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31/05/2010

Mamma mia !

strachey_droledetemps.gifSuite au Lady Swap, l'adorable Titine m'a offert Drôle de temps pour un mariage de Julia Strachey, petit bijou de la littérature anglaise que je recommande à tous ceux qui passent par ici et aiment les auteurs ayant fréquenté le cercle de Bloomsbury. Et comme vous vous en doutez, j'ai été ravie d'être conviée à ce mariage aux accents très British!

Ce récit à huis-clos tout en retenue aborde de manière originale la question du mariage. Si celui-ci semble a priori le sujet principal, il est finalement éclipsé par tous les éléments extérieurs à l'événement qui se déroulent pendant la journée ; la relation entre les mariés, leur personnalité et la cérémonie elle-même ne sont même pas évoqués. Au contraire, le narrateur se penche sur les invités les plus étrangers à la cérémonie et ne lésine pas sur les détails, tels que le déroulement du goûter, les disputes entre deux cousins au sujet d'une histoire de chaussettes, la description de plusieurs tantes, un objet et une lettre retrouvés sans rapport avec le mariage ou encore le passage des domestiques qui ponctue subrepticement le récit.

On comprend ainsi que ce n'est pas tant ce mariage qui est important que la relation entre deux autres personnages et, à travers eux, une autre vision de la vie. Au final, ce mariage est en quelque sorte une supercherie, d'où le titre qui porte davantage sur le "drôle de temps". Voilà une brève incursion dans un monde qui s'attache aux petits gesters du quotidien et à leur banalité, alors qu'un mariage est par essence extraordinaire. Une approche originale qui m'a beaucoup séduite !

Enfin l'histoire s'achève sur une révélation surprenante dont on ne saura jamais si elle s'avérait exacte ou non, les portes de la maison se refermant sur ses secrets à la fin de la journée.

Comme toute Anglaise qui se respecte, Julia Strachey ponctue son roman de petites touches d'humour. Elle sait également décrire l'insiginifiant avec sensibilité, faisant penser à Mrs Dalloway et à l'oeuvre d'Edith Wharton (le livre fut d'ailleurs publié par les Woolf). Un beau récit poétique, dont la force vient essentiellement de la perspective choisie. L'intérêt du récit tient au paradoxe entre la situation évoquée et son traitement décalé, avec un sujet hors de son histoire et, en quelque sorte, un héros absent. Une belle lecture et un livre tout en finesse qui se déguste - lorsqu'on parvient à ne pas le dévorer.

Merci encore Titine pour ce beau moment passé dans une maison anglaise !

Au passage, l'oncle de Julia Strachey n'était autre que Lytton Strachey.

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118 p

Julia Strachey, Drôle de temps pour un Mariage, 1932

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29/05/2010

Lire en fête

Pour Lire en Fête, j'ai choisi de mettre enfin en ligne quelques photos que je souhaitais partager avec vous.

Parce que grâce à ce blog j'ai fait de belles rencontres, voici quelques surprises qui m'ont énormément touchée (d'Emma, Maggie et Hilde). Ce ne sont pas les seules à m'avoir gâtée mais j'ai vécu un certain temps sans appareil photo numérique digne de ce nom. Et plus bas, ma PAL de prêts. Plusieurs d'entre vous retrouveront leurs titres dans ces deux piles faites pour l'occasion. Parce que la lecture est faite pour partager avant tout. Bonnes lectures à tous !

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23:22 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (23) |  Facebook | |

27/05/2010

En flânant...

Pour la plaisir des yeux, quelques expositions où je me suis récemment promenée...

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Exposition Turner, Grand Palais, Paris, 2010
Exposition Edvard Munch, La Pynacothèque, Paris, 2010
Exposition Lucian Freud, Centre Pompidou, Paris, 2010
Exposition Dreams, Centre Pompidou, Paris, 2010

24/05/2010

You don't own me

greer_histoire mariage.jpgQuelle jolie couverture que celle de L'Histoire d'un mariage d'Andrew Sean Greer, entre fraîcheur et nostalgie ! A l'image d'un livre qui m'a bien plu, malgré quelques réserves.

