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29/12/2011
La maîtresse de Manderley
J'adore ce mois anglais, car je n'arrête pas de piocher dans ma PAL grâce à lui (il faut savoir que ma PAL anglaise est tout simplement sans fin, et il est délicieux de pouvoir y retrouver à peu près tous les auteurs que j'ai envie de découvrir dans le cadre de ce petit challenge). Bien entendu, ma bibliothèque contient Rebecca de Daphné du Maurier (dans l'édition hideuse du Livre de Poche, c'est pour ça que j'ai remis leur ancienne couverture, même si elle correspondait à leur collection fleur bleue)... et curieusement, moi qui aime tant l'Angleterre et ses auteurs, je n'avais encore jamais lu un seul Daphné du Maurier, alors que Rebecca me tente depuis l'adolescence (hum, j'ai dû repérer ce roman en choisissant un Danielle Steel car il fut un temps où je lisais Danielle Steel - l'adolescence est parfois une période difficile). Donc j'adore ce mois anglais qui m'a permis de découvrir enfin ce grand classique de la littérature.
J'avais beaucoup d'idées fausses concernant Rebecca. J'ai toujours pensé qu'il s'agissait d'une histoire de fantômes, un roman dans lequel l'héroïne était poussée à bout par les souvenirs voire le fantôme même de Rebecca, ou peut-être quelque chose de romantique à la Brontë, avec une Rebecca encore vivante et cachée dans une partie de Manderley. J'imaginais une fin heureuse après moult frayeurs.
Rebecca est en réalité un roman davantage psychologique que mystérieux, même si peu à peu l'histoire sombre de Manderley est dévoilée. Mais de quoi parlons-nous en fait ? La jeune narratrice est employée comme dame de compagnie et fait avec sa riche patronne un séjour à Monte Carlo. C'est là qu'elle rencontre Mr de Winter, veuf séduisant propriétaire d'une somptueuse demeure anglaise, Manderley. Celui-ci la demande rapidement en mariage et les voilà partis pour l'Italie, puis Manderley. Malheureusement pour la jeune et heureuse mariée, l'ombre de l'ancienne femme de Mr de Winter, plane toujours. La lugubre Mrs Danvers semble n'éprouver que mépris pour la nouvelle Mrs de Winter qui se sent peu à l'aise en tant que nouvelle maîtresse de Manderley, et sans cesse des commentaires glanés ici et là lui font penser que Maxim ne l'a l'a épousée que pour avoir un peu de compagnie, alors que Rebecca était un être bien plus séduisant, intelligent et remarquable qu'elle, si insignifiante. Rapidement des tensions se créent entre elle et Mrs Danvers, tandis que Maxim de Winter redevient morose. Son mariage semble être déjà un échec. C'est alors qu'on retrouve le petit bateau avec lequel Rebecca de Winter avait fait naufrage...
Comme je l'ai dit, Rebecca est assez différent du roman plein de mystères auquel je m'attendais (soit un roman hanté par des fantômes, soit des personnages inquiétants faisant sombrer l'héroïne dans la folie). Quoi qu'il en soit, il s'agit d'un vrai page-turner qui m'a donné envie de découvrir l'adaptation mais aussi de lire d'autres Du Maurier (ce que je m'interdisais jusqu'ici car je voulais commencer par Rebecca). On peut parler d'un roman à suspense dans lequel les personnages sont soigneusement dépeints. L'intrigue repose essentiellement sur Rebecca, dont la narratrice sait bien peu au début mais qui finalement semble s'insinuer dans toutes ses relations et la tourmenter au quotidien, mais l'intérêt du récit repose aussi sur l'évolution de la narratrice, à travers ses relations avec son mari et les domestiques (elle-même passe de dame de compagnie à maîtresse de maison, dans une demeure plus habituée à voir des grandes dames que des oiseaux tombés du nid). Le personnage de Rebecca est lui-même plus complexe que ce à quoi je m'attendais : je pensais qu'il s'agissait de la femme idéale qui ainsi ne peut être oubliée ni remplacée, mais Rebecca est finalement bien différente de cela.
Lu dans le cadre du mois anglais organisé ici sur ce blog et avec les très British Cryssilda et Titine (pour notre lecture commune Daphné du Maurier). Lu également pour le challenge God Save the Livre !

378 p
Daphné du Maurier, Rebecca, 1938


00:00 Publié dans Fantastique, Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (24) | Envoyer cette note | Tags : daphne du maurier, rebecca, roman anglais, suspense, manderley, mrs de winter, mr de winter, rebecca daphne du maurier, angleterre, littérature anglaise
27/12/2011
Merry Victorian Christmas !
Bonnes fêtes de fin d'année à tous !
Et quoi de plus sympathique en cette période qu'un bon petit polar au coin du feu ? C'est ce qu'a bien compris l'agent d'Anne Perry qui l'incite sans doute très fortement à pondre tous les ans un nouvel opus de Noël histoire de faire un peu de chiffre en fin d'année. Quoi qu'il en soit, ces petites bluettes de saison conviennent en général parfaitement aux trajets précédent mon réveillon. Et mes neurones apprécient le ronron bien huilé des enquêtes victoriennes des proches de Thomas et Charlotte Pitt.
Les enquêtes de Noël sont particulièrement légères : plus courtes, elles accordent souvent plus d'importance au contexte et aux personnages qu'à l'intrigue elle-même, qui en général ne casse pas trois pattes à un canard.
La Révélation de Noël n'échappe pas à la règle et ne risque pas de bouleverser le monde de la littérature policière, mais il m'a fait passer un bon moment.
Puisqu´enquête il y a, il fallait bien un meurtre (vieux de sept ans) et donc, un assassin. Le mobile est plutôt tiré par les cheveux (et surtout la façon assez improbable dont la victime avait découvert un secret concernant le meurtrier). Bien entendu, on suspecte à peu près tout le monde en imaginant des mobiles tout à fait plausibles ; c'est bien sûr l'un des personnages les moins concernés qui s'avère avoir un “squelette” dans son placard...
C'est cette fois-ci Emily qui joue les détectives amateurs... Emily, la soeur de Charlotte Pitt, cette jolie femme assez superficielle qui doit quitter Londres en période de fêtes pour se rendre dans un village perdu en Irlande, auprès d'une tante agonisante dont elle n'a que faire. Elle y découvre des Irlandais plutôt accueillants (malgré leur inimitié envers les Anglais) mais visiblement troublés plus que de raison à l'approche d'une tempête. Et lorsqu'un navire fait naufrage, le malaise s'accentue. Je vous laisserai apporter seuls une réponse (ou pas) à ce suspense quasi insoutenable.
Outre l'histoire sympathique parfaite pour se délasser, j'ai apprécié le cadre différent et j'ai été agréablement surprise par les jolies descriptions de la mer et des paysages sauvages de l'Irlande. Une lecture reposante qui m'a fait voyager (et m'a donné envie de faire mes valises). Voilà en somme une agréable surprise !
Si vous n'avez jamais lu Anne Perry ne commencez pas par ses histoires de Noël mais pour les amateurs du genre, [cet avant-]dernier cru devrait vous plaire.
(Lu et chroniqué l'an dernier, mais je n'avais pas publié mon billet !)
Dans le cadre du mois anglais organisé ici sur ce blog et avec les très British Cryssilda et Titine.

