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26/03/2011

Wanna hear that ?!

Je ne parle presque jamais de ce que j'écoute par ici mais étant en train d'écouter une très vieille compilation, j'ai eu envie de partager quelques titres que j'aime bien avec vous pour accompagner ce samedi matin.

De la pop allemande avec Die Ärzte, Männer sind Schweine

De la pop espagnole (souvenirs de mon adolescence et des nombreux moments passés en Espagne) La Oreja de Van Gogh, Dile al Sol

J'écoutais ça au collège, quand j'ai commencé à passer des heures à écouter mes premiers disques de pop rock : Blur, Girls & Boys

Un petit tour du côté des Brit girls que j'écoute inlassablement, avec ma dernière découverte, un petit concentré de bonne humeur : Eliza Doolittle, Skinny Genes

Et celle-ci, que j'adore chanter, écouter en boucle, inlassablement (à tel point que Mr Lou fait une sérieuse allergie), once again she's British, Kate Nash, Our foundations (censuré sur le clip, attention : "you call me a b..." et "I don't give a sh...")

Au passage, je suis toujours en quête de nouveaux groupes/chanteurs(ses) British (surtout rock / pop rock / electro)... anything new in store ?

Bon samedi !

24/03/2011

L'échappée belle

bakker_là haut tout est calme.jpgUne ferme perdue dans une région calme en Hollande. Deux ânes, vingt-trois brebis, des vaches, des poules et bientôt, une corneille mantelée qui troublera la quiétude des habitants. Fermier malgré lui, Helmer van Wonderen a dû abandonner ses études à la mort de son frère jumeau, Henk, favori du père. Nourrissant de la rancoeur à l'égard de son père, enfermé dans un quotidien monotone, Helmer va en quelques mois mettre le holà à une situation devenue par trop frustrante. Installation de son père à l'étage et modifications radicales au rez-de-chaussée, de manière à se sentir enfin chez lui ; irruption de Henk, le fils de l'ancienne fiancée de son frère, adolescent difficile qui vient à son tour bousculer la routine ; puis le retour de Jaap, ancien garçon de ferme avec qui il fuit finalement la propriété familiale qu'il a connue pendant plus de cinquante ans.

"Toute ma vie j'ai eu peur. Peur du silence et de l'obscurité. Et toute ma vie j'ai eu du mal à m'endormir." (p39)

En faisant parcourir au lecteur ce qui ressemble d'abord à un long fleuve tranquille, à travers un texte simple et épuré, Bakker dresse le portrait d'un homme qui n'a jamais été maître de son destin et décide arrivé à l'âge mûr de faire ses propres choix et de prendre enfin goût à la vie, au travers de menus plaisirs, puis de par la réalisation d'un rêve de longue date : découvrir le Danemark. Un récit empreint de mélancolie, dont le héros solitaire parvient sans peine à toucher le lecteur.

Une première pour moi en matière de lectures néerlandaises !

"On trouve ici une dune dénommée "Heather Hill". Il y a longtemps de cela, un Anglais fortuné a débarqué sur ce bord de mer. Il a fait construire, sur la plus haute dune, une grande maison ; un jardin a été aménagé, avec pièces d'eau, murets et allées. Comme la dune était entièrement recouverte de bruyères avant son arrivée, il a - Anglais oblige - baptisé "Heather Hill" sa propriété. Il s'est noyé en prenant un bain de mer, et voilà déjà pas mal de temps que la maison a disparu." (p345)

Autres avis : Aifelle,  Antigone,  Armande, Bellesahi,  Cathulu,  Choco, Clara, Dominique, Griotte, Gwenaëlle, Kathel, Midola et Mirontaine.

Encore merci à Lise des éditions Folio !

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369 p

Gerbrand Bakker, Là-haut, tout est calme, 2006

20/03/2011

Salon du Livre 2011

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Eh oui mes amis, ce week-end se tient le Salon du Livre à Paris et, ô surprise, j'y étais ! Je m'y suis rendue hier et c'est enfin remise de cette après-midi chargée (et après avoir profité du printemps qui semble être arrivé aujourd'hui) que je fais ce petit récapitulatif de ma visite.

