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24/02/2008

Un petit cocktail groupe O ?

ab152a8857fa2b17aa16da4950dc0068.jpgReçu dans le cadre du programme Masse Critique organisé par Babelio.com, le Moustiquaire de Berlin est donc la cible toute désignée de cette nouvelle critique !

Je n’avais pas lu de BD depuis un certain temps… c’est donc avec avidité que je me suis jetée sur ce livre pour le moins original. Habituellement j’adore les bandes dessinées aux histoires mystérieuses ou  caractérisées par un cadre historique hautement victorien. Le Moustiquaire de Berlin n’a donc pas grand-chose à voir avec mes lectures habituelles mais pourtant, impossible de ne pas le repérer parmi les livres proposés par Masse Critique !

D’abord, ce n’est pas tous les jours que nos valeureux héros sont une paire de moustiques espagnols venus rendre visite à leur cousin allemand Sigmund.

Ensuite, le sujet était absolument angoissant et je ne pouvais pas me résoudre à rester dans le doute : comment ? Les humains seraient tous malades et contamineraient les moustiques via leur sang empoisonné ? Shocking ! Comment cela se pourrait-il ? Mon petit côté WWF s’est rapidement insurgé contre une telle situation : il fallait que je prenne conscience de l’ampleur des dégâts ! Et voilà comment la protection des moustiques est devenue une cause de la plus haute importance par ici !

Verdict ?

Le Moustiquaire de Berlin est une BD agréable à lire, indéniablement originale mais qui me laisse tout de même un petit peu perplexe.

891af9c5d01f3da90dc9625783c97a0a.jpgLe sujet hautement improbable m’a vraiment séduite, même si le déroulement de l’histoire est peut-être marqué par quelques temps morts, notamment en raison de scènes un peu redondantes (comme la conversation au café ou l’entrevue à l’hôpital). L’intrigue bien partie finit de façon un peu décevante. Si vous attendiez des rebondissements exaltants, vous serez sans doute déçus. Pour ma part, je n’ai pas été convaincue par le face à face « capitalisme versus communisme » (encore que je ne suis pas sure qu’il s’agisse d’un duel ici) : les statues de Marx et de Lénine constituent peut-être la clef du mystère mais leurs brèves apparitions ne suffisent pas à leur donner plus de consistance. Quant à l’attitude des patrons illustrant les pires facettes du capitalisme, elle est par trop caricaturale pour me convaincre. Satire de deux modèles économiques ? Humour ou critique grinçante ? J’avoue que je ne me suis pas trop questionnée sur ces théories un peu fumeuses.

Malgré ces quelques regrets, l’ensemble forme un tout original, une BD un peu bizarre qui plaira à ceux qui aiment les histoires décalées. Quelques traits d’humour émaillent le récit, en particulier les allusions récurrentes de l’ami Pancho (en fait « Pantxo ») à ses origines basques (et certainement pas espagnoles !). Et beaucoup se reconnaîtront (étrangement !) dans ce moustique qui ne peut s’empêcher de lire,voyant toutes les occasions comme un fabuleux prétexte pour achever tel ou tel livre (de la psychanalyse à la médecine).

Les illustrations sont simples, allant à l’essentiel ; si ce n’est pas le type d’illustrations que je recherche le plus souvent dans une bande dessinée j’ai trouvé que cela se prêtait bien au sujet et à l’ambiance quelque peu SF.

En résumé, si je ne suis pas persuadée de l’intérêt des évocations du communisme et du capitalisme (ni sure de bien saisir leur rôle dans l’histoire), j’ai beaucoup apprécié le Moustiquaire de Berlin pour son humour et ses moustiques attachants. Une première (pour les auteurs) à recommander aux amateurs de nouveauté !

50 p

 Ils en parlent aussi : Yohan, Yokai et Le Génépi et l'Argousier.

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11:55 Publié dans BD & Manga | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook | |

04/03/2007

Petits meurtres entre amis

medium_etrange_affaire_corps_sans_vie.JPGAmis lecteurs,


Ma vie fort mouvementée et mes hautes responsabilités mondialement connues ont quelque peu affecté mon quota de lecture hebdomadaire ces derniers temps. Ce pauvre blog en est la première victime et vous m’en voyez terriblement navrée. C’est pourquoi, décidant de faire fi des contraintes qui pèsent dramatiquement sur mes frêles épaules de lectrice, j’ai décidé de faire une courte note ce week-end. Et pour cela, j’ai choisi de vous présenter une petite bande dessinée comme on les aime, à savoir originale et, ma foi, fort sympathique.

