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29/04/2012

Harry Potter ne peut rien contre les fantômes anglais

james watkins,la dame en noir,daniel radcliffe,susan hill,fantômes,fantômes anglais,angleterre,angleterre xxeAprès avoir lu le roman de Susan Hill, j'avais très envie de découvrir l'adaptation cinématographique et voir ce que pouvait donner Harry Potter lorsqu'il ne s'agissait pas de sorcellerie. En compagnie de Titine, bien plus résistante que moi à l'épreuve des maisons hantées, j'ai fait la connaissance d'un Arthur Kipps dépressif, dont l'histoire est assez différente de celle que je connaissais déjà.

Contrairement au roman qui fait de Kipps un homme plus âgé et respectable, brusquement rappelé à d'effroyables souvenirs lorsque les enfants du foyer réclament une histoire de fantômes, e film ne nous présente pas Kipps une fois plus âgé... et pour cause.

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Dans le roman, Kipps est un jeune notaire ambitieux et apprécié de ses supérieurs, fiancé à une charmante jeune femme. C'est alors que la vie lui sourit qu'il part régler la succession d'une vieille femme excentrique au fin fond des marais. Dans la plus pure tradition du roman du XIXe, c'est un homme éclairé, qui fait peu de cas des superstitions qui l'accueillent, et qui sera contraint bien malgré lui de reconnaître l'existence des fantômes et du surnaturel. Dans le film, Kipps a perdu sa femme à la naissance de leur fils. Kipps est donc dépressif, prend une flasque d'alcool en prévision du voyage et au lieu de partir en conquérant, c'est menacé d'être renvoyé par ses supérieurs si son travail laisse encore à désirer que Kipps doit régler la succession. Autre version de l'histoire, qui ceci dit ne gêne pas vraiment et tient la route.

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Les petites variantes par rapport au roman continuent ensuite, certaines scènes sont supprimées au profit d'autres, plus spectaculaires, dont l'une des toutes premières : des soeurs, enfants, jouent à l'étage lorsque leur attention est attirée par quelqu'un que nous ne voyons pas. Main dans la main, elles se dirigent vers la fenêtre et se suicident. Et en effet, les cas de morts brutales d'enfants se sont multipliés : elles surviennent lorsque l'on a vu La Dame en Noir, qui rôde autour de la maison dans laquelle Kipps doit se rendre.

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Comme le héros du roman, le Kipps du film est intrépide. Lorsqu'il entend des bruits inquiétants dans la maison, lorsqu'alors que la maison est isolée par la marée des coups brutaux retentissent à la porte d'entrée, le voilà qui sort dehors. Il cherche sous les lits, ouvre les portes de pièces condamnées et n'hésite pas à entrer dans une pièce dans laquelle il entend un bruit retentissant (un fauteuil à bascule se balançant violemment tout seul).

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Le réalisateur a misé sur une ambiance de film d'horreur et est certainement bien parvenu à créer une atmosphère angoissante déjà présente dans le livre, en y ajoutant nombreuses scènes visant à nous faire sursauter (j'étais crispée toutes les deux minutes dans la salle de cinéma). Le fait d'avoir choisi la chambre de l'enfant et ses horribles jouets était tout indiqué pour moi qui, petite, avais une peur bleue des automates.

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Dans l'ensemble ce film est plutôt réussi à mon avis, en raison de cette angoisse permanente que l'on ressent (j'avoue être particulièrement sensible aux histoires de fantômes) mais aussi des décors et costumes très travaillés, un régal pour ceux qui est aiment les films d'époque (période comparable à celle de Downton Abbey).

