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31/03/2012

Sorcellerie et douceurs anglaises

marsh_meurtres manoir.jpgAprès Meurtres entre soeurs, je n'ai pas pu résister au plaisir de lire un deuxième roman de Willa Marsh, petite variation autour du même thème puisque le titre n'est autre que Meurtres au manoir (le genre d'intitulé qui m'interpelle toujours lorsqu'il s'agit d'un manoir anglais). Et que Willa Marsh a l'esprit tordu pour inventer de pareilles situations !

Cette fois-ci, j'ai fait la rencontre de Clarissa, qui travaille et vit seule à Londres dans une petite chambre sans intérêt et se morfond, ennuyant ses amis avec une histoire inventée à propos d'un premier amour tragique. C'est alors qu'un couple d'amis a l'idée de lui présenter Thomas (et non pas Robert comme je voulais l'appeler quand j'ai écrit mon billet), qui vient tout juste de perdre son épouse. Bien malheureux, le veuf se laisse séduire très vite par la vive citadine qui sait se montrer fraîche, innocente et sexy à la fois, un cocktail dévastateur pour cet homme à la morale sévère s'ennuyant quelque peu à vrai dire. Lorsqu'il invite Clarissa pour la première fois chez lui, la jeune femme tombe éperdument amoureuse du manoir de style Tudor et du domaine (vous l'aurez compris, Thomas n'est pas la motivation principale, nous sommes bien loin de Jane Austen ici) ; elle fond aussi pour les tantes, deux adorables vieilles qui gèrent l'intendance. Son choix est fait : elle sera la nouvelle châtelaine. Et il ne lui faut pas longtemps pour précipiter le mariage (le fait d'appeler en urgence sa proie pour lui annoncer que son propriétaire – une petite fille vieille adorable – lui a fait des avances inconvenantes est une action qui s'avère très utile).

Mais Clarissa ne sait vraiment pas où elle met les pieds (la prochaine fois que vous rêverez de séduire un Lord anglais, pensez-y). La famille est issue d'une longue lignée de sorcières qui, depuis l'époque reculée des cultes druidiques, perpétue des traditions oubliées à coup de sacrifices de bestioles en tout genre (bizarrement les chiens du domaine disparaissent fréquemment, mais cela ne semble pas inquiéter le maître des lieux) ; à l'occasion, un auto-stoppeur égaré s'est avéré lui aussi très utile. Les femmes de la lignée se font enterrer dans les bois qui jouxtent le jardin, alors qu'un cercueil rempli de pierres sert de leurre à l'église. Désormais, ce sont les tantes qui respectent la tradition mais elles doivent faire face à un défi de taille : qui va hériter de leur lourde tâche et les enterrer dans le bois ? Car il est évident que la seule fille du châtelain envisage de rentrer dans les ordres et s'oppose aux forces obscures qui hantent la forêt. L'arrivée de Clarissa est donc une bonne chose (d'ailleurs, les tantes n'auraient-elles pas aidé la première femme à mourir après une série de fausses couches désespérante ?). Mais la Londonienne est-elle prête à supporter la présence des nombreux fantômes qui errent dans la maison et la lourde responsabilité qui lui incombe ? Rien n'est moins sûr. Et sa meilleure amie qui s'installe au château quelques mois plus tard pourrait peut-être faciliter leurs plans. Encore que...

the piege.jpgSi Meurtres entre soeurs était déjà assez sordide, ce roman est d'une noirceur impressionnante. Les adorables tantes sont des meurtrières sadiques, le seul prince charmant est un loup sans morale, la meilleure amie de Clarissa prend celle-ci pour une vraie dinde et fait tout pour lui voler son titre de châtelaine. Quant à cet accident de tracteur qui cloue le châtelain sur un fauteuil roulant, le doit-on vraiment au hasard ?

Un roman complètement déjanté et monstrueux, ironique et d'une bassesse infinie, drôle et absolument épouvantable. Vous ne regarderez plus jamais vos proches de la même façon (surtout s'ils aiment les balades nocturnes dans la forêt, dans ce cas fuyez !).

