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30/05/2013

England, always England

J-2 avant le Mois Anglais.

Ma fidèle complice Hilde et moi avons décidé d'en profiter pour vous proposer deux LC, une pendant le fabulous mois de juin, une autre juillet, toutes deux dans le cadre du challenge British Mysteries.

 

challenge british mysteries, mois anglais

A partir de maintenant nous vous inviterons tous les mois à partager une thématique commune tous les 19 du mois. Vous pourrez bien entendu choisir de participer avec un billet de temps en temps seulement ou de nous suivre à chaque aventure... le maître mot restant le plaisir de partager et de lire !

Première proposition de LC le 19 juin

Un tome de la BD Les quatre de Baker Street

Plutôt le 1er tome mais si vous avez commencé la série vous pouvez bien sûr poursuivre à cette occasion.

BD_baker street_T1.jpg

Et le 19 juillet

Un thème qu'il aurait été difficile d'esquiver pour le challenge British Mysteries : Jack L'Eventreur (roman, BD, essai... / et à la demande de Rachel, films et séries bienvenus également of course !, sans parler bien sûr du plateau de jeu Mr Jack)

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Nous espérons que vous serez nombreux à nous suivre pour braver ensemble les mystères britanniques et, dans ces deux cas... anglais ! Mois anglais oblige !

Mois anglais 2013_02.jpg

27/05/2013

Le Mois anglais approche !

Amis lecteurs, participants au Mois anglais,

Cela fait déjà quelques semaines que je prépare doucement ce mois de juin tant attendu pour ma part en raison de ce nouveau départ en Angleterre en votre compagnie, qui promet plein de festivités !

Après ma chère Titine qui, d'une main de maître, a orchestré avec brio la liste des lectures communes et préparé de très chouettes logos, j'ai eu envie de vous concocter quelques logos supplémentaires pour décorer vos blogs à cette occasion. 

mois anglais

mois anglais

mois anglais

mois anglais

Merci aux nombreux participants déjà très motivés et bavards comme tout (heureusement car sinon nos thés seraient bien tristes) ; ci-dessous la liste de Titine à laquelle je n'ai ajouté que quelques noms, encore merci beaucoup à toi my dear !

Si je trouve un peu de temps je ferai un billet cette semaine sur mon programme anglais... encore très fluctuant ! Mais ce soir, je vous abandonne, j'ai rendez-vous avec Vita Sackville-West !

25/05/2013

Francis Dannemark, Histoire d'Alice

dannemark_Histoire-dAlice-qui-ne-pensait-jamais-à-rien-Francis-Dannemark.jpgMon blog somnole depuis quelque temps, mais c'est pour mieux préparer le Mois anglais... car je voyais bien que sans quelques billets écrits à l'avance je serais peu présente pour ce fabuleux voyage en votre compagnie. Voici donc la dernière chronique à venir avant le début des festivités de juin, les autres billets non anglais suivront début juillet.

Mes amis, aujourd'hui je vous parlerai d'un livre léger mais fort plaisant, parfait pour vos séances de plage à venir et les journées pluvieuses qui s'annoncent encore en ce mois de novembre mai. Il s'agit d'Histoire d'Alice qui ne pensait jamais à rien (et de tous ses maris, plus un) de Francis Dannemark – dont on parle en ce moment sur la blogosphère et qui a été mis en avant par la libraire présentée lors de la dernière émission de La Grande Librairie (23 mai). 

Lorsque débute le roman, Paul vient de perdre sa mère et, à l'occasion des funérailles, rencontre enfin sa tante Alice, âgée de soixante-treize ans. C'est l'occasion pour lui de renouer avec une parente qui a connu sa mère pendant ses jeunes années et rapidement, une certaine complicité s'instaure entre la tante et son neveu. Alice a mené une existence mouvementée, c'est une casanière contrariée qui, par la force des choses, a passé sa vie à voyager et vivre à l'étranger en épousant l'un après l'autre des hommes de diverses nationalités et d'horizons variés. Elle a ainsi résidé de nombreuses années en Angleterre mais découvert d'autres continents et sillonné la Méditerranée en bateau. Au fil de chapitres portant le nom des  hommes de sa vie, nous suivons paisiblement Alice dans ses aventures et traversons la deuxième moitié du XXe siècle. Un livre agréable, qui se lit très facilement, même si je dois avouer à regret qu'il ne me laissera sans doute pas un grand souvenir (je me rends compte que quinze jours ou trois semaines après la lecture je me perds déjà dans les nombreux maris !). C'est tout de même frais, nostalgique, avec un petit côté britannique (aussi dû au beau nom d'Alice), ce qui n'était pas pour me déplaire ! Une lecture "cocooning" et charmante, idéale pour se changer les idées ! 

