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23/02/2013

Giambattista Basile, Le Conte des Contes

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Il était une fois le roi d'un royaume appelé Apreroche qui avait pour femme rien moins que la beauté des beautés elle-même. Mais, par malheur, au plus fort de la course des ans, elle tomba du cheval de la santé et se rompit la vie. Avant que l'éteignoir de la destinée ne chût sur la chandelle de son existence, elle fit appeler son mari. (L'Ourse, p 59)

Encore une fois, les éditions Libretto ont donné une nouvelle vie à un texte méconnu du grand public et pourtant passionnant ! L'auteur a été quelque peu oublié par la postérité car il est bien moins connu que ses successeurs Perrault ou encore Grimm. Giambattista Basile était napolitain, il a fallu traduire ses contes en italien (en 1925, soit des siècles plus tard) pour les rendre accessibles au grand public, ce serait une des principales raisons de cet oubli.

Le recueil de Giambattista Basile intitulé Le Conte des Contes (sélection de douze textes tirés d'une oeuvre bien plus conséquente) est venu perturber mes petites habitudes de lecture: d'abord parce que ce texte s'éloigne de mon domaine de prédilection (je découvre totalement l'univers des contes au début du XVIIe en Italie), mais aussi parce que ces textes jubilatoires n'ont rien de conventionnel et n'ont cessé de m'étonner, de m'amuser et finalement de me conquérir !

basile giambattista.jpgLe sujet de prédilection : l'amour et le sexe, souvent associés au mariage, car c'est l'élément déclencheur qui va pousser un tel à fuir son royaume, un autre à faire essayer une chaussure égarée à toutes les jeunes femmes du royaume (tiens tiens, il Signore Basile n'aurait-il pas inspiré quelqu'un ?), à faire appel à des sorciers, tandis que les femmes ne sont pas en reste et n'hésitent pas à suivre leur promis, à manigancer, à corrompre... même si le critère premier pour être épousable est d'être plus belle que toutes les autres femmes, ce qui leur vaut alors des déclarations enflammées pour le moins incongrues : "ô adorable petit bec de pigeon, (...) ô carrosse triomphant, si tu n'as pas les oreilles bouchées par de la bouillie de roseau, si tu n'es pas aveuglée par de la fiente d'hirondelle, je suis sûr que tu entendras et que tu verras les tourments provoqués par ta beauté dans ma poitrine et si mon visage, qui n'est plus que cendre, n'est pas pour toi le signe de la lessive qui bout dans mon coeur (...), comment peux-tu comprendre qu'une corde naît de tes cheveux pour m'enchaîner (...) ?". (p48) Quant à l'ogre et sa dulcinée, un couple qui semble très bien fonctionner, ils se nomment tendrement "mon beau poilu", "ma belle baveuse", "mon carnassier adoré". (p55-56).

naples.jpgComplètement loufoques, portés par un style imagé poussé à l'exaggération, ces contes passent souvent du coq à l'âne et ne sont pas vraisemblables pour un sou, pour notre plus grand plaisir. Un veuf éploré va songer à se remarier sa femme à peine trépassée (mais il aura versé des torrents de larmes au préalable);  une princesse se voit "abandonnée comme une courge" (p70) , une vieille femme voulant faire croire à un roi qu'elle est jeune et séduisante exige de le retrouver la nuit et se noue les rides dans le dos ; une jeune promise habillée en garçon sera repoussée par sa moitié incapable de la reconnaître; alors qu'il a vanté la beauté de sa soeur, un jeune homme voit arriver à sa place sa belle-soeur, fort laide, mais lorsque cette dernière prétend être celle qu'il attendait il ne met pas sa parole en doute ; lorsqu'un sage déclare qu'une femme sera rendue fertile si elle consomme un coeur de monstre marin, ni une ni deux, son mari envoie quelques hommes trouver et tuer la bestiole en question, grâce à laquelle même les meubles du palais deviendront fertiles et enfanteront; de façon tout à fait propice des fées passent au bon moment... le merveilleux est un élément essentiel et apporte une nouvelle dynamique au récit, et surtout, des solutions inespérées aux problèmes les plus insolubles !