Tout d'abord un bilan (prise en flagrant délit) :

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Ci-dessous :

Ana Maria Matute, Paradis inhabité (Madrid + éditions Phébus + auteur espagnol renommé => il m'était impossible de lutter contre de tels arguments)

Song Yang, Matous et Pingouins (une BD choisie en raison de son sujet philosophique)

Knut Hamsun, Victoria (que je voulais lire depuis très longtemps)

Johanna Sinisalo, Oiseau de Malheur (j'avais beaucoup aimé "Jamais avant le coucher du soleil" et le sujet de ce dernier roman me tentant, j'ai profité de la présence de l'auteur pour replonger en terre inconnue - a priori sans troll hypersexué).

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Janet Frame, Le Messager, 3e tome de son autobiographie : une découverte due au hasard pour être honnête, mais ce tome traitant de son arrivée à Londres, j'ai préféré me passer des deux premiers, d'autant plus qu'en feuilletant j'ai vu qu'on pouvait les lire de façon indépendante.

Michael Collins, La filière émeraude : j'avais envie de lire cet auteur depuis un bout de temps et ne savais pas qu'il était présent au salon. Etant tombée par hasard sur lui, j'ai suivi son conseil en me procurant ce livre (sachant que j'ai déjà La Vie Secrète de E. Robert Pendleton).

Mathias Enard, Parle-leur de batailles, de rois et d'éléphants : à vrai dire c'est la couverture qui m'attirait à l'origine mais après avoir entendu beaucoup de commentaires positifs sur ce roman parmi mon entourage, je me suis décidée à le lire et j'ai profité là aussi de la présence de Mathias Enard au salon pour le faire dédicacer.

Françoise Cloarec, Séraphine : une rencontre un peu due au hasard car je ne connaissais pas du tout cet auteur. J'ai depuis réalisé qu'un film avait été tiré du roman que je suis en tout cas curieuse de lire.

Herbjorg Wassmo, Mon péché n'appartient qu'à moi : car je savais que l'auteur serait présent au salon et je voulais depuis longtemps lire ses deux "sagas".

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Je suis également repartie avec quelques petits cadeaux des éditeurs :

Le Best Of BD Ciné, qui reprend en BD et musique quelques grands classiques du cinéma (Gene Kelly, Marlene Dietrich, Marilyn Monroe...)

Deux carnets Actes Sud et un carnet Buchet Chastel

La Bouteille endiablée de R.L. Stevenson, offerte par les éditions Phébus à l'occasion du Salon.

Deux marque-pages, des éditions Gaïa et Actes Sud

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Mais le salon du livre, c'est aussi l'occasion de rencontrer des auteurs...

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Françoise Cloarec

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Mathias Enard

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Anne-Marie Garat (que souhaitait rencontrer mon père, qui a lu presque tous ses livres)

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Michael Collins, qui a souhaité savoir ce que j'avais acheté (il est vrai que j'étais bien chargée). J'ai découvert au passage qu'il était irlandais, alors que j'étais persuadée à l'origine qu'il était américain (my mistake).

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Johanna Sinisalo, qui m'a expliqué que deux de ses livres n'avaient pas été publiés en France car ils traitaient de sujets propres au Danemark (pour résumer nous n'y aurions rien compris). J'ai hâte de lire ce nouvel opus !

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Herbjorg Wassmo, qui a eu la gentillesse de dédicacer le livre que je venais d'acheter mais aussi Cent Ans, que j'avais reçu dans la semaine.

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Song Yang est chinois, scénariste et dessinateur de BD. Je ne connaissais rien à la BD chinoise, je vais donc découvrir de nouveaux horizons !

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Ci-dessus le voilà en train de me dédicacer un de ses albums. Et ci-dessous le résultat :

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Magnifique, n'est-ce pas ?

stand gaia actes sud.jpg Au final, de longues heures denses, des moments où je fuyais la foule et en fin de journée, des pieds en compote, mais encore une fois de bien agréables moments avec des auteurs souriants et pour la plupart ravis de parler de leurs romans ou parfois de choses et d'autres. L'occasion aussi de voir Solène du Cherche-Midi (qui est vraiment adorable et dont j'apprécie beaucoup la théorie du bocal) et Béatrice des éditions Gaïa, ainsi que trois charmantes blogueuses : Isil (qui n'aimerait certainement pas qu'on la qualifie de la sorte, mais c'était tentant), Cryssilda et Stephie.