Etats-Unis, années 50. La narratrice Pearlie Cook nous fait pénétrer dans son foyer au moment où se joue une étape décisive de son mariage avec Holland Cook, cet homme qu'elle a rencontré adolescent puis retrouvé par hasard sur une plage à la fin de la guerre. Le couple semble vivre heureux avec leur fils handicappé Sonny et leur chien muet, en dépit de l'étrange maladie de coeur de l'époux qui pousse Pearlie à découper les faits divers brutaux dans les journaux afin de le préserver. Un jour sonne à la porte un étranger, Buzz. Muni de cadeaux, cet homme sorti du passé de Holland s'apprête à briser le fragile équilibre sur lequel repose le mariage des Cook.

Ce roman bien écrit décrit avec aisance la période des années cinquante : les générations revenues de la seconde guerre mondiale, celles parties depuis peu en Corée, la ségrégation et les prémices de la lutte pour les droits civiques, sans parler des petites choses insignifiantes du quotidien, tels que la visite matinale du livreur de lait, les lieux de danse ou les soirées passées à écouter la radio.

Quant au récit lui-même, l'histoire d'un mariage, il part à mon avis d'une idée très intéressante et m'a séduite, même si on peut lui reprocher quelques longueurs et certaines maladresses. Plusieurs révélations sont distillées au compte-goutte. Si le procédé est intéressant a priori, sa récurrence finit par devenir un peu lassante et ne permet pas forcément à l'auteur d'exploiter d'autres aspects de son sujet, à commencer par le regard qu'Holland Cook porte sur son mariage. Comme d'autres, j'ai trouvé que l'une des informations brutalement révélées n'avait aucune raison de constituer un mystère, même si cela a sans doute pour but de déstabiliser le lecteur en lui donnant une idée fausse au départ  et permet de donner au récit une nouvelle dimension. Quoi qu'il en soit, on ne fait pas un livre avec des "si" et des "peut-être" et, tel qu'il est, j'ai déjà beaucoup apprécié ce roman que j'ai trouvé empreint de sensibilité et très agréable à lire, hormis quelques petites  longueurs. Pearlie Cook est attachante et j'ai beaucoup savouré cette fin où l'on réalise que le couple s'est forgé une idée erronée de cette période importante de leur mariage, se trompant sur les intentions de l'autre pendant des années. Finalement, les zones d'ombre peuvent constituent aussi un atout. Un moment doux amer que l'on déguste avec plaisir.

Ce livre a été très largement commenté sur la blogosphère ; les avis de : Amanda, Brize, Cathulu, Cécile, Clarabel, Cuné, Dasola, Heclea, Joëlle, Jules, Kathel, Lili, Lillly, Ma, Manu, Papillon, Plaisirsacultiver, Sibylline, Voyelle et consonne...

Merci à Marie des éditions du Points pour cette très jolie découverte !

("You don't own me" : titre des Blow Monkeys)

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264 p

Andrew Sean Greer, L'Histoire d'un Mariage, 2008

21/05/2010

Bienvenue dans mon humble demeure

christie_biscornue.jpgCette semaine, j’ai risqué ma peau. Tout ça pour vous, amis lecteurs, tout ça pour vous présenter La Maison biscornue de la bonne vieille tante Agatha. Pourquoi tante Agatha ? Parce que je ne regarderai plus jamais les livres d’Agatha Christie du même œil depuis que Mr Lou et moi nous sommes amusés à nous entretuer avec conviction pour un jeu appelé « l’héritage de tante Agathe », dont le but est de trucider les autres héritiers afin d’augmenter sa part du gâteau.

 

Revenons donc à notre braves petites vieilles prêtes à nous servir une tasse de thé au goût d’amande, même si, en l’occurrence, la jeunesse n’était cette fois-ci pas en reste si l’on considère l’originalité des mobiles éventuels, voire de la mise en pratique.

 

Exit Hercule Poirot, goodbye Miss Marple, l’inspecteur de ce roman est un certain Taverner, secondé par Charles, le narrateur fiancé à l’un des suspects, Sophia Leonides. Le grand-père de celle-ci vient d’être empoisonné dans la « maison biscornue » qu’il occupait avec toute sa famille : enfants, petits-enfants, deuxième femme bien plus jeune et belle-sœur, sans compter quelques domestiques dont un précepteur que l’on soupçonne d’avoir une liaison avec la nouvelle Madame Léonides.

