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30/04/2010

The Portrait of a lady : time to open your presents !

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Amies swappeuses et swappées, et vous tous qui passez par ici, voici en quelques photos le colis que j'ai reçu dans le cadre du Portrait of a Lady Swap que j'organisais avec Titine. Ma charmante swappeuse était Manu, dont le colis a toutefois dû affronter les éléments déchaînés et les périls qu'encourt tout paquet un jour remis à la poste.
La preuve en image, avec le carton blanc devenu brun, tout détrempé qu'il était :
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Encore des bières me direz-vous (je rappelle aux âmes sensibles qu'une blogueuse avertie et fort judicieuse avait déjà pensé à m'envoyer deux canettes de 1664) ! Mais non, le fautif, le voilà :
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Il sent délicieusement bon, grâce à lui mon appartement a été parfumé à la rose pendant plusieurs, mais il a eu la mauvaise idée de se vider entièrement dans le colis. Ce qui donne une photo des paquets un peu limite, votre fidèle et dévouée aux mains toutes poisseuses ayant dû prendre quelques précautions pendant le déballage. Le petit coquin en a profité pour inciter son compagnon Mr Paquet Cadeau à déteindre, ce qui explique le violet un peu plus présent que prévu à l'arrivée. Une de mes couleurs préférées, tout va bien !
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Comme je sais que vous êtes curieux de voir tous les trésors qui se cachaient derrière le carton, le papier et le gel à la rose, voici quelques photos des cadeaux de Manu, qui m'a vraiment gâtée, et avec énormément de goût !
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No comment.
Enfin si, je vous mettrai bientôt une photo de toutes mes possessions darcyesques rassemblées.
Oh Lord, it's getting scary !
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Je voudrais en profiter pour saluer la mémoire de ces chocolats absolument exquis, fauchés dans leur plus jeune âge par une Miss Lou aux papilles en extase.
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Trois livres que j'avais très envie de lire, avec des couvertures magnifiques, de l'anglais et du français ! Oh yeah !
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L'un d'eux a un peu souffert, mais il sent divinement bon la rose... quand je serai prise d'une crise de romantisme aiguë, je n'aurai qu'à humer les pages de mon livre en cours pour me sentir à Pemberley !

Et voici une photo des paquets que contenait mon colis pour Didouchka.
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Voici la liste des participantes au swap :

Cécile

Céline

Celsmoon

Didouchka

DViolante

Edea

Emma

Laconteuse

Lamousmé

Lilly

Lou

Maggie

Malice

Manu

Mea, qui a finalement reçu un colis de Titine et de moi

Nadège

Pickwick

Romanza

Titine

Yoshi73

Je voulais remercier une fois encore les participantes enthousiastes dont les messages nous ont pour la plupart vraiment fait très plaisir. Nous sommes ravies de voir que vos colis vous plaisent et vous ont donné de nouvelles idées de lecture so British !

Plus personnellement, je voudrais remercier une fois de plus Manu pour son très beau colis, même si elle sait déjà à quel point je suis contente ! Manu rocks !!

Et un grand merci à Titine, sans qui j'aurais dû intégrer avant la fin du swap une clinique pour troubles du sommeil et troubles comportementaux divers et variés ! Merci pour tout ce que tu as fait pendant ce swap, pour ta gentillesse, pour les bons dîners, la fin de match de l'équipe de France et tout le reste, qui serait long à énumérer !

HAPPY SWAP !

14:22 Publié dans Swap | Lien permanent | Commentaires (31) |  Facebook | |

28/04/2010

England, England across the Atlantic Sea

coe_bienvenue club.jpgVoilà quelques années déjà que je voulais découvrir Jonathan Coe. C'est désormais chose faite avec Bienvenue au club, qui sera certainement bientôt suivi d'autres lectures !

Dans un roman assez dense, Coe nous offre un large panorama des années 70, mettant l'accent sur l'histoire politique du pays et le contexte sociétal tendu de ces années caractérisées par les attentats de l'IRA, la montée de l'extrêmisme et les grèves en masse, peu avant l'arrivée de la dame de fer Mme Thatcher. Mais n'allez pas croire que ce livre va vous asséner des leçons d'histoire ou vous servir de somnifère avant de vous mettre au lit !