Une récidive, puisque j'y étais déjà :

Salon du Livre 2007

Salon du Livre 2008 - 17 mars

Salon du Livre 2008 - 18 mars

Salon du Livre 2010

Rendez-vous pris pour l'année prochaine !

16/03/2011

Beware : highly addictive

jackson-jardin-derniers-plaisirs.jpgJe ne sais pas si c'est le fait d'avoir récemment exhumé des livres jusque-là cachés chez moi, mais j'ai subitement éprouvé une folle envie de lire un polar historique... et tant qu'à faire, un polar victorien (sans surprise pour ceux qui commencent à me connaître).

Mon choix s'est porté sur l'un des deux romans de Lee Jackson qui attendaient sagement leur tour sur mon étagère. Pour ceux qui n'étaient pas passés par ici à l'époque, j'avais été complètement transportée par cette série qui avaient su me faire passer d'excellents moments à Londres, au XIXe of course.

JACKSON-CHELSEA 01.jpgTroisième volet des enquêtes de Decimus Webb, Le Jardin des Derniers Plaisirs commence avec un banal fait divers : un homme s'amuse à couper les mèches de femmes dans les jardins de Cremorne, dont la réputation légère n'est pas pour plaire au quartier plutôt huppé de Chelsea. Tandis que Rose, fille de bonne famille, prépare son entrée dans le monde, que son père se rend à la City, que sa mère reçoit ses voisines au thé et que le révérend Featherstone milite pour l'éradication du vice, de nombreux fêtards londoniens se rendent chaque soir aux jardins afin de danser et d'assister aux diverses attractions. Mais bientôt a lieu un premier meurtre, lorsqu'une servante est retrouvée morte, brûlée vive dans la cuisine du révérend. George Nelson, tout juste sorti de prison, est bien évidemment soupçonné... si ce n'est que ses alibis semblent tenir la route.

JACKSON-CHELSEA 03.jpgJe ne sais pas si cette impression est due au fait que je n'ai pas lu de roman de Lee Jackson depuis deux ou trois ans, mais je me suis particulièrement régalée avec ce récit très bien mené : les différentes histoires s'entrecroisent pour notre plus grand plaisir, les personnages ont tous quelque chose à se reprocher et le cadre est passionnant pour quelqu'un qui comme moi s'intéresse de près à l'époque victorienne. Certes, les enquêteurs ne sont pas particulièrement attachants, ni mis en avant, mais c'est un parti pris qui me sied tout à fait. Bref, je me régale avec Lee Jackson, et maintenant que j'ai lu celui-ci, je n'ai qu'une envie : boire une tasse de thé (et surveiller mes arrières) en ouvrant un autre livre de son cru !

Encore bravo aux éditions 10/18 pour les couvertures très réussies de cette série (je ne m'en lasse pas).

D'autres idées de lecture ? Régalez-vous avec : Les Secrets de Londres, et les deux premiers tomes de la série de l'inspecteur Decimus Webb, Le Cadavre du Métropolitain et Les Bienfaits de la Mort.

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314 p

Lee Jackson, Le Jardin des Derniers Plaisirs, 2006

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13/03/2011

Lost in Scotland

alice munro,du côté de castle rock,éditions du point,écosse,canada,james hoggDu côté de Castle Rock est un roman d'un genre particulier, patchwork mélangeant histoire familiale, autobiographie et considérations personnelles, le tout précédé d'une mise en garde d'Alice Munro : ce récit qui traite de ses racines écossaises et de sa vie au Canada tient tout autant de la réalité que de la fiction.

L'histoire débute en Ecosse alors que les ancêtres de la narratrice vivent dans la vallée d'Ettrick, lieu ne présentant “aucun avantage” selon une description de l'époque. On découvre ainsi Will O'Phaup, qui incarne l'Ecosse férue de légendes, à travers ses prouesses improbables célèbres à l'époque et les fables que l'on raconte au sujet de ces fantômes et autres créatures étranges l'ayant hanté. Puis d'autres membres de la famille, une génération après, dont James Hogg, l'auteur des Confessions du pêcheur justifié. Cette partie (la plus courte du récit) est  aussi l'occasion de croiser Thomas Boston, pasteur inquiétant incarnant le puritanisme. C'est aussi celle qui m'a le plus intéressée, car elle rend bien compte de la culture et de l'état d'esprit écossais de l'époque. Puis une génération se décide à quitter la terre natale pour l'Amérique, et plus précisément, le Canada.