Vous me ferez remarquer avec raison que le titre n’a rien de bien avenant : L’étrange Affaire des Corps Sans Vie. On ne peut effectivement faire guère plus lugubre, je vous l’accorde. Mais cette bande dessinée est avant tout amusante et, si nombreux les cadavres soient-ils, difficile de ne pas qualifier « d’agréable » cette plaisante petite lecture !

L’histoire : fin XIXe, dans une ville de province, un homme est retrouvé mort, visiblement étranglé, à moitié dévoré. La rumeur enfle : homme ? animal ? loup-garou ? Les morts se font alors plus nombreuses, en partie cachées par la police qui profite de cette série d’assassinats pour nettoyer les quartiers pauvres de la ville de sa « vermine », essentiellement des étrangers de passage. Un étudiant en médecine ayant pratiqué la première autopsie va se charger de l’enquête, qui le conduira vers la solution la plus acadabrante qui soit. Le Corbeau, l’un des personnages, résumera bien pour moi la situation : « Si j’ai bien tout compris, on a là une histoire de meurtres en série sans tueur en série et dont le principal coupable n’a jamais tué personne ? » Si cela ne suffit pas à en intriguer quelques-uns… !

Au final, cette BD indépendante est une très agréable surprise. Le format (16/23), la qualité du papier et la couverture souple sont le petit plus de ce livre agréable à tenir et à feuilleter. L’enquête simple mais bien menée n’est pas excessivement centrée sur la résolution de l’énigme. Cependant, l’originalité de la solution devrait satisfaire ceux qui reprocheront à cette bande dessinée de ne pas suffisamment détailler l’enquête. Il nous est difficile de nous identifier aux personnages mais leur portrait n’a rien d’exagérément caricatural. Le dessin est original, humoristique et haut en couleur ; les maisons et les quartiers représentés feront envie à plus d’un lecteur ! C’est avec plaisir que nous arpentons les rues de cette charmante ville, tandis que nous lisons avec avidité cette histoire plutôt rythmée.

Bref, pour tous ceux qui cherchent des bandes dessinées différentes et pour ceux qui n’ont pas spécialement envie de lire toute une série pour enfin découvrir le fin mot de l’histoire, L’étrange Affaire des Corps sans Vie est à mon avis un très bon choix…

160 p

19:00 Publié dans BD & Manga | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook | |

09/02/2007

Coup de coeur victorien !

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Enorme coup de cœur pour la série Fog et ses deux premiers tomes, le Tumulus et le Destin de Jane. Impossible de résister à cette première énigme résolue en deux tomes étonnants qui raviront leurs lecteurs avec une histoire audacieuse et incroyablement bien menée, multipliant les fausses pistes et les rebondissements.

La complexité des personnages fait la force de ce premier opus que l’on classe sans hésiter parmi les premiers au royaume de la bande dessinée. Le dessin subtil et très personnel n’est pas non plus étranger à la réussite de ce petit chef d’oeuvre. Tombe mystérieuse, fantômes, meurtres, intrigues et passion sont les ingrédients de ce cocktail explosif qui ne manquera pas de séduire bon nombre de lecteurs !

 

medium_Fog_-_tome_2.2.JPGQuelques mots sur l’histoire : au XIXe, en Angleterre, un archéologue ouvre la tombe d’un ancien viking réputé pour sa cruauté et ses talents de sorcier. A l’intérieur, deux vikings morts depuis des siècles et pourtant aussi frais que s’ils avaient été enfermés le jour même ! Légende ? Malédiction ? Toujours est-il que ceux qui ont un lien avec le tumulus sont massacrés à coups de hache les uns après les autres par deux vikings acharnés. S’ensuit alors une enquête passionnante qui conduira des personnages au caractère bien trempé à travers les rues de Londres. Brume, quartiers chics et populaires, bourgeois et prostituées peuplent cette BD pour le plus grand bonheur du lecteur.

Que l’on s’intéresse à l’époque victorienne, à la BD ou aux mystères non résolus, je vous recommande sans hésiter cette série qui, de mémoire, dépasse largement toutes les bandes dessinées que j’ai pu lire avant… comme vous le voyez, votre chroniqueuse est tombée sous le charme ! Alors… qu’attendez-vous pour découvrir cette petite merveille ?

