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13/03/2009

Premier amour suivi de guerre (et paix ?)

bd dimitri bogrov.jpgAmis lecteurs,

Plongée en ce moment dans un roman (tout en lorgnant sur North and South), je suis d'une lenteur infernale. A qui la faute ? Eh bien je dirais peut-être à Fashion, Stéphanie et Lilly qui semblent avoir déclenché chez moi une sorte de frénésie depuis le swap Saint Valentin. Plus probablement, je suis la seule responsable de ces soirées passées à voir des comédies romantiques et des adaptations d'Austen, Gaskell et Forster – j'avoue (hier soir Mr Lou et moi avons vu le dernier DVD en attente ; il était soulagé jusqu'à ce que je lui annonce qu'on allait nous envoyer mon adaptation de la BBC de Pride and Prejudice dans quelques jours – oui oui je suis impitoyable, d'autant plus que mon cher et tendre commence à faire une allergie au symptôme Colin Firth). Bref, n'étant d'habitude pas très fleur bleue je tente de compenser un peu (j'avais même accepté de mettre le match FC Barcelone – O. Lyon mercredi, mais la télé espagnole ne le retransmettant pas, nous nous sommes rabattus sur Love Actually). Par le plus pur des hasards, la bande dessinée dont je vais vous dire quelques mots est aussi une histoire d'amour mais cette fois-ci, beloved readers, je vous assure qu'il s'agit d'un pur hasard.

Avec Dimitri Bogrov, nous plongeons en 1911 dans une Russie au climat politique agité. Les opposants au Tsar restent nombreux, des attentats sont prévus et les réunions clandestines sont étroitement surveillées par la police.

Jeune avocat issu d'une famille de juristes très aisée, Dimitri Bogrov fait la connaissance de la jeune Loulia : déconcertante, la demoiselle a la répartie facile et des manières originales qui séduisent immédiatement notre héros. Lorsqu'il cherche à la revoir, Dimitri découvre qu'elle est la cousine d'un opposant au pouvoir très actif et bien connu des services de police. Et visiblement, le petit groupe prépare un attentat.

C'est un album très personnel puisqu'il a été inspiré à Marion Festraëts par ses origines et son histoire familiale.

J'ai apprécié cet album avec lequel on passe un bon moment, malgré le contexte assez sombre et un premier épisode dramatique qui nous suit pendant toute la lecture – mais que je ne vous révèlerai pas ! Le scénario m'a semblé un peu léger et certaines répliques assez plates. L'histoire est tout de même intéressante, tout comme l'épilogue revenant sur cette période de l'histoire que je ne connaissais pas du tout (enfin, ce n'était qu'un vieux souvenir de cours). La force de cet album tient au dessin, que j'ai réellement adoré. Très différentes du type de graphisme assez net qu'on attend souvent en ouvrant une bande-dessinée, les illustrations m'ont séduite par le travail des couleurs, les contrastes, les traits de crayon apparents. Les planches sont tour à tour dans des tons rouges, bleu froid ou pastels, faisant toujours allusion à un univers : la révolution qui gronde, les nuits froides de Russie, le cocon familial.

Tamara a également apprécié cet album (et parle aussi de ces couleurs si particulières).

128 p

Dimitri Bogrov, 2009

 

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bd dimitri bogrov 03.jpg

 

Et maintenant parlons de choses sérieuses (ça arrive). Dans un élan fougueux, j'ai décidé d'organiser un tirage au sort pour vous permettre de gagner une bande dessinée au choix parmi ces deux titres : Dimitri Bogrov ou Le Réveil du Zelphire (lu la semaine dernière et pour faire court mes amis, c'est très chouette).

NB le 14/03/2009, pour les petits étourdis : vous pouvez recevoir AU CHOIX une de ces DEUX BDs (et non uniquement Dimitri Bogrov).

Pour participer, il vous suffit de :

- Répondre à la question stupide que je suis sur le point de poser avant le 16 mars à 23h59.

- M'envoyer un mail avec votre réponse (qui sera publiée sur mon blog lors de l'annonce du nom du petit chanceux qui repartira avec une bande dessinée). L'email : myloubook[at]yahoo.com

- M'indiquer dans ce mail quel album vous souhaitez recevoir.

- C'est tout !

Ayant envie de joindre l'agréable à l'agréable (oui oui), je vais vous demander tout simplement d'imaginer une réponse farfelue, drôle, pragmatique, etc à la question métaphysique suivante :

Dans Bridget Jones, un acteur méconnu - et il faut le dire, tout à fait transparent - porte un pull immonde au motif improbable. Pourquoi arborer un renne en particulier et avoir un pull aussi laid ou encore pourquoi lui a-t-on offert cette chose ridicule ?

(n'hésitez pas à vous éloigner du film pour répondre)

colin firth renne.png

08/03/2009

We could be heroes forever and ever

bd zelphire cover.jpgVoilà une BD fantastique qui devrait plaire aux amateurs de X-Men et de steampunk. Presque tous dotés de super pouvoirs, les héros du Réveil du Zelphire se métamorphosent en femme-pieuvre, en arbre vengeur ; certains usent de leur chevelure tentaculaire pour survivre, d’autres ont le pouvoir de tuer ou de sauver leur prochain d’un simple geste.

