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29/09/2013

Bilan de mes lectures de septembre

Après un été fructueux côté lectures, le mois de septembre m'a laissé beaucoup moins de temps pour retrouver mes précieux livres et ce petit bilan mensuel (que je vais essayer de renouveler maintenant) est plus succinct.

Côté anglo-saxon :

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Tom Sharpe avec Le Gang des Mégères Inapprivoisées (chroniqué ici ; un très bon début même si on pouvait s'attendre à mieux ensuite... dans tous les cas cela donne envie de lire de nouveau Sharpe !)

T.J. Middleton, Oh, my dear ! (chroniqué ici ; un roman à suspense saupoudré d'humour anglais, sympathique)

Côté francophone :

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Nathalie Peyrebonne avec Rêve général (chroniqué ici, sans doute pas un livre pour moi mais une curiosité qui a séduit d'autres lecteurs)

Côté BD : 

C'est ce qui a marqué le mois de septembre pour moi, avec plusieurs très bonnes trouvailles depuis mon inscription à la médiathèque et de nouveaux projets de lecture d'albums prochainement.

BD_courtney-crumrin-et-les-effroyables-vacances.-1010482-250-400.jpgBD_Miss-Endicott--tome-1.jpg

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Miss Endicott et son premier tome : un coup de coeur (mon billet ici)  !! Amoureux de l'époque victorienne, ne passez pas à côté !

Et en vue du challenge Halloween, édition 2013 (plus que quelques jours...) et des Mercredis fantastiques en BD avec Hilde et Mango :

Courtney Crumrin et Les Effroyables Vacances (j'ai adoré le scénario très riche, qui laisse toute sa place aux différents personnages)

Macabre (une mise en images de nouvelles classiques judicieusement choisies, un petit bonheur !)

Vendredi 13 (un comics que je n'étais vraiment pas sûre d'apprécier mais qui tient son lecteur en haleine)

*****

Lectures en cours :

Oui je sais c'est un bilan assez minable, le temps m'a manqué malheureusement... mais j'ai commencé quelques livres très prometteurs que je compte bien présenter ici bientôt.

shelley_endeuillee-et-autres-recits.jpgmacardle_falaise hantee.jpeg

grecian_black country.jpegbilan de lecture

Toujours en vue du challenge Halloween :

L'endeuillée et autres récits de Mary Shelley

La Falaise hantée de Dorothy Macardle

Et pour novembre, un retour aux British Mysteries

The Black Country d'Alex Grecian, un bon petit polar victorien comme je les aime (qui m'a accompagné à Cambridge) !

Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles de Gyles Brandreth

Et à venir aussi en novembre, quelques romans issus de la rentrée littéraire...

20:26 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (13) | Tags : bilan de lecture |  Facebook | |

28/09/2013

T.J. Middleton, Oh, my dear !

middleton_oh my dear.jpgVoilà un roman qui m'intriguait à sa sortie ; j'ai de suite aimé la couronne mortuaire (dont les fleurs blanches feraient d'ailleurs davantage penser à un mariage - sans doute pas un hasard), le titre et l'idée de départ.

Al Greenwood, la cinquantaine, n'en peut plus de sa femme Audrey. Si bien qu'au lieu de jeter les voiles, d'envisager un divorce bien classique, il décide plus simplement de la supprimer. Avec une technique infaillible : en la poussant du haut d'une falaise, un jour de tempête où personne ne risque de se trouver dehors. Manque de chance, en rentrant chez lui, il trouve sa chère et tendre en train de l'attendre de pied ferme, sous le coup d'un sursaut étrange de sa libido. Dès lors Al ne contrôle plus rien : Miranda, dont il est le père naturel, a disparu le même jour et portait un ciré jaune, comme celui d'Audrey. Serait-ce sa propre fille qu'il a assassiné ?

Oh, my dear ! est un roman différent de ce que j'avais pu imaginer en lisant le résumé de l'éditeur. Je m'attendais à un petit concentré d'humour noir, comme nos amis anglais en sont si friands. Certes, l'humour est là, mais c'est finalement davantage un roman à suspense. Les personnages ont tous un petit côté fêlé et presque tous auraient quelque chose à cacher. Chantage, menaces, mensonges, quelques bagarres, manipulation, voilà de quoi sont faites les relations entre les protagonistes. Et Al est loin d'être le seul à envisager les solutions les plus radicales à ses problèmes.

Un roman qui se lit facilement (même si je l'avais laissé traîner pendant deux semaines, j'ai lu le dernier tiers d'un trait ce matin), à la frontière entre thriller et humour British. Certes, l'intrigue s'essouffle un peu à moment donné et le texte n'est pas non plus hilarant. Malgré tout, les personnages de ce charmant petit coin anglais sont plutôt bien croqués. Les motivations des uns et des autres sont assez sordides et il est amusant de voir à la fin lequel d'entre eux l'emporte par la cruauté. Un agréablement divertissement.

Merci aux Editions Cherche Midi pour ce sympathique moment de lecture.

D'autres avis sur le site web Plume Libre.

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304 p

T.J. Middleton, Oh, my dear !, 2008

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25/09/2013

Miss Endicott, T1

BD_Miss-Endicott--tome-1.jpgAvec les BD j'ai mes périodes, j'en lis plusieurs de suite puis traverse de longs déserts... en ce moment, depuis mon inscription à la médiathèque, je suis dans une intense phase de découverte... c'est ainsi qu'en me promenant au hasard des rayons je suis tombée sur Miss Endicott, une série dont je ne savais absolument rien mais qui a de suite attiré mon attention en raison du cadre victorien. Bien m'en a pris, c'est tout simplement mon plus gros coup de coeur BD depuis longtemps ! Rien ne présageait un tel plaisir de lecture, d'autant plus que sans le titre British je n'aurais probablement pas repéré cet album, dont je trouve la couverture assez quelconque.

