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25/04/2018

Exposition Junya Ishigami : "Freeing Architecture"

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Photo Copyright MyLouBook

Jusqu'au 10 juin 2018, la Fondation Cartier pour l’art contemporain présente Freeing Architecture, la première grande exposition personnelle de Junya Ishigami. Figure majeure et singulière de la jeune scène architecturale japonaise, Lion d’or à la Biennale d’architecture de Venise en 2010, Junya Ishigami est l’auteur d’une œuvre conceptuelle et poétique dans laquelle le paysage tient une place prépondérante.  Source

Ayant la tête au Japon en ce mois d'avril, je ne pouvais pas manquer deux expositions qui se déroulent à Paris en ce moment. Voici la première - je réserve mon billet sur les Enfers et Fantômes d'Asie (Musée du Quai Branly) pour le challenge annuel de Purple Velvet cet été.

Freeing architecture permet de découvrir des maquettes alliant nature et structures modernes, dans des formes innovantes, repensant notre cadre de vie. De beaux projets et une précision incroyable dans l'exécution (notamment dans les blocs de béton et plaques de métal travaillés directement). Le tout dans le cadre extrêmement agréable de la fondation : j'ai profité de ma visite pour me prélasser dans le jardin à l'arrière, sous un beau soleil, un carnet de notes à la main.

Mes photos de l'exposition et du bâtiment ci-dessous.

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Photos Copyright MyLouBook

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23/04/2018

Aki Shimazaki, Le Poids des Secrets, T5, Hotaru

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Après le myosotis, un dernier symbole avec Hotaru, la luciole. Et quelle belle couverture que celle-ci... Si je n'ai pas eu l'impression de totalement "boucler la boucle" avec ce dernier tome, qui, comme dans la vraie vie, ne livre pas tous les secrets et ne résout pas tous les problèmes d'une vie éclatée, j'ai trouvé que ce dernier opus apportait un éclairage intéressant sur Mariko. Fille-mère ayant caché ses origines coréennes, puis femme adultère pendant une période, Mariko est avant tout une femme qui a traversé les moments les plus tragiques de l'histoire japonaise du XXe. Une femme qui, dans l'adversité, sans soutien familial, sans argent, a réussi à garder la tête haute et à assurer un avenir à son fils. Malgré ses faux pas et cette attirance dont elle ne peut se défaire pour son premier amant, Mariko est une femme qui cherche à reste honnête et méritante à l'égard de son époux, qu'elle apprend à aimer lui aussi.

Avec Hotaru, Mariko s'inquiète pour sa petite fille. Pour qu'elle ne commette pas les mêmes erreurs qu'elle, elle entreprend de lui dévoiler son passé et notamment, l'histoire de sa rencontre avec monsieur Horibe. Une relation dont on connaissait les conséquences, mais pas les circonstances.

Un roman refermé à regret, avec cependant l'envie de relire dans quelque temps cette pentalogie. Outre la dimension historique et les personnages attachants (pour la plupart) et bien croqués, Aki Shimazaki nous comble avec un texte fin, épuré, qui traite de sentiments avec simplicité et retenue. Pour me consoler de cette dernière lecture, le coffret de la deuxième série d'Aki Shimazaki m'attend. Je compte bien savourer prochainement ces cinq courts récits les uns après les autres. [Edit du 23 avril : depuis la rédaction de ce billet, programmé à l'avance, j'ai lu deux romans du 2e cycle... l'engouement se confirme !]

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133 p

Aki Shimazaki, Le Poids des Secrets, T5, Hotaru, 2004

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21/04/2018

Chiaki Okada & Kazuhito Kazeki, Une nuit à la bibliothèque

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En faisant du repérage pour la première édition du Mois au Japon, j'avais noté quelques albums pour plus tard, dont celui-ci. Le titre ainsi que la jolie couverture m'avait attirée.

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Des enfants se rendent à la bibliothèque avec leurs doudous. Ils doivent les y laisser. Les doudous dorment mais dans l'obscurité, alors qu'il n'y a personne, ils se lèvent les uns après les autres et commencent à sortir les livres de leurs étagères et à semer la zizanie. Les bibliothécaires arrivent et s'occupent gentiment d'eux. Le lendemain les enfants vont rechercher leurs doudous.

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De charmants dessins dans des tons pastels, pleins de douceur et de délicatesse. C'est le point fort de cet album qui a plu à Petite Lou mais m'a laissée sur ma faim. Pourquoi les enfants partent sans les doudous et vont les rechercher le lendemain ? Pourquoi les doudous ne vivent pas quelques aventures palpitantes ? Comment se fait-il que les bibliothécaires trouvent tout à fait normal de voir des doudous vivants alors que les enfants eux-mêmes semblent ne se douter de rien ? Une jolie histoire qui reste un peu simpliste à mon goût, même si on savoure l'univers décrit et sa fantaisie. J'en attendais peut-être trop car j'ai suivi les avis positifs en ligne.

Je me demande également si l'album est très solide (le carton de la couverture est apparent, l'illustration ne couvre pas les angles et je pense que les coins peuvent s'abîmer si on ne fait pas attention).

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Les dessins m'ont rappelé ceux de Jour de pluie, magnifique album que je vous recommande vivement.

