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21/09/2014

Mary Beth Keane, La Cuisinière

keane_cuisiniere.JPGDécouvert cet été en librairie, La Cuisinière n'est pas loin d'être un coup de coeur pour moi en ce Mois américain!

Mary Beth Keane a choisi de s'inspirer d'une histoire vraie, celle de Mary Mallon. Immigrée irlandaise vivant depuis une vingtaine d'années à New York, cette cuisinière talentueuse est employée par les maisons les plus prestigieuses et gagne bien sa vie. Jusqu'au jour où un certain Dr Soper l'accuse de transmettre la typhoïde et d'être responsable de la mort de vingt-trois personnes alors qu'elle-même n'a jamais présenté le moindre symptôme de la maladie.

Mary est alors arrêtée et isolée sur la petite île de North Brother où se trouve un hôpital pour les tuberculeux. La première partie du livre met en scène l'arrestation de Mary, son séjour sur l'île, le souvenir qu'elle garde des cas de typhoïde qu'elle a croisés dans sa vie. Sont mis en avant son isolement, l'injustice de la situation, les lettres de son compagnon qui se font de plus en plus rares et enfin, ses démarches pour être libre à nouveau. Puis le roman prend un nouvel élan en s'éloignant de North Brother, ce à quoi je ne m'attendais pas, ne connaissant absolument pas le cas de Mary Mallon auparavant.

Outre le 'fait divers' fascinant en soi, ce roman a le mérite d'humaniser Miss Mallon, maltraitée par la presse à l'époque, oubliée aujourd'hui. Le lecteur s'attache ainsi à la cuisinière irlandaise, souvent le coeur serré, tout en prenant de plein fouet la rencontre avec New York au début du XXe. Ville bouillonnante, sale, puante mêlant vendeurs ambulants, chevaux et métro, elle fait encore beaucoup penser au XIXe tout en ayant un pied dans la modernité. Sur le plan historique, le roman traite de la question sanitaire mais évoque aussi divers événements ayant marqué les esprits à l'époque tels que le naufrage du Titanic ou l'incendie du Triangle ShirtWaist.

La Cuisinière est un roman très intéressant qui se dévore. Chaudement recommandé, et davantage encore si vous aimez les récits historiques ou les livres mettant à l'honneur une figure féminine marquante.

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404 p

Mary Beth Keane, La Cuisinière, 2013

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17/09/2014

Christopher Morley, The Haunted Bookshop

morley_The-Haunted-Bookshop-300dpi.jpgThe Haunted Bookshop fait partie de ces livres qui, dans ma bibliothèque, sont ornés d'innombrables rubans multicolores, placés au fil de la lecture pour marquer un extrait intéressant, une belle phrase ou des références (littéraires, historiques, artistiques...). C'est un livre que je ne manquerai pas de feuilleter à la recherche de passages particuliers, même si je ressors un peu déçue de ma lecture.

The Haunted Bookshop a attiré mon attention dans une belle librairie de Cambridge, alors que je cherchais un refuge contre le froid et me réjouissais d'avoir trouvé un excellent prétexte pour revenir dans cet endroit. Ce roman a tout pour émoustiller les amoureux des livres. Imaginez donc à New York, dans un vieux bâtiment, une librairie d'occasion hantée par les fantômes de la grande littérature et un libraire persuadé de pouvoir soigner les troubles de l'âme en prescrivant les lectures adéquates - tout en ne proposant que des bons livres ("we sell no fakes or trashes" (p 14).

Je me suis régalée avec les cent premières pages, partageant le quotidien du libraire et de ses employés, m'amusant des discours sur les mérites de la lecture, notant divers titres (dont certains m'étaient tout à fait inconnus) et parcourant avec bonheur les rayons de ce lieu merveilleux, presque improbable. Même si je ne fume pas j'ai trouvé terriblement exotique cette invitation à fumer à condition de ne pas faire tomber de cendres, sachant que pour trouver le libraire il convient simplement de chercher l'endroit où la fumée est la plus dense.