 

Pour vous donc, je me suis infiltrée dans cette maison où, bien sûr, tout le monde semble avoir quelque chose à cacher. Pour vous j’ai failli boire un chocolat empoisonné et me faire assommer par un lion en pierre, et ce uniquement pour démasquer le coupable et vous laisser le champ libre et une lecture sereine (si ce n’est pas une belle preuve de solidarité entre livrophiles ça !).

 

Je n’avais pas remis les pieds dans l’univers vieillot d’Agatha Christie depuis le début du collège, époque où je m’étais prise de passion pour ses enquêtes pendant un été, le temps de lire quatre ou cinq de ses romans. C’est moins enthousiaste que je ressors de ce nouveau voyage, même si j’ai passé un moment agréable et qu’Agatha Christie me semble l’auteur parfait pour combler le vide des soirées d’hiver ou m’accompagner avec ma serviette de plage en été.

 

Je soupçonnais principalement le coupable dont j’ai commencé à me méfier assez rapidement, ce qui est assez nouveau pour moi qui me trompe systématiquement, malgré tous mes efforts (j’ai tendance à songer au plus innocent et aux plus désagréables, mais je me laisse souvent berner par les personnalités intermédiaires qui sont pourtant le plus souvent coupables). J’avais oublié que ces romans s’en tiennent uniquement à l’enquête et ne s’attardent pas au cadre ou aux personnages en dehors des moments où ils croisent le détective, ce qui m’a un peu manqué. Malgré tout, c’est un Cluedo sympathique : on passe un bon moment et je ressortirai plus vite que prévu de ma bibliothèque l’autre Christie qui m’attend depuis un ou deux ans.

 

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188 p


Agatha Christie, La Maison Biscornue, 1949

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18/05/2010

Victoria, I'm coming (again) !

harwood_seance.jpgAmateurs de spiritisme, siphonnés de la table tournante, Victoriens dans l’âme, vous êtes prêts à affronter les averses anglaises, à fouler de vos bottines encrassées le sol londonien, quand il ne s’agit pas de mettre les pieds dans un manoir lugubre où se passent de drôles de choses ? J’ai là le livre qu’il vous faut, et ça tombe plutôt bien car vous risquez très sérieusement de vous régaler : La Séance de John Harwood.

 

Tout commence avec le journal de Constance, jeune fille de bonne famille sur qui le sort semble s’acharner. Habitant près de l’hôpital des enfants trouvés, elle est persuadée d’avoir été adoptée depuis que sa petite sœur est morte, rendant sa mère indifférente à tout, dans une maison où le père semble fuir tout contact avec sa famille, leur préférant ses recherches à la bibliothèque. Pour faire le bonheur de sa mère, Constance l’entraîne à des séances de spiritisme, s’entendant avec une médium pour que sa mère croie être en contact avec Alma, sa fille morte à l’âge de deux ans. Malheureusement, le projet tourne court et Constance se voit contrainte de vivre chez un oncle tout juste rencontré. C’est alors qu’inopinément, elle hérite d’un manoir légué par une parente éloignée, qui lui est totalement inconnue. Un manoir dont l’histoire a été marquée par des événements particulièrement sordides.

 

Je ne vous en dirai pas plus afin de ne pas gâcher votre plaisir, l’histoire étant tout à fait passionnante et faisant de ce roman une véritable menace pour votre vie sociale qui, le temps d’une lecture, sera réduite à néant. Car il est impossible de s’arracher à ce livre où tout concorde à subjuguer le lecteur : plusieurs récits enchâssés l’un dans l’autre ; des points de vue et des angles d’approche différents ; un environnement qui, en ce qui me concerne, constitue mon cadre de prédilection ; enfin, une écriture très agréable. Au final, un récit absolument captivant et intelligemment mené qui ravira les amateurs de romans du XIXe (malgré quelques coquilles : « craignez-vous … ? » à quoi l’on répond « Peur ? Peur ! » - on imagine bien « do you fear… ? » « Fear ? Fear ! » qui là était compréhensible ; Clara qui devient un instant Carla et une ou deux petites choses que j’ai depuis oubliées).

 

Un vrai régal, un livre dont je ressors vraiment enthousiaste et que je compte recommander autour de moi. Un livre qui, je l’espère, vous séduira rapidement lors de sa sortie en librairie (le 3 juin).

