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29/07/2011

Vampirisme aux Etats-Unis

wharton,lovecraft,brown,éditions folioCeux qui me connaissent savent que j'ai une certaine prédilection pour les vampires de la vieille génération, ceux qui ne portent pas de fond de teint, qui ne vivent pas d'histoires à l'eau de rose avec des mortelles qu'ils viennent espionner la nuit (même si je me suis découvert l'an dernier une passion pour les premières saisons de Buffy). C'est donc avec beaucoup d'intérêt que j'ai lu Bloody Tales, les Histoires sanglantes de Wharton, Lovecraft et Brown publiées chez Folio bilingue... si ce n'est que j'ai découvert que j'avais déjà lu les deux premières nouvelles (ce qui est bien avec moi, c'est ma capacité à oublier certaines de mes lectures, si j'étais raisonnable je pourrais presque relire indéfiniment les mêmes livres - peut-être le secret de mes relectures compulsives quand j'étais petite !).

Dans Bewitched, Wharton met en scène un village isolé, lors d'un hiver rude. Une femme fait appel à trois villageois pour l'aider à sauver son mari, ensorcelé par une morte qu'il rencontre régulièrement dans une cabane. Je me souviens que lors de ma première lecture, le climat et l'environnement m'avaient fait anticiper une lecture un peu moins enthousiasmante que mes précédentes rencontres avec Wharton. Mais c'était sans compter sur le génie de cet auteur, dont j'apprécie énormément les textes courts. Une histoire de vampire où la créature n'est jamais directement visible, mais reste constamment présente à l'esprit. A noter que sans verser une goutte de sang, Wharton sait rendre sa morte omniprésente et bien inquiétante.

Je n'aurais peut-être pas classé La Maison maudite de Lovecraft parmi les textes consacrés aux vampires, mais c'est une nouvelle que j'ai adoré lire. Je l'avais déjà découverte l'an dernier, dans le recueil L'Abomination de Dunwich dont je prévois de vous parler depuis ! Un texte fascinant, oppressant aussi, portant sur une maison imposante, vétuste, dont la construction remonte aux origines de la ville. Une maison qui a pour particularité le fort taux de mortalité qui la caractérise. Au final, l'histoire prend un tour davantage proche de la science-fiction, avec une solution à la fois concrète, presque scientifique et une origine fantastique.

Enfin Du Sang de Brown, un texte très court mais efficace où deux vampires fuient dans leur capsule temporelle pour trouver un monde idéal et, à court de carburant, finissent par se poser dans un monde où la seule vie qui règne appartient au monde végétal, avec des personnages-navets.

Un bon choix de textes pour les lecteurs s'intéressant aux vampires et une introduction intéressante à l'oeuvre de Lovecraft et de Wharton.

Merci beaucoup à Constance de Folio pour cette lecture.

Les avis d'Archessia, Malice, Titine...

219 p

Collectif, Bloody Tales

23/07/2011

Paris avec Queneau

raymond queneau,connaissez-vous paris,éditions folio,paris,littérature parisHabitant depuis maintenant près d'une dizaine d'années à Paris, je me suis beaucoup attachée à cette ville dans laquelle j'aime flâner pendant mes week-ends ou au cours d'agréables soirées. J'ai donc été curieuse de lire Connaissez-vous Paris ? de Raymond Queneau. En réalité, c'est un écrivain que je n'aime pas beaucoup lire mais j'ai pensé que ce petit guide pourrait me séduire par son originalité.

Connaissez-vous Paris ? reprend une série de questions posées par Raymond Queneau aux lecteurs du quotidien l'Intransigeant à l'aube de la deuxième guerre mondiale. Le format adopté dans l'édition d'une sélection de ces questions chez Folio est le suivant : une série de questions sur une page, leur réponse sur la page suivante. Le lecteur peut ainsi jouer le jeu et essayer de répondre aux devinettes de Queneau, qui demandent ceci  dit une bonne connaissance de l'histoire de la capitale.

Ce petit livre satisfera les curieux, en revanche, si vous attendez de Queneau un soupçon d'humour ou des chroniques ludiques, vous serez sans doute un peu déçus par ces questions-réponses assez factuelles.