Dans un cadre qui n’est pas sans rappeler Dickens et une Londres victorienne, on découvre une source au miraculeux pouvoir de guérison, on suit les émois amoureux d’un Sylvan d’écorce et de sève, on rencontre un drôle de savant fou et une sombre famille qui, du haut de son repère, assassine des innocents au nom d’une quête mystérieuse. Vous vous en doutez, après moult péripéties, bons et méchants s’affrontent. Certains perdront la bataille, mais pas la guerre ! A quand le tome 2 pour connaître la suite ?

Un album qui se lit avec grand plaisir et que j’ai trouvé bourré de qualités : dessins adorables (parfois aux airs de manga), personnages sympathiques ou exquisément atroces, beaucoup d’humour, des décors charmants, une histoire haletante… ajoutons à cela certaines vignettes caractérisées par une économie de moyens dont l’illustrateur tire très bien partie et nous voilà forcés de conclure avec enthousiasme. Sans parler des dernières pages où figure notamment une parodie de Goya. Décidément, j’en redemande !

Egalement lu et approuvé par Mr Lou.

Merci aux éditions Bayou et à Sonia pour ce délicieux moment de détente !

D’autres avis : Tamara (qui a organisé un jeu-concours pour recevoir cette bande-dessinée) ; la rédaction de WART ; Benjamin Roure.

128 p

Le Réveil du Zelphire, Tome 1, 2009

bd zelphire.jpg

06/02/2009

Une drôle de famille !

BD Blaise.JPGLa couverture ne fait pas franchement rêver et, vu que j’ai tendance à privilégier les bandes dessinées historiques ou certains dessins pour le moins différents, je n’aurais peut-être jamais découvert Blaise s’il ne m’avait pas été envoyé par les éditions Glénat. Et heureusement que je bouscule de temps en temps mes habitudes de lecture car voilà un album que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire, que je relirai sans aucun doute et dont j’ai déjà commencé à parler autour de moi… c’est dire si je l’ai trouvé sympathique.

 

Quoique. Car sympathique n’est pas vraiment le mot le plus approprié ! Blaise, c’est le petit Blaise aussi charmant (ironique) et apathique (objectif) qu’en couverture. C’est aussi ses parents, leurs collègues de travail, sa mémé, un Président-dictateur et l’idole des jeunes, Dabi Doubane. A travers des sketchs d’une page, ce sont tous les travers de la société contemporaine qui sont dépeints. Et tout le monde en prend pour son grade ! Humour vache et cynique, parfois très provocateur (« maman je peux voir le porno ce soir à la télé ? » peut-être, mais tout dépend de l’heure car le petit a école demain), toujours est-il que le lecteur s’amuse aux dépens de personnages au comportement souvent absurde mais aussi parfois franchement réaliste. Heures sup’ à n’en plus finir, petites hypocrisies, regard de l’autre, société de (sur)consommation, voilà les thèmes de prédilection d’un auteur qui aime visiblement mettre les pieds dans le plat !

 

Enfin le format est intéressant en lui-même. Photomontage avec des couleurs retravaillées et des visages en noir et blanc aux traits peu mobiles insérés dans un décor très coloré, le graphisme est étonnant, mélangeant complètement photo d’origine et dessin. Avec un côté très kitsch, cet album très travaillé a petit côté pop art décalé qui m’a bien plu.

 

Voilà un album original à ne pas bouder !

 

Merci beaucoup aux éditions Glénat et à Sonia Ribeiro pour cette découverte !

 

64 p

 

Blaise, 2009

17/12/2008

Et Picachu dans tout ça ?

BD Manga_Emma T1.jpgLe 17 décembre est la journée mondiale de l’éclectisme, comme chacun le sait. Et si vous ne le saviez pas, eh bien c’est chose faite, très chers blogueurs et non blogueurs qui passez par ici. Après avoir mis un terme à une histoire d’amour qui commençait par une filature et un petit tour dans un love hotel, j’ai fait un peu d’échangisme grâce à Lilly (que personne ne soupçonnait jusqu’ici) pour finalement abandonner mes activités matinales et me téléporter une fois de plus à l’époque victorienne – enfin, ça reste à voir, avec le premier tome de la série de mangas Emma.

 

Si vous aimez Marcus Levinus, Anita Cavana et autres platitudes particulièrement niaises, quoique rafraîchissantes, je vous recommande chaudement Emma, manga à l’eau de rose à la croisée entre Barbara Cartland, Les Feux de l’Amour et Candy. Mélange sulfureux, isn’t it ?