184 p
Anne Perry, La Révélation de Noël, 2008



00:29 Publié dans Littérature anglo-saxonne, Romans policiers | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note | Tags : anne perry, la révélation de noel, roman victorien, époaue victorienne, xixe, roman xixe, pitt
25/12/2011
Un thé au petit goût d'amande
Grâce à mon amie la terrible Titine, véritable tornade pour ma PAL, j'ai retrouvé cette chère Agatha Christie, que j'avais presque oubliée ! Curieusement, j'ai beau adorer l'Angleterre, me délecter de lectures anglaises, je n'éprouve - ou devrais-je dire n'éprouvais plus - de fascination pour cette sympathique dame. Quand j'avais douze ans, sur les conseils d'une copine, j'ai découvert Mort sur le Nil. J'étais dans ma période égyptienne, j'enchaînais les romans et livres plus sérieux sur l'Egypte ancienne, sur laquelle j'avais même écrit de petits textes. Bref, c'était l'Angleterre de mon adolescence (comme quoi j'ai finalement préféré les climats pluvieux). Mort sur le Nil a été un coup de coeur et j'ai rapidement lu quatre ou cinq Christie qui m'ont tous plu, puis j'ai oublié cet auteur aussi vite que j'y étais venue. J'ai bien fait une petite tentative avec La Maison biscornue mais malgré un bon moment, je n'ai pas non plus eu de révélation. C'était avant Mon petit doigt m'a dit, qui vient de me faire replonger. Si bien que ma PAL s'est alourdie de trois nouveaux Christie (elle en avait besoin, vous vous en doutez !).
Mr & Mrs Beresford, anciens détectives privés, rendent visite à la vieille tante Ada, ce vieux dragon qui prend toujours Tuppence pour une traînée et ne daigne parler qu'à son neveu. A l'occasion de ce court passage en maison de retraite, Tuppence Beresford rencontre une pensionnaire qui lui demande "s'il s'agissait aussi de l'un de ses pauvres enfants" et semble penser qu'il y a un cadavre dans la cheminée. Suffisamment éprouvés par quelques heures passées entre une vieille femme aigrie et une autre folle, les Beresford rentrent chez eux. Peu de temps après, Tante Ada meurt et le médecin de la maison appelle Thomas afin de lui faire part d'un petit souci : il semblerait qu'on meure souvent empoisonné au "Coteau ensoleillé. Mais il n'en fallait pas autant pour que Tuppence reprenne les bons vieux réflexes du métier : ayant hérité d'un tableau représentant une maison qu'elle est certaine d'avoir déjà vu, elle a cherché à se remettre en contact avec la femme ayant fait don de l'oeuvre à tante Ada (et qui n'est autre que la dame dérangée voyant des enfants coincés dans des cheminées)). Or cette pensionnaire a disparu. Son enquête la fera errer dans la campagne et les petits villages anglais (on en redemande !), où potins et histoires troubles ne manquent pas, s'il fallait encore épaissir le mystère.
Un excellent Agatha Christie, je me suis régalée d'un bout à l'autre ! L'histoire est bien ficelée et ne manque pas de ramifications, le ton est délicieusement anglais, le couple Thomas-Tuppence drôle et très attachant. Un petit moment de bonheur, savouré une tasse de thé à l'amande à la main !

252 p
Agatha Christie, Mon Petit doigt m'a dit, 1968
*****
En revanche le film m'a beaucoup moins plu. J'avais vu ce film ou une autre adaptation de Christie dans la même veine et je n'avais déjà pas trop accroché : beaucoup trop français à mon goût. Ayant lu le roman il y a juste quelques semaines, j'ai malgré tout eu envie de voir l'adaptation diffusée à la télévision depuis. Je reste sur mon sentiment mitigé, même si j'ai regardé le fim avec plus d'intérêt alors que j'avais abandonné en cours de route à chaque tentative précédente. J'aime beaucoup Catherine Frot et la trouve délicieuse et très drôle comme d'habitude, de même qu'André Dussolier. En revanche j'ai trouvé que plusieurs rôles secondaires ou plus mineure sont mal servis par des acteurs au débit mécanique. La transposition du cadre en Suisse n'est pas un problème en soi, si ce n'est que ce qui m'a tant plu dans le roman, c'est cette ambiance si British, que je n'ai bien sûr pas retrouvée. Le scénario prend des libertés avec le récit et extrapole. C'est parfois amusant mais on ne s'étouffe pas non plus de rire... tandis que l'histoire est un peu difficile à suivre si on ne connaît pas le fin mot de l'histoire, les révélations se succédant brutalement à la fin alors que certains personnages ou passages n'ont été qu'ébauchés précédemment. Bref, un film sympathique mais pour ma part, une petite déception.

Mon petit doigt m'a dit, un film de Pascal Thomas, 2004
Une chronique rédigée dans le cadre du mois anglais, organisé par Cryssilda, Titine et moi et du challenge God save the livre d'Antoni.

********
Je suis partie quelques jours mais je profite de ce billet pour vous souhaiter un joyeux Noël et de joyeuses fêtes, avec un petit clin d'oeil à mon sapin de cette année !

15:35 Publié dans Littérature anglo-saxonne, Romans policiers | Lien permanent | Commentaires (15) | Envoyer cette note | Tags : agathe christie, mon petit doigt m'a dit, challenge anglais, challenge mois anglais, mois anglais, tuppence beresford, beresford, angleterre, roman anglais, roman policier anglais
24/12/2011
Périr d'ennui à Noël
Si vous ne trouvez rien de mieux à faire cette année à Noël, vous pourrez toujours chercher Charlie, l'âne disparu de Minnie Maude. Ce sera l'occasion de vous promener près de Whitechapel dans la capitale britannique au XIXe siècle ce qui, à défaut d'être une balade passionante, aura le mérite de vous dépayser.
Vous risquez toutefois de vous poser de multiples questions, comme les jeunes héroïnes de ce Noël plein d'Espoir d'Anne Perry qui, deux paragraphes sur trois, répètent inlassablement les mêmes interrogations : mais pourquoi Charlie a-t-il disparu après la mort d'oncle Alf ? Pourquoi oncle Alf, chiffonnier de son état, n'a pas fait sa tournée habituelle ? Et s'il n'a pas fait sa tournée habituelle, pourquoi Charlie aurait disparu ? Mais si Charlie a disparu, pourquoi oncle Alf est mort ? Et si oncle Alf est mort, est-ce que Charlie a disparu ? Mais si Charlie a disparu, est-il toujours vivant ? Et s'il n'est pas vivant, est-il mort ?
Tout comme les petites Minnie Maude et Gracie Phipps qui, en recherchant un âne, se mêlent d'un meurtre déguisé en accident, j'ai pataugé dans les rues de Londres, transie de froid et morte d'ennui, attendant le prochain vendeur de marrons pour me remonter le moral. C'est bien le Noël le plus sordide que j'ai passé en compagnie d'Anne Perry, dans un roman englué dans la boue des bas-fonds de la capitale, avec une enquête qui n'avance pas, des scènes répétitives, une solution sortie de nulle part (le méchant aristo soupçonné depuis le début est bien le tueur, tandis qu'est confirmée la supposition faite au départ - une histoire de drogue tiré du chapeau comme un lapin de Pâques). Je me suis follement ennuyée et autant je m'étais régalée l'an dernier (billet de circonstance prévu pour le 27 décembre), autant je ne peux que vous recommander de passer votre chemin cette fois-ci, au risque de vous effondrer dans votre bouillon du soir à force de lassitude.

