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20/12/2010

Lecture commune Mary Elizabeth Braddon

braddon_SecretDeLaFermeGrise.jpgJe voulais lire un dernier Mary Elizabeth Braddon pour la route, puisque le challenge lancé par ici prend fin le 31 décembre 2010 (même si je compte bien poursuivre dans mon coin car je me régale avec ses gentils papas meurtriers et ses blondes angéliques empoisonnant de bon coeur leur petit mari). J'ai choisi un texte court avec Le Secret de la Ferme-Grise, repéré grâce à d'autres participantes au challenge.

"Une pluie fine tombait sur les herbes touffues et sur la mousse des tombes du cimetière du village d'Olney-sur-Trent, dans le comté de Lincoln. De temps en temps, arrachée par la pluie incessante, une feuille se détachait d'une rangée de sycomores qui bordait le petit mur entourant le cimetière, et tombait tristement sur les pierres tumulaires placées sous les arbres."

Ainsi commence cette novella de Mary Elizabeth Braddon.

Ah ! Les joies du Roman Victorien ! La douce quiétude de ses scènes champêtres, l'extraordinaire légèreté qui en émane, sans parler de ses héros vivant régulièrement des moments de bonheur euphorique et du temps presque toujours radieux (ainsi, dans Henry Dunbar, vous apprendrez qu'il peut faire une chaleur étouffante en Angleterre) ! Je vous le dis : en cas de moral en baisse, rien de mieux qu'un bon Victorien pour vous remettre sur pied !

Le Secret de la Ferme-Grise ne déroge pas à la règle et s'inscrit dans la lignée des romans victoriens où tout n'est que béatitude : tout commence avec l'enterrement de Martin Carleon, jeune fermier regretté par sa fiancée et son frère Dudley, qui est visiblement choqué par sa maladie et sa mort assez brutale. Héritant de la ferme, Dudley se voit contraint d'abandonner la carrière à laquelle il semblait promis, après avoir montré assez peu d'intérêt pour la propriété familiale. Contre toute attente, il parvient à gérer l'exploitation et à la rendre plus prospère que jamais, avec l'aide d'un intendant qui le suit partout. Dudley finit par épouser une jeune fille pleine de vie. Mais peu à peu, celle-ci se met à redouter les heures passées seule dans la maison. Y aurait-il un secret derrière la mort de Martin ? Mes chers amis, malgré ce suspense insoutenable, je ne vous en dirai pas plus (car j'espère bien vous donner envie de lire Mary Elizabeth Braddon qui était une dame sans aucun doute exquise !).

Ce livre très court se lit d'une traite ; Braddon parvient en peu de pages à donner vie aux différents personnages concernés et à mener une intrigue assez solide sans perdre de vue le contexte et l'environnement, également bien rendus. Je préfère pour ma part mes deux lectures plus longues de Mary Elizabeth Braddon mais cette lecture est parfaite pour vous accompagner le temps d'un trajet ou pour passer le temps entre le thé et le dîner en cas de neige ou de pluie (phénomènes étrangers à la perfide Albion bien entendu).

Mary Elizabeth Braddon, une Victorienne à consommer sans modération !

D'autres avis : Cécile, George Sand et moi, Lilly, Maggie, Manu, Sabbio, Sophie, Titine,

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92 p

Mary Elizabeth Braddon, Le Secret de la Ferme-Grise, 1862 (?)

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Lecture commune du 20 décembre : si vous avez participé, n'oubliez pas de laisser un commentaire ci-dessous avec le lien vers votre billet pour que je puisse l'ajouter à la liste des billets publiés dans le cadre du challenge. J'aurai peu accès à Internet cette semaine donc il est possible que je mette les liens à jour début janvier, mais ce sera ma première mission en accédant de nouveau à un pc !

Au passage le récapitulatif actuel des liens est accessible en cliquant sur le logo du challenge.

