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31/10/2010

Happy Halloween (with zombies) !

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Today is the D-Day, à savoir Halloween et ouf ! Je peux enfin accéder à un pc pour publier un dernier billet, même si j'ai en attente pas mal de livres à chroniquer lus dans le cadre du challenge... un mois de frissons qui du coup s'étendra un peu en novembre. Tout plein de billets ont été publiés chez mon amie Hilde, qui a eu tout comme moi envie de vous proposer de nous accompagner au cours de nos balades d'octobre dans de sombres cimetières. Demain nous ferons un billet récapitulatif avec l'ensemble des liens vers vos billets. N'oubliez pas de venir nous les signaler pour que nous n'oubliions personne (merci à ceux qui m'ont déjà signalé leurs billets, j'actualise tout ça ce soir).

 

Pour Halloween, j'ai choisi de verser dans un thème apocalyptique avec deux visions très éloignées l'une de l'autre des zombies.

andrevon-horizon cendres.jpgCôté littérature, Emma m'a fait découvrir Jean-Pierre Andrevon avec Zombies, un horizon de Cendres. Tout commence bien pour le narrateur, qui vit avec sa petite femme et leur charmante petite peste de fille. Monsieur travaille dans un crématorium, retrouve sa famille et son chien tous les soirs dans leur maison isolée, vivant un bonheur tranquille qui le satisfait pleinement.

Un jour il croise un voisin qu'il croyait décédé, mais décide de ne pas y prêter attention. Puis un accident curieux se produit près du cimetière et l'oblige à prendre une autre route. C'est alors que la télévision commence à annoncer que les morts se réveillent et sortent de leur tombe. Le Président se veut rassurant, il n'est pas question de se montrer hostiles face à ces nouveaux venus qui semblent inoffensifs. Puis Belle-Maman (trépassée) débarque chez eux et se fait héberger, jusqu'au jour où elle se met à mordre sa fille et où le héros décide de la faire brûler. Les zombies commencent à roder autour de la maison et se montrent de plus en plus importuns. Partout, on commence à relever des signes d'agressivité. Lorsque les autorités et des milices se mettent à leur donnner la chasse, on découvre que les bestioles en question sont increvables : même brûlées, disloquées, elles finissent toujours par se reconstituer, tandis que les squelettes retrouvent petit à petit leur chair et recouvrent la vue. Jusqu'à ce que le narrateur se pose une question : s'ils se mettent à penser, quelle différence y aura-t-il entre eux et les vivants ?

Rappelant Je suis une légende de Matheson (où le vampirisme est traité sous la forme d'une épidémie - roman sur la solitude), Zombies, un horizon de cendres offre ici une vision pour le moins cataclysmique du thème en question : assez rapidement, tous les humains se font décimer et rejoignent les rangs d'une armée de morts vivants ; ici, tous les morts deviennent des zombies, chaque personne enterrée depuis des milliers d'années et plus encore parvenant progressivement à s'extraire de la tombe parfois très profonde dans laquelle elle gisait (à l'exemple du squelette qui un jour sort du garage du narrateur) ;  à la fin, il ne reste plus qu'une solution pour les deux derniers survivants : passer à leur tour de l'autre côté. Une page de l'histoire est tournée et, pour les centaines de milliers d'années à venir sans doute, les zombies auront remplacé les humains, disparus comme d'autres espèces avant eux.

C'est un roman que j'ai beaucoup aimé, mais dont j'ai largement préféré la première partie, où peu à peu le changement s'opère entre la vie normale et la nouvelle réalité. Cette évolution rapide se fait par étapes que je trouve bien décrites et qui semblent plutôt réalistes. J'ai en revanche trouvé le récit un peu plus plat et plus classique lorsque le narrateur vit isolé et qu'il ne reste plus d'autre solution que le confinement et la lutte pour la survie. Dans l'ensemble, voilà un bon récit bien mené et agréablement écrit, à condition d'oublier les coquilles qui tout de même ne manquent pas (exemples :"il te juges" (p159), "ta femme est ta fille, elles sont où ?" (p158), "nous finiront par sortir" (p213 - éditions du Bélial, éditions qui par ailleurs ont l'air de proposer des textes vraiment intéressants).

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219 p

Jean-Pierre Andrevon, Zombies, un horizon de cendres, 2004

*****

shaun_of_the_dead.jpgCôté cinéma, je me suis fait plaisir en commandant outre-manche le DVD de Shaun of the Dead, vu et adoré l'an dernier (encore une découverte due à Emma qui depuis un an me prête DVD zombiesques et buffyesques).