 

Merci à Solène au Cherche-Midi pour cette visite d’un manoir isolé, et les aventures qui en ont découlé !

 

Voici quelques livres chroniqués par ici et qui pourraient vous tenter également si ce sujet vous inspire : Angelica d’Arthur Phillips ; The Thirteenth Tale de Diane Setterfield ; De Pierre et de Cendre de Linda Newbery.

 

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359 p


John Harwood, La Séance, 2009

 

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17/05/2010

Gentlemen ! And the winners are...

Il y a une semaine, j'ai lancé un petit concours pour gagner Gentlemen de Klas Östergren sur mon blog. Pour le remporter, il suffisait de dire ce que trafiquaient ces drôles de gentlemen...

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Le but n'étant pas forcément de reconnaître la scène, on peut dire que ces hommes en noir vous ont beaucoup inspirés. L'élément économique était très présent, ce qui nous rappelle la crise qui subsiste hors de ce joyeux monde de lecteurs où l'imaginaire peuple le quotidien : rachel, très pragmatique, y voit "des gens qui jouent au robot pour faire la quete" ; lucide, kathel nous informe de l'existence d'une Association d'Hommes d'Affaires Honteux ; Titine affiche un optimisme réjouissant "Nous sommes en 2110 et ils sont les traders du futur, avides de nos porte-feuilles"; pour Séverine, ils sont là "pour vérifier que chaque chose est à sa place, que chaque travailleur fait son travail et au passage récolter des amendes, des noisettes, des monnaies de-ci de-là" ; Lord Orkan Von Deck est assez d'accord, précisant qu' "Il s'agit bien évidemment d'une meute avide de rentiers en immobiliers venus dépouiller des pauvres grands mères à la retraite". De toute façon, Heartsless Witch les a déjà vus : "c'est le vrai visage des hommes d'affaires, d'ailleurs je les vois tout le temps comme ça dans la rue".

Ayant remarqué le rictus qu'affiche chacun de ces personnages claudialucia annonce tout simplement que "C'est l'heure choisie par Lucifer pour envoyer le Mal sur la terre". Sans doute l'hypothèse la plus vraisemblable.

buffy2.jpgD'autres ont une approche plus "d'jeuns" : pour Emma ils " testent les nouvelles roulettes de leur skateboard" ; maggie rend hommage au King of Pop avec "des hommes d'affaire amoureux de la musique de Michael Jackson et qui lui rend hommage en dansant la nuit en rentrant du travail" et djstef69 ajoute " ils swinguent sur la chanson Thriller " ; un peu nostalgique lui aussi, et prêt à envahir le dance floor, In Cold Blog évoque "un "flashmob" en hommage au groupe electro allemand Kraftwerk dont l'un des hits était "We are the robots"".

Enfin, après l'argent, le sport et la musique, l'amour, avec Cécile de Quoide9 : "Ce sont trois des nombreux prétendants forcément très élégants qui se bousculent à ma porte".

Mais DViolante n'était pas dupe et a très bien vu l'allusion à Doctor Who : "Donc les voici sortis du magasin où travaille Rose, ils font des manières, pensant se comporter comme des gentlemen ordinaires pour passer inaperçus"

Et pour finir en poésie, voici la réponse d'harmonie37 :

Trois hommes en noirs dans la rue.
Is me connaissent, je les connais.
Les fantômes du passés qui reviennent me hanter.
Face à eux, je me sens nue.

Ils viennent me conter
Les monstre du passé
Impossible de les oublier
La grande horloge compte sans oublier.

Derrière l'aiguille le temps s'est arrêté
Les souvenirs restent bloqué
Dans ce hurlement strident
Je suis lasse de les voir constament.

Une fenêtre, une lumière qui s'allume
Pour laisser s'envoler la brume
Un espoir qui renait dans cette flamme
La vie défile et se proclamme.

Les cicatrices restent comme un vampire
Mais peu à peu avance le plaisir
D'une vie qui apparaît de ses lueurs
Chassant les pleurs pour le bonheur.

 

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Pour les curieux, et certains avaient déjà donné cette réponse dans les commentaires, cette photo est tirée d'un épisode de la saison 4 de Buffy contre les Vampires intitulé "Hush". A la façon d'un conte, ces gentlemen arrivent en ville après avoir volé les voix de toute la population. Personne ne pouvant crier pour appeler à l'aide, ils sont en mesure d'arracher 7 coeurs avant de repartir. Un de mes épisodes favoris, très bien réalisé, captivant et servi par une musique parfaite !