Fourquemin et Derrien, Miss Endicott, londres, londres xixe, angleterre, angleterre victorienne, angleterre xixe, challenge british mysteriesJeune femme intrépide au caractère bien trempé, Miss Endicott revient des Indes après une longue absence. Elle assiste à l'enterrement de sa mère et se voit remettre une mystérieuse clef, puis débute sa nouvelle vie londonienne au poste de gouvernante dans une riche maison. Kevin, son élève, a l'habitude de faire fuir dès le premier soir toutes ses gouvernantes, mais curieusement, il s'entend de suite avec Miss Endicott. Ses parents sont peu présents, le foyer est essentiellement composé de ces deux personnages et du majordome. Mais Miss Endicott cache bien ses petits secrets : gouvernante le jour, elle s'apprête à remplacer sa défunte mère et à devenir conciliatrice de la ville la nuit. Ainsi, si vous avez un problème avec un voisin, si votre boulanger vous arnaque, si quelqu'un vous menace, vous pouvez aller trouver Miss Endicott, elle saura quoi faire pour vous aider. Au cours de ses premières nuits d'enquête, notre conciliatrice va découvrir le monde souterrain des oubliés, toutes ces personnes trop laides, trop difformes, trop loqueteuses pour que leur présence soit tolérée à la surface.

J'ai dévoré cette BD et compte lire la suite prochainement, voire même me faire plaisir et m'offrir plus tard le coffret en deux tomes tant j'ai passé un excellent moment. L'histoire est originale, les péripéties ne manquent pas, les personnages sont attachants, pleins d'humour, leur personnalité est habilement retraduite... quant aux dessins, ils m'ont particulièrement plu, aussi bien pour les palettes de couleurs que pour les personnages, les costumes, les décors, et ces maisons qui semblent prêtes à s'effondrer les unes sur les autres à tout moment. Un album riche, passionnant, une petite pépite !

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Fourquemin et Derrien, Miss Endicott, londres, londres xixe, angleterre, angleterre victorienne, angleterre xixe, challenge british mysteries



77 p

Fourquemin et Derrien, Miss Endicott T1, 2007

british mysteries6.jpgvictorien.jpgLogo Lou.jpgXIXe siecle 01.jpg

23/09/2013

Halloween 2013, on y est presque !

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Pour découvrir la présentation du Challenge et s'y inscrire, c'est chez Hilde et ici ou à la suite de ce billet

Le début du Challenge Halloween 2013 approchant dangereusement, nous vous présentons les différents évènements qui auront lieu pendant cette période.

N'oubliez pas que vous pouvez jouer les esprits frappeurs et participer librement au challenge sans vous inscrire aux billets communs. Seule obligation : un petit billet le 31 octobre, Halloween oblige !

En 2013, nous avons pour l'instant prévu de vous entraîner dans les aventures suivantes (liste non exhaustive pouvant évoluer à tout moment sur une simple suggestion des esprits frappeurs participant au challenge) :

 

Mardi 1er octobre: Ce sera le début du Challenge, nous nous installerons tranquillement dans la maison hantée que nous avons réservée pour les courageux vacanciers qui nous accompagnent. N'hésitez-pas à faire un billet de présentation à ce moment-là, si vous le souhaitez et ne l'avez pas déjà fait.

Mercredi 2 octobre: BD Fantastique

Pour en savoir plus sur ce rendez-vous qui aura lieu tous les mercredis d'octobre: vous pouvez aller jeter un coup d'oeil chez Hilde, Mango et ici.

Samedi 5 octobre: Un album Jeunesse

Lundi 7 octobre: Bricolages et décorations pour chasser les esprits démoniaques de la Maison Hantée.

Mercredi 9 octobre: BD Fantastique

Week-end du 12 et 13 octobre: Marathon de lecture d'Halloween ou pas. Lectures fantastiques conseillées sous peine d'ensorcellement. Les inscriptions chez Hilde, Karine et ici.

Lundi 14 octobre: Un classique (épouvante, gothique... : Poe, Le Fanu, Villiers de l'Isle-Adam, Maupassant, Stevenson, Ray, Radcliffe, Shelley, Machen, Maturin...) 

Mercredi 16 octobre: BD Fantastique

Samedi 19 octobre : Fantômes et cimetières britanniques et irlandais (un billet commun participant également au challenge British Mysteries, dont le billet recap se trouve ici ou ) -> à travers un roman, une BD, un film mais aussi un documentaire ou pourquoi pas ? la description d'un cimetière ou d'un ghost tour en Angleterre, Ecosse, Pays de Galles ou Irlande.

Dimanche 20 octobre: Tea Time ou goûter d'Halloween en photo. Une tasse de thé, de chocolat ou de café + une pâtisserie + votre lecture du moment et si possible une petite mise en scène d'Halloween.La chasse aux fantômes, ça creuse!

Mercredi 23 octobre: BD Fantastique 

Vendredi 25 octobre: Séance de cinéma : Sleepy HollowL'occasion de se réunir autour d'un classique d'Halloween.

Samedi 26 octobre: Dans la cuisine de la maison Hantée. Des chaudrons seront mis à la disposition de toutes les sorcières novices et confirmées!

Lundi 28 octobre: Visite d'une véritable maison hantée dans la littérature ou au cinéma... ou pourquoi ne pas nous parler d'une maison réputée hantée près de chez vous ou croisée lors de vos vacances ?

Mercredi 30 octobre: BD Fantastique

Jeudi 31 octobre : on fête Halloween ensemble !

Samedi 2 novembre: Lecture commune de Drood, Dan Simmons

Mardi 5 novembre: Ce sera le dernier jour du Challenge... comptage des survivants.

Vous pouvez vous inscrire à tout moment au challenge ou à une ou plusieurs de ces activités. Vous pouvez aussi venir échanger sur le groupe facebook. Rencontres effrayantes garanties au mois d'octobre !

Au plaisir de vous accueillir dans notre humble demeure...