S'ensuit le récit de la traversée et de l'installation de la famille au Canada : construction d'une maison, choix des terres, trajets en charrette... Enfin la narratrice revient plus longtemps sur sa propre histoire, s'intéressant plus particulièrement à la première partie de sa vie (jusqu'à son premier mariage) et en profitant pour évoquer ses parents et d'autres visages familiers plus ou moins liés aux premiers arrivés au Nouveau Monde.

Au final, Du côté de Castle Rock est un livre hybride dense, agréable à lire et par moment captivant. Alice Munro parvient à faire le portrait de plusieurs générations en prenant pour point de départ son propre parcours. Une belle introduction pour moi qui n'avais pas encore lu cet auteur (dont j'ai toutefois deux livres chez moi !).

"Les fleurs de cerisier me firent penser aux arbres du champ de Miriam McAlpin. Je voulais les voir en pleine floraison. Et pas seulement les voir – comme on pouvait le faire en les regardant de la rue – mais pénétrer sous ces branches, m'étendre sur le dos, la tête contre un tronc, pour le regarder s'élever comme sortant de mon crâne, monter et s'épanouir, se perdre dans une mer de fleurs renversée. Voir aussi si l'on découvrait des fragments de ciel, de sorte qu'en plissant les yeux je pourrais les faire passer au premier plan, comme autant d'éclats d'un bleu brillant, flottant sur cette mer blanche et floconneuse." (p237-238)

Merci beaucoup à Jérôme des Editions du Point pour cette découverte !

D'autres avis : Papillon, KevinfromCanada

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410 p

Alice Munro, Du côté de Castle Rock, 2006

05/03/2011

Warning : Victorian masterpiece

wilde_picture dorian gray.jpegIl y a parfois des lectures que l'on redoute, que l'on repousse, et The Picture of Dorian Gray faisait partie de celles-là pour moi. Oeuvre incontournable de la littérature victorienne, avec un personnage principal converti depuis en mythe monstrueux au même titre que la créature de Frankenstein ou Dracula, ce roman m'intriguait depuis des années mais je n'osais pas le lire : envie de mettre ce grand roman de côté pour pouvoir le savourer plus tard ; curiosité assortie d'inquiétude depuis que j'avais lu un autre classique bien connu de R.L. Stevenson autour du même thème et qui m'avait plutôt ennuyée (une lecture que je retenterai malgré tout car je suis frustrée de rester sur cet échec auquel je ne m'attendais pas du tout).

Mais lorsque j'ai commencé à lire quelques pages de The Picture of Dorian Gray, toutes mes craintes se sont envolées : dès la première scène, le cadre, les dialogues (qui me rappelaient déjà The Importance of being Earnest dont je raffole) mais aussi le style fluide et élégant m'ont de suite emportée. Pour une traversée plutôt mouvementée, c'est certain.

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Voici un petit extrait au tout début qui m'a beaucoup amusée : "But beauty, real beauty, ends where an intellectual expression begins. Intellect is in itself a mode of exageration, and destroys the harmony of any face. The moment one sits down to think, one becomes all nose, or all forehead, or something horrid. Look at the successful men in  any of the learned professions. How perfectly hideous they are ! Except, of course, in the Church. But then in the Church they don't think. A bishop keeps saying at the age of eighty what he was told to say when he was a boy at the age of eighteen, and as a natural consequence he always looks absolutely delightful." (p3)

[Chronique riche en spoilers]

Lorsque l'histoire débute, Dorian Gray est un jeune homme innocent dont la beauté fascine Basil Hallward, artiste peintre prometteur de l'ère victorienne. Inspiré par la pureté de Dorian, Basil achève sa meilleure toile, répugnant cependant à l'exposer car il estime avoir trop laissé transparaître dans ce portrait des sentiments très personnels. Très proche de Dorian, Basil se voit forcé de le présenter à un ami de longue date, Lord Henry Wotton, par un concours de circonstances dont il se serait passé. Connaissant la personnalité corrosive de Lord Henry, Basil Hallward le prie instamment de ne pas le priver de Dorian Gray ni de le corrompre en lui soumettant ses théories cyniques sur la vie et les hommes en général. Bien entendu, Lord Henry s'empresse de faire le contraire et, devenant lui-même un objet de fascination pour le jeune homme, il crée rapidement une distance entre ses deux amis.