Si vous aimez l'humour noir anglais et les comédies décalées du pays en question, vous vous régalerez aevc ce film complètement déjanté. Shaun, looser venant de se faire larguer par sa petite amie, voit un beau matin dans son jardin une femme qui semble avoir pris une sacrée cuite. Il s'agit en réalité d'une zombie qui tente évidemment de le mordre. C'est là qu'en regardant la télé, Shaun et son meilleur pote Ed découvrent qu'une drôle d'épidémie semble ravager l'Angleterre. Ni une, ni deux ! Les voilà partis à la rescousse de la mère de Shaun et de son ex petite amie, sans parler du beau-père de Shaun et des collocs de la jeune femme dont ils se passeraient bien.

shaun-of-the-dead-1.jpgDans ce cas, les zombies infectent en mordant et peuvent être supprimés par décapitation ou si leur cerveau est atteint (tous les moyens seront bons pour s'en débarrasser, à coup de batte de baseball, de pelle, de chaise en plastique de jardin d'enfant et j'en passe). Notre bande de râtés échoue au Winchester, le pub où Shaun et Ed ont l'habitude de perdre toutes leurs soirées depuis des années. Manque de chance, ce lieu "sûr" n'est pas à l'abri des attaques. A la fin, seuls Shaun et son amie (réconciliés) survivent à leurs terribles aventures, vivant heureux dans un monde où les zombies, une fois dressés ou matés, font partie intégrante de la société.

Un film drôle, avec un casting très réussi (dont Bill Nighy que j'adore dans ses rôles toujours décalés). Quelques moments un brin gores à prévoir (le pauvre David déchiqueté à la fin du film) mais je vous recommande fortement cette parodie des films de zombies hautement British !

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Shaun of the Dead, un film de Edgar Wright, 2004

 

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29/10/2010

Halloween à Londres

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En attendant de mettre à jour mes billets, un petit clin d'oeil suite au voyage éclair de mon père à Londres cette semaine. Enjoy !

 

22/10/2010

Du retard

Après une nouvelle semaine cauchemardesque (parfois les vampires et goules peuvent prendre des formes inattendues), je n'ai pas eu le temps de vous parler de mes dernières lectures halloweeniennes. J'essaierai de me rattraper à mon retour de week-end avec des zombies, du steampunk et Lovecraft, et vous souhaite en attendant un très bon week-end !

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17/10/2010

I'm a lone wolf

egolf_kornwolf.gifAmis lecteurs, apprentis sorciers et massacreurs de citrouilles qui passez par là, sachez que malgré mes ambitions démoniaques et mon approche toute monstrueuse, je me suis comportée depuis le début du mois d'octobre comme une vraie petite fille modèle, me dévouant corps (pas trop quand même) et âme (déjà vendue) à la poursuite du challenge Halloween, avec une approche assez méthodique qui ne cesse de m'étonner.

J'en ai profité pour découvrir Kornwolf, Le Démon de Blue Ball de Tristan Egolf - et je me demande s'il ne s'agit d'ailleurs pas de mon tout premier livre sur le thème du loup-garou (comme c'est charmant si c'est le cas, et comme c'est navrant si à mon âge si peu avancé ma mémoire ressemble déjà à un gruyère industriel particulèrement aéré).

Pennsyltucky. De nombreux incidents se produisent au mois d'octobre dans cette région où pourtant d'habitude rien ne se passe selon Owen, jeune homme revenu dans le coin pour apprendre à boxer malgré tout le mal qu'il pense de sa ville natale. Les rumeurs circulent, des photos compromettantes apparaissent, les langues se délient et ce qui paraissait être un canular s'avère être un phénomène fantastique authentique, qui fait écho à l'apparition d'un autre loup-garou dans les années 70.

loup-garou.jpgImpossible de résumer en quelques lignes ce roman déjanté et franchement halluciné qui semble prendre un malin plaisir à mener ses lecteurs par le bout du nez. C'est un livre dense, une fable servant à dresser un portrait au vitriol de l'Amérique profonde où se noient des ploucs de bas étage, des flics corrompus, des communautés religieuses (Amish et mennonites) peu reluisantes, le tout sur fond de superstitions, d'armes à feu, d'alcool et de lubricité, dans une société où règne la loi du chacun pour soi, et où les personnages les plus intègres se trouvent dans un club de boxe des quartiers chauds dont le coach valeureux a un passé plus que douteux.

