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30/09/2009

De Giorgione à Tiffany

Giorgione_Tempete.jpgJ'ai reçu récemment Les Mémoires de Giorgione dans le cadre de l'opération du Livre de Poche. Je l'ai curieusement reçu beaucoup plus tard que d'habitude, ce qui ne m'a pas permis de le lire aussi attentivement que je l'aurais voulu, d'où ce billet particulièrement court qui me permet juste de faire un clin d'œil au livre.

Cette biographie romancée revient sur le parcours du peintre du XVe-XVIe siècle Giorgio de Castelfranco. Voilà un artiste un peu oublié remis au goût du jour par Claude Chevreuil. Là où les détails manquent, l'auteur n'hésite pas à gommer les zones d'ombre en offrant au lecteur un roman historique qui intéressera les amateurs de peinture et de récits riches en anecdotes. Le texte est aussi l'occasion de s'arrêter sur des toiles et de les livrer à l'interprétation. Je pense en reparler sur mon blog.

L'avis de Claudia Lucia, avec des illustrations.

 

*****

Je profite de ce billet pour vous inviter à aller voir la très belle exposition Tiffany au Palais du Luxembourg à Paris. Beaucoup d'objets magnifiques et de superbes vitraux, dans une exposition plutôt bien agencée et bien documentée. Attention, l'exposition occupe deux grandes salles mais les jours d'affluence, il faudra sans doute s'armer de patience pour profiter des plus petites vitrines. Le guide officiel de l'exposition de Paris Match comprend de superbes photos, mais le Hors-Série de L'Objet d'art est beaucoup plus complet. Ce sont les deux guides qui m'ont le plus plu.

On en parle sur ce site assez génial sur les expos à Paris.

 

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28/09/2009

Apprivoisée, mais pas trop quand même !

shakespeare_megere 02.jpgHier a eu lieu une rencontre épique entre les LCA parisiennes, une rencontre dont le souvenir restera à jamais gravé dans nos mémoires notamment grâce à Emma qui ne pourra décidément pas se cacher.

La journée a commencé dans mon nouvel Éden (qui sera réinvesti régulièrement pour nos lectures victoriennes – être folles ou pas, voilà tout un art !), à savoir l'Auld Alliance, un pub écossais dans lequel nous nous sentons déjà chez nous. Etaient donc également présentes : Cryssilda, Emma, Isil, Lamousmé, Titine ainsi que Julie, nouvelle recrue très sympathique qui a parfois dû se demander ce qu'elle faisait là.

 

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shakespeare_megere 04.jpgNous en avons vraiment profité, et ce simple constat se passe de commentaires additionnels : nous sommes restées 4 heures dans le pub, pour un brunch traditionnel suivi de consommations un peu plus alcoolisées, en partie gentiment offertes par la maison (qu'on ne remerciera jamais assez pour son shot macadamia). A croire que Cryssilda souhaite nous convertir en nous conduisant dans ses lieux de perdition favoris, après un jeudi soir en partie passé à siroter une Guinness pour les 250 ans de la marque, dans un pub irlandais of course !

shakespeare_megere 03.jpgAnyway, l'objet de cette note est plutôt de vous dire tout le bien que j'ai pensé de l'excellentissime adaptation libre de La Mégère apprivoisée de Shakespeare par la troupe Los Figaros, dans une version intitulée La mégère à peu près apprivoisée. Nag était aussi parmi nous pour voir la pièce (d'ailleurs je l'ai rencontrée hier ainsi que Titine pour la première fois).

La pièce suit d'assez près la trame de la pièce originelle, que je lisais ce week-end (et dont il me reste encore quelques dizaines de pages à lire). La belle et douce Bianca est poursuivie par deux admirateurs mais son père Baptista refuse d'accorder sa main tant que son horrible sœur aînée ne sera pas elle aussi «casée». Car cette Katharina est une vraie mégère qui crie, râle, tempête, bouscule et cogne, à commencer par sa sœur qu'elle poursuit avec un fouet afin de savoir quel prétendant elle souhaiterait épouser. C'est là qu'entre en scène Petruchio, un coureur de dot qui tombe à point nommé et pourrait bien débarrasser prétendants et père d'une fille trop encombrante.

shakespeare_megere 01.jpgLa version énergique proposée par Los Figaros est absolument déjantée mais respecte l'esprit du texte d'origine, remis au goût du jour pour l'occasion et agrémenté de nombreuses improvisations qui ont fait notre bonheur. Pour n'en citer qu'une, je choisirais la plus inattendue, avec la chute intempestive d'un micro et l'arrivée sur scène d'un technicien pas loin de déclencher un fou rire parmi les comédiens, devant une salle hilare et depuis longtemps conquise. Avec peu de moyens, les acteurs offrent une comédie endiablée, rythmée par des chants et quelques chorégraphies bienvenues. L'autodérision, les échanges avec le public et l'évident plaisir que prennent les acteurs font de cette pièce un pur moment de bonheur, trop court mais terriblement jouissif.

Ajoutons : un acteur parti dans la salle pour se jeter au cou de spectateurs et atterrissant sur mes genoux et ceux de ma voisine; une Emma hurlant plusieurs fois « Romeooooo » à son acteur fétiche ; une Emma (toujours la même) dérobant les chaussures laissées par le Romeo en question à la place qu'il occupait près de nous en début de séance ; et une SuperIsil (nous avons retrouvé Wonderwoman, elle était cachée à Sèvres) rapportant lesdites chaussures aux acteurs devant une vingtaine de personnes, piteusement suivie par Lou et observée de loin par la terrible cleptomane. Et nous voilà avec une journée mouvementée digne de Bridget Jones et ma foi, parfois, ça fait du bien !