Merci beaucoup à Francis Dannemark qui m'a proposé de rencontrer Paul et Alice (et merci pour le petit mot, une délicate attention qui m'a fait très plaisir !), et aux éditions Robert Laffont. 

D'autres billets de blogueurs souvent tombés sous le charme des personnages (les premiers apparus dans ma recherche en ligne, mais ils sont si nombreux... et je découvre quelques blogs au passage) : Cachou, Val, Keisha, Syl, Encres Vagabondes, Laura, Anne (Des Mots et des Notes)...

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185 p

Francis Dannemark, Histoire d'Alice qui ne pensait jamais à rien (et de tous ses maris, plus un), 2013

18/05/2013

Pierre Louÿs, Les Soeurs à l'Envers

louys_soeurs a lenvers.gifPoussée par la curiosité, j'ai récemment lu Les Soeurs à l'envers et autres textes inédits de Pierre Louÿs. C'est le troisième livre sulfureux d'auteurs dits classiques à être chroniqué par ici, à la suite de Josefine Mutzenbacher, Histoire d'une fille de Vienne et Oscar Wilde, Teleny.

Né en 1870 (je m'appuie sur la préface de mon édition, par Alexandre Dupouy) dans une famille de magistrats, Louÿs perd sa mère très jeune et voit son éducation confiée à son demi-frère Georges, dont il restera proche toute sa vie. Des doutes subsistent quant à la vraie nature de leur relation : Georges aurait pu être le père de Louÿs, étant d'un âge proche de la mère de celui-ci tandis que le père officiel était beaucoup plus âgé. Louÿs lui dédicace ainsi les Aventures du Roi Pausole en écrivant « Pour Georges. Son fils aîné ». Il connaît le succès à vingt-six ans avec Aphrodite, puis La Femme et le Pantin et Les Aventures du roi Pausole. Puis il s'isole, devient un bibliophile accompli mais y perd tout son argent et meurt à cinquante-cinq ans pauvre, « épuisé par la drogue et la maladie ». C'est le premier à attribuer la paternité de certaines oeuvres de Molière à Corneille. Les succès de l'époque ont été oubliés, mais depuis, ce sont les innombrables textes érotiques voire pornographiques de Louÿs qui ont été découverts (vendus par son épouse et son secrétaire) et que l'on connaît aujourd'hui, du moins de réputation. Sont également découverts ses catalogues (tel celui où il dresse des observations « ethnologiques sur les Parisiennes des classes inférieures » et les classe en diverses catégories selon leurs préférences sexuelles, ou la liste chronologique et détaillée de ses propres exploits).

Les textes contenus dans Les Soeurs à l'envers s'inscrivent dans cette deuxième catégorie de l'oeuvre de Louÿs. Très crus, très explicites et dérangeants (protagonistes particulièrement jeunes, inceste, scatophilie... !), ils se succèdent sous des formes différentes (courtes pièces, catalogues) et sont entrecoupés de photographies érotiques de l'époque. Dans certains cas, l'écriture est soignée, le texte littéraire (« Les Soeurs à l'envers », « Elle savait des raffinements »), dans d'autres, Louÿs emploie un langage populaire et vulgaire, la seule finalité du texte tient au caractère pornographique. Ce qui est certain, c'est qu'en la matière, il est difficile de dépasser en audace et en provocation les auteurs dits « classiques » (Bret Easton Ellis perd tout à coup de son caractère osé et trash) !

Si je n'ai pas adhéré au fond j'ai trouvé que les éditions de la Musardine avaient fait un réel travail pour valoriser ces différents textes, entre la préface et la postface, les notes détaillées sur les diverses publications érotiques de Louÿs, les insertions de photos des manuscrits d'origine et les photographies du XIXe/début XXe.

Merci aux Editions de la Musardine pour cet envoi.

A noter ici un article de Miss Pandora sur Liane de Pougy, que fréquentait Pierre Louÿs.

221 p

Pierre Louÿs, Les Soeurs à l'envers et autres textes inédits.