40 p

Chiaki Okada & Kazuhito Kazeki, Une nuit à la bibliothèque, 2014

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19/04/2018

Haruki Murakami, L'Etrange Bibliothèque

murakami_etrange bibliotheque.jpgUn jeune garçon se rend à la bibliothèque municipale. Il y rapporte deux livres et annonce à la bibliothécaire qu'il en cherche d'autres. Sans écouter en détail sa requête, la femme l'envoie au sous-sol, dont le garçon ne connaissait pas l'existence. Il emprunte un couloir et se rend dans une pièce où un vieillard est assis. Malgré des hésitations et l'envie de renoncer à sa demande concernant la perception des impôts dans l'empire ottoman, l'adolescent n'ose pas se montrer impoli et accepte de lire sur place trois énormes volumes anciens apportés par le vieil homme. Il s'enfonce alors dans un dédale de couloirs sombres, pour finalement découvrir que la salle de lecture est un cachot. Ajoutez à cela un homme-mouton et une jeune fille sortie de nulle part, et vous aurez une idée de l'univers dans lequel Murakami nous plonge.

On glisse rapidement de la normalité à l'étrange, de la faille et du doute à l'horreur subtile, surréaliste. Cauchemar ou réalité ? Oeuvre de l'imagination ? Autant de questions que le lecteur est en droit de se poser.

Je suis passée complètement à côté de ce court texte de Murakami, sombre, malsain, conte inquiétant dont je ne voyais ni l'objectif ni l'intérêt. Accompagné d'illustrations de Kat Menschik qui ne m'ont pas davantage séduite (malgré l'imaginaire associé et l'interaction intéressante avec le texte), ce livre me confirme que je suis moins sensible aux textes oniriques de Murakami qu'à ceux davantage ancrés dans la réalité et l'univers contemporain japonais.

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Haruki Murakami, L'Etrange Bibliothèque, 2005

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17/04/2018

Keigo Higashino, Les doigts rouges

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Après La Maison où je suis mort autrefois, à l'atmosphère inquiétante, presque surnaturelle, cette deuxième lecture d'un roman de Keigo Higashino a de nouveau produit sur moi une forte impression. Noirceur et habileté sont les deux mots qui me viennent en premier à l'esprit pour qualifier ce récit où l'on sait d'entrée de jeu qui est le tueur. L'intérêt de l'intrigue consiste à suivre en parallèle coupables et police, pour voir comment les premiers comptent s'en sortir et comment les seconds pourront éventuellement résoudre l'affaire.

Maehara Akio est un employé de bureau de la classe moyenne, dont la vie se résume à des journées en entreprise, une éventuelle bière entre collègues, de longs moments passés dans des transports en commun bondés et une vie familiale peu réjouissante. Sa femme Yaeko et lui ne s'entendent pas particulièrement bien, son fils Naomi est un adolescent abruti de jeux vidéos et colérique, et sa vieille mère qui vit avec eux souffre de démence sénile. Lorsque s'ouvre le roman, Yaeko appelle son mari au bureau pour qu'il rentre rapidement : leur fils a étranglé une petite fille, provisoirement cachée sous un sac-poubelle dans le jardin. Au lieu d'appeler la police, la famille décide de couvrir l'adolescent.

Voilà un roman glaçant. Par le sujet bien entendu, mais aussi par la façon dont tout la famille Maehara décide de réagir. La petite est abandonnée dans un endroit sordide. La mère ne cesse de protéger son infâme rejeton ; il ne faudrait pas perturber le pauvre petit chaton, déjà tout tourneboulé par ce qui est arrivé. Tellement perturbé qu'il continue à réclamer des hamburgers, joue à la console et dort paisiblement quand ses parents ne vivent plus. Un adolescent qui d'emblée leur dit ne pas être responsable de par son âge; pour lui, il est tout à fait normal que ses parents gèrent le problème. Et il compte bien ne plus être importuné à ce sujet. Vient ensuite la stratégie mise au point par Akio, tellement sordide et cruelle. Et le retournement de situation final qui nous fait porter sur le déroulement des évènements un tout autre regard. Curieusement, le cynisme de cette famille sera contrebalancé par les réactions de deux cousins policiers, qui par leur approche professionnelle et leurs choix personnels, vont apporter une touche d'humanité, qu'on ne réalisera pleinement que dans les dernières pages. L'auteur décortique des relations familiales complexes avec beaucoup de talent. Un texte dont je n'attendais rien en particulier et que j'ai trouvé original et intelligent.

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237 p

Keigo Higashino, Les doigts rouges, 2009 (2018 pour la version française)

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14/04/2018

Elmodie, Un Singe dans la Neige

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Un superbe album offert par ma complice Hilde à mes espiègles kokeshis.

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Un singe souffre du froid en hiver et décide de partir chercher le printemps. Sa quête le mènera à travers le Japon, au mont Fuji et en mer où il rencontrera un grand dragon. S'il ne trouve pas le printemps, il découvrira à son retour des sources d'eau chaude dans la glace, apparues grâce au dragon. Il n'aura ainsi plus jamais froid en hiver.

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Un album à l'histoire courte et poétique, portée par des pop-ups de toute beauté. Magnifique.