Merci à Cryssilda, super organisatrice qui nous a fourni les invitations. Merci à Los Figaros que je compte bien revoir et sans qui notre week-end n'aurait pas été le même. Et merci aux copines pour les excellents moments passés ensemble !

 

Vingtième Théâtre


7, rue des Plâtrières 75020 Paris
01 43 66 01 13

Métro 2 Ménilmontant, Métro 3 Gambetta, Métro 3bis Gambetta, Bus 26 , Bus 64 , Bus 69 , Bus 96

Programmation
Du 2 septembre 2009 au 3 janvier 2010.
Les mercredi, vendredi et samedi à 21h30.
Le jeudi à 18h et à 21h30.
Le dimanche à 17h30.

Entrées
réduit : 12€ pour les étu. et 19€ pour les retraités.
normal : 24€

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26/09/2009

Songes et mensonges en Russie

cache_1406610350.jpgSoyons fous mes amis, et ouvrons ici une nouvelle rubrique «théâtre» (qui me trottait dans la tête depuis un bout de temps – mais qu'un léger accès de flemmingite avait rapidement enterrée).

Jeudi soir, en compagnie de deux héroïnes toujours prêtes à vivre des expériences extrêmes en régnant sur Gotham (ou accessoirement, sur sa version francisée Paname), j'ai passé un excellent moment au théâtre, malgré une soirée pour le moins mouvementée (également intitulée « ou comment Cryssilda, Emma et Lou ont failli disparaître mystérieusement dans le bois de Vincennes en pleine nuit »).

La pièce était une adaptation par Stanislas Grassian du roman de Dostoïevski Le Songe de L'Oncle. Un vieux prince en bien piteux état arrive en ville et devient un objet de convoitise pour toutes les rombières des environs qui, bien évidemment, contemplent d'un air gourmand le pactole que l'ancêtre viendrait à laisser en mourant – ce qui, visiblement, ne devrait pas tarder. Entre complots et commérages, trois ennemies œuvrent pour leur propre intérêt, abusant outrageusement du prince, la tâche leur étant facilitée par la mémoire défaillante dudit personnage.

J'ai beaucoup aimé la mise en scène assez sobre et pourtant originale. Pour illustrer les divers problèmes de cet oncle à qui il manque une jambe, un œil et ses cheveux, le prince porte un masque et évolue tel un pantin détraqué, tenant plus de la créature fantastique que du vieillard cacochyme. Annoncé à chaque entrée en scène par un air un brin décalé au piano, l'acteur adopte une démarche chaotique qui prête à sourire ; son interprétation est à elle seule une raison suffisante pour aller voir cette pièce qui s'étoffe à chaque scène et dont la fin m'a particulièrement réjouie. Parmi les éléments que j'ai le plus appréciés, citons ceux-ci : la souillon travestie qui accompagne régulièrement les acteurs au piano, explorant univers musicaux et techniques diverses avec brio; les deux mégères évoquant dans certaines scènes les pires sorcières des contes de notre enfance (musique et effets de lumière à l'appui); enfin, le personnage du père, homme attachant, ridicule et brimé par sa femme, dont le très court passage sur scène a constitué l'un de mes moments favoris (même si l'acteur-metteur en scène apparaît également sous les traits d'un autre personnage). A l'exception de l'une des actrices, j'ai trouvé l'ensemble de la troupe vraiment très convaincante. A partir d'un sujet assez sordide, cette pièce mêle l'humour et la légèreté au cynisme d'un auteur connu pour dépeindre sans détour la noirceur de l'âme humaine, ici prête à tout pour arriver à des fins vénales. Et à mes yeux, l'effet est très réussi !

epee_boos.jpgLe théâtre de l'épée de bois de Vincennes où se déroule la pièce mérite aussi d'être découvert, malgré les chaises inconfortables et le petit air frais qui commençait à se faire sentir en fin de soirée. L'endroit est absolument magnifique même si la façade ne paye pas de mine.

J'ajouterai juste que j'ai magistralement contrôlé deux accès de fous rires que je sentais imminents, à cause d'une certaine demoiselle qui a moins aimé la pièce et se bidonnait parfois à côté de moi (notamment lorsqu'on dit que la bonne travestie est une belle jeune femme – et c'est vrai que sous cet accoutrement volontairement ridicule, il était difficile de ne pas rire... ce qui n'a pas troublé la salle qui a semblé prendre ce moment très au sérieux). Tst tst tst...

Pour ceux qui habitent en région parisienne, n'hésitez pas à faire le déplacement : vous ne perdrez pas votre temps (en revanche, évitez de trop attendre la navette qui conduit soi-disant du métro au théâtre, vous risqueriez d'être surpris ; prenez le bus).

 

Infos pratiques :

Théâtre de l'Epée de Bois


Rte. du Champ de Manoeuvre 75012 Paris
01 48 08 39 74

Métro 1 Château de Vincennes

Programmation
Du 23 septembre 2009 au 18 octobre 2009.
Les mardi et mercredi à 19h.
Les jeudi et vendredi à 21h et à 21h30.
Le samedi à 19h et à 21h.
Le dimanche à 16h.