Si la toile de fond offre une belle perspective sur toute une époque, l'histoire est avant tout celle d'une bande de copains et de leurs proches. Benjamin et ses amis bons élèves, mélomanes ou écrivains en herbe. Leurs parents, amis ou pas, qui se croisent plus ou moins dans le cadre professionnel ou pendant les réunions parents-profs. Approchant parfois la grande Histoire, tous vivent une vie normale et touchante lorsqu'ils tentent de lui donner un nouveau départ, comme ce chauffeur de bus devenant un rat de bibliothèque pour reconquérir sa femme, séduite par le prof de dessin Plume-dans-le-cul.

En fin de compte, ce sont beaucoup de petites histoires a priori insignifiantes qui, mises bout à bout, forment un récit riche, amusant et empreint d'une grande sensibilité. La forme est également au rendez-vous, Coe s'amusant à multiplier les registres, entre les récits à la 1ère ou à la 3e personne, les lettres ou les articles de journaux. Les registres ne manquent pas, le livre alternant entre des sujets sérieux et des anecdotes pleines d'humour. Un livre fait pour ceux qui aiment les bons gros romans associant un contenu intéressant à une forme divertissante, et qui ravira particulièrement ceux que la Grande-Bretagne passionne. Un bel hommage à l'Angleterre des années 70 !

L'avis d'Alice

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537 p

Jonathan Coe, Bienvenue au club, 2001

25/04/2010

Poison running through my veins

petitfils-l-affaire-des-poisons-crimes-et-sorcellerie-au-temps-du-roi-soleil.jpgJe lis assez peu de livres historiques (à savoir un par an les années de pointe), mais j'ai  le don de choisir des sujets pour le moins particuliers, comme l'affaire des poisons qui a largement occupé bourreaux et autres tortionnaires au temps du Roi Soleil. Car voilà l'un des aspects marquants de ma lecture de L'Affaire des Poisons, Crimes et Sorcellerie au temps du Roi-Soleil, où les procès-verbaux  sont souvent détaillés.

Jean-Christian Petitfils y rend tout d'abord compte de  plusieurs faits divers, avec les procès retentissants de plusieurs empoisonneurs, précurseurs d'une enquête aux ramifications interminables.

Le 16 juillet 1676 est exécutée en place de Grève la Marquise de Brinvilliers (qui, par égard pour sa condition, aura simplement la tête coupée). Coupable d'avoir envoyé son père et ses frères au Paradis avant l'heure, la marquise est un personnage assez fascinant, dont les crimes ont été mis au point avec une rigueur et un calcul qui feront sans doute sourire les plus cyniques : ayant expérimenté un poison sur des animaux, "elle se fit alors infirmière bénévole, rendant visite aux pauvres de l'Hôtel-Dieu, s'asseyant à leur chevet, sourire aux lèvres, et les réconfortant avec des tisanes aux vertus calmantes, des pâtés, un peu de vin ou des friandises, comme de la confiture de groseille" (p36). Lorsqu'elle peut enfin mettre en pratique ses talents d'empoisonneuse sur un sujet plus intéressant, la marquise se rend au chevet de son pauvre père et l'assiste avec une piété toute filiale alors qu'une maladie l'emporte brutalement, lui laissant tout de même le temps de "coucher sur son testament sa chère enfant". Plus tard, lorsqu'elle est arrêtée, elle tente de mettre fin à ses jours par divers moyens, dont un des plus curieux: "Elle s'était fichée un bâton, devinez-où, écrivait Emmanuel de Coulanges à Mme de Sévigné" (p44).

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l_affaire_des_poisons02.jpgCe cas constitue en quelque sorte une introduction avant que n'éclate le scandale de l'affaire des poisons. Suite à plusieurs arrestations et quelques séances de question extraordinaire, les langues se délient et les empoisonneurs dénoncent leurs complices, leurs rivaux et leurs clients, accusant plusieurs membres de la noblesse, y compris une suivante de Madame de Montespan, de s'être approvisionnés chez eux pour parvenir à leurs fins et, dans certains cas, pour s'approcher de la couche du Roi. Suivie par une commission d'enquête spéciale, l'affaire prend une importance inattendue.

Outre l'affaire en elle-même, qui ne manque pas d'intérêt, ce livre permet de découvrir l'époque de Louis XIV sous un autre angle, plus sociologique. On découvre ainsi une société extrêmement superstitieuse, qui se montre à l'Eglise le dimanche pour se rendre le lundi auprès d'une diseuse de bonne aventure quelconque, où l'alchimie est "pratiquée" au sein des différentes couches de la société. Les messes noires ne manquent pas et les complots familiaux sont eux aussi légion. Puisqu'il est facile de se procurer du poison, le réglement des conflits familiaux et l'élimination des rivaux ont une solutiont toute trouvée.