Une participation au rendez-vous Album jeunesse du Mois au Japon, en partenariat avec le challenge Je lis aussi des albums.

16 p

Elmodie, Un Singe dans la Neige, 2015

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13/04/2018

Read-a-thon Un Mois au Japon : le billet de suivi

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Les autres participantes : 

BidibBlandine, FondantGrignoteHildeKobaitchi, L'Or Rouge, MargotteNathchocoPurplevelvet

Trois jours pour lire, voir, manger, rêver, vivre japonais, c'est l'objectif de ce week-end ! Si les jours à venir sont déjà bien remplis, la PAL préparée pour l'occasion est gourmande et donne envie de se plonger dans un bon bouquin, un thé matcha à portée de main, pendant que le ramen cuit doucement et exhale de bonnes odeurs dans la maison.

Voilà la PAL dans laquelle j'irai piocher mes lectures - soyons réaliste, je ne prévois pas du tout de lire tout ça, mais j'ai de quoi passer de bons moments !

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Bonnes lectures à tous ! 

*****

Vendredi 13 avril

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13h : Pour commencer déjeuner taïwanais de calamar aux légumes puis un tiramisu au thé matcha, qui me rapproche doucement des rives nippones. Une ou deux pages lues pour accompagner tout ça !

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15h15 : Finalement c'est un peu plus tard que j'ai trouvé un moment pour lire. J'ai terminé la première nouvelle du recueil La mort en été de Yukio Mishima, un auteur que j'hésitais à lire depuis longtemps. 26 p lues. Sur ce, je m'apprête à ressortir et n'aurai plus l'occasion de lire avant ce soir. Je vous retrouve donc tout à l'heure.

Edit du samedi :

Ne travaillant pas hier, j'ai profité de ce temps libre pour faire un peu de bénévolat auprès d'enfants d'une école maternelle, avec des séances de lecture auprès de deux groupes d'âges différents. Une expérience amusante et quelques lectures d'albums à ajouter au compteur du RAT. Evidemment, il y avait ceux qui après une histoire ou deux ont envie de se dégourdir de nouveau les jambes, mais aussi plusieurs petits bouts qui ne voulaient plus partir. Ça faisait plaisir de voir des enfants fixer avec autant d'attention les albums, assis en tailleur, les yeux ronds et un petit doigt se levant à la fin des dernières histoires pour demander timidement de prolonger la séance. Au final je suis restée beaucoup plus que prévu sans voir le temps passer.

Nous avons lu :

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et

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Soit 8 albums : Princesse Parfaite, Zoé et la générosité (32 p), Le loup qui n'aimait pas lire (32 p), Zébulon le dragon (32p), Le loup ne viendra pas (28p), Mme Lumineuse (40p), Oh Non, George ! (32p), Aventures en Alaska - livre personnalisé (44p), Mme Bonheur et la sorcière (40p).

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Puis hier soir, Petite Lou a choisi de lire avec moi Le poisson rouge de Nanami (32p). J'ai ensuite eu envie de commencer la 2e pentalogie d'Aki Shimazaki mais je me suis endormie au bout de quelques pages, ce qui n'a rien à voir avec les qualités du livre (5p).

Au total vendredi : 343 p

******

Samedi 14 avril

Journée bien remplie en perspective, on fête un anniversaire. Je ne suis pas certaine de lire grand-chose ni de pouvoir suivre le RAT sur la blogosphère avant ce soir. J'ai hâte de découvrir vos lectures tout à l'heure !

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Photo Copyright MyLouBook

22h30 : A partir de 18h, j'ai trouvé quelques petits moments pour me plonger dans Mitsuba, premier tome du cycle Au coeur du Yamato. De nouveau conquise par Aki Shimazaki, j'ai tout laissé en plan après le dîner pour avancer dans ma lecture. Court roman dévoré et terminé ce soir. 121 p de ce roman lues aujourd'hui.

Sur ce, je m'en vais découvrir les billets de RAT de mes comparses du week-end, puis je lirai encore un peu ce soir... à côté de moi, un manga, le 2e tome du cycle Au coeur du Yamato et La Tombe des Lucioles.

Edit du lendemain : au final, mon tour sur la blogosphère a occupé ma deuxième partie de soirée. J'ai donc juste commencé un manga, Dans un recoin de ce monde, dont j'ai lu 16 p.

Au total samedi : 137 p 

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Dimanche 15 avril

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De façon logique, nous avons débuté la journée en lisant plusieurs fois L'heure de la lune d'Alex Sanders, un album pour s'endormir (18p) - un album très sympathique de l'abonnement de l'école des loisirs, dont je ne suis pas toujours convaincue.

Sur ce, comme il fait un temps superbe, la famille Lou s'apprête à sortir... je vous retrouve plus tard dans la journée, par ici et sur vos blogs !

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12h30 : En rentrant du marché, Mini Lou m'a demandé de lire The Gruffalo's Child (32p). Elle a son concept à elle: elle bouquine dans son coin, moi à côté, mais je n'ai pas le droit de choisir mon livre - sinon elle me le reprend d'emblée. Alors j'en ai profité pour relire cet album que je ne connais pas très bien car c'est habituellement Mr Lou qui le choisit pour la lecture du soir. D'ailleurs, il faudrait que je vous reparle des deux auteurs de cet album, dont on a testé et approuvé pas mal d'histoires !