L'avis de Moustafette (chez qui j'ai découvert cette photo de porcelaines tout à fait appropriée que je me suis permis de reproduire ici) et de Cathulu.

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Willa Marsh, Meurtres au manoir, 1999

28/03/2012

Un bébé si charmant !

marsh_meurtres entre soeurs.jpgAprès avoir lu Le temps des Métamorphoses, roman traitant d'une histoire familiale lourde et de relations entre soeurs pour le moins particulières, j'ai eu envie de sortir de ma PAL un roman qui y traînait depuis plusieurs mois, Meurtres entre soeurs de Willa Marsh.

Olivia et Emily sont devenues soeurs lors du mariage de leurs parents respectifs, tous deux veufs. Les deux petites s'accommodent rapidement de leur nouvelle vie et deviennent plus proches que ne le sont souvent les soeurs de sang. Leurs parents se plient à tous leurs caprices et il est vrai que les deux petites sont assez douées pour les négociations. Malheureusement pour elles, un heureux événement est bientôt attendu et, comme l'avait prédit leur grand-mère « maternelle », vieille ivrogne cruelle avec sa fille unique mais adorée des enfants, la naissance est vécue comme un drame. Surtout lorsqu'arrive Rosie, seule fille commune du couple, jolie poupée gazouillante qui ressemble à un petit ange et fait fondre les deux parents, d'un seul coup beaucoup moins indulgents envers les deux autres fillettes. A tel point que quelques mois plus tard, le même jour, les deux soeurs essaient de se débarrasser de l'ennuyeuse frangine, l'une lui mettant une baie empoisonnée dans la bouche (malheureusement Rosie la recrache), l'autre essayant de forcer son chat à rester sur le visage de l'enfant (mais le chat tente de s'enfuir en griffant le bébé au visage et n'y gagne qu'une euthanasie).
Les filles grandissent et le clan des deux aînées existe toujours. La petite Rosie est devenue aussi habile qu'elles à manipuler ses parents et parvient toujours à semer la zizanie entre ses soeurs, en volant un objet à l'une, en disant à l'autre que la première l'a critiquée. Mais Rosie n'est pas seulement une petite peste, c'est un véritable monstre, un amas de mesquinerie, un tas de méchanceté sous un visage de blonde angélique. Ainsi, tour à tour, elle arrive à faire rompre ses deux soeurs, en passant un coup de fil anonyme à l'un des prétendants pour déverser un tissu de calomnies, et en faisant croire à sa famille que le deuxième a tenté de la violer. Les deux soeurs n'y voient que du feu et se consolent tant bien que mal, avec un ivrogne imbécile et un homme bien plus vieux. Leur vie est déjà gâchée.
angleterre,roman anglais,willa marsh,meurtres entre soeurs,éditions autrement,angleterre xxe,humour noir,humour anglais,saga familialeDes années plus tard, alors qu'elles ont la cinquantaine et sont revenues vivre avec leur mère dans la maison familiale (avec une petite tendance à lever le coude qui sent l'héritage familial), Rosie revient les tourmenter. Malgré une situation plus que confortable et deux propriétés dont une à Londres, elle est bien décidée à forcer ses deux soeurs à quitter la maison et à la faire raser pour y construire un complexe immobilier. Mais le destin s'en mêle et les retournements ne manquent pas dans cette petite comédie familiale grinçante et sordide. Seul petit bémol, l'écriture de Willa Marsh manque peut-être d'allant. Il s'agit d'une petite écriture sèche, très descriptive... peut-être un peu trop. Mais ce roman m'a suffisamment amusée pour me donner envie de lire un autre Willa Marsh : la suite au prochain épisode !

L'avis de Maggie, Mango, Keisha, Alicia, Ankya, Theoma

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Willa Marsh, Meurtres entre soeurs, 1996

24/03/2012

Papillons et manoirs anglais

adams_temps metamorphoses.gifJe suis une lectrice au coeur faible, et lorsque je fais un tour en librairie, il est rare que j'arrive à fuir indemne, sans le moindre petit livre à me mettre sous la dent. Ainsi lorsque je me suis rendue récemment en librairie pour l'anniversaire d'un ami, c'est bien à l'insu de mon plein gré que j'ai cédé aux appels languissants du Temps des Métamorphoses de Poppy Adams, dont la délicate couverture était une bien vile tentatrice. Lorsque j'ai vu qu'à ce délicieux papillon s'ajoutaient d'autres arguments sans appel (roman anglais, mystère familial, manoir perdu dans la campagne), j'ai de suite capitulé car il ne sert à rien de lutter quand la guerre est déjà perdue.

