

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Bref, j'ai failli périr étoufée par toute cette vapeur mais c'est victorieuse que je suis sortie de ma lutte contre le sommeil – enfin, il s'en est fallu de peu ! Mr Lou lui, a un peu plus apprécié, ayant mieux résisté à la surdose de testostérone (mais il n'en attendait pas grand-chose, si ce n'est un nouveau “navet” victorien).

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Steamboy, film d'animation de Katsuhiro Otomo (2004)

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15/01/2012

L'East End londonien

whitechapel.jpgEncore une série qui traînait parmi mes DVD en retard et, quelle surprise ! Encore une série anglaise ! Et pas n'importe quelle série puisqu'il s'agit de Whitechapel, série ITV qui nous mène sur les traces de Jack the Ripper de nos jours, alors qu'un copycat sévit dans l'East End londonien.

Le sujet est assez classique, Jack the Ripper ayant beaucoup fait travailler l'imagination des romanciers et scénaristes anglais (ou autres) depuis 1888. Et pourtant, cette série est une vraie réussite !

east end, angleterre, londres, série anglaise, Rupert Penry-Jones, whitechapel, whitechapel saison 1, Le premier meurtre correspond également à la nomination de Joseph Chandler à la tête de l'équipe chargée de résoudre l'affaire. Blond, bien habillé, maniaque, propre sur soi, Chandler est vu comme le bureaucrate diplômé par excellence et c'est avec scepticisme et beaucoup de moqueries que l'accueillent ses subordonnés, à commencer par Ray Miles, l'officier de police le plus expérimenté. Celui-ci critique ouvertement Chandler devant ses co-équipiers et joue sans trop de difficulté les leaders alors que Chandler peine à affirmer son autorité face à ces hommes plus âgés ayant l'expérience du terrain. Le premier meurtre comporte des similitudes avec le premier meurtre reconnu de Jack the Ripper ; un expert de la question se présente au poste de police et décrit avec précision les blessures de la victime. Lorsqu'on l'interroge, il dit n'avoir fait que décrire ce qui était arrivé à la première victime en 1888 mais, alors qu'on sent que Chandler est intéressé, Miles met l'expert à la porte et prétend qu'à chaque meurtre à l'arme blanche dans l'East End la thèse de Jack the Ripper revient toujours. Mais le deuxième meurtre confirme l'hypothèse de l'historien et c'est donc contre l'avis de son subordonné que Chandler se renseigne sur le sujet. La série aura donc deux thématiques parallèles : la capacité de Chandler à se faire respecter ou non par son équipe ainsi que la résolution des meurtres, car il s'agit bien effet d'un copycat.

whitechapel1.jpgSi les relations entre les personnages sont très bien développées et constituent à elles seules un sujet passionnant, l'enquête est elle-même très intéressante. Chandler revient sur chacun des meurtres commis 100 ans plus tôt en cherchant les simitudes... mais les choses sont compliquées : pour commencer, seul Mitre Square existe toujours et il est donc difficile de savoir où le tueur frappera. Quant au copycat, il ne fait pas que reproduire les meurtres : il cherche à incarner le personnage le plus plausible dans chaque cas, selon les témoignages de l'époque, changeant d'habits ou de coiffure selon l'occasion et conduisant ainsi la police sur les mêmes fausses pistes que celles suivies plus de cent ans auparavant. Il se joue lui aussi de l'inspecteur en suivant la même logique, faisant de Miles son Aberline. Il cherche tant à être fidèle à la “légende” que, pour faire écho à la thèse de l'époque disant que l'image de l'éventreur aurait pu être fixée sur les prunelles de ses victimes, il laisse une trace de son ADN sur les yeux d'une des femmes qu'il a tuées.

Un thriller psychologique haletant, servi par un excellent casting (Rupert Penry-Jones de Persuasion, Phil Davis de Sherlock Holmes, A study in Pink ou Bleak House...) et filmé de manière irréprochable : une excellente série ITV !

La bonne nouvelle, c'est que je viens de découvrir qu'il y a d'autres saisons !