Entrées
réduit : 9 à 13€
normal : 18€

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24/09/2009

Une Victorienne au caractère bien trempé !

sinoue_dame_lampe.jpgIl y a quelques semaines, j'ai découvert complètement par hasard la biographie romancée de Florence Nightingale par Gilbert Sinoué : La Dame à la lampe. Je suis peu habituée à lire ce type d'ouvrage : je ne m'intéresse pas particulièrement au milieu médical, je lis peu de biographies et ne connaissais Nightingale que de nom. La forme (une enquête) ainsi que le cadre victorien ont suscité mon intérêt et bien m'en a pris, car j'ai dévoré cette biographie passionnante en un rien de temps.

sinoue_Florence_Nightingale_nursing_1920.jpgIssue d'une famille aisée aux relations haut placées (parmi les membres du gouvernement notamment), Florence Nightingale était destinée à faire un beau mariage et à mener une existence confortable au sein de la haute société victorienne. C'est pourtant un autre parcours que cette femme pour le moins étonnante a décidé de suivre en devenant infirmière. Il est difficile à notre époque de réaliser combien ce choix était atypique. Avec une plume alerte et sans jamais ennuyer son lecteur, Gilbert Sinoué s'emploie donc à rendre compte de la situation dans les hôpitaux et du métier d'infirmière dans la première moitié du XIXe : la crasse était omniprésente ; les draps n'étaient pas changés pour les nouveaux malades ; les opérations avaient lieu devant les autres patients, avec les moyens les plus rudimentaires, au milieu des hurlements ; les instruments chirurgicaux n'étaient pas nettoyés la plupart du temps, servant directement d'une opération à une autre ; les patients n'étaient pas lavés, ce qui favorisait la propagation de tout ce qu'on était susceptible d'attraper dans un hôpital ; outre les mesures d'hygiène inexistantes, les malades perdaient leur identité aux yeux du personnel soignant, les cas des uns et des autres étant évoqués sans détour devant eux. Quant aux infirmières, souvent alcooliques, elles étaient pour la plupart issues de milieux défavorisés. Elles n'avaient pas choisi ce métier par vocation ; ce n'était d'ailleurs pas un métier à proprement parler, aucune formation n'existant, les infirmières se bornant globalement à surveiller les patients et à effectuer quelques tâches rudimentaires. Dans la salle commune où reposaient les malades, une cage leur était même réservée pour dormir. Autant dire qu'aucune jeune fille de bonne famille n'aurait dû être amenée à fréquenter ce milieu. Le choix de Florence Nightingale est donc fascinant.

sinoue_Florence_Nightingale_Embley_Park.jpgCe roman présente deux qualités majeures. Il s'agit d'abord d'une véritable mine d'informations sur une époque et un milieu, en particulier les hôpitaux anglais pendant la guerre de Crimée. Sans s'enliser dans les descriptions austères ou trop morbides (la première page constitue le seul passage pénible à lire), le récit nous fait découvrir un aspect de l'histoire peu connu des profanes et pourtant fondamental, puisqu'il s'agit d'un moment charnière dans l'évolution de la médecine anglaise. D'autres éléments historiques ajoutent à l'intérêt du récit, par le biais d'anecdotes ou la rencontre de grands personnages (je pense à ce cuisinier français très recherché à Londres mais décidé à s'intéresser au sort des pauvres sur le plan culinaire ; ou encore la reine Victoria, que l'on croise assez indirectement à plusieurs reprises). A noter au passage que l'on apprend que la clitoridectomie était à l'époque fréquente dans le traitement de l'hystérie, des migraines et de l'épilepsie, et que l'on pensait que l'utérus se promenait dans le corps, provoquant l'hystérie, maladie proprement féminine !

sinoue_florence_nightingale.jpgL'intérêt du récit tient également à la personnalité trouble de Florence Nightingale. Prête à mener une vie austère pour se consacrer au bien d'autrui, ne ménageant pas sa  peine, objet d'admiration de ces soldats qu'elle appelle « ses enfants », la Dame à la lampe est aussi une femme névrosée, paradoxalement misanthrope, nombriliste et hypocondriaque (elle a attendu des années une mort imminente, persuadée que son heure n'allait pas tarder), quelqu'un dont les spécialistes disent désormais qu'elle était « maniacodépressive, à la limite de la schizophrénie ». Son portrait fait l'objet d'une enquête minutieuse elle aussi captivante.

Au final, en écrivant cette biographie de Florence Nightingale, Gilbert Sinoué offre au lecteur un roman très agréable à lire et sérieusement documenté. A découvrir !

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309 p

Gilbert Sinoué, La Dame à la lampe, 2008

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23/09/2009

Les débuts du roman policier

quincey_vengeur.jpgEcrit en 1838, Le Vengeur (The Avenger) de Thomas de Quincey est l'un des premiers romans noirs à mettre en scène un serial-killer dans un contexte policier, précédant en cela Edgar Allan Poe et son Double Assassinat dans la rue Morgue (1841).

Ce court roman (ou peut-être devrais-je dire « cette novella ») est publié par La Baleine noire. J'avais déjà lu dans la même collection deux textes plaisants, voire très habiles : L'Ecole des Monstres et Ariel. Au final, trois lectures très différentes par la forme et le fond, allant des classiques aux contemporains, mais des textes que je trouve tous de qualité ou intéressants par certains aspects. Bref, une collection qui mérite qu'on s'y arrête.

Dans Le Vengeur, une ville universitaire est marquée par l'arrivée d'un jeune homme que l'on pourrait décrire en disant simplement qu'il est l'archétype du héros ou encore, un croisement de prince charmant, d'esprit fin et de courageux guerrier. A peu près en même temps, une vague de crimes perpétrés au sein de foyers respectables commence à terroriser la ville. Le nouvel arrivé propose d'organiser des rondes mais rien n'y fait, les strangulations et autres méthodes expéditives perdurent.