 

Sans être mortellement ennuyeuse, l’histoire banale n’est pas crédible pour un sou. Une soubrette censée être particulièrement jolie (j’emploie ce mot car le dessin est loin de rendre la chose évidente) est régulièrement sollicitée par divers prétendants. Jusqu’au jour où se présente chez sa maîtresse un certain William, venu présenter ses respects à son ancienne gouvernante. La vieille femme, plutôt sèche a priori, s’adoucit rapidement au fil du récit – on dirait un gâteau en train de ramollir. Devenant une adjuvante pour sa servante Emma, elle semble penser qu’un mariage avec un riche héritier comme William pourrait la mettre à l’abri après sa mort. Depuis quand l’avenir des domestiques était à ce point important à l’époque victorienne, drôle de question ! Bref, dans ce premier tome, Emma tombe amoureuse, William tombe amoureux, tout le monde est content. Oui mais voilà : le père de William a en tête un autre mariage, ce qui devrait compliquer la chose dans les tomes suivants.

 

C’est gentillet, ça se lit pour passer le temps mais ne présente à mon avis aucun intérêt. Je lirai peut-être la suite si je la trouve en bibliothèque, par curiosité, mais j’avoue être bien déçue après avoir lu des bandes dessinées beaucoup plus convaincantes sur cette période (Monsieur Noir, Fog, Blue Hope notamment). Aucun respect des conventions sociales, quantité de dialogues improbables, situations absurdes, sans parler des gouttes de transpiration caricaturales et des exclamations du style « hi hi » ou, dans un magasin, cette phrase follement victorienne : « excusez-moi d’avoir pouffé ». Je ressors avec une question métaphysique : y a-t-il eu des promenades à dos d’éléphant à Londres à cette époque (on ne sait jamais) ?

 

Si ce manga n’est pas une franche réussite, j’ai aimé la « Tadaam Manga Postface », intervention directe de l’auteur qui nous explique pourquoi elle a fait tel ou tel choix (y compris ceux que je citais plus haut). On sent le plaisir qu’elle a pris à mettre ce manga à sa sauce, ajoutant parfois n’importe quoi selon l’envie du moment. Cette conclusion simple, amusante et pleine d’autodérision m’a bien plus amusée que tout le reste et fait partie des quelques points positifs qui me donnent envie de lire, peut-être, la suite de cette série.

 

Merci beaucoup à Lilly qui m’a permis de découvrir ce manga dont j’avais beaucoup entendu parler !

 

190 p

 

Kaoru Mori, Emma Tome 1, 2002

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16/12/2008

The Addams Family ?

BD_Monsieur noir.jpgVoilà longtemps que je n’avais pas parlé de BD par ici. En farfouillant dans ma bibliothèque ce week-end j’ai eu une soudaine envie de lire l’édition intégrale de Monsieur Noir. Bien m’en a pris !

Le résumé évoque l’Angleterre au siècle dernier. Le cadre étonnant pourrait en réalité s’étendre à d’autres pays, les personnages portant d’ailleurs souvent des noms très français, pour le moins connotés (les affreux jumeaux Mambo et Tango, le jeune domestique Passepied, Carmagnole le fossoyeur…). Toujours est-il que j’ai plongé avec délice dans un tableau qui m’a immédiatement rappelé Titus d’Enfer de Mervin Peake : château immense et monstrueux, pièces et dédalles innombrables, lieu régi sans la moindre logique par des lois surnaturelles dont on pressent facilement le caractère malsain.

On est rapidement fasciné par le décor qui évolue constamment, passant de pièces sombres et misérables – pour ne pas dire glauques, à des salles richement décorées, confortables et largement éclairées. Des douves au grenier en passant par les chambres, les cuisines, la bibliothèque, les passages secrets ou le cimetière, les lieux sont innombrables et parfaitement servis par un dessin ambitieux un brin fou. Judicieusement choisies, reposant sur un fort contraste entre les vignettes ou les planches et s’appuyant au sein de chaque ensemble sur quelques notes majeures aux nuances subtilement travaillées, les couleurs restent très sobres et servent aussi merveilleusement l’environnement fantastique.

L’histoire est celle de Fanny, jeune orpheline recueillie par son oncle Lord Charleston dans l'étonnante propriété d’un certain Monsieur Noir. Soumis à un curieux bail d’une durée de 7 ans, Lord Charleston, sa famille et leurs fidèles doivent signer le contrat avec une plume particulière pour rester maîtres du château. L’arrivée de Monsieur Noir étant imminente, tous les habitants sont dès lors à la recherche de ladite plume, perdue depuis la signature précédente. S’ensuit une lutte sans merci entre les Tohu, favorables aux maîtres actuels, et les Bohu, qui veulent s’emparer du pouvoir. Tous les moyens sont bons pour retrouver la plume, à commencer par le meurtre.

Me voilà totalement séduite par cette BD que j’ai eu la bonne idée d’acheter dans une très jolie édition (couverture épaisse, introduction intéressante…). Entre Gormenghast, Grimm, roman du XIXe et vampirisme, ce conte a une portée symbolique et fait référence aux forces obscures de la politique, à la valse des dirigeants et à l’absurdité d’un pouvoir dont les limites sont de moins en moins définies (cf intro). La satire s’étend à d’autres domaines : le flegme à toute épreuve de lord Charleston, l’attirance des hommes de la maison pour la toute jeune Fanny, le fossé entre les classes dirigeantes et les classes laborieuses (représenté par l’épouse de Lord Charleston, plongée dans Karl Marx qui lui a fait découvrir avec horreur l’existence de la pauvreté). Le Bien et le Mal s’opposent mais, contrairement aux apparences, finissent par se rejoindre lorsque les aspirations des uns et des autres sont poussées à leur extrême. Monsieur Noir, machiavélique, joue avec ses locataires et les déchoit sans pitié de leurs droits. Sa façon de déterminer la signature du bail pousse aux pires atrocités. Néanmoins il y a une certaine justice dans ce procédé, qui laisse à chacun la possibilité de gouverner un jour sur le domaine de Blacktales. Quant aux personnages les plus sympathiques, ils sont souvent ridicules et ont tous leurs petites faiblesses… ou plus si affinités.