Par exemple :

"Où se trouve la ruelle Sourdis et que représente-t-elle de particulier ?

La ruelle Sourdis, qui va de la rue Charlot à la rue Pastourelle (dans le 3e), est une des dernières voies de Paris avec ruisseau central. Elle était encore, il y a quelques années, éclairée à l'huile".

A lire petit à petit, peut-être en profitant d'une petite pause lors d'une balade à Paris pour chercher un secret concernant les rues des alentours.

D'autres billets La Grotte des Livres, Homaditha, Malice...

Et pendant que vous découvrez Paris, je vais me promener une fois de plus dans les rues de Londres...

176 p

Raymond Queneau, Connaissez-vous Paris ?, 1936-1938

15/07/2011

Durrisdeer, Ecosse, XVIIIe

stevenson_maitre ballantrae.jpgJe n'ai pas toujours été tendre avec Stevenson, mais ça, c'était avant. Car la lecture du Maître de Ballantrae a été la révélation tant attendue : j'ai pris un immense plaisir à découvrir ce récit de Stevenson, que j'arrive enfin à classer parmi mes grands auteurs victoriens. Il était temps (car cette incompréhension mutuelle me taraudait depuis longtemps) !

Ecosse, XVIIIe, pendant la guerre civile. Au manoir de Durrisdeer, le Maître de Ballantrae, héritier du titre, et Henry, son frère cadet, jouent à pile ou face leur sort en ces temps incertains : le Maître partira combattre avec les rebelles tandis que Henry et son père afficheront leur fidélité au roi George. Ce tirage au sort se fait à la demande du Maître, joueur, opportuniste et aventurier, contre l'avis du père et du frère, persuadés que le tenant du titre devrait rester au manoir. Le Maître part, recrute une troupe de rebelles en soudoyant et menaçant de braves villageois et, au bout d'un certain temps, l'un d'eux revient dans la région et prétend être le seul survivant de l'expédition. Le Maître serait donc mort, mais en réalité, il revient à de nombreuses reprises au cours du récit.

Henry, le cadet, est donc amené à hériter du titre. Contrairement à son frère aîné qui n'est qu'un calculateur peu recommandable, Henry est un homme posé, droit et bon, très amoureux de sa cousine Alison, autrefois promise au Maître. Malgré toutes ses qualités, cet homme n'est reconnu à sa juste valeur que par l'intendant du domaine (narrateur principal) : son père lui est reconnaissant mais préfère le fils indigne, Alison se voit contrainte de l'épouser tout en mettant un point d'honneur à rappeler sa fidélité au disparu, les villageois conspuent Henry qu'ils accusent de la perte d'un homme qui, guère aimé de son vivant, est devenu un héros en mourant.

Tout d'abord qualifié de "tale" par Stevenson, puis de "tragédie", ce récit mélange les genres avec panache : roman d'aventures, où l'on découvre un bateau pirate, des indiens "scalpeurs", une traversée en mer sous la tempête, l'Inde, sans parler de la guerre civile, fond de toile ; mais aussi tragédie, où deux frères  se haïssent et se livrent un combat sans fin, qui ne pourra aboutir qu'à la mort de l'un d'eux, et où l'amour n'est jamais réciproque.

Les personnages sont peu nombreux dans ce récit qui repose principalement sur le duel opposant les deux frères : Ballantrae, dépossédé de son titre, de sa fortune et, accessoirement, de sa fiancée, nourrit une rancoeur sans fin à l'égard de son cadet ; celui-ci, d'abord plutôt enclin à céder au chantage auquel il est soumis, finit petit à petit par céder à la folie, la solitude l'ayant peu à peu détruit.

L'évolution des personnages est particulièrement fascinante : au début du récit, Henry est le frère incompris, certes un peu terne mais intègre, intelligent; puis il devient de plus en plus dur et intraitable, afin de faire de son frère une véritable obsession, qui causera sa perte ; à la fin, Henry devient un être pitoyable, qui n'a plus tout à fait sa tête et qui s'aliène ceux qui lui sont finalement attachés.