Sur ce blog, d'Anne Perry également :
- Perry Anne, La Détective de Noël
- Perry Anne, Le Secret de Noël
- Perry Anne, T06, Le cadavre de Bluegate Fields
- Perry Anne, T08, Meurtres à Cardington Crescent
- Perry Anne, T10, L'Egorgeur de Westminster
Lu dans le cadre du mois anglais organisé ici et avec mes amies Cryssilda (qui publie aussi aujourd'hui un billet sur Anne Perry) et Titine, et du challenge God save the livre d'Antoni.

153 p
Anne Perry, Un Noël plein d'Espoir, 2011


00:12 Publié dans Littérature anglo-saxonne, Romans policiers | Lien permanent | Commentaires (14) | Envoyer cette note | Tags : anne perry, un noel plein d'espoir, époque victorienne, roman anglais, roman anglais xixe, londres, londres xixe, challenge mois anglais
22/12/2011
Au bout du chemin, pas grand-chose
Avec enthousiasme, je me suis précipitée sur En Quête du rien, nouvelle inédite de Wilkie Collins publiée en octobre par les Editions du Sonneur. In fine je ressors un peu mitigée de cette lecture. Précisons tout de même que je n'ai pas lu ce texte dans de très bonnes conditions, puisque j'attendais que Mr Lou et Papa Lou se décident sur le choix d'une perceuse chez Mr Bricolage. Après Wilkie, j'ai également eu le temps de faire le tour des décorations de Noël et de feuilleter tous les livres de cuisine avant de quitter enfin les lieux, mais nous sommes partis munis d'une perceuse qui devrait en principe fonctionner et les deux heures passées chez Mr Bricolage étaient sans aucun doute justifiées.
Bien que mes séances de shopping soient follement intéressantes, c'est plutôt des aventures fort ennuyeuses du héros d'En Quête du Rien dont j'ai décidé de vous parler.
Le narrateur, surmené, se voit prescrire un repos absolu par son médecin : pas d'écriture, pas de lecture, rien qui pourrait troubler sa tranquillité. Il est heureusement appuyé par sa femme à "l'esprit pratique", qui écrit ainsi pour résumer : "règles pour le rétablissement de mon cher William. Pas de lecture. Pas d'écriture. Éviter excitation, contrariétés, angoisses, pensées. Fortifiant. Grandes joies déconseillées. Bons petits repas. Éviter aussi états mélancoliques. Autres recommandations à mon bien-aimé : courtes promenades (avec moi). Se coucher tôt. Se lever tôt. Nota bene : assurer sa tranquillé. Très important : veiller à ce qu'il ne fasse rien." (p9)
[spoilers]
[Partageant l'opinion de sa digne épouse, le héros se rend dans un village charmant et isolé afin de se reposer. Manque de chance, les bruits ne manquent pas, le couple est sans cesse dérangé, jusqu'à ne pas pouvoir dormir à cause de villageois jurant comme des charretiers. "Onze heures, me répond-il. Inutile de dire que ma femme et moi ne prenons pas le risque de nous coucher avant ce terme ; nous nous retirons alors dans notre chambre, trempés des pieds à la tête, si je puis dire, par cette giboulée d'obscénités." (p23)
Suivant de nouveau l'avis de sa femme, le héros quitte donc le terrible village pour un lieu plus propice à sa cure. "Ce dont je suis sûr à présent, c'est qu'un village isolé est sans doute le dernier endroit où chercher (le silence). Lecteurs, vous que vos pas guident vers ce but qui a nom tranquillité, évitez, je vous en conjure, la campagne anglaise." (p27)
Mais en bord de mer, notre cher William commence à songer que finalement l'oisiveté peut être une sorte de torture. Il contemple ainsi la mer : toujours les mêmes bâteaux à l'horizon. Il consacre un moment à l'observation des tableaux qui sont dans sa chambre d'hôtel, histoire de gagner du temps. Il admire un bienheureux pêcheur à qui il faut plus d'un quart d'heure pour redresser un clou - quel homme bienheureux qui ne pourra jamais s'ennuyer ! Quant aux heures des repas, elles n'arrivent jamais assez vite ! "Novice que je suis en oisiveté, comment puis-je espérer imiter quelque jour cet artiste consommé ?" (p38) Finalement, notre héros désespère : il ne peut travailler et ne peut paresser... quel dilemme !]
J'ai lu ce texte dans d'assez mauvaises conditions et il ne m'a laissé dans un premier temps qu'un souvenir plus que confus. En le feuilletant pour écrire mon billet, je souris davantage aux traits d'humour. Cette nouvelle n'est certainement pas un coup de coeur, j'ai trouvé certains passages assez drôles mais on voit très vite venir la suite et curieusement, cette nouvelle m'a presque paru un peu lassante. Pourtant, beaucoup de scènes sont savoureuses et dans l'ensemble ce texte très léger est agréable à lire... d'ailleurs je l'ai lu avec curiosité et sans ennui, y compris cette première fois qui m'a laissé si peu de souvenirs. Bref, une petite friandise sympathique, qui pourrait amuser ceux qui souhaitent découvrir Wilkie Collins sans commencer par un de ses longs romans.
Sur ce blog également :
- Collins Wilkie, La Dame en Blanc
- Collins Wilkie, Profondeurs glacées
- Collins Wilkie, Une Belle Canaille
Lu dans le cadre du mois anglais organisé ici sur ce blog et avec les très British Cryssilda et Titine, qui ont toutes deux beaucoup apprécié cette lecture. Lu également pour le challenge God Save The Livre !
Lecture commune autour de Wilkie Collins