Au cours de cette épopée où de nombreux personnages se croisent et sillonnent la région dans un  crescendo apocalyptique, le mythe du loup-garou prête à la parodie : après une évocation de ses origines moyen-âgeuses, le narrateur nous entraîne dans une histoire familiale où les gènes et les conditions de vie se mêlent pour faire d'un homme frustré aux origines fantastiques une bête lubrique assoiffée de sang, dont la plupart des attaques sont motivées par la vengeance.

Un roman profondément américain qui joue avec les codes du roman fantastique pour mélanger un mythe de la vieille Europe à une vision pessimiste d'une Amérique moderne qui a perdu ses valeurs, à travers un loup-garou qui ressemble curieusement à Nixon.

Lu aussi par Dominique, Le Bibliomane (qui fait allusion à Stephen King et Lovecraft).

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488 p

Tristan Egolf, Kornwolf, Le démon de Blue Ball, 2006

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Pour participer, il suffit de publier au moins un billet en rapport avec Halloween (livre, film ou réalisation personnelle sur ce thème) le 31 octobre et le signaler sur mon blog à cet endroit, où chez Hilde. Plus de précisions en cliquant sur le logo.

Les participants au challenge (liste que nous actualiserons au fur et à mesure que vous publierez vos billets) :

Azilys a fait son baptême de l'air (en balai) avec Sorcière pour l'échafaud, avant de suivre le sorcier le plus adulé du moment (Harryyyyy !),

Très enthousiaste, Choupynette a été la première à se jeter à l'eau en faisant un petit séjour à Stockholm en compagnie de vampires louches avec le film Morse, avant de les suivre en Corée via le film Thirst (dont je n'ai retenu que le côté esthétique pour éviter les spoilers)

DeL a fait un petit saut dans les Carpathes avec L'Historienne (roman que j'avais d'ailleurs moi aussi dévoré avant de tenir ce blog)

Eidole a découvert un parc d'attraction pas comme les autres avec Zombillénium, avant de se retrouver dans une ville bientôt contaminée par le virus zombiesque avec 28 semaines plus tard,

Fleur de Cannelle s'intéresse à la criminologie en Corée avec le film Soul, avant de découvrir six histoires de zombies coréens dans Zombie next door,

Ma complice Hilde a refait un plongeon au collège avec la Solitude du Buveur de Sang (et un Simon qui n'a rien à envier à d'autres vampires prépubères), avant de succomber à l'humour noir et très tentant de Pierre Tombal,

Maggie part à la rencontre de Stoker, Irving et Scott (histoire de démarrer en beauté), avant de prendre une douche en compagnie d'un certain Alfred (attention scoop),

Pink Canary a passé un petit moment de détente avec Dead Sexy, avant de demander des bonbons avant l'heure avec Trick'r treat,

Soukee suit une formation à la Vampire Academy, et a rencontré les buveurs d'encre de Draculivre, avant de rencontre la "reine" du roman policier avec Le Crime d'Halloween,

The Bursar a vévu des moments cinématographiques intenses avec Dead Snow (film gore avec zombies nazis - c'est vraiment très effrayant là !), Le Bal des Vampires (pour rire aussi) et L'Abominable Dr Phibes,

Tristhenya a choisi de rencontrer quelques sympathiques zombies à travers un livre sur le film culte La Nuit des Morts vivants, avant de protéger Los Angeles contre un fléau en lisant Zombie Nation (elle est heureusement munie d'un guide de survie en territoire zombie), puis de revenir sur les traces d'un boucher avec Avis de Tempête,

Wax a été victime d'un bug car j'avais déjà mis deux liens mercredi vers son blog, puisqu'elle a fait deux petits tours en Asie en compagnie de sympathiques zombies avec Zombie Next Door et rencontré le démon avec Soul,

 

Ils ont redécoré leur blog pour l'occasion :

DeL, Eidole, Hilde, Pink Canary,  Soukee, Tristhenya (en image ici, et  là aussi

Et une créa pour Halloween :

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10/10/2010

Où le journalisme rencontre la littérature

desnos-jack-l-eventreur.jpgVoilà mon troisième billet pour le challenge Halloween et déjà ma deuxième rencontre littéraire avec Jack l'Eventreur, à travers la série d'articles de Robert Desnos publiée en 1928 dans Paris-Matinal.