Un vrai bonheur que cette lecture étonnante que je ne peux que chaudement vous recommander ! Je ne regrette pas d'avoir succombé à la belle illustration de Rackham en couverture, ni d'avoir de nouveau fait confiance aux éditions Phébus Libretto, auxquelles je sais que je peux me fier les yeux fermés (j'en profite pour remercier à nouveau Bénédicte sans qui je ne me serais dans doute pas aventurée dans ce monde fabuleux !).

Les avis de Nebalia, Les Festins de Pierre.

Nouvelle participation au challenge Il Viaggio, que je poursuis à mon petit rythme (ci-dessous mes précédents billets, n'hésitez pas à aller y piocher quelques idées de voyage...). Je compte bien faire d'autres lectures en vue de mon prochain séjour dans la Sérénissime, que j'ai hâte de voir pour la première fois !

Susan Hill, The Man in the Picture (une histoire effrayante ayant Venise pour cadre)
Accabadora de Michela Murgia (magnifique roman)
Alessandro Baricco, Novecento, pianiste

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119 p

Giambattista Basile, Le Conte des Contes, début XVIIe

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18/02/2013

Natasha Solomons, Le Manoir de Tyneford

solomons-le-manoir-de-tyneford.gifUn premier coup de coeur en cette année 2013 grâce à Titine qui connaissant bien mon goût pour ce genre de romans a eu la gentillesse et l'excellente idée de me faire découvrir Le Manoir de Tyneford de Natasha Salomons. De cette jeune femme écrivain j'avais déjà dans ma PAL Jack Rosenblum rêve en anglais, que je compte désormais lire bientôt après une si bonne surprise ! Mais entrons dans le vif du sujet... 

1938. Jeune juive de la bourgeoisie viennoise, Elise Landau vient de publier une annonce afin de proposer ses services pour devenir domestique en Angleterre. C'est bien contre son gré qu'elle envisage de chercher du travail en Angleterre car, même si les rumeurs se multiplient à Vienne, elle n'a pas pleinement conscience de l'imminence du danger qui planne sur elle et ses proches. Dans le grand appartement familial, elle partage quelques moments privilégiés avec son père, écrivain, sa mère, cantatrice et sa soeur, également musicienne et sur le point de partir aux Etats-Unis avec son époux. Lorsqu'un travail lui est proposé en Angleterre, Elise est surprise compte tenu de son manque d'expérience et part à contre-coeur, persuadée que cette étape ne fait que retarder son départ pour les Etats-Unis où elle pourra rejoindre toute sa famille.

La voilà qui arrive en Angleterre et qui, après un très court arrêt à Londres et une expérience humiliante à l'agence de placement – où on lui demande de ressortir pour entrer par la petite porte, Elise arrive à Tyneford. Près de la mer, le domaine a des allures romanesques et un charme historique indéniable. Mais après une jeunesse dorée en Autriche, où elle avait elle aussi une domestique, Elise est brutalement confrontée à son changement de statut : outre ses horaires chargés auxquels l'ont mal préparée des années d'oisiveté, elle doit apprendre à s'effacer complètement, devant quitter discrètement une pièce si les maîtres y entrent et apprendre à voir ses désirs toujours considérés en dernier, lorsqu'on leur accorde une quelconque attention. Sa situation personnelle ne lui vaut pas un traitement de faveur, bien au contraire, puisqu'elle ne peut s'intégrer ni aux domestiques, ni aux maîtres, car venant d'un autre milieu social que les premiers et n'étant qu'une domestique pour les autres.

Mais la position d'Elise est ambiguë : elle se lie rapidement d'amitié avec Kit, l'héritier du domaine, tandis que le maître des lieux, Mr Rivers, rompt à plusieurs reprises le protocole pour adresser la parole à cette fille dont le père n'est autre qu'un de ses écrivains favoris. Au fil des années, nous suivons le parcours d'Elise tandis qu'autour d'elle Tyneford est menacé par la guerre et que les retrouvailles avec sa famille semblent de plus en plus improbables.

Je me suis régalée avec ce roman que j'ai littéralement dévoré. Nathasa Solomons recrée une atmosphère nostalgique en choisissant d'ancrer son récit dans une période charnière de l'histoire de Tyneford, et l'on pressent dès les premiers chapitres que c'est un monde en voie de disparition qui s'offre à nos yeux. C'est aussi un récit dans la plus pure tradition du roman anglo-saxon : dense, imaginatif, porté par des personnages dotés d'un vrai relief et qu'il est bien difficile de quitter une fois la dernière page tournée. Ce roman est également assez visuel je trouve, dans la mesure où il est aisé de s'imaginer aussi bien les personnages que les lieux-mêmes, qui se sont immédiatement imposés à moi. Cela pourrait faire également un merveilleux film...