A l'inverse, le Maître est au début une sinistre individu, buveur, fourbe, profitant de son vieux père au coeur trop tendre ; c'est aussi un séducteur, beau parleur, capable de tromper facilement son entourage (à côté de lui le pauvre Henry paraît bien fade à leur père et à la nouvelle Mme Henry Durrie) ; malgré tout, petit à petit, on finit par prendre un peu en pitié le Maître, qui parvient à manipuler le lecteur sans doute ; en dépit de la façon dont il persécute Henry et sa famille, le Maître est finalement un homme qui a échoué toute sa vie, que tous détestent et méprisent et dont le dernier compagnon est son serviteur indien.

A noter le parallèle entre McKellar, serviteur dévoué de Henry et Secundra Dass, qui accompagne le Maître : tous deux sont les  seuls alliés indéfectibles des frères ennemis.

Voici deux passages donnant un apperçu intéressant du Maître (le premier étant l'un des seuls extraits plutôt amusants) :

"Il haïssait le baron d'une haine terrible ? demandai-je.

- Ses entrailles se nouaient quand l'homme approchait de lui, dit le Maître.

- J'ai ressenti cela, dis-je.

- En vérité ! s'écria le Maître. ça, c'est une nouvelle, alors ! Je me demande... je me flatte, peut-être ? ou suis-je la cause de ces perturbations abdominales ?" (p827)

"Si j'avais été le moindre petit chef de clan dans les Highlands, si j'avais été le plus petit roi des nègres qui vivent nus dans le désert d'Afrique, mon peuple m'aurait adoré. Mauvais, moi ? Ah ! mais j'étais né pour faire un bon tyran ! Demandez à Secundra Dass ; il vous dira que je le traite comme un fils. Unissez votre sort au mien demain, devenez mon esclave, mon bien, une chose que je puisse commander, comme je commande les forces de mes membres et de mon esprit... vous ne verrez plus ce côté sombre que je tourne vers le monde, dans ma colère. Il me faut tout ou rien. Mais quand on me donne tout, je le rends avec usure. J'ai le caractère d'un roi : c'est ce qui fait ma perte !" (p831)

Un texte superbe et foisonnant qui mêle habilement les récits les plus divers. Conduisant le lecteur d'un manoir écossais jusqu'aux forêts glacées d'Amérique du Nord, ce livre dépaysant est de ceux que l'on ne peut abandonner. La lutte fratricide du Maître et du nouveau Lord est aussi la nôtre, et c'est le coeur glacé d'effroi que nous suivons les tortueux chemins conduisant au désastre final.

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366 p

Robert Louis Stevenson, Le Maître de Ballantrae, 1889

stevenson, le maître de ballantrae, pléiade, roman écossais, roman victorien, roman xixe, écosse, challenge kiltissime, henry durrie, durrisdeer  Challenge-god save the livre.jpgChallenge God save le livre : 11 livres lus

11/07/2011

Finding Neverland

findingnerverland01.jpgL'univers de Peter Pan exerce depuis longtemps une certaine fascination sur moi. J'avoue avoir découvert le personnage à travers l'adaptation très libre de Disney et, si j'ai pu depuis mesurer à quel point cette version était simpliciste et hollywoodienne par rapport à l'oeuvre de Barrie (que j'ai à peine commencé à explorer), je garde un souvenir attendri de cette première rencontre, Peter Pan ayant à l'époque peut-être été mon personnage favori. J'ai depuis lu (il y a quelques années) le récit Peter Pan, mais pas encore la pièce. Je suis également en train de lire un ouvrage sur Peter Pan publié aux éditions Autrement, j'ai lu récemment Le Portrait de Margaret Ogilvy par son fils (dans sa traduction chez Actes Sud) et j'ai commencé à parcourir James Matthew Barrie and the Lost Boys d'Andrew Birkin, qui promet d'être une lecture inoubliable.

Finding Neverland est une version très "romancée" de la rencontre entre James Matthew Barrie et la famille Llewelyn Davies, ainsi que de la genèse de Peter Pan.