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Malheureusement, James Watkins s'enflamme un peu et finit son film dans une ambiance hollywoodienne assez grotesque : le fantôme est largement mis en scène au lieu de rester présent et invisible ; un cadavre retrouvé dans la boue après cinquante ans est parfaitement conservé et à la fin, nous avons droit à la suite de Ring ; même si Kipps enterre le fils mort dans les sables mouvants avec sa mère (le fantôme), la terrible Dame en Noir n'est toujours pas satisfaite et ne pardonnera jamais. C'est ainsi que, comme on le voyait arriver depuis le début (et plus encore en ayant lu le roman qui annonce la triste fin de la première famille de Kipps), c'est au fils du notaire que la Dame en Noir décide de s'en prendre. Heureusement pour la famille Kipps, passer sous un train leur permettra de retrouver épouse et mère. Finalement, tout va pour le mieux.

Autres avis : Titine, Le passeur critique, Legolegitislegimus, Kecha...

Le roman de Susan Hill dont est tiré le film.

Un film Back to the Past, challenge lancé avec ma chère Maggie.

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The Woman in Black, un film de James Watkins, 2011

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25/04/2012

Cher journal...

david lodge, pensees secretes, samuel labarthe, isabelle carré, théâtre david lodge, théâtre pensées secrètesJe connais peu pour ne pas dire pas David Lodge car j'ai commencé deux de ses livres pour remettre à plus tard ma lecture, assez curieusement d'ailleurs compte tenu de mon enthousiasme lorsqu'il s'agit de littérature anglaise. Alors me rendre au Théâtre de la Gaité pour voir Pensées secrètes, c'était l'occasion de passer un bon moment entre amies, et peut-être de m'ouvrir enfin à l'univers de Lodge.

Comme son titre l'indique, la pièce va nous livrer les pensées secrètes de deux personnages : Messenger, directeur d'un centre de recherche en sciences cognitives et Helen Reed, romancière et nouvelle enseignante à l'Université.

Messenger se livre à une nouvelle expérience et enregistre ses pensées à l'aide d'un dictaphone. L'exercice, un peu artificiel, n'est pas pleinement satisfaisant ; il faut dire que les pensées du scientifique reviennent régulièrement vers Alison, maîtresse aux orgasmes bruyants (dont un enregistré sur dictaphone), morte depuis – ce qui n'empêche pas Messenger de revenir avec nostalgie et délices vers le souvenir de leurs ébats et de ses formes très agréables.

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Helen est en panne d'écriture depuis la mort brutale de son mari à la suite d'une rupture d'anévrisme. Elle écrit son journal et ainsi partage avec nous ses premiers jours à l'Université, où elle ne connaît encore personne.

david lodge,pensees secretes,samuel labarthe,isabelle carré,théâtre david lodge,théâtre pensées secrètesMessenger ne tarde pas à la remarquer et la courtise avec assiduité, en dépit de l'amitié d'Helen avec sa femme. Leur histoire sera riche en rebondissements, successivement platonique, sexuelle, amoureuse, interrompue. Il faut dire que tout oppose ces deux personnages : Helen, fidèle à son mari décédé, Helen la littéraire, admiratrice d'Henry James, pour qui les émotions et la description des pensées et sentiments font partie du quotidien ; Messenger, cynique, matérialiste, volage, séducteur, imbu de sa personne et toujours prêt à rationnaliser, rêvant de savoir ce qui se passe réellement – et non fictivement – dans la tête des gens.

Une relation compliquée, par journaux interposés, mais aussi à travers des rencontres, des appels et, alors que la relation devient plus régulière, des scènes de ménage. Une pièce servie par le jeu d'Isabelle Carré et Samuel Labarthe, tous deux très convaincants, parfois drôles, souvent touchants.

Une pièce vue avec Titine et Isil... mais c'est aussi Alice qui parle de Pensées Secrètes (le roman) en ce moment.

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En ce moment au Théâtre de la Gaité à Montparnasse

23/04/2012

Miss Monroe en Angleterre

film-myweekwithmarilyn.JPGJe n'avais pas spécialement envie de voir de biopic sur Marilyn Monroe, mais lorsque j'ai découvert dans la bande-annonce qu'il s'agissait d'un focus sur un instant précis de sa vie, et qu'il avait pour cadre l'Angleterre, j'ai changé d'avis. J'ai ainsi fini par braver la pluie cet après-midi pour voir My Week with Marilyn (je remarque d'ailleurs qu'hier et aujourd'hui il se met à faire soleil peu de temps après mon retour à la maison, c'est assez rageant !).