Vu dans le cadre du mois anglais organisé avec les très British Cryssilda et Titine et ici sur ce blog. C'est aujourd'hui le dernier jour du mois anglais mais j'ai prévu de poursuivre mes billets anglais jusqu'à la fin du mois de janvier...

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Whitechapel, Saison 1, une mini-série de S.J. Clarkson,  (2009)

18/12/2011

Théâtres londoniens au XIXe

Esther Kahn.jpgIl y a deux ans j'ai découvert un auteur victorien que je ne connaissais pas grâce à Alice, Arthur Symons, à travers un recueil incluant le court texte Esther Kahn.

Il s'agit d'une jeune fille élevée dans une famille juive de couturiers modestes, dont les ambitions la portent vers un autre univers : le théâtre. Bâtissant un film long sur une nouvelle très courte, Desplechin dépeint l'ascension d'Esther Kahn. La première partie insiste beaucoup sur les origines sociales de la jeune fille, avec de nombreuses allusions aux relations tendues qu'elle entretient avec sa mère. Celle-ci lui dit ainsi au début indirectement qu'elle ne fait qu'imiter sa famille mais n'a rien d'humain, puis la traite de vicieuse et l'accuse de pervertir ses soeurs, avec lesquelles elle partage sa chambre. Adorant le théâtre, Esther parvient à convaincre ses parents de l'aider quelques mois le temps de réussir et d'être en mesure de les rembourser. Elle joue des rôles mineurs mais cherche à améliorer son jeu, notamment grâce à un acteur juif plus âgé qui lui donne des cours dans un théâtre vide pendant la journée. Malgré tout, tant qu'elle n'aura pas vécu et notamment, souffert pas amour, Esther ne sera pas en mesure de jouer correctement - c'est du moins ce qu'on lui dit. Elle finit par s'éprendre d'un critique, qui l'abandonne pour une jolie potiche. Brisée, Esther se trouve obligée de jouer alors que son amant vient la provoquer en compagnie de sa nouvelle conquête. Elle excellera ce soir-là en souffrant le martyre. Une étoile est définitivement née, mais à quel prix ?

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esther kahn2.jpgL'adaptation est assez déconcertante lorsqu'on connaît la nouvelle. A partir d'une trame qui lui sert de fil conducteur, Desplechin extrapole pour nous immerger dans la vie d'Esther Kahn et nous permettre de mieux comprendre ce personnage complexe et insaisissable. L'idée est louable, l'exécution plutôt réussie, malgré des bémols me concernant. J'ai surtout apprécié la reconstitution de l'époque, Londres et ses théâtres (un milieu que je ne connais pas - s'il vous intéresse je vous recommande vivement Que le spectacle commence ! d'Ann Feathertone), certains rôles secondaires (je pense notamment à Ian Holm, jouant l'acteur de troisième zone enrôlé pour servir de caricature aux personnages juifs, et qui donne des cours à Esther).

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En revanche la façon dont est traité le personnage d'Esther Kahn m'a moins convaincue. Autant la dernière partie est extrêmement bien menée, lorsque l'on voit Esther dans les coulisses et sur scène, souffrant tant qu'elle veut se blesser et partir avant d'enchaîner finalement les répliques sur scène, autant j'ai trouvé qu'Esther paraissait complètement idiote parfois, avec des réactions bizarres, des regards vides, des grimaces lorsqu'elle est petite et des attitudes étranges plus tard, tout cela donnant à penser qu'elle n'a pas toute sa tête. J'ai été un peu dérangée par cet aspect sur lequel le film insiste beaucoup : un aspect qui met mal à l'aise et qui pour moi n'apporte pas grand-chose au sujet, la façon dont se réalise l'actrice. Dernier point : l'amant d'Esther parle avec un accent français très marqué (le film a été tourné en anglais), ce qui lui ôte toute crédibilité et vient nous perturber. Un film à découvrir sans aucun doute, qui présente de nombreuses qualités mais qui m'a moins plu que la nouvelle dont il est tiré.

