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20/08/2014

Eric McCormack, L'Epouse hollandaise

mac cormack_epouse hollandaise.jpgJ'ai toujours aimé les romans qui commençaient par s'adresser directement à nous, aimables lecteurs. Cette forme surranée me faisant penser aux bons gros romans du XIXe a toujours le don de me faire soupirer d'aise avant de me blottir confortablement dans mon canapé, prête à suivre l'auteur là où bon lui semblerait. L'Epouse hollandaise fait partie de ces livres aux petits soins avec leurs lecteurs et c'est avec ravissement que j'y ai plongé.

Ecrivain de son métier, le narrateur a décidé de nous raconter une histoire véritable, entendue de la bouche de son voisin. Mais avant de faire la connaissance de Thomas et de son extraordinaire famille, notre narrateur a emménagé dans la maison voisine, dont il nous livre quelques détails : et qui ne voudrait pas la visiter ?

Je suis aussitôt tombé sous le charme de la salle de bains de la chambre principale. Elle était ornée d'un carrelage vert et possédait une de ces luxueuses douches à l'ancienne munie d'une douzaine de jets disposés tout autour des parois pour que l'on soit arrosé de tous les côtés. Même les toilettes étaient spectaculaires: elles trônaient sur une petite estrade entourée d'une balustrade de cuivre.

Curieusement, au-dessus du lavabo vert, une pendule était encastrée dans le mur à hauteur d'yeux. Je n'avais jamais vu de pendule dans une salle de bains. Celle-ci était toute rouillée et ses aiguilles tombées gisaient comme des phasmes à l'abri du verre.

Du palier, nous avons gravi un autre escalier plus petit mais tout aussi de guingois qui menait à un immense grenier plongé dans la pénombre. Dans un coin, on s'apercevait que la tourelle si imposante de la rue n'était en réalité qu'une structure ornementale creuse soutenue par des solives en croix (p19).

"Je la prends, ai-je dit:

- Bien." Victoria avait l'air soulagé. "Je vais faire préparer le bail." A l'instant précis où elle prononça ces mots, un énorme coup de tonnerre retentit dehors et en quelques secondes, une pluie d'été tambourinait contre les vitres (p21).

Un jour, le vieux voisin est hospitalisé et demande au narrateur de lui rendre visite. Malgré la fatigue, il va lui raconter l'histoire de sa mère, qui a un jour trouvé sur le pas de sa porte un inconnu prétendant être son mari et qu'elle a accepté, et surtout l'histoire de Rowland Vanderlinden, autrefois le mari de sa mère, parti aux quatre coins du monde.

Je crois qu'il est préférable de se laisser embarquer par cette histoire rocambolesque sans en savoir beaucoup plus sur les diverses péripéties qui attendent les protagonistes. Préparez-vous à être dépaysés ! Croisant les influences, ce roman qui se déroule au XXe siècle aurait parfois presque l'air d'avoir un pied dans le XIXe, en rappelant les romans d'aventures et récits de voyage de l'époque. On se perd dans le temps mais aussi entre les continents, les mers, les océans. On passe d'une maison bourgeoise du Canada à la traversée de plaines et de montagnes, avant d'embarquer dans un grand bateau puis un vieux raffiot, pour enfin partir à la découverte d'îles peuplées de populations aux rites étranges et d'animaux dangereux. L'Epouse hollandaise sait surprendre son lecteur !

J'avais repéré ce livre grâce aux blogs lors de sa première édition chez Points. Curieusement il y avait eu assez peu de billets à son sujet à l'époque, pourtant ce roman mérite le détour. Récemment, Trillian l'a lu et a eu un coup de coeur.

Merci aux éditions Points pour ce très agréable moment de lecture!

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370 p

Eric McCormack, L'Epouse hollandaise, 2002

16/08/2014

Philippa Boston, Deadly Jobs

boston-deadly-jobs.jpgJe continue à explorer avec plaisir la collection Paper Planes Teens qui a pour objectif de faciliter l'apprentissage de la langue anglaise en proposant des textes stimulants et originaux pour transformer ce qui pourrait être une corvée en un vrai plaisir de lecture.