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film-my-week-with-marilyn_2.jpgEn 1956, Marilyn, alors au sommet de sa carrière, mondialement connue, se rend en Angleterre pour tourner dans The Prince and the Showgirl avec le célèbre Laurence Olivier, également réalisateur du film. C'est également avec ce film que le jeune Colin Clark, 23 ans, débute dans l'industrie du cinéma, en tant que 3e assistant, un terme bien pompeux pour désigner l'homme à tout faire. Ce qui devait arriver arrive, Colin Clark tombe sous le charme de la jeune femme, qui l'apprécie également et se rapproche de lui. Le film est tiré d'une histoire réelle, si l'on en croit ce que disait Colin Clark de cette romance.

Dans l'ensemble ce film est plutôt réussi. Des trois biopics les plus récents My Week with Marilyn, La Dame de Fer et Cloclo, c'est celui qui a sans doute le plus de charme, même si en ce qui me concerne il ne s'agit pas d'un coup de coeur.

film-my_week_with_marilyn.jpgMichelle Williams, bien que ne ressemblant pas spécialement à l'actrice, campe une Marilyn très crédible. Avec beaucoup de finesse elle parvient à restituer différentes facettes de la star, à travers un jeu très expressif parfois assez troublant (certaines scènes rappellent d'ailleurs des photos célèbres, les moindres mimiques de Marilyn étant parfaitement restituées). Un rôle qui lui va à merveille !

L'histoire en elle-même est mignonne. L'actrice, fragile, panique lors du tournage de certaines scènes, est systématiquement en retard, consomme des pilules toute la journée. Lorsqu'elle repère Colin elle en fait son confident et l'abandonnera lors de son retour aux Etats-Unis où l'attend son mari, Arthur Miller. En attendant, leur histoire et le tournage du film forment une parenthèse dans la vie compliquée de Marilyn. A noter que l'on voit également Vivian Leigh, l'épouse de Laurence Olivier.

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Dommage que le scénario soit parfois un peu mou car le casting est excellent et la mise en scène réussie.

Un film Back to the Past, challenge lancé avec la très baudelairienne Maggie.

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My Week with Marilyn, un film de Simon Curtis, 2012

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21/04/2012

Faute de soleil, sâche murir dans la glace

villeneuve-un-territoire.jpgDécidément, il fait bon lire Angélique Villeneuve. Après Grand Paradis, inspiré des femmes soignées à la Salpétrière par le docteur Charcot mais traitant aussi d'histoire familiale et de quête de soi, Un Territoire nous ouvre les portes d'une drôle de maison, où les secrets de famille ne manquent pas.

C'est un sujet bien curieux que celui qu'a choisi Angélique Villeneuve : une femme vit dans une maison sous la coupe de deux jeunes gens, le Garçon et la Fille, dont on sait qu'ils étaient proches d'elle lorsqu'ils étaient encore enfants mais qui, à la suite d'un événement qui nous est d'abord inconnu, se sont soudain ligués contre elle. La femme passe ainsi ses journées à faire le ménage et la cuisine, à se plier à leur bonne volonté, recluse dans un réduit qui lui a été gracieusement alloué par le frère et la soeur, qui se sont octroyé les deux deux chambres à l'étage. Plus le récit avance, plus les actes de cruauté à son égard se précisent : ricanements, provocations mais aussi, curieusement, un matelas toujours humide et des disparitions d'objets. Ainsi, alors que la femme finit par trouver un moyen de se retrouver et d'avoir un jardin secret, un trésor, en se lançant dans la couture, il lui faut trouver des cachettes  pour que son ouvrage ne disparaisse pas.

Ce nouveau roman m'a rappelé ma première lecture par bien des aspects : les relations compliquées, le style bien évidemment, une certaine distance prise vis-à-vis des personnages dont l'intimité nous est dévoilée. Curieusement je ne saurais dire des deux romans lequel m'a le plus plu.

