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26/01/2008

Un peu de magie

75345493057116e007d1d4c1e3b354e8.jpg12h15. Un peu tard pour se réveiller mais voyez là un signe de bonne augure : votre fidèle chroniqueuse est d’excellente humeur après avoir fêté ses 25 ans entre amis, et fraîche et dispose après une bonne nuit de sommeil. Malgré un mois de janvier exceptionnellement calme pour moi côté lecture, cette journée qui a si bien commencé sera l’occasion de vous parler d’un roman découvert pendant les vacances de Noël, La Sève et le Givre de Lea Silhol.

Ce livre m’a été offert par ma cousine adorée, bibliothécaire de son état et amatrice de littérature fantastique. Avec une sélection de son choix, la miss espérait me faire découvrir un genre que je connais très mal. Et voilà une première tentative très réussie (mais pouvait-il en être autrement en étant si bien guidée ?) ! Mais de quoi s’agit-il ?

Entre Finstern, Prince des Ténèbres, et Angharad, fille d’une Dryade et de l’Hiver, va naître une passion dévastatrice qui emportera bientôt tout avec elle. Car Angharad est le défi imposé à Finstern par les Parques : par trois fois il devra se renier et renier les siens pour cet amour. A commencer par son propre fils, amant d’Angharad au moment de leur rencontre.

Mais l’histoire est d’abord celle d’Angharad, arrachée à ses parents et abandonnée dans la forêt par une femme rêvant de vengeance. Pour l’aider à retrouver les siens, la Reine des Neiges lui plante trois échardes de glace dans la poitrine : lorsque les trois échardes auront disparu, Angharad trouvera enfin le chemin qui la ramènera chez elle.

Recueillie par des humains, l’enfant est bientôt adoptée par Shimrod, puis deviendra plus tard son amante. Mais, malgré tout l’amour qui les unit, Shimrod sait quel destin attend son père et reconnaît en Angharad la femme qu’il doit un jour rencontrer. Dès lors, le parcours de la jeune fille sera fait d’embûches, entre son amour passionné pour le père et sa loyauté envers le fils, entre sa volonté et le poids du destin.

Dans un roman intense et captivant, Lea Silhol réussit à allier une intrigue complexe à la description minutieuse de lieux imaginaires envoûtants, dans une symphonie de couleurs qui n’a pas manqué de toucher mon petit esprit plus habitué à des paysages plus classiques. Du monde clair et immaculé de l’Hiver au royaume des Ténèbres à la beauté sanglante,  Angharad entreprend un voyage féerique pour le plus grand bonheur du lecteur. Enfin, à l’histoire dense qui fait appel à la mythologie et aux légendes celtes, il faut ajouter la prose agréable de Lea Silhol, qui fait de chaque scène un tableau voluptueux.

Une belle invitation à la lecture fantastique. A moi de poursuivre maintenant cette quête !

Une très intéressante critique : celle de Chaperon rouge. Et depuis ma note, celle de Kalistina.

332 p

Lea Silhol, La Sève et le Givre, 2003

17:45 Publié dans Fantastique | Lien permanent | Commentaires (9) |  Facebook | |

18/12/2007

Sorcière, sorcière...

8cb7e21aea35e75e1185fc5be0a1fcf3.jpgAvec deux jours de retard, voici une nouvelle critique pour les amateurs de frissons littéraires ! Suite à ma lecture boulimique d’Ariel de Lawrence Block, je me suis rendue dans une librairie pour préparer un petit swap pour Hilde… et là, je suis tombée sur la collection Baleine noire et n’ai pu résister à l’appel angoissant d’Ecole des Monstres de Marc Agapit. Après une immersion tranquille, j’ai finalement lu la 2e moitié du livre samedi soir ou plutôt dimanche matin après le départ à 1h des amis que nous avions invités avec Mr Lou pour fêter Noël. A 3h du matin, donc, j’avais fini ce roman… deux jours plus tard, je vous livre enfin ma chronique monstrueuse.

Né en 1897 et mort en 1985, Marc Agapit (de son vrai nom Adrien Sobra) a écrit  à partir de 1949 pour la collection « Angoisse » au Fleuve Noir. Au passage, la seule photo de l’auteur a tendance à me donner la chair de poule.