J'imagine que pour le lecteur du XIXe, habitué à d'autres formes littéraires, ce texte avait un caractère très quincey.gifnouveau et la fin a sans doute dû en surprendre plus d'un. Parmi les meurtriers présumés, plusieurs hypothèses se présentent : le rival en amour du nouvel arrivé, rendu fou par l'impossibilité d'un mariage avec sa belle, au point d'errer pendant des jours dans les bois et de faire de drôles de remarques lorsque le geôlier vient à disparaître ; des étudiants, puisqu'un témoin a reconnu leur habit ; un illustre inconnu ; le narrateur ? ; enfin, le valeureux héros, que l'on sait mélancolique. Autant vous dire qu'aujourd'hui, en lisant ce texte, il est difficile de ne pas soupçonner très fortement le héros, et son innocence m'aurait pour le coup vraiment surprise. En revanche, ce que l'on ne connaît pas, ce sont ses motifs. Ces derniers, sous forme de lettre, constituent un autre récit au sein du récit, donnant un nouveau souffle à l'ensemble et ajoutant un aspect historico-politique au récit.

Une curiosité littéraire dont il serait dommage de se priver.

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112 p

Thomas de Quincey, Le Vengeur, 1838

21/09/2009

Les explorateurs de Sa Majesté

fortier_Dubonusagedesetoiles.jpgQu'ouïs-je ? Qu'entends-je, ami lecteur ? Ne connaîtrais-tu pas encore Du bon usage des étoiles ? Voilà qui est vraiment très mal et qui me mortifie au plus haut point (ce qui ne fait jamais que moins d'1m60 mais on fait comme on peut).

Si tu passes par ici, jeune lecteur fou et téméraire, intrépide aventurier, voilà quelques bonnes raisons de lire ce merveilleux premier roman de Dominique Fortier qui évoque l'expédition polaire désastreuse de John Franklin, ou le pourquoi du comment d'un livre incontournable (si si) :

L'histoire est passionnante, tout simplement. Vous qui comme moi n'avez pas le pied marin et pâlissez à la vue d'une bataille navale, d'un Typhon ou d'un Kidnapped (j'aurais peut-être dû dire “verdissez” mais je ne voudrais pas offenser inutilement de valeureux lecteurs), n'ayez crainte ! De même si, comme moi, vous préférez les climats tropicaux aux glaciers et trouvez les pôles Nord et Sud affreusement barbants passée l'extase d'une hypothétique première page de description. Grâce aux allers-retours entre l'expédition et la famille du capitaine Franklin restée à terre, le récit savamment construit ne souffre d'aucun temps mort et se dévore avec un plaisir considérable. Ajoutons à cela quelques éléments inédits comme une partition, la recette (décourageante) du plum-pudding ou l'insertion d'un menu de Noël victorien et nous voilà en présence d'un objet hybride, livre flottant non identifié dont les bizarreries ont fait la joie de votre fidèle et dévouée.

Outre un cadre riche et des situations variées, ce double récit favorise la redoutable prolifération de personnages très différents et, ce qui ne gâche en rien le bonheur du lecteur, tous plus intéressants les uns que les autres. En plus de quelques marins parfois mis en avant et d'un Sir Franklin finalement peu présent, trois figures charismatiques occupent ici une place de choix : Crozier, dont le journal permet de suivre petit à petit le parcours des navires, le tout agrémenté de réflexions et de touches personnelles pleines de finesse rendant le personnage très concret et particulièrement attachant ; Lady Jane, épouse de Sir Franklin, femme de caractère résolument en avance sur son temps et tout aussi aventurière que son illustre époux, dans une société victorienne où la haute bourgeoisie est généralement représentée sous des traits bien plus conservateurs ; enfin Sophia, nièce de Lady Jane et de Sir Franklin, jeune héroïne romantique qui aurait tout pour être surfaite et stéréotypée mais qui s'avère en réalité très sympathique et plus complexe que l'oie blanche que je me préfigurais.

Formidable roman d'aventures, palpitant à souhait, Du bon usage des étoiles est aussi un livre dense et foisonnant qui allie le fond à la forme avec beaucoup de talent. On se régale avec l'histoire, on aime à la folie certains personnages, on aurait presque mal au coeur à force de sentir The Terror et l'Erebus tanguer sous nos pieds tandis que l'on se délecte de l'écriture soignée, vive et pleine de charme de Dominique Fortier. Mais ce n'est pas tout : l'une des plus belles réussites de ce livre tient aux nombreuses influences qui enrichissent la narration sans l'alourdir, l'auteur s'étant parfaitement approprié les références historiques, littéraires et scientifiques qui émaillent le récit. Le cadre victorien avait d'ailleurs tout pour me plaire, de même que les passages consacrés au thé, les clins d'oeil austeniens à travers les fougueux aboiements des gourmands Mr Darcy et Mr Bingley ou l'allusion aux progrès rapides qui caractérisent le XIXe (rigueur scientifique des explorateurs, daguéréotypes...). Sans parler de l'histoire principale qui s'inspire de la dernière expédition de John Franklin. Que l'on apprenne ou que l'on reconnaisse simplement quelques références, celles-ci ne manquent pas et sont remarquablement insérées dans le texte, nous donnant par la même occasion matière à réflexion.

Voilà un roman qui constitue une de mes plus belles lectures de l'année, un livre que j'ai déjà en partie relu et que je relirai très certainement. Je crois qu'hormis l'interlude classique de Pride and Prejudice, je n'avais pas éprouvé un tel plaisir de lecture depuis la découverte des Maîtres de Glenmarkie il y a près d'un an. Consistant et érudit, plein d'humour et servi par un style alerte, Du bon usage des étoiles est un livre à découvrir absolument. J'adore, je me pâme, je pars m'évanouir loin de mon écran. Mes sels ! Où sont mes sels ?