J'avais beaucoup aimé le contexte historique fascinant de ma précédente lecture. Ici le cadre est bien moins alléchant : une maison sans charme, une petite commune sans intérêt, un personnage principal dont la vie se résume à quelques activités toujours répétées. En général j'aime tout savoir de la psychologie des personnages, or me voilà en présence d'anti-héros sans nom, quelconques voire pour deux d'entre eux, sans grand intérêt. Pourtant, une fois ma lecture commencée, j'ai eu bien du mal à me détourner de ce texte lu presque d'une traite. La souffrance morale palpable de l'(anti-)héroïne est communiquée rapidement au lecteur, qui tremble de voir son chat découvert, son matelas plus humide encore, ses outils de couture jetés à la poubelle, ses plats renversés par terre. C'est pourtant avec une certaine jubilation que l'on voit cette femme apparemment quelconque trouver des ressources, puiser de l'inspiration dans les petits détails du quotidien et ainsi s'arracher à la terne réalité de sa vie auprès du Garçon et de la Fille. Un roman porté une nouvelle fois par la très jolie plume d'Angélique Villeneuve.

Le titre du billet n'est autre que la citation d'H. Michaux choisie par l'auteur pour introduire ce roman.

D'autres billets : Sylire, Clara, Cathulu, Gwen, Antigone, La cause littéraire...

Merci à Bénédicte et aux Editions Phébus pour cette nouvelle immersion dans l'univers d'Angélique Villeneuve.

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152 p

Angélique Villeneuve, Un Territoire, 2012

15/04/2012

Cent ans après le naufrage du Titanic

navratil_enfants du titanic.jpgIl y a cent ans jour pour jour sombrait « l'insubmersible » Titanic, parti de Southampton pour New-York, qu'il ne devait jamais atteindre. Les séries et documentaires ne manquent pas ces derniers temps, mais c'est d'un roman que j'ai choisi de parler en cette date anniversaire de la tragédie.

Raconté par la fille d'un survivant du Titanic, Elisabeth Navratil, Les Enfants du Titanic mélange la petite histoire à la plus grande, en s'attachant à suivre le parcours de Lolo et Monmon, surnommés les orphelins de l'abîme.

Couturier d'un certain renom, Michel Navratil a vendu sa maison de couture niçoise récemment, suite à sa séparation avec sa femme Marcelle qui l'a trompé, lui faisant perdre toute envie de s'investir dans son affaire jusqu'ici florissante. A l'issue d'un déjeuner chez son meilleur ami avec les petits Lolo et Monmon (Lolo est le père de l'auteur), Michel emprunte le passeport de son ami, Hoffmann, et enlève les petits pour débuter une nouvelle vie outre-Atlantique. La famille embarquera à bord du Titanic, pour son voyage inaugural.


titanic.jpgJ'ai toujours éprouvé de l'intérêt pour cette affaire, découverte quand j'étais enfant (je repense notamment à l'arrivée du Titanic dans SOS Fantômes, mon film favori à l'époque)!. C'est donc avec curiosité que j'ai ouvert le roman d'Elisabeth Navratil. J'ai eu un peu de mal à m'immerger dans ce texte au début, mais c'est au final une lecture au bilan très positif. Malgré quelques réserves (un hommage familial avant tout, avec quelques maladresses à mes yeux), j'ai beaucoup apprécié cette lecture documentée et très émouvante. Le récit débute avec l'embarquement des Navratil, leur découverte du bateau (un tiers du roman environ) puis le naufrage et enfin, l'arrivée du Carpathia pour sauver les naufragés encore en vie et le court passage de Lolo et Monmon aux Etats-Unis : ayant perdu leur père dans le naufrage, les deux enfants font l'objet de toutes les attentions médiatiques, tandis que l'on cherche à retrouver leur mère.