"Lorsque les prières se révélaient inefficaces, on recourait à la magie blanche pour forcer le destin. Les devins (...) concoctaient des philtres d'amour composés de substances provenant du corps de celui ou celle dont on voulait obtenir les bonnes grâces : rognures d'ongles, sang, sueur, urine, sperme. Les militaires appréciaient un talisman qui leur permettaient de revenir sains et saufs du combat. Pour conjurer le mauvais sort, les joueurs se procuraient "une main de gloire", c'est-à-dire la main coupée et desséchée d'un pendu" (p20).

Plusieurs anecdotes amusantes ponctuent également le récit : "Un garçon étant tombé en apoplexie au faubourg Saint-Antoine, la justice soupçonna qu'il était mort empoisonné. Elle voulut le faire autopsier mais, au premier coup de rasoir, l'homme revint de son assoupissement" (p125).

Quelques termes employés par l'auteur pour qualifier les criminels et les habitants des quartiers populaires m'ont gênée  par leur parti pris (si le but est de rendre compte des termes de l'époque, la tournure laisse penser qu'il s'agit ici de termes choisis par l'auteur) : "ces gueux qui faisaient bouillir du mercure au fond d'un misérable bouge", "ce sinistre bouffon", "qui vivait publiquement avec deux traînées".

Au final, un livre qui se lit très facilement et qui offre un panorama assez complet sur le contexte dans lequel s'est déclenchée l'affaire des poisons, et sur les tenants et aboutissants de l'affaire en question. Si le sujet vous intéresse, n'hésitez pas à vous procurer ce texte !

L'avis d'If Is Dead, BelledeNuit

Merci à Babelio et à Clément Vekeman des Editions Perrin pour cette lecture.

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380 p

Jean-Christian Petitfils, L'Affaire des Poisons, 2010

Jeux concours

page_parfaite journee parfaite.jpgIl y a quelques semaines, suite à ma lecture poussive et inachevée d'"Une parfaite journée parfaite" de Martin Page, j'ai proposé de faire gagner mon exemplaire à celui ou celle qui voudrait bien me raconter sa parfaite journée parfaite. Après mon billet follement positif, seules deux blogueuses intrépides se sont jetées à l'eau ; Pickwick et moi avons finalement décidé de faire un petit tirage au sort pour départager ces deux demoiselles.

Et c'est donc Cathulu qui repart avec un exemplaire du roman de Martin Page... autant dire qu'après tout ça, je suis plus que curieuse de connaître son avis ! Un grand merci à S.Ecriture pour sa participation.

Plusieurs exemplaires de Gentlemen de Klas Östergren seront bientôt à gagner par ici.

 

20/04/2010

Dark side power !

dark side challenge.jpgPour exhumer quelques titres de ma PAL et retrouver mes chères créatures fantastiques (ah ! le bloody swap et son cercueil envoyé par la poste, que de doux souvenirs !), je viens de m'inscrire au Dark Side Challenge de Virginie. Voici la liste de mes douze lectures à venir :

Aldiss Brian, Frankenstein délivré

Andrevon Jean-Pierre, Zombies, un horizon de cendres

Bray Libba, Les Sorcières de Spence

Collectif, Les Fantômes des Victoriennes

Debreuve-Theresette Adeline, De Notre Sang

Fuentes Carlos, En inquiétante compagnie

De Ghelderode Michel, Sortilèges

Martin George R., Riverdream

Newman Kim, Anno Dracula

Ray Jean, Malpertuis

Raye Kimberly, Vamp in Love

Stivers Valerie, La mode est au rouge sang

angel.jpg*****

Je reviens dans quelques jours vers la gagnante du livre de Martin Page.

Et sur ce, car je suis d'humeur sombre ce soir, je vais me mettre du vernis noir et voir un nouvel épisode de Buffy avant de me plonger dans L'Affaire des Poisons (merci à Babelio). En attendant je vous laisse en compagnie d'un serial-killer via mon billet précédent.