46 p
William Wilkie Collins, En quête du rien, 1857

09:45 Publié dans Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (16) | Envoyer cette note | Tags : wilkie collins, en quete du rien, époque victorienne, xixe, xixe anglais, roman anglais, roman xixe
20/12/2011
Ivanhoé, dépressif en mode victorien
Vous avez lu Ivanhoé ? Vu une adaptation ? Tant mieux ! Pour vous Ivanhoé est juste un type en armure qui va guerroyer ? Peu importe ! Sachez simplement qu'Ivanhoé est un seigneur fort prompt à manier l'épée, un héros qui, de retour au pays, a épousé la blonde Rowenna après s'être épris de la brune Rebecca. En ce qui me concerne je n'en savais pas plus et vu mon intérêt pour les histoires de chevaliers et le peu d'empressement dont je fais preuve lorsqu'il s'agit de sortir mon seul Walter Scott de son étagère, il est fort probable que ma vision d'Ivanhoé restera longtemps celle de William Thackeray.
Le principe est simple : en livrovore averti, Thackeray a souvent souffert de voir tel ou tel auteur abandonner lâchement ses héros dans leur prime jeunesse, après leurs premiers exploits, alors que nul cheveu blanc ne venait ternir leur juvénile casque capillaire. Et comme le dit bien ce cher William, ce n'est pas parce qu'ils ont atteint la trentaine, se sont mariés et ont eu quelques enfants que les héros d'hier n'ont plus rien à montrer aux lecteurs.
Qu'à cela ne tienne, Thackeray est là pour nous sauver ! En l'occurence c'est Ivanhoé qu'il va tirer d'un mariage insipide avec la maussade et mesquine Rowenna, "cette blonde aux cheveux filasses" (p 16). Ivanhoé se languit de Rebecca, tandis que sa tendre épouse ne cesse de lui rappeler cette fâcheuse passade avec "la Juive", qui lui vaut des persécutions quotidiennes au sein de son foyer. Le noble chevalier finit par décider de rejoindre Richard Coeur de Lion pour se battre en France. Malencontreusement, il est laissé pour mort (mais William, le petit filou, avait décidé de fainter) et dès que la nouvelle de sa mort parvient en Angleterre, Rowenna fait son deuil (en s'offrant une coûteuse robe noire) avant de faire annuler son mariage (car il lui manque le corps de son défunt époux) et d'épouser le châtelain voisin. Je ne vous en dirai pas plus sur le récit car le suspense est insoutenable et je ne voudrais pas vous priver du plaisir de la découverte.
C'était pour moi une première découverte, même si plusieurs textes de Thackeray attendent chez moi depuis quelques années. On passe un moment fort divertissant en compagnie de cet Ivanhoé toujours insatisfait (à peine en ménage, le voilà qui soupire), qui s'évanouit régulièrement, massacre des milliers de Maures en un rien de temps à coup de hâche et d'épée. La fin à elle seule vaut son pesant de cacahuètes : "Ils se précipitent l'un vers l'autre, et maître Wamba déploie une bannière devant eux et assomme un curieux avec un jambon qu'il avait sur lui par le plus grand des hasards..." (p 106). Et lorsque vous trouvez dans un récit une princesse de Pumpernickel et un féroce chevalier Don Beltran de Cuchilla y Trabuco y Espada y Espelon, vous savez déjà que vous êtes entre de bonnes mains !
Les avis de Lilly (dont l'introduction m'a bien fait rire) et de Fashion et Yueyin
Aujourd'hui Cryssilda a présenté La Rose et la Bague
Lu dans le cadre du mois anglais organisé ici-même et avec mes amies Cryssilda et Titine, et pour le challenge God Save the Livre (21 livres lus).

107 p
William Thackeray, Ivanhoé à la Rescousse !, 1851



01:04 Publié dans Littérature anglo-saxonne | Lien permanent | Commentaires (20) | Envoyer cette note | Tags : thackeray, ivanhoé à la rescousse, roman victorien, époque victorienne, ivanhoe, roman xix
18/12/2011
Théâtres londoniens au XIXe
Il y a deux ans j'ai découvert un auteur victorien que je ne connaissais pas grâce à Alice, Arthur Symons, à travers un recueil incluant le court texte Esther Kahn.
Il s'agit d'une jeune fille élevée dans une famille juive de couturiers modestes, dont les ambitions la portent vers un autre univers : le théâtre. Bâtissant un film long sur une nouvelle très courte, Desplechin dépeint l'ascension d'Esther Kahn. La première partie insiste beaucoup sur les origines sociales de la jeune fille, avec de nombreuses allusions aux relations tendues qu'elle entretient avec sa mère. Celle-ci lui dit ainsi au début indirectement qu'elle ne fait qu'imiter sa famille mais n'a rien d'humain, puis la traite de vicieuse et l'accuse de pervertir ses soeurs, avec lesquelles elle partage sa chambre. Adorant le théâtre, Esther parvient à convaincre ses parents de l'aider quelques mois le temps de réussir et d'être en mesure de les rembourser. Elle joue des rôles mineurs mais cherche à améliorer son jeu, notamment grâce à un acteur juif plus âgé qui lui donne des cours dans un théâtre vide pendant la journée. Malgré tout, tant qu'elle n'aura pas vécu et notamment, souffert pas amour, Esther ne sera pas en mesure de jouer correctement - c'est du moins ce qu'on lui dit. Elle finit par s'éprendre d'un critique, qui l'abandonne pour une jolie potiche. Brisée, Esther se trouve obligée de jouer alors que son amant vient la provoquer en compagnie de sa nouvelle conquête. Elle excellera ce soir-là en souffrant le martyre. Une étoile est définitivement née, mais à quel prix ?

L'adaptation est assez déconcertante lorsqu'on connaît la nouvelle. A partir d'une trame qui lui sert de fil conducteur, Desplechin extrapole pour nous immerger dans la vie d'Esther Kahn et nous permettre de mieux comprendre ce personnage complexe et insaisissable. L'idée est louable, l'exécution plutôt réussie, malgré des bémols me concernant. J'ai surtout apprécié la reconstitution de l'époque, Londres et ses théâtres (un milieu que je ne connais pas - s'il vous intéresse je vous recommande vivement Que le spectacle commence ! d'Ann Feathertone), certains rôles secondaires (je pense notamment à Ian Holm, jouant l'acteur de troisième zone enrôlé pour servir de caricature aux personnages juifs, et qui donne des cours à Esther).

En revanche la façon dont est traité le personnage d'Esther Kahn m'a moins convaincue. Autant la dernière partie est extrêmement bien menée, lorsque l'on voit Esther dans les coulisses et sur scène, souffrant tant qu'elle veut se blesser et partir avant d'enchaîner finalement les répliques sur scène, autant j'ai trouvé qu'Esther paraissait complètement idiote parfois, avec des réactions bizarres, des regards vides, des grimaces lorsqu'elle est petite et des attitudes étranges plus tard, tout cela donnant à penser qu'elle n'a pas toute sa tête. J'ai été un peu dérangée par cet aspect sur lequel le film insiste beaucoup : un aspect qui met mal à l'aise et qui pour moi n'apporte pas grand-chose au sujet, la façon dont se réalise l'actrice. Dernier point : l'amant d'Esther parle avec un accent français très marqué (le film a été tourné en anglais), ce qui lui ôte toute crédibilité et vient nous perturber. Un film à découvrir sans aucun doute, qui présente de nombreuses qualités mais qui m'a moins plu que la nouvelle dont il est tiré.
Dans le cadre du mois anglais organisé ici-même et avec les délicieuses Cryssilda et Titine, et du challenge Back to the Past, organisé ici aussi avec ma chère Maggie.

Esther Kahn, un film d'Arnaud Desplechin, 2000

23:13 Publié dans Film | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note | Tags : esther kahn, desplechin, arthur symons, époque victorienne, angleterre victorienne, londres, londres victorienne, londres xixe, théâtre, théâtre xixe
17/12/2011
Last Christmas I met the Doctor
Petit souvenir de Noël dernier.
Je suis tombée par hasard le 25 décembre sur trois épisodes de Noël de la série Doctor Who, pour le plus grand plaisir de mon cher et tendre désormais converti, bien plus que moi d'ailleurs (et au grand désespoir du reste des téléspectateurs qui nous entouraient et ont été traumatisés par cette incursion dans le monde halluciné du docteur).