Je me suis récemment régalée avec Blitz Britain de Philippa Boston, petit ouvrage qui m'a permis de mieux connaître une période de l'Histoire anglaise sur laquelle j'avais des notions assez floues. Je réitère cette fois-ci l'expérience avec Deadly Jobs du même auteur, pour un plongeon au coeur de la révolution industrielle anglaise. Comment ça, encore l'Epoque victorienne ? Je vous assure amis lecteurs, je ne fais aucune fixation sur le XIXe anglais, vous devez être victimes d'une hallucination collective.

De nouveau servi par les judicieuses illustrations à la Quentin Blake de Mark Beech (illustrateur de Blitz Britain), Deadly Jobs est composé de deux parties, l'une historique, l'autre narrative (ce qui était également le schéma de Blitz Britain).

La première partie explique que la révolution industrielle a créé de très nombreux emplois auxquels pouvaient accéder les enfants, dont la petite taille constituait parfois un avantage et dont le salaire était systématiquement plus faible que celui qu'aurait reçu un adulte. Compte tenu des conditions de travail, le taux de mortalité était élevé, avec une chute de la moyenne d'âge à 29 ans dans certaines régions. Sont ensuite présentés différents emplois réservés aux enfants : mineur, ramoneur, ouvrier à l'usine. Il restait également la possibilité de vivre dans une « workhouse » où, pour un abris pour la nuit et une nourriture chiche, il fallait travailler comme une bête de somme, à moins d'être placé en apprentissage – un esclavage déguisé. Pour lutter contre le travail des enfants, plusieurs lois se succèdent pendant des dizaines d'années sans être appliquées au départ. Charles Dickens choisit quant à lui de sensibiliser le public à travers ses romans. Même si je m'intéresse depuis un moment au XIXe anglais, j'ai notamment relevé quelques aspects ou anecdotes que je ne connaissais pas. Par exemple la couleur des vêtements au sein des workhouses, jaune pour différencier les prostituées des autres femmes. Ou encore le fait que la taille moyenne ait baissé en raison des conditions de travail à l'usine, qui entraînaient des déformations physiques.

La deuxième partie s'intitule « The Workhouse boy » et raconte l'histoire d'un garçon placé en apprentissage chez un type alcoolique et monstrueux. J'ai été étonnée par la fin (que je vous laisse le soin de découvrir). Bien entendu, je supposais que l'apprenti tiendrait sa revanche mais je n'aurais jamais pensé qu'elle prendrait cette forme-là.

A ceux qui s'intéressent à l'histoire britannique et à ceux qui veulent apprendre ou enseigner l'anglais en lisant des textes vraiment intéressants, je recommande encore une fois chaudement cette collection !

La suite au prochain numéro puisque j'irai bientôt me promener dans une Angleterre ravagée par la peste !

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44 p

Philippa Boston, Deadly Jobs, 2013

myself 2014.jpgBBC 2014small.jpgpaper planes teens, deadly jobs, philippa boston, collection terrible times, angleterre, angleterre xixe, angleterre victorienne, travail enfants époque victorienne, apprentissage anglais ludique, challenge myself, challenge i love london, challenge bbc 2014paper planes teens,deadly jobs,philippa boston,collection terrible times,angleterre,angleterre xixe,angleterre victorienne,travail enfants époque victorienne,apprentissage anglais ludique,challenge myself,challenge i love london,challenge bbc 2014

12/08/2014

Christophe Boncens, Au Bord de la Mer

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Je viens de découvrir pour Baby Lou une collection merveilleuse pour accompagner son été au bord de mer! Publiées aux éditions Beluga, ces "Histoires salées du marchand de sable" de Christophe Boncens initient les petits aux animaux de la mer et à leur environnement naturel à travers de petites histoires amusantes. Il existe deux coffrets de six albums qui se vendent également séparément. C'était le cas dans la librairie où je me suis rendue. Je suis d'abord repartie avec La Méduse Moqueuse, album qui m'a tellement enchantée que ce week-end j'ai également offert à ma fille L'Etoile Menteuse, Le Bigorneau Tricheur et L'Anémone se sent seule.