J'espère que vous vous laisserez tenter, je doute que vous le regrettiez ! Merci encore Titine (j'en profite pour utiliser mon logo sur mesure de pompom girl de votre challenge I Love London, puisqu'un passage s'y déroule) !

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451 p

Natasha Solomons, Le Manoir de Tyneford, 2011

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14/02/2013

Henry James, Les Européens

james_europeens.jpgParmi les romans qui végètent dans ma PAL depuis des années, il y a ceux qui gardent un peu d'espoir, ceux qui n'en ont pratiquement plus... Les Européens d'Henry James oscillait entre ces deux états, certain de mon envie de le lire mais de plus en plus affolé de voir les découvertes plus récentes s'accumuler et le faire progressivement disparaître au fond de ma bibliothèque. Mais c'était un roman que j'avais toujours follement envie de découvrir et j'attendais juste un moment de répit dans ma vie follement trépidante pour le savourer et l'apprécier à sa juste mesure. Les vacances de Noël et la perspective d'un long trajet ont été l'occasion rêvée pour ce tête à tête avec Henry James.

Le récit s'ouvre avec l'arrivée de la baronne Münster et de son frère Félix en Amérique. Ayant épousé un prince contre l'avis des parents dudit mari, la baronne est sur le point d'être répudiée et vient chercher fortune auprès de cousins qu'elle n'a jamais vus. Elle entraîne dans son sillage son frère, qui lui a toujours été fidèle. Européens d'origine américaine par leur mère, tous deux ont beaucoup voyagé en Europe et incarnent le Vieux Monde dans tout ce qu'il a de plus flamboyant aux yeux des cousins américains qu'ils sont venus retrouver. Les deux personnages n'ont rien en commun pourtant : la baronne est une arriviste et une calculatrice, elle a appris dans les milieux mondains européens à jouer la comédie au quotidien afin d'arriver à ses fins. Elle est ainsi charmante, envoûtante même, en dépit d'un physique quelconque, mais l'on sent rapidement qu'il s'agit d'un personnage dangereux. Félix est bien différent, il a conservé l'âme d'un enfant, mené une vie bohème et s'émerveille de tout ; il apprécie sa soeur autant qu'il la craint.

henry james, les europeens, etats-unis, etats-unis xixe, éditions pointsLa rencontre entre les cousins est aussi celle de deux mondes aux systèmes de valeurs très différents. Au badinage et à l'exubérance superficielle des Européens s'oppose l'austérité et la morale rigoureuse des Américains. Pourtant les cousins vont accueillir à bras ouverts Félix et la baronne et les loger à titre gracieux dans la maison qui fait face à leur propriété. C'est l'occasion pour les deux Européens de se mêler à un petit cercle, la baronne entendant en profiter pour trouver un parti intéressant.

[Spoilers à partir de là]

Dans un cadre beaucoup moins citadin que celui auquel je m'attendais avant d'ouvrir ce livre (en réalité j'avais lu deux fois les premières pages qui évoquent un petit hôtel et un cimetière en ville, je m'étais donc fait une image différente du roman à partir de ces premières impressions), ce roman montre avec habileté les différences opposant les deux cercles et au final, James semble plutôt accorder sa préférence aux Américains, à quelques nuances près. Ils sont très puritains, un peu ternes, certes. Cependant, ils sont supérieurs à leurs cousins si inconstants et si égoïstes en raison de l'attention qu'ils portent à la finalité de leurs actions, qui démontre un réel bon fond et non une application bornée de leurs principes religieux, comme on aurait pu s'y attendre. C'est ainsi la baronne qui va pâtir de la rencontre en raison de sa moralité douteuse. Félix, venu avec toute son innocence, va finalement retirer un plus grand bénéfice de la rencontre 

Encore une lecture savoureuse qui me donne envie de lire à nouveau Henry James en 2013.