Cette bande dessinée s’inscrit parmi les indétrônables de ma bibliothèque : un régal pour passer quelques heures en compagnie de personnages passionnants et plusieurs niveaux de lecture qui font de Monsieur Noir une excellente découverte !

BD_monsieur noir planche.jpg

Un lien intéressant évoquant les différentes thématiques et présentant les personnages.

141 p

Griffo et Dufaux, Monsieur Noir, Edition Intégrale, 1999

victorian xmas swap logo3.jpg

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28/09/2008

Nos amis les bêtes

BD_Docteur_heraclius_gloss.jpgAmis LCA,

Ces derniers jours silencieux pourraient annoncer un ramollissement sérieux du cortex mylouboukien. Ou peut-être bien un relâchement inattendu de mes activités culturelles, caractérisé par une consommation en hausse de Desperate Housewives (dont je raffole), de Mamma Mia et de pop-corn. Pour ceux qui sont venus sur ce blog cette semaine, vous avez sans aucun doute raison de vilipender mon inactivité bloguesque (et pour celles et ceux qui se reconnaîtront, le retard dans mes e-mails).

Mais, bonne nouvelle : l’étendue désertique de ces jours-ci va faire place à une série de billets qui, j’en suis sure, vous passionnera au plus haut point (si, si ! de là à rivaliser avec Stieg Larsson, à n’en pas douter !). Plus sérieusement, voici ce qui risque d’apparaître dans les quelques billets qui vont bientôt poindre le bout de leur nez :

- Les Maîtres de Glenmarkie de Jean-Pierre Ohl, que je viens tout juste de terminer après une complicité de quelques jours qui pourrait bien annoncer une longue histoire d’amour, sans aucun doute absolument rocambolesque !

- Horacio Castellanos Moya, qui maintenant doit me compter parmi ses groupies après une rencontre à la Maison d’Amérique (prévue) et deux rencontres (fortuites) au Festival America. Horacio qui est très espiègle et avec qui j’ai eu l’occasion de plaisanter plusieurs fois, ce qui, j’en suis persuadée, ne gâchera en rien la lecture très prochaine de son nouvel opus.

- Plusieurs auteurs présents au Festival America, dont quelques livres me permettront de revenir sur le débat organisé autour du thème (provocateur ou dépassé ?) : « La question raciale existe-t-elle encore ? ».

 

Mais puisque je compte me rendre de nouveau au festival cet après-midi et que j’ai encore au moins un million de choses à faire, entrons dans le vif du sujet avec un petit mot sur une bande dessinée repérée chez Joëlle, Le Docteur Héraclius Gloss. Inspiré par un texte de Maupassant, cette BD retrace comme son titre l’indique l’histoire d’Héraclius Gloss, docteur reconnu et admiré (bien que personne ne sache quelle est sa spécialité). En quête de LA vérité absolue, le docteur cherche inlassablement, se référant à de vieux manuscrits et passant tout de même pour un original, bien qu’incontestablement savant. Jusqu’au jour où lui vient l’inspiration après la lecture d’un manuscrit : il devient alors le défenseur de la métempsycose. Qu’est-ce que cette théorie ? Ni plus ni moins que le concept de réincarnation. Formant un cercle par définition sans fin, l’homme évolue peu à peu dans la galerie des animaux pour devenir ce qu’il est, le singe étant la dernière étape de souffrance avant l’humanité : le singe est cet homme qui ne peut pas parler. Les mauvais actes font replonger dans des stades plus sournois (ne sois pas méchant sinon tu finiras goret), les bons relèvent évidemment l’individu.

Amateur de volaille et bon vivant, le docteur décide de se contenter désormais de légumes et de défendre tous les animaux qui, après tout, ne sont jamais que des humains expiant une faute quelconque. Mais une question le taraude : le manuscrit qui a permis cette révélation a été écrit par un homme poursuivant son récit d’une vie à l’autre, justifiant par ses existences multiples l’idée de réincarnation. Mais qui est cet homme ? Ne serait-ce pas lui ? Et comment faire accepter la métempsychose aux hommes ? Jusqu’au jour où ce qui passait au départ pour une petite tocade de savant extravagant finit par ressembler à de la folie.