Et j'ai bien fait car j'ai ensuite eu l'idée saugrenue d'aller au cinéma et de me jeter sur le premier film qui passait. Or ce film durait 2h30, ce film s'appelait Le Cheval de Turin et traitait d'un père et de sa fille qui vivent dans une horrible ferme, font six jours de suite la même chose et mangent une patate, le summum de l'action revenant à manger la patate crue car il n'y a plus d'eau pour la cuisson (enfourner la bête en question sur les braises aurait sans doute été plus pertinent mais c'est un fait que n'a pas pris en compte le réalisateur qui, pour communiquer le malheur de ses héros, a fait mon malheur ce jour-là). Bref, pour la première fois de ma vie j'ai essayé de dormir au cinéma (mais le vent en fond sonore me gênait) et, lorsque la lumière le permettait (en fait lorsque la fille allait au puits ou sortait le cheval), j'ai commencé à lire Le Temps des Métamorphoses. Roman que j'ai dévoré par la suite, alors que je lisais autre chose lorsque je l'ai commencé (ce qui explique pourquoi j'ai une vingtaine de romans à moitié lus chez moi).

manoir_m.jpgVirginia Stone vit seule depuis des années dans le manoir familial. Âgée, elle déteste le contact des étrangers, n'a ni la télévision ni la radio et ne fait plus grand-chose, si ce n'est observer les allées et venues des voisins depuis divers postes d'observation. Le récit débute lorsqu'intervient un changement majeur dans la vie de Virginia : sa soeur chérie, Vivien, a annoncé son retour au manoir, évoquant leur vieil âge et son désir de finir leur vie ensemble plutôt que dans la solitude. Cela fait des dizaines d'années que les deux soeurs ne se sont pas revues et c'est avec joie mais aussi une certaine appréhension que Virginia envisage le retour de sa soeur. Dès lors le récit alterne les passages au présent, à savoir le retour d'une soeur ancrée dans la modernité, visiblement aisée et autoritaire, et les souvenirs. Ainsi on découvre que Virginia est une scientifique réputée, spécialisée dans l'étude des papillons, formée par leur père Clive. Bien que l'aînée, Virginia a toujours laissé Vivien mener leur duo. Si la famille semble au début assez idyllique, on découvre petit à petit des failles qui expliquent l'éloignement des deux soeurs : un accident qui a privé Vivien de la possiblité d'enfanter, ce qui aura des conséquences importantes lorsque les deux soeurs deviennent adultes ; un rapport au père et à la mère différent selon les soeurs, Vivien semblant idéaliser leur mère tandis que Virginia a toujours été proche de son père et a souffert de l'alcoolisme de sa mère ; et petit à petit, un portrait moins flatteur de Vivien nous est donné. Celle qui semblait insouciante et un brin égoïste finit par s'avérer finalement beaucoup plus manipulatrice qu'on ne le pensait. Le renversement final intervient enfin et il est difficile de déterminer quelle soeur est la plus à plaindre, entre la peste nombriliste et la bonne pâte plus dérangée qu'on ne le pensait.

papillon.jpgOutre l'histoire des deux soeurs et de leurs proches, très dense en soi, ce roman évoque le monde des insectes et son étude, sujet récurrent qui, loin de m'effrayer, m'a paru bien documenté et intéressant (moi qui n'y connais rien et ne m'intéresse pas à ce domaine).

Une très belle lecture en ce début d'année, qui m'a d'ailleurs un peu fait penser à Diane Setterfield avec le Treizième Conte mais aussi Linda Newberry et Set in Stone (De Pierre et de Cendre).

