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30/06/2014

Little Miss Bronte, Wuthering Heights

little miss bronte_wuthering heights.jpgPendant ce Mois Anglais j'ai eu envie de partager avec vous une fabuleuse découverte en matière d'albums pour les petits, avec la collectiom Babylit. Petit rappel du principe : des livres éducatifs détournant de grands classiques, principalement anglo-saxons. Ces petits livres cartonnés s'inspirent du roman d'origine pour initier les petits à différents sujets : apprendre à compter, découvrir le temps qu'il fait, les contraires...

En ce dernier jour de Mois Anglais consacré à Emily Brontë j'ai donc choisi de mettre à l'honneur Little Miss Brontë, Wuthering Heights. Cet album est consacré au temps qu'il fait. Et quel classique aurait pu davantage se prêter à un tel sujet ?

Ce livre est une vraie petite merveille avec ses illustrations délicates mettant en scène le même lieu, avec chaque fois une météo différente... ensoleillée, venteuse, pluvieuse... Je pensais a priori qu'il était difficile de présenter ce livre à un enfant puisque le lieu est toujours inchangé. Pourtant de nombreux détails varient, à commencer par les personnages présents et ce qu'ils font, ce qui fournit un bon support pour commenter les scènes.

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Photos Copyright My Lou Book

Il ne faut pas s'attendre à retrouver le roman original sous une forme abrégée : il sert seulement de toile de fond ; l'album a une vocation éducative, qui guide le choix des situations mises en scène. On peut néanmoins en profiter pour résumer l'histoire d'origine... ou s'amuser à inventer de nouvelles aventures ! Avec leur trame simple, ces albums ouvrent le champ des possibles aux parents lecteurs. Chaudement recommandé, même pour les non-Anglophones !

Mes billets sur Little Miss Austen, Sense and Sensibility etLittle Miss Bronte, Jane Eyre.

Un avis du BrontëBlog sur cet album.

Jennifer Adams, Alison Oliver, Little Miss Bronte, Wuthering Heights, 2013

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29/06/2014

Julian Barnes, Une Fille, qui danse

julian barnes,une fille qui danse,challenge bbc 2014,mois anglais,mois anglais 2014,challenge i love london,angleterre,angleterre xxe,roman anglaisA 22h passées je vais tenter de me joindre à la LC autour de Julian Barnes en cette fin de Mois anglais ! Voici donc quelques impressions de lecture au sujet d'Une Fille, qui danse, roman qui me laisse plutôt songeuse...

Tony, le narrateur, revient sur ses années de lycéen et d'étudiant, époque où il fréquentait Adrian, étudiant brillant qui s'est donné la mort. Tony et Adrian font partie du même petit cercle, puis tomberont amoureux de la même fille. Des années plus tard, Tony s'interroge sur les raisons qui ont poussé Adrian à se suicider.

S'ensuit une longue réflexion sur le rapport au temps, à la mémoire et sur la perception des événements passés. L'Histoire, ce ne sont pas les mensonges des vainqueurs, comme je l'ai trop facilement affirmé au vieux Joe Hunt autrefois ; je le sais maintenant. Ce sont plutôt les souvenirs des survivants, dont la plupart ne sont ni victorieux, ni vaincus (p 86). Le cheminement intellectuel de Tony est intéressant, son analyse pertinente et extrêmement lucide même si j'ai trouvé ses remarques sur la jeunesse et le temps qui file à toute allure démoralisantes.

Tony fait souvent référence à un évènement naturel étonnant, un fleuve qui inverserait sa trajectoire subitement. Et ce temps personnel, qui est le vrai temps, se mesure dans notre relation à la mémoire. Alors, quand cette chose étrange est arrivée - quand ces nouveaux souvenirs me sont soudain revenus -, ç'a été comme si, pendant ce moment-là, le temps avait été inversé. Comme si, pendant ce moment-là, le fleuve avait coulé vers l'amont (p 174).

J'ai été moins convaincue par l'aspect narratif. Les interrogations concernant Adrian poussent Tony à renouer avec leur petite amie commune, qui m'a paru être une fille hystérique, dérangée et insupportable. Les échanges entre les anciens amants m'ont paru assez artificiels en raison du personnage féminin, si survolté qu'il en devient caricatural et peu crédible. Enfin je reste dubitative quant aux raisons qui ont poussé Adrian à mettre fin à ses jours et surtout, pourquoi Tony s'en veut tellement et pourquoi son ex petite amie le hait. J'ai d'abord pensé que Tony se reprochait l'envoi d'une lettre horrible à son ami et s'en voulait d'autant plus que ses menaces ont finalement correspondu à la réalité ; son ancienne petite amie lui en aurait voulu pour les mêmes raisons. Néanmoins ce n'est pas franchement vraisembable, et la raison de la mort d'Adrian pourrait être celle-ci : Il n'avait pas noblement refusé un don existentiel : il avait peur du landau dans le vestibule (p 201), auquel cas ma première théorie ne tient pas debout. Pour l'instant aucune hypothèse ne m'a vraiment convaincue. Bref, je ressors un peu perplexe des dernières pages de ce roman.

Un Fille, qui danse est indéniablement écrit par un bel auteur et ne manque pas de qualités mais malgré tout l'intérêt que je lui ai porté mon plaisir de lecture a été variable, sans doute également car je ne me suis attachée à aucun personnage. C'est peut-être un beau texte mais il en émane une certaine froideur.