J’ai tout apprécié dans cette BD : le dessin plein d’humour, dans lequel on peut avec attention remarquer mille détails ubuesques ; les personnages, drôles et loufoques dans leur cuistrerie ; les influences de Maupassant qui se retrouvent dans quelques remarques ironiques et l’absurdité de la situation. La fin tranche tout de même avec l’ensemble : beaucoup plus sombre, elle laisse un nuage planer sur ce qui ressemblait au départ à une farce bien menée. Les dessins rendent forcément de façon plus brutale la chute cruelle qui m’a fait penser à certaines des nouvelles de Maupassant lues récemment (notamment « Mademoiselle Cocotte » sur cette chienne noyée par un maître aimant). Joëlle souligne avec raison quelques petites longueurs mais, comme elle, j’ai passé un excellent moment avec cette BD originale qui a le mérite de reposer sur une histoire solide, bien construite et servie par un dessin plein de surprises ! Une de mes petites préférées, qui n’est pas sans rappeler cet autre cru, tout aussi sordide et désopilant : L'étrange affaire des corps sans vie.

Il me reste encore à trouver cette nouvelle dans sa version originale !

N'oubliez pas l'avis de Joëlle

96 p

J.S Bordas, Le Docteur Héraclius Gloss, 2004

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25/06/2008

Une nouvelle BD victorienne…

BD_madone_pellini.jpgAyant repéré sur les blogs La Madone de Pellini il y a peu, j’ai rapidement cherché en librairie cette histoire qui avait vraiment beaucoup pour me plaire. Elle m’a d’ailleurs beaucoup fait penser à l’excellent livre The Master de Colm Toibin où l’on retrouve Henry James dans sa propriété de Rye. J’essaierai d’en parler à l’occasion.

Le tome 1 de cette bande dessinée revient sur un curieux manuscrit que l’on aurait retrouvé dans une maison que possédait Henry James dans la région d’Essex. L’histoire est celle de Nora, une jeune femme pensionnaire depuis peu de l’Institut psychique de Londres. Celle-ci fait la connaissance de Henry James et du jeune peintre Francesco Guibilati, qui ne tarde pas à lui faire découvrir une collection de tableaux peints par l’artiste florentin Pellini, un homme pour le moins obscur d’après la légende. James et Guibilati, qui n’ont pu s’empêcher de remarquer la ressemblance de Nora avec une toile peinte par le maître, proposent à la jeune fille de se livrer à ce qui ressemble à des séances de spiritisme. Cependant, Nora devient rapidement la victime de cet étrange procédé, bientôt en proie à d’étranges visions…

BD_madone_pellini_T1 planche.jpgLa Madone de Pellini avait tout d’un titre prometteur : l’Angleterre victorienne, la présence d’Henry James, un peu de spiritisme et peut-être quelques fantômes. Mon avis est pour l’instant assez mitigé. Tout d’abord en raison des dessins. Plusieurs couleurs dominent : parfois les tons sépia, d’autres encore une couleur bleue. L’effet sympathique est parfois un peu monotone mais bien moins dérangeant que les personnages, dont la physionomie varie parfois beaucoup selon les dessins. Il en va ainsi de Miss Torrence qui accueille Nora à l’Institut : pouvant parfois passer pour une matrone inoffensive, elle prend ailleurs des traits étonnamment masculins et, lorsqu’elle accueille Nora, ses traits réprobateurs et franchement désagréables contrastent avec ses paroles plutôt accueillantes. Il en va de même de Nora qui, ayant un léger malaise, s’effondre dans une position bizarre et, alors qu’elle pouvait sembler évanouie, est parfaitement sur pied dans l’image suivante. De façon générale je n’ai pas été particulièrement sensible aux illustrations, bien que cela reste très subjectif. Quant à l’histoire, il est parfois difficile de juger avec un premier tome. Beaucoup d’effets d’annonce, une aventure qui promet d’être riche en rebondissements mais, pour l’instant, un ensemble un peu trop confus à mon goût. Difficile de s’attacher aux personnages, l’intrigue avance peut-être trop rapidement dans tous les sens… le tout laissant au final une impression d’inachevé. Cette bande dessinée reste pourtant agréable et, en raison du sujet, je lirai très certainement la suite en espérant que le tout gagne en relief avec le 2e tome.

48 p

Rivière, Federici, La Madone de Pellini Tome 1, 2008

 

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26/02/2008

Petits monstres bleus

304986843.jpgAmis lecteurs,

Après le calme plat, voici la tempête, avec un déluge de notes sur ce blog qui ne s’en remet pas ! Pleine d’enthousiasme, me voilà qui rattrape mon retard en attaquant sauvagement mon clavier jour après jour, dans l’espoir d’être lue par les quelques rebelles que mon silence n’a pas définitivement découragés. (Euh… ?)

Il faut dire que ces derniers temps, mon esprit de contradiction s’est particulièrement affirmé. Non contente d’avoir tout un tas de critiques en retard, me voilà maintenant dévorant des bandes dessinées, juste histoire de voir mes chroniques en attente augmenter inexorablement. Eh bien, tant pis. Je risque de ne pas en voir la fin, mais à vrai dire, si je râle, c’est bien pour le principe. En attendant, l’envie me démange de partager avec vous une bande dessinée qui m’a été offerte par Mr Lou la semaine dernière.

Parlons donc du Grand Mort et de son tome 1, Larmes d’abeille. Tout un programme.

