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28/02/2011

Oscars 2011

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Evidemment je n'ai pas pu résister ! Un Oscar bien mérité (et un discours de remerciement highly British). Congratulations !

27/02/2011

Le gouffre a toujours soif, la clepsydre se vide

brite_contes_fee_verte.jpgJ'ai refermé cette semaine le recueil des Contes de la fée verte de Poppy Z. Brite avec un soulagement certain, et pourtant amis blogueurs et lecteurs, il s'agit là d'une oeuvre vraiment intéressante.

J'ai entendu pour la première fois le nom de Poppy Z. Brite dans un cours sur les vampires, lorsque nous avons vu l'adaptation de Lost Souls, que je m'étais promis de lire. L'envie ne venant jamais, j'ai été tentée par ces Contes de la fée verte, d'autant plus que j'aime souvent découvrir un auteur par ses nouvelles.

Si vous cherchez à vous dépayser, si vous vous demandez quelle serait la lecture idéale pour accompagner une soirée d'Halloween, si vous adulez Nine Inch Nails et affichez un poster de Marilyn Manson au dessus de votre lit, ce livre est sans doute fait pour vous. Par contre si vous êtes de nature sensible ou, plus prosaïquement, si vous avez récemment eu un deuil dans votre entourage, cette lecture  dérangeante s'apparentera davantage à une épreuve de masochisme.

absinthe.jpgParmi les thèmes qui reviennent le plus souvent, on trouvera des jumeaux ou siamois cherchant par tous les moyens à se réunir ou se retrouver (de là à réveiller un mort et à fêter son retour de façon extrêmement enthousiaste - je vous épargnerai les détails, d'autant plus que je vais bientôt déjeuner), et une fascination de nombreux personnages pour la mort et plus précisément, les cadavres. La profanation de tombes et la nécrophilie sont ainsi les leitmotivs de ce recueil (sans parler de l'absinthe et de l'alcool frelaté qui abondent également). La Nouvelle Orléans est un des lieux les plus visités, avec sa magie vaudoue, ses marais à l'eau fétide, ses vieux cimetières et ses bicoques branlantes où meurent les uns après les autres les héros de ces récits. Quelques sujets : une femme enceinte éventrée par une curieuse machine dans l'usine abandonnée d'une grande ville, un père se suicidant par électrocution après avoir enterré son fils mort de la même façon, une femme dévorée par le gardien d'un trésor et condamnée à servir de compagne à un fantôme, un chanteur faisant en sorte de se trancher les cordes vocales pour ne plus provoquer la mort de ses fans, ou encore une Inde dévastée par les zombies.

Une lecture éprouvante, parfois répulsive, mais un livre qui parvient à tenir le lecteur en haleine de bout en bout, le tout avec un style très maîtrisé.  On retrouve l'esprit macabre des Romantiques, et l'on sent dans cette exagération, cette complaisance morbide, une volonté de mettre en scène des sentiments exacerbés et de faire avant tout ressentir au lecteur une réelle tension psychologique, plus insoutenable que l'horreur décrite avec tant de précision. Poppy Z. Brite a indéniablement beaucoup de talent, mais j'avoue que j'attendrai un moment avant de songer à lire un de ses romans.

Merci à Lise des éditions Folio pour m'avoir fait découvrir cette curiosité littéraire.

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265 p

Poppy Z Brite, Contes de la Fée Verte, 1994

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wilde_picture dorian gray.jpegmunro_castle rock.jpgEn cours de lecture (pour billet le 1er mars, il faut que je me dépêche) : Oscar Wilde,  Le Portrait de Dorian Gray.

A venir également la semaine : Alice Munro, Du côté de Castle Rock.

22/02/2011

Faisons étape au Danemark

HELLE-Chienne de vie.jpgRécemment, j'ai failli participer à la semaine russe organisée par Emma et Cryssilda. J'ai même lu un roman (mais je ne l'ai pas chroniqué) et je sais qu'un jour, oui un jour prochain (enfin d'ici l'été du moins), je parlerai de La Guerre et la Paix, en cours de lecture depuis le mois de décembre, absolument excellent mais que j'ai bizarrement décidé de lire par tranche (envie subite de le lire / lecture compulsive d'une centaine de pages / abandon provisoire).

Alors lorsque j'ai vu qu'il y avait une semaine nordique en préparation, j'ai décidé de me secouer les doigts, de faire quelques flexions supplémentaires du poignet et d'attaquer en beauté en rédigeant a minima un billet de circonstance. A l'heure où je vous parle, amis lecteurs, je ne sais pas encore s'il y a aura une suite à ce billet d'ouverture (mais je réfléchis et connecte tous les neurones encore disponibles en cette fin de journée).