Le dessin du manoir vient d'un petit jeu en flash assez amusant, où il est question d'un gentleman qui ne peut pas dormir.

poppy adams, le temps des metamorphoses, roman anglais, angleterre, angleterre xxe, papillons, roman à suspense anglais, roman famille, manoir



380 p

Poppy Adams, Le Temps des Métamorphoses, 2008

18/03/2012

Salon du livre 2012

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Comme vous le voyez, il fait toujours beau à Paris... c'est pourquoi samedi était un jour idéal pour profiter du salon du livre et s'éloigner de la grisaille.

Le salon est devenu un rendez-vous incontournable pour moi et c'est toujours avec grand plaisir que je m'y rends. Cette année, c'est accompagnée de mes fidèles copines Cryssilda et Titine que je suis allée Porte de Versailles.

J'ai été un peu plus raisonnable je crois, même si en la matière, avec moi tout reste relatif ! Voici donc mon butin (mais comme vous le verrez de suite, je pouvais difficilement résister à de telles tentations) :

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Je m'étais fixé un objectif, à savoir de ne céder à la tentation que lorsque je pouvais rencontrer les auteurs... j'ai à peu près respecté cette ligne de conduite, à un roman près !

DSC07485bis.jpgJ'ai d'abord fait un petit tour chez 10-18 où j'ai rencontré la reine du polar victorien, Anne Perry. J'ai tellement apprécié ses romans lorsque j'ai découvert la série Charlotte et Thomas Pitt il y a 8 ans en Espagne (Marine, si tu me lis, un p'tit clin d'oeil... !) que je voulais avoir une petite dédicace, même si son dernier récit de Noël est une véritable catastrophe (je voyais d'ailleurs des gens autour de moi attendre leur dédicace munis de ce roman et j'ai essayé de les en dissuader par ondes ultra négatives, mais il faut croire que mes capacités de conviction télépathiques restent limitées). J'ai hésité à prendre un de ses derniers romans mais finalement je me suis dit que symboliquement, je préférais choisir le premier d'une autre série, celle de William Monk, qui me fait envie depuis des années (et c'est Mrs Figg qui a achevé de me convaincre, vilaine tentatrice !).

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DSC07487bis.jpgMais chez 10-18 je venais aussi voir Fabrice Bourland.  Fabrice Bourland est l'auteur du Fantôme de Baker Street et autres romans de la série les Détectives de l'Etrange, dont j'adore l'atmosphère et les personnages inspirés de l'univers de Doyle. J'attendais avec impatience le cinquième opus que j'ai hâte de lire ! Ce n'était pas la première fois que je rencontrais l'auteur, qui est  vraiment très sympathique et m'a très gentiment accueillie. (Par contre je ne suis pas vraiment ravie du changement de couvertures chez 10-18, alors que les différentes séries Les Grands Détectives étaient si jolies jusqu'ici...)

salon1 bis.jpgJ'ai ensuite fait un petit tour chez Christian Bourgois où j'ai succombé à l'appel des Victoriens (bizarre bizarre).  Kate Colquhoun présentait son premier roman traduit en France, Le Chapeau de Mr Briggs, inspiré d'un fait divers. L'auteur, absolument charmante, m'a parlé de son nouveau projet de roman, dont le récit se déroulera également au XIXe, quelques décennies plus tard. Une jolie rencontre et une lecture qui promet de m'enchanter !

J'ai tenté ensuite de rencontrer Kenzaburô Ôé, prix Nobel de littérature mais je suis repartie avec deux romans (dont un cadeau pour mon père) sans avoir pu  rencontrer l'auteur (sur le stand on envoyait les lecteurs  acheter leur livre avant de faire la queue  pour la dédicace, pour les accueillir finalement au bout de la file d'attente en leur disant qu'il était trop tard pour se faire dédicacer le roman... je n'ai pas été la seule dans ce cas !).

DSC07491bis.jpgAprès cette petite déception, je me suis rendue au stand d'Actes Sud où je souhaitais rencontrer deux auteurs. J'ai ainsi revu Cécile Ladjali, rencontrée il y a quelques années. J'avais beaucoup apprécié Les Vies d'Emily Pearl notamment (si vous ne l'avez pas lu je vous recommande ce beau roman) et j'avais très envie de la lire à nouveau. Cécile Ladjali est toujours très souriante et agréable avec ses lecteurs, c'est un vrai plaisir que de la rencontrer !