15/12/2010

Elémentaire, mon cher Watson !

doyle_pacte_quatre.jpgOui oui, je sais, cette réplique attribuée à Holmes n'a jamais été écrite par Arthur Conan Doyle. Mais si je la cite, c'est que jusqu'à la sortie du film de Guy Ritchie sur Sherlock Holmes, ma vision du célèbre détective reposait presque entièrement sur des clichés. Il faut dire que je n'avais lu jusque-là que Le Chien des Baskerville, lecture qui m'avait tellement marquée qu'aujourd'hui je ne sais plus si j'ai abandonné le récit en cours de route ou non.

Sans me presser, j'ai fini par me décider à croiser de nouveau la route du fameux tandem Holmes-Watson après avoir savouré les aventures "holmesiennes" d'Andrew Singleton et James Trelawney (sous la plume de Fabrice Bourland), visité le musée Sherlock Holmes (photos à venir...), rencontré un Doyle psychopathe dans L'Instinct de l'Equarrisseur et vu (à deux reprises) le film de Ritchie que j'ai pour ma part beaucoup apprécié.

Alors quand une amie vile tentatrice m'a mis sous le nez Le Pacte des Quatre lors d'une sortie en librairie (qui plus est d'occasion mais en état neuf), j'ai forcément succombé.

Dans ce roman, Miss Morstan vient soumettre aux détectives une mission délicate : découvrir ce qui est arrivé à son père, militaire revenu des Indes plusieurs années auparavant et disparu après lui avoir fait parvenir un message depuis son hôtel. Depuis sa disparition, la jeune femme reçoit chaque année une perle d'excellente qualité et, le jour où elle se présente devant les enquêteurs, elle vient de recevoir un curieux courrier lui demandant de se rendre le soir-même à un endroit précis pour rencontrer un inconnu lui voulant du bien.

Les recherches de Holmes et de Watson les entraîneront dans des aventures que j'ai ma foi trouvées tout à fait palpitantes. Récits d'un meurtre et d'un trésor caché en Inde, poursuites dans Londres, flèches empoisonnées, faciès inquiétant aux fenêtres et mystérieux individu à la jambe de bois : tous les ingrédients sont prometteurs et la recette réussie. De nombreuses péripéties, beaucoup d'humour, une plume très agréable, des personnages hauts en couleur ainsi qu'un tandem surprenant et plutôt attachant (qui n'a rien à voir avec l'image poussiéreuse que je m'en faisais)... des retrouvailles réussies avec Doyle, que je compte bien continuer à lire !

Le site de l'éditeur

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187 p

Arthur Conan Doyle, Le Pacte des quatre, 1890

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12/12/2010

Sur la plage abandonné...

ishiguro-inconsole.jpg... et pourtant, tout n'avait pas si mal commencé. Vous me ferez également remarquer qu'en ce mois de décembre où neige et verglas sont au rendez-vous, ce pauvre roman ne survivra pas longtemps aux intempéries mais rassurez-vous, il est près de moi et se porte bien, malgré la semaine passée dans mon sac bien encombré.

L'Inconsolé de Kazuo Ishiguro fait près de 900 pages dans l'édition que j'avais. J'ai lu les 460 premières avant de m'avouer vaincue (à ce stade-là j'ai hésité à poursuivre au lieu de m'arrêter après avoir déjà fait tout ce chemin, mais j'avais déjà failli suspendre ma lecture à plusieurs reprises et j'ai considéré qu'il fallait me rendre à l'évidence).

Dans ce roman, il est question de Ryder, pianiste renommé en déplacement dans une ville d'Europe centrale. Dans cet endroit sans intérêt, la venue du célèbre artiste est un événement et dès son arrivée, Ryder est assailli par les requêtes diverses et variées. A son emploi du temps chargé (rencontre avec les journalistes, dîner chez la comtesse, soirée du jeudi...) s'ajoutent des éléments imprévus, lorsque d'illustres inconnus s'adressent à lui pour lui confier leurs problèmes personnels divers et variés : Ryder lira-t-il l'album de coupures de presse que la femme d'untel lui a consacré ? écoutera-t-il tel amateur pour lui donner des conseils sur son jeu au piano ? Discutera-t-il avec la fille du portier pour savoir ce qui la tracasse ? Aidera-t-il le petit Boris à récupérer un jouet dans son ancien appartement ?... et ainsi de suite.