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Les participants :

Acr0 

Alexandra 

Arieste

Bianca

Chicky Poo 

Chroniques littéraires 

Cleanthe

 DeL 

Faelys

FondantOChocolat

Glorifine 

Isa la Rousse

Julie

Lael

Lauraline 

L'or des chambres, L'or rouge

Mad Cat

Maggie 

Mango

Mariejuliet

Mazel 

Mrs Figg 

MyaRosa

Nahe

Petit_speculoos 

Purple Velvet

Rachel 

Romanza 

Sharon 

SvCath

Sophie Hérisson

Soukee

Sybille

Syl 

Titine 

Tiphanya 

Valeriane 

Hilde

 Lou 

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22/09/2013

Nathalie Peyrebonne, Rêve Général

peyrebonne_reve general.jpgJ'ai eu la surprise de trouver ce roman dans ma boîte à lettres il y a quelque temps et c'est avec curiosité que je l'ai ouvert, n'en sachant rien ou presque à ce moment.

Lorsque débute ce court roman, un footballeur est sur le point de réaliser un tir décisif, celui qu'il a attendu toute sa vie, qui va changer le cours de son destin. Et puis, finalement, il décide de s'en aller et plante là ballon et coéquipiers.

Suite à cette introduction, nous suivons le parcours de plusieurs personnages, dont les voix se répondent au fil des différents chapitres : Céleste, conductrice de métro ; Louis, premier ministre ; Edmond, agent de sécurité dans un bar et cuisinier amateur ; Lucien, prof au collège.

Pour tous, la même journée commence et sans explication, un grain de sable vient se glisser dans la mécanique bien huilée du quotidien, les poussant à agir de façon irrationnelle, à se rebeller doucement contre la tyrannie des obligations, à commencer par leur travail.

Edmond aimerait savoir pourquoi aujourd'hui tout marche à l'envers. Après tout, les mécanismes infaillibles n'existent pas, ça tourne, ça tourne, et puis un beau jour, paf, la panne, un grain de sable quelque part, et tout file de travers, ou tout s'arrête. (p 88)

Ainsi Louis demande à sa femme de ménage de lui préparer des petits gâteaux à la cannelle et repense à cette femme qu'il a aimée ; Lucien abandonne sa classe, Céleste, son métro, et ainsi de suite. Curieusement il semble qu'une sorte de torpeur s'est emparée du pays et qu'une révolution pacifique, tranquille se met en marche.

Un idée assez originale, portée par des chapitres courts et incisifs. Malgré tout je ne ressens pas l'enthousiasme d'autres avis lus, en raison d'une difficulté à éprouver un réel intérêt pour les protagonistes et d'une certaine frustration au final. On se laisse facilement porter par les différentes histoires entremêlées, la lecture est plaisante... mais je n'ai pas bien saisi où tout cela nous menait finalement. Je crains d'oublier bien vite ma lecture. Une rencontre manquée en somme, mais je ne voudrais pas vous empêcher de donner sa chance à un livre qui a plu à tant de lecteurs. N'hésitez pas à faire un petit tour sur Babelio pour vous donner une meilleure idée de ses qualités !

Merci beaucoup aux éditions Phébus pour cette découverte, malgré ces quelques bémols !

nathalie peyrebonne,rêve général,littérature française,éditions phébus



153 p

Nathalie Peyrebonne, Rêve général, 2013

19/09/2013

Ann Granger, A Particular Eye for Villainy

granger_a-particular-eye-for-villainy.jpgI've never liked clowns, though the word is inadequate to describe the real horror they inspire in me. I panic at the sight. My heart pounds and terror tightens my throat so I can barely swallow. I can hardly breathe. You'll think me foolish but nothing so real can be dismissed as nonsense. (p7)

Beaucoup de blogs mettent à l'honneur Ann Granger en ce moment, avec la parution en France du premier roman de la série Ben et Elizabeth Ross. Or, quelques mois plus tôt, je me trouvais dans ce lieu de perdition qu'est W.H. Smith lorsque mon oeil s'est arrêté sur A Particular Eye for Villainy du même auteur. Je n'avais jamais entendu parler d'Ann Granger mais le « Victorian gentleman » associé à un « mystery » m'a fait de suite penser que ce roman pouvait tout à fait me plaire, d'autant plus que je cherchais de nouvelles idées de lectures pour le challenge British Mysteries. 

C'est au mois de juillet que je me suis décidée à le lire. Les tomes sont dissociés les uns des autres et le fait de commencer par le quatrième de la série ne m'a gênée en rien (évidemment je me suis depuis procurée le tome 1 que j'ai hâte de découvrir également). 

Le sujet ? Thomas Tapley, qui loge chez la respectable voisine de l'Inspecteur Ross et de son épouse Elizabeth, est retrouvé assassiné dans son salon, violemment frappé à la tête par son meurtrier. Ross va être chargé de résoudre l'affaire mais, de par la proximité des deux maisons et parce qu'elle a eu l'impression qu'un clown suivait Mr Tapley le jour précédent sa mort, Lizzie est également bien décidée à mener sa propre enquête. Les chapitres alternent ainsi deux voix, celles de Ben et de son épouse, chacun avançant pas à pas dans son enquête, l'intervention de Lizzie servant les intérêts de l'inspecteur.

Mr Tapley est un vrai mystère. Sa logeuse ne sait presque rien de lui, on peine à découvrir à quoi il occupait ses journées, d'où provenaient ses revenus, pourquoi il a suffisamment inspiré confiance à sa logeuse pour qu'elle lui confie une clef d'entrée. Apparaît alors un cousin de Tapley, juriste et célèbre pour ses plaidoyers au tribunal, habitant un quartier huppé. Il semble peu ému du décès mais cherche à étouffer l'affaire, craignant qu'elle ne nuise aux projets de mariage de la fille de Tapley, qui lui a été confiée depuis l'enfance.

En matière de Victorian mystery, voilà un roman qui m'a beaucoup plu ! Rien à dire sur le plan de l'intrigue, bien menée, très sympathique. On soupçonne peut-être le ou la coupable rapidement mais Ann Granger s'amuse à explorer de nouvelles pistes et ajouter un brin d'extravagance à son enquête.

Mais si j'ai vraiment apprécié cette lecture, c'est avant tout pour deux raisons. D'abord, le cadre bien retraduit, avec la mise en avant de quelques particularités du Londres et du folklore de l'époque, telles les figures populaires et inquiétantes de Will o' the Wisp et Springheeled Jack, ou encore, les souvenirs d'une période barbare où les pirates étaient exécutés et abandonnés sur les rives de la Tamise. There are still people who remember when pirates where hanged at Wapping. Whether their twitching limbs and swollen faces, or their tarred remains left hanging in iron cages as a warning, did anything other than provide the residents with a good spectacle is doubtful. Occasionally, even now, a yellowed bony hand pokes out of the stinking mud when the tide goes out (p 309).