De Henry James sur ce blog :

Henry James, Les Européens, 1878

09/02/2013

Kate Williams, The Pleasures of Men

Kate Williams - Pleasure of Men.jpgOuf ! J'ai cru ne jamais sortir saine et sauve de mon dernier plongeon dans Londres à l'époque victorienne, mais enfin j'ai tourné  ce matin la dernière page de ce roman qui me laisse dubitative. J'imagine que The Pleasures of Men de Kate Williams sortira prochainement en France, après un succès certain au Royaume-Uni.

The Pleasures of Men fait partie de ces thrillers victoriens prometteurs qui ne manquent pas de me tenter lorsqu'ils me narguent depuis les présentoirs des librairies, avec leurs couvertures soignées, les innombrables louanges imprimées sur la quatrième de couverture et surtout, la promesse d'heures de détente savoureuses en cette saison où il est difficile de résister à la perspective d'une fin d'après-midi au chaud, entourée d'une bonne tasse de thé « and a decent book ».

Alors lorsque j'ai commencé à lire : « Spitalfields, 1840. Catherine is an orphan, living in her uncle's rambling house in London's East End. Put on the streets, a murder dubbed the Man of Crows is killing young women. As the city panics, Catherine grows more obsessed by the dead girls... », j'ai de suite eu envie de tenter ma chance. Dois-je souligner les mots qui m'ont attirée ? Spitalfields, 1840 ? Orphan ? Rambling house ? Vous me direz que tous les traits classiques du roman néo-victorien sautaient peut-être un peu trop aux yeux mais j'ai mis ça sur le compte des habitudes des éditeurs anglo-saxons qui ont toujours tendance à en faire des tonnes pour attirer l'innocent lecteur (jusqu'à voir du Jane Austen dans la moindre bluette sans intérêt mais passons). En réalité, vous n'avez pas tort. En lisant ce roman je pensais souvent : "That" is really too much ! Oui, pour moi, l'auteur en fait trop, ce roman étant au final l'assemblage curieux de bonnes idées, de scènes réussies (Catherine le soir dans la rue, l'intru dans la maison...) et d'un incroyable bric-à-brac qui alourdit terriblement le récit.

williams_pleasures of men.jpgCatherine est la principale narratrice du récit. Elle vit dans une maison de Princes Street, dans l'Est londonien. Le quartier a perdu depuis longtemps son caractère bourgeois et il ne fait pas bon s'y promener. Catherine est censée être riche et n'aurait donc rien à faire là mais l'oncle qui l'accueille dit s'intéresser à la maison pour son passé. Féru d'histoire, il collectionne de nombreux objets anciens, remplit sa maison de masques africains et se sent à son aise dans ce lieu si chargé de l'histoire de ses précédents occupants. A l'inverse, les Misses Belle-Smyths qui font partie de leur cercle restreint vivent dans une maison récente, entourées de nouveautés, bien que les temps soient difficiles et que même dans leur belle maison, la peinture commence à légèrement s'effriter. Les premières pages insistent sur la noirceur l'héroïne et l'atmosphère oppressante de l'époque. Catherine était dans une institution (un asile ?) avant d'être recueillie par son oncle, car elle serait mauvaise, dangereuse, et aurait quelque chose à voir dans la disparition de son jeune frère Louis. Catherine se décrit elle-même comme telle : une jeune femme quelconque mais cruelle, incapable de mettre un terme à ses pensées destructrices et obsédée par la disparition de sa femme de chambre, avec qui elle entretenait une liaison. Quant à Londres en 1840, c'est une ville marquée par une chaleur étouffante, où tout est sale, misérable, morose, où même les riches demeures n'ont plus le lustre d'avant.

C'est dans ce cadre qu'un meurtrier s'attaque à de jeunes femmes et défraie la chronique. Persuadée d'être protégée par sa propre cruauté, Catherine décide de partir la nuit sur les traces des victimes, pour comprendre ce qui pousse le meurtrier à agir et deviner ce qui s'est passé et qu'elle va consigner ensuite dans un journal. Et il semble que l'homme aux corbeaux la suive. Elle entend un soir son pas et se met à paniquer. Un autre soir, elle le laisse s'approcher d'elle jusqu'à voir trois doigts gantés apparaître contre le mur, à l'angle de la ruelle où elle se trouve.