On comprend rapidement que dans cette ville, la population attend énormément de Ryder, à la fois glorifié et utilisé (au point de le réveiller en pleine nuit pour une quelconque demande). C'est l'artiste qui devra aider à rendre à l'endroit un semblant de renommée pour ses réussites sur le plan culturel, mais on sait également que d'autres que lui avaient en principe la même vocation et ont échoué : un vieux chef d'orchestre ridiculisé et désormais exploité et remis sur pied de manière à incarner le représentant par excellence de l'art au sein de la ville, tandis qu'un autre est désavoué après avoir été encensé pendant des années.

L'idée est intéressante et certains passages se lisent avec grand plaisir mais ce roman aurait gagné à être amputé d'au moins 500 pages, si ce n'est plus. Au final, on assiste à une succession de scènes improbables semblant tout droit sorties d'un rêve désagréable. Le héros, privé de sa volonté comme on peut l'être dans nos rêves, semble incapable d'atteindre le but qu'il est fixé, et est sans cesse détourné de  ses objectifs par des micro-événements inattendus, des personnages importuns. Au point de se retrouver nu sous une simple robe de chambre lors d'une soirée mondaine, de suivre des escaliers sans fin, de passer de la rase campagne au café du centre-ville qu'il avait quitté en traversant un minable restaurant en bord de route. Les conversations sont faites pour perturber le lecteur d'entrée de jeu, avec des personnages pérorant dans le vide, en décrivant par le menu la façon dont tel repas s'est passé ou tel personne va s'habiller, mettre ses chaussures, faire la boucle de son premier lacet et j'en passe. On ne sait pas non plus quelles sont ses relations avec les gens de la ville, où il retrouve une certaine Sophie qui lui fait des scènes de ménage et une amie d'enfance connue en Angleterre.

Au final, le procédé est extrêmement répétitif et lassant. Quant aux personnages, impossible de s'attacher à eux tant ils manquent de consistance (ce qui là encore rappelle le monde des rêves). Ishiguro est un auteur que j'ai envie de lire depuis très longtemps et il y a beaucoup de matière dans ce roman, mais l'ensemble est trop redondant. Un premier rendez-vous raté (mais il y en aura d'autres).

Merci à Lise des éditions Folio pour cette découverte, malgré cet avis mitigé.

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896 p

Kazuo Ishiguro, L'Inconsolé, 1995

08/12/2010

Le tag des 15

Ma copine victorienne Cryssilda m'a taguée pour répondre au tag des 15, qui circule en ce moment sur la blogosphère et consiste à citer les 15 auteurs vous venant spontanément à l'esprit. J'avoue avoir du mal à me limiter à 15 auteurs : doit-on citer les auteurs qui nous ont marqués à moment donné mais que nous ne lisons plus ? Les auteurs que nous avons beaucoup lus seulement ? Ceux que nous avons moins lus mais qui pour une raison ou une autre, nous ont marqués et auxquels nous pensons presque chaque jour, ne serait-ce qu'une seule fraction de seconde ? Ou ceux qui nous viennent tout de suite en tête (mais là ils ne sont pas seulement 15 !) ?

Les premiers s'imposent sans aucun doute possible :

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Jane Austen, à qui je voue une admiration inconditionnelle. Pride and Prejudice est mon roman favori dans l'absolu et j'ai savouré ses 4 romans et 2 textes plus mineurs que j'ai lus pour l'instant (je prends mon temps pour déguster les quelques textes qu'il me reste encore à découvrir). Ses récits me touchent tout particulièrement et je savoure leur délicieuse ironie et le style enlevé et précis. Un auteur dont l'oeuvre est bien trop souvent assimilée à un amas de romances et de bluettes, en dépit de leur complexité.