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A déjeuner, Mr Lou avait fait du filet de sandre saupoudré au curry, purée d'épinards passée au siphon et grenade pour assaisonner. Un repas délicieux qui me donne des forces pour entamer une séance de lecture pendant que Mini Lou dort.

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15h00 : après un tour chez les copinautes rathoniennes (sauf Kobaitchi dont le serveur semble avoir décidé de se rebeller aujourd'hui...), je vais commencer ma séance de lecture. A côté de moi, les romans pris en photo. Finalement j'en ai ajouté deux de plus comme je n'arrive pas à me décider. Bonne poursuite de RAT à toutes !

Un peu plus tard... J'ai lu "Trois millions de yens", deuxième nouvelle du recueil La mort en été de Mishima, soit 20 p de plus.

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19h30 : Finalement mon choix s'est porté sur Kabukicho de Dominique Sylvain (47p lues). Après-midi bien remplie aussi avec Mini Lou et ce soir nous aurons probablement la visite d'un copain, je ne sais donc pas encore quand je reviendrai sur la blogo après cette brève incursion. A plus tard !

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22h40 : Après le dîner, j'ai commencé à lire L'Etrange bibliothèque de Haruki Murakami, jusqu'à ce que notre ami  (dont on ne savait pas trop s'il pouvait passer car il arrivait d'Allemagne et avait une bonne journée derrière lui) nous appelle pour nous demander le digicode. Après un moment sympa passé ensemble, me voici de nouveau prête à lire Murakami.

Purplevelvet compte participer à ce RAT demain encore, comme elle n'a pas pu être présente tout le week-end. Je suis tentée de mettre encore à jour ce billet demain, même si ma participation sera assez limitée. Si jamais vous souhaitez finir demain comme Purple et moi, n'hésitez pas !

23h35 : J'ai terminé L'Etrange bibliothèque (73p).

Avant de m'endormir, j'ai seulement lu 7 p supplémentaires de Kabukicho.

Au total dimanche :  197 p 

*****

Lundi 16 avril :

Bonnes lectures à celles qui poursuivent aujourd'hui (lundi) ce R-A-T ! Pour ma part, je vous donne rendez-vous ce soir !

21h : Seulement 13 p de Kabukicho lues dans la journée. Je retourner bouquiner !

En ce qui concerne les rendez-vous de la semaine, je manque celui consacré au Tombeau des Lucioles mais serai prête demain pour le RDV polar. Jeudi je pense vous parler de Murakami et samedi je participerai de nouveau à la LC d'un album jeunesse. J'aimerais bien cuisiner dimanche, mais il faudrait que je fasse quelques courses de circonstance d'ici là !

*****

Bilan total du R-A-T :

La mort en été de Yukio Mishima : 46 pages (en cours)

Princesse Parfaite, Zoé et la générosité : 32 p (album) 

- Le loup qui n'aimait pas lire : 32 p (album)

- Zébulon le dragon : 32p (album) 

- Le loup ne viendra pas : 28p (album)

- Mme Lumineuse : 40p (album) 

- Oh Non, George ! : 32p (album) 

- Aventures en Alaska - livre personnalisé : 44p (album)

Mme Bonheur et la sorcière : 40p  (album)

Le poisson rouge de Nanami : 32p (album)

Mitsuba, premier tome du cycle Au coeur du Yamato d'Aki Shimazaki : 126 p / roman terminé

Dans un recoin de ce monde : 16p  (manga / en cours)

- L'heure de la lune : 18p (album)

The Gruffalo's Child : 32p (album)

Kabukicho : 67 p (roman / en cours)

 - L'Etrange bibliothèque de Haruki Murakami : 73 p / novella terminée

 

Soit 690 pages lues pendant le R-A-T Un Mois au Japon

(dont 312 p de romans / nouvelles)

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R-A-T du challenge "Un Mois au Japon"

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Image issue site abebooks

Hilde et moi espérons vous retrouver ce week-end pour le R-A-T du challenge "Un Mois au Japon".

Grand moment de lecture et de partage, en perspective, préparez-vous!

Comment se déroule ce R-A-T ?

Du vendredi 13 avril, dès le petit matin, au dimanche 15 avril, 23h59, vous lisez autant que vous le souhaitez et partagez vos moments de lecture sur votre blog et ceux des autres participant(e)s. Au moins une de vos lectures doit être en rapport avec le Japon.

Envie d'une pause pendant le R-A-T ? C'est peut-être le moment de savourer un film japonais, un thé sencha ou des biscuits au thé vert.

Le R-A-T est avant tout un week-end de détente et d'échanges entre participants et blogueurs !

*****

Rejoignez-nous vendredi 13 avril ! Les festivités commencent dès ce matin sur nos blogs et sur le groupe facebook du Challenge Un Mois au Japon.

-> Inscrivez-vous quand vous le souhaitez y compris pendant le week-end, vous êtes libres de vous joindre à nous à tout moment, en nous laissant un petit commentaire.

-> N'oubliez pas de partager votre billet suivi du week-end pour partager vos découvertes.

A  ce soir!