C'est un roman très varié, dont il y aurait beaucoup à dire (citons tout de même au passage les couleurs qui jouent ici un rôle important, les pensées devenant rouge écarlate, la rue devenant bleue sous l'effet de la pluie...), mais c'est à la fois un atout et une faiblesse. Difficile de définir le genre de ce roman : thriller au début et à la fin, il fait l'objet de nombreuses digressions à moment donné, Catherine regardant son nombril et s'interdisant de penser encore au passé dans le cadre de scènes qui m'ont parfois paru fort monotones (et expliquent le temps qu'il m'a fallu pour terminer ce roman, dont j'ai pourtant lu les cent dernières pages rapidement).

J'ai aussi trouvé ce texte trop sombre. Outre le cadre sinistre, j'ai été frappée par le fait que presque tous les personnages sont foncièrement mauvais, se manipulent les uns les autres (ce qui explique aussi les nombreux et inextricables liens qui les unissent... et nous perdent un peu par la même occasion !). In fine, The Pleasures of Men constitue une lecture divertissante mais inégale selon moi, en raison sans doute de la profusion d'idées, de détails, de manipulations, de bassesses, d'interruptions... un roman comparé à La Rose Pourpre et le Lys de Michel Faber (en raison du contexte seulement ? J'avoue ne l'avoir dans ma PAL que depuis cet été et ne pas l'avoir encore ouvert) et à Sarah Waters (que je préfère), et que je verrais bien adapté sur grand écran.

Dadd_-_Fairy_Feller's.jpgPour les curieux : si l'élément romanesque l'emporte sur l'exactitude historique, Kate Williams explique s'être inspirée du peintre Richard Dadd, revenu fou d'un voyage en Egypte, persuadé d'être sous l'emprise d'Osiris (à gauche Fairy Feller's de Richard Dadd). 

Les avis mitigés (en anglais) de Madame Guillotine et de Savidge reads, et l'avis positif de Lizzi (qui détaille l'histoire dans son billet).

Troisième lecture dans le cadre du challenge British Mysteries, organisé avec Hilde et ici-même (je suis donc sur le point de devenir résidente de Baker Street après avoir été medium victorienne), mais aussi un billet pour le challenge I Love London de mes chères Titine et Maggie et du challenge victorien d'Arieste. C'est aussi une 2e lecture pour le mois de mars avec les Victorian Frogs ans Ladies. 

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404 p

Kate Williams, The Pleasures of Men, 2012

british mysteries2.jpgLogo Lou.jpgvictorian frogs.jpglogo-challenge-victorien.png

05/02/2013

Challenge Virginia Woolf : le billet recap

virginia woolf.jpgEt voici le billet recap sur le challenge Virginia Woolf ! Il reprend également les billets rédigés lors de la première édition de ce challenge.

Ce billet est en cours de construction, il évoluera tout au long de l'année. Merci de bien laisser les liens vers vos billets à la suite de celui-ci ;-)

  •  
  • Il existe plusieurs niveaux pour ce challenge, auquel vous pouvez toujous vous inscrire ici :
  • Niveau Katherine Hilbery (Nuit et Jour): un texte de Virginia Woolf et une biographie OU une oeuvre inspirée de sa vie (roman, BD, film...)
  • Niveau Orlando: trois textes de Virginia Woolf et une biographie OU une oeuvre inspirée de sa vie
  • Niveau Mrs Dalloway: au moins cinq textes de Virginia Woolf, une oeuvre inspirée de sa vie, une biographie

*****

challenge virginia woolfLes participants au challenge Virginia Woolf 2013 (reconduit sans date limite) et le niveau choisi :

Alexandra (Mrs Dalloway)Anis

Céline (Orlando)

Charly (Katherine Hilbery)

Cleanthe

Denis (Katherine Hilbery)

Emily (Katherine Hilbery)

Fleur (Katherine Hilbery)

George (Orlando)

La Lyre (Orlando)

La Petite Marchande de Prose

Lili (La Petite Marchande de Prose) (Mrs Dalloway)

Lou (Mrs Dalloway)

Maggie

Malice (Orlando)

Mango

Nanou (Orlando)

Nathalie (Mark et Marcel) (Katherine Hilbery)

Rosemonde de Passion Livresque (Orlando)

Shelbylee (Katherine Hilbery)

Soie

Titine

XL (son billet de présentation) (Katherine Hilbery)

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challenge virginia woolfLes billets du challenge :