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On découvre aussi la gare réservée aux convois funéraires de Brookwood Necropolis, qui n'a pas manqué d'éveiller ma curiosité. « After the service we shall all go, with the coffin, to the Brookwood Necropolis railway station and travel by train out of London to Surrey as a funeral party. My father will be buried there, in the Necropolis burial ground »  ( p 269).

Our destination was the modest railway station, situated near to its bigger brother at Waterloo, which was the starting point of the private line running to the huge burial area, known as the Brookwood Necropolis, some twenty-five miles out of London (p 287).

brookwood necropolis.jpg

arsenic-poison-bottle_shutterstock_89147137.jpgEt pour les lecteurs et bibliophiles, cette anecdote : We had to take out every single book and open each at every page, but we found the former landlady's letter tucked neatly into a volume of Cowper's poetry. The volume was bound in green cloth and I made a mental note to wash my hands carefullly before I ate. Arsenic is less used now to produce the colour green, since the danger of absorbing the poison through the skin is known. But it is still to be found in older books (p 73).

L'autre aspect qui ne m'a pas laissée indifférente tient au caractère bien trempé de deux personnages féminins, la fille de Thomas Tapley, indépendante d'esprit bien qu'emprisonnée dans sa belle demeure, et Elizabeth Ross, qui ne manque pas d'aplomb. De Lizzie, l'un des protagonistes dit ceci, non sans humour : « Though married to a plain-clothed jack out of the Yard, eh ? » He shook his head sorrowfully. «  Not that I'm surprised to learn it, mind you. You always had a funny interest in corpses. Ladies do have hobbies, I know that. Only generally it's painting flowers or bothering the poor with their good works. But your pa was a sawbones, I recollect you telling me. So I suppose it runs in the fam'ly. You certainly have a particular eye for a murder. » (p 86) Mrs Ross est persuadée qu'un jour les femmes entreront à Scotland Yard et seront d'une grande utilité à la police, elle poursuit ses investigations découragée ou non par son époux. Elle ne manque pas de jugeote ni de sang-froid, c'est un personnage délicieux. Bien évidemment le couple fait penser à Thomas et Charlotte Pitt mais je trouve que le roman ne tombe pas dans les travers des livres d'Anne Perry, parfois pavés de bonnes intentions et de morale réchauffée à chaque tome.

A noter malheureusement une belle coquille : « I'm Elizabeth Ross, the husband of Inspector Ross who is investigating your father's death. » (p 189)

Un mystère victorien rafraîchissant et addictif, j'ai hâte de retrouver le couple Ross !

Les billets de la LC British Mysteries du jour : Oscar Wilde et le Meurtre aux Chandelles de Gyles Brandreth chez ClaudiaLuciaPurple Velvet et Titine ; Oscar Wilde et les Crimes du Vatican de Gyles Brandreth chez EmmaLes Etranges talents de Flavia Luce d'Alan Bradley chez Hilde ; A Particular Eye for Villainy de Ann Granger par ici.

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362 p

Ann Granger, A Particular Eye for Villainy (Ben & Elizabeth Ross Mystery, T4), 2012 

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Logo Lou.jpgvictorien.jpgcommonwealth.jpgsérie benn et elizabeth ross,ann granger,a particular eye for villainy,londres,londres xixe,angleterre,angleterre xixe,époque victorienne,victorian mystery,challenge british mysteries,polar historique,mystère victorien,polar victorien

15/09/2013

Tom Sharpe, Le Gang des Mégères Inapprivoisées

sharpe_gang des megeres.jpgDe temps en temps, en ouvrant un roman, le lecteur innocent peut être amené à penser que vraiment, l'auteur est un peu fou. C'est ce qui m'est arrivé lorsque j'ai commencé à lire Le Gang des Mégères Inapprivoisées de Tom Sharpe... et j'ai été complètement conquise par le petit univers loufoque qui se mettait en place sous mes yeux !

Avant de revenir au vif du sujet et à une histoire bien contemporaine, le narrateur prend le temps de préciser le contexte... pour le moins original ! Nous découvrons ainsi l'histoire d'une dynastie, celle des Grope, qui vivent dans une espèce de ferme-forteresse gardée par deux taureaux se baladant en toute liberté sur la propriété.

Nous voilà d'abord partis à l'époque des Vikings, avec l'arrivée d'un certain Awgard le Pâle, malade comme un chien lors de la traversée en mer. Mais laissons Tom Sharpe vous conter lui-même la naissance de la maison Grope.

Au lieu de violer quelques nonnes, comme c'était la règle, il se jeta aux pieds de la soeur servante, qu'il avait croisée dans le fournil et qui se demandait si elle avait envie ou non de se faire violer. Pas belle pour un sou et ayant déjà été laissée pour compte lors de deux précédents raids vikings, Ursula Grope fut ravie d'être choisie par le bel Awgard ; elle l'emmena loin de l'orgie dégoûtante qui se déroulait dans le couvent et le conduisit dans la vallée solitaire de Mosedale, à la cabane en tourbe dans laquelle elle était née. Le retour de sa fille, dont il espérait être débarrassé à jamais - et en compagnie de l'immense Awgard le Pâle -, terrifia si fort son simple porcher de père qu'il n'attendit pas de vérifier les intentions réelles du Viking et prit ses jambes à son cou. (...) Forte d'avoir épargné à Awgard les horreurs d'une traversée du retour, Ursula insista pour qu'il sauve son honneur de religieuse inviolée et fasse son devoir. C'est là, dit-on, l'origine de la maison Grope (p 10).