C'est donc Mr Lou qui a prêté sa main innocente au tirage au sort. Et les deux gagnantes sont : kathel et Cécile de Quoide9. Mesdemoiselles, si vous voulez bien m'envoyer vos adresses par email, les gentlemen vous attendent !

Merci beaucoup à tous les participants et un très grand merci aux éditions Points !

14/05/2010

Lecture commune : Nick Hornby

Pickwick et moi avions envie de (re)lire Nick Hornby. Nous en profitons donc pour vous proposer une lecture commune afin d'échanger des idées de lecture et de partager notre coup de coeur pour cet auteur dont les romans sont une vraie bouffée d'air  frais (mais pas trop pur, car anglais) !

Rendez-vous donc le 1er août pour publier nos billets sur un des livres de Nick Hornby.

 

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*****
Et pour participer à lire en fête, je vous invite à aller lire le blog d'Hambre.
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13/05/2010

Psychose

boyle_riven rock.jpgJ'ai depuis des années Water Music de T.C. Boyle dans ma bibliothèque, mais je n'avais encore jamais lu cet auteur jusqu'à ce B.O.B. lance un partenariat et me permette de découvrir Riven Rock, dont la couverture intrigante (et qui bizarrement me fait penser à Frida Kahlo) ne m'a pour une fois pas trompée.

Début du XXe. Héritier d'un magnat de l'industrie céréalière, Stanley McCormick est interné dans un hôpital psychiatrique. Obsédé par la gent féminine, dangereux pour les autres et suicidaire, l'ancien mondain ne peut plus voir sa jeune et belle épouse puisqu'il est susceptible de l'agresser. Elle décide pourtant de le retirer de l'institution pour le conduire dans une prison dorée avec vue sur la mer, engageant à grands frais l'équipe médicale qu'il avait jusqu'alors, espérant ainsi accélérer sa guérison.

Difficile de rendre justice à ce roman fleuve aux ramifications multiples. Les personnages sont décrits avec une grande précision et, il faut bien le dire, une certaine noirceur. C'est une idée plutôt pessimiste de l'Amérique qui nous est donnée. Une Amérique où l'opulence fait face à une relative pauvreté, où les personnages fascinants se mélangent à d'autres plus médiocres, où les motivations des uns et des autres ne sont jamais tout à fait innocentes. Un roman dense, foisonnant à découvrir absolument !

Un grand merci à BOB et au Livre de Poche !

693 p

TC Boyle, Riven Rock, 1998

09/05/2010

Jeux concours : direction la Suède !

otergren_gentlemen.jpgPrésentation de l'éditeur

Qui ne connaît pas les frères Morgan? Boxeur et pianiste, Henry est un dandy lumineux. Leo, son cadet, un poète surdoué et alcoolique. De 1950 à 1970, les deux garçons sont les vedettes du tout-Stockholm. Alors qu'ils enquêtent sur les complicités industrielles de la Suède avec les nazis, ils disparaissent sans laisser de traces. Klas, écrivain et ami des deux frères, décide de révéler la vérité.

Biographie de l'auteur

Né à Stockholm en 1955, Klas 0stergren est une figure tutélaire de la littérature suédoise. Il est l'auteur de nombreux romans dont Point d'ancrage et Gangsters. Publié il y a vingt-cinq ans, Gentlemen est considéré comme un livre culte.

J'ai commencé à le lire, mais mon billet n'étant pas encore pour tout de suite, voici ce qu'on en dit en ligne - même si ce livre vient tout juste d'être publié en poche par Points :

BenHub : En fin de compte, un roman jubilatoire dont on a hâte de trouver la suite.

Juliette : Le récit, sous le signe de Janus, emmène très vite le lecteur dans la Suède ambivalente des années 60 et 70. Le couple fraternel est peint avec habileté et séduit de suite. Tant qu'au suspense final, il fait saliver.

Michel Lagrange : C’est captivant, historiquement vrai et romanesquement puissant. Plein de vérités humaines et de mystères savamment entretenus par cet écrivain remarquable.