Dans le cadre du mois anglais organisé ici-même et avec les délicieuses Cryssilda et Titine, et du challenge Back to the Past, organisé ici aussi avec ma chère Maggie.

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Esther Kahn, un film d'Arnaud Desplechin, 2000logo mois anglais9.jpg

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17/12/2011

Last Christmas I met the Doctor

docwho.jpegPetit souvenir de Noël dernier.

Je suis tombée par hasard le 25 décembre sur trois épisodes de Noël de la série Doctor Who, pour le plus grand plaisir de mon cher et tendre désormais converti, bien plus que moi d'ailleurs (et au grand désespoir du reste des téléspectateurs qui nous entouraient et ont été traumatisés par cette incursion dans le monde halluciné du docteur).

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La Prophétie de Noël (2 épisodes - 2009)

Visiblement, il me manquait quelques épisodes pour tout comprendre à cette histoire qui de toute façon m'a un peu ennuyée.

Début de soirée. Le Tardis apparaît dans un vitrail. L'estomac bien rempli, l'esprit un peu embrumé Mr Lou et moi nous exclamons en choeur avec un enthousiasme déconcertant pour notre entourage: “un Tardiiiis, regarde !!!”.

Le générique arrive (ou était-ce juste avant ?). Nous voilà déchaînés, prêts à acclamer Docteur Tennant dès son arrivée. En attendant, nous accompagnons avec enthousiasme le générique : “Ouwiiou ouwiiou”!

Arrive le début. Une prison pour femmes, de grands malades, un peu de menace et là un grand méchant psychopathe revient à la vie grâce au sacrifice de ses disciples (les grands malades en question). S'ensuivent quelques scènes qui achèvent de traumatiser notre entourage : homme électrique qui peut s'envoler et dont on voit le squelette sur fond fluorescent lorsqu'il s'énerve. Summum de l'horreur, sa façon bien à lui de se déchiqueter et de dévorer tout ce qu'il avale.

Je vous ferai grâce de la suite. C'est compliqué.

Sachez tout de même que grâce à Doctor Who, l'humanité sera sauvée (on n'en attendait pas moins de lui). Au passage, le psychopathe qui mange comme un cochon mourra après avoir tenté d'asservir l'humanité et disparaîtront également les Seigneurs du Temps qui auront tenté de faire leur come back (avec à leur tête un Timothy Dalton assez névrosé).

Honnêtement, c'est la fin qui m'a intéressée, lorsque le docteur fait ses adieux aux différents compagnons qu'il a eus avant de se régénérer (séquence émotions - bye bye David Tennant !). Pour le reste, hormis la relation entre Wilfried et le docteur, j'aurais aussi bien pu me remettre au tricot ou sortir un Sudoku.

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Cyber Noël (1 épisode - 2008)

J'étais à deux doigts de renoncer lorsque j'ai vu qu'il y avait un troisième épisode que je ne pouvais absolument pas rater puisqu'il se passait en Angleterre en 1851.

Docteur Tennant débarque à bord de son Tardis. Le voilà en période de Noël, heureux, épanoui, lorsqu'il entend quelqu'un l'appeler et se montre encore plus ravi de cet appel au secour. C'est sans compter sur Rosita, qui le remet à sa place et lui apprend qu'elle n'appelle pas un docteur quelconque mais LE docteur. Car un autre Docteur est bien là, sympathique, enthousiaste et victorien jusqu'au bout des ongles. Pourtant ce nouveau venu semble un peu étourdi. Son Tardis est une mongolfière et ses outils ne sont que des objets quelconques, sans pouvoir spécifique.

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J'ai trouvé cet épisode excellent. Deux histoires se déroulent en parallèle : celle du docteur inconnu et du tandem qu'il forme avec Rosita, ainsi que celle de cybermen, qui ont décidé d'asservir le monde entier (pour changer), aidés d'une Victorienne manipulatrice et meurtrière comme les adore Mary Elizabeth Braddon. Beaucoup d'action, de l'humour et un cadre historique qui évidemment n'était pas pour me déplaire ! Un de mes épisodes préférés dans l'absolu (pour l'instant du moins).