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07/05/2013

Daniel Pennac, Au Bonheur des Ogres

pennac-au-bonheur-des-ogres.gifDaniel Pennac est un des auteurs qui ont marqué ma folle jeunesse grâce à sa fabuleuse série sur Kamo, lue et relue il y a bien des années. J'ai été heureuse de le retrouver il y a dix ans (déjà!) avec son très sympathique Comme un roman (qui donne encore plus envie de lire au lecteur avide et m'avait en l'occurence remonté le moral un jour où j'étais clouée au lit) et l'amusant La Fée Carabine. Mais toutes les bonnes choses ont une fin et il m'arrive bien souvent de planter là un auteur dont je pense beaucoup de bien pour la bonne raison qu'un livre d'un autre genre pointe le bout de son nez, puis un deuxième, puis un troisième, si bien qu'à la fin les projets de lecture initiaux en sont bouleversés.

Trouvant peu de temps pour moii et constatant ma grande difficulté à me concentrer ces dernières semaines, j'ai fait récemment le pari d'emporter avec moi Au Bonheur des Ogres dans de sauvages contrées (certains sauront reconnaître le lieu en question et en frémiront sans aucun doute). Revenons-en à nos moutons, ou plutôt à nos chiens puants dans le cas précis, le miracle a eu lieu et je suis parvenue à lire en un temps record  pour ma condition actuelle de ramollie du bulbe cet amusant récit.

pennac-au bonheur des ogres.jpgLe personnage principal de ce roman et de  ceux qui suivent est Benjamin Malaussène, affecté au contrôle technique d'un grand magasin, fonction classique qui cache un emploi bien plus ingrat : bouc émissaire. Dans ce charmant magasin parisien, aucun contrôle technique n'est jamais effectué. Ainsi, lorsqu'un réfrigérateur se met à incinérer un repas de Noël et à brûler les sourcils de sa propriétaire ou lorsqu'un lit cède sous le poids d'un colosse à la première utilisation, Malaussène endosse le rôle du contrôle technique tellement pitoyable et râté qu'il parvient à faire retirer la plupart des plaintes des clients. Mais alors qu'il sillonne le magasin en cet hiver particulier, une première explosion se produit, faisant un mort. Elle sera bientôt suivie de plusieurs autres. Benjamin étant toujours  sur les lieux, il est rapidement suspecté. Et franchement, il n'avait pas besoin de cet ennui supplémentaire, entre sa mère toujours partie avec de nouveaux amours, tous ses frères et soeurs à élever (difficile alors que l'une joue les voyantes ou que l'autre dessine des ogres de Noël qui inquiètent l'école et collectionne les photos de travestis à Boulogne), sans parler d'un chien épileptique qui aurait grand besoin d'un bain.

Je suis ravie d'avoir jeté mon dévolu sur ce roman qui a enfin su me happer (ce qui n'était pas évident visiblement car ces derniers temps j'ouvre un livre pour le reposer dix pages plus tard). C'est drôle, les personnages sont hauts en couleur, le héros est décalé... on passe un très bon moment à démasquer le poseur de bombes. Si je suis cette fois-ci mon idée je ne tarderai pas à relire La Fée Carabine et à découvrir enfin La Petite Marchande de Prose, depuis longtemps dans ma PAL et si souvent croisé au CDI du collège ou sur les listes de lectures recommandées à cette tendre époque.

Merci à Lise pour cette découverte faite dans le cadre du challenge du Prix Campus, un partenariat  des éditions Folio avec Cryssilda, Titine et votre fidèle et dévouée dans le cadre duquel nous avons pendant plusieurs mois parlé de moult beaux titres issus de la liste des candidats en lice, à travers les billets du challenge et plusieurs concours. Pour un recap des liens (hors concours et billets de présentation) et si vous cherchez quelques idées de lecture, vous pouvez faire un petit tour par là. J'en profite pour dire un grand merci à  Nathalie, Céline et Maggie qui ont elles aussi contribué aux nombreux billets.

Et c'est une première participation au challenge Daniel Pennac de George... j'ai mis en avant une ancienne couverture car je trouve la nouvelle bien moins réussie.

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01/05/2013

Café littéraire : Shakespeare au XIXe

Le 24 février, j'ai assisté au musée d'Orsay avec Titine et Un Coin de Blog à une conférence sur l'influence de Shakespeare au XIXe. Voici un extrait de mes notes pour partager avec vous ce café littéraire très sympathique.