*****

Le résumé vous tente ? Vous aimez le froid et les pays nordiques ? Vous avez envie de voir qui peut bien être cet auteur dit "culte" ? Vous avez lu un des avis ci-dessus et repéré l'allusion à Fight Club ? Vous passez par là par hasard ? Eh bien ça tombe bien mes amis, puisque je vous propose ici un petit jeu pour gagner ce roman de Klas Östergren.

Pour cela, c'est tout simple !

Il suffit de répondre avant dimanche 16 mai à cette question dans les commentaires : que font les gentlemen présents sur cette photo ?

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Vous pouvez dire ce qu'ils font en réalité si vous savez d'où vient l'image, mais vous pouvez aussi inventer, puisque je ferai un tirage au sort parmi vos réponses que j'attends avec impatience, surtout si elles sont farfelues. N'hésitez pas à pousser la porte: welcome to my humble abode !

Merci à Marie des éditions Points sans qui ce petit concours et plusieurs chroniques n'auraient pas vu le jour !
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*****
Et Maggie a lancé un autre concours autour de Frankenstein !
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19:32 Publié dans Jeux | Lien permanent | Commentaires (30) | Tags : gentlemen, klas östergren |  Facebook | |

08/05/2010

Aux sombres héros de l'amer

carroll_chasse_snark3.jpgUn petit livre oublié est en train de faire son chemin sur la blogosphère grâce aux éditions Folio, qui une fois encore ont remis au goût du jour un vrai petit bijou ! Ecrit en 1876, onze ans après le première Alice, La Chasse au Snark de Lewis Carroll est un exemple typique de "nonsense", ce que s'emploie à illustrer la présente édition à travers une série de commentaires pertinents et une documentation bien fournie.

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La chasse au Snark va embarquer des individus plus farfelus les uns que les autres à la recherche de cet être sans doute à mi-chemin en un requin et un escargot (snark était le mot-valise de "shark" et de "snail"), une créature que personne n'a par ailleurs jamais vue. Le capitaine donne des ordres contradictoires, le castor fait de la dentelle, arrive un boucher qui ne tue que les castors... voilà qui pourra déjà vous donner une idée de la situation absurde et cocace dans laquelle se trouvent embourbés les personnages ! Le texte est ici en version bilingue et est absolument à découvrir, ne serait-ce que pour l'humour qui s'en dégage, au-delà de la langue, Carroll se jouant des mots avec plaisir !

Ainsi pour réanimer le boulanger :

"The roused him with muffins - they roused him with ice..." (Ils le ranimèrent avec des muffins, ils le ranimèrent avec de la glace)

Ou encore :

"And the Bellman cried "Silence ! Not even a shriek !" / and excitedly tingled his bell" (Et l'homme à la cloche cria silence, pas même un cri ! / excité et faisant sonner sa cloche).

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carroll_Snark_cover.pngA noter l'introduction intéressante qui revient sur le parcours de Lewis Carroll, mathématicien; sa technique est annonciatrice de l'Oulipo, dont fait partie le traducteur de cette édition (les traductions ne manquant pas, et nous devons l'une d'elles à Aragon).

On y apprend que Carroll avait refusé de laisser l'illustrateur représenter le snark, ce qui m'a rappelé Kafka et La Métamorphose :

« J’ai pensé, comme Starke va faire l’illustration, qu’il pouvait peut-être vouloir dessiner l’insecte. Non pas cela, par pitié, pas cela ! L’insecte, il ne faut pas le dessiner. On ne peut même pas l’ébaucher. Si je pouvais me permettre de suggérer une illustration, je choisirais des scènes comme par exemple : les parents et le fondé de pouvoir devant la porte fermée ou encore mieux, les parents et la sœur dans la pièce éclairée tandis que la porte donnant sur la petite chambre obscure reste ouverte. »

carroll_jabberwocky-1.jpgLa Chasse au Snark est suivie par le Jabberwocky (poème découvert par Alice dans Through the Looking Glass), fait de mots inventés par Carroll. Plusieurs traductions sont proposées, assorties des commentaires de Bernard Cerquiglini qui sont finalement ce qui m'a le plus passionnée lors de cette lecture. On y voit ainsi plusieurs versions qui n'ont pas grand-chose en commun, ni le fond ni la forme (en particulier en termes de sonorités, l'effet rendu est radicalement différent d'une traduction à l'autre).