Les Grope ont créé leurs propres traditions, en rupture totale avec les codes d'une société très patriarcale. Les femmes sont chefs de famille et les maris sont choisis pour leur effacement et leur capacité à produire des filles. Les garçons sont rapidement écartés, envoyés en mer par exemple, ou confiés à l'Eglise pour pouvoir ensuite notamment procéder à des mariages plus ou moins douteux au sein de la famille. Certains garçons seraient tout simplement supprimés à la naissance. Quant aux maris, on se préoccupe peu de savoir s'ils sont consentants parfois. Certains sont défiés sur la place du village et contraints d'épouser la fille Grope qui a réussi à les terrasser ; d'autres sont plus simplement kidnappés. La réputation des Grope devenant de plus en plus sinistre avec les siècles, on se réjouit de l'arrivée du chemin de fer qui permet de trouver des mâles innocents facilement.

Retour au présent. Le jeune Esmond Burnes vit avec ses parents, qui, appelons un chat un chat, en tiennent une sacrée couche ! Sa mère vit dans un roman de Barbara Cartland, a choisi le prénom de son fils en fonction de ses lectures et raconte à tout le monde que c'est "un enfant de l'amour" sans réaliser qu'elle crie haut et fort que c'est un fils illégitime (ce qui n'est d'ailleurs pas le cas). Le père, banquier, très discret, se demande comment il a pu se décider à épouser sa femme et est tellement effaré par la ressemblance qu'il constate entre Esmond et lui qu'il finit par craquer suite à une soirée arrosée au pub et essaie d'attaquer son fils avec un couteau. Pour protéger son enfant de l'amour, Mrs Burnes demande à son frère mafieux de l'accueillir chez lui quelque temps. Sans se douter qu'une implacable mécanique vient de se mettre en marche et va bouleverser tout leur univers. C'est là qu'intervient une femme de la maison Grope. Je vous laisse imaginer la suite...

J'ai adoré le principe de départ, cette dynastie matriarcale qui, dans son extrêmisme, est forcément effrayante, mais qui s'amuse à prendre le contrepied de nombreux clichés de notre société avec beaucoup d'humour. Ces Grope sont assez terrifiantes mais il est plaisant d'imaginer cette dynastie vivant en marge de la société, avec ses propres règles, en quasi autarcie. La première partie mettant cette famille à l'honneur est très réussie, de même que la rencontre avec la famille Burnes, en apparence bien plus conventionnelle mais finalement non exempte de sérieux dysfonctionnements. Malheureusement, l'histoire prend un drôle de tour ensuite et perd un peu l'originalité qui faisait la force des premiers chapitres ; la fin est un brin décevante, un peu trop conventionnelle pour un récit si bien parti. Malgré tout, le roman se lit avec grand plaisir et mérite vraiment le détour pour les excellents premiers chapitres.

Par ici, un autre roman de Tom Sharpe que j'avais adoré - je me marre en relisant ma chronique et en me remémorant les personnages (quoi ? il y a quatre ans déjà ?) : La route sanglante du jardinier Blott. Et je viens de découvrir la présence de Sharpe sur ma liseuse... eh bien cette fois-ci je ne tarderai pas à le retrouver j'espère !

Une lecture commune autour de Tom Sharpe : (liens ajoutés quelques jours plus tard car j'étais en Angleterre au moment de la publication de nos billets)

- Wilt 1CléantheMartineValentyne

- Wilt 2Adalana

- Wilt 3Delphine

- Le gang des mégères inapprivoisées : Denis, Lou et Noctembule

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219 p

Tom Sharpe, Le Gang des Mégères inapprivoisées, 2009 (en anglais : The Gropes)

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13/09/2013

Alexandre Dumas, La Comtesse de Saint-Géran

alexandre dumas,éditions phébus,la comtesse de saint-servan,roman historique,france xviiePendant mes vacances d'été, j'ai retrouvé avec plaisir la librairie indépendante de ma ville d'origine (bien fournie, avec un libraire aux choix judicieux et exigeants, ravi de partager ses coups de coeur). A ma deuxième visite, après un nouveau petit tour du côté des éditions Libretto (mais cette fois-ci pour un cadeau, j'ai eu une pensée émue pour ma pauvre PAL), on m'a gentiment offert un Phébus Libretto réservé aux libraires, La Comtesse de Saint-Géran d'Alexandre Dumas. Je n'ai lu que quelques nouvelles de cet illustre personnage, aussi j'ai eu envie de satisfaire ma curiosité sur le champ. Quelques semaines après, une petite chronique pour partager avec vous cette rencontre.

Contrairement à ce que je pensais, il ne s'agit pas d'une pure fiction mais d'une longue nouvelle inspirée de faits réels qui firent grand bruit au XVIIe. 

Fin 1639. Accusé d'être un faux-monnayeur et d'avoir assassiné sa femme, mené sous bonne escorte dans une auberge pour la nuit, le Marquis de Saint-Maixent parvient à s'échapper en séduisant la fille de la maison. Il se réfugie chez le comte de Saint-Géran, un parent à lui, qui l'accueille bien volontiers. Le comte semble être un homme très différent de son parent (pour résumer il n'aurait rien d'un criminel). Sa femme et lui vivent par ailleurs en parfaite entente mais souffrent de n'avoir pu avoir d'enfant.

Faute de descendant direct, la fortune du comte devrait revenir à sa soeur, Mme de Bouillé. Le marquis y voit un intérêt et se met à la courtiser. C'est alors que contre toute attente, après vingt ans d'espoirs déçus, la comtesse de Saint-Géran est enceinte. Les amants vont ensemble mettre en place un plan cruel pour faire disparaître cet héritier malvenu.

Ne lisant pas de récits se déroulant à cette période, je me suis laissée bien volontiers embarquer dans ce récit où pointent la cape et l'épée, en m'immergeant dans une atmosphère nouvelle pour moi, voire franchement dépaysante. Imaginez ma surprise lorsque j'ai constaté que le Marquis, toujours accusé d'avoir tué sa femme, de s'être livré à d'autres crimes mais aussi d'avoir tué l'un des gardes dans sa fuite, bref, lorsque j'ai réalisé que ce coquin fini ne serait plus inquiété une fois arrivé chez le comte. On voit ainsi le Marquis aller et venir, rentrer dans sa région au bout d'un certain temps mais visiblement, personne ne songe à l'arrêter. De même, sujet hautement sensible pour la condition féminine, j'ai ouvert des yeux effarés lorsque j'ai constaté le traitement que l'on pouvait réserver aux pauvres femmes qui ne se seraient pas décidées à accoucher : On la fit monter dans un carrosse fermé et on la promena tout un jour à travers des champs labourés, par les chemins les plus rudes et les plus difficiles (p59). Tout ce pittoresque m'a ceci dit beaucoup amusée.