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11/04/2018

Fumiyo Kouno, Une longue route

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Photo myloubook

Après Le Pays des Cerisiers et Pour Sanpei, je poursuis ma découverte de l'univers de Fumiyo Kouno, toujours avec grand plaisir.

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Dans Une Longue route (one shot), il est question d'un couple, Sôsuke et Michi. Et pas n'importe quel couple.

Michi débarque un jour avec une lettre du père de Sôsuke. Elle lui lit la lettre à voix haute : celle-ci stipule qu'un ami lui a donné sa fille dans un bar, et que voilà Sôsuke (son vaurien de fils) marié. Michi, qui ne s'étonne de rien et semble un peu dans son monde, a accepté de signer le contrat de mariage et s'installe donc chez Sôsuke. Celui-ci aime les jeunes femmes coquettes et sexy; il trouve Michi sans intérêt, si ce n'est qu'elle gère le ménage et travaille à mi-temps, quand lui passe une bonne partie de son temps à procrastiner.

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Photo myloubook

Malgré les apparences, c'est un couple sympathique. Certes, Sôsuke est égoïste, infidèle, fainéant et il tient régulièrement des propos peu flatteurs à sa femme. Et pourtant, un fragile équilibre se crée peu à peu. Les critiques rebondissent sur Michi sans l'atteindre la plupart du temps. Et Sôsuke a parfois des élans de sollicitude à son égard. Il recherche sa compagnie. Profite de bons moments avec elle au quotidien. Michi, elle, n'est pas amoureuse de son époux mais prend plaisir à mener cette vie où les sentiments ne sont pas engagés. Quoi que...

Les illustrations délicates de Fumiyo Kouno sont toujours un régal pour les yeux et, à travers de nombreuses courtes séquences, ce manga dessine les contours d'une jolie histoire, d'amitié ou d'amour... la chute le laissera entendre, avec une certaine poésie. Ma seule réserve tient à quelques incompréhensions, essentiellement de blagues, qui viennent sans aucun doute d'une méconnaissance de la culture nippone... mais cela concerne très peu de scènes. Il ne reste plus qu'un manga de cet auteur de ma PAL (et à connaissance, j'ai tous ceux publiés en France)... je vais avoir du mal à quitter son univers.

 fumiyo kouno, pour sanpei, manga, challenge un mois au japon, une longue route

 

 

215 p

Fumiyo Kouno, Une longue route, 2005

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09/04/2018

Aki Shimazaki, Le Poids des Secrets T4, Wasurenagusa

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Cela fait plusieurs mois que j'ai refermé le dernier tome de la pentalogie d'Aki Shimazaki, Le Poids des Secrets. Il sera plus difficile pour moi de parler de ses deux derniers romans, mais j'ai tant apprécié ces récits que je trouverais dommage de les laisser dans l'oubli de ma bibliothèque.

Wasurenagusa se lit indépendamment des tomes précédents, une fois de plus, mais vient nourrir cette histoire entremêlée si on a choisi de la lire dans son intégralité. Un personnage en retrait, effacé, est ici mis à l'honneur : Kenji, l'époux d'une femme qui a eu un enfant hors mariage et qui, plus tard, redeviendra la maîtresse de son ancien amant. Dans les premiers tomes, on peut penser que ce mari tranquille est en quelque sorte le dindon de la farce. Il travaille dans le même laboratoire que l'amant de sa femme, apprécie cet homme et devient son voisin sans jamais se douter que c'est le père biologique du garçon qu'il a lui-même adopté.

Ce récit qui lui est consacré donne à Kenji une autre envergure. On y découvre un homme élevé dans une famille noble, où la lignée est essentielle. Un homme qui, après un mariage malheureux et la découverte de son infertilité, choisit d'épouser une jeune mère célibataire au passé douteux. Kenji rompt avec sa famille et s'investit pleinement dans son nouveau rôle de mari et de père, malgré les épreuves et un séjour en Sibérie. Voilà un homme intelligent, intègre, affirmé, qui fait preuve de beaucoup de bonté et de maturité. On comprend que son mariage ait été un mariage heureux, malgré l'infidélité de son épouse à une certaine période. Et son portrait assombrit encore l'image que l'on se fait du voisin, qui se veut puissant, omnipotent et viril et qui, par contraste, est finalement assez minable. Au-delà de sa relation avec Mariko, on redécouvre Kenji à travers divers moments de son existence qui n'ont jusque-là jamais été évoqués dans les romans précédents.

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Un quatrième tome qui apporte sa pierre à l'édifice et contribue à construire une histoire familiale toute en finesse et en nuances. On se délecte à la lecture de chacun de ces textes si courts, mais si précieux.

Présenté dans le cadre de la lecture commune d'une oeuvre d'Aki Shimazaki.

126 p

Aki Shimazaki, Le Poids des Secrets T4, Wasurenagusa, 2003

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07/04/2018

Annelore Parot, Kokeshi Volume 1, Yumi

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Un album dont je voulais déjà parler l'an dernier lors de la première édition du mois au Japon. Une année a passé et ce livre connaît toujours un joli succès à la maison. Il est mis de côté quelques mois le temps de l'oublier un peu puis Petite Lou retrouve avec un plaisir renouvelé cette jolie kokeshi, l'univers japonais de l'album et les petits jeux de "cherche et trouve" qui sont proposés.