I love that statement :

Ne restez pas trop longtemps sous la pluie, vous commencez à ressembler à Mr Darcy quand il se met en tête de plonger dans l'étang aux canards...”, première allusion austenienne ce me semble (p 55).

Au passage, ce livre me donne envie de découvrir enfin Le Vicaire de Wakefield et Ellis Bell.

L'avis de Malice, qui a elle aussi succombé au chant des sirènes arctiques lors d'un passage bloguesque à la librairie québécoise de Paris, et ceux de Cuné, Fashion, Ys (qui n'a pas aimé) et la Recrue du Mois.

L'article de Wikipedia sur l'expédition Franklin et sa fin dramatique.

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345 p

Dominique Fortier, Du bon usage des étoiles, 2008

17/09/2009

La fin d'une utopie

bd_phalanstère.jpgImaginez que vos parents, soucieux de votre éducation, vous abandonnent aux portes d'un établissement censé vous former pour les prochaines années. Imaginez maintenant que le pensionnat en question est un mélange d'opherlinat dickensien, de Mervyn Peake, de Tim Burton et de galère grecque. Que 364 jours par an, les eaux recouvrent le seul chemin menant à l'établissement, rendant toute visite ou tentative de fuite impossibles. Que le directeur est un vampire et que les élèves sont habillés dans des pyjamas rayés évoquant davantage le bagne que le système éducatif. Vous aurez une petite idée de ce phalanstère où j'ai traîné mes guêtres le temps d'une lecture.

Voilà un tableau morbide et, je vous l'accorde, l'histoire est dans le fond tout à fait épouvantable. Et pourtant, les monstrueux dessins ajoutent un aspect décalé, grotesque et même parfois comique à ce récit, qui devient une aventure fantastique enthousiasmante. Il s'agit d'un conte judicieusement sombre qui devrait plaire aux amateurs des diverses références citées plus haut. L'intrigue est solide et l'idée originale, tandis que les dessins en noir et blanc servent parfaitement le récit, avec des plans extrêmement bien choisis et quelques contrejours à l'effet intéressant. J'ai savouré cette promenade dans un monde halluciné... d'autres seraient-ils prêts à me suivre dans les couloirs du phalanstère ?

(PS : ce livre n'est pas un livre de vampires à proprement parler mais vu la place qu'occupe finalement cette créature dans le déroulement, j'irai classer cette BD dans mes Chroniques de vampires, toujours accessibles dans la colonne de gauche)

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116 p

Corbeyran et Bouillez, Le Phalanstère du bout du monde, 2001

13/09/2009

Chef-d'oeuvre en vue

gracq_pleiade.jpgUn voile d'ombre s'appesantit à ce moment sur l'enclos des tombes, et Albert rejeta la tête en arrière, tant pour discerner la cause de cette soudaine éclipse que pour jouir une dernière fois du spectacle de la baie. Un énorme nuage naviguait alors avec lenteur au-dessus des espaces de la mer, comme le visiteur miséricordieux de ces plaines liquides ignorées des vaisseaux. Rien ne peut dépeindre la comblante et lente majesté avec laquelle s'effectuait cette navigation céleste. (p 27)

C'est sans doute le classique qui m'a le plus dépaysée, l'énorme bourrasque à laquelle je ne m'attendais pas, la rencontre exaltée entre la lectrice que je suis et le grand mais curieux roman que constitue Au château d'Argol.

Publié à la fin des années 1930 par José Corti, Au château d'Argol est un roman bouillonnant, dense, presque effervescent où se bousculent les images, les références et les clichés littéraires, dans un enchevêtrement de phrases somptueuses et immenses qui frappent l'imagination tout en étant systématiquement dans l'excès. Julien Gracq déclarait en 1981 au Magazine Littéraire que ce livre n'était pas une parodie mais plutôt un roman d'adolescent (cf les précieuses notes de la Pléiade que j'ai bien sûr lues avec avidité une fois le château et ses héros démasqués). Comprenons par là un roman où jaillissent les références philosophiques et littéraires d'un lecteur assidu et passionné. Pour l'auteur de ces notes, les influences sont celles de Jules Verne, de Wagner et plus encore, de Poe et du surréalisme (à l'époque de l'existentialisme et de la littérature engagée). Mais j'ai surtout énormément pensé au roman noir, aux inspirations gothiques de Radcliffe, Maturin et de Lewis et aux romantiques allemands. Mon édition évoquait d'ailleurs Faust et Méphisto en parlant des deux héros du roman mais j'ai aussi en partie retrouvé l'univers de Hoffmann et de Lenz. Quoi qu'il en soit, le récit a pour cadre un château isolé près d'une forêt sombre, d'une mer troublante et d'un vieux cimetière dont la description n'a rien de rassurant, étant caractérisée la recherche d'adjectifs aux accents dramatiques ou particulièrement lugubres.

Ce livre est curieusement pour moi à la fois une révélation et une légère déception. Tout me prédisposait à aimer les élans mystico-lyriques du narrateur, l'atmosphère sombre, le cadre inquiétant, l'écriture riche et imagée. J'ai été très sensible à l'impétuosité et à la fougue qui caractérisent ce texte, j'ai effectivement savouré le décor ; quant aux phrases, elles font tout l'intérêt du roman. Et pourtant, dans cette histoire où finalement rien ne se passe en dehors de l'accomplissement implacable du destin, je n'ai éprouvé d'intérêt que pour les sublimes descriptions et l'envoûtante association de noms et d'adjectifs, parfois improbable. Et dans ces descriptions, je n'ai pu m'empêcher de trouver parfois un aspect un peu précieux et ronflant à l'écriture de Gracq, qui m'a pourtant fascinée. Une impression qui, je l'espère, ne se confirmera pas à la lecture du Rivage des Syrtes, que je lirai évidemment (quand, je ne sais pas). Quoi qu'il en soit, voilà un immense auteur à découvrir absolument.