Lors de leur première rencontre, Lord Henry fait l'apologie de la jeunesse et de la beauté de Dorian. Ce premier poison sera à l'origine de la longue déchéance morale du jeune homme, qui émet un souhait impossible en contemplant son portrait : "How sad it is ! I shall grow old, and horrible, and dreadful. But this picture will remain always young. It will never be older than this particular day of June... If it were only the other way !" (p29) Mais comme tout le monde le sait, c'est un souhait qui sera exaucé.

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Dès lors, sous l'influence néfaste de Lord Henry, Dorian Gray décide de vivre pleinement sa vie et finit par assimiler plaisir et débauche sordide : après avoir séduit puis abandonné une jeune actrice qui met fin à ses jours, Dorian Gray devient un personnage de plus en plus trouble. Très recherché parmi les mondains, il finit par avoir une réputation sulfureuse : on l'aurait vu dans les quartiers mal fâmés de Londres, il aurait poussé un jeune héritier à s'endetter, aurait perdu la réputation de plusieurs femmes. Egoïste, désabusé et devenu lui aussi profondément cynique, Dorian Gray repousse l'aide de son ami Basil Hallward, épouvanté par cette radicale transformation.

Alors que Dorian Gray devient indifférent au sort d'autrui, son portrait s'enlaidit : le vice, la cruauté ainsi que la vieillesse viennent altérer les traits du chef-d'oeuvre de Basil. Jusqu'à ce que Dorian commette un meurtre, point culminant de sa déchéance ; enfin, Dorian prend conscience de son geste abominable et se retrouve dès lors torturé par les démons de son passé. Il alterne entre fausse mauvaise conscience et inquiétude : peur d'être arrêté, peur d'être retrouvé par le frère de l'actrice dont il avait causé la mort. Son comportement fait écho à une phrase tirée du début du roman : "Conscience and cowardice are really the same thing, Basil. Conscience is the trade-name of the firm. That is all." (p7) A noter que sa transformation se fait sous les yeux d'un Lord Henry finalement peu averti, puisqu'il est incapable de voir à quel point Dorian a appliqué ses préceptes à la lettre, devenant au final un personnage abject, tandis que Lord Henry reste en quelque sorte un philosophe de salon et un beau parleur.

Un roman passionant, troublant, parfois angoissant qui se dévore plus qu'il ne se lit (hormis le chapitre descriptif faisant état des nouveaux centres d'intérêt et collections de Dorian Gray que j'ai trouvé passablement ennuyeux). Un chef d'oeuvre absolu qui marquera ma vie de lectrice. J'ai désormais hâte de voir les deux adaptations, dont je vous parlerai très prochainement.

Et je vous propose de parler pour le 1er Mai de la pièce Un Mari Idéal (la pièce ou une de ses adaptations).

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254 p

Oscar Wilde, The Picture of Dorian Gray, 1890

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Challenge Oscar Wilde : 1 billet

God Save the Livre : 1 roman (catégories Dirty Harry et Queen Mum)

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01/03/2011

The Picture of Dorian Gray

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"How sad it is ! I shall grow old, and horrible, and dreadful. But this picture will remain always young. It will never be older than this particular day of June... If it were only the other way !" (p29)

J'avais prévu de lire The Picture of Dorian Gray d'ici aujourd'hui et c'est chose faite, mais suite à une journée bien chargée je sens que je suis davantage en état de végéter devant un plat de nouilles que de dire pourquoi ce livre constitue une de mes plus belles renontres littéraires depuis que je suis en âge de lire.

Par conséquent je vous laisse en compagnie d'une citation et, ci-dessous, de nombreux lecteurs qui ont eux aussi croisé le chemin de Dorian Gray (et qui auront sans doute déjà dit tout ce qui peut être dit sur  ce chef d'oeuvre absolu).

Des avis (merci BOB) :100choses, Alice, Anne Sophie, AustengirlBouhBouquins, CachouCalepin, Caro[line] , EloraEmilie, Enna, Fleur du soleil, Gwen, Jemlyre, Karine, Karine, Keisha, L’Emile, Lepetitmouton, LhisbeiLilly, Livrovore, Lucile, Majanissa, MaliceMelisende, Mélusine, MilkimoonNannePapillon, Pauline, Petite FleurThalia, Violaine.

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