Je viens de passer un week-end extrêmement plaisant en compagnie de la Danoise Helle Helle et de Chienne de Vie, petit roman que j'ai savouré avec grand plaisir en restant bien au chaud chez moi, une tasse de thé (voire une bonne tartine à la confiture de rose) à portée de main.

Le récit débute avec Bente qui vient de fuir son mari et sa vie de façon plus générale, et qui attend à l'arrêt de bus d'un endroit "isolé au bout du bout du Danemark" comme le fait remarquer avec raison le résumé du Serpent à Plumes. Passe devant elle un homme à bicyclette qui, s'inquiétant pour elle, revient avec sa compagne pour la chercher, étant donné que le bus ne passera pas avant le lendemain et qu'une tempête se prépare. De façon très naturelle, Bente est invitée à séjourner chez Johnny et Cocotte (on s'étonne lorsque Cocotte dit à Bente qu'elle rêverait de s'appeler comme elle). L'hébergement au départ provisoire se prolonge finalement et convient aussi bien à Bente, qui en profite pour se faire dorloter, qu'au couple, deux personnages affectueux dont la vie paisible et a priori inintéressante est remplie de tendresse et de générosité. Si leur foyer constitue un havre de paix, Johnny et Cocotte se préoccupent aussi de la vieille grincheuse d'à côté, ou encore des chiens de l'oncle hospitalisé. La tranquillité de cette petite vie est assez rapidement mise à mal par l'accident de Johnny qui se fait renverser à vélo. Ce sera au final pour Bente l'occasion de s'intégrer un peu plus à ce nouveau foyer.

Une lecture cocooning en quelque sorte, car si tout n'est pas rose, à force de voir les personnages préparer un petit repas, mettre une bûche de plus dans le poëlle, jouer au Uno et se blottir sous une couette, on finit par avoir l'impression d'être un peu dorlotés nous aussi. Quelques personnages plus amers ou égoïstes viennent (fort à propos) atténuer cette ambiance ma foi assez idyllique. La fin constitue en quelque sorte une surprise, puisque Bente, écrivain, finit par intégrer un de ses romans, elle qui aime à décrire les petits riens de la vie. Un joli moment !

Merci à Anne et aux éditions du Serpent à Plumes pour cette découverte.

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230 p

Helle Helle, Chienne de Vie, 2008

(2011 pour l'édition française)

 

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19/02/2011

Un séjour en Moravie

legatova_zelary.jpgEn 2008, grâce à ma cousine qui avait été marquée par cette lecture, j'ai découvert le très beau roman La Belle de Joza de Kveta Legatova. J'ai enfin terminé il y a quelques jours le deuxième livre du même auteur publié en France, Ceux de Zelary. Très joli ensemble de textes courts qui s'entremêlent, avec des personnages que l'on croise à plusieurs reprises et des sauts dans le temps qui permettent de mieux comprendre quelques secrets évoqués lors des premiers récits.

Il y est question d'un petit village de Moravie, de ses habitants et de leur vie de tous les jours. Leurs travaux, leurs histoires familiales au passé parfois lourd, leurs aspirations, leurs conflits, voilà ce qui anime ce texte portant sur un mode de vie aujourd'hui pratiquement oublié.

C'est une vie dure que dépeint Kveta Legatova : les enfants sont souvent de vraies pestes qui ne se font jamais de cadeaux, les femmes battues ne manquent pas, les hommes vont noyer leurs soirées à la taverne, au risque de sombrer un peu plus dans la misère. Il y a quelques personnages hauts en couleur : Lucka, la guérisseuse crainte et respectée qui fait souvent concurrence au docteur et s'est liée d'amitié avec le curé ; Lipka, orphelin maltraité par son oncle, garnement attachant à la peau dure ; Helenka, son amie fidèle, petite futée qui se bat contre de plus forts sans crainte des conséquences (une petite Don Quichotte au coeur courageux et à la langue acérée) ; Zena, qui transforme le moindre fil de fer tordu en or grâce à ses doigts de fée ; l'ingénieur Selda, amoureux malheureux.. voilà en tout cas ceux qui m'ont le plus marquée.

aste.jpgSans avoir été pour moi un coup de coeur, comme La Belle de Joza, ce livre a su me séduire à travers les personnalités taillées dans un matériau brut qui se livrent à nous à travers ces neuf récits. A ceux qui ne la connaissent pas je conseille vivement de découvrir Kveta Legatova, en espérant que ses écrits leur plairont autant qu'à moi.