1657168800.jpgSi vous pensez déjà « potion magique », vous n’en êtes pas loin. Même si je n’ai pas eu à remuer une potion verte et bouillonnante à l’odeur infâme, j’ai dû me prendre un petit coup de larmes d’abeille dans l’œil (rien de douloureux, mais que je ne ferais-je pas pour une aventure trépidante ?). Tout ça pour accompagner les héros de la situation chez le petit peuple. Là encore, pas de schtroumpfs, mais de sympathiques petits bonhommes colorés aux allures d’extra-terrestres. Il y avait de quoi m’effrayer, mais une bonne aventurière ne s’effarouche pas si facilement et mon côté follement téméraire a fait le reste. Il faut dire que confortablement installée dans mon canapé, une tasse de thé à portée de main, les quelques frissons occasionnés deviennent évidemment plus gérables. Mais avouez que ce n’est là qu’un tout tout tout petit détail (je dis juste ça pour les vilains esprits qui mettraient ma parole en doute) !

Cette fois-ci j’ai suivi Pauline, jeune étudiante en sciences eco débarquée de Paris en Bretagne pour préparer un examen et Erwan, bizarrement plongé dans un étrange grimoire que lui aurait prêté « le maître ». Là où Pauline est un râleuse invétérée, toujours d’une humeur massacrante, Erwan fait preuve d’un altruisme à toute épreuve, apparemment indifférent à la pluie de sarcasmes dont Pauline s’empresse de l’inonder.

Sceptique, Pauline est d’abord expédiée pendant quelques secondes dans le monde du petit peuple. Mais lorsque elle y perd par hasard ses lunettes, c’est de son plein gré qu’elle décide d’y retourner… sans savoir qu’elle ne pourra pas en sortir tant que les gouttes feront effet. C’est ainsi qu’elle accompagne Erwan dans une mystérieuse quête dont on ne sait pour l’instant pas grand-chose, mais qui réunit tous les ingrédients d’une bonne bande dessinée fantasy : intervenants et adjuvants multiples, personnages étranges, animaux fantastiques, nature surréaliste. Les deux héros sont attachants, la piquante Pauline tempérant le calme sinon trop olympien du sublime Erwan. Au final, j’adore, et le petit vent d’originalité qui plane sur cette bande dessinée n’y est pas pour rien.

Alors, surtout n’hésitez pas !

(Et au passage, un grand merci à Mr Lou pour ce cadeau inattendu)

56 p

Le Grand Mort, T1 – Larmes d’abeille, 2007

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24/02/2008

Un petit cocktail groupe O ?

ab152a8857fa2b17aa16da4950dc0068.jpgReçu dans le cadre du programme Masse Critique organisé par Babelio.com, le Moustiquaire de Berlin est donc la cible toute désignée de cette nouvelle critique !

Je n’avais pas lu de BD depuis un certain temps… c’est donc avec avidité que je me suis jetée sur ce livre pour le moins original. Habituellement j’adore les bandes dessinées aux histoires mystérieuses ou  caractérisées par un cadre historique hautement victorien. Le Moustiquaire de Berlin n’a donc pas grand-chose à voir avec mes lectures habituelles mais pourtant, impossible de ne pas le repérer parmi les livres proposés par Masse Critique !

D’abord, ce n’est pas tous les jours que nos valeureux héros sont une paire de moustiques espagnols venus rendre visite à leur cousin allemand Sigmund.

Ensuite, le sujet était absolument angoissant et je ne pouvais pas me résoudre à rester dans le doute : comment ? Les humains seraient tous malades et contamineraient les moustiques via leur sang empoisonné ? Shocking ! Comment cela se pourrait-il ? Mon petit côté WWF s’est rapidement insurgé contre une telle situation : il fallait que je prenne conscience de l’ampleur des dégâts ! Et voilà comment la protection des moustiques est devenue une cause de la plus haute importance par ici !

Verdict ?

Le Moustiquaire de Berlin est une BD agréable à lire, indéniablement originale mais qui me laisse tout de même un petit peu perplexe.

891af9c5d01f3da90dc9625783c97a0a.jpgLe sujet hautement improbable m’a vraiment séduite, même si le déroulement de l’histoire est peut-être marqué par quelques temps morts, notamment en raison de scènes un peu redondantes (comme la conversation au café ou l’entrevue à l’hôpital). L’intrigue bien partie finit de façon un peu décevante. Si vous attendiez des rebondissements exaltants, vous serez sans doute déçus. Pour ma part, je n’ai pas été convaincue par le face à face « capitalisme versus communisme » (encore que je ne suis pas sure qu’il s’agisse d’un duel ici) : les statues de Marx et de Lénine constituent peut-être la clef du mystère mais leurs brèves apparitions ne suffisent pas à leur donner plus de consistance. Quant à l’attitude des patrons illustrant les pires facettes du capitalisme, elle est par trop caricaturale pour me convaincre. Satire de deux modèles économiques ? Humour ou critique grinçante ? J’avoue que je ne me suis pas trop questionnée sur ces théories un peu fumeuses.