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Les soeurs Brontë et en particulier, Charlotte et Emily. Des trois soeurs c'est Charlotte qui m'a le plus marquée mais si je cite surtout Charlotte et Emily, c'est pour une raison particulière. Le monde des soeurs Brontë me fascine depuis l'adolescence et de toutes mes visites de maisons d'auteurs, c'est la découverte de Haworth qui m'a le plus émue et qui m'a davantage permis de me projeter à l'époque concernée. Lorsque j'étais adolescente, à une période où je ne lisais plus beaucoup de classiques et jetais surtout mon dévolu sur les policiers et les histoires d'horreur, et alors que je n'avais aucune idée de ce que pouvait bien être un auteur victorien, deux romans m'ont profondément marquée : à l'âge de quartoze ans, Les Hauts de Hurlevent, lu dans un vieux livre en cuir illustré trouvé chez ma grand-mère, puis l'année suivante, Jane Eyre, découvert un peu par hasard à la bibliothèque. Deux lectures auxquelles je ne pouvais plus m'arracher et qui m'ont pour la première fois fait découvrir la littérature du XIXe qui m'est si chère aujourd'hui. Je me revois encore assise par terre dans ma chambre avec Jane Eyre sur les genoux, incapable de le quitter tant que je n'aurais pas lu les 100 dernières pages. J'espère aimer ce livre longtemps encore - ma grand-mère qui l'avait adoré jeune femme m'avait donné son exemplaire anglais après avoir essayé de le relire à plus de 80 ans, n'y trouvant plus qu'un tas d'inepties !

Maintenant que j'ai cité Jane Austen et les soeurs Brontë, les choix suivants sont moins évidents pour moi (et nettement plus arbitraires) !

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Oscar Wilde me semble encore être un choix assez facile. C'est un des premiers classiques britanniques que j'ai découverts, lorsque j'ai lu Le Fantôme de Canterville en 5e pour mon cours d'anglais renforcé. Nous avions vu à la même époque une adaptation dont je me souviens très peu mais que j'aimerais retrouver. Plus tard, le personnage lui-même a commencé à me fasciner. Sa pièce The Importance of Being Earnest m'a quelque peu réconciliée avec le théâtre, car je n'avais plus trop envie de lire de pièces à ce moment et je me suis régalée en lisant ce texte extrêmement drôle et enlevé. Et puis j'ai quand même serré la main de quelqu'un qui a serré à la main de quelqu'un qui a serré la main d'Oscar Wilde, ce qui m'a permis, comme me l'a expliqué Gyles Brandreth dans un français impeccable, de serrer la main d'Oscar Wilde par procuration (séquence émotion). Quoi qu'il en soit, ce n'est pas sans raison que je lance un challenge Oscar Wilde !

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Edith Wharton. Je n'ai lu qu'un de ses romans cette année mais elle fait partie des auteurs dont j'ai prévu de lire toute l'oeuvre et lorsque je l'ai découverte il y a quelques années à travers plusieurs recueils de nouvelles, j'ai immédiatement été conquise par son style et sa maîtrise du format en question. Une lecture marquante à l'époque, et même si j'ai été un peu moins séduite par Chez Les Heureux de ce Monde, je me vois difficilement ne pas la citer.

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Au passage, j'ai hésité à citer Henry James, auquel je pense toujours lorsque j'évoque Edith Wharton (ce sont d'ailleurs les deux seuls Américains qui ont  leur place dans ma bibliothèque consacrée aux Britanniques classiques). Mais je n'ai pas lu James récemment et à faire un choix entre les deux, c'est peut-être Wharton qui m'a le plus marquée. Malgré tout The Turn of the Screw en particulier a été une lecture "révélation" pour moi. Et il me reste encore un certain nombre de nouvelles à lire dans la Pléiade.

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Curieusement, ces deux-là m'évoquent Virginia Woolf; même si je ne saurais pas dire pourquoi je les associe même vaguement. Je n'ai lu que quelques textes de Woolf : deux romans, deux essais et quelques livres inachevés qui attendent au pied de mon lit. Malgré tout c'est un auteur vraiment à part à mes yeux : d'une finesse et d'une complexité sans égales !