J'ai bien ri en lisant celle d'Henriette Rouillard qui ne s'est pas donné de mal mais a le mérite de rester très fidèle au texte original : C'est brillig et le slithy toves / gyre et gimble dans le wabe / Mimsy sont tous les borogoves / et les mome raths outgrabe (ça me rappelle les traductions automatiques sur internet).

Bref, amusez-vous bien et partez vous aussi à la chasse au snark !

Les avis d'Alice (qui a beaucoup parlé de Lewis Carroll sur son blog où Tenniel est lui aussi très présent), Cryssilda, Lilly, Maggie, Mélisendre, Praline, Tortoise,

Encore merci à Lise !

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132 p

Lewis Carroll, La chasse au Snark, 1876

* Pourquoi ce titre ? Parce qu'il m'a rappelé un grand moment d'absurdité, puisque petite j'étais persuadée que le titre était en réalité "au sombrero de la mer" (titre ma foi fort intrigant) et que cette confession me paraît parfaite dans le cadre de ce petit billet sur le nonsense !

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02/05/2010

Etre aimée, défendue, protégée

tournier-zelda.gif"Pour les uns, par exemple, c'est l'alcoolisme de mon père qui aurait rendu ma mère folle. Pour d'autres, c'est l'inverse : mon père s'est mis à boire parce que ma mère était folle. Si on me pose la question, je réponds que je n'en sais rien. ça reste pour moi une énigme. Et c'est en partie cette énigme qui a fait de leur couple un couple mythique" (p123)

Le couple Scott - Zelda Fitzgerald me fascine et quoi qu'en disent certains, leur relation est classée pour moi au panthéon des amours tragiques, de ces histoires des temps modernes qui ont, sans le vouloir, donné jour à une légende et à tout un imaginaire. Avec Zelda de Jacques Tournier, nous retrouvons le couple à la fin de son séjour en Europe, lorsque Zelda est déjà hospitalisée. S'ensuivent le retour aux Etats-Unis, les séjours en clinique et le déclin d'un couple qui ne peut vivre séparé tout en étant incapable d'être heureux ensemble.

Cette Amérique qu'ils retrouvent est une Amérique moribonde, en plein marasme économique, suite au "Jeudi Noir" de 1929 et au krach boursier de Wall Street.

"C'était un automne lugubre, écrira Scott. Nous avons franchi un barrage de douaniers étrangement courtois, puis tête basse et chapeau bas, nous sommes entrés dans le vide du sépulcre. Quelques fantômes dérisoires tentaient parmi les ruines de se persuader qu'ils existaient encore, mais la vanité de leur mascarade se devinait à leurs joues creuses, au chevrotement de leurs voix." (p27)

fitzgerald_zelda2.jpgCe court ouvrage s'appuie largement sur la correspondance échangée entre Scott et Zelda. L'auteur développe également le contexte dans lequel ont été écrit Accordez-moi cette valse et Tendre est la Nuit, deux romans traitant de la vie du couple en adoptant une approche tout à fait différente. L'accueil de chacun de ces livres par le conjoint fait partie des aspects les plus intéressants du récit, chacun hésitant entre jalousie, souffrance et respect. Il apporte également un éclairage intéressant en faisant intervenir d'autres personnages : la mère de Zelda, dont on découvre qu'elle rêvait d'indépendance et ressemblait à bien des égards à sa fille ; Scottie, l'enfant du couple qui est amenée à parler de ses parents.

Contrairement à Alabama Song dont le ton m'a beaucoup dérangée ("J'ai épousé une poupée mâle et blonde pas capable de bander")*, j'ai apprécié la sensibilité et la finesse qui caractérisent le texte de Jacques Tournier, dans cette biographie à l'écriture très agréable et au fond intéressant. L'auteur aborde les moments difficiles du couple avec pudeur mais franchise. A noter que Jacques Tournier entretient une relation particulière avec les Fitzgerald et semblait tout indiqué pour écrire à leur sujet, puisqu'il a traduit les deux romans les plus connus de Scott Fitzgerald ainsi qu'une cinquantaine de nouvelles.

* Suite à mon billet mitigé, Gilles Leroy a répondu dans les commentaires à certaines des critiques qui lui ont été faites.

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178 p

Jacques Tournier, Zelda, 2008

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