Malgré ces quelques regrets, l’ensemble forme un tout original, une BD un peu bizarre qui plaira à ceux qui aiment les histoires décalées. Quelques traits d’humour émaillent le récit, en particulier les allusions récurrentes de l’ami Pancho (en fait « Pantxo ») à ses origines basques (et certainement pas espagnoles !). Et beaucoup se reconnaîtront (étrangement !) dans ce moustique qui ne peut s’empêcher de lire,voyant toutes les occasions comme un fabuleux prétexte pour achever tel ou tel livre (de la psychanalyse à la médecine).

Les illustrations sont simples, allant à l’essentiel ; si ce n’est pas le type d’illustrations que je recherche le plus souvent dans une bande dessinée j’ai trouvé que cela se prêtait bien au sujet et à l’ambiance quelque peu SF.

En résumé, si je ne suis pas persuadée de l’intérêt des évocations du communisme et du capitalisme (ni sure de bien saisir leur rôle dans l’histoire), j’ai beaucoup apprécié le Moustiquaire de Berlin pour son humour et ses moustiques attachants. Une première (pour les auteurs) à recommander aux amateurs de nouveauté !

50 p

 Ils en parlent aussi : Yohan, Yokai et Le Génépi et l'Argousier.

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04/03/2007

Petits meurtres entre amis

medium_etrange_affaire_corps_sans_vie.JPGAmis lecteurs,


Ma vie fort mouvementée et mes hautes responsabilités mondialement connues ont quelque peu affecté mon quota de lecture hebdomadaire ces derniers temps. Ce pauvre blog en est la première victime et vous m’en voyez terriblement navrée. C’est pourquoi, décidant de faire fi des contraintes qui pèsent dramatiquement sur mes frêles épaules de lectrice, j’ai décidé de faire une courte note ce week-end. Et pour cela, j’ai choisi de vous présenter une petite bande dessinée comme on les aime, à savoir originale et, ma foi, fort sympathique.

Vous me ferez remarquer avec raison que le titre n’a rien de bien avenant : L’étrange Affaire des Corps Sans Vie. On ne peut effectivement faire guère plus lugubre, je vous l’accorde. Mais cette bande dessinée est avant tout amusante et, si nombreux les cadavres soient-ils, difficile de ne pas qualifier « d’agréable » cette plaisante petite lecture !

L’histoire : fin XIXe, dans une ville de province, un homme est retrouvé mort, visiblement étranglé, à moitié dévoré. La rumeur enfle : homme ? animal ? loup-garou ? Les morts se font alors plus nombreuses, en partie cachées par la police qui profite de cette série d’assassinats pour nettoyer les quartiers pauvres de la ville de sa « vermine », essentiellement des étrangers de passage. Un étudiant en médecine ayant pratiqué la première autopsie va se charger de l’enquête, qui le conduira vers la solution la plus acadabrante qui soit. Le Corbeau, l’un des personnages, résumera bien pour moi la situation : « Si j’ai bien tout compris, on a là une histoire de meurtres en série sans tueur en série et dont le principal coupable n’a jamais tué personne ? » Si cela ne suffit pas à en intriguer quelques-uns… !

Au final, cette BD indépendante est une très agréable surprise. Le format (16/23), la qualité du papier et la couverture souple sont le petit plus de ce livre agréable à tenir et à feuilleter. L’enquête simple mais bien menée n’est pas excessivement centrée sur la résolution de l’énigme. Cependant, l’originalité de la solution devrait satisfaire ceux qui reprocheront à cette bande dessinée de ne pas suffisamment détailler l’enquête. Il nous est difficile de nous identifier aux personnages mais leur portrait n’a rien d’exagérément caricatural. Le dessin est original, humoristique et haut en couleur ; les maisons et les quartiers représentés feront envie à plus d’un lecteur ! C’est avec plaisir que nous arpentons les rues de cette charmante ville, tandis que nous lisons avec avidité cette histoire plutôt rythmée.

Bref, pour tous ceux qui cherchent des bandes dessinées différentes et pour ceux qui n’ont pas spécialement envie de lire toute une série pour enfin découvrir le fin mot de l’histoire, L’étrange Affaire des Corps sans Vie est à mon avis un très bon choix…

160 p

19:00 Publié dans BD & Manga | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook | |

09/02/2007

Coup de coeur victorien !

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Enorme coup de cœur pour la série Fog et ses deux premiers tomes, le Tumulus et le Destin de Jane. Impossible de résister à cette première énigme résolue en deux tomes étonnants qui raviront leurs lecteurs avec une histoire audacieuse et incroyablement bien menée, multipliant les fausses pistes et les rebondissements.

La complexité des personnages fait la force de ce premier opus que l’on classe sans hésiter parmi les premiers au royaume de la bande dessinée. Le dessin subtil et très personnel n’est pas non plus étranger à la réussite de ce petit chef d’oeuvre. Tombe mystérieuse, fantômes, meurtres, intrigues et passion sont les ingrédients de ce cocktail explosif qui ne manquera pas de séduire bon nombre de lecteurs !