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212 p

Julian Barnes, Une Fille, qui danse, 2011

mois anglais 2014_2.jpgLogo Lou.jpgBBC 2014small.jpg 

28/06/2014

Philippa Boston, Blitz Britain

boston_BlitzBritain.jpgPendant ce Mois Anglais je vous ai parlé de la collection Paper Planes Teens* destinée aux personnes apprenant la langue de Shakespeare et cherchant des lectures à leur portée... et fun ! J'ai d'abord lu What is Brian ?, histoire de zombies pour les débutants en anglais, livre qui m'a vraiment amusée malgré la syntaxe simple et le vocabulaire réduit inhérents au niveau.

Aujourd'hui je vous présente Blitz Britain de Philippa Boston, autre livre de la collection, cette fois-ci de niveau intermédiaire. Avis aux amateurs de Terry Deary (auteur de Vile Victorians, Terrible Tudors, Slimy Stuarts...), ce livre est fait pour vous !

Blitz Britain est composé de deux parties, la première informative, la seconde mettant un scène un jeune garçon à qui il arrive une folle aventure alors qu'il tente de rentrer chez lui à vélo sous les bombes. La nouvelle se lit avec plaisir et m'a fait penser à mes lectures d'enfance favorites en raison des illustrations de Mark Beech qui rappellent le travail de Quentin Blake (pour les livres de Roald Dahl).

J'avoue un faible pour la première partie décrivant le Blitz et ses incidences en abordant différents thèmes : l'évacuation des enfants, le début et la fin du Blitz, les différents types de bombes, les abris plus ou moins sophistiqués (du kit de survie pour jardin au métro), la façon dont on cachait les cibles potentielles de nuit, le Zoo de Londres (eh oui ? que faire des fauves et autres bestioles ?), Buckingham Palace ou encore les différentes options pour participer à l'effort de guerre pendant le Blitz. Cette partie est à la fois bien documentée, pleine d'anecdotes concrètes permettant de mieux comprendre ce que vivaient les Anglais au quotidien, le tout accompagné de dessins humoristiques très réussis.

Une nouvelle fois j'ai trouvé ce livre de la collection Paper Planes Teens très malin : s'il a des visées pédagogiques, il est avant tout intéressant et drôle. Le lecteur s'amuse, passe un excellent moment et travaille son anglais sans s'en rendre compte. Et même lorsqu'on ne lit pas Blitz Britain pour apprendre l'anglais on se régale tout simplement ! J'ai tellement adoré la façon dont l'Histoire était abordée dans cet ouvrage que j'ai eu très envie de découvrir les autres titres de Philippa Boston... rendez-vous bientôt pour d'autres horribles histoires (car m'attendent Deadly Jobs et Bubonic Britain !).

Vous pouvez lire ou écouter un extrait par là.

* Collection lancée il y a un peu plus d'un an.

De nouveau merci à Héloïse des Editions Didier !

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48 p

Philippa Boston, Blitz Britain, 2014

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26/06/2014

Vita Sackville-West, Le Diable à Westease

sackville west_diable-a-westease.jpg1946. Dans la Royal Air Force pendant la guerre, Roger Lilliard est l'auteur d'un roman à succès et cherche à s'établir à la campagne pour se consacrer à l'écriture et éloigner les souvenirs du récent conflit. Il découvre l'endroit idéal à Westease, paisible village au charme fou. Pourtant, peu après l'arrivée de Roger, un meurtre va bouleverser les habitants du village. La piste d'un meurtrier extérieur est rapidement écartée. Le diable habiterait-il à Westease ?

Le Diable à Westease est un roman très différent de ce à quoi je m'attendais. Malgré le sujet relevant du genre policier, je pensais retrouver la patte de la brillante Vita Sackville-West avec toute son originalité et sa fraîcheur. En réalité ce roman est un whodunnit malheureusement classique, à mon avis assez convenu. Pour la première fois je me suis presque ennuyée avec cet auteur que j'adore, le récit manquant de dynamisme malgré le format relativement court. Passons sur Roger qui veut voguer « sur le navire de l'amour » (j'ai pris cette remarque pour un trait d'esprit moqueur). L'intrigue reste sympathique sans bouleverser les codes du genre. Les personnages sont pour certains inconsistants (par exemple Mary qui aurait pu incarner une héroïne moderne), tandis que d'autres sont assez artificiels et auraient mérité d'être davantage développés. Je n'irais pas jusqu'à dire que l'intrigue est cousue de fil blanc mais elle manque cruellement de profondeur. Le dernier renversement de situation m'a fait penser qu'au fond, Vita Sackville-West doutait elle aussi de la crédibilité de son histoire.

L'intérêt du récit réside à mon avis dans cette interrogation éthique soulevée à la fin : la vie d'un seul homme vaut-elle davantage que celle de la multitude ? Le meurtre d'un simple pasteur de campagne peut-il rester impuni si son auteur est un génie ?