Shakespeare commence à être connu en France au XIXe à travers les traductions et les nombreuses adaptations. Il devient le porte-parole du Mouvement Romantique, une génération fascinée par le Barde. Ainsi Berlioz dit de lui : "Shakespeare me foudroya". Freud (qui était très présent lors de ce café...) s'est quant à lui rendu deux fois en Angleterre, à 17 ans puis en 1908. Il est fasciné par le portrait de Shakespeare à la National Portrait Gallery et se questionne sur son identité, lui trouvant un air peu anglais.

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Parmi les sujets de prédilection des peintres français au XIXe : Ophélie, dont on connaît davantage les représentations britanniques. Ci-dessous quelques exemples, mais je vous invite à lire l'article merveilleusement illustré Le personnage d'Ophélie à travers les arts.

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Jules Joseph Lefebvre, Ophélie (1890)

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Ernest Hebert, Ophélie (1876)

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Alexandre Cabanel, Ophelia (1883)

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Pascal Dagnan-Bouveret, Ophelia (1900)

Gustave Doré avait quant à lui prévu de dessiner tout Shakespeare, mais il est décédé avant de pouvoir mener son projet à bien.

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Gustave Doré, Les Fées (1873)

Manet choisir quant à lui de peindre Hamlet. Il choisit d'abord pour modèle Philibert Rouvière, mais son tableau est refusé au Salon. Il peint alors Jean-Baptiste Faure en Hamlet. Cette fois-ci la toile est acceptée mais l'objet de vives critiques, on parle ainsi de "pantin désossé" à la "tête de tétard". L'artiste ne trouve pas non plus la toile de Manet à son goût.

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Edouard Manet, L'acteur tragique Rouvière dans le rôle d'Hamlet, (1866)

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Edouard Manet, Jean-Baptiste Faure dans le rôle de Hamlet (1877)

Comme je le disais plus haut, Freud a été très largement cité lors de cette conférence. Il voyait en Shakespeare un maître et s'émerveille de certains traits de son oeuvre. Par exemple, lorsque Shakespeare joue volontairement sur l'utilisation de lapsus, cela prouve pour Freud que le poète savait que l'on s'interdit certaines choses. De même, Macbeth et son épouse représentent les deux faces d'un même personnage, une "double personnalité".  Freud ne comprend pas Lady Macbeth, qui meurt quand elle a tout ; il parle ainsi de "ceux qui échouent quand ils réussissent". C'est la fameuse pièce écossaise qui porte malheur et dont on ne prononce le nom qu'à ses risques et périls.

La mort de Lady Macbeth a cependant peu inspiré les peintres : elle meurt off stage, on apprend sa mort par un discours rapporté. En revanche ses crises de somnambulisme fascinent. Le tableau de Delacroix marque Théophile Gautier, qui le juge "effroyable de vérité". Je n'ai pas pu m'empêcher de le comparer ici à la version de Sargent, un de mes peintres favoris. Gustave Moreau tire de ce sujet deux versions inachevées, dans lesquelles Lady Macbeth est noyée dans des traces rouges évoquant le sang. Redon choisit le pastel, avec un personnage totalement rouge, aux grands yeux étonnants.

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Eugène Delacroix, Lady Macbeth somnambule (1850)

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John Singer Sargent, Ellen Terry as Lady MacBeth (1889)

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Gustave Moreau, Lady MacBeth

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Odilon Redon, Lady Macbeth (1898)

La peinture dite "shakesperienne" au XIXe ne se limite pas à la représentation des oeuvres de Shakespeare, il s'agit d'un véritable credo. Ainsi "Le Radeau de la Méduse" peut être considéré comme une oeuvre shakesperienne.

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Jean Louis Théodore Géricault, Le Radeau de la Méduse (1819)

Ce café littéraire était dans l'ensemble instructif, bien qu'un peu inégal. Parmi les intervenants, nous avons toutes trouvé la jeune Delphine Gervais de Lafond tout à fait enthousiaste et pertinente. Elle est l'auteur d'une thèse sur "Shakespeare et les peintres du XIXe" et sa prestation nous a donné envie de lire sa thèse : de nombreuses références, un regard intéressant sur les oeuvres décrites... une intervention très enrichissante. Notre grande frustration concernait la littérature, absente à l'exception de Freud et de la psychanalyse - alors que nous espérions une approche bien différente. A noter enfin la présence de la comédienne Dominique Reymond, qui a lu des extraits de diverses pièces : une excellente idée de la part des organisateurs.

Une participation au challenge Shakespeare de Maggie et ClaudiaLucia.

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