*****

Edit du 21/04 : petit bilan sur les challenges que j'ai lancés (puisqu'on parle de challenges...).

woolf1.jpgCHALLENGE VIRGINIA WOOLF - les lectures :

La Maison de Carlyle et autres esquisses : Pascale,

La Scène londonienne : Lou,

Les Vagues : Tif,

Le Vieux Bloomsbury : Mea,

Mrs Dalloway : Keisha, L'Or des Chambres, Maggie, Mango, Mea,

Orlando : DeL, Titine,

Promenade au phare : Keisha,

Virginia Woolf par Alexandra Lemasson : Maggie,

challenge-mary-elizabeth-braddon.gifCHALLENGE ELIZABETH BRADDON - les lectures :

Aurora Floyd : Cécile, Mea

L'Aveu : Loula,

Henry Dunbar : Lou, Loula,

Lady Isle : Cécile

Le Secret de Lady Audley : Cécile, Keisha, Malice, Mango, Titine,

Les Oiseaux de Proie : Rachel,

Sur les Traces du Serpent : Choupynette,

Pour ces deux challenges, vous pouvez vous inscrire à n'importe quel moment de l'année, le but étant de lire un ou plusieurs livre(s) de l'auteur, selon votre envie (et de m'indiquer dans un commentaire sur ce blog les liens vers vos billets).

Je vous invite au passage à faire un petit tour par pour le challenge Edith Wharton.

Au Nom du Père

evenson_pere_mensongs.jpgVoilà un livre qui a fait couler beaucoup d'encre dans la blogosphère et qui a en général beaucoup plu, malgré un sujet assez dérangeant.

A la demande de sa femme, l'homme d'Eglise Fochs se rend chez un psychiatre afin de lui parler de ses nuits troublées par des crises de somnambulisme, des accès de violence et des paroles obsènes prononcées d'une voix qui n'est pas la sienne. Il en vient à évoquer ses rêves pédophiles et sadiques, dont les victimes sont les membres de sa congrégation. Déjà malsain en soi, ce cas pose rapidement un problème de conscience au médecin qui fait le lien entre un meurtre qui a eu lieu et les déclarations croustillantes faites par le doyen Fochs. Il se heurtera ensuite à la solidarité de l'Eglise vis-à-vis de leur membre, la confrérie se préoccupant davantage de sa propre réputation que de questions de justice et de morale. Ce tableau franchement nauséabond de l'Eglise, cette dénonciation du pouvoir que la religion corrompue peut avoir sur les fidèles, cette démonstration extrême des excès que peut engendrer le fanatisme et l'amour du pouvoir forment le fond de toile de ce roman.

Mais ce qui rend le récit si intéressant tient surtout à la complexité du personnage principal, dont on ne tarde pas à deviner qu'il est atteint de troubles de la personnalité, peut-être de scizophrénie. Se met ainsi en place un jeu subtil entre le psychiatre, le lecteur et l'homme d'Eglise. Les formats divers, les changements de narrateur facilitent la manipulation et font de Père des Mensonges un roman fascinant qu'on a bien du mal à refermer. L'impossible côtoit la réalité, les fantasmes éclairant des faits divers sordides, des situations surréalistes se produisant sans que l'on sache exactement si elles sont les inventions d'un esprit malade ou sa version d'une autre réalité. Fochs est ainsi suivi par deux hommes en noir qui, malgré leur comportement violent, représentent en quelque sorte la bonne conscience, mais aussi par un homme écorché qui évoque l'inverse. Avec un petit côté christique, l'écorché vient à son secours à chaque mauvaise action, après avoir joué les tentateurs. C'est au final davantage au Malin qu'il fait penser, exigeant au final le corps de Fochs et de sa fille en échange de son aide. Le doyen finit par projeter ses fantasmes sur ce personnage imaginé qui prend de plus en plus ancrage dans la réalité, jusqu'au point de non retour : le viol de Fochs.

L'ambiance est assez oppressante grâce à un schéma narratif qui fait facilement ressortir la folie du personnage et des faits de plus en plus glauques. L'intérêt du livre tient également à la réaction de la famille du doyen, y compris la femme qui finit par se rendre compte de la monstruosité de son époux. La fin est peut-être le petit bémol : rapide, elle semble moyennement crédible puisque la police renonce miraculeusement à enquêter sur Fochs. En revanche, elle réussit finalement à désarçonner une fois de plus le lecteur, avec une conclusion pronfondément amorale et choquante qui peut peut-être se voir comme une dénonciation des pratiques de certains groupuscules (religieux ou non), lorsqu'elles sont poussées à l'extrême.