Je déconseille ce roman à ceux qui n'auraient pas encore découvert Vita Sackville-West car il n'est pas du tout représentatif de son oeuvre, aussi bien par le genre que par la qualité. Toute Passion abolie est par exemple bien plus abouti ; The Edwardians (Au Temps du Roi Edouard) est pour moi un petit chef-d’œuvre. Ici de meilleurs romans :

205 p

Vita Sakville-West, Le Diable à Westease (The Devil at Westease), 1947

 mois anglais 2014_6.jpgBritish Mysteries01.jpgBBC 2014small.jpg

25/06/2014

Concours Julian Barnes : les résultats !

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Pendant le Mois anglais, il pleut des cadeaux sur la blogosphère !

Je vous proposais de citer la première phrase de votre roman anglais préféré pour tenter de remporter un exemplaire de Une Fille, qui danse de Julian Barnes.

Et voici les trois gagnantes tirées au sort :

Chat de bibliothèques : "Last night I dreamt I went to Manderley again" - Rebecca de Daphne Du Maurier

Sylire : "La pièce de théâtre - dont Biony avait conçu affiches, programmes, billets, construit la caisse à l'aide d'un paravent renversé et garni la boite à monnaie de papier crépon rouge -, elle l'avait écrite en deux jours de furie créatrice, au point de sauter un déjeuner et un petit-déjeuner." Expiation de Ian Mc Ewan

Yueyin: "It is a truth universally acknowledged, that a single man in possession of a good fortune, must be in want of a wife” Pride and Prejudice de Jane Austen

Il ne vous reste plus qu'à m'envoyer vos adresses à myloubook[at]yahoo.com. Et surtout :

Bravo à vous !

James Bradley, Le Résurrectionniste

bradley_resurrectionniste.jpgJe vais avoir quelques difficultés à rédiger ce billet car c'est pendant mes vacances d'été que j'ai lu Le Résurrectionniste de James Bradley. Même si le temps a passé je tenais à vous parler de ce roman que je n'avais vu nulle part et sur lequel je suis tombée complètement par hasard alors que je m'apprêtais à prendre un train. Amateurs d'histoires victoriennes, ne détournez pas votre chemin !

Le jeune Gabriel Swift entre en apprentissage chez le chirurgien Poll, chercheur visionnaire qui dissèque les cadavres afin de comprendre la véritable nature de l'être humain. Afin de se procurer les cadavres nécessaires, Poll est obligé de traiter avec les « résurrectionnistes », de dangereux criminels qui pillent les cimetières. Gabriel est chargé avec ses collègues de réceptionner les sordides « livraisons » en pleine nuit, de juger de l'état des corps avant paiement et de nettoyer les corps avant dissection devant les étudiants du chirurgien.

Dans leur sac, ils sont portés comme dans le ventre de leur mère ; genoux contre la poitrine, tête en bas ; comme si leur mort n'était qu'un simple retour à la chair dont nous sommes issus, une seconde conception. Une corde derrière les genoux les maintient ainsi, une autre lie leurs bras, une dernière referme le sac. L'ensemble forme un paquet compact, facile à camoufler, car être vu avec un tel chargement revient à provoquer la foule (p 11).

schwabe_mort et fossoyeur.jpgMais Gabriel finit par subir de mauvaises influences et abandonne son travail d'apprenti pour celui de résurrectionniste, méprisant également son curateur, le terne M. Wickham. En repensant aux soirées abrutissantes que j'ai passés là-bas, à écouter la voix monocorde de M. Wickham et le gazouillement discordant de sa fille Georgiana, je ne sais quoi dire (p 39). Dès lors il fraye avec de dangereux individus ; la frontière entre le bien et le mal devient très ténue car chaque partenaire en vient rapidement à craindre pour sa vie suite à quelques dérapages.

Le roman s'articule entre deux parties : « Plus léger que l'air : Londres, 1826-1827 », qui concerne l'apprentissage de Swift puis sa rapide dérive, à travers un récit de plus en plus sombre ; puis « Le Royaume des Oiseaux : Nouvelles-Galles du Sud, 1836 » qui sert en quelque sorte d'épilogue. Cette deuxième partie arrive assez brusquement et peut désarçonner le lecteur, après un long épisode londonien à la fin malheureuse.

J'ai surtout apprécié les errances de Swift en Angleterre : James Bradley réussit à allier le fond historique (les débuts de la chirurgie, les pillages de tombe, la description des bas-fonds d'une Londres victorienne) à un récit haletant, porté par un jeune héros dont l'apprentissage prend un virage inattendu. Le Résurrectionniste a été pour moi un véritable page-turner, malgré une fin qui m'a d'abord laissée un peu dubitative. L'éditeur parle de « roman gothique, noir et lyrique, dans la lignée des grands classiques anglais ». Si ce livre peut déconcerter par son épilogue ou effrayer par sa noirceur, les influences littéraires sont bien là en tout cas. C'est presque un coup de coeur pour moi !

Sur Prince's Street, devant St Anne's, une poignée de corneilles parcourent les pavés, picorant sur les lignes – noires, sur le blanc de la neige – que tracent les voitures. Le ciel bas est lourd d'épais nuages. La cloche de la tour sonne brutalement dans le silence du matin glacé ; à son appel, je m'arrête et scrute derrière moi la masse indistincte de l'église. À travers la grille du cimetière, j'aperçois les têtes des affligés et les hauts-de-forme des porteurs. Le cercueil dépasse à peine sur leurs épaules, il semble glisser sur le sol (p 87).