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A travers une approche ludique et des dessins kawaii, l'enfant découvre l'univers des kokeshis, les kimonos, les plats japonais (s'il ne les savoure pas déjà - eh oui, nous avons une accro aux sushis et salades d'algues à la maison !), les lanternes, la ville et la nature, l'intérieur japonais (entraperçu).

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Il faut ainsi accorder kimono et éventail, retrouver la meilleure amie de Yumi grâce à sa tenue, deviner le déguisement que les kokeshis porteront à une fête ou encore, différencier les plats japonais d'autres objets glissés parmi eux. Une jolie façon de s'ouvrir au Japon. 

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Lu dans le cadre du rendez-vous Album jeunesse du Mois au Japon et du challenge Je lis aussi des Albums.

48 p

Annelore Parot, Kokeshi Volume 1, Yumi, 2009

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05/04/2018

Aki Shimazaki, Le Poids des Secrets T3, Tsubame

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J'ai découvert à l'occasion du premier Mois au Japon l'œuvre d'Aki Shimazaki, que j'avais envie de lire depuis une dizaine d'années (rien que ça!). Suite à deux premiers petits coups de cœur, je poursuis la lecture du Poids des Secrets avec le troisième tome, Tsubame.

Le premier avait pour narratrice Yukiko, qui découvrait un côté obscur de son père et les conséquences que les décisions paternelles avaient désormais sur sa propre vie. C'est aussi l'époque de la bombe atomique lancée sur Nagasaki, qui est également au cœur du récit.

Dans le 2e tome, la parole est donnée à Yukio, voisin amoureux de Yukiko. Enfant solitaire, il a vécu avec sa mère célibataire et les visites sporadiques d'un père attendu comme le messie, honorant parfois le repas qui est préparé pour lui, ne venant parfois tout simplement pas.

Ce 3e tome nous ramène quelques décennies en arrière. La narratrice est cette fois-ci la mère de Yukio, Mariko. Son histoire est aussi liée à un autre évènements tragique du XXe : le tremblement de terre de 1923 et la répression à l'encontre des Coréens.

Un tome encore une fois lu d'une traite (en vacances, sans la suite dans mes bagages, ce que j'ai bien regretté). Un style toujours épuré, également empreint de poésie. Les hirondelles ont la part belle ici, mais encore une fois la flore et notamment, les campanules et les cosmos.

Je me demandais à l'origine ce qui pouvait ressortir d'une série de cinq livres traitant d'une même histoire avec des points de vue différents (car cinq, c'est ambitieux!). En réalité, chaque nouveau tome à sa propre personnalité et apporte non seulement une nouvelle perspective, mais d'autres informations qui viennent enrichir et éclairer l'histoire. Ici, c'est la maîtresse du père de Yukiko qui prend la parole. Personnage plutôt effacé, voire en retrait lors des précédents tomes, elle nous livre maintenant l'histoire de ses origines, mêlée à des évènements majeurs de l'Histoire japonaise. Destin triste pour cette femme attachante mal partie dans la vie, heureusement bien entourée dans la vieillesse.
Beaucoup de pudeur, aucun jugement porté sur les personnages. C'est ce qui contribue à faire de cette pentalogie une œuvre réussie.

Présenté en ce mois au Japon dans le cadre du rendez-vous autour d'une plume féminine

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119 p

Aki Shimazaki, Le Poids des Secrets, Tome 3, Tsubame, 2001

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04/04/2018

Fumiyo Kouno, Pour Sanpei, 2 tomes

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De Fumiyo Kouno, j'avais lu en 2007 Le Pays des Cerisiers, qui m'avait réconciliée avec les mangas que je ne lisais pas à l'époque.

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L'an dernier, en farfouillant sur le net pour trouver des idées de lecture pour le mois au Japon, j'ai découvert plusieurs titres du même auteur (malheureusement, l'un d'entre eux est épuisé depuis mon repérage). J'ai donc commencé par lire Pour Sanpei, acheté en avril dernier et resté à dormir sur une étagère depuis.

Sanpei a perdu son épouse et va s'installer chez son fils, marié et père d'un enfant. La relation entre le père et le fils est pour le moins tendue, tandis que la petite fille n'a rien d'adorable à première vue - elle deviendra attachante par la suite, avant tout à travers son côté "hors normes". Sanpei tombe rapidement sur un livre rédigé par sa femme. Il apprend qu'elle y a consigné toutes sortes de conseils pour l'aider à se débrouiller sans elle : commentaires sur les goûts et traits de caractère de la famille, conseils pour le ménage, recettes de cuisine... ce livre va devenir la bible de Sanpei et l'aider à se sortir de nombreuses situations fâcheuses alors qu'il devient peu à peu l'homme au foyer de la maison.

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Cycle court de deux tomes, Pour Sanpei m'a totalement charmée. J'ai retrouvé la rondeur et la simplicité des illustrations que j'avais tant appréciées lors de ma première rencontre avec cet auteur. Pas d'humour douteux ou de dessins kawaii inattendus - deux particularités du manga qui ne facilitent pas toujours ma lecture. Le traitement des personnages, leurs aspérités, leurs faiblesses les rendent attachants ; on n'a de cesse de les voir évoluer. Et quelque part, ce serait là ma seule critique : alors que de petits grains de sable viennent se glisser dans l'engrenage, que les personnages se questionnent dans leur rapport aux autres, la fin m'a fait l'effet d'un léger retour en arrière. 