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Dans le cadre du mois anglais organisé ici-même et avec mes amies Cryssilda et Titine.

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20/10/2011

La forêt interdite

promenons_nous_dans_les_bois,0.jpgQuatrième étape du train fantôme du challenge Halloween : La Forêt interdite !

Adolescente, j'ai vu un certain nombre de films d'épouvante et parmi eux, Promenons-nous dans les bois m'avait fait une impression favorable. En vue du mois d'octobre et d'Halloween, je l'ai revu cet été sur une VHS retrouvée chez mes parents et autant le dire de suite : je devais en attendre trop car j'ai été franchement déçue.

Cinq acteurs de troisième zone sont employés par un châtelain vivant au coeur de la forêt afin de faire une représentation pour l'anniversaire de son petit-fils (représentation affligeante au possible, ce dont même certains comédiens ont conscience).

Le château est glauque, peuplé d'animaux empaillés. Le maître des lieux, en chaise roulante, est selon les instants, sinistre ou névrosé. Le garde-chasse semble profondément dérangé lui aussi. Et pour compléter le tableau, le petit-fils sourd-muet (à l'issue d'un accouchement plus que forcé qui a laissé des traces) est tout aussi effrayant (mais que serait le film d'horreur sans un enfant psychopathe en devenir ? Pensez à Halloween, au Village des Damnés...) : il s'amuse à se ficher une fourchette dans la main et assistera à des scènes de violence avec une froideur tranquille et un intérêt sordide.

On le comprend rapidement, la pièce n'est qu'une mascarade : le véritable jeu commence la nuit à travers une chasse à l'homme qui a pour cadre la forêt et le château. Tour à tour, chacun est suspecté. Au final, à l'instar de la mère dans le Village des Damnés, les deux  survivants commettent l'erreur d'emmener avec eux le petit-fils, dont on devine le caractère maléfique.

J'ai trouvé la mise en scène oppressante et sombre, et ainsi conforme à ce que l'on peut attendre de ce genre de film, mais j'ai déploré le caractère répétitif du scénario : Machin disparaît, on le cherche et on trouve son cadavre, du coup on suspecte Truc qui disparaît à son tour et dont on retrouve le corps, on passe son temps à se séparer ("je reviens tout de suite") et à perdre les troupes une à une. Le côté cinéma d'auteur qui m'avait semblé intéressant il y a des années m'a paru surfait : les scènes hallucinées sont assez incohérentes, les comédiens ont des psychologies trop proches à l'exception de l'une des filles. Leur jeu est assez figé et j'ai eu beaucoup de mal à supporter les scènes de Clotilde Courau en particulier, qui  passe pour la bécasse de service puis me semble en faire des tonnes lorsqu'elle devient hystérique en découvrant ses collègues morts. A vouloir être trop original, ce film s'enferme dans un univers minimaliste assez lassant. On s'ennuie ferme.

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Promenons-nous dans les bois, un film de Lionel Delplanque (2000)

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17/10/2011

La Seine et moi

monstre-a-paris4.jpgAvis à vous, chasseurs de fantômes, de vampires et autres créatures sauvages ! Prenez garde à ne pas trop rapidement utiliser votre lance-pierre ou mettre en oeuvre  les prises assimilées lors de vos cours d'auto-défense car l'habit ne fait pas le moine et les monstres ne sont pas toujours ceux qu'on pense ! Croyez-le ou non, mais vous qui vaporisez, écrasez, aspirez sans pitié tout insecte répugnant qui aurait le malheur de croiser votre chemin, vous risquez bien de vous mettre à l'élevage de puces dans l'espoir de les voir se transformer un jour en puces géantes, à l'instar de Francoeur, Un Monstre à Paris.

Car c'est un monstre gentil dont j'ai décidé de vous parler pour célèbrer Halloween !