Illustration : Carlos Schwabe La mort et le fossoyeur 1900

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350 p

James Bradley, Le Résurrectionniste (The Ressurrectionist), 2007

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BBC 2014small.jpgXIXe siecle 03.jpg

22/06/2014

Ian Mc Ewan, Opération Sweet Tooth

ian mc ewan, operation sweet tooth, littérature anglaise, angleterre, angleterre annés 1970, londres, londres années 1970, littérature espionnage, littérature guerre froide, mois anglais, mois anglais 2014, challenge i love londonAnnées 1970. Fille d'un évêque anglican, séduisante, intelligente, diplômée d'une licence de maths à Cambdrige pour faire plaisir à sa mère, Serena Frome intègre sur les conseils de son amant plus âgé le MI5, l'agence de renseignements anglaise.

 De la jeunesse de Serena se dégagent deux grands axes : son goût pour les hommes et son amour des livres. Le lecteur la suit ainsi à travers les quelques relations qui l'ont fortement marquée, voire construite, mais aussi de livre en livre. La jeune femme est une grande lectrice et surtout une lectrice rapide, ce qui lui permet d'engloutir roman sur roman, appréciant Jane Austen tout autant que des romans de gare, jusqu'à l'intervention de son amant Tony qui lui apprend à être plus exigeante en la matière. Vous l'avez compris, je me suis régalée (et n'ai pas manqué de relever un certain nombre de titres).

Mais revenons-en au MI5. Cantonnée à des tâches ingrates, peu rétribuée, Serena souffre du manque total de perspectives pour les recrues féminines de l'agence. Jusqu'à ce qu'on lui propose une mission dans ses cordes : offrir à un jeune auteur prometteur une bourse lui permettant de se consacrer à son art, un certain Tom Haley ayant été retenu pour la qualité de ses rares nouvelles et ses articles plutôt anti-communistes. Et voilà que l'agent infiltré devient la maîtresse de l'écrivain travaillant sans le savoir pour le MI5. Une fois l'histoire amorcée, deux interrogations vont guider la lecture : quelle sera l'issue de la rencontre entre Tom et Serena (quid de leur relation ? L'opération Sweet Tooth sera-t-elle un succès ?) ? Mais aussi : pourquoi Serena a-t-elle été recrutée sans mention quand ses collègues sont toutes diplômées de lettres avec les félicitations du jury ? Vous verrez que l'agent infiltré est lui aussi source d'intérêt pour le MI5, sans que l'on comprenne tout à fait pourquoi au départ.

J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce roman suivant de multiples pistes. J'aurais pu craindre un roman d'espionnage classique (ce qui n'est absolument pas ma tasse de thé) or il n'en est rien.

ian mc ewan,operation sweet tooth,littérature anglaise,angleterre,angleterre annés 1970,londres,londres années 1970,littérature espionnage,littérature guerre froide,mois anglais,mois anglais 2014,challenge i love london,challenge bbc 2014C'est un roman d'initiation, en compagnie d'une jeune femme qui, ayant à peine plus de vingt ans, a déjà beaucoup vécu à la fin du roman. Elle a fait des rencontres marquantes, s'est émancipée de sa condition de fille d'évêque anglican en fréquentant les bars rock underground, les hommes et les soirées arrosées, mais elle a également souffert de grandes désillusions. C'est aussi un roman sur l'écriture : Tom Haley s'interroge sur sa capacité à écrire plus qu'une longue nouvelle, à réitérer après un premier succès. Ses nouvelles (dont plusieurs m'ont séduite par leur trame audacieuse) sont lues par Serena, qui nous en fait le résumé : j'ai appris depuis que Ian McEwan s'était servi de ses premiers écrits pour les attribuer à Tom.

Le décor historique passionnant est clairement planté : les années 1970 avec leurs désillusions et une jeunesse en déclin, loin de l'effervescence optimiste des années 1960 ; la question irlandaise ; la crise (qui donne lieu à une semaine de trois jours) ; la guerre froide et l'influence des diverses agences de type CIA ou KGB ; l'actualité littéraire.

Le seul bémol - s'il faut en trouver un - tient au fait que je ne me suis vraiment attachée à aucun personnage, même si leur histoire était très intéressante à suivre.

Un roman dense, haletant qui me donne très envie de relire rapidement l'auteur. Ce roman me conforte une fois de plus dans l'idée que la littérature anglo-saxonne a conservé un véritable attachement à l'art de la narration et offre une meilleure continuité avec les grands romans du XIXe que notre littérature, souvent plus introspective (lorsqu'elle n'est pas nombriliste) et parfois aride.

Un grand merci à ma chère Titine grâce à qui Ian McEwan m'a souhaité mon anniversaire !

Egalement sur ce blog : Sur La Plage de Chesil.

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440 p

Ian McEwan, Opération Sweet Tooth (Sweet Tooth), 2012

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21/06/2014

Wilkie Collins, The Ghost's Touch

collins_i say no.jpgPlus je lis Wilkie Collins, plus je réalise qu'il fait partie de mes auteurs favoris. Je raffole de son humour, de ses personnages extravagants, bien souvent ridicules et je trouve son oeuvre très variée. Pour l'instant, les quelques textes que j'ai lus couvrent divers genres et se ressemblent peu pour la plupart.