Imaginez-vous une maison dans laquelle vit une quinquagénaire dans l’isolement le plus complet. La maison est excentrée, une porte de son garage donne sur un tunnel qui lui-même débouche sur une cour entourée de 5 grottes. Sa maison, toute en hauteur, toute en bois, avec un escalier qui craque au moindre pas, aboutit sur une grenier dont une porte donne sur une sorte de terrasse aménagée en véritable jardin. Au centre du jardin, un puit qui donne tout droit sur la cour mentionnée ci-dessus. Le tout accolé à une falaise, histoire de faire les choses en grand.

Notre narratrice est donc une femme seule qui se sent vieille et semble très pauvre. Si pauvre qu’elle fait des commentaires sur la cherté de la vie, de la nourriture, des loisirs. Elle déballe soigneusement ses aliments pour lire ensuite la feuille de journal qui a servi à les envelopper. Lorsque elle reçoit des invités, elle prétend qu’elle n’a plus de sucre pour ne pas en dépenser inutilement. Plus tard, lorsque ses revenus augmentent de façon inespérée, elle reste tout aussi pingre et l’on comprend que c’est l’avarice et non la pauvreté qui la dirige et motive ses moindres actes.

Maintenant que nous avons bien campé « les » personnages et situé notre histoire, venons-en à la péripétie qui vient bouleverser la petite vie ordinaire d’une petite femme bien ordinaire elle aussi. Une nuit, la narratrice est réveillée par des coups impétueux à sa porte. Les inquiétants visiteurs ne sont autres que ses deux sœurs cadettes, des jumelles avec qui elle a toujours eu de mauvaises relations et avec lesquelles elle est en de très mauvais termes depuis qu’elle a hérité la maison de leur oncle. Les sœurs demandent à louer le garage, le passage et les grottes (plus tard elles demanderont également l’accès exclusif à la terrasse). Le tout pour un prix exorbitant. Toute émoustillée et frétillante à la perspective de gagner autant d’argent, notre bonne vieille Marthe cède, malgré toute l’antipathie que lui inspirent ses deux sœurs. Bientôt, elle découvre que celles-ci sont accompagnée de Lucie, leur servante, et de Suzanne, leur pupille. Mais par dessus tout, ce qui intrigue Marthe, ce sont les bruits étranges qu’elle entend depuis la fenêtre du grenier. Des vagissements ? Des gémissements ? Des cours que l’on récite ? Des cris de souffrance ?

L’arrivée des sœurs coïncide avec une vague de disparition d’enfants. Marthe, trop curieuse, cherche à savoir ce qui se trame derrière son dos. Ses sœurs, vêtues de costumes d’hommes et rasant leur crâne, seraient-elles des vampires ? Où s’enfuit Lucie lorsqu’elle s’absente en voiture plusieurs jours à la suite ? Pourquoi Suzanne a-t-elle des traces de morsure sur ses bras ? Et quel est cet enfant muet qui a désigné à la police sa maison ?

Bref, beaucoup de suspense… si l’on en vient à suspecter immédiatement les sœurs en leur attribuant les enlèvements, le comment du pourquoi reste inattendu et donne un dernier soubresaut au récit qu’on craignait de voir s’épuiser à la fin.

Là encore, ce n’est pas de la grande littérature. Les ficelles classiques du roman d’horreur sont exploitées et, comme le veut le genre, on assiste à un crescendo sur les 50 dernières pages. Sans avoir été aussi conquise cette fois-ci, j’ai éprouvé beaucoup de plaisir à la lecture… parfait pour un moment de détente !