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monstre-a-paris5.jpgParis, 1910. La capitale est inondée, les Parisiens se déplacent en barque lorsqu'ils n'habitent pas sur la colline de Montmartre, où chante chaque soir la charmante Lucile. A la suite d'une série de maladresses et de catastrophes dans le bureau d'un savant, une puce grandit jusqu'à devenir gigantesque. S'échappant dans la nuit, elle sème la terreur partout sur son chemin, tous les humains la croisant se méprenant sur les intentions de cet être formidablement épouvantable. C'est alors que Lucile, après s'être ressaisie, comprend que l'animal est inofensif et malheureux. Elle l'accueille et se produira bientôt avec celui qu'elle nomme désormais Francoeur, guitariste et chanteur talentueux.

monstre_paris1.jpgCe film d'animation est une petite merveille. Des décors soignés, de magnifiques scènes dans le Paris de 1910, des personnages hauts en couleur et pleins d'humour aux traits soignés. L'histoire n'est pas d'une originalité renversante mais le scénario est bien ficelé : scènes amusantes, rebondissements, quelques déclarations, de quoi tenir le spectateur en haleine ! Et bien sûr, le tout est ponctué de chansons interprétées par M et Vanessa Paradis, ce qui n'est pas le plus petit atout de ce film. On se régale... on regrette juste de ne pas pouvoir se joindre aux personnages pour une petite soirée faite de musique et de champagne !

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Un Monstre à Paris, un film d'Eric Bergeron, 2011

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10/10/2011

L'effrayant village zombie... ou presque !

deathbecomesher.jpgJ'ai renoncé au village zombie, deuxième étape du train fantôme du challenge Halloween, du moins dans sa forme plus stricte, mais j'ai pensé que quelques morts-vivants pourraient constituer une alternative intéressante. J'ai donc ouvert ma porte à Madeline et Helen, qui tourmentent si bien un certain Ernest dans Death becomes her (La Mort vous va si bien).

Helen emmène son fiancé Ernest au cabaret, pour voir un spectacle de Madeline, une vieille ennemie qui lui a toujours ravi tous ses amours de jeunesse : cette soirée constitue un test avant de se dire oui devant l'autel. Alors que le spectacle minable et nombriliste ne plaît à personne, Ernest est enthousiaste. S'il jure à Helen que Madeline n'a aucune importance à ses yeux, c'est cette dernière qu'il épouse quelque temps après.

deathbecomesher03.jpgLe temps passe : Madeline vieillit, multiplie les séances de rajeunissement qui, il faut bien le dire, ne sont plus trop efficaces, au point que son jeune amant finit par la quitter en lui conseillant de trouver quelqu'un de son âge ; Ernest boit car il est malheureux en amour, avec une femme acariâtre qui le méprise et un travail minable de croque-mort, alors qu'il était chirurgien plastique avant de rencontrer Madeline ; quant à Helen, elle est obèse, dépressive et totalement obsédée par Madeline, qu'elle hait et accuse de tous ses malheurs.

Ce quotidien bien triste va être chamboulé par deux événements : le responsable du centre de soins dans lequel Madeline se rend régulièrement lui donne la carte d'une femme étrange, sorte de sorcière qui détient une potion magique permettant de rester éternellement jeune ; Helen revient quant à elle métamorphosée, transformée en vamp sexy et provocante, bien décidée à se venger de Madeline. Malheureusement pour les deux femmes, qui ont toutes deux bu la potion, la mort va les frapper de façon brutale : Madeline est poussée par son mari dans les escaliers et se brise le cou ; elle tuera ensuite Helen en lui tirant dans le ventre, creusant là un énorme trou. Car oui vous avez bien lu : c'est bien Madeline morte que tue Helen.

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C'est à partir de ce moment que la comédie devient tordante : car Madeline et Helen sont bien mortes, leur peau se décroche facilement, leurs yeux sont décolorés, leurs traits se déforment, et pourtant elles sont bien "en vie". Par nécessité, les deux ennemies deviennent des alliées (ironie du sort) et se tournent vers ce pauvre Ernest qui pensait s'échapper et se retrouve esclave de ces deux femmes auxquelles il doit refaire constamment une beauté.