Récemment j'ai ouvert un livre ancien de Wilkie offert par ma belle-famille et Mr Lou. J'adore parcourir cet ouvrage et m'imaginer son histoire à travers plus d'un siècle. J'ai commencé par lire "The Ghost's Touch", également connu sous le titre de "Mrs Zant and the Ghost".

Dans un parc, une petite fille prend peur d'une femme à l'attitude étrange, qui semble ne pas voir ce qui l'entoure. Le père de l'enfant s'intéresse à la femme (que je prenais au départ pour un fantôme). Il finit par se lier d'amitié avec elle et apprend qu'elle pense sentir la présence de son époux récemment décédé. Assez isolée, Mrs Zant a malgré tout gardé contact avec le frère de son mari, qui semble décidé à prendre soin d'elle... mais n'inspire aucune confiance au nouvel ami de Mrs Zant.

Cette nouvelle n'est pas aussi percutante que Neuf Heures !, lue dans l'intéressant recueil Les Fantômes des Victoriens que je vous recommande. Néanmoins, j'ai de nouveau passé un agréable moment en compagnie de Wilkie. J'ai apprécié le fait que le fantôme soit abordé de façon assez détournée : on le croise peu même s'il a un rôle essentiel dans le récit. On retrouve également un thème de Pauvre Miss Finch : la rivalité entre deux frères pour une même femme, bien que l'issue soit tout à fait différente. La première scène dans le parc m'a fait penser à James Matthew Barrie et les jardins de Kensington tels qu'il les décrit.

On a fine morning, early in the month of April, a gentleman of middle age (named Rayburn) took his little daughter Lucy out for a walk in the woodland pleasure-ground of Western London, called Kensington Gardens.

The few friends whom he possessed reported of Mr. Rayburn (not unkindly) that he was a reserved and solitary man. He might have been more accurately described as a widower devoted to his only surviving child. Although he was not more than forty years of age, the one pleasure which made life enjoyable to Lucy's father was offered by Lucy herself.

Playing with her ball, the child ran on to the southern limit of the Gardens, at that part of it which still remains nearest to the old Palace of Kensington. Observing close at hand one of those spacious covered seats, called in England "alcoves," Mr. Rayburn was reminded that he had the morning's newspaper in his pocket, and that he might do well to rest and read. At that early hour the place was a solitude.

Je m'apprête à lire le recueil de nouvelles de Wilkie Collins récemment publié chez Phébus Libretto. Je compte bien me régaler !

De Wilkie Collins sur ce blog :

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29 p

Wilkie Collins, The Ghost's Touch, extrait de "I say no" and other stories, 1893

mois anglais 2014_1.jpgLogo Lou.jpgbritish mysteries2.jpgBBC 2014.jpgmyself 2014.jpgvictorian frogs.jpg

19/06/2014

Concours Julian Barnes

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J'ai le plaisir de vous offrir 3 exemplaires d'Une Fille, qui danse de Julian Barnes, grâce aux éditions Folio que je remercie.

Comment participer ? C'est tout simple ! Dans les commentaires à la suite de ce billet, il vous suffit de copier la première phrase d'un de vos romans anglais favoris. N'oubliez pas d'indiquer également le titre et l'auteur retenus.

Bien sûr, si le coeur vous en dit, n'hésitez pas à raconter pourquoi ce livre vous a tant plu... ce pourrait être encore une occasion de faire des découvertes en matière de littérature anglaise. Mais ce n'est pas obligatoire !

Les gagnants seront tirés au sort.

Quand ? Vous avez jusqu'au 25 juin au soir pour participer.

Bonne chance à tous !

 

concours, mois anglais, mois anglais 2014

 

18/06/2014

Clues, Tome 2, Dans l'ombre de l'ennemi

clues_T2.jpgAprès un premier tome très réussi, je me suis plongée sans attendre dans le second. Bien m'en a pris car je me suis régalée ! Quelle série passionnante ! Celle-ci traite d'une enquête se déroulant à Londres au XIXe. La jeune Emily se fait embaucher par Scotland Yard et enquête auprès de l'inspecteur Hawkins sur une affaire liée à un gang des plus dangereux, responsable de la mort de sa mère (j'en parle davantage dans mon billet sur le premier tome).

Avec Dans l'Ombre de l'Ennemi, l'enquête s'accélère sérieusement. On se doutait bien que la mère d'Emily n'était pas étrangère à Hawkins mais cela se confirme. La relation entre les deux principaux protagonistes (Emily et Hawkins) devient plus complexe et gagne en intérêt car s'est installée une admiration mutuelle entre les personnages, malgré les rebuffades de l'inspecteur qui pourraient laisser penser le contraire le concernant. Le médecin légiste Henry Feldman voit également son rôle s'étoffer. Jeune homme sympathique dans le premier tome, il commence à tenir tête à Hawkins et se rapproche également d'Emily. Outre les personnages de plus en plus développés, Dans l'Ombre de l'Ennemi s'appuie sur un scénario efficace qui nous tient en haleine de la première jusqu'à la dernière page. L'affaire initiale prend une autre dimension et devient un complot aux visées politiques, impliquant des personnages influents. Ayant été retirés de l'affaire, nos héros poursuivent leur enquête à titre personnel, malgré le danger. Côté illustrations, on sent que Mara prend davantage de plaisir à croquer les personnages et leurs tenues vestimentaires (un régal pour les yeux !) que le paysage citadin, sobre et assez peu détaillé.