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Illustration tirée du site de Christophe Boncens

Dans chaque album, une aventure va mettre en avant les défauts ou problèmes des uns et des autres, qui seront reconnus ou compris selon, pour que les choses se passent mieux à l'avenir. Outre la dimension morale propre au conte pour enfants, ces histoires permettent de rencontrer des animaux imparfaits mais très attachants, dans un univers joyeux et coloré qui a visiblement su capter l'attention de la petite Baby Lou. A la fin de chaque album sont prévus quelques jeux ou énigmes puis on apprend à dessiner le héros de l'histoire. Pour les parents lecteurs, c'est un vrai bonheur que de raconter une histoire rigolote en commentant les dessins ou en imitant les personnages: difficile de s'ennuyer avec cette série adorable ! Les textes sont suffisamment longs pour avoir un peu de matière et éviter les platitudes, mais aussi assez courts pour capter l'attention d'un tout petit. Bien sûr, cette série ne serait pas la même sans les charmantes illustrations qui ont d'abord attiré mon attention en librairie ! Bref, une série ludique très réussie, recommandée pour les 3-6 ans mais qu'on peut tout à fait présenter beaucoup plus tôt (d'après mon expérience toute récente). A découvrir, dans l'idéal les pieds dans l'eau !

28 p

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Christophe Boncens, Série Au Bord de la Mer, 2010-2014

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09/08/2014

Concours Alan Bennett

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J'ai le plaisir de vous faire gagner grâce aux éditions Buchet-Chastel un exemplaire de La Dame à La Camionnette d'Alan Bennett, dans le prolongement du Mois Anglais.

Un extrait de mon billet sur ce roman pour résumer l'intrigue : "A travers ce livre, l'auteur nous invite à découvrir Londres dans les années 1970-80, et un quartier, Camden Town, progressivement envahi par une classe moyenne intello progressiste, qui cherche à concilier aisance financière et préoccupations d'ordre social. Alan Bennett fait la connaissance de Miss Sheperd alors qu'elle cherche quelqu'un pour pousser sa camionnette vers un nouvel emplacement. Car Miss Sheperd vit dans sa camionnette jaune, remplie d'affaires sales, de cochoneries accumulées au fil des ans mais aussi d'objets on ne peut plus "classe moyenne" (articles de cuisine notamment), assez incongrus dans cet environnement. Le temps passant, Miss Sheperd se fait agresser à plusieurs reprises et Alan Bennett lui propose de stationner dans son jardin. La situation s'éternisera. Loin de remercier l'auteur, la vieille dame ne le ménagera pas et conservera jusqu'au bout toute son autorité... et ses manières originales."

Pour gagner ce roman, rien de plus simple ! Puisque nous parlons ici d'un auteur à l'humour tellement anglais, je vous propose de participer en imaginant que vous êtes sur le point d'écrire un roman se passant en Angleterre et en nous livrant la toute première phrase de votre oeuvre à venir. Vous pourrez la laisser dans les commentaires à la suite de ce billet.

Vous pouvez aussi bien choisir une phrase humoristique qu'une autre descriptive, extrêmement courte ou longue de trois kilomètres, vous imaginer sur le point d'écrire un roman social, une histoire à l'eau de rose, un thriller, un roman historique : the choice is yours !

Vous avez jusqu'au 20 août pour participer.

Bonne chance à tous !

05/08/2014

Molly Keane, Chasse au Trésor

keane_Chasse-au-tresor_5080.jpegAmateurs de vieilleries, Molly Keane a réuni pour vous de délicieux excentriques coincés quelque part dans un siècle passé, peu résignés à abandonner leurs vêtements poussiéreux et leurs habitudes archaïques... pour votre plus grand plaisir !