Quoi qu'il en soit je vous recommande ce manga qui offre un joli moment de lecture, avec le portrait d'une famille japonaise pas si conventionnelle que ça.

146 p par tome

Fumiyo Kouno, Pour Sanpei, Manga en 2 tomes, 2004

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03/04/2018

Amélie Nothomb, Ni d'Eve ni d'Adam

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Cela fait longtemps que je n'avais pas lu Amélie Nothomb. Après La Métaphysique des Tubes lu et adoré à l'adolescence, j'avais abandonné Antéchrista (trop éprouvant) et Le Sabotage amoureux (j'étais passée complètement à côté). Et puis, il faut bien l'avouer, la popularité de certains auteurs finit par me les rendre suspects. Ni d'Eve ni d'Adam m'a été prêté récemment par une inconditionnelle de Nothomb et m'a finalement réconciliée avec elle.

Si Stupeur et Tremblements décrivait la vie dans une entreprise japonaise (roman que j'ai désormais hâte de découvrir), l'auteur s'attache ici à décrire sa relation avec Rinri, jeune japonais. Tous deux sont étudiants. Amélie est de retour au Japon où elle a vécu enfant et étudie le japonais tandis que Rinri apprend (mal) le français dans une université "de gare" (de son appellation japonaise). La Belge va donner des cours à Rinri et bientôt, tous deux forment un couple.

Intelligent, amusant, bien écrit, ce roman nous fait suivre les traces d'une Occidentale au Japon à la fin des années 80. C'est un choc des cultures qu'Amélie Nothomb nous donne à voir, grâce à son oeil acéré et sa prose directe et claire. Pendant son long séjour, la jeune femme vit à Tokyo et voyage, nous entraînant à sa suite à Hiroshima, à la montagne ou encore sur l'île de Sado. Il en ressort des anecdotes dignes d'intérêt, parfois même saisissantes sur la culture japonaise.

Sur Hiroshima : "C'était comme si, ici, les êtres vivaient plus fort qu'ailleurs. Habiter une ville dont le nom signifiait, pour la planète entière, la mort avait exalté en eux la fibre vivante ; il en résultait une impression d'optimisme qui recréait l'ambiance d'une époque où l'on croyait encore en l'avenir. (...) Rien, absolument rien ne suggérait une ville martyre. Il me sembla que, dans n'importe quel autre pays, une monstruosité de cette ampleur eût été exploitée jusqu'à la lie. Le capital de victimisation, trésor national de tant de peuples, n'existait pas à Hiroshima. " (p102-p103)

"Au Japon, les stations de ski sont très rares et aucune population sédentaire n'habite la montagne qui est le royaume de la mort et des sorcières. C'est pourquoi l'Empire demeure d'une sauvagerie dont les témoignages ne rendent pas assez compte." ( p 169)

"Le kotatsu représente un mode de vie davantage qu'un chauffage ; dans les maisons traditionnelles, un trou carré occupe un vaste coin de séjour et, au centre de ce creux, siège le poêle en métal. On s'assied par terre, les jambes pendantes dans la piscine remplie de chaleur, et on protège ce bassin d'air torride d'une immense couverture." (p174) En cherchant ce terme j'ai surtout trouvé des tables recouvertes d'un futon, avec un chauffage en dessous, mais j'ai fini par tomber sur une photo plus proche de ce que l'auteur décrit ici.

Au contact de Rinri, Amélie découvre de nouvelles subtilités de la vie japonaise. La mère de Rinri, si polie, qui lui demande soudain pourquoi elle cherche à s'exprimer de façon sophistiquée quand son visage bien trop expressif ne lui permettra jamais d'être une femme distinguée. Ses jambes blanches sous sa robe courte en été lui valent également l'hilarité de la famille de Rinri : une femme comme il faut mettrait des collants, même sous la canicule. Lorsque Rinri décide de lui présenter ses amis, il s'éclipse aux fourneaux pendant tout le repas et Amelie découvre que les convives attendent d'elle qu'elle ne mange pas et parle, comme les "conversationneurs" (métier inventé pour permettre à la bonne société de manger sans avoir à se préoccuper de la discussion). Amélie déblatère sur les mérites des bières belges pendant tout le repas, voyant défiler les mets plus délicats devant elle à son plus grand désespoir. Arrive ensuite cette demande de mariage acceptée par erreur parce qu'elle a répondu "non" à une formulation à la tournure négative, ce qui équivaut à une réponse positive.

Et puis, comme Amélie savoure les plats japonais, nos papilles frémissent d'envie en lisant certains passages. Je rêve d'okonomiyaki depuis cette lecture, mais voici d'autres mets délicats qui passent devant nos yeux brillants à la lecture de ce roman : 

"Il revint avec un plateau de merveilles qu'il disposa devant nous : beignets de pissentlis, feuilles de chiso farcies aux racines de lotus, fèves confites aux cédrats, crabes nains frits à croquer entiers." (p143) "(Il) les remplaça (...) par des ramequins individuels de chawan mushi, (...) ce flan de fruits de mer et de champignons noirs au fumet de poisson qu'il faut manger brûlant" (p147)

Un récit exquis, enlevé, où une jeune femme à la forte personnalité partage avec nous son amour du Japon. Si ce pays me fascinait depuis longtemps, voilà un roman qui a encore aiguisé mon appétit de voyage et de dépaysement au pays du soleil levant.