Le récit est rondement mené par Dumas qui sait bien évidemment tenir son lecteur en haleine et amener à point nommé chaque nouvelle péripétie. Le fond, plus que la forme, fait tout l'intérêt de ce texte. J'ai regretté que la fin se perde dans des détails juridiques ; alors que toute cette affaire avait été présentée jusque-là avec un grand sens du romanesque, les deux dernières pages sont plus factuelles et donnent une impression de fouillis, comme si Dumas peinait à se dépêtrer de toute cette paperasse. Avis personnel et bien subjectif qui n'engage que moi. Dans l'ensemble, j'ai trouvé cette lecture fort divertissante et suis ravie d'avoir un peu abandonné mes habitudes plus XIXe.

Il est à remarquer que les grands criminels de cette époque, Sainte-Croix, par exemple, et Exili, le sombre empoisonneur, ont été précisément les premiers incrédules, et qu'ils ont devancé les savants du siècle suivant dans la philosophie aussi bien que dans l'étude exclusive des sciences physiques, auxquelles ils demandèrent d'abord des poisons. La passion, l'intérêt, la haine combattirent pour le marquis dans le coeur de Mme de Bouillé ; elle donna les mains à tout ce que M. de Saint-Maixent voulut. (p 34)

Le site de la Société des amis d'Alexandre Dumas.

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85 p

Alexandre Dumas, La Comtesse de Saint-Géran, 1839-1840

11/09/2013

Les Quatre de Baker Street (T4)

les quatre de baker street,les orphelins de londres,arthur conan doyle,sherlock holmes,époque victorienne,londres,londres xixe,londres victorienne,angleterre victorienne,angleterre xixe,mois anglais,challenge british mysteriesLa médiathèque n'ayant pas le tome 3 des Quatre de Baker Street, me voilà déjà avec le tome 4... un peu dommage car dans le tome 3 on rencontre un nouveau personnage, Bloody Percy, arrêté grâce à Sherlock et aux Quatre de Baker Street. Lorsque débute le tome 4, Bloody Percy parvient à s'échapper de prison à la veille de son exécution et entend bien se venger rapidement de ceux qui ont conduit à son arrestation.

C'est un tome qui démarre sur les chapeaux de roues. Les journaux annoncent la mort de Sherlock Holmes en Suisse, il serait mort en tombant dans les chutes de Reichenbach lors d'une confrontation avec le terrible Moriarty. Désemparés, les francs-tireurs de Baker Street se disputent et tour à tour, s'éloignent chacun de leur côté, prêt à abandonner l'équipe et à vivre une nouvelle vie. C'est à ce moment que Bloody Percy s'échappe, bien décidé à leur faire la peau, à eux ainsi qu'au Docteur Watson... qui bénéficie d'une protection policière, contrairement aux trois enfants.

Black Tom retourne à Kilburn dans sa famille, il est accueilli à bras ouverts par son oncle, sa tante, ses trois abrutis de cousins et sa jolie cousine. On lui demande cependant de s'introduire dans les maisons des rupins pour voler l'argenterie en compagnie de ses cousins.

Billy erre dans Londres, mais ses pas croisant rapidement ceux de Bloody Percy, il décide de chercher ses camarades à l'aide du docteur Watson, lui aussi désireux d'aider les anciens alliés de Sherlock Holmes.

Quant à Charlie, après avoir volé un peu de nourriture, elle est envoyée dans une workhouse, habillée en fille contre son gré, et forcée de travailler à la blanchisserie, maltraitée, provoquée, heureusement toujours pleine de présence d'esprit.

J'ai trouvé ce tome 4 très réussi, c'est peut-être même mon préféré de la série - du moins, des trois tomes que je connais ! Le fait de séparer les franc-tireurs nous permet de côtoyer différents milieux, classiques de la fiction néo-victorienne, milieux dont l'atmosphère est très bien restituée. Loin de fractionner le récit et d'en faire des scenettes sans lien les unes avec les autres, ces histoires parallèles apportent beaucoup de dynamisme et permettent de mettre mieux en avant les personnages, notamment Charlie qui est plus en retrait habituellement et dont on découvre ici avec plaisir toutes les ressources. Davantage un récit d'aventures qu'une enquête policière, ce 4e tome est vraiment très vivant et toujours aussi bien servi par un graphisme irréprochable. Amateurs d'époque victorienne, cette série est faite pour vous !

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56 p

Djian, Etien, Legrand, Les Quatre de Baker Street, Tome 4, Les Orphelins de Londres, 2012

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07/09/2013

Wilkie Collins, Pauvre Miss Finch

collins_pauvre miss finch.pngWilkie Collins fait de plus en plus partie pour moi de ces valeurs sûres, de ces refuges vers lesquels je peux toujours me tourner lorsque je suis à la recherche d'un bon récit victorien. Cela faisait quelques mois que je ne l'avais pas lu et c'est avec beaucoup d'impatience que j'ai ouvert Pauvre Miss Finch pendant mes vacances.

La narratrice, Mme Pratolungo, nous fait le récit de son arrivée en Angleterre pour devenir la gouvernante de Lucilla Finch, une jeune aveugle, à laquelle elle s'attache dès son arrivée. A peine sur place, la narratrice assiste à la rencontre entre la belle Miss Finch (qui a fort mauvais caractère ceci dit !) et Oscar Dubourg. Ce beau jeune homme semble bien mystérieux, voire même fort suspect aux yeux de Mme Pratolungo, mais il s'avère qu'il est en réalité fort sympathique. Les deux jeunes gens tombent évidemment amoureux. Le début de cette histoire semblait m'entraîner vers une tout autre piste (serait-ce mes lectures de Mary Elizabeth Braddon qui me donnent des idées tordues ?) ; j'imaginais un sinistre complot visant la pauvre Miss Finch... complot il y aura, mais d'un autre genre !