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Thomas Hardy. Un Victorien qui me faisait un peu peur, jusqu'à ce que récemment je lise L'Homme Démasqué et Les Petites Ironies de la Vie. J'ai pris tant de plaisir à les lire que je suis désormais décidée à lire les romans réputés les plus sombres de Hardy. Une découverte récente en quelque sorte, et très enthousiaste !

De plus en plus arbitraire, car pourquoi ne pas citer Vita Sackville West ? Barbara Pym (plus léger mais que je retrouve régulièrement avec plaisir) ? Flora Mayor qui a peu écrit mais que je relis en ce moment et dont j'ai énormément apprécié La Troisième Miss Symons ?

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Mary Elizabeth Braddon, parce que j'ai lancé un challenge pour la découvrir cette année, parce que j'ai adoré les quatre textes d'elle découverts à l'occasion, parce que je vais continuer à la lire et qu'elle faisait partie des auteurs que je souhaitais lire depuis une éternité !

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Elizabeth Gaskell, dont j'ai découvert North and South cette année. Cet été en me rendant avec mon cher et tendre dans le Yorkshire, j'ai souvent pensé à elle sur l'autoroute devant les pancartes qui indiquaient "North / South" sans plus d'explications. J'ai enfin lu son roman phare au mois d'août (après m'être régalée de l'adaptation BBC que je meurs d'envie de revoir) et même si je m'attendais peut-être davantage à un coup de coeur, c'est un des auteurs dont je projette de lire tous les titres. Et puis bon, difficile de ne pas citer celle à qui l'on doit le personnage de Thornton !

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Charles Dickens, qui me vient presque toujours en premier à l'esprit quand je pense aux Victoriens. Dickens dont le personnage m'a toujours plu (et je le rends sans doute bien plus sympathique qu'il ne l'était en réalité lorsque j'y pense), Dickens que j'ai adoré suivre grâce à la jolie plume de Marie-Aude Murail, Dickens dont le Conte de Noël a marqué mon enfance et dont la maison est le premier musée que je me souviens avoir visité seule en Angleterre. Je me souviens de mon arrivée dans la rue, de cette chambre en hommage à sa chère disparue et du temps passé à la fenêtre, à contempler la rue et à me dire que peu de choses avaient sans doute changé depuis qu'il s'était tenu au même endroit. Sans parler de ce petit jardin londonien si minuscule. Et de l'épisode de Doctor Who que j'avais regardé au tout début uniquement pour Dickens. Bref, un auteur qui peuple à sa façon mon imaginaire...

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Charles Baudelaire, une de mes premières révélations littéraires. Baudelaire reste un poète à part pour moi. Outre l'admiration que j'éprouve pour ses écrits, il m'évoque de nombreux souvenirs. Je l'ai découvert dans la Pléiade écornée que mon père tenait de mon grand-père inconnu, fantasmé. J'ai ensuite eu le plaisir d'entendre parler du poète par un professeur de littérature merveilleux. Depuis c'est un auteur pour lequel j'éprouve un attachement mystérieux. J'entretiens avec les Fleurs du Mal un rapport très personnel. Ce poète maudit, dandy, alcoolique, cet enfant terrible de la littérature m'a toujours fait rêver !

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Je cherchais un contemporain à citer et c'est Jean-Pierre Ohl à qui j'ai pensé. Parce que j'ai dévoré Les Maîtres de Glenmarkie, parce que j'attends avec impatience son prochain roman (en espérant sincèrement que celui-ci ne sera pas le dernier), parce que j'entends bien lire son premier roman lorsque j'aurai découvert le roman de Dickens l'ayant inspiré. Parce que la littérature française  actuelle manque cruellement de souffle, de romanesque, parce que j'ai aimé le projet ambitieux de Jean-Pierre Ohl et la délicieuse aventure vécue en compagnie de ses personnages. Parce que j'ai tout simplement aimé son livre autant que j'aime mes chers Britanniques.