Auteur célèbre qui vient toutefois d'essuyer un échec avec sa dernière pièce, James Matthew Barrie est un génie qui a gardé l'âme d'un enfant. Contrairement à sa femme, bien plus soucieuse des convenances, Barrie aime s'échapper avec son chien Porthos et travailler dans les jardins de Kensington. C'est là qu'il fait la connaissance des enfants Llewelyn Davies et de leur mère Sylvia, veuve depuis quelque temps. Entre eux naît une amitié qui comptera rapidement de plus en plus dans la vie de l'auteur, qui s'attache aux enfants et tombe amoureux de la mère. Cette relation devient sans surprise la cible des ragots : Madame Barrie, lasse de vivre seule, trompe son époux puis finit par le quitter, tandis que la mère de Sylvia tente d'intervenir pour sauver la réputation menacée de sa fille.

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Ce film assez éloigné de la vérité sur de nombreux points est pour moi un très joli coup de coeur. A vrai dire je l'avais déjà vu il y a quelques années et bizarrement, je m'en souvenais assez peu, hormis les grandes lignes. C'est un film à la structure assez classique ("académique" ai-je pu lire), ce qui peut surprendre compte tenu du sujet. C'est aussi un film grand public, qui saura vous faire rire et vous émouvoir (la fin a de quoi faire fondre en larmes les plus tendres, et peut-être les autres aussi).

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Malgré tout, outre le jeu de Johnny Depp (très éloigné physiquement de Barrie mais tout à fait crédible dans ce rôle, tel qu'il a été défini par le réalisateur) et de Kate Winslet, j'ai été très sensible au caractère rêveur de Barrie dans ce film. Je m'émerveillais de voir ce personnage transformer une situation réelle souvent banale en une véritable aventure, sous la forme d'hallucinations. Je pense en particulier au passage où il imagine que la grand-mère des enfants Llewelyn Davies est une sorcière, sur le point de les séquestrer. Un film qui brosse le portrait d'un James Matthew Barrie très humain qui, à la fin du film, ne peut que révéler son impuissance face à la mort lorsqu'il est interrogé par le petit Peter ; pour une fois, Barrie ne peut habiller la réalité pour en faire un monde bien plus exaltant que ce qu'il n'est.

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Un film esthétique, touchant, invitant à découvrir davantage l'univers de James Matthew Barrie, et dont je vais garder un souvenir empreint de féérie.

Voici sur Chasing the Frog un article assez concis faisant un parallèle entre le film Finding Neverland et les circonstances de la création de la pièce Peter Pan, ainsi qu'un autre plus détaillé sur le site Awesome Stories.

Avis sur le film : Gatomon, Critikat, Film de culte

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Finding Neverland, un film de Marc Forster (2004)

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09/07/2011

Callander, Ecosse

filmimogene-mccarthery02.jpgDepuis le début du challenge Kiltissime, l'indomptable Imogène McCarthery a fait l'objet de nombreux articles, à tel point qu'il n'y a sans doute plus grand-chose à dire au sujet du film de 2010 inspiré du premier roman de la série d'Exbrayat.

Ecossaise et fière de l'être, Imogène vit en exilée à Londres et travaille en tant que secrétaire à l'amirauté. Elle se chamaille avec ses collègues, prend sous son aile une collègue à moitié écossaise et tient régulièrement tête à son supérieur hiérarchique, qui n'est  jamais rien qu'un Gallois à demi sauvage ! Lorsqu'elle est convoquée par la direction suite à une ultime altercation, Imogène envisage déjà son licenciement. C'est une surprise qui l'attend, puisqu'on lui demande de jouer les espionnes et de remettre dans le plus grand secret les plans d'un avion qui intéresserait grandement la puissance russe (nous sommes encore en période de guerre froide). Dès lors, Imogène part dans les Highlands, son "pays" natal, bien décidée à défendre jusqu'à la mort la précieuse enveloppe qui lui a été remise.

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Maintenant que j'ai lu le premier roman d'Exbrayat (découvert après le film), je me rends compte des nombreuses libertés prises avec Ne vous fâchez pas, Imogène ! Dans ce dernier, Imogène s'imagine bien plus facilement que tous les hommes qui l'entourent s'intéressent à elle ; elle ne retrouve aucun amour d'enfance en revenant à Callander, ainsi le happy end est bien moins fleur bleue. On retrouve en revanche dans le film l'humour décalé, l'exagération et les stéréotypes volontaires qui font du roman d'Exbrayat une lecture très divertissante.