J'ai hâte de lire le tome 3 qui malheureusement n'est pas à la médiathèque (faute de place je m'interdis depuis quelques mois de m'offrir les séries de BD à moins de les trouver en intégrale... pourtant ce n'est pas l'envie qui manque !).

Série chaudement recommandée par votre fidèle et dévouée !

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56 p

Clues, T2, Dans l'Ombre de l'ennemi, Mar, 2010

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16/06/2014

Christopher Edge, Shadows of the Silver Screen

edge_shadows silver screen.jpgAprès Twelve Minutes to Midnight, Penelope Tredwell nous entraîne dans de nouvelles aventures avec Shadows of the Silver Screen, roman dont l'action se situe en 1900 et s'inspire des débuts du cinéma pour faire frémir d'angoisse les jeunes lecteurs.

Pour ceux qui ne la connaissent pas encore, Penelope est l'héritière du Penny Dreadful, journal qui connaît un grand succès depuis que la jeune fille y publie de terrifiantes histoires sous un nom de plume, Montgomery Flinch. Elle a fait appel à Monty, un acteur, pour incarner Mr Flinch aux yeux du public.

Dans ce nouveau récit, Penny consent à laisser un certain Mr Gold porter une de ses histoires sur grand écran grâce au Véritéscope, un appareil révolutionnaire permettant de réaliser des films parlants très réalistes. Mais Mr Gold profite d'un contrat tout à son avantage pour remanier le scénario à sa façon, changer noms et détails de façon à redonner vie à des personnes qui auraient bel et bien existé. Alors que Penelope et Monty participent activement au tournage en jouant les principaux rôles, des phénomènes étranges se produisent. [Spoilers à la suite de ce paragraphe] Le vieux manoir isolé dans lequel ils logent semble abriter de lourds secrets... ainsi qu'un fantôme, qui semble essayer de communiquer avec Penelope. Et plus les jours passent, plus les ombres peuplent le manoir tandis que les acteurs fatiguent de plus en plus. Le Véritéscope est-il seulement un appareil d'une grande technicité ? N'aurait-il pas plutôt le pouvoir de donner vie aux personnages, voire de communiquer avec l'au-delà ?

Une idée originale et très prometteuse au départ mais une exécution un peu poussive à mon avis. Dès les premiers chapitres on voit venir les grandes lignes du roman qui ressemble presque à un long fleuve tranquille. Ce qui n'a sans doute pas aidé, c'est que Christopher Edge fait tout un mystère de la relation entre Mr Gold et un certain Français. Penelope pense que le Français en question est un dangereux meurtrier et essaie d'en savoir plus à son sujet... sauf que pour un lecteur francophone ou francophile, le peu de mots prononcés par l'individu en question nous fait de suite comprendre quel est son rôle dans l'histoire. Les recherches le concernant deviennent par conséquent superflues. Au-delà de ce petit souci technique lié à la langue, le récit manque de dynamisme et l'action s'enlise rapidement. Le cadre (un vieux manoir, des mines abandonnées) ainsi que la thématique des fantômes sont maladroitement exploités. Le roman reste sympathique mais j'ai dû me forcer un peu pour le terminer. Je trouve que le fait de s'adresser à un jeune lectorat (public Harry Potter) n'est pas une raison pour s'accrocher à une trame simpliste quand on a tous les éléments pour créer une ambiance gothique et multiplier les rebondissements. Ayant passé un moment sympathique avec le tome précédent, je vais tout de même croiser les doigts pour que le 3e de la série soit plus abouti puisqu'il attend sagement dans ma PAL.

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251 p

Christopher Edge, Shadows of the Silver Screen, 2013

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15/06/2014

Rupert Morgan, What is Brian ?

morgan_what is brian.gifCoup de coeur pour cette collection à destination des Français apprenant l'anglais !

La collection Paper Planes Teens propose des livres écrits par des auteurs britanniques. Comme l'explique le directeur de la collection et auteur Rupert Morgan dans une courte vidéo de présentation pleine d'humour, l'idée est qu'il est beaucoup plus facile d'apprendre une langue en s'amusant. D'où des livres "avec de l'humour, de l'amour, de l'aventure, de la violence et des morts terribles, bref il y a tout ce qu'il faut pour s'amuser". 

J'ai d'abord lu What is Brian ? de Rupert Morgan. La couverture m'avait bien fait rire et j'étais curieuse de découvrir cette histoire de zombies. J'avais tout de même une petite crainte : ce livre étant du niveau "débutant", ne risquais-je pas de m'ennuyer et de le trouver trop basique ? Eh bien non !

Bien entendu, compte tenu du niveau de ce livre, le vocabulaire est simple et les phrases très courtes. L'histoire est classique en matière de zombies : une soudaine épidémie s'empare de la ville. Et Jenny et Jack découvrent leur ami Brian profondément transformé (il faut dire qu'il a faim de cerveaux).