La Prophétie de Noël (2 épisodes - 2009)
Visiblement, il me manquait quelques épisodes pour tout comprendre à cette histoire qui de toute façon m'a un peu ennuyée.
Début de soirée. Le Tardis apparaît dans un vitrail. L'estomac bien rempli, l'esprit un peu embrumé Mr Lou et moi nous exclamons en choeur avec un enthousiasme déconcertant pour notre entourage: “un Tardiiiis, regarde !!!”.
Le générique arrive (ou était-ce juste avant ?). Nous voilà déchaînés, prêts à acclamer Docteur Tennant dès son arrivée. En attendant, nous accompagnons avec enthousiasme le générique : “Ouwiiou ouwiiou”!
Arrive le début. Une prison pour femmes, de grands malades, un peu de menace et là un grand méchant psychopathe revient à la vie grâce au sacrifice de ses disciples (les grands malades en question). S'ensuivent quelques scènes qui achèvent de traumatiser notre entourage : homme électrique qui peut s'envoler et dont on voit le squelette sur fond fluorescent lorsqu'il s'énerve. Summum de l'horreur, sa façon bien à lui de se déchiqueter et de dévorer tout ce qu'il avale.
Je vous ferai grâce de la suite. C'est compliqué.
Sachez tout de même que grâce à Doctor Who, l'humanité sera sauvée (on n'en attendait pas moins de lui). Au passage, le psychopathe qui mange comme un cochon mourra après avoir tenté d'asservir l'humanité et disparaîtront également les Seigneurs du Temps qui auront tenté de faire leur come back (avec à leur tête un Timothy Dalton assez névrosé).
Honnêtement, c'est la fin qui m'a intéressée, lorsque le docteur fait ses adieux aux différents compagnons qu'il a eus avant de se régénérer (séquence émotions - bye bye David Tennant !). Pour le reste, hormis la relation entre Wilfried et le docteur, j'aurais aussi bien pu me remettre au tricot ou sortir un Sudoku.

********** 
Cyber Noël (1 épisode - 2008)
J'étais à deux doigts de renoncer lorsque j'ai vu qu'il y avait un troisième épisode que je ne pouvais absolument pas rater puisqu'il se passait en Angleterre en 1851.
Docteur Tennant débarque à bord de son Tardis. Le voilà en période de Noël, heureux, épanoui, lorsqu'il entend quelqu'un l'appeler et se montre encore plus ravi de cet appel au secour. C'est sans compter sur Rosita, qui le remet à sa place et lui apprend qu'elle n'appelle pas un docteur quelconque mais LE docteur. Car un autre Docteur est bien là, sympathique, enthousiaste et victorien jusqu'au bout des ongles. Pourtant ce nouveau venu semble un peu étourdi. Son Tardis est une mongolfière et ses outils ne sont que des objets quelconques, sans pouvoir spécifique.

J'ai trouvé cet épisode excellent. Deux histoires se déroulent en parallèle : celle du docteur inconnu et du tandem qu'il forme avec Rosita, ainsi que celle de cybermen, qui ont décidé d'asservir le monde entier (pour changer), aidés d'une Victorienne manipulatrice et meurtrière comme les adore Mary Elizabeth Braddon. Beaucoup d'action, de l'humour et un cadre historique qui évidemment n'était pas pour me déplaire ! Un de mes épisodes préférés dans l'absolu (pour l'instant du moins).
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Dans le cadre du mois anglais organisé ici-même et avec mes amies Cryssilda et Titine.

19:07 Publié dans Fantastique, Film | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note | Tags : époque victorienne, angleterre xixe, angleterre, angleterre victorienne, doctor who, noel, noel doctor who, challenge anglais, challenge mois anglais, mois anglais, cyber noel, la prophetie de noel, david tennant
16/12/2011
Billet recap du mois anglais