Suite à un meurtre sordide commis à l'époque, Desnos a rédigé cette série d'articles qui n'a visiblement que faire de la rigueur historique ni même de la logique. Ainsi entre la cinquième et la sixième victimes : "Ce jour-là, en effet, à quelques dizaines de minutes d'intervalle, Jack l'Eventreur assassina deux femmes en pleine rue, dans des lieux relativement fréquentés" (p21), puis sur la sixème victime "la pesante mélancolie de la luxure et de ce dimanche pèse sur lui, la satisfaction qu'il a tirée du crime commis quelques heures auparavant est éteinte depuis longtemps" (p25).

Desnos attribue onze victimes à l'éventreur (au lieu des cinq avérées - même s'il subsiste un doute concernant d'autres meurtres). Il attache peu d'importance à la profession exercée par ces femmes, allant même jusqu'à expliquer que la quatrième victime rentrait chez elle en pleine nuit après être allée acheter des cachous, ce qui lui permet d'ailleurs de terminer sur une note poétique : "et le petit paquet de cachous éventré laisse échapper dans la boue les grains noirs de la friandise" (p24). Ou d'une autre, lorsqu'elle rencontre son bourreau : "Sentimentale, l'ivrognesse espéra un baiser" (p13).

Pour qui chercherait un ouvrage historique, ce portrait de Jack l'Eventreur n'est pas recommandé. L'intérêt réside ailleurs. Tout d'abord dans l'écriture admirable, qui jusque dans la description des meurtres reste raffinée et privilégie les tournures poétiques. Une écriture qui, finalement, contribue à élever l'assassinat au rang des beaux arts (De Quincey est également cité) et à faire un portrait souvent romantique de l'insaisissable meurtrier. Enfin, une révélation de taille ponctue ce récit, puisque Desnos prétend avoir rencontré quelqu'un qui se dit l'ami de l'Eventreur et raconte que les assassinats auraient eu lieu suite à un pari stupide. Un portrait du dit éventreur a ainsi été publié dans le journal (et ne figure pas dans mon édition).

Un texte très bien écrit que je vous recommande, même si je regrette qu'il n'ait pas été précédé d'une introduction plus fournie que la postface qui se borne à rappeler dans quel contexte les articles ont été publiés.

"Jack l'éventreur est sans doute mort maintenant, et mort impuni. Il doit reposer dans un de ces calmes cimetières anglais où l'ombre rectiligne des cyprès se prolonge sur les gazons soigneusement peignés et sur des allées monotones. Chaque jour de la semaine s'appesantit davantage sur cette tombe mystérieuse. Les jeunes anglaises qui, pour se rendre au temple protestant ou à l'église, traversent le cimetière, observant devant cette tombe, comme devant les autres un silence recueilli. Et rien ne signale aux hommes que là, dans la paix tellurique, repose celui auquel on peut appliquer le titre de "génie du crime" (citation figurant également dans l'article de Pierre Riffard).

Un avis sur Collectif Ombrages, un article fourni sur Jack l'Eventreur,  et chez les Moutons Electriques, la présentation des Nombreuses morts de Jack l'Eventreur, livre sur le sujet qui me semble intéressant.

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60 p

Robert Desnos, Jack L'Eventreur, 1928

 

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Pour participer, il suffit de publier au moins un billet en rapport avec Halloween (livre, film ou réalisation personnelle sur ce thème) le 31 octobre et le signaler sur mon blog à cet endroit, où chez Hilde. Plus de précisions en cliquant sur le logo.

Les participants au challenge (liste que nous actualiserons au fur et à mesure que vous publierez vos billets) :

Azilys a fait son baptême de l'air (en balai) avec Sorcière pour l'échafaud,

Très enthousiaste, Choupynette a été la première à se jeter à l'eau en faisant un petit séjour à Stockholm en compagnie de vampires louches avec le film Morse, avant de les suivre en Corée via le film Thirst (dont je n'ai retenu que le côté esthétique pour éviter les spoilers)

Fleur de Cannelle s'intéresse à la criminologie en Corée avec le film Soul, avant de découvrir six histoires de zombies coréens dans Zombie next door,

Ma complice Hilde a refait un plongeon au collège avec la Solitude du Buveur de Sang (et un Simon qui n'a rien à envier à d'autres vampires prépubères), avant de succomber à l'humour noir et très tentant de Pierre Tombal,

Maggie part à la rencontre de Stoker, Irving et Scott (histoire de démarrer en beauté), avant de prendre une douche en compagnie d'un certain Alfred (attention scoop),