J'ai découvert au passage dans mon édition un titre qui m'intrigue, Le Vieux baron anglais.

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95 p (Bibliothèque de la Pléiade)

Julien Gracq, Au Château d'Argol, 1938

11/09/2009

Nouveau plongeon dans le Londres du XIXe

symons_esther kahn.gifVictorian special thanks

... to Malice, grâce à qui j'ai découvert récemment un auteur britannique aujourd'hui presque oublié, Arthur Symons. Le recueil que la Miss au pays des Merveilles m'a prêté est composé de deux nouvelles, Esther Kahn et Seaward Lackland, ainsi que d'un texte autobiographique, Prélude à la vie.

De tous ces textes, c'est Esther Kahn qui m'a le plus touchée. Il s'agit d'une fille élevée dans une famille juive pour le moins pauvre, puisqu'elle fait partie de ces Victoriens malchanceux qui triment nuit et jour sur des travaux de couture pour un salaire misérable. Esther a quant à elle d'autres ambitions. Passionnée par le théâtre, elle finit par obtenir un petit rôle et, de fil en aiguille, devenir la star montante de la scène londonienne. Mais pour être tout à fait convaincante, il lui faudrait comprendre les tourments par lesquels passent ses personnages et donc, tomber enfin amoureuse.

Ce texte court est un petit bijou. Portrait sans concession d'une héroïne qui n'en est pas vraiment une, ce récit puise sa force dans la esther kahn.jpgdistance que le narrateur place entre son sujet d'observation et lui-même. Sans jugement, le voilà qui analyse avec précision le comportement d'Esther Kahn, se contentant d'observer et de constater, retranscrivant également les pensées de son personnage. Curieusement, certains passages m'ont fait penser à Zola, les explications naturalistes en moins. On obtient paradoxalement un texte assez froid sur ce qui devient finalement l'histoire d'une passion. Passion de l'art, passion amoureuse. Avec sans cesse cette question : la quête de l'art absolu doit-elle être forcément accompagnée de souffrance ? Enfin, la description de la société victorienne que fait Symons est à mes yeux particulièrement intéressante. On retrouve des éléments bien connus des lecteurs de Dickens, avec la description du quartier sordide où vit la famille Kahn, le métier qu'elle exerce, les bouges et les théâtres. Pourtant, l'approche est très différente ; on est loin des scènes à faire pleurer dans les chaumières alors que la réalité infecte n'est en rien adoucie par le style épuré de Symons. L'immédiat occupe une place primordiale dans ce récit, le décor étant peut-être presque un prétexte, tandis que l'analyse psychologique (et non la fresque sociale) est le réel objet du narrateur. Voilà donc un portrait complexe et finement ciselé tout à fait passionnant. Il ne me reste plus qu'à voir le film d'Arnaud Desplechin dont Malice a également parlé !

Seaward Lackland est l'histoire d'un enfant né tardivement dans une famille marquée le chagrin. Son premier fils s'était noyé en mer, le second s'était enfui de la maison et avait gagné l'Amérique (p42). Son père ayant miraculeusement échappé à une tempête meurtrière pour tous ses camarades, Seaward va être dédié au Seigneur. Il s'ensuit alors une éducation particulière pour l'enfant qui, informé des circonstances de sa naissance, accepte sa destinée et décide de se consacrer autant que possible à Dieu. Jusqu'au jour où, persuadé de devoir le renier publiquement pour devenir un paria et ainsi lui déclarer sa soumission sans condition, Seaward commet l'irréparable. Une nouvelle qui soulève des questions intéressantes sur le plan historique et culturel mais que j'ai moins appréciée, me sentant peu concernée par les questions métaphysico-religieuses que ne cesse de se poser le héros.

arthur-symons-1-sized.jpgQuant au Prélude à la vie, il apporte un éclairage nouveau sur la nouvelle Seaward Lackland en donnant une idée de l'éducation reçue par Arthur Symons, en particulier l'éducation religieuse. Assez curieusement, Symons se présente sous les traits d'un enfant antipathique et tient des propos à mon sens provocateurs : « Nous étions très pauvres, et j'exécrais les contraintes de la pauvreté. Nous étions environnés de gens vulgaires, de classe moyenne, et je détestais la vulgarité, les classes moyennes. Parfois nous étions trop pauvres pour avoir même une servante, et j'étais censé faire mes souliers. Je ne pouvais souffrir de me salir les mains ou les manchettes ; l'idée d'avoir à faire cela me dégoûtait chaque jour. Parfois ma mère, sans rien me dire, faisait mes souliers pour moi. J'avais à peine conscience des sacrifices qu'elle et les autres accomplissaient continuellement. Je n'en faisais aucun de mon propre mouvement, et j'étais désolé si j'avais à partager la moindre de leur privation » (p 101) Certes, on peut s'arrêter là et conclure que Symons n'était pas quelqu'un d'intéressant, du moins enfant, mais je trouve cette description fascinante. C'est un portrait peu flatteur et, s'il ne se livre peut-être pas à une autocritique – rien n'est moins sûr, Symons sait pertinemment que son lecteur jugera cette description selon des codes moraux et des sentiments qui lui nuiront forcément. Il ne se cherche pas d'excuse et donne l'impression qu'il ne compte certainement pas annoncer ses regrets. Voilà un jeu d'équilibriste qui, de bout en bout, m'a beaucoup intriguée.