Un roman passionnant, moins éprouvant à lire qu'il n'y paraît et au final, une lecture qui fait réfléchir. A ne pas laisser passer.

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233 p

Brian Evenson, Le Père des Mensonges, 1998

D'autres avis (et ils sont nombreux !) : 1001 Livres, Amanda, Canel, Cathulu, Choco, Clara C, Cuné, Dasola, Entre-deux-Noirs, Fric Frac Club, Hecate, Isaletelie, Karine:), Katel, Keisha, Leiloona, Nils Ahl du Monde des Livres, Pimprenelle, Stephie, Ursula ainsi qu'une interview de Brian Evenson dans Le Magazine Littéraire.

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Marilyn Manson, AntiChrist Superstar, qui symbolise bien cette évocation provocatrice d'une certaine Amérique par son détournement des codes religieux ainsi que par la violence et la sexualité brute que dégage l'univers qu'il a créé.

17/04/2010

London, Scotland : back to the roots !

bourland-le-diable-du-crystal-palace-cover.jpgAvis aux amateurs de la série des détectives de l'étrange de Fabrice Bourland : nouvelle enquête à l'horizon !

Cette fois-ci, nos deux vaillants enquêteurs Andrew Singleton et James Trelawney volent au secours d'Alice Grey, fiancée éplorée recherchant désespérément sa moitié. Ceux qui ont déjà découvert les aventures des deux héros s'attendront peut-être à quelques fantômes, médiums ou autres phénomènes du même genre. C'est pourtant une piste très différente qui sera suivie cette fois, puisque nous croiserons au détour des rues londoniennes divers exemples de mammifères disparus depuis la préhistoire.

Je suis en général plus sensible aux histoires d'esprits et de châteaux hantés qu'aux thèmes abordés ici, mais c'est avec plaisir que j'ai découvert ce roman, qui est peut-être finalement mon préféré parmi les quatre de la série.

Comme toujours, les péripéties s'enchaînent rapidement. Les deux personnages holmesiens gardent un côté un peu suranné plein de charme. La machination tout à fait diabolique (ne mâchons pas nos mots !) dont est victime le fiancé d'Alice Grey est absurde et pourtant, assez crédible si on prend en compte le contexte. Bref, vous le voyez, une escapade pour le moins palpitante qui présente trois atouts de taille : une bonne dose d'humour, marque de fabrique de la série, ainsi que des révélations inédites sur Nessie et les profondeurs du Loch Ness ET sur l'incendie du Crystal Palace. Alors, prêts à vous laisser embarquer ?

Lus et également chroniqués par ici : Le Fantôme de Baker Street, Les Portes du Sommeil, La Dernière Enquête du Chevalier Dupin.

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274 p

Fabrice Bourland, Le diable du Crystal Palace, 2010

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13/04/2010

Zombies in the neighbourhood ? Damn it !

ryan_Laforetdesdamnes.jpgDepuis qu'une certaine blogueuse m'a communiqué le virus des zombies, j'ai pris en sympathie ces malheureuses créatures égarés dont j'admire la démarche chaloupée (ou presque) et le fond de l'oeil vitreux. C'est donc avec fougue et la main fébrile que j'ai commencé à tourner les pages de La Forêt des Damnés de Carrie Ryan.

Imaginez Mary, jeune adolescente romantique, intelligente, rêveuse, intrépide, fûtée et bien sûr amoureuse. Maintenant que vous vous êtes fait une bonne idée de ce personnage ô combien atypique, ajoutez à son portrait une toile de fond qui vous rappellera sans aucun doute votre quotidien de lecteur intrépide : un village, des grillages et tout autour, la forêt, peuplée de Damnés. Bref, un monde d'apocalypse, où les survivants sont gourvernés par les Soeurs et protégés par les Gardiens, où le seul livre disponible est "Le Livre Sacré" (de quoi me transformer en sportive chevronnée) et où l'océan, les villes et le monde entier ne sont plus qu'une légende racontée par quelques parents, malgré le scepticisme du plus grand nombre. Mais Mary, elle, a l'étoffe d'une héroïne et, lorsque les Damnés envahissent le village, elle y voit finalement l'occasion d'explorer l'inconnu.