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Jonathan Coe... Encore un Anglais ! Décidément, la perfide Albion continue à envahir ce billet, oh my Lord ! J'aime les classiques anglais, vous avez pu le remarquer, mais j'aime aussi les auteurs plus jeunes ou morts depuis moins longtemps (as you like). A des degrés divers, des auteurs tels que Nick Hornby, Tom Sharpe, Kate Atkinson, Roald Dahl (qui a joué un rôle très important pour moi lorsque j'étais enfant). Je voulais lire Coe depuis quelques années et je me suis décidée au printemps, après l'avoir rencontré lors d'une conférence avec d'autres blogueuses. J'étais curieuse parce que j'avais échangé quelques mots avec lui mais surtout j'avais pris énormément de plaisir à l'écouter parler de B.S. Johnson et de la façon dont il avait abordé sa biographie. Depuis j'ai lu trois de ses romans, participe à un challenge Coe et compte bien poursuivre ! La pluie, avant qu'elle tombe a été une de mes plus belles lectures de ces dernières années.

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Sheridan Le Fanu, un Victorien un peu oublié mais que j'aime de temps en temps déterrer de ma bibliothèque. Pour éprouver quelques frissons avec ses histoires de jeunes filles séquestrées, d'oncle ou de père terribles et de lieux abandonnés. J'aurais pu citer Wilkie Collins aussi... là où le Victorien passe, le mystère trépasse !

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J'ai bien envie de citer Fabrice Bourland pour finir. Un auteur très sympathique et plein d'humour que je croise régulièrement au Salon du Livre et qui connaît mon faible pour sa paire de justiciers loufoques, en hommage à un certain Doyle... Doyle que je viens justement de relire !

Je tague à mon tour Maggie, Emjy, Lilly et tous ceux qui n'ont pas encore participé à ce tag et se sentiraient inspirés... (et j'aimerais bien taguer Marine si elle avait un blog...)

05/12/2010

Une touche de magie

nicoletta_cover.jpgHier en commençant mes achats de Noël, j'ai passé un certain temps à feuilleter quelques albums et beaux livres, ce qui m'a fait penser de nouveau à Beautiful Nightmares dont je voulais vous parler.

Très bel album où les petites filles jouent à des jeux inquiétants, où les princesses ont un l'air mélancolique, où la féérie n'exclue pas une touche de morbidité. Un univers magnifique et étrange, dont on perçoit d'abord la beauté avant de fixer son attention sur quelque détail insolite, parfois dérangeant. Un monde à la Alice au Pays des Merveilles, où merveilleux et monstruosité vont souvent de pair.

Ce livre regroupe la plupart des travaux de Nicoletta Ceccoli, sous plusieurs chapitres :

"Babes of Toyland" (mon préféré), petit bonbon acidulé aux tons pastels, grâce auquel on peut pourfendre un attaquant imaginaire puis se promener dans une forêt de sucettes ou de bonbons.

 

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"Beautiful Nightmares" nettement plus sombre et mélancolique, où les contes et légéndes de notre enfance sont détournés, telle cette princesse qui ci-dessous se retourne contre son prince charmant.

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"Water girls", un curieux rêve éveillé où il n'est point besoin d'eau pour voir danser les poissons.

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"Forbidden Fruit", qui conjugue peut⁻etre davantage que les autres chapitres tentation, érotisme et insolite.

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"Weird and Wonderful" où les personnages ont une morphologie des plus curieuses, les petites filles se faisant araignée, octopus, souris ou oiseau (parfois en cage).

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Un grand merci aux éditions Venusdea qui m'ont fait découvrir cet album de Nicoletta Ceccoli, alors que je ne connaissais que quelques-uns de ses dessins.

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Nicoletta Ceccoli, Beautiful Nightmares, 2010

01/12/2010

En attendant mon prochain billet...

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Extrait de Beautiful Nightmares de Nicoletta Ceccoli.