Un livre charnière, par un auteur au croisement entre le XIXe très victorien et le début d'une nouvelle ère littéraire, d'où son approche moderne d'une époque marquée par des auteurs plus prolixes.

Au passage, la préface nous apprend que Symons est le premier à éditer Dubliners de Joyce.

Sur ce blog, quelques auteurs influencés par la même période : E.M. Forster, Flora Mayor, Vita Sackville-West (dans une moindre mesure).

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122 p

Arthur Symons, Esther Kahn, 1905

09/09/2009

Etre allemand après la guerre

romer_cochon d'allemand.jpgOn ne dirait peut-être pas comme ça, mais je suis une redoutable criminelle. Ma spécialité : l'enlèvement et la séquestration. En l'occurrence, lorsque Malice a innocemment confié Cochon d'Allemand à mes bons soins, elle était loin de savoir que je préparais un siège machiavélique pour lui ravir indéfiniment son bien si précieux. Ceci dit, sous mon masque d'impitoyable kidnappeuse se cache un cœur tendre et, bien que maintenu longtemps en captivité, le petit Knud, héros de ce roman, est heureux de vous faire savoir qu'il a été nourri, choyé et bercé pendant son séjour chez Miss Lou, non seulement par la lectrice en question mais aussi par quelques hôtes de marque qui partageaient son salon. Knud est d'ailleurs ravi d'avoir discuté de l'assassinat en tant que moyen d'expression artistique avec Thomas, de pères tortionnaires avec John Sheridan et du meilleur moyen de masquer ses crocs avec un certain Bram. Bref, comme vous le voyez, amis lecteurs, l'éducation de Knud n'est plus à faire, même si je suis certaine que c'est avec un certain soulagement que Malice le verra rentrer au bercail.

Beaucoup de choses ont été dites sur ce livre qui constitue une de mes plus belles lectures de l'année. Malgré les quelques vingt ou trente premières pages qu'il m'a fallu dépasser pour « entrer dans le vif du sujet » (ce qui explique en partie la détention prolongée), c'est un roman foisonnant, extrêmement dense, dont l'histoire captivante sert aussi un portrait émouvant des Allemands tels qu'ils ont été perçus longtemps après la période nazie. Entre Danemark et Allemagne, le lecteur suit les pas du jeune Knud qui lui, découvre très tôt que l'identité allemande est un lourd fardeau, y compris lorsque l'on naît en 1960 et que son père est danois. Ce texte est beaucoup moins sombre que je ne le croyais au vu des critiques lues çà et là. Il est bien sûr triste par certains aspects, à commencer par le traitement que reçoivent Knud et sa mère dans leur ville. Écarté par ses anciens confrères et proches, le père se replie sur lui-même et devient de moins en moins intéressant, même s'il reste sympathique ; la mère noie son chagrin dans les cigarettes et l'alcool, cachant d'autres blessures que celles que lui inflige quotidiennement le voisinage (sa façon de préparer l'anniversaire de son fils constitue pour moi le passage le plus bouleversant du livre) ; quant à Knud, c'est ce cochon d'allemand qui n'est pas habillé comme les autres, ne mange pas les mêmes plats et dessine innocemment un drapeau allemand lorsqu'il passe son test d'entrée à l'école. Pourtant, beaucoup de scènes sont plutôt amusantes, comme lorsqu'un oncle se venge de son horrible épouse en léguant sa fortune à sa maîtresse et à la société protectrice des chats, animaux que sa chère et tendre exècre.

Cette histoire très touchante revêt pour moi un caractère spécial comme j'ai retrouvé beaucoup de petits détails qui aujourd'hui encore font halle.jpgpartie de la culture allemande, des habitudes, des traditions, du quotidien. La mère est originaire d'une région qui me tient à cœur, la Saxe.

En résumé, voilà un roman (ou devrais-je dire une autobiographie) qui offre à la fois un récit passionnant, un regard affuté sur un aspect oublié de l'Histoire, ainsi qu'un tableau sociologique très complet. Le tout est servi par la très jolie plume de l'écrivain / du traducteur. Un texte à part, qui vaut la peine d'être lu.

Seul petit bémol : les quelques notes renvoyant à la fin du livre sont à mon avis souvent inutiles. Lorsque le narrateur évoque les romans de son enfance ou une star par exemple, parfois à titre de comparaison, quelques mots sur les particularités des uns et des autres seraient plus utiles que les simples mentions « roman jeunesse de... » par exemple.

Un grand merci (particulièrement mérité) pour cette belle découverte à Malice, reine-lectrice au pays des Allusifs.

(Note prévue à l'origine et rédigée en juillet, comme la plupart de celles qui vont arriver en septembre)

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187 p

Knud Romer, Cochon d'Allemand, 2006

08/09/2009

Abandon

berwin_lila_neuf_plantes.jpgA l'époque insouciante où je me laissais encore trop tenter par les couvertures alléchantes, j'ai accepté de recevoir en SP Lila et les neuf plantes du désir de Margot Berwin. Livre commencé il y a environ 2 mois et, l'envie de le reprendre ne revenant toujours pas aujourd'hui, je rends mon tablier et laisse d'autres lecteurs plus convaincus vanter les mérites de ce roman où une jeune cadre dynamique travaille dans la pub de jour et bichonne de drôles de plantes la nuit.