Merci beaucoup à Denis et aux éditions Noir sur Blanc pour ce voyage en Moravie.

Un billet dédié à mes grands-mères Anne et Catherine dont le monde était sans doute plus proche de celui de Kveta Legatova que de celui qui m'a vu grandir, et a disparu un peu plus avec leur départ, très récent pour l'une d'elles (d'où mon silence ces dernières semaines).

(L'église est celle d'Asté, petit village sans doute assez semblable à Zelary)

377 p

Kveta Legatova, Ceux de Zelary, 2001

(Version française : 2010, Editions Noir sur Blanc)

06/02/2011

Your first wartime speech

le-discours-d-un-roi-00.jpgCeux qui me connaissent un peu se doutent bien que je me suis empressée d'aller voir Le Discours d'un Roi cette semaine (bien entendu essentiellement en raison de la présence d'Helena Bonham Carter). Cela faisait au moins un mois que la moitié des bus parisiens promenaient partout l'affiche que l'on retrouvait également dans nombre de métros, déclinée dans des tons jaunes, bleus, rouges et blancs. En résumé, il aurait fallu une série de circonstances particulièrement étonnante pour que le passant lambda ne soit pas informé de la sortie de ce film.

Un film qui par ailleurs a été largement récompensé aux Golden Globes. A commencer par Colin Firth qui a raflé deux récompenses : Golden Globe du meilleur acteur et de la meilleure performance d'ensemble.

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Une récompense à mon sens bien méritée, mais il est vrai qu'en la matière je suis assez peu objective.

Poursuivons avec les récompenses. Le film est également nominé 12 fois aux prochains Oscars. Colin Firth est de nouveau nominé meilleur acteur ; de même que Helena Bonham Carter et Geoffrey Rush pour les seconds rôles. Dommage d'ailleurs pour Geoffrey Rush actuellement un peu éclipsé par Colin Firth (qui fait beaucoup parler de lui), car les deux rôles sont à mon avis aussi importants l'un que l'autre.

entrer des mots clefs

entrer des mots clefs

entrer des mots clefsIl est question dans ce film du Duc d'York, futur Georges VI (et père d'Elisabeth II), qui se trouve logiquement amené à intervenir régulièrement en public mais qui bégaie depuis son enfance et n'a jamais rencontré de spécialiste à même de l'aider à surmonter ce problème. Sa femme lui fait rencontrer un certain Logue, dont les méthodes peu orthodoxes ont semble-t-il souvent porté leurs fruits.

 

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Si les problèmes d'élocution du roi servent de fil conducteur à l'histoire, la thérapie qu'il suit n'est pas le seul sujet abordé. La monarchie, le protocole, les obligations constituent bien entendu la toile de fond. Le portrait qui est fait du roi est celui d'un homme droit, courageux mais traumatisé dans son enfance par une éducation extrêmement sévère et qui, de fait, souffre profondément depuis en raison des situations embarrassantes qu'il vit régulièrement mais aussi du regard  dur que portent sur lui son père et son frère aîné. Lorsque son frère décide d'abdiquer afin d'épouser une Américaine deux fois divorcée, le futur Georges VI doit faire face à des responsabilités écrasantes : non seulement celles d'un monarque, déjà suffisamment pesantes par nature, mais aussi celles d'un roi en temps de guerre, puisque l'Angleterre ne tarde pas à entrer en guerre contre l'Allemagne.

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Le Discours d'un roi est aussi l'histoire d'une amitié peu conventionnelle, celle d'un roi avec un de ses sujets (d'origine modeste et australien qui plus est). Logue est une forte personnalité et contraint le roi à suivre sa thérapie dans son cabinet à l'instar des autres patients ; il lui impose ses méthodes étonnantes, l'appelle Bertie et lui demande de l'appeler Lionel de façon à détendre l'atmosphère, ce qui n'est d'abord pas au goût du futur Georges VI qui fait remarquer la première fois à Logue que celui-ci n'est visiblement pas habitué à fréquenter la noblesse. Petit à petit, Logue gagne la confiance de son patient et s'instaure entre eux une belle amitié.

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A noter pour les inconditionnels de la série Pride and Prejudice de la BBC deux guest stars parmi les acteurs : Jennifer Ehle, qui joue à la perfection l'épouse de Logue (et que personnellement j'aurais jugée tout aussi parfaite pour incarner l'épouse du roi - mais il fallait sans doute des têtes d'affiche plus connues pour ce film qui se veut tout de même grand public), ainsi que David Bamber, le Mr Collins de la série qui ici fait passer un casting à Logue, acteur amateur.