Malheureusement, j'ai trouvé que la deuxième partie du livre n'était pas du tout à la hauteur de la première. Un jeune homme ambitieux, courageux (mais un peu lisse) tombe amoureux de la stagiaire tout juste embauchée par le libraire et patatra, le roman bascule dans la romance, en y ajoutant une bonne dose d'espionnage, de mystère et d'action, dans un contexte d'après-guerre (14-18). On perd complètement l'aspect littéraire pour frôler le roman à suspense tout juste divertissant. J'ai bien noté que les aventures de notre valeureux chevalier se voulaient pleines d'humour mais je me suis fermement ennuyée, désespérant de retrouver l'atmosphère cosy de la librairie et des appartements attenants... sans succès.

Je ne regrette pas ma lecture pour les 100 premières pages que je ne manquerai pas de parcourir de nouveau à la recherche de références mais j'en attendais tellement plus... ! Un livre qui ne tient pas vraiment ses promesses.

233 p

Christopher Morley, The Haunted Bookshop, 1919

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14/09/2014

J. P. Donleavy, La dame qui aimait les toilettes propres

donleavy_dametoilettes.jpgAmatrice d'humour à l'anglaise, j'ai été de suite intriguée par le titre de ce court roman américain de J.P. Donleavy, La dame qui aimait les toilettes propres. J'imaginais déjà l'humour pince sans rire dans un cadre new-yorkais et me réjouissais à l'avance. Autant le dire de suite : c'est une vraie déception.

La quarantaine, un physique avantageux, Jocelyn vient de se faire quitter par son mari, parti avec une jeunette. Ses deux enfants adultes ne viennent jamais la voir. Jocelyn mène donc une vie bien morose et tourne en rond dans sa somptueuse maison ancienne. Elle boit comme un trou, fait des signes de la main à une jeune femme menotée et dénudée qui la regarde depuis la maison d'en face (femme qui fait de ponctuelles apparitions mais n'occupera jamais une place plus importante dans le récit, si bien qu'on se demande bien ce qu'elle vient faire là). Un soir déprimant où elle est seule pour son anniversaire, Jocelyn prend son fusil et tire sur sa télé. No comment.

Suite à des soucis divers et variés, notre amie Jocelyn tombe dans une spirale infernale, perd sa maison, sa fortune et dès lors, ses "amis", à l'exception des maris qui semblent trouver normal voire généreux de venir la trouver pour une petite partie de jambes en l'air. Jocelyn se met à travailler, on s'attendrait peut-être à un petit conte moral ou à une prise de conscience et un réveil de notre apathique Jocelyn. Que nenni ! Désagreáble, nombriliste, arrogante, molle, Jocelyn reste de bout en bout un personnage sans intérêt, qui n'évolue pas et semble vivre dans un monde parallèle sans pour autant nous faire rire avec ses quelques excentricités et son obsession des toilettes propres (car c'est une belle du sud et une dame, comme le lui a bien mis en tête sa grand-mère, propriétaire d'une plantation). Aucunement crédible, elle troque son costume de bourgeoise mal dans sa peau pour celui d'une femme vulgaire, parlant de sexe avec la subtilité d'un éléphant dans un magasin de porcelaine. Même son amour de l'art et ses fréquentes visites de musée ne sont pas parvenus à la rendre plus intéressante.

A noter quelques touches d'humour. Par exemple "Ô mon Dieu, ce salaud d'ivrogne a percuté le bel érable caché au tournant de l'allée. Oh, nom de Dieu, il est mort. Ou pire, il a massacré l'arbre" (p 83).

Un texte décevant, un style peu agréable (du moins tel qu'il ressort à la traduction puisque je l'ai trouvé dans sa version française). Il se lit vite mais s'oubliera aussi vite ensuite. J'ai néanmoins noté deux titres du même auteur qui m'intriguent. Si je lis de bonnes critiques à leur sujet je tenterai peut-être ma chance : Le Destin de Darcy Danger, Gentleman et Un Conte de Fées new-yorkais.