titanic_stern_marschall2.jpgLa description du naufrage est dans l'ensemble très réussie ; chaque étape est décrite en mettant en avant les divers personnages qui nous ont été présentés depuis le départ du bateau. C'est ainsi que l'on vit les tragédies personnelles, les actes de courage ou de folie avec beaucoup d'intensité, à travers plusieurs passages très émouvants.
Navratil3.jpgBien qu'inspiré librement de l'histoire familiale Navratil, ce roman est une mine d'informations pour qui n'a qu'une connaissance superficielle du naufrage. Il soutient la thèse selon laquelle le drame a été le fruit de l'arrogance des dirigeants de la compagnie de la White Star Line, qui n'a choisi d'équiper le bateau que de la moitié des canaux nécessaires et qui préfère courir des risques en approchant des icebergs plutôt que de dévier plus tôt sa route, quitte à arriver un peu moins vite à New-York pour ce voyage inaugural. Le manque total d'organisation lors de la mise à l'eau des canaux est aussi longuement mis en avant. Un drame qui, d'après l'auteur, aurait pu être évité.
Un roman qui m'a en tout cas donné envie de me documenter davantage sur le Titanic ; j'ai d'ailleurs découvert en faisant quelques recherches un blog très intéressant si les épaves mystérieuses vous attirent.

L'image des deux enfants ci-dessus représente Lolo et Monmon. Cette photo a été prise à New York, avant diffusion dans les journaux lorsque l'on cherchait leur mère. Cette photo est à mes yeux particulièrement touchante car à côté des enfants se trouvent deux jouets offerts par la compagnie à l'embarquement : une très belle voiture et un modèle réduit du navire.

Un article sur les deux orphelins ; un autre très intéressant sur Il était une fois le Titanic. L'mage ci-dessous est tirée de Ghostbusters : le Titanic vient juste d'arriver.

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340 p

Elisabeth Navratil, Les Enfants du Titanic, 2012 (nouvelle édition)

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09/04/2012

Ah, ce major Pettigrew !

simonson_major pettigrew2.jpgCe week-end, je pensais vous laisser en bonne compagnie, en organisant un petit thé dansant avec le major Pettigrew mais le temps m'a manqué et je suis partie en week-end sans avoir rédigé la moindre chronique. Je me suis échappée dans une région où les collines vertes, les nuages bas et les petits villages plein de charme ne m'ont pas trop dépaysée après cette ambiance si cup of tea dans laquelle j'ai baigné le temps de lire avec grand plaisir La Dernière Conquête du Major Pettigrew d'Helen Simonson.

Un peu dans l'esprit cosy et doudou du Cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patatesmais à mon avis plus intéressant, ce roman a pour personnage le major Pettigrew, retraité vivant dans une charmante maison à Edgecombe St Mary. Lorsque le récit débute, le major vient de perdre son frère ; à la suite de ce décès, une première contrariété vient perturber le pauvre major, qui apprend que contrairement à ce qu'il avait imaginé, son frère ne lui a pas légué dans des termes explicites le fusil qu'il avait reçu à la mort de leur père, fusil jumeau de celui que possède le major. Fils aîné, le major n'a jamais complètement accepté cette séparation des fusils paternels qui dépare son étui, et voilà que les commentaires hargneux de sa nièce lui font voir que ses relations avec son frère était finalement bien plus compliquées qu'il ne l'imaginait. A côté de ça, on voit débarquer son fils, stéréotype du loup de la City, arriviste, matérialiste, imbu de soi-même, obsédé par le choix de ses relations sociales, à l'antipode des valeurs du major Pettrigrew, un brin conservateur mais intègre, très humain et surtout délicieusement pince-sans-rire. Heureusement pour lui, le major est amené à faire plus ample connaissance avec Mme Ali, qui tient la petite boutique du village. Veuve, d'origine pakistanaise, Mme Ali fait partie de ces invisibles auxquels personne ne prête trop attention. Et pourtant, tout comme le major, Mme Ali apprécie la littérature, en particulier Kipling, une première raison de sympathiser. Mais les âmes charitables du coin ne voient pas d'un bon oeil cette nouvelle relation : entre le major, membre du club local, et Mme Ali, épicière d'origine pakistanaise, il existe un fossé infranchissable à leurs yeux généreux.