Pink Canary a passé un petit moment de détente avec Dead Sexy,

Soukee suit une formation à la Vampire Academy,

Tristhenya a choisi de rencontrer quelques sympathiques zombies à travers un livre sur le film culte La Nuit des Morts vivants, avant de protéger Los Angeles contre un fléau en lisant Zombie Nation,

Wax a été victime d'un bug car j'avais déjà mis deux liens mercredi vers son blog, puisqu'elle a fait deux petits tours en Asie en compagnie de sympathiques zombies avec Zombie Next Door et rencontré le démon avec Soul,

 

Ils ont redécoré leur blog pour l'occasion :

DeL, Hilde, Pink Canary, Tristhenya (en image et  là aussi)

Eidole

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Soukee

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06/10/2010

Holmes, goule nécrophile et phtisique

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Récemment prise au dépourvu par mes compagnons du moment (de longues minutes d'attente en perspective, et pas de livre dans mon sac - chose exceptionnelle), je me suis retrouvée dans une petite maison de la presse où je ne mets presque jamais les pieds, presque sûre de ne trouver aucun livre susceptible de me tenter. Face à la perspective peu réjouissante que m'offrait le rayon littérature blanche et mon envie absolument nulle de lire un polar à ce moment-là, je me suis tournée vers les deux petits étages consacrés à la SF et au fantastique, où je ne risquais pas de retrouver beaucoup de titres connus et où, sans trop y croire, j'espérais trouver un roman aux influences steampunk (genre que je me promets de découvrir depuis un bon bout de temps maintenant).

Tout ça pour dire qu'après avoir fait le tour de l'ensemble des titres proposés, j'ai jeté mon dévolu sur L'Instinct de l'Equarrisseur de Thomas Day. Me disant que, si je m'avérais finalement totalement réfractaire au genre en question, je ne pourrais pas me reprocher ensuite de ne pas avoir "mis le paquet" en choisissant ce titre en guise de mise en bouche.

1888. Une année bien connue par les mordus d'histoire anglaise et de récits victoriens. Ajoutons un cadre, Whitechapel, et vous aurez sans doute tous compris que nous parlons ici des meurtres commis par Jack l'Eventreur. Alors que les assassinats de l'East End sont perpétrés sous le règne de Victoria, Arthur Conan Doyle est entraîné dans un monde parallèle afin d'assister Sherlock Holmes et le Dr Watson pour venir à bout de crimes sordides qui ont lieu en même temps à Londen. Un périple que l'écrivain aurait volontiers évité et dont il est assez coûtumier depuis qu'il écrit ses récits, à la demande d'un Holmes à la recherche d'un biographe correct. On y découvre un enquêteur "maigre, maladif, (aux) yeux injectés de sang, (à l') allure de goule nécrophile et phtisique tout juste déterrée par des étudiants en médecine sans le sou" (p 324-325). Un assassin royal expert en matière de torture "plus doué pour la mise à mort (...) que pour l'observation et la déduction" (p281). Bref, entre l'Eventreur de Londen et notre héros sanguinaire, la frontière est mince.

Cette incursion dans l'univers de Londen permettra à Doyle d'arrêter à son retour le véritable Eventreur victorien. Le reste ? A vous de le découvrir. Sachez simplement qu'il y est question de la lutte à mort entre Holmes et Moriarty, d'une ville historique de York désertée depuis que les femmes y sont devenues stériles et que les enfants n'en reviennent pas, de Worsh, petits oursons extraterrestres habitant le monde parallèle au nôtre, d'une diablesse rousse nymphomane à tendance nécrophage (voire nécrophile), d'une arche mystérieuse perdue en Amérique du Sud depuis la nuit des temps, d'une allusion au vampirisme à la Erzébeth Bathory et de fortes doses d'hémoglobine (sans forcer sur les descriptions glauques). Sans parler de Jack London et de quelques autres protagonistes célèbres - rien que ça.

Un roman qui pourrait facilement avoir un côté "fouillis" quand on  songe à tous les sujets et personnages évoqués, et qui parvient à mélanger tous ces ingrédients disparates avec succès. Une intrigue bien menée, des personnages loufoques (et des moments très drôles), une plume agréable, moderne et pleine d'humour : un petit bijou pour les amateurs du genre et ceux qui, comme moi, font tout simplement une (toute petite) fixation sur l'époque victorienne !

A consommer sans modération.