DSC07493bis.jpg J'ai ensuite échangé quelques mots avec Carole Zalberg, très sympathique elle aussi. J'avais hésité à lire son roman précédent qui me tente d'ailleurs encore... lorsque j'ai vu qu'elle était au salon du livre je me suis dit que c'était l'occasion pour moi de la découvrir. Il n'y a plus qu'à !


DSC07507bis.jpgUn salon du livre vraiment riche de belles rencontres ; j'ai croisé cette année encore
Stephie, mais aussi pour la première fois Céline (avec qui nous avons passé une bonne partie de l'après-midi), George, Kelig, Vendredi Lecture ou encore Christelle des éditions Robert Laffont, qui nous accueillait avec le sourire et une assiette de bonbons. De très jolis moments, notamment lorsque l'on croise pour la première fois des personnes dont on suit de près le blog depuis longtemps... une belle surprise !

Il y avait un petit stand Doctor Who, on avait promis de prendre des photos pour Isil, en voici une :

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Pour finir, je ne résiste pas au plaisir de partager avec vous le magnifique bouquet que m'avait offert l'adorable Titine venue prendre des forces chez moi avant de se lancer dans notre après-midi d'aventures.

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Et voici quelques souvenirs des années précédentes :

Salon du Livre 2007

Salon du Livre 2008 - 17 mars

Salon du Livre 2008 - 18 mars

Salon du Livre 2010

Salon du Livre 2011

A l'année prochaine !

16/03/2012

Attention, jeune sorcière amoureuse

Mon-plan-d-action-pour-jeune-sorciere.jpgPendant deux jours j'ai pris le bus avec Anségisèle von Wienenberg (je ne fréquente pas n'importe qui, moi !), jeune sorcière de son état (vous voyez ce que je vous disais !). En quelques heures passionnantes de bouchons et d'entassement, Gigi (ça ira plus vite) a eu le temps de me faire beaucoup de confidences et vu ce qui lui arrive, je comprends bien qu'elle ait besoin de trouver une nouvelle oreille attentive. Il arrive à Gigi ce qui s'abat un jour ou l'autre sur la tête de n'importe quel adolescent, bref, la voici amoureuse. L'avantage avec elle, c'est qu'elle peut user de ses dons pour parvenir à ses fins. Envoûtements, charmes divers et variés, sept cupidons et vilaine sorcière, vous serez gâtés si comme moi vous décidez de parcourir un bout de chemin en compagnie de Miss von Wienenberg.


Mon Plan d'action pour jeunes sorcières très amoureuses est un roman très mignon, mais je dois l'avouer trop girly et adolescent pour moi qui ne me suis pas complètement projetée dans cet univers. C'est une lecture que je conseillerais néanmoins aux petites et jeunes filles qui risquent de se régaler dangereusement et de succomber elles aussi au charme de Lucas. Mélanie Lafrenière a d'ailleurs fait preuve de beaucoup d'imagination, vous n'imaginez même pas les créatures que vous serez amenés à croiser en lisant ce texte, d'ailleurs si Mélanie a des Boulamous Rettes à poils longs en stock je suis preneuse, le croisement gremlin et ewok ultra cute a eu raison de moi (facilement gérable en appartement ? Ont-ils des problèmes de réaction aux bains comme les gremlins ? – c'est bien gentil tout ça mais je ne veux pas non plus d'une boule puante à la maison). A noter que les dessins qui accompagnent le récit ont fait mon bonheur, on ne pouvait pas rêver mieux pour accompagner ce texte et on sent une illustratrice à l'imagination tout aussi débordante !

Merci à Mélanie Lafrenière pour ces agréables moments passés en compagnie de deux sorcières un peu folles (la sorcellerie à l'adolescence, voilà un mélange bien dangereux).

D'autres avis : Book en stock, Karine:), Un coin de blog, AntigoneHeclea...