Présenté dans le cadre du rendez-vous autour d'Amélie Nothomb et de ses romans se déroulant au Japon. C'est aussi ma première participation au Mois belge !

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245 p

Amélie Nothomb, Ni d'Eve ni d'Adam, 2007

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02/04/2018

Sayaka Murata, Konbini

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Repéré il y a quelque temps sur les blogs, Konbini est une première bonne surprise dans le cadre de mes lectures pour ce mois au Japon.

Keiko Furukura est employée dans un konbini, supérette japonaise. A 36 ans, sans être mariée comme c'est son cas, cela équivaut à être tout en bas de l'échelle sociale. Pourquoi n'a-t-elle pas de vrai travail ? Pourquoi ce temps partiel (de 5 jours tout de même) alors qu'habituellement ce sont les étudiants, les freeters (jeunes en situation de précarité) et les femmes mariées ayant besoin d'un revenu d'appoint qui font ce genre de travail ? A-t-elle déjà eu un petit ami ? Autant de questions que Keiko tente d'esquiver en prétendant souffrir de soucis de santé.

Si Keiko a choisi de continuer à travailler dans le même konbini après ses études, c'est parce qu'elle a conscience de ne pas avoir le comportement que la société attend d'elle, sans savoir pourquoi. Petite déjà, elle avait suscité l'effroi en proposant de cuisiner un oiseau mort dans le parc - oiseau que toutes les petites filles pleuraient - avant d'assommer avec une pelle un camarade de classe pris dans une bagarre quelques années plus tard, quelqu'un ayant dit qu'il fallait séparer les deux opposants. Ses réactions lui semblent rationnelles et justifiées et l'étonnement et la gêne qu'elle génèrent la laissent perplexe.

Adulte, elle constate que certaines de ses attitudes continuent d'étonner et préfère ainsi la sécurité de la supérette, régie par des codes vestimentaires et de langage; Keiko calque également son style vestimentaire personnel, ses intonations et certaines de ses réactions sur ceux de ses collègues, pour entrer dans le moule et paraître normale. Vivre semble être un travail de tous les jours.

Quelques extraits représentatifs de ce texte :

"Tout ce qui concerne la façon de parler, en particulier, je l'apprends par imitation. Mon langage actuel est un mélange d'Izumi et de Sugehara" (p 26).

" (...) Je m'inspire de son look. Vu de l'extérieur, j'ai tout de l'humain normal, portant un sac à la mode et s'exprimant selon les règles de la politesse et de la bienséance" (p 28).

" Ah, j'ai bien joué mon rôle d' "humain“, me dis-je en observant les réactions de mes deux camarades. Combien de fois ai-je éprouvé ce même soulagement entre les murs de la supérette!" (P 29)

Jusqu'au jour où elle propose à Shiraha, autre trentenaire en marge de la société, un contrat tacite : elle l'hébergera chez elle et le nourrira, à condition de pouvoir prétendre avoir un conjoint et ainsi faire cesser les questions. Comme le dit Shiraha, cynique et opportuniste :

" Dans ce monde régi par la normalité, tout intrus se voit discrètement éliminé. Tout être non conforme doit être écarté" (p 67)

Leur relation n'a rien de romantique, ni même d'amical. Il la trouve trop âgée, repoussante, méprise son travail dans un konbini et décide de prétendre être homme au foyer et pour cela, compte bien la forcer à obtenir un emploi stable. Keiko ne le trouve ni beau ni intéressant mais est soulagée de pouvoir prétendre avoir quelqu'un dans sa vie pour justifier son temps partiel et se rapprocher de la norme. Car plus le récit avance, plus on lui fait comprendre qu'elle a râté sa vie. Ainsi, quand Keiko énonce son idée d'une vie partagée, elle déclare prosaïquement à Shiraha:

" Je te fournirai ta pâtée. (...) C'est la première fois que j'héberge un être vivant, j'ai l'impression d'avoir un animal domestique." (P 86)

Un récit court et percutant sur la différence au sein de la société nippone - sujet qui trouve aussi un écho dans nos sociétés occidentales. Le portrait de Keiko est subtil, tandis que l'évolution des réactions de ses proches et collègues ne manque pas de cynisme. Un roman que j'ai dévoré avec beaucoup d'intérêt.

Au passage, j'ai découvert quelques "spécialités" culinaires propres à l'univers des supérettes : fromage à la rogue de colin, onigiri à la bonite séchée, pogo (saucisse sur bâtonnet), cidre chocolat-melon... et le très dépaysant "sandwich thon mayo", produit phare du magasin ! 

Lu pour le rendez-vous du mois consacré à la ville. Le konbini est situé dans un quartier d'affaires, en face d'une gare, dans un environnement très urbain.

124 p

Sayaka Murata, Konbini, 2016 (2018 en VF)

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