Le point fort de ce livre : l'humour ! Aussi bien grâce au texte très anglais qu'aux dessins très amusants. J'ai oublié qu'il s'agissait d'un livre aux visées pédagogiques et me suis plongée dans le récit tout de suite (grâce à une première blague sur la terre bleue et verte en fait, mais malheureusement le livre est en noir et blanc, désolés). Bref j'ai passé un très bon moment et me dis que j'aurais adoré ce livre enfant quand j'ai commencé à apprendre l'anglais. J'en ferai profiter ma fille dans quelques années et ne peux que recommander cette collection aux jeunes Français apprenant l'anglais mais aussi aux professeurs qui ont envie d'apporter une petite touche d'originalité à leurs cours.

"Where is Brian ?" "He is in the kitchen"... on savait déjà où était Brian, maintenant on sait "ce qu'est" Brian... et c'est nettement plus intéressant !

Le site de la collection ici. Des extraits du livre là.

Et je vous parle très vite d'un autre titre de la collection que j'ai adoré.

Merci à Héloïse des Editions Didier de m'avoir fait découvrir la collection.

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41 p

Rupert Morgan, What is Brian ?, 2014

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10/06/2014

Une photo des soeurs Bronte ?

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J'ai eu une immense surprise en lisant l'article de Malice sur Quand J'étais Jane Eyre : y fígurait une photo de Charlotte Brontë. Or jamais je n'avais vu la moindre photo de cet écrivain dont je ne connaissais que les portraits. Les Brontë comptent parmi mes meilleurs souvenirs de lecture d'adolescente, la visite de Haworth a été pour moi l'un des moments passés en Angleterre les plus exquis, aussi j'ai bien du mal à exprimer ce que j'ai ressenti en découvrant ce cliché. Des doutes subsistent encore quant à son sérieux mais après avoir lu les articles du site The Brontë sisters : A true Likeness ? j'ai tendance à trouver leur théorie plutôt plausible.

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Charlotte Bronte ?

Je vous invite à lire la synthèse se trouvant là. Elle est très claire et assez exhaustive. Cette photographie a été découverte en France. Elle aurait appartenu au photographe John Stewart et n'a été retrouvée que récemment. Au verso se trouvait la mention (en français) "Les soeurs Bronte". La Bronte Society a publié un communiqué remettant en cause l'authenticité de ce cliché. Le site que je vous recommande apporte des éléments de réponse intéressants.

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Le cliché date des années 1850, après le décès d'Anne et d'Emily. Il pourrait s'agir d'une copie d'un original, pris par un ami photographe de Brandwell dans les années 1840. Physiquement, on constate des similitudes entre les femmes représentées et ce que l'on sait des Bronte. Les vêtements ne sont pas à la mode de l'époque mais les Bronte ne suivaient pas les conventions en la matière et portaient des chapeaux avant que cette mode n'arrive en Angleterre. Ce ne sont là que quelques exemples d'interrogations et de réponses apportées.

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Bref, qu'aurait fait un cliché en France dans les années 1850 avec cette mention au dos, "Les Soeurs Bronte" ? Si le mystère n'est pas encore résolu, je ne peux pas m'empêcher d'espérer. Comment ne pas rester songeur devant le regard profond de celle qui est peut-être Charlotte ?

Toutes les photos sont sur le site The Bronte sisters : A true Likeness ?

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08/06/2014

Jo Baker, Une Saison à Longbourn

baker_longbourn.jpgCeux qui suivent mon blog depuis quelques années connaissent mon engouement pour Jane Austen et, notamment, son roman Pride and Prejudice. J'ai savouré l'adaptation de la BBC et renoncé à apprécier celle de Joe Wright, me suis risquée à lire (ou à commencer à lire) quelques « sequels »*... pour conclure in fine que les austeneries n'étaient pas vraiment ma tasse de thé, même si certaines suites se laissent volontiers lire l'été à la plage lorsqu'on ne veut pas réquisitionner beaucoup de neurones. Pourtant, lorsque j'ai vu que les éditions Stock (dont j'apprécie beaucoup la collection La Cosmopolite et notamment, ses titres de Virginia Woolf) publiaient un roman inspiré de Pride and Prejudice qui avait reçu de belles critiques dans la presse anglo-saxonne, j'ai eu de suite envie de partir à la découverte de cette Saison à Longbourn.

Dans ce roman de Jo Baker, nous nous éloignons des salons des soeurs Bennet pour accompagner les domestiques de Longbourn. Ces personnages sont fantomatiques dans le roman d'Austen. Ils n'ont qu'une fonction utilitaire, on ne connaît pas leur nom hormis celui de Hill, scandé par Mrs Bennet à chaque fois que ses nerfs lui jouent des tours. Et il faut bien avouer que lorsqu'il est plongé dans Pride and Prejudice, le lecteur partage entièrement l'indifférence de Miss Austen à l'égard des domestiques, puisqu'ils sont presque absents du roman. Et pourtant, sans eux pour amener de l'eau aux filles Bennet, jeter les pots de chambre, retoucher leurs vêtements, les coiffer, cuisiner, le foyer des Bennet ne saurait exister. Ou du moins, il serait bien différent et l'histoire des soeurs en serait vraisemblablement affectée.