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C'est un film que je voulais voir depuis des années mais qui ne repassait jamais à la télévision et auquel je ne pensais pas souvent. Je me suis régalée avec cette comédie jouissive, pleine d'humour noire, jamais immonde et pourtant bien grinçante, portée par d'excellents acteurs dont Meryl Streep que j'adore. Beaucoup de scènes cocaces, de l'imagination, quelques gags, des effets spéciaux datés et donc aujourd'hui plutôt amusants, une ambiance très marquée par l'époque et qui m'a fait penser à beaucoup de films que j'aimais beaucoup, dont les Retour vers le futur, du même réalisateur si je ne m'abuse. A voir, à revoir, un pur moment de bonne humeur ! Et en ce mois d'Halloween, c'est avec plaisir que j'ai invité chez moi ce trio de choc !

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Death becomes her / La mort vous va si bien, un film de Robert Zemeckis , 1992

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05/10/2011

La célèbre, l'incontournable Maison hantée !

the frighteners.jpgEt voici un premier arrêt sur cette ligne fantôme que nous vous proposons d'emprunter avec nous tout au long du mois, avec une étape tous les cinq jours dans un lieu joyeusement effrayant !

Sur les conseils de quelques partipantes au challenge Halloween, j'ai fait une halte à la maison hantée en regardant The Frighteners (Fantômes contre Fantômes), un film de Peter Jackson avec Michael J. Fox. Je m'étonne de ne pas l'avoir vu plus tôt car j'ai toujours bien aimé cet acteur et l'idée d'un film humoristique autour des fantômes n'est pas pour me déplaire (vous avez tout de même devant vous celle qui a arrêté de compter après avoir vu 21 fois Ghostbusters I et 16 fois Ghostbusters II entre le CM1 et le CM2 !).

fantomes-contre-fantomes-05.jpgFrank Bannister est un escroc d'un genre inédit. Régulièrement, il repère les enterrements du coin et vient jeter ses cartes de visite au cas où l'esprit du défunt se manifesterait et aurait besoin d'être délogé par ses soins. Frank prétend voir les morts (c'est vrai). Il se targue aussi d'être un chasseur de fantômes (c'est faux : quelques complices fantômes se chargent d'épouvanter une famille avant de disparaître avec l'arrivée de Frank). Attaqué dans sa maison, un jeune couple fait appel aux services de Frank : Lucy est confiante tandis que Ray, dont la pelouse et les nains de jardin ont été saccagés par Frank un peu plus tôt, reste bien évidemment hostile. Malgré l'intervention de Frank, un poltergeist rôde toujours dans la maison et Ray décède bientôt dans des circonstances étrages. Lucy et Frank vont ainsi se rapprocher et lutter ensemble contre une malédiction qui semble frapper la ville, où les morts subites se multiplient. Leur chemin croise celui de Patricia, séquestrée dans une maison lugubre, autrefois petite amie d'un tueur en série envoyé à la chaise électrique.

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Si vous ne l'avez pas encore vu, n'hésitez pas à faire vous aussi la connaissance de Frank et de Lucy. Voilà un film qui ne manque pas d'humour, qui reste très léger tout en empruntant au film d'épouvante un certain nombre de codes et de lieux : un hôpital abandonné, une maison hantée, un cimetière et quelques personnes au passé louche, à commencer par Bannister, soupçonné par un agent du FBI complètement fou d'être le meurtrier de sa propre femme, morte quelques années plus tôt. Les effets spéciaux sont assez réussis pour un film de cette époque et l'action ne manque pas, avec un scénario bien ficelé. Une très bonne surprise !

Vu dans le cadre du challenge Halloween 2011 organisé ici et chez Hilde.

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The Frighteners (Fantômes contre Fantômes), un film de Peter Jackson, 1996

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02/10/2011

Kill her mummy

vendredi13_06.jpgParmi les films "culte" du genre, je n'avais jamais vu le fameux Vendredi 13, que l'on cite beaucoup mais qui, j'ai l'impression, est finalement peut-être moins vu que d'autres "classiques" tels que Halloween ou Freddy et les Griffes de la Nuit. J'ai décidé de le regarder enfin à l'occasion du challenge Halloween et, savez-vous quoi ? Voilà l'un des pires navets de la création !