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Le film Imogène McCarthery m'a énormément amusée et, si j'ai pu lire quelques avis très négatifs, je ne partage pas du tout la frustration de ceux qui ont vu dans cette bluette un film fade est passablement ennuyeux. Catherine Frot incarne à la perfection Imogène et Lambert Wilson fait un parfait imbécile heureux, rôle nouveau pour lui mais qui lui sied à merveille (n'y voyez aucune ironie, j'ai simplement apprécié le décalage entre ce rôle et l'image que l'on a en général de Wilson).

Comme vous le voyez ci-dessous Imogène est une espionne très discrète !

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Mais elle sait au moins régler proprement les situations problématiques !

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A conseiller sans hésitation si vous aimez l'humour au quinzième degré... en ce qui me concerne, j'ai vu deux reprises ce film et me suis régalée à chaque fois ! Et Mr Lou, qui rechignait à le voir, s'est bien amusé lui aussi.

Mon billet sur le roman Ne vous fâchez pas, Imogène ! de Charles Exbrayat.

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Imogène McCarthery, un film de Franck Magnier et Alexandre Charlot (2010)

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03/07/2011

Edimbourg attaquée par des zombies en 1759

doctor who the many hands.jpgThe Many Hands de Dale Smith est l'un des nombreux livres publiés en marge de la série Doctor Who. Nous sommes à Edimbourg en 1759. Le docteur (David Tennant) et Martha voient l'un de leurs voyages dans le temps bousculé par l'attaque d'un fiacre par un mort-vivant. Suite à une course poursuite, le docteur est "malencontreusement" arrêté par des soldats, dont la capitaine a tendance à faire de l'excès de zèle. Les péripéties sont assez nombreuses et je vous  passerai les détails (d'autant plus que ce livre n'ayant aucun intérêt littéraire je ne voudrais surtout pas vous priver du plaisir de l'action). Sachez simplement que ce roman compte :

plague doctor schnabel.jpg- Des mains grisâtres douées d'une vie propre

- Une armée de zombies sortie d'un loch et bientôt rejointe par toute la population d'un cimetière

- Deux docteurs fous se livrant à des expériences insolites et adeptes du clonage

- Benjamin Franklin, qu'on voit peu mais dont le comportement est louche (on apprend que ses découvertes scientifiques sont dues à des phénomènes peu naturels)

- Le fantôme d'un docteur de la peste ("plague doctor")

Sachez également que l'on fait un plongeon dans les ruelles sordides et obscures de l'ancienne ville dont les vestiges sont aujourd'hui encore enfouis sous les rues d'Edimbourg.

Ce roman très léger se lit facilement et, après un démarrage poussif en ce qui me concerne, je l'ai lu très rapidement, profitant de son caractère délassant pendant une semaine plus que chargée. Beaucoup d'éléments m'intéressaient dans cette histoire (j'ai d'ailleurs adoré me promener dans la ville souterraine) et j'aurais beaucoup aimé lire un récit plus abouti traitant des mêmes sujets.

Pour les amateurs de Doctor Who et les amis des zombies.

Voir le site Doctor Who Reviews pour un autre avis.

Merci à mon amie Cryssilda pour le prêt !

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256 p

Dale Smith, The Many Hands, 2008

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Challenge-god save the livre.jpgChallenge God save le livre : 11 livres lus (Catégorie Princesse Diana : 15 livres lus)

02/07/2011

Il sera plongé de la lumière dans les ténèbres

teleny.jpgDe Wilde j'avais lu quelques contes et nouvelles, The Importance of Being Earnest et The Picture of Dorian Gray. Aussi, Teleny s'est avéré une lecture quelque peu atypique, puisqu'il s'agit un roman érotique.

Son histoire est assez curieuse également, puisque  ce récit a été écrit à plusieurs dans le cadre d'un jeu (érotico ?) littéraire orchestré par Wilde qui, comme l'indique Jean-Jacques Pauvert dans la préface, porta assez d'intérêt à ce projet pour le remanier et le réécrire, d'où l'unité de ton.