Billets : 1ère édition du challenge / 2e édition (2013 et +)

 

Romans et nouvelles de Virginia Woolf :

La Traversée des ApparencesKeisha, Alexandra,

Nuit et Jour : LouCléantheFleur (billet rétroactif), Alexandra (billet rétroactif), Lili,

Lundi ou Mardi : Denis,

La chambre de Jacob :Pascale,

Mrs Dalloway : George Sand et moiKeishaL'Or des ChambresMaggieMangoMeaFleur (billet rétroactif), Lili, Nanou, Nathalie,

Promenade au phare : KeishaPascale, Nanou,

Le Temps passe (extrait de Promenade au phare) : Delphine,

Orlando : Amélie (à recommander à tous ceux qui se demandent s'il faut lire Orlando ou pas...), DeLDelphineTitine, Lili (billet rétroactif),

Les Vagues : Pascale,  Tif, Titine,

Les Années : 

Flush : TitineMalice (billet rétroactif),

Entre les actes : Alexandra, Nathalie,

Le Vieux Bloomsbury : Mea,

 

 

Essais, journaux, correspondance de Virginia Woolf :

Elles : Fleur, Maggie, Lou,

Une Chambre à soi : KeishaFleur (billet rétroactif), XL (billet rétroactif), Alexandra, La Lyre, Soie,

La Maison de Carlyle et autres esquisses : Pascale, Fleur (billet rétroactif), Malice,

La Scène londonienne : Lou,

L'Art du Roman : Cleanthe,

Lectures Intimes : Titine,

 

Biographies, analyses et témoignagnes sur Virginia Woolf :

Virginia Woolf par Alexandra Lemasson : KeishaMaggie, Fleur (billet rétroactif),

Virginia Woolf, album de Michèle Gazier et Bernard Ciccolini : Lou,

Virginia Woolf par Mary Ann Caws, The Overlook Press : Nathalie,

Virginia Woolf par Viviane Forrester : Denis,

J'avais peur de Virginia Woolf par Richard Kennedy : Lou,

Art and Affection, a life of Virginia Woolf par Panthea Reid : La Lyre

 

Films inspirés de Virginia Woolf et de ses oeuvres :

Orlando, un film de Sally Potter : Amélie,

The Hours, un film de Stephen Daldry : Amélie,

 

Autres oeuvres inspirées de la vie de Virginia Woolf ou de ses écrits :

 
 Le Jardin Blanc par Stephanie Barron : George, Lou, Maggie,Titine,

 

02/02/2013

Lee Jackson, il était une fois un crime

jackson_il etait une fois un crime.jpgLe fait d'avoir lancé le challenge British Mysteries m'a permis de faire un point sur ma PAL, qui regorge de livres autour de ce thème... j'ai d'ailleurs mis dans la colonne de droite de ce blog quelques-uns des livres qui attendent sagement sur mes étagères, afin de vous donner une petite idée des billets à venir ici (n'hésitez pas à me dire si vous les connaissez, les appréciez, avez envie de les lire !). 

J'ai ainsi réalisé qu'il y avait bien longtemps que je ne vous avais pas parlé de Lee Jackson, un de mes auteurs contemporains favoris. Lee Jackson est un spécialiste de l'époque victorienne et tient un site web passionnant sur le sujet (traitant des moeurs et de la société surtout) – j'en ai déjà parlé . J'ai découvert cet auteur en 2007, ce blog avait alors à peine plus de six mois. Je me suis vraiment régalée avec le début de sa série Decimus Webb, dont j'ai continué à parler par ici. Entretemps j'ai échangé quelques mails avec Lee Jackson, qui m'a même laissé quelques commentaires ici (j'ai mis du temps à m'en remettre!) et que j'ai rencontré lors d'un pot de 10-18 au cours duquel il m'a présenté Gyles Brandreth. Et depuis le début, ses livres occupent une place de choix chez moi dans ma section polars historiques (mes bibliothèques étant classées par thèmes d'une logique implacable selon mes critères tout personnels, sans doute moins évidente pour le néophyte !).