Introduction : Camp Crystal Lake, 1957. Un jeune couple s'étant isolé (on ne sait pas pourquoi) se fait trucider par une personne de leur connaissance (mais le mystère est intact car la caméra adopte le point de vue de l'assassin).

vendredi 13.jpgPuis nous voilà à la fin des années 1970/début des années 1980 : le camp, abandonné depuis le drame, va être réouvert. Il est investi par une bande de jeunes prêts à tout remettre en état, tout en passant du bon temps (ce qui n'est pas une bonne idée car, comme dans tous les films américains de cette époque, on l'aura compris, le sexe, c'est mal, et tous les vilains pêcheurs vont bien évidemment mal finir). Au début tout va bien, si ce n'est qu'on entretient des soupçons sur certains membres de la communauté, qu'une jeune femme devant rejoindre le camp se fait tuer dans la forêt par une personne qui l'avait fait monter dans sa voiture (l'auto-stop, c'est mal aussi), qu'un lunatique traîne dans les parages et que quelqu'un de bizarre espionne la folle jeunesse depuis les fourrés.

Et c'est là que tout dérape franchement : en l'espace d'une soirée, tous les jeunes à l'exception du survivant unique (qu'on a tôt fait de démasquer) se font tuer les uns après les autres, dans des scènes à haute teneur en ketchup.

halloween-affiche.jpgSans surprise aucune, ce film me semble en quelque sorte calqué sur Halloween, dont il est une pâle copie : il y a en effet beaucoup de similitudes. Dès l'introduction, le scénario repose sur le même principe puisque dans Halloween, on assiste d'abord à une scène datant d'un certain nombre d'années : cette scène de meurtre introduit pour la première fois le tueur et est filmée de son point de vue. Par la suite, le choix des victimes, la caméra adoptant le point de vue du tueur, les meurtres de jeunes gens ayant pris du bon temps et les sempiternels (je reviens tout de suite !), jusqu'à la mise en scène des corps retrouvés par la survivante, tout reprend les principaux ingrédients du film Halloween. Quant à Jason, créature semi-fantastique hantant le lac et commandant à sa mère les meurtres, il fait aussi écho à l'assassin d'Halloween, encore enfant dans la première scène. Peut-être que la nouveauté tient au choix d'une vieille dame en tant qu'assassin, mais cela ne suffit pas à relever le niveau. Enfin la musique n'accompagne pas assez les personnages : Halloween était pour moi principalement porté par une musique angoissante qu'on n'a aucune peine à se remettre en tête si l'on connaît le film. Ici, le réalisateur a fait le choix de ne pas avoir de bande-son pour beaucoup de scènes, afin d'être plus réaliste. La musique, quand elle est présente, ferait  frémir d'indignation le pire des boys bands tant elle manque d'intérêt. Mentionnons enfin le jeu assez minable des acteurs et les scènes incohérentes ("tiens il y a un orage, si j'allais traverser tout le camp pour me laver les dents dans une salle de bain isolée alors que je suis en train de jouer au strip monopoly avec mes copains ?" Ou "tiens, je me suis temporairement débarrassée de la tueuse et sa voiture est là, si je ne m'enfuyais pas et essayais de m'enfermer dans une baraque en bois alors qu'elle est dans le coin ?").

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L'avez-vous vu ? Qu'en avez-vous pensé ? A votre avis, Jason végète-t-il toujours au fond du lac ?

Si le sujet vous intéresse, voir l'article de Wikipedia (qui indique : Its most vocal detractor was Gene Siskel who in his review called Cunningham "one of the most despicable creatures ever to infest the movie business" (...) Variety claimed the film was "low-budget in the worst sense - with no apparent talent or intelligence to offset its technical inadequacies - Friday the 13th has nothing to exploit but its title.").

Un autre article sur ce film.

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Friday the 13th / Vendredi 13, un film de Sean Cunningham (1980)

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