Jo Baker décide ainsi de s'intéresser à Mr et Mrs Hill, Sarah, la très jeune Polly (nommée ainsi car elle s'appelle en réalité Mary mais ne saurait usurper le prénom de l'un des membres de la famille) ainsi que James, le nouveau valet au passé suspect, curieusement engagé par Mr Bennet. Le lecteur mesure alors la difficulté de leurs tâches, les mains gercées, gelées, pleines d'ampoules selon qu'elles ont fait la lessive de la semaine, cherché un seau d'eau par temps froid ou utilisé trop longtemps le fer à friser des jeunes demoiselles. Quant aux Bennet auxquels nous nous sommes déjà attachés, nous ne pouvons nous empêcher de regretter leur manque d'intérêt pour leurs domestiques, malgré l'époque. Ainsi Lydia fait un commentaire peu flatteur sur Mr Hill en présence de Mrs Hill, comme si celle-ci n'avait pas d'oreilles, tandis qu'Elizabeth oublie complètement de se renseigner sur James lorsqu'il s'absente brusquement (elle s'étonne même d'entendre Sarah l'appeler « Mr Smith », comme s'il était un gentleman et non le valet).

Bien que le roman compte assez peu de dialogues entre maîtres et domestiques, Jo Baker prend beaucoup de libertés avec les personnages que l'on croit si bien connaître. Elle apporte ainsi un nouvel éclairage au roman d'origine, auquel on peut adhérer le temps de cette lecture. Mr Bennet a un passé plus compromettant que ne le laisseraient penser ses heures d'étude solitaire dans sa bibliothèque. Le portrait de Wickham est encore moins flatteur (on s'éloigne d'ailleurs de la vision aseptisée et plutôt flatteuse de l'armée dans les textes d'Austen). Elizabeth s'inquiète de partir seule à Pemberley, puis du déroulement de sa première grossesse.

Une Saison à Longbourn n'est pas seulement (comme je le croyais) le miroir de Pride and Prejudice, Jo Baker s'affranchissant de ce cadre. Darcy n'y a presque aucune importance et apparaît très tardivement. La dernière partie se déroule essentiellement loin de Longbourn. S'il me semble compliqué d'aborder Une Saison à Longbourn sans avoir lu Austen, c'est un roman « à part entière » que je me réjouis d'avoir lu.

Merci aux éditions Stock pour cette lecture !

Coralie l'a également lu dans le cadre du Mois Anglais.

Autour de Pride and Prejudice sur ce blog :

Romans : Pride & Prejudice de Jane Austen ; The Darcys and the Bingleys de Marsha Altman ; Mort à Pemberley de P.D. James ; Les Filles de Mr Darcy de Marsha Altman.

Films et séries: Pride and Prejudice (1995 BBC) ; Pride and Prejudice (2005) ; Bride & Prejudice (2004) ; Bridget Jones's Diary (2001) / The Age of Reason (2004) ; Lost in Austen (2008).

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394 p

Jo Baker, Une Saison à Longbourn (Longbourn), 2013

* Je me suis bien amusée avec les très légers The Darcys and The Bingleys et Les Filles de Mr Darcy (ce dernier m'a plutôt fait ricaner doucement mais il a alimenté plusieurs conversations bien amusantes, j'en garde ainsi un bon souvenir que la relecture de mon billet a ravivé).

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07/06/2014

Mois anglais 2014 : LC et logos

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J'ai dû m'absenter pendant les premiers jours de ce Mois Anglais, aussi c'est avec quelques jours de retard que je relaie à mon tour sur mon blog la liste (longue comme le bras) des LC envisagées, ainsi que les magnifiques logos réalisés par les participants que nous remercions chaleureusement pour leur enthousiasme !

C'est toujours un peu la folie lorsque débarque le Mois Anglais (ce qui nous fait un grand plaisir), Cryssilda, Titine et moi sommes ravies de voir toute une cohorte English friendly se joindre à nous chaque année avec enthousiasme, fougue et bonne humeur pour rendre hommage à nos amis anglais. Nous espérons que vous vous régalez déjà avec ces premiers jours plus que riches en billets.

 

Les lectures communes du Mois Anglais :

-2 juin : "Jane Eyre" de Charlotte Brontë avec Soie

-07 juin : un album au choix (Rendez-vous albums Hérisson)

- 8 Juin : "Maisie Dobbs" Jacqueline Winspear

-09 juin : Un Dickens au choix

-10 juin : "Waterloo Necropolis" de Mary Hooper

-11 juin : "Comme il vous plaira" de Shakespeare, lecture proposée par Maggie et Claudia Lucia

-14 juin : un Jonathan Coe au choix

-15 juin : Un Nick Hornby au choix

-17 juin : Un Daphné du Maurier au choix

-19 juin : un Wilkie Collins au choix, lecture prévue pour le challenge British Mysteries de Lou et Hilde

-20 juin : "Harry Potter" sur le format souhaité, lecture proposée par Valérie et Galéa

-21 juin : Un roman de Kate Atkinson pour Karine, Grominou et Anne.

-22 juin : Tracy Chevalier

-23 juin : "La déchéance de Mrs Robinson" de Kate Summerscale

-24 juin : Jane Austen

-26 juin : un Vita Sackville-West au choix

-27 juin : un Barbara Pym au choix

-28 juin : un Agatha Christie au choix

-29 juin : un Julian Barnes au choix

-30 juin : "Les Hauts de Hurlevent" de Emily Brontë

-date à déterminer : un Jasper Fforde au choix, lecture organisée par Cléanthe

 

Vos excellents logos :

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Un grand merci à tous et surtout, keep on enjoying!