Avant le 15 décembre :
- Lou : Le songe d'une nuit d'été, adaptation Théâtre de la porte St Martin (2011)
- Maggie : Le Crime de Halloween d'Agatha Christie
- Maggie : Barry Lyndon, adaptation de Stanley Kubrick, 1957
- Maggie : Meurtres entre soeurs, Willa Marsh
- Malice : Aurora Floyd de Mary Elizabeth Braddon
- Yueyin : Mansfield Park de Jane Austen
- Yueyin : Persuasion de Jane Austen
- Yueyin : Death comes to Pemberley de P.D. James
Jour 1 (15 décembre) :
- Elizabeth Gaskell était présente chez Cryssilda (North and South), Lou (North and South), Karine:) (Loïs the Witch), Eliza (Cranford) , Maijo (Wives and Daughters) et Titine (Crandford)
- Soukee : Meurtre à l’anglaise de Cyril Hare
- Syl : la recette des muffins au fromage
- Somaja : Le secret de l’épouvanteur
- Choupynette : A short story of tractors in ukrainian de Marina Lewycka
- Maggie : L’entourloupe dans l’azimut de Ian Fleming
- Val : The full monty
- Maeve : Tant que brillera le jour d’Agatha Christie
- Perséphone : Cranford et Return to Cranford
- Sharon : Un Noël plein d’espoir d’Anne Perry
- Malice : Tout change d'Anthony Browne
- Hilde : La Pluie avant qu'elle tombe, de Jonathan Coe
- Purple Velvet : Sourcellerie de Terry Pratchett
- Mrs Figg : Un Chant de Noël de Charles Dickens
- Val (lit) : The Intruders de Michael Marshall
- JainaXF : l'English cuisine
- SvCath : La Maison de soie d'Anthony Horowitz
- Emma : Jane Eyre de Charlotte Brontë
Jour 2 (16 décembre) :
- Hérisson : L’étang aux libellules de d’Eva Ibbotson
- Eliza nous parle des traditions de Noël
- Enna : Un cadavre dans la bibliothèque d’Agatha Christie
- Syl : L’erreur de l’épouvante de Joseph Delaney
- Val’s blog : Frankenstein de Mary Shelley
- Pimpi : Mr Darcy’s obsession de Abigail Reynolds
- Perséphone : Le guide du voyageur galactique de Douglas Adams
- Purple Velvet : Eric de T Pratchett
- Mrs Figg : Les mystère de la Forêt de Ann Radcliffe
- Malice : Lettres à Alice de Lewis Carroll
Jour 3 (17 décembre) :
- Perséphone vous a concocté votre programme tv de Noël
- Perséphone : Rachel Ray d'Anthony Trollope
- Titine : Cranford, l'adaptation BBC
- Malice : Au secours c’est Noël de Anne Fine
- Yueyin : How to marry a Marquis de Julia Quinn
- Karine:) : Macbeth de William Shakespeare
- Syl nous met l’eau à la bouche avec sa recette de Cornish pasties
- Lou : La Prophétie de Noël (2009) et Cyber Noël (2008), dctor Who
- Pascale : This is England de Shane Meadows (2006)
- Purple Velvet : Le dernier restaurant avant la fin du monde de Douglas Addams
Jour 4 (18 décembre) :
- Syl : Le pudding à la brioche
- Purple Velvet : Cracking Contraptions, Wallace & Gromit (courts-métrages)
- Cryssilda : Le tour d’écrou de Henry James
- Perséphone : The big over easy de Jasper Fforde
- Sharon : Marple, Poirot Pyne … et les autres d’Agatha Christie
- Lou : Esther Kahn d'Arnaud Desplechin
Jour 5 (19 décembre)
- Eliza : Plus jamais d'invités ! de Vita Sackville-West
- Maijo: Docteur Who et de Madame de Pompadour
- Karine : Docteur Who et de Madame de Pompadour aussi
- Malice : Le Noël du chat assassin d'Anne Fine
- Titine : Virginia Wolf de Michèle Gazier et Bernard Ciccolini (BD)
- Val's Blog : Derrière les coulisses du musée de Kate Atkinson
- Emma nous présente ses lithographies de horse guards
- Mrs Figg : Black Butler (manga d'inspiration victorienne)
- Hérisson : Where is Watson ? une enquête de Pig Sherlock (cahier d'activité)
Jour 6 (20 décembre) :
- Cryssilda : La rose et la bague de William Makepeace Thackeray
- Lou : Ivanohé à la rescousse ! de William Makepeace Thackeray
- Eliza a regardé The holiday
- Karine:) : Elizabeth et son jardin allemand de Elizabeth Von Arnim
- Maijo : Les sorcières de l’épouvanteur de Joseph Delaney
- Schlabaya : Autobiographie de Agatha Christie
- Malice : My Fair Lady de George Cukor
- Lilas n'a pas réussi à terminer Meurtres en soutane de P.D. James
- Emma : présentation d'une boîte aux accents anglais
Jour 7 (21 décembre) :
- Eliza nous invite dans le le cottage d'Iris dans The Holiday
- Yueyin : Cranford d'Elizabeth Gaskell
- Maijo : Les sorcières de l'Epouvanteur de Joseph Delaney
- Purple Velvet : Le songe d'une nuit d'été de William Shakespeare
- Hydromielle : Le secret de Lady Audley de Mary Elizabeth Braddon
- Malice : Isa visite Oxford de Lewis Carroll
- Val’s blog : Billy Elliot de Stephen Daldry
- George nous donne la recette de sa grande-tante écossaise
- Val a regardé The Duchess
- Hérisson : Les Quatre de Baker Street (tome 2)
Jour 8 (22 décembre) :
- Lou, Cryssilda et Titine : En quête du rien de Wilkie Collins
- Arieste : Les aventures de Tom Bombadil de Tolkien
Jour 9 (23 décembre) :
- Zarline nous présente David Attenborough
- Sharon : Allô, Hercule Poirot d’Agatha Christie
- Lydia : A ceremony of carols de Benjamin Britten
- Enna nous donne la recette des shortbreads
- Yueyin et sa citation du jeudi so english
- Maijo : The lord of scoundrels de Loretta Chase
- Somaja nous parle de Noël
- Dorothée nous présente ses marque-pages anglais
Jour 10 (24 décembre) :
- Lou : Un Noël plein d'espoir d'Anne Perry
- Cryssilda : Le voyageur de Noël de Anne Perry
- Mélodie : Brunswick Gardens de Anne Perry
- Lydia : Un chant de Noël de Charles Dickens
- Jainaxf : La vallée de la peur de Arthur Conan Doyle
- Malice : Noël et Lewis Carroll
Jour 11 (25 décembre) :
- Maggie : Cartes sur table d’Agatha Christie
- Lou : Mon petit doigt m’a dit d’Agatha Christie
- Val : Le Noël d’Hercule Poirot d’Agatha Christie
- Titine : Le Noël d’Hercule Poirot d’Agatha Christie
- Lydia : Les travaux d’Hercule d’Agatha Christie
- Enna : ABC contre Poirot d’Agatha Christie
- Perséphone : From time to time
- Val's Blog : Loin de vous ce printemps de Mary Westmacott (Agatha Christie)
- Mylène lit Une étude en rouge d'Arthur Conan Doyle
Jour 12 (26 décembre) :
- Cryssilda : L’homme au complet marron d’Agatha Christie
- Perséphone : Just Henry
- Karine:) : Les épisodes de Noël du Docteur Who
- Sharon : En quête de rien de Wilkie Collins
- Malice : A l'aube du XXe siècle, journal de Flora Bonnington
Jour 13 (27 décembre) :
- Lou : La révélation de Noël d'Anne Perry
- Titine : Jane Eyre par Cary Fukunaga
- Perséphone : Elephants can remember d’Agatha Chrsitie
- Karine :) : The last letter from your lover de Jojo Moyes
- Mylène poursuit son enquête en savourant un bon thé
- Malice : Nord et Sud d'Elizabeth Gaskell
- Céline : Downton Abbey saison 2
Jour 14 (28 décembre) :
- Choupynette : Acceptable loss de Anne Perry
- Perséphone : Downton Abbey Christmas special
- Pimpi : The mystery of the blue train d’Agatha Christie
- Jainaxf : The Doctor Who , the witch and the wardrobe
- Mrs Figg: Du sang sur la soir de Anne Perry
- Hérisson : La grande école du mal et de la ruse de Mark Walden
Jour 15 (29 décembre) :
- Isil : la citation du jeudi tirée de « Les tours de Barchester » de Anthony Trollope
- Céline : A room with a view de EM Forster
- Lou : Rebecca de Daphné du Maurier
- Titine : La maison sur le rivage de Daphné du Maurier
- Karine:) : The Duke and I (Daphné et le Duc) -- Les Bridgerton 1 de Julia Quinn
- Georges : L’affaire Prothéroe de Agatha Christie
- Somaja : Joyeuses funérailles de Frank Oz
- Hérisson : Bartimeùs : l’anneau de Salomon de Jonathan Stroud
Jour 16 (30 décembre) :
- Choupynette : ABC contre Poirot d’Agatha Christie
- Maggie : Créatures célestes de Peter Jackson
- Perséphone : A christmas carol de Charles Dickens
- Soukee : Frogs and owls de Michel Boucher
- Malice nous parle de la famille Terry (théâtre anglais)
Jour 17 (31 décembre) :
- Somaja : Christmas time in London
- Perséphone : January BBC programme
- Karine:) : The nature of monsters de Clare Clark
- Sharon : How to steal a dragon’s sword de Cressida Cowell
Jour 18 (1er janvier) : BONNE ANNÉE !!!
- Lydia nous parle des Monty Pythons
- Eliza : Le mystère d’Edwin Drood de Charles Dickens
- Hilde nous souhaite une bonne année anglaise
- Purple Velvet nous parle des Monthy Python
Jour 19 (2 janvier) :
- Cryssilda, Lou etTitine : Le mystère d’Edwin Drood de Charles Dickens
- Karine:) : Oliver Twist de Charles Dickens
- Perséphone : Great expectations-BBC
- Maeve : La bonté, mode d’emploi de Nick Hornby
- Somaja : Becoming Jane de Julian Jarrold
- Touloulou : Agatha Raisin and kissing Christmas goodbye de MC Beaton
- Les p’tits cartons d’Emma nous parle de Londres
- Eliza : Un Noël plein d’espoir de Anne Perry
Jour 20 (3 janvier) :
- George : Toute passion abolie de Vita Sackville-West
- Perséphone : Sally Lockhart mysterie-The ruby in the smoke-PBS 2006
- Malice nous parle du grand designer William Morris
Jour 21 (4 janvier) :
- Enna : From Hell de Alan Moore et Eddie Campbell
- Touloulou : Olivia Joule ou l’imagination hyperactive de Helen Fielding
- Titine : Drood de Dan Simmons
- Karine:) : Doctor Who-Kim Newman
- Cryssilda : Rebecca de Daphné du Maurier
- Perséphone : Sally Lockhart mysteries-Shadow in the North
- Mrs Figg : Autumn de Philippe Delerm
- Val : Joue la comme Beckham de Gurinder Chada
Jour 22 (5 janvier) :
- Karine:) : L’affaire Protheroe d’Agatha Christie
- Soukee : Seule contre la loi de Wilkie Collins
- Perséphone : Crocodile on the sandbank de Elizabeth Peters
- Yueyin et sa citation austinienne du jeudi
- Jainaxf : The unladylike adventures of Kat Stephenson de Stephanie Burgis
- Eden : Mort d’une garde de Colin Dexter
- Lou : The woman in black de Susan Hill
- Cryssilda et sa citation du jeudi spécial chouchou
- Hérisson : Time riders 1 de Alex Scarrow
- Val nous parle de l’expo Beauté, morale et volupté dans l’Angleterre d’Oscar Wilde au musée d’Orsay
- Syl : Le scandale Modigliani de Ken Follett
Jour 23 (6 janvier) :
- Karine:) : From Notting Hill with love … actually de Ali McNamara
- Enna : The house at Riverton de Kate Morton
- Lilsa : La maison du péril d’Agatha Christie
- Syl : Le sacrifice de l’épouvanteur VI de Joseph Delaney
- Soukee : Boys don’t cry de Malorie Blackman
- Arieste : A l’aube du XXème siècle : le journal de Flora Bonnington
- Lydia : Le vent des saules de Kenneth Grahame
- Yueyin : Oscar Wilde et le meurtre aux chandelles de Gyles Brandeth
- Eden : L’assassinat du roi Arthur de JB Livingstone
- Val : Sourires de loup de Zadie Smith
Jour 24 (7 janvier) :
- Maeve : Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates de Mary Ann Schaffer et Annie Barrows
- Hydromiel : Les aventures d’Oliver Twist
- Titine : Mari et femme de Wilkie Collins
Jour 25 (8 janvier) :
- Lou : L’hôtel hanté de Wilkie Collins
- Cryssilda : Profondeurs galcées de Wilkie Collins
- Sahron : Little Manfred de Michael Morpurgo
- Soukee : Mort sur le Nil d’Agatha Christie
- Pascale : Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates de Mary Ann Schaffer et Annie Barrows
- Karine:) : Angel d’Elizabeth Taylor
- Lydia : La vallée de la peur de Arthur Conan Doyle
Jour 26 (9 janvier) :
- Karine:) : Doctor Who saison2x3-Tooth and claws
- Syl : Le cauchemar de l’épouvanteur-VII de Joseph Delaney
- Malice nous parle de Sir Arthur Conan Doyle
- Val : L’auteur, l’auteur de David Lodge
- Mélodie : No name de Wilkie Collins
Jour 27 (10 janvier) :
- Enna : The Queen and I de Sue Townsend
- Syl : Le crime du golf de Agatha Christie
- Malice : Demeures de L'Esprit de Renaud Camus
- Titine : La Vie très privée de Mr Sim de Jonathan Coe
- Perséphone : Soulless de Gail Carringer
- Val : A year in the merde de Stephen Clarke
- Somaja : Les confessions de Victoria Plum de Anne Fine
Jour 28 (11 janvier) :
- Karine:) : H2G2-The restaurant at the end of the universe de Douglas Adams
- Céline : Jane Eyre de Robert Stevenson
- Pimpi : Jane Austen made me do it de Laurel Ann Nattress
- Jainaxf : The song of the quarkbeast de Jasper Fforde
- Val : Variations cinématographiques autour de Roméo et Juliette
Jour 29 (12 janvier) :
- Cryssilda : Lady Susan de Jane Austen
- Lou : Persuasion de Jane Austen
- Enna : Tourte au poulet et aux poireaux
- Titine : Raining stones de Ken Loach
- Isil et sa citation du jeudi Trollopienne
- Val : La mort n’est pas une fin de Agatha Christie
- Lilas : Le crime d’Halloween de Agatha Christie
- Karine:) : Persuading Annie de Melissa Nathan
- Maggie : Le bras de la vengeance de Thomas de Quincey
- Sabbio : Le meurtre de Roger Ackroyd de Agatha Christie
- George : Beauté, morale et volupté au musée d’Orsay
- Mélodie : Orgueil et préjugé de Jane Austen
- Eliza : Emma BBC 2009
- Yueyin : Raison et sentiment de Jane Austen
Jour 30 (13 janvier) :
- Touloulou : Orgueil et préjugé de Jane Austen
- Sabbio : La malédiction Shakespeare de Anne Ferrier et Régine Joséphine
- Karine:) : Noughts and crosses de Malorie Blackman
- Schlabaya : Nouvelles de Londres de Doris Lessing
- Les ptits cartons d’Emma : Emma de Jane Austen
Jour 31 (14 janvier) :
- Enna : Hand in glove de Robert Goddard
- Touloulou nous propose ze playlist du mois anglais
- Eliza nous parle de la mode edwardienne dans « Downton Abbey »
- Cryssilda : Mrs Muir et le fantôme de R.A. Dick
- Jainaxf : Sherlock saison 2
- Karine:) : Doctor Who-saison 6
- Choupynette : Affinity de Sarah Waters
- Mrs Figg : Downton Abbey
Jour 32 (15 janvier) :
- Enna : Le chat et les pigeons de Agatha Christie
- Touloulou : The Pythons, an autobiography by the Pythons
Challenge Le Mois anglais, du 15 décembre 2011 au 15 janvier 2012, organisé par Cryssilda, Titine et Lou (ici-même).