De quoi retourne-t-il ? : Le propriétaire du domaine de Ballyroden vient de décéder. Le roman s'ouvre alors que ses proches rentrent à la maison, bien décidés à boire du champagne en l'honneur du défunt. Mais une surprise de taille les attend : ce cher Roddy a dilapidé toute la fortune familiale et ses legs généreux ne sont que de charmantes promesses puisqu'il va falloir maintenant réduire considérablement le train de vie de la maisonnée pour ne pas avoir à céder Ballyroden.

Deux clans se forment d'emblée : d'un côté l'héritier, Philip, ainsi que sa cousine Veronica, tous deux pragmatiques, décidés à se retrousser les manches et à recevoir des hôtes payants pour s'en sortir ; de l'autre, le frère et la soeur de Sir Roderick, Hercules et Consuelo, en aucun cas prêts à renoncer à leurs privilèges et nombreux caprices. Et quelque part ailleurs, l'insaisissable et espiègle tante Anna Rose qui, depuis qu'elle a perdu son cher époux pendant leur voyage de noces, s'imagine parcourir le monde entier en train ou en avion, toujours accompagnée d'un oiseau qui trône sur ses différents chapeaux. Ajoutons à ce petit monde étonnant trois domestiques, chacun particulièrement entiché d'Anna Rose, Hercules ou Consuelo et se souciant peu du bien-être des deux jeunes, beaucoup trop terre-à-terre pour ne pas être jugés terriblement ternes (y compris par leurs aînés).

La rupture avec les fastes passés est vite consommée : Philip alloue à son oncle et à sa tante une modeste somme en guise d'argent de poche (ce qui donne des situations cocaces, comme lors d'un jeu d'argent : « Tu me dois neuf pence, Chaton, je t'assure (p 168) »), l'alcool ne coule plus à flots et le quotidien va être bouleversé par l'arrivée de parvenus anglais décidés à profiter de l'hospitalité irlandaise. Ils ne seront pas déçus du voyage !

J'ai particulièrement apprécié la première partie du roman, construite comme une pièce de théâtre. La première scène s'ouvre sur la présentation d'une pièce vide, la maison attendant le retour des occupants. Puis chaque protagoniste fait une entrée en fanfare dans ladite pièce, avec son lot d'extravagances. Hercules et Consuelo sont croqués avec beaucoup d'humour et, si on ne peut pas vraiment les détester, on ne peut s'empêcher d'être un peu choqué en les considérant à travers le prisme de nos repères modernes. Quelques exemples croustillants :

Les gens sont prêts à risquer leur vie pour nous. C'est tellement gentil (p 27).

En définitive, ça revient toujours moins cher de descendre au Ritz. Et personne ne pourrait m'accuser d'être dépensière – regardez ma pingrerie avec les épingles, les épingles ordinaires ou les épingles de nourrice. Dès que je vois une épingle, je la ramasse, voilà comment je suis. Jamais de ma vie je n'ai acheté une épingle – ce sont mes économies préférées (p 55).

Même si j'ai eu un peu plus de mal à m'intéresser aux visiteurs anglais (du moins à la plus jeune d'entre eux), le regard qu'ils portent sur leurs hôtes (ces deux vieux vestiges inutiles d'extravagances passées (p104)) est on ne peut plus acéré : Mon frère est un fervent collectionneur d'antiquités, dit Dorothy, dont le regard alla ostensiblement se poser sur les gens, pas sur les meubles (p 103).

C'est ma deuxième lecture de Molly Keane et, une fois encore, je suis vraiment séduite par la manière dont elle croque ses personnages, si improbables et pourtant tellement irrésistibles et pleins de vie. Si vous ne la connaissez pas encore je ne peux que vous recommander de la laisser vous présenter ses aristocrates déchus. En n'oubliant pas de vous armer d'une tasse de thé (voire d'un soupçon de brandy) of course !

Merci à Babelio à travers l'Opération Masse Critique ainsi qu'aux éditions Quai Voltaire.