L'esprit exotique annoncé par l'éditeur m'avait attirée, et j'avoue avoir pris un certain plaisir à découvrir oiseau du paradis, fougère de feu et autres noms paradisiaques associés à des plantes plus séduisantes les unes que les autres. Le roman se laisse lire facilement, le style n'a pas d'intérêt en soi mais il n'est pas non plus désagréable.

Pourquoi l'abandonner alors ? Parce que ce livre est très chick lit et que ce n'est pas ma tasse de thé,  parce que c'est un mélange de Sex and the City sans humour, de The Devil wears Prada sans Miranda et de Working Girl sans Sigourney Weaver. Bref, si Lila et les neuf plantes du désir était un film je le verrais certainement au moment de son passage sur les chaînes publiques, trois ans après sa sortie en salle, mais je renonce à lire ce roman avec lequel j'ai l'impression de perdre mon temps, le fond étant inexistant et le roman parvenant à me distraire un peu, sans doute, mais certainement pas au point de m'enthousiasmer.

Beaucoup de lecteurs ont apprécié la fraîcheur de ce roman que je ne vous déconseille vraiment pas mais qui ne correspond pas à mes goûts.

305 p

Margot Berwin, Lila et les neuf plantes du désir, 2009

(Ma PAL s'allège mais, n'ayant pas terminé ce livre, je ne l'ajoute évidemment pas à mes réussites objectif PAL)

 

06/09/2009

L'objet pratique du jour

BD_enfants capitaine grant.jpgAmis lecteurs, amis blogueurs, chers vous, chère Maryse,

Aujourd'hui, votre fidèle et dévouée a choisi de vous présenter un objet pratique, peu encombrant, ultra résistant, le tout  pour seulement quelques euros de rien du tout, n'est-ce pas beau chère Maryse ? Oui je sais c'est beau, presque trop beau même, absolument magnifique, et vous qui nous lisez, je suis persuadée que vous frétillez d'impatience à l'idée de découvrir l'objet pratique du jour.

Il s'agit de ce superbe, que blablaté-je ?, de cette unique pièce de collection qui ornera à la perfection votre salon, bref, vous l'avez deviné, il s'agit de cet album intitulé Delcourt Ex Libris, euh, non, pardon, c'est le fabricant, ah ah ah chère Maryse je suis toute troublée, je disais donc de cet album intitulé Les enfants du Capitaine Grant, une adaptation de l'œuvre de l'immense, du plus grand, du génie de la littérature, et c'est bien sûr, c'est bien sûr Maryse ? Mais oui, Jules Verne, bien sûr !

Pourquoi donc investir dans cet objet qui, je le rappelle, sera à vous pour la modique somme de je ne sais plus combien ? Eh bien Maryse, présentons donc à nos amis lecteurs la fiche technique de ce fabuleux objet du jour :

En l'espace de quelques pages, vous découvrirez un grand roman sans effort, tout en douceur, ce qui est ma foi diablement judicieux en ces temps de crise où il est bon d'être rentable (ce dont on se moque éperdument en la matière, et on a bien raison).

Vous qui aimez l'art, sans sortir de chez vous, en restant vautré sur un banc ou dans votre bon vieux fauteuil, vous aurez devant vous de supeeerbes illustrations qui vous raviront les mirettes (et Miss Lou de renchérir: vrai de vrai, foi de Miss Lou, le dessinateur est un orfèvre hors pair et mérite le déplacement ou la lecture à lui seul !).

BD_enfants capitaine grant 03.jpgVous n'aurez plus besoin de vous décarcasser pour vivre dangereusement, le trépidant Capitaine Grant participant pour deux à de folles aventures. Fini le temps des bâillements et des minutes passées à tourner en rond ou à zapper pour tomber sur des émissions débilitantes dont vous trouverez de toute manière les perles en couverture de tous les magazines de France et de Navarre d'ici la fin de l'été. A vous les traversées de l'Atlantique, la rencontre avec les Indiens d'Amérique et bien sûr, à l'horizon, un départ pour l'Australie !

Enfin, chers amis, Les Enfants du Capitaine Grant constitue un objet particulièrement esthétique qui ornera aussi bien votre table basse que votre bibliothèque ou, de manière moins conventionnelle, si vous meBD_enfants capitaine grant 04.jpg permettez chers amis, vos lieux consacrés au rafraîchissement.

En somme, amis lecteurs, chère Maryse et chers vous tous, voilà un objet du jour exceptionnel, à ne laisser passer sous aucun prétexte !

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46 p

Alexis Nesme, Les enfants du Capitaine Grant, 2009


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somoza_clef_abime_ptt.jpgJuste un petit mot pour vous signaler dans le cadre de la "rentrée" l'interview de Somoza, sur laquelle j'ai planché un peu cet été. Ce qui m'a d'ailleurs donné envie de lire cet auteur, enfin !

05/09/2009

Bloody Swap, quelques idées

logo_bloodyswap_03.jpg

Voilà une bibliographie et une filmographie plus complètes pour le bloody swap ! Questionnaires à venir dans quelques jours...

Quant à moi je prévois d'"halloweeniser" mon blog en octobre, pour rester dans l'ambiance... si d'autres sont partants, les lectures griffues, crochues, frissonnantes et autres sont les bienvenues!

Merci beaucoup à tous ceux qui ont complété cette liste !

 

bride_monster.jpgBillet du 2 sept :

Avis aux participants :

Voilà une première liste de livres et films autour du thème du Bloody swap. Je comptais encore la compléter mais je vous laisse déjà cette première version. N'hésitez pas à m'aider en ajoutant des titres dans les commentaires, en particulier pour ces pauvres sorcières, jusque-là bien négligées !

 

VAMPIRES

Bibliographie

Anonyme, Varney le vampire ou le festin sanