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23/01/2016

P. L. Travers, L'extraordinaire voyage de Sabrina

pamela lyndon travers, mary poppins, auteur de mary poppins, extraordinaire voyage de sabrina, littérature anglaise, littérature anglaise deuxième guerre mondiale, classiques jeunesse, classiques jeunesse anglaisVoilà une bien jolie édition pour mettre à l'honneur P. L. Travers, l'auteur de Mary Poppins, à travers un roman inédit en France.

Ecrit à la première personne, à travers le journal de Sabrina Lind, ce récit est celui de deux enfants anglais arrachés à leur pays et au domaine familial en raison de la guerre et de la menace des bombardements. Sabrina et son frère partent ainsi pour l'Amérique chez un oncle et une tante vivant dans la région de New York. Le lecteur les suit alors qu'ils vivent encore chez eux, avant de les accompagner en mer pendant quelques semaines (première moitié du roman) et d'assister à leur installation aux Etats-Unis.

La guerre s'inscrit en toile de fond mais semble souvent distante. Malgré leur patriotisme et leur amour de leur pays, Sabrina et James sont avant tout des enfants qui cherchent à se divertir et à trouver des façons de s'évader au quotidien. Issus d'une classe privilégiée, ils ont la chance de mener une vie facile aux luxes les éloignant d'autant plus des préoccupations de guerre, même si leurs pensées se tournent régulièrement avec mélancolie vers l'Angleterre, leurs parents et amis.

Les protagonistes sont attachants et j'ai pris plaisir à suivre leur parcours, même si j'ai trouvé plus d'intérêt à la partie américaine, à travers certains aspects historiques notamment. Les enfants font quelques visites extraordinaires, comme celle de l'exposition universelle, dont la description a suscité ma curiosité. Un roman finalement assez joyeux et touchant, joliment illustré par Gertrude Hermes, auquel il a cependant manqué peut-être un peu de profondeur pour que je parvienne à complètement me laisser emporter. Un livre à recommander sans hésiter aux lecteurs de l'âge de James et Sabrina (neuf et onze ans) mais qui ne traverse pas aussi bien l'épreuve des années - je trouve - que d'autres classiques pour enfants (par exemple Moonfleet ou Papa Longues Jambes).

Lu en partenariat avec les éditions Zethel, au catalogue très prometteur, à suivre...

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235 p

P. L. Travers, L'extraordinaire voyage de Sabrina, Copyright 1941 (1ère publication en Grande Bretagne en 2015)

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03/01/2016

Oswald Wynd, Une Odeur de Gingembre

wynd_odeur gigembre.pngJ'envisageais de lire Une Odeur de Gingembre depuis des années et me suis décidée dans le cadre du Mois Kiltissime de Cryssilda. Bien m'en a pris, car c'est un énorme coup de coeur, voire ma lecture de l'année 2015 (même si je l'ai terminé hier) !

En 1903, la jeune Ecossaise Mary Mackenzie embarque pour la Chine où l'attend Richard, son fiancé. Mary n'a jusqu'ici qu'une expérience limitée, ayant vécu une vie simple, voire relativement modeste de jeune fille victorienne avec sa mère. Elle part vers l'inconnu, car non seulement elle entreprend un grand voyage, mais elle s'apprête aussi à retrouver un homme dont elle ne sait finalement pas grand-chose. Le roman s'articule autour de plusieurs parties principales, à travers la longue traversée en bateau, puis les premières années en Chine, suivies d'un départ pour le Japon, où Mary pense s'installer définitivement.

Ce roman est fascinant à de nombreux égards. Tout d'abord grâce à l'héroïne, que l'on suit sur une quarantaine d'années, et que l'on voit mûrir, évoluer, affirmer sa personnalité dans un monde fait pour les hommes, alors qu'elle était vouée à une vie très conventionnelle en Ecosse de par son milieu et son éducation. A travers ce roman, l'auteur s'interroge sur la place de la femme dans la société au sein de différentes cultures, dressant des parallèles très intéressants.

Le récit de Mary est écrit à la première personne, principalement à travers son journal, mais aussi via des lettres à sa mère puis à ses amis ; j'ai été fascinée par la capacité d'Oswald Wynd à rendre la narration crédible et à se projeter avec autant de subtilité dans l'imaginaire d'un personnage féminin.

Le cadre est lui aussi passionnant. Oswald Wynd nous projette en Chine et au Japon au tournant du siècle puis à travers la première moitié du XXe, où nous suivons (parfois à distance) les grands évènements qui ont bouleversé l'échiquier politique mondial. Le lecteur européen habitué à appréhender les conflits mondiaux avec une vision très occidentale se retrouve soudain projeté de l'autre côté du globe, dépaysé par le point de vue et les préoccupations qui diffèrent beaucoup de ce à quoi il est habitué. Mary subit de plein fouet le choc des cultures et, par sa capacité à s'adapter, nous pousse à nous interroger et à remettre en question des valeurs et habitudes qui nous semblent comme allant de soi.

L'auteur joue beaucoup sur le non-dit, prête une grande attention aux conventions sociales (anglaises, européennes, chinoises, japonaises), ce qui donne lieu à de remarquables passages tout en délicatesse, parfois remplis d'émotions et pourtant, d'une grande pudeur (comme cette scène finale sur le bateau).

Un seul aspect m'a parfois étonnée : l'intérêt plus vif que Mary semble porter à son fils plutôt qu'à sa fille, dont la perte semble compensée  par la naissance du petit frère. J'ai ressenti une pointe de frustration lorsque le roman s'est arrêté sur ce bateau, car j'aurais été curieuse de lire le récit des deuxièmes retrouvailles, si elles ont finalement eu lieu (je reste volontairement vague pour ceux qui n'ont pas encore lu ce beau roman).

Cela fait plusieurs mois que je peine à me laisser embarquer par un auteur, à rester concentrée et à terminer mes lectures en cours (même si les raisons sont nombreuses et pour beaucoup étrangères au contenu de ma bibliothèque). J'ai à peine lu cet automne, ce qui ne m'arrive jamais. Une Odeur de Gingembre a été pour moi le déclic me redonnant goût à la lecture. J'espère continuer de nouveau sur cette lancée car je ne suis pas tout à fait moi-même sans mes compagnons de lecture !

D'autres billets : George, Romanza, Yueyin.

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474 p

Oswald Wynd, Une Odeur de Gingembre, 1977

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