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272 p

Molly Keane, Chasse au Trésor (Treasure Hunt), 1952

 

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01/08/2014

Ian Mc Ewan, Amsterdam

mc ewan_amsterdam.jpgPour cette lecture commune autour de Ian Mc Ewan j'ai choisi de découvrir un livre étrange, Amsterdam.

A l'enterrement de leur amie et ex-maîtresse Molly, Clive et Vernon se retrouvent. La cérémonie impersonnelle a été orchestrée par le veuf, autrefois très possessif. Est également présent Garmony, ministre réactionnaire, autre amant de Molly.

Nostalgiques de leurs jeunes années et de leurs aventures passées, Clive et Vernon sont à un tournant de leur vie : leur obsession pour leur travail, leur étroitesse d'esprit et leur manque de clairvoyance vont bientôt les conduire à leur perte.

Vernon est patron d'un journal dont les ventes s'érodent. Il est alors contacté par le mari de Molly qui lui remet des clichés compromettants du ministre Garmony : voilà qui pourrait permettre au journal de remonter la pente. En bon businessman, Vernon est convaincu de devoir saisir cette opportunité et ne s'embarrasse pas de questions d'éthique, contrairement à Clive choqué par l'attitude de son ami.

Quant à l'artiste Clive, il peine à trouver l'inspiration pour une symphonie du millénaire et s'en va dans la région des Grands Lacs. Lors d'une promenade, il assiste à l'agression d'une femme sans rien faire car il vient de trouver une suite à son oeuvre. Vernon lui apprend plus tard qu'il s'agissait du violeur des Grands Lacs et le somme de se rendre à la police pour témoigner.

En quelques étapes décisives sur lesquelles il ne sera pas possible de revenir, l'amitié entre Clive et Vernon est mise à l'épreuve avant de s'effriter inéluctablement. D'autres pensées l'en distrayaient de temps à autre, et par moments il se mettait à lire, mais tel fut le thème qui accompagna son voyage vers le nord : le long et minutieux réexamen d'une amitié (p 101).

Froidement orchestré autour de personnages « marionnettes », ce roman offre un bien curieux exercice littéraire. Ne vous attendez pas à vous attacher aux personnages, ce n'est pas le propos ici. J'ai pour ma part passé un très bon moment avec ce livre original dans lequel tout un univers s'écroule comme un château de cartes à partir d'une série de choix malheureux. On pourra sans doute reprocher à Ian Mc Ewan d'avoir livré une construction artificielle mais Amsterdam ne manque pas d'intérêt. Malgré quelques maladresses, le récit ne manque pas d'anecdotes marquantes. Un passage m'a notamment interpelée. Alors que Vernon s'apprête à savourer son triomphe la veille de la publication de choc qui devrait signer la fin de la carrière politique de Garmony, le responsable de la rubrique nécrologique lui tend un papier : Il devait s'agir du papier qu'on lui avait demandé de préparer au cas où Garmony se flinguerait (p 161). Et le récit est en effet bien souvent cynique.

Je ne peux que vous recommander de découvrir ce livre original à votre tour. Il me donne envie de poursuivre ma découverte de l'oeuvre de Mc Ewan, c'est certain !

 

Quelques citations relevées ici ou là :

Il aurait pu couper à ses obligations en évoquant la liberté de l'artiste, mais semblable arrogance lui était odieuse. (…) Ces gens-là – les romanciers étaient de loin les pires – parvenaient à convaincre leur entourage que non seulement leur temps de travail, mais la moindre de leurs siestes et de leurs promenades, leurs accès de mutisme, d'abattement ou d'ivrognerie étaient couverts par l'immunité des grands desseins. Un masque pour la médiocrité, estimait Clive (p 94).

Malgré le froid, il ouvrit grand la fenêtre pour pouvoir respirer, tout en défaisant ses bagages, l'air hivernal caractéristique de la région des lacs – eau de tourbières, roche mouillée, terre moussue (p 101).

Chez ceux qui remâchent une injustice, on voit parfois l'appétit de vengeance se dissimuler ainsi, commodément, sous le sens du devoir (p 213).

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253 p

Ian Mc Ewan, Amsterdam, 1998

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