Manu a beaucoup apprécié la première partie de ce récit mais pas la suite (elle relève également le choix de couverture improbable et il est vrai que je ne vois pas ce que ce tableau de Botero vient faire là-dedans); Metaphore et Tulisquoi n'ont pas aimé.

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138 p

J. P. Donleavy, La Dame qui aimait les Toilettes propres, 1995

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10/09/2014

Patricia MacDonald, La Double Mort de Linda

macdonald_double mort de linda.jpgCet été, j'ai profité d'un passage dans mon ancienne chambre d'adolescente pour farfouiller dans ma vieille bibliothèque à la recherche de titres que j'aimerais relire. J'ai jeté mon dévolu sur La Double Mort de Linda de Patricia MacDonald, lu et adoré au collège quand j'étais en plein dans ma période polars. J'enchaînais à l'époque les Mary Higgins Clarke, quelques Agatha Christie et Patricia MacDonald (je ne me souviens pas des quelques autres lectures qui ne m'ont pas trop marquée).

La Double Mort de Linda commence par la découverte d'un corps d'adolescente abandonné depuis longtemps dans une réserve naturelle. On ne trouve pas son identité et le cas est momentanément abandonné. Puis revient en ville Linda, la trentaine. Disparue depuis son adolescence, Linda est venue après avoir appris la mort de son père. Elle semble décidée à régler des comptes et à faire des révélations scandaleuses qui, on le comprend bien, affecteront la petite communauté. Linda vient aussi retrouver la fille qu'elle a fait adopter il y a des années de cela, bouleversant ainsi la vie des parents adoptifs, les Newhall, qui voient débarquer une mère prodigue alors que leur fille est en pleine crise d'adolescence. Mais Linda va se faire assassiner à peine revenue.

Cette relecture est une bonne surprise. Thriller à l'américaine de facture classique, il offre un bon moment de lecture et suffisamment de suspense pour en faire un page turner. De façon générale j'ai trouvé les personnages assez intéressants et globalement crédibles, malgré quelques dialogues un peu moins réussis que d'autres et une Linda qui, tout de même, est allée toute seule se jeter dans la gueule du loup. L'écriture est tout à fait correcte également. Bref, un polar honnête vraiment parfait pour se détendre ou se changer les idées dans les transports (où j'ai pour ma part du mal à me concentrer entre tous les arrêts, les bousculades, les gens qui racontent leur vie à leur portable). A noter un point qui m'a amusée : ce roman est très marqué par des notions de rôles hommes-femmes un peu datées (l'homme protecteur, le chef de famille...). C'est curieux de voir combien la perception du foyer et des rapports entre les genres peut évoluer en vingt ans. Toujours est-il que je suis tentée par l'idée de relire un des Mary Higgins Clarke que j'avais adorés adolescente (ceux des années 80, voire début des années 90).

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320 p

Patricia MacDonald, La Double Mort de Linda, 1994

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09/09/2014

Bilan de mes lectures de juillet et août

Je suis plongée en ce moment dans mes lectures américaines, avant une nouvelle immersion dans l'univers d'Halloween (eh oui le mois d'octobre approche et le Challenge Halloween pointe de nouveau le bout de son nez !). Mais qu'en est-il de mes lectures de juillet at août ?

N'ayant pas noté au fur et à mesure mes lectures, j'ai un peu de mal à dresser ce nouveau bilan, relativement court car j'ai eu peu de temps pour moi cet été... voyons si je m'y retrouve !

Côté romans :

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Deux très bons moments de lecture anglais et irlandais avec Amsterdam d'Ian McEwan (que j'apprécie de plus en plus), Chasse au Trésor de Molly Keane ainsi que Les Enfants de Dynmouth de William Trevor dont je vous parle ce mois-ci.