15/12/2011
Et voici Mrs Gaskell pour ouvrir le bal du mois anglais !
En ce début de mois anglais, je me livre à un périlleux exercice car je vais tâcher de vous raconter ma première rencontre avec Elizabeth Gaskell. L'objet du délit était North and South et ma lecture date de l'été 2010, pendant que je me prélassais près d'un lac en Allemagne.
J'ai abordé ce roman avec de très grandes espérances, après avoir vu et adoré l'adaptation de la BBC (que je compte revoir avant de la chroniquer ici). Cette adaptation m'avait en quelque sorte fait penser que ce roman pouvait avoir un air de Pride and Prejudice aux accents plus modernes, avec un roman à visée sociale, voire politique.
Je pense que le fait d'avoir vu l'adaptation avant a quelque peu nui à mon plaisir de lecture. Je m'attendais à un roman plus sentimental que ce qu'il n'est en réalité : ce n'est pas ce que je recherche dans un récit mais le fait est que je m'attendais à une histoire d'amour sur fond de contexte industriel, or c'est plutôt l'inverse que j'ai trouvé - j'imagine qu'une deuxième relecture me satisfera beaucoup plus car je n'aurai pas d'attentes parasites. Par ailleurs la série faisait de Margaret un personnage très attachant et c'est une jeune femme parfois assez agaçante que j'ai rencontrée. Margaret a une haute opinion d'elle-même et une vision des travailleurs assez particulière :
"Are those the Gormans who made their fortunes in trade in Southampton ? Oh ! I'm glad we don't visit them. I don't like shoppy people. I think we are far better off, knowing only cottagers and labourers, and people without pretence."
"You must not be so fastidious, Margaret, dear !" said her mother, secretly thinking of a young and handsome Mr. Gorman whom she had once met at Mr. Hume's."
"No ! I don't call mine a very comprehensive taste ; I like all people whose occupations have to do with land ; I like soldiers and sailors, and the three learned professions, as they call them. I'm sure you don't want me to admire butchers and bakers, and candlestick-makers, do you mamma ?" (p18-19)
En réalité cet extrait illustre bien le thème même du roman. Fille de pasteur, Margaret vit dans le sud de l'Angleterre et apprécie son quotidien assez simple à la campagne. Entourée d'un père studieux et d'une mère maladive et plutôt superficielle qui quelque part regrette d'avoir fait un mariage d'amour en-dessous de sa condition, Margaret est une fille aimante qui apprécie les bonheurs simples de la vie au prébystère et qui est estimée dans les environs pour sa gentillesse et sa solicitude envers les pauvres de la paroisse. Malheureusement, suite à une controverse religieuse sur laquelle son père ne veut pas céder, la famille Hale est obligée de quitter Helstone pour une ville industrielle du Nord, Milton. Dans un pays en pleine révolution industrielle, le fossé qui sépare la ville et la campagne, les propriétaires terriens et les commerçants, le Sud et le Nord est encore énorme. C'est ainsi que Margaret va rencontrer Mr. Thornton, jeune industriel ayant fait fortune dans l'industrie du coton.
Tous les oppose : Margaret plébiscite le travail de la terre, la simplicité de la vie qu'on mène à la campagne et l'érudition de son père et de leur entourage. Elle n'a que mépris pour les self-made men peu instruits ayant fait fortune rapidement tels que Mr Thornton, qui consacre sa vie à son travail et cherche à s'instruire en faisant appel à Mr Hale, avec qui il devient rapidement ami. Thornton est de suite fasciné par l'inaccessible Margaret - bien que sa mère ne juge pas d'un bon oeil cette demoiselle pauvre qui s'imagine supérieuse à eux ; Margaret n'a que mépris pour lui et se prend rapidement d'amitié pour une famille d'ouvriers employés par Mr Thornton et vivant dans la misère. A noter que ce qui est amusant concernant Margaret, c'est que son idéalisation du sud est davantage dû à ses souvenirs et à son attachement pour ses parents qui y résident, car au début du roman elle vient de quitter Londres pour ce village, après avoir été élevée par sa tante, auprès de sa cousine.
Plus j'y repense, plus je me rends compte combien j'ai apprécié cette lecture finalement. Ecrit au coeur du XIXe et par une femme qui plus est, ce roman dépeint avec minutie l'industrialisation brutale de l'Angleterre, sans faire dans le pathos ou trancher avec mièvrerie en faveur des ouvriers, auxquels étaient imposées des conditions de travail extrêmement difficiles, pour un salaire bien maigre. Certes, Gaskell dépeint bien les dérives d'une industrialisation qui, après avoir donné du travail à beaucoup, a rapidement pu imposer des conditions de travail honteuses compte tenu de la loi de l'offre et de la demande sur le marché du travail (on évoque même à un moment la possibilité de faire venir des Irlandais pour remplacer les Anglais en grève). Malgré tout, elle parvient à faire de Thornton, l'incarnation du capitalisme triomphant, un homme attachant, certes dur mais qui évolue au fil du temps, capable après réflexion de s'intéresser au sort de ses ouvriers et de chercher à se montrer plus juste. Quant à sa fortune, elle est également mise à mal par les aléas du marché : c'est un homme qui ainsi doit se remettre en question et sans cesse travailler. En ce sens il incarne une vision positive de l'entrepreneur, maître de son destin et non platement assis dans un fauteuil en attendant que les pièces tombent. Je trouve cette illustration intéressante au regard des diverses théories et controverses économiques qui déjà à l'époque ne manquaient pas, les visions simples d'Adam Smith et de Ricardo ne suffisant plus à expliquer le système en place.