Cette fois-ci j'ai lu Il était une fois un crime, un roman sombre dont la construction m'a beaucoup plu. Lorsque le récit débute, deux policiers pénètrent par effraction chez Mr & Mrs Jones, dont la disparition a été signalée. Ils découvrent Dora Jones morte à l'étage, le crâne fracassé contre la cheminée, tandis que dans un salon se trouve un journal, laissé bien en vue. Il s'agirait des confessions de Mr Jones, sur qui les soupçons se tournent immédiatement. Le roman va dès lors alterner les longs extraits du journal de Mr Jones, qui couvre une période de six mois environ, et de brefs chapitres dans lesquels l'inspecteur poursuit son enquête et interroge quelques témoins afin de démêler cette triste affaire. Très rapidement, il suspecte une affaire de coeur : Dora aurait soupçonné son mari d'entretenir une liaison avec une jeune femme issue des classes populaires, Ellen Hungerford. 

Lorsque débute le récit et que le lecteur découvre les premiers passages du journal de Mr Jones, il se demande ce qui a pu conduire celui-ci à tromper son épouse, qui plus est avec Ellen, très jeune et étonnamment innocente pour une orpheline des bas-fonds londoniens. Les premiers mois sont ceux de l'idylle, le couple semble heureux et s'apprête à déménager dans le quartier plus prestigieux d'Islington. Une ombre apparaît bientôt au tableau : alors que son épouse est la fille d'un riche marchand et vient de Chelsea, Mr Jones n'est qu'un simple clerc et fait tout son possible pour se hisser dans la société. Or la réapparition de son père alcoolique plane comme une menace, alors même que son épouse ne sait rien de ses origines. Lorsque son père lui présente la jeune Ellen Hungerford, Jones commence à nourrir un intérêt particulier pour elle et veut faire son possible pour la sortir du quartier dans lequel elle évolue avant qu'elle ne soit corrompue. A partir de là, les rebondissements se multiplient, jusqu'à l'issue tragique, mais ne comptez pas sur moi pour vous en dire plus ! 

Mr Jones est un personnage assez fascinant. Sous des dehors respectables, alors qu'il semble sincèrement épris de sa femme et pourrait tout avoir du jeune ambitieux sympathique de bien des romans du XIXe, Jones laisse régulièrement entrevoir des aspects moins séduisants de sa personnalité. Ainsi par exemple, il rejette tout du milieu dont il vient et méprise les pauvres, tenant à leur sujet des propos abjects (se réjouissant ainsi de s'être élevé au dessus «  de telles immondices »). Puis il fait une fixation sur la pureté d'Ellen Hungerford et s'imagine ce que son père ou d'autres pourraient lui faire, la sexualité étant une thématique sous-jacente très présente dans son journal (à travers beaucoup de non-dits notamment), souvent liée à une morale puritaine, l'Eglise intervenant aussi fréquemment dans le récit. Quant à sa femme, malgré ses propos affectueux (« ma chère petite femme »), elle est très appréciée pour son aspect décoratif il me semble. C'est elle qui lui a permis de faire un beau mariage, il apprécie son physique, son humeur légère mais dès qu'elle se fait plus sombre, on sent poindre la fragilité de leur relation.

Comme toujours, Lee Jackson parvient avec succès à faire revivre Londres à l'époque victorienne (je m'en rends d'autant plus compte que ma lecture actuelle, The Pleasures of Men, ne me convainc pas autant pour l'instant). On se régale de l'ambiance et des quelques descriptions mais on se délecte aussi des personnages aux portraits habilement brossés, si bien que je les voyais sans peine s'animer et m'accompagner lors de tous mes déplacements. Car les romans de Lee Jackson sont de véritables page-turners : difficile de se laisser distraire et de prêter attention à son environnement immédiat une fois que l'on a laissé l'histoire nous happer ! Je ressors enthousiaste de cette lecture et du coup bien décidée à lire la série Sarah Tanner, jamais évoquée ici.

De Lee Jackson sur ce blog (laissez-vous tenter !) :

jackson_cadavre_metropolitain.jpgjackson_les-bienfaits-de-la-mort.jpgjackson_le-jardin-des-derniers-plaisirs.jpgjackson_secrets de londres.jpg

Deuxième lecture dans le cadre du challenge British Mysteries, organisé avec Hilde et ici-même, mais aussi un billet pour le challenge I Love London de mes chères Titine et Maggie et du challenge victorien. C'est aussi ma lecture pour le mois de mars avec les Victorian Frogs ans Ladies.

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346 p

Lee Jackson, Il était une fois un crime, 2011

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