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L'Epouse hollandaise d'Eric McCormack m'a fait voyager plus loin et offre un dépaysement garanti.

macdonald_double mort de linda.jpgoates_mysterieux mr kidder.jpgmorley_The-Haunted-Bookshop-300dpi.jpg

Et toujours en littérature anglo-saxonne, mais cette fois-ci du côté des Américains en prévision du Mois Américain : La Double Mort de Linda de Patricia McDonald, Le Mystérieux Mr Kidder de Joyce Carol Oates et The Haunted Bookshop de Christopher Morley.

Entre Histoire et livre éducatif :

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J'ai retrouvé la collection Terrible Times avec Deadly Jobs de Philippa Boston : un excellent moyen d'apprendre l'anglais et / ou d'initier le néophyte aux charmes de la révolution industrielle anglaise.

Côté albums jeunesse :

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Quatre albums adorables de la collection Au bord de la Mer (Christophe Boncens) : des histoires charmantes, des illustrations colorées et pleines d'humour... un vrai bonheur !

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Il était une fois un papillon de Nicolas Gouny : encore une pépite pour les petits. Je vous en parle bientôt !

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Le Bouton de la Sorcière de Rosalinde Bonnet : une excellente idée de lecture pour Halloween. On en reparle en octobre !

 J'espère ne rien avoir oublié mais rien n'est moins sûr !

Et vous, quelles lectures ont égayé votre été ?

07/09/2014

Challenge Halloween 2014

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Le Challenge Halloween revient... et fête ses cinq ans ! Nous espérons que vous serez encore nombreux à embarquer avec nous à bord du Vaisseau Fantôme pour un ou plusieurs billets !

Les dates du Challenge restent identiques: du mercredi 1er octobre au mercredi 5 novembre.

Pour cette édition 2014, Hilde et moi vous réservons quelques surprises démoniaques... mais comme d'habitude, vous pourrez nous parler de films, séries, romans, albums, BD, documentaires envahis par des créatures fantastiques, des citrouilles ou tout simplement effrayants ou gothiques.

Sans oublier pour les plus motivés vos créations d'Halloween très originales (décorations du jardin ou de la maison, thème de blog, déguisements, cuisine, tea time, dessins),  qu'on se fait un plaisir de découvrir.

Nous comptons sur vous pour cette croisière diabolique, nous espérons retrouver les aventuriers de la Maison Hantée et accueillir de nouveaux passagers. Vous pouvez vous inscrire à la suite de ce mail.

Le groupe Facebook est toujours actif,  pour encore plus de partages Halloweenesques.

N'hésitez pas à nous faire part de vos souhaits de billets communs diaboliques et effrayants (lectures communes, mini challenges...), sur nos blogs ou sur le groupe Facebook. Nous avons hâte de retrouver votre enthousiasme halloweenesque des années passées.

Eh oui, voilà presque un an que nous avons rendu les clefs de la maison hantée : vous commenciez à nous manquer !


A très bientôt. N'hésitez-pas à nous rejoindre.

Démoniaquement vôtres,
Hilde et Lou

 

Les participants

(dans l'ordre de prise en compte des inscriptions) :

1/ Hilde, 2/ Lou, 3/ L'Or des Chambres, l'Or Rouge, 4/ Petit Speculoos , 5 / Karine :), 6 / Rachel, 7/ Sharon, 8 /Marjorie - Chroniques littéraires, 9/ Soukee, 10/ SVCath, 11/ Yoda Bor, 12/ Chicky Poo, 13/ Tiphanya, 14/ Acr0, 15/ Valeriane, 16/ Marguerite, 17/ Samlor, 18/ Emma, 19/ Mariejuliet, 20/ Petit_speculoos, 21/ Syl, 22 / Adalana, 23/ Titine, 24/ Simone, 25/ Nahe, 26/ FondantOchocolat, 27/Mrs Figg, 28/ Sandy, 29/ Sophie Hérisson, 30/ DeL, 31 / Maggie, 32/ Marchand, 33/ Samarian, 34/ Natacha, 35/ Mango, 36/ Glorifine, 37/ Flora, 38/ MyaRosa, 39/ Sia, 40/ Sofynet, 41/ Lelf, 42/ Elodie, 43/ Purplevelvet, 44/ Adalana, 