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200 p

Mélanie Lafrenière, Mon plan d'action pour jeunes sorcières très amoureuses, 2012

Au fait je n'arrive pas à actualiser mon blog it express (enfin si mais ça ne s'actualise pas sur le blog ensuite), ça vous est déjà arrivé ?

14/03/2012

Direction le Japon !

OGAWA-Yoko-Amours-en-marge.gifLorsqu'on me demande quel est mon auteur préféré, je ne pense plus à citer Yoko Ogawa, pourtant elle fait définitivement partie des écrivains que j'admire le plus. Je l'ai découverte à la sortie du Musée du Silence puis me suis régalée avec La Formule préférée du professeur. Depuis l'ouverture de ce blog j'ai chroniqué plusieurs de ses textes mais je ne la lis plus qu'occasionnellement alors que j'ai encore plusieurs de ses romans en attente. Il y a quelques semaines j'ai profité d'un week-end au chaud pour ouvrir enfin Amours en marge, son premier roman.

Ogawa m'a séduite dès la première rencontre par son univers bien particulier, sa façon bien à elle de mettre en avant des fractions de vie ou des rencontres intenses et sans lendemain, plongeant le lecteur dans une réalité fragile, précaire et souvent en décalage avec nos repères occidentaux.

Dans ce roman, la narratrice est atteinte d'une maladie qui lui fait percevoir des bourdonnements et amplifie les sons au point de la faire hospitaliser. Les symptômes se sont déclenchés juste après le départ de son mari, qui l'a quittée pour une autre. Le récit débute avec la participation de la narratrice à une réunion pour un journal médical. D'autres personnes ayant souffert de ce type de troubles sont réunies pour faire part de leur expérience, des premières manifestations de la maladie à la guérison. L'héroïne y fait la connaissance de Y, sténographe, et est de suite fascinée par ses mains et le pouvoir que leur confère la sténographie. Le roman nous fait suivre ces deux personnages pendant quelques mois, à travers les rechutes et guérisons de la narratrice et leurs rencontres régulières.

Plutôt qu'une nouvelle qui aurait pu bien se prêter à cette histoire, Ogawa a préféré s'étendre en écrivant ce roman apaisé où plusieurs sujets et thèmes sont exploités de manière récurrente, avec d'infimes variations. L'héroïne semble ne pas beaucoup évoluer du début à la fin, alors que, symboliquement, sa vie a changé grâce à Y qui a sténographié ses propos le temps d'utiliser un bloc entier de papier épais, couleur crème (le tas diminuant inquiétant la narratrice, qui sent qu'ensuite sa relation avec Y lui échappera). Y semble réel mais, lorsqu'on connaît Ogawa, on se doute bien qu'il est vain d'espérer l'accomplissement d'une histoire d'amour (d'ailleurs, ce sont davantage les mains de Y que le personnage, dont on ne sait pas grand-chose, qui intéressent la jeune femme)... les dernières pages sèment le doute dans l'esprit du lecteur. Y, si disponible, parfois là quand on ne l'attend pas, disparaissant à la fin du roman en laissant une fausse adresse, le lieu en question étant malgré tout lié au personnage par un détail troublant. Peut-être peut-on considérer qu'il s'agit d'un roman contemplatif. On le lit dans le calme, en se délectant de scènes banales qui, à travers le regard d'Ogawa et sa plune fluide, prennent un sens, une profondeur insoupçonnés. Sans être mon texte favori de l'auteur, c'est indéniablement un beau récit dont j'ai beaucoup apprécié la lecture.

Wictoria qui aime elle aussi Ogawa a écrit un billet très intéressant sur ce roman, dans lequel elle relève notamment tous les thèmes récurrents chez cet écrivain (tels l'eau, les entraves, le corps humain...).

Sur ce blog, quelques chroniques de textes d'Ogawa :

Une lecture qui tombe à pic puisque le salon du livre 2012 qui aura lieu la semaine prochaine à Paris  met la littérature japonaise à l'honneur... j'espère en profiter pour découvrir de nouveaux auteurs, même si je suis très déçue qu'Ogawa ne soit pas présente !