Dans ce roman d'apprentissage, le jeune narrateur Camille Des Grieux s'éprend de Teleny, sombre et séduisant pianiste étranger. Fantasmes, expériences hétérosexuelles s'ensuivent jusqu'à se noue une relation charnelle entre Camille et Teleny, l'histoire se terminant tragiquement.

Teleny est assez déroutant pour ceux qui ont déjà lu Wilde. Ce ne sont plus les traits d'humour, les célèbres bons mots qui occupent le devant de la scène. C'est un récit à la fois sombre et très cru, où les scènes à caractère pornographique se succédent.

wrestlers-eakins2.jpgCamille nous fait un peu penser à Dorian Gray au double visage, à travers cette homosexualité qu'il n'assume pas pleinement dans une société victoriene à la morale officiellement très stricte. Ainsi, lorsqu'il reçoit un billet le menaçant de le dénoncer, il hésite à retrouver Teleny, torturé entre son amour et son désir d'une part et sa peur de ce que la société pourrait lui réserver de l'autre.

Je me suis également beaucoup interrogée sur le rôle de la mère, ombre à la fois bienveillante et vampirique : la mère de Camille, très jeune et jolie, l'accompagne lorsqu'il se rend aux concerts de Teleny, le réveille lorsqu'il fait un rêve érotique, s'inquiète de son agitation lorsqu'il devient l'amant de Teleny et pour finir, devient en quelque sorte sa rivale en amour. Camille dit d'ailleurs de façon générale : "Par-dessus tout, j'abhorrais la femme, malédiction du monde." (p47)

Wilde nous plonge par ailleurs dans les lieux les plus sordides de l'époque victorienne. La question de la morale affichée en contradiction totale avec le comportement est ici continuellement posée, les jeunes hommes de la bonne société se retrouvant pour des parties fines qui parfois se terminent mal : dans un bordel de Tottenham Court Road, où une phtisique décède dans un acte de débauche ou encore chez un ami, où l'un des participants ayant voulu faire usage d'une bouteille paie de sa vie cette dernière audace.

Apportant également un éclairage sur la vie privé de Wilde, ce livre dresse un portrait intéressant de la société victorienne et repose sur une écriture très soignée. Une belle curiosité.

De nombreux avis plus ou moins intéressants sur Google Livres, qui présente le livre de cette façon : "The homoerotic novel Teleny is an important antithesis to the prudish idealism of the neo-classic and neo-romantic lyric love poetry of the fin du siecle." D'autres présentations du livre chez Culture et Débats (où la contribution de Wilde à l'oeuvre est mise en doute), Nicolas Baygert, Impudique (comprenant des extraits), Oscholars, Queercult.

Teleny est disponible en ligne dans une version abrégée ici.

Merci aux éditions de la Musardine pour le choix de la couverture, Egon Schiele faisant partie de mes peintres de prédilection (il s'agit ici du Double Autoportrait).

Lu dans le cadre du Challenge Oscar Wilde : le principe est simple, il suffit de publier un billet sur un écrit d'Oscar Wilde, une biographie de Wilde, une adaptation tirée de ses livres, un film ou un livre inspiré de sa vie. Vous pouvez participer à tout moment !

Une lecture commune pour commencer l'été "con un poco de calor", avec Sybille, The Bursar,

oscarwilde.jpgEn attendant je vous propose de nous retrouver le 1er septembre pour parler du film Wilde de Stephen Frears.

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187 p

Oscar Wilde, Teleny, 1893

Oscar Wilde challenge logo.psd.jpgChallenge Oscar Wilde :

Ecrits de Wilde :

An Ideal Husband : Theoma

Lady Windermere's Fan : Titine

The Picture of Dorian Gray : Lou

Teleny : Lou, Sybille, The Bursar,

Les adaptations sur petit et grand écran :

An Ideal Husband (1999) : Lou

Lady Windermere's Fan (1925) : Titine

 

Challenge-god save the livre.jpgChallenge God save le livre : 10 livres lus (Catégorie Prince William : 10 livres lus)

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