221 p

Marc Agapit, Ecole des Monstres, 1963

14:30 Publié dans Fantastique | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook | |

16/12/2007

Spooky

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Récemment arrivée dans une maison vieille de plus d’un siècle, Roberta assiste trois nuits de suite à l’apparition d’une femme qui semble flotter dans un coin de sa chambre. Le lendemain de la dernière visite de ce qui semble bien être un fantôme, Roberta retrouve son bébé Caleb mort dans son berceau. S’ensuit une période de deuil insurmontable pour cette femme qui n’avait d’affection que pour cet enfant. Petit à petit, elle en vient à soupçonner Ariel, sa fille adoptive de douze ans. L’adolescente, solitaire, étrange, passe son temps libre dans sa chambre emmurée dans le silence le plus complet, lorsqu’elle ne joue pas à la flûte des airs dérangeants. Roberta ne trouve aucun réconfort auprès de son mari, somme toute plutôt heureux de ne plus avoir Caleb dans leur vie, Caleb l’intrus, le fils d’un autre. Petit à petit, Roberta en vient donc à renouer sa relation adultère avec Jeffrey Channing, avocat marié déjà père de deux filles. Le mari, David, continue à s’isoler, s’enfonçant petit à petit dans l’alcoolisme.

Se lisant d’un trait, Ariel de Lauwrence Block est à la fois un thriller et un roman fantastique, dans le registre classique du roman d’épouvante et de la maison hantée. Les veilleuses de la gazinière s’éteignent sans raison apparente, l’eau du marais sort soudain du robinet, les planchers craquent, la chambre du bébé est saccagée, un portrait effrayant gît dans le grenier. Mais il est difficile de faire la part de l’imaginaire et du réel : Ariel, retrouvée en transe la nuit, pourrait-elle être à l’origine de tout cela ? Ou bien David, le mari bafoué ? Ou encore Roberta, femme antipathique anesthésiée au Valium et qui pourrait bien être schizophrène ? Et comment expliquer tous ces accidents autour d’Ariel ? Les suicides et meurtres à répétition ?

Le roman laisse au final le flou planer. Rappelant à certains égards Carrie de Stephen King (1974), il met en scène une jeune fille plutôt sympathique dont les actes semblent avoir involontairement des conséquences dramatiques pour ceux qu’elle n’apprécie pas. Si Ariel est présentée comme un personnage inquiétant, c’est Roberta qui est de loin la plus désagréable. La multiplicité des points de vue rend notre jugement finalement difficile et les théories restent assez nombreuses une fois le livre refermé.

Ariel est un roman peut-être assez classique, mais le rythme est dense, l’histoire passionnante et par moments franchement angoissante. Bref, un roman qui se lit d’un trait, à déconseiller lors des veillées solitaires dans une vieille maison aux craquements fréquents. Loin d’être réservé aux amateurs d’épouvante (cela faisait bien longtemps que je n’avais pas lu ce type de roman). A recommander !

396 p 

Lawrence Block, Ariel, 1980 

09/12/2007

Délicieusement sombre !

e963c657b6c054ff90da31a4a49c005c.jpgDepuis longtemps je voulais lire La Triste fin du petit Enfant Huître et autres histoires de Tim Burton. Depuis hier c’est enfin chose faite !

Petites comptines sous forme de poèmes, les histoires de Burton nous plongent directement dans son univers fantastique. Les dessins rappelleront à beaucoup L’Etrange Noël de M. Jack ou ses Noces Funèbres. Certaines histoires se rapprochent davantage des figures mi-humaines, mi-imaginaires d’Edward aux mains d’argent et de Big Fish.

Ces textes sont délicieusement horribles, terriblement noirs, follement drôles tant le magicien Burton sait faire de l’horreur un prétexte à la poésie et à l’humour.

5ffde7bb76284774cafdd460df30bcb8.jpg

Pour une petite mise en bouche : 

“Stick Boy and Match girl in Love”

 

Stick Boy liked Match Girl,

He liked her a lot.

He liked her cute figure,

He thought she was hot.

 

But could a flame ever burn

For a match and a stick ?

It did quite literally ;

He burned up pretty quick.

 

9315d466789dd4739247e6a7885ac1f7.jpgIndispensable pour les fans de Burton, les lecteurs de Roald Dahl et les grands enfants (à l’esprit tortueux). Attention : le charme opère vraiment en anglais. Plutôt déconseillé donc aux lecteurs allergiques à l’anglais.

123 p

Tim Burton, La triste fin du petit Enfant Huître et autres histoires, 1997