 

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06/09/2014

Joyce Carol Oates, Le Mystérieux Mr Kidder

oates_mysterieux mr kidder.jpgEncore un roman de Joyce Carol Oates pour le moins dérangeant ! Sur les traces de Lolita, Le Mystérieux Mr Kidder met en scène Katya, jeune babysitter qui se laisse embarquer dans une relation dangereuse avec un homme âgé. Elégant, riche, influent, artiste, Mr Kidder aborde l'adolescente alors qu'elle promène les enfants dont elle s'occupe et observe des dessous dans une boutique chic. Ses bonnes manières et son origine sociale rassurent Katya qui accepte de se rendre chez Mr Kidder pour prendre le thé.

Les remarques du vieil homme si poli sont parfois déplacées et créent une ambiance malsaine, amorcée par son premier cadeau : des dessous très affriolants. Leur relation se construit autour d'un équilibre fragile et complexe. Malgré le dégoût qu'il peut légitimement inspirer au lecteur, le vieux Mr Kidder intrigue et campe un séducteur crédible. Quant à Katya, avide d'attentions et de respect, attirée par l'odeur de l'argent, innocente et naïve à d'autres égards, elle pense pouvoir tirer profit de son vieil admirateur. Elle est tour à tour fascinée et écoeurée par ce personnage étrange, répugnant sous des dehors raffinés.

Difficile d'abandonner ce court roman qui se construit autour d'un conte et dont la fin m'a surprise. Curieusement, une partie de mon plaisir de lecture est venu du cadre du récit, Bayhead Harbour, station balnéaire de luxe où les quartiers modernes des parvenus près des canaux peinent à rivaliser avec les demeures prestigieuses des vieux quartiers.

Les avis de Kathel et Mango.

D'autres idées de lecture autour de Joyce Carol Oates :

Merci aux Editions Points pour cette lecture.

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210 p

Joyce Carol Oates, Le Mystérieux Mr Kidder, 2009

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03/09/2014

Harold et Maude, film et roman

higgins_harold et maude.jpgJe n'avais jamais entendu parler de Harold et Maude jusqu'à ce que mon oncle me recommande le film, très drôle et plein d'humour noir (en revanche la pièce sortie peu après à Paris ne m'a pas spécialement tentée). J'ai donc noté le titre dans un coin de ma tête, jusqu'à ce que je tombe par hasard sur un roman du même intitulé à la médiathèque. Ni une, ni deux, j'ai donc emprunté roman et film pour enfin me faire ma propre idée sur ce qui est apparemment un classique américain des années 1970.

Colin Higgins ouvre son roman Harold et Maude avec une citation de Lewis Carroll qui tout de suite donne le ton (décalé) de ce qui va suivre : Je trouve extrêmement vexant, déclara Humpty Dumpty, après un long silence, et sans regarder Alice, oui, extrêmement vexant de s'entendre traiter d'oeuf.

Autant le dire tout de suite à ceux qui connaissent un peu mes goûts et qui eux aussi apprécient l'humour noir absurde, ce roman est en la matière un vrai régal.