Mon avis est finalement assez mitigé. Après avoir dévoré les 100 premières pages, j'ai finalement trouvé le contenu et la forme un peu légers. Ce roman n'en est pas un, puisqu'il il n'est  à mon avis que le prémice d'une nouvelle série pour adolescents (non je n'écrirai pas "prépubères"), avec tous les ingrédients classiques que les dernières superproductions du genre ont apparemment beaucoup prisés : amours compliquées, adolescents en plein questionnement (avec un petit côté obsessionnel permettant aux mêmes questions de revenir régulièrement), créatures surnaturelles (ici peu sexy, en cela Carrie Ryan joue la carte de l'originalité, je vous l'accorde). Pourquoi pas ? Reste à savoir si vous souhaitez voir Mary tourner dans la forêt pendant environ 200 pages sans que rien de fondamentalement palpitant ne se passe.

Malgré tout je lirai sans doute la suite car ce roman a éveillé ma curiosité, même si, ami lecteur, je vois bien que tu as l'air d'en douter derrière ton écran. L'histoire est au départ bien campée et je dois dire que j'ai été plus qu'intriguée par le cadre (j'avais moi aussi très envie de savoir ce qui se cachait derrière les grilles, j'avais d'ailleurs mis une faux de côté pour effectuer ma petite promenade de santé sans souci). Le côté assez opressant lié à l'omniprésence de la religion m'a également paru assez bien rendu. Enfin l'apparition d'une inconnue dans le village, puis d'une zombie beaucoup plus rapide que ses congénères a achevé de me conquérir... jusqu'à ce que le roman s'enlise tout de même dans les méandres de la forêt. Un essai à transformer !

Un deuxième livre va sortir (qui n'est pas une suite) : espérons que le roman ne s'achève pas ainsi, car au final, cela se résumerait à beaucoup de bruit pour rien.

A tenter toutefois, surtout si vous en avez assez de Bella !

Les avis de Clarabel, Emmyne, Esmeraldae, Fashion, Francesca, Lael, Miss Frizz, Petit Graffiti, Rana Toad, Stéphanie de L'Attrape Rêve, Sylly...

Ici le trailer à l'américaine (marketing éditorial en force !). Evidemment, je serais bigrement surprise si ce livre était adapté sur grand écran (si si, je vous jure !).

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380 p

Carrie Ryan, La Forêt des Damnés, 2009

07/04/2010

Le tag de l'aventurier(e)

Heroes_Wallpaper_by_jeayese.jpgPartie pour quelques jours sur les traces du Gaudi Code à Barcelone, j'ai eu envie de partager ce moment d'aventure hautement intense pour savoir quel(le) aventurier(e) vous êtes. D'où quelques petites questions très pratiques afin de connaître vos réflexes lorsqu'il s'agit de survivre en milieu hostile. La grande question étant bien sûr : que faites-vous ?

Vous vous réveillez par un beau matin. Les petits oiseaux gazouillent, il a l'air de faire beau, vous avez une excellente journée devant vous... quand tournantla tête après avoir gracieusement étouffé un bâillement non moins gracieux, vous avisez en face de vous au choix Angel, Edward ou Lestat, qui vous regarde, adossé à votre placard.

Cet été, pour le pique-nique de la blogosphère, les organisatrices ont changé le lieu du rendez-vous à la dernière minute. Vous voilà dans le bois de Boulogne, avec quelques blogueurs zé blogueuses, à la recherche du reste de la troupe. Soudain, un grognement dans les fourrées attire votre attention. Les bras qui pendent mollement de côté, l'oeil morne, le râle guttural : pas de doute, c'est un zombie !

Aujourd'hui c'est la rentrée des classes. Manque de bol, la salle est vide à part un type au fond qui ressemble étrangement à Doctor Who. Mais il pète un peu trop pour ne pas avoir l'air suspect...

Au fait, en photo, en super héros/héroïne, à quoi ressemblez-vous ? (et surtout pas à qui ou à quoi... ?)

Et mes victimes (consentantes j'espère) sont : Caro[line], Choupynette, Emma, Fashion, Isil, YueYin !

 

Au passage, j'en profite pour vous rappeler qu'un livre de Martin Page est à gagner ici en décrivant votre "parfaite journée parfaite" (le sujet du roman : l'histoire d'un type qui se suicidait toute la journée, un concentré d'humour noir).