Si vous détestez savoir quoi que ce soit à l'avance d'un roman, passez votre chemin, ne lisez surtout pas le résumé de l'éditeur et jetez-vous les yeux fermés sur ce délicieux morceau de littérature anglaise hautement romanesque. Si comme moi, la curiosité l'emporte, vous pouvez continuer (ce qui me fera d'ailleurs très plaisir car je me suis régalée avec ce livre et entends bien le faire savoir à toutes les âmes innocentes qui auraient le malheur de passer par ici).

Arrive Nugent, le frère jumeau d'Oscar. Il va proposer de présenter Lucilla à un docteur susceptible de lui rendre la vue... cruel dilemme! Car Oscar, sujet à des crises d'épilepsie depuis peu, a été contraint d'accepter un traitement au nitrate d'argent, qui l'a défiguré, lui laissant la peau d'une affreuse couleur bleuâtre.

Je m'attendais à un roman policier mais il s'agit davantage d'un bon roman feuilleton populaire à la victorienne, avec ses péripéties, ses concours de circonstance fâcheux (savamment orchestrés par un auteur qui nous rappelle parfois que si l'on croyait le prendre en défaut, c'est parce que nous n'avions pas pensé à ceci ou oublié cela, quitte à nous renvoyer à plusieurs reprises à un chapitre précédent pour nous raffraîchir la mémoire). Je me suis tout simplement régalée et me réjouis de constater la grande diversité dont a fait preuve Wilkie Collins dans sa vie d'auteur, ce qui me promet encore bien des heures de plaisir.

Outre la trame bien menée qui nous donne une folle envie de tourner la page afin de savoir ce qu'il va advenir de cette pauvre Lucilla (à moment donné, si je n'avais pas eu foi en ce cher Wilkie qui n'aime pas abandonner ses belles héroïnes, j'aurais bien cru l'affaire très mal engagée), j'ai savouré les nombreux traits d'humour qui pimentent le récit. Les personnages secondaires drôles ou grostesques sont délicieusement croqués : le père de Lucilla, pasteur, est aussi maigre et ridicule que sa voix est profonde et magnifique... malheureusement il adore s'écouter et acculer les membres de sa famille dans une pièce fermée pour pouvoir discourir sans fin ; la belle-mère de Lucilla est constamment débraillée, court toujours après une demi-heure fatalement perdue plus tôt dans la journée, a pour compagnons de chaque instant un bébé, un roman et un mouchoir sans cesse égaré ; ou encore Jicks, une des filles de la famille, petite bohémienne qui s'échappe de la maison à longueur de journée et suit son petit bonhomme de chemin, faisant bien sourire ceux qui la croisent en route ; la narratrice n'est pas en reste, en révolutionnaire républicaine qu'elle est (elle conclut son récit par ces mots : « Vive la République ! » et perd tout sens des bonnes manières et de la retenue lorsqu'il s'agit pour elle de défendre sa cause) ; et bien sûr le docteur allemand chargé de soigner les yeux de Lucilla, exubérant, toujours à s'exprimer dans un jargon anglo-germanique à mourir de rire. Même si Lucilla est parfois un brin agaçante et incarne la jeune fille anglaise de bonne famille pour constituer une héroïne - un peu trop - comme il se doit, elle est nettement moins inconsistante que Laura, l'héroïne de La Dame en Blanc (que j'avais eu très envie de remettre personnellement à ses tortionnaires)... et tous les autres personnages plus nombrilistes les uns que les autres suffisent plus que largement à obtenir un récit haut en couleur !

Malgré sa légèreté, ce roman fait également triompher certaines valeurs morales et s'interroge sur le bonheur. Suffit-il à Lucilla d'avoir de bons yeux pour être heureuse ? Et la fin fait écho à Profondeurs glacées (la pièce puis le court roman de Wilkie Collins), avec le destin tragique de l'un des personnages... c'est que ce cher Wilkie n'est pas toujours tendre avec les traîtres !

Un vrai régal que ce roman, j'ai hâte d'ouvrir mon prochain Wilkie Collins... j'envisage très sérieusement une cure en fin d'année...

Merci beaucoup à Bénédicte des éditions Libretto grâce à qui j'ai passé un excellent moment !

Le billet de Cryssilda, évidemment enthousiaste elle aussi, et celui de Denis qui est plus réservé.

Et par ici, d'autres idées de lecture du même auteur : 

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540 p

William Wilkie Collins, Pauvre Miss Finch, 1871 

British Mysteries01.jpgvictorien-2013.png

05/09/2013

Marathon de lecture pour Halloween... ou pas !

challenge halloween

Marathon de lecture d’Halloween

Samedi  12 et dimanche 13 octobre

Le mois d'octobre regorgera de surprises ! Nous avions prévu de lancer avec Hilde un Marathon de lecture dans le cadre du challenge Halloween 2013, puis nous avons vu que Karine envisageait de proposer un marathon elle aussi, en parallèle du Read-a-thon américain..  Nous avons ainsi décidé de conjuguer nos forces, pour un beau week-end de lecture tout plein d'options, halloweenesques ou pas.

 

Pour la version Halloweenesque et horrifique, il y a une condition unique : Lire au moins un livre fantastique/horreur dans le week-end ! Ce peut-être une BD, un album, un roman, un comics, ou un manga, à vous de choisir !

·       Formule de lecture « Dernier jour sur terre » : 10h-22h

·       Formule de lecture « Nuit des morts-vivants» : 22h- 10h du matin 

Formule de lecture « Hanté de jour comme de nuit » 10h samedi à 10h dimanche.

R 

Pour la version terre à terre : Vous lisez ce que vous voulez.  Pas trop compliqué hein.   Pour vous, ce seront donc les formules suivantes…

Formule de lecture « Dernier jour sur terre... mais en fait, non,  les fonctionnaires n’ont pas émis le communiqué à temps» : 10h-22h

Formule de lecture « Nuit des morts-vivants...  loin d’un cimetière » : 22h- 10h du matin 

Formule de lecture « Hanté de jour comme de nuit… mais j’ai appelé Ghostbusters » :10h samedi à 10h dimanche.