bisDSC07520.jpgCe roman est un vrai régal, certes léger mais dense malgré tout ; un page-turner plein de rebondissements, parfois triste, souvent amusant, qui traite aussi de mixité sociale, pour reprendre un terme en vogue. Entre les origines de Mme Ali (née en Angleterre pourtant) ou son métier d'épicière, les bonnes gens du village ont du mal à déterminer quelle est la pire des tares. Lorsqu'un médecin d'origine pakistanaise cherche à faire partie du club local, on lui explique que malheureusement la profession est trop représentée et que le club prône une plus grande mixité...

simonson_major pettigrew1.jpgBref, si vous aimez la littérature britannique, ne passez pas à côté du major Pettigrew... une fois que vous l'aurez invité à partager une tasse de thé chez vous, vous aurez bien du mal à le laisser repartir, à moins d'avoir reçu une invitation à passer vos prochaines vacances à Edgecombe St Mary.

Un grand merci à Christelle et aux éditions du Nil pour la découverte en avant-première de ce roman et le thé à déguster !

D'autres avis : JainaXF, Fée Bourbonnaise, Cosy Corner, Lili Galipette, Dominique, Titine...

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492 p

Helen Simonson, La Dernière Conquête du Major Pettigrew, 2010 (édition française avril 2012)

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04/04/2012

Une petite ville américaine si tranquille

meyers_twisted tree.jpgJe lis peu de nature writing, étant plus attirée par la ville que les grands espaces et tremblant un peu lorsque mes héros doivent affronter dans la solitude le froid glacial d'étendues enneigées ou les dangers de courants d'eau bouillonnants. Mais j'ai été intriguée par le résumé de Twisted Tree de Kent Meyers et me suis décidée à sauter le pas... en réalité ce roman s'éloigne de ma vision préhistorique du genre, regorgeant de personnages et d'événements, et pour tout vous dire, je me suis régalée.

twisted-tree.jpgLe récit débute avec un chapitre pour le moins dérangeant, lorsqu'un tueur en série attire la jeune Hayley Jo dans un piège, parvenant à la faire monter de plein gré dans sa voiture, la jeune femme ne comprenant que trop tard qu'elle a suivi le tueur de l'autoroute I-90. Je m'attendais par la suite à une sorte de roman policier dans lequel le tueur serait un personnage récurrent, mais Kent Meyers m'a surprise avec un roman beaucoup plus vaste et ambitieux. Chaque chapitre met à l'honneur un habitant de Twisted Tree, les histoires s'entrecroisant et se complétant parfois ; une construction assez classique, si ce n'est que la richesse des situations, la diversité des points de vue forment au final une toile complexe. Au lieu de vouloir à tout prix faire s'entremêler les histoires personnelles, Meyers choisit de laisser quelques personnages mener leur vie parallèle, en marge des événements les plus marquants - l'assassinat de Hayley Jo, la mort dans un accident d'un habitant s'étant endormi la nuit sur la route, le meurtre et le suicide d'un marginal vivant entouré de couleuvres et de sa mère – à noter que je crains les serpents et la description d'une certaine scène m'a complètement tétanisée. Dans cette petite ville de Twisted Tree où il ne se passe apparemment pas grand-chose, les moindres tragédies personnelles sont mises à nue avec subtilité et une grande maîtrise de la narration.

C'est un roman remarquable et si dense que parfois j'angoissais au rythme des craintes des personnages, j'étais si tendue que dans le bus j'ai parfois eu l'impression d'être arrachée à moi-même lorsqu'une personne passant à côté me bousculait un peu alors que j'étais captivée par un passage particulièrement haletant.

Vous l'avez compris, Twisted Tree a été un véritable coup de coeur pour moi ; c'est à mes yeux une réussite sur le plan littéraire et un récit tout simplement passionnant. Ne passez pas à côté !

Merci aux éditions Gallmeister pour cette très belle expérience !

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317 p

Kent Meyers, Twisted Tree, 2009