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Yoko Ogawa, Amours en marge, 1991

11/03/2012

La Maison du Marais

warden_maison du marais.gifIl y a quelques mois j'ai lu La Maison du Marais de Florence Warden, dans le cadre du mois anglais. Je n'ai pas pris le temps de faire mon billet et pourtant, voilà encore une lecture avec laquelle je me suis régalée et que je recommande vivement à tout lecteur un tant soit peu épris de littérature victorienne. Ce roman d'amour, de mystère et de mort est fait pour vous (l'effet terriblement mélodramatique est voulu, pour un roman de type populaire aujourd'hui oublié). Le plus terrible avec ce roman, ce qui est vraiment scandaleux, c'est que Warden (un pseudonyme) a complètement disparu des rayons des librairies (y compris anglaises... mes recherches sur le Net ne m'ont d'ailleurs pas appris grand-chose). Comme pour Flora Mayor découverte grâce au même éditeur, voilà un auteur bien sympathique que plus personne ne lisait avant l'intervention des éditions Joëlle Losfeld qui ont souvent la bonne idée de déterrer des textes inconnus pour notre plus grand bonheur (j'aimerais simplement que cette célèbre maison édite plusieurs romans des auteurs en question pour ne pas créer chez moi autant de frustration ; voilà qui n'est pas humain !).

Dans La Maison du Marais, il est question de Miss Violet Christie qui, issue d'une famille anglaise modeste, cherche une place de gouvernante. Ce n'est pas chose aisée au vu de son manque d'expérience et de son jeune âge. C'est alors qu'une annonce attire son attention : on cherche une jeune personne pour un poste de gouvernante, photo exigée. Quelque temps plus tard, ayant été recrutée, Violet se rend dans une région reculée pour occuper son nouveau poste. A la gare, elle fait la connaissance du jeune Laurence qui produit rapidement sur elle une forte impression, mais semble peu apprécier son nouvel employeur, Mr Rayner. Rapidement, Violet verra qu'il n'est pas le seul dans ce cas dans la région. Et son nouveau poste est assez remarquable. Dans la famille je demande la mère, être hagard et fantomatique souvent caché dans sa chambre et dont la moindre apparition vous cause la chair de poule. Les enfants, entre l'aînée, agressive envers son père, et la plus jeune, qui passe ses journées à vagabonder dans le jardin en vraie sauvageonne, à se rouler dans l'herbe ou dans la boue et à se tordre de fureur lorsque le soir une domestique se charge de la faire rentrer, personne ne se préoccupant d'elle le reste du temps. Enfin le père, homme charmant et charmeur, violoniste de talent, qui semble avoir tout sacrifié pour une femme bien égoïste. La maison en elle-même est humide, malsaine. Le jardin un véritable marécage, même s'il revêt un certain charme aux yeux de la jeune citadine lorsqu'elle le découvre pour la première fois. Quant aux voisins, beaucoup semblent lui être hostiles.

Petit à petit, des questions surgissent : où dort son employeur qui, paraît-il, ne reste pas le soir dans cette maison rongée par le salpêtre ? Quels sont les mystérieux visiteurs qui viennent de temps à autre ? Pourquoi la plus ancienne domestique déteste-t-elle à ce point la nouvelle venue, au point de lui faire craindre pour sa vie ? Et que penser de l'humeur lunatique de la maîtresse de maison, écrivain de renom ayant désormais tout abandonné ?

La Maison du Marais ne fait peut-être pas partie de ce que l'on appelle la « belle » ou « vraie » littérature, mais c'est un de ces exquis romans à mystère tels que les écrivains du XIXe savaient les faire, avec une bonne dose de suspense, de délicieux frissons, de lieux inquiétants et toujours, une fraîche héroïne pour laquelle nous devrions trembler. Et contrairement à d'autres oies blanches, notre héroïne est plutôt attachante, en particulier lorsqu'elle oublie la sacro-sainte morale victorienne pour protéger un criminel auquel elle s'est attachée. Un plaisir de lecture dont il serait dommage de se priver !

C'est ma première participation au challenge victorien d'Arieste, que je ne pouvais manquer sous aucun prétexte !

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Florence Warden, La Maison du Marais, 1882

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