 

19:35 Publié dans BD & Manga | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook | |

03/02/2007

Au Pays des Bone

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Il y a quelques années j’ai découvert grâce à ma cousine la série Bone, l’histoire en noir et blanc de trois petits bonhommes tout ronds chassés de leur ville à la suite d’une énième arnaque organisée par l’un des trois. Et récemment, en furetant dans les rayons de ma librairie, j’ai redécouvert le tome 1 de la série, La Forêt sans Retour, réédité cette fois-ci en couleurs. Les tomes 2 et 3 sont à paraître (mai et août 2007).
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Lue alors que j’étais encore au collège, l’histoire des petits Bone m’a une nouvelle fois ravie, amusée, charmée et tout simplement conquise ! Des dessins tendres, tout en rondeurs, d’adorables petits bonhommes drôles et attendrissants, une histoire bien ficelée, une pincée de monstres stupides et une grande rasade d’humour… voilà la recette de La Forêt sans Retour, dans laquelle je me suis perdue une deuxième fois avec délectation.

medium_bone_1.gif Alors si vous voyez un petit Bone râleur, une grand-mère aux biceps ultra développés ou des rats-garous qui demandent à leur casse-croûte de repasser plus tard (le temps de se mettre d’accord sur le menu du jour), n’hésitez pas à les suivre et à prendre le chemin de la Forêt sans Retour… dépaysement garanti, retour… à négocier… mais à coup sûr, un voyage qui vaut le détour !
 
143 p
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23:10 Publié dans BD & Manga | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook | |

06/01/2007

Triste manga

medium_kouno_pays_cerisiers.JPGLe brouillard londonien, l’humour noir anglais, les Carpates, les ruelles victoriennes, les classiques américains, quelques bandes dessinées et un petit détour par le continent africain ou le Japon à l’occasion… voilà l’essentiel de mes lectures en 2006. Mais 2006 est aussi l’année au cours de laquelle votre chroniqueuse a pris une très bonne résolution : découvrir l’univers des mangas, qui, a priori, ne l’inspire pas excessivement.

En bonne élève, je me suis munie de tout l’attirail nécessaire pour débuter mes aventures au pays des mangas… torche, corde, chaussures à crampons, fusil, couteau, casque… et surtout, quelques guides pour parer à mon « inculture » totale en la matière. Sites spécialisés, revues pour « BDphiles », sites de vente en ligne… tout a été passé au crible pour repérer quelques auteurs et séries incontournables. Ce qui m’a conduit à découvrir Le Pays des Cerisiers de Fumiyo Kouno.

Ce manga traite du bombardement d’Hiroshima à travers le destin de plusieurs personnages : la jeune Hirano, témoin de la catastrophe et décédée dix ans plus tard des suites de l’irradiation ; ses neveux, qui, à notre époque, découvrent soudain combien la catastrophe a marqué leur père ; puis le père, lorsque cinquante ans plus tôt, il revient vivre auprès de sa mère après la mort de sa sœur et rencontre une petite fille, orpheline depuis le bombardement.

Le récit est assez complexe, mêle présent et passé grâce à de nombreux flash-back et des parties ramenant successivement le lecteur à différentes époques. Les dessins sont très agréables et les traits des personnages particulièrement délicats, tandis que les paysages et les décors sont très fouillés. J’ai beaucoup apprécié l’aspect « humain » de ce manga, qui traite avec simplicité de la catastrophe d’Hiroshima, en montrant son impact sur le quotidien de personnes qui pourraient nous ressembler. Seul bémol : les dialogues très maladroits, en particulier dans la première partie.

Malgré les dessins et le développement plutôt poétique de l’histoire, Le Pays des Cerisiers est un manga dur, qui traite de l’Histoire sans condescendance, sans juger directement mais sans édulcorer non plus les conséquences du bombardement. Il souligne l’impuissance d’une population innocente et l’absurdité d’une décision qui a conduit à anéantir une ville et ses habitants en quelques minutes, comme si leur vie n’avait aucune valeur. Bien que ce manga traite d’Hiroshima en particulier, il est difficile de le lire sans remarquer à quel point les questions qu’il soulève sont encore d’actualité.

Incursion au pays des mangas : premier essai concluant !

98 p

12:28 Publié dans BD & Manga | Lien permanent | Commentaires (6) |  Facebook | |