Les ressorts du roman victorien à multiples rebondissements sont bien présents également, avec cette pauvre Margaret qui traverse de terribles épreuves tout au long du roman, avant un véritable coup de chance. Sans compter un aspect secondaire mais essentiel au déroulement de l'histoire : son frère, qui était dans la marine, est accusé de trahison pour avoir refusé d'obéir aux ordres d'un capitaine odieux. Il risque la peine de mort et se tient ainsi éloigné des côtes anglaises, ce qui ajoute un peu de mystère à l'histoire de Margaret, tout en pointant du doigt le manque de discernement de la justice anglaise de l'époque.
En somme, voilà un roman dense dont je garde un souvenir assez précis - ce qui est un signe car j'oublie très souvent ce que j'ai lu il y a plusieurs mois. Un roman qui finit par une petite note romantique et amusante, Thornton et Margaret pensant aux réactions de leurs parents respectifs à l'annonce de leurs fiançailles (allez vous vous doutiez bien que cela finirait comme ça) : "That man !", "That woman !"

Dans un certain sens, ces derniers mots pourraient s'appliquer à Elizabeth Bennet et Fitwilliam Darcy, que j'avais à l'esprit avant d'aborder ce roman. Il est vrai que Mrs Gaskell a choisi des personnages aux profils rappelant ces deux héros de Jane Austen : fiers tous les deux, lui riche et elle pauvre (Thornton incarnant la nouvelle richesse tandis que Mr Darcy était l'exemple même du propriétaire terrien), les deux finissant par trouver un compromis et apprendre de leurs erreurs dues à un excès d'orgueil. Les parents de Margaret eux-mêmes ne sont pas sans évoquer le couple Bennet, entre le père rat de bibliothèque et indulgent, la mère encline à se plaindre de son triste sort et un peu frivole (par exemple il est dit au début du roman que son époux avait dû renoncer à toute lecture à voix haute pour égayer les soirées, car ces moments quelque peu studieux n'étaient pas du goût de son épouse) ; Mrs Thornton, la mère du héros, peut également rappeler Lady Catherine de Bourgh car elle a une haute estime d'elle-même et plus encore, de son fils adoré, mais au final malgré des airs sévères elle souhaite avant tout son bonheur - c'est aussi par jalousie qu'elle n'apprécie pas Margaret, qui lui dérobe son précieux enfant.
Un roman qui suscita à l'époque des débats entre Gaskell et Dickens : "The cordial business relationship between Gaskell and Dickens deteriorated over disagreements about North and South. Gaskell worried that Dickens's industrial novel Hard Times, which would be published first, might steal her thunder by treating the same themes she had. "I am not going to strike," Dickens wrote, "so don't be afraid of me." Dickens wished to shorten the part in which the heroine's father, an Anglican minister, doubts the trinity and other doctrines and decides to leave the church. He thought it "a difficult and dangerous subject." Gaskell refused and afterwards resisted having the work shortened, retitled, or shaped for serialization. Dickens vented his frustration to a friend, "If I were Mr. Gaskell, O heaven how I should beat her!" The relationship, although somewhat cooled, nevertheless survived these hard negotiations." (Extrait issu de la page consacrée à Gaskell sur le Dictionary of Unitarian & Universalist Biography)
A noter l'intéressant article de Wikipedia sur le lien entre le roman et l'adaptation.
D'autres avis sur ce roman : Lilly, Clarabel, Titine, Pimpi, Fashion, Wictoria, Emilie, Clara, Keisha, Karine:), Anou, Isil (la première à m'avoir donné envie de lire Gaskell, il y a déjà quelques années), A little bit dramatic... et depuis Jeneen (avec deux billets enthousiastes, un sur le roman, l'autre sur l'adaptation... Jeneen pour qui Thornton a détrôné Darcy, eh oui!).
Lu dans le cadre du mois anglais organisé ici-même et avec mes amies Cryssilda et Titine, et pour le challenge God Save the Livre (20 livres lus).

521 p
Elizabeth Gaskell, North and South, 1854-1855


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