22:33 Publié dans Tags | Lien permanent | Commentaires (19) |  Facebook | |

05/04/2010

What's the play about ?

woolf_scene_londonienne.jpgHabituée à courir tout le temps ces derniers mois, j'ai savouré ce week-end relativement calme au cours duquel, miracle, j'ai eu le temps de finir deux livres, de me prélasser dans un bon bain et de faire une grasse matinée (mais un tel relâchement en trois jours, est-ce bien raisonnable ?). Toujours est-il que je n'ai pas quitté Londres le temps de mes lectures, en parcourant notamment ses rues grâce à La Scène Londonienne de Virginia Woolf.

Composé de six textes courts pour la première fois réunis tous ensemble, ce petit livre est l'occasion pour nous de redécouvrir l'Angleterre sous le regard parfois amusé, parfois féroce de l'écrivain. Sous des dehors poétiques, la chronique s'avère souvent romanesque, drôle et impertinente, à l'exception d'un texte sur la Chambre des Communes qui laisse transparaître l'inquiétude qu'inspire à Woolf la politique étrangère et, plus particulièrement, le pacte AntiKommintern.

Le premier texte sur "Les Docks de Londres" fait partie de mes favoris, avec cette description par le menu d'une Tamise aux rivages enlaidis par la révolution industrielle de l'ère victorienne, rigueur et poésie se faisant écho à chaque instant. "Quand une fenêtre est brisée, elle reste brisée. Un incendie qui a dernièrement noirci et boursouflé l'un d'eux ne semble pas l'avoir rendu plus lugubre et misérable que ses voisins. Derrière les mâts et les cheminées s'étend une ville naine et sinistre de maisons ouvrières. Au premier plan grues et entrepôts, échaffaudages et gazomètres alignent le long des rives leur architecture squelettique" (p9).

Une fois notre navire débarqué à Londres, nous voilà en route pour Oxford Street où les marchandises déballées sur les quais se retrouvent transformées et soigneusement présentées pour faire découvrir aux badauds les joies des plaisirs mercantiles.

Vient ensuite le moment de faire une courte pause et d'aller retrouver quelques grands hommes en visitant leurs maisons désormais transformées en musée. Celle de Carlyle, privée des conforts modernes, ou encore celle de Keats, vide à l'exception de quelques chaises. "Aucune scène animée ne nous vient à l'esprit. On n'imagine pas qu'on ait pu ici manger et boire, entrer et sortir, que des gens ont dû poser des sacs, laisser des paquets, qu'ils ont dû récurer et nettoyer et se battre avec la saleté et le désordre et porter des seaux d'eau du sous-sol aux chambres à coucher. Tout le remue-ménage de la vie est réduit au silence. La voix de la maison est celle des feuilles caressées par le vent, celle des branches qui frémissent dans le jardin. Une seule présence - celle de Keats - reste encore ici. Et même lui, bien que son portrait soit sur tous les murs, semble passer en silence, mêlé aux flots de lumière, incorporel, sans bruit de pas." (p39-40)

Après les écrivains morts, un petit détour par les abbayes et cathédrales semble tout indiqué (d'une maison à une autre...). La propreté et le calme absolu s'imposent à St Paul, tandis que Westminster, plus "étroite et anguleuse" semble abriter des grands hommes sur le point de se relever. Paix à leur âme, quelques défunts trouvent réellement le calme... dans les cimetières transformés en jardins publics.

Enfin, après un tableau peu flatteur de la Chambre des Communes ("Cette machine gigantesque imprime sa marque sur ce matériau d'humanité quelconque" p63), nous pouvons achever notre tournée chez une Anglaise experte en potins, sans qui Londres ne serait point !

Une virée saisissante et pleine de charme, qui me met en appétît pour la suite...

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77 p

Virginia Woolf, La Scène Londonienne, 1931-1932

 

Lecture dans le cadre du challenge Virginia Woolf qui aura lieu jusqu'à fin 2010.

La Maison de Carlyle et autres esquisses : Pascale,

Les Vagues : Tif,

Le Vieux Bloomsbury : Mea,

Mrs Dalloway : Keisha, L'Or des Chambres, Mango, Mea,

Orlando : DeL (à venir), Titine,

Promenade au phare : Keisha,

Virginia Woolf par Alexandra Lemasson : Maggie,

 

Et pour nous accompagner pendant le Lady Swap, voici la bibliographie non exhaustive ici.

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