 

medium_Fog_-_tome_2.2.JPGQuelques mots sur l’histoire : au XIXe, en Angleterre, un archéologue ouvre la tombe d’un ancien viking réputé pour sa cruauté et ses talents de sorcier. A l’intérieur, deux vikings morts depuis des siècles et pourtant aussi frais que s’ils avaient été enfermés le jour même ! Légende ? Malédiction ? Toujours est-il que ceux qui ont un lien avec le tumulus sont massacrés à coups de hache les uns après les autres par deux vikings acharnés. S’ensuit alors une enquête passionnante qui conduira des personnages au caractère bien trempé à travers les rues de Londres. Brume, quartiers chics et populaires, bourgeois et prostituées peuplent cette BD pour le plus grand bonheur du lecteur.

Que l’on s’intéresse à l’époque victorienne, à la BD ou aux mystères non résolus, je vous recommande sans hésiter cette série qui, de mémoire, dépasse largement toutes les bandes dessinées que j’ai pu lire avant… comme vous le voyez, votre chroniqueuse est tombée sous le charme ! Alors… qu’attendez-vous pour découvrir cette petite merveille ?

 

19:35 Publié dans BD & Manga | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook | |

03/02/2007

Au Pays des Bone

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Il y a quelques années j’ai découvert grâce à ma cousine la série Bone, l’histoire en noir et blanc de trois petits bonhommes tout ronds chassés de leur ville à la suite d’une énième arnaque organisée par l’un des trois. Et récemment, en furetant dans les rayons de ma librairie, j’ai redécouvert le tome 1 de la série, La Forêt sans Retour, réédité cette fois-ci en couleurs. Les tomes 2 et 3 sont à paraître (mai et août 2007).
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Lue alors que j’étais encore au collège, l’histoire des petits Bone m’a une nouvelle fois ravie, amusée, charmée et tout simplement conquise ! Des dessins tendres, tout en rondeurs, d’adorables petits bonhommes drôles et attendrissants, une histoire bien ficelée, une pincée de monstres stupides et une grande rasade d’humour… voilà la recette de La Forêt sans Retour, dans laquelle je me suis perdue une deuxième fois avec délectation.

medium_bone_1.gif Alors si vous voyez un petit Bone râleur, une grand-mère aux biceps ultra développés ou des rats-garous qui demandent à leur casse-croûte de repasser plus tard (le temps de se mettre d’accord sur le menu du jour), n’hésitez pas à les suivre et à prendre le chemin de la Forêt sans Retour… dépaysement garanti, retour… à négocier… mais à coup sûr, un voyage qui vaut le détour !
 
143 p
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23:10 Publié dans BD & Manga | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook | |

06/01/2007

Triste manga

medium_kouno_pays_cerisiers.JPGLe brouillard londonien, l’humour noir anglais, les Carpates, les ruelles victoriennes, les classiques américains, quelques bandes dessinées et un petit détour par le continent africain ou le Japon à l’occasion… voilà l’essentiel de mes lectures en 2006. Mais 2006 est aussi l’année au cours de laquelle votre chroniqueuse a pris une très bonne résolution : découvrir l’univers des mangas, qui, a priori, ne l’inspire pas excessivement.

En bonne élève, je me suis munie de tout l’attirail nécessaire pour débuter mes aventures au pays des mangas… torche, corde, chaussures à crampons, fusil, couteau, casque… et surtout, quelques guides pour parer à mon « inculture » totale en la matière. Sites spécialisés, revues pour « BDphiles », sites de vente en ligne… tout a été passé au crible pour repérer quelques auteurs et séries incontournables. Ce qui m’a conduit à découvrir Le Pays des Cerisiers de Fumiyo Kouno.

Ce manga traite du bombardement d’Hiroshima à travers le destin de plusieurs personnages : la jeune Hirano, témoin de la catastrophe et décédée dix ans plus tard des suites de l’irradiation ; ses neveux, qui, à notre époque, découvrent soudain combien la catastrophe a marqué leur père ; puis le père, lorsque cinquante ans plus tôt, il revient vivre auprès de sa mère après la mort de sa sœur et rencontre une petite fille, orpheline depuis le bombardement.

Le récit est assez complexe, mêle présent et passé grâce à de nombreux flash-back et des parties ramenant successivement le lecteur à différentes époques. Les dessins sont très agréables et les traits des personnages particulièrement délicats, tandis que les paysages et les décors sont très fouillés. J’ai beaucoup apprécié l’aspect « humain » de ce manga, qui traite avec simplicité de la catastrophe d’Hiroshima, en montrant son impact sur le quotidien de personnes qui pourraient nous ressembler. Seul bémol : les dialogues très maladroits, en particulier dans la première partie.

Malgré les dessins et le développement plutôt poétique de l’histoire, Le Pays des Cerisiers est un manga dur, qui traite de l’Histoire sans condescendance, sans juger directement mais sans édulcorer non plus les conséquences du bombardement. Il souligne l’impuissance d’une population innocente et l’absurdité d’une décision qui a conduit à anéantir une ville et ses habitants en quelques minutes, comme si leur vie n’avait aucune valeur. Bien que ce manga traite d’Hiroshima en particulier, il est difficile de le lire sans remarquer à quel point les questions qu’il soulève sont encore d’actualité.

Incursion au pays des mangas : premier essai concluant !

98 p

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