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Au final, un film plus abordable que A Single Man (autre film qui a fait beaucoup parler de Colin Firth l'an dernier), mais qui, malgré quelques facilités (séquences émotion, allegro et sourires émus) est à mon avis un très bon film, servi par un casting irréprochable.

Alors que je venais de voir ce film j'ai repensé à ces phrases tirées d'une de mes lectures en cours : "Elle le trahit à chaque bégaiement. Dans sa tête remue un noeud de serpents, dont dardent, pêle-mêle, les langues gluantes. Un garrot lui enserre le cou." (Kveta Legatova, Ceux de Zelary, 2001 pour l'édition originale, 2010 pour l'édition française).

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Le Discours d'un roi, un film de Tom Hooper, 2011 (sortie française)

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02/02/2011

Dear reader

shaffer_guernsey literary and potato peel pie society.jpgJ'entame le challenge Vintage avec un livre dit "doudou", "A book to curl up with and simply enjoy", à savoir le roman épistolaire The Guernsey Literary and Potato Peel Pie Society de Mary Ann Shaffer. Je sais, vous pensiez qu'il ne restait plus une seule personne à ne pas l'avoir lu mais si, si, c'était moi et j'ai récemment rattrapé le coup en sortant ce roman qui traînait dans ma bibliothèque depuis près de deux ans.

Jeune écrivain révélé par ses chroniques humoristiques en temps de guerre, Juliet Ashton fait une tournée de promotion lorsqu'elle reçoit une lettre d'un habitant de Guernesey, Dawsey Adams. Celui a trouvé le nom de Juliet dans un livre d'occasion qu'il s'est procuré et la contacte afin d'obtenir l'adresse d'une librairie à Londres pour commander d'autres oeuvres de Charles Lamb, qui lui a beaucoup apporté pendant l'occupation. S'ensuit une correspondance enjouée, des cadeaux de la part de Juliet qui peu à peu entre en correspondance avec plusieurs habitants de l'île faisant tous partie de la Guernsey Literary and Potato Peel Pie Society. Intriguée par le nom, séduite par les personnalités si différentes qui lui écrivent, Juliet décide finalement d'évoquer Guernesey dans le prochain roman attendu par son éditeur (et ami). Elle se rend ainsi sur place et l'histoire se poursuit, toujours sur un mode épistolaire, à travers les lettres que Juliet adresse à son éditeur. Ajoutons à cela une secrétaire perfide, un critique ébouillanté  au thé cherchant à se venger (so British !), un éditeur concurrent richissime souhaitant épouser Juliet et une habitante de l'île qui tente de mettre Juliet en garde contre la perfidie et la dépravation de cette pseudo société littéraire, et vous aurez une petite idée de ce que contient ce charmant roman.

potato.jpgTrès honnêtement, je pense que ce livre ne me laissera pas un souvenir impérissable mais, soyons fous, je l'ai tout de même bien apprécié. C'est assez gentillet, ni bien ni mal écrit, mais une fois les premières pages très légères passées, le récit devient de plus en plus intéressant. Les personnages sont attachants, chaque histoire personnelle finit par avoir son importance tandis que la toile de fond permet au lecteur de se faire une petite idée de l'occupation de Guernesey par les nazis. Sans être dense ni très fouillé, ce roman permet d'aborder un sujet historique et d'informer le lecteur tout en douceur (si le lecteur connaît aussi peu l'histoire de l'île que votre fidèle et dévouée). J'ai d'ailleurs appris au passage quelques petites choses sur le mur de l'Atlantique, qui concerne également les plages de ma région (le commun des mortels croyant en général que ce sont les soldats allemands qui ont construit les blockhaus, alors qu'il s'agissait de volontaires, puis de prisonniers).

Un roman qui a pour principal avantage de constituer une lecture facile sans être complètement creux pour autant, et qui parfois ne manque pas d'humour, malgré quelques passages un poil caricaturaux. En somme, un livre idéal pour accompagner une après-midi de farniente dans un jardin anglais, avec une limonade et des sandwiches au concombre à portée de main !

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243 p

Mary Ann Shaffer, The Guernsey Literary and Potato Peel Pie Society, 2008

 Challenge Vintage d'Emjy : 1 livre lu / 3 (Simple Vintage - before the next level)

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