Les avis de Cafard cosmique, Fashion, Froggy Delight, La Société Sherlock Holmes de France, Vampirisme, plusieurs avis sur Biblioblog...

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420 p

Thomas Day, L'Instict de l'Equarisseur, 2002

 

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Pour participer, il suffit de publier au moins un billet en rapport avec Halloween (livre, film ou réalisation personnelle sur ce thème) le 31 octobre et le signaler sur mon blog à cet endroit, où chez Hilde. Plus de précisions en cliquant sur le logo.

Les participants au challenge (liste que nous actualiserons au fur et à mesure que vous publierez vos billets) :

Très enthousiaste, Choupynette a été la première à se jeter à l'eau en faisant un petit séjour à Stockholm en compagnie de vampires louches avec le film Morse, avant de les suivre en Corée via le film Thirst (dont je n'ai retenu que le côté esthétique pour éviter les spoilers)

Fleur de Cannelle s'intéresse à la criminologie en Corée avec le film Soul, avant de découvrir six histoires de zombies coréens dans Zombie next door,

Tristhenya a choisi de rencontrer quelques sympathiques zombies à travers un livre sur le film culte La Nuit des Morts vivants,

Wax

Ils ont redécoré leur blog pour l'occasion :

 Hilde et  Pink Canary (en image là aussi)

DeL

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Tristhenya

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02/10/2010

Dancing with the Devil for Halloween

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Cet été, alors que je savourais les journées passées au bord d'un lac, j'ai entrevu le Grand Dieu Pan et son univers infernal en suivant les pas d'Arthur Machen.

Fin XIXe. Un médecin (que je qualifierais de psychopathe) pense avoir trouvé le moyen de toucher à l'indicible et d'ouvrir les yeux d'un mortel sur un monde jusqu'ici resté invisible. Devant témoin, il réalise une expérience sur la jeune Mary, malgré les mises en garde.

"Que cela tourne mal, et vous voilà malheureux pour le restant de vos jours.

- Non, je ne pense pas, même en mettant les choses au pis. Vous savez que j'ai tiré Mary du ruisseau et de la faim, dans son enfance. Je pense que sa vie est à moi, pour en user à ma convenance." (p19)

La jeune fille sombre dans la folie et décède au bout de quelques mois, après avoir accouché d'une petite fille.

Des années plus tard, une vague de suicides endueille les milieux aisés londoniens, tandis que plusieurs personnes retrouvées sans vie semblent être mortes de peur. Petit à petit, le narrateur établit un rapport entre ces décès et la fréquentation d'une certaine Madame Beaumont. On se doute bien qu'il s'agit là du fruit de l'expérience qui a eu lieu quelques années auparavant, tandis qu'est retracée la sordide histoire de la fille de Mary. Changeant d'identité régulièrement, celle-ci semble semer la mort autour d'elle. Jusqu'à son propre décès, où elle semble se transformer et révéler sa nature monstrueuse.

campbelljones.gifPlusieurs voix se mêlent dans ce récit où l'horreur est donnée à imaginer plus qu'elle n'est réellement décrite. Dans une ambiance plutôt lourde, beaucoup de questions restent sans réponse, le lecteur devant finalement assembler à sa guise les dernières pièces du puzzle. Le cadre victorien se prête très bien à cette histoire au final assez sordide. L'histoire se lit d'une traite et constitue sans doute une bonne introduction pour qui aurait envie de découvrir Machen, dont l'univers m'intrigue désormais (bien qu'inconnu en France - ou presque, il a énormément publié). Et je n'en dirai pas plus car c'est maintenant à vous de choisir (ou non) de voir le Grand Dieu Pan.

Un auteur admiré par Lovecraft, qui va lui aussi bientôt  rejoindre mes billets pour le challenge Halloween.

Les avis de Cafard cosmique, Mr Zombi, Tantale... Et toujours sur le Dieu Pan : Tea Time with a Faun (très joli blog que je viens à peine de découvrir).

Un grand merci à l'incorrigible Lilly qui m'a encore une fois beaucoup gâtée en m'offrant ce petit livre !

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90 p

Arthur Machen, Le Grand Dieu Pan, 1894



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Très enthousiaste, Choupynette a été la première à se jeter à l'eau en faisant un petit séjour à Stockholm en compagnie de vampires louches avec le film Morse,

Ils ont redécoré leur blog pour l'occasion :

Hilde, ma complice dans cette sombre affaire !

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Pink Canary

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