Rien en vous empêche de choisir une autre tranche horairem selon vos disponibilités et vos envies. L'essentiel est de se faire plaisir  !

 
Et pour les valeureux combattants des forces occultes et mystiques, tout encouragement est bienvenu.  Si vous n’avez pas le temps de lire mais souhaitez encourager tout ce beau monde…  devenez cheerleaders.  On ne fournit pas les pompons, par contre !

Vous pouvez vous inscrire pour le samedi 12 ou le dimanche 13 octobre, mais aussi pour les deux dates (même pas peur !).

Inscriptions pour le samedi :

-Hanté de jour comme de nuit : KarineSandyGeorge, Elora, Valeriane,

-Dernier jour sur terre : Syl, Geneviève, Hilde, L'or rouge,SamarianAcr0L'or des chambresQuai des amoureuxBladelorSharon, TiphanieTitine 

-Nuit des morts vivants : AdalanaCoccinellePraline,

-Horaires Divers : AriesteFondantOchocolatSophie Hérisson, LouPetit SpeculoosSevmargueriteMazelChroniques littéraires, 

-Cheerleaders : Maggie

Inscriptions pour le dimanche :

-Hanté de jour comme de nuit :

-Dernier jour sur terre : FondantOchocolatHilde, Geneviève, PtitetrolleCoccinelle,

-Nuit des morts vivants :

-Horaires Divers : Sevmarguerite, Sophie HérissonLou (en fin de journée si j'y arrive:)), MazelChroniques littéraires,

-Cheerleaders : Maggie

Venez-nous rejoindre pour ce week-end de lecture-plaisir sur nos blogs et sur le groupe Facebook .

Pensez à ajouter sur vos billets d’Halloween le logo du challenge et les liens vers nos blogs, et à nous signaler vos billets au fur et à mesure pour que nous n’oublions personne dans le billet recap.

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04/09/2013

Challenge Halloween : Les mercredis fantastiques

LES MERCREDIS FANTASTIQUES

 

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Pendant le challenge Halloween

Mercredi 2, 9, 16, 23 et 30 octobre

(Pas besoin d’être inscrit(e) au challenge pour participer)

En collaboration avec Mango qui chaque semaine nous invite à découvrir un nouvel album/une BD, nous vous proposons de vous joindre à nous chaque mercredi en octobre pour lire un album fantastique :

Pour participer, c’est tout simple, il suffit de :

·        - lire une BD/ un Comics/un Manga genre Fantastique et Horreur, épouvantablement effrayant ou tout simplement, avec des créatures de la nuit à l’intérieur (les adaptations de romans, films, séries fantastiques sont aussi les bienvenues)

·         - ajouter le logo « Les mercredis fantastiques » et un lien vers nos  3 blogs (MangoHilde et Lou) dans vos billets

          - venir poster le lien vers vos chroniques sur nos billets du mercredi concerné; vous pourrez bien sûr aussi les partager avec les participants du challenge Halloween sur notre groupe facebook.

 

Aucune obligation de participer à tous les rendez-vous, vous choisissez les dates en fonction de vos envies !

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 Challenge Halloween 2013 : 

Billet de lancement chez Hilde et ici-même

Réservations
 

01/09/2013

Claire Keegan, L'Antarctique

keegan_lantarctique.jpgCurieusement, alors que j'apprécie énormément la littérature anglo-saxonne, je lis assez peu d'auteurs irlandais contemporains. Aussi lorsque le blogoclub a proposé une thématique irlandaise pour la lecture du 1er septembre je me suis empressée de farfouiller dans ma PAL pour trouver un livre pouvant convenir - j'essaie de faire sortir de ma bibliothèque des livres qui y prennent la poussière depuis des mois et des années, la situation devient urgente.

Mon choix s'est arrêté sur L'Antarctique de Claire Keegan, auteur dont j'avais lu le plus grand bien sur la blogosphère, révélé par Nuala O' Faolain, bref, un jeune talent prometteur. Par ailleurs le format me convenait bien puisqu'il s'agit d'un recueil de quinze nouvelles, genre dont je suis friande et qui, je trouve, distingue les grands écrivains des autres car ce format si court est  un art bien difficile à manier et nécessite une précision et une habileté toutes particulières.

J'ai ouvert ce recueil sans savoir à quoi m'attendre, si ce n'est que je pensais peut-être retrouver une Irlande contemporaine, plutôt rurale. Première surprise, ces nouvelles n'ont pas toujours l'Irlande pour cadre et nous font notamment voyager outre-Atlantique. Difficile aussi de cerner la période du récit parfois, certains cadres un peu rustiques ou certains modes de vie nous faisant nous imaginer quelques décennies en arrière.

On pourrait difficilement qualifier ces nouvelles de légères. Amours contrariées, infidélités, grossesse imprévue, désirs inavouables, perte d'un proche dans des circonstances tragiques et travail de deuil qui s'ensuit, moment privilégié passé avec un homme qui s'avère être au final un psychopathe ou un meurtrier, les sujets sont pour le moins graves. Traités avec habileté, ils nous emportent néanmoins grâce au travail minutieux de Claire Keegan qui retraduit avec subtilité la psychologie des personnages, leurs désirs enfouis, leurs espoirs, leurs peurs, leurs aspirations et bien souvent, leurs frustrations. Les femmes ont la vie dure dans bien des nouvelles : travail rude, effacement face à l'homme-roi (figure du mari, du père). Claire Keegan ne joue pas non plus la facilité avec les quelques scènes crues qui émaillent ces nouvelles : ni fausse pudeur, ni exhibitionnisme, mais une description claire, factuelle, épurée.

Un auteur que je relirai sans doute avec plaisir et qui me donne également envie de lire davantage d'Irlandais contemporains... une réorganisation de mes bibliothèques s'imposant bientôt, j'en profiterai pour voir ce que j'ai en stock !

Une lecture dans le cadre du blogoclub du mois de septembre organisé par Sylire et Lisa.

Beaucoup d'avis sur Babelio.

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215 p

Claire Keegan, L'Antarctique, 1999

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