higgins_harold maude.jpegHarold est un jeune homme de bonne famille qui vit avec sa mère dans une grande propriété. Alors que sa mère enchaîne sorties mondaines, les rendez-vous chez le coiffeur et autres, Harold soigne son oisiveté en organisant son suicide. Car il en est maintenant à son quinzième suicide approximativement : pendaison, balle dans le crâne, noyade dans la piscine, immolation, toutes les méthodes y passent... devant la plus profonde indifférence de sa mère qui, après les premiers épisodes, a compris que son fils orchestrait soigneusement ses mises en scène sans jamais avoir la moindre intention de mettre fin à ses jours. Ainsi, devant son fils qui se balance mollement au bout de sa corde, la langue pendante, elle se contente de lui demander de faire quelques efforts dans la mesure où des invités sont attendus le soir même. Mais les journées de Harold vont être bousculées par plusieurs événements : lui qui aimait se suicider, assister à des enterrements d'inconnus, voir des démolitions d'immeubles ou des voitures broyées, va être sommé par sa mère de mettre un terme à ses enfantillages et de se marier. Il rencontrera ainsi trois candidates après que sa mère ait rempli pour lui le formulaire de l'agence matrimoniale. C'est sans compter sur Maude, bientôt octogénaire, autre adepte des enterrements. Cette vieille dame va se lier d'amitié avec lui et lui faire partager son quotidien rocambolesque, entre vols de voiture, excès de vitesse, infusions de paille et autres découvertes. Maude, pour qui la vie est en soi une philosophie à part entière, va-t-elle tirer Harold de sa léthargie ?

Une histoire d'amour pour le moins inhabituelle, qui par certains côtés m'a rappelé Le Cher Disparu d'Evelyn Waugh. Beaucoup d'humour, des personnages tous plus étonnants les uns que les autres, mais aussi touchants... et une jolie leçon de vie. Un roman qui se lit tout seul, à savourer lorsque vous avez envie de vous changer un peu les idées.

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155 p

Colin Higgins, Harold et Maude, 1971

*****

film_harold_and_maude.gifLe film est très proche du roman... et pour cause, Higgins a écrit le scénario du film, rédigé le roman ainsi que la pièce de théâtre du même titre !

Dans un sens, il est préférable de ne pas forcément lire le roman et voir le film juste après (comme je l'ai fait) pour pouvoir profiter de l'effet de surprise car je m'attendais à la plupart des scènes. Et pour ceux qui hésiteraient à lire le roman, il me paraît judicieux de commencer par le film qui donne une excellente idée de l'esprit du récit.

Le choix des acteurs est réussi même si je pensais au début que Bud Cort est un peu jeune pour le rôle. En réalité, il incarne à la perfection Harold en retraduisant bien son côté déphasé, amorphe mais aussi malicieux et cynique ! Maude est pétillante, comme il se doit.

La mère est aussi très convaincante et certaines scènes sont excellentes, comme celle où elle décide de se détendre dans leur piscine, met sa petite musique, commence à nager la brasse puis voit à ses côtés le corps de son fils flotter dans l'eau... avant de le dépasser et de faire une nouvelle longueur en passant près de lui sans lui prêter attention. J'ai trouvé malgré tout que le roman retraduisait encore mieux son côté un brin hystérique. Par exemple lorsqu'elle fait les questions et les réponses pour l'agence matrimoniale, je la voyais plus caricaturale. A l'inverse, une autre excellente scène n'apparaît pas dans le roman : Harold a fait un pantin lui ressemblant et, alors qu'il est dans une anti-chambre, il voit sa mère entrer dans sa chambre, s'asseoir devant le pantin et monologuer comme d'habitude sans remarquer la supercherie, pour conclure en lui disant qu'il est tout de même un peu pâle, puis s'en aller.

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Le film est servi par une BO de Cat Stevens très sympathique, qui prend le contrepied des scènes d'enterrement ou de suicide avec des chansons très joyeuses.

Il faisait gris, il faisait froid quand j'ai rencontré ces drôles de personnages... c'était le moment idéal pour découvrir Harold et Maude !

Je vous invite également à consulter l'article wikipedia, qui développe plus longuement les thèmes évoquées, l'accueil du film et de la pièce à l'époque, son influence ensuite.

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Harold et Maude, un film de Hal Ashby, 1971

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01/09/2014

Le Mois américain commence !

Après une petite semaine de vacances je compte continuer à voyager littérairement grâce au Mois Américain organisé pour la 2e fois par Titine. J'ai lu assez peu d'auteurs américains ces dernières années et c'est avec plaisir que je les retrouve pour fêter la nouvelle édition du Festival América !

Quelques billets sont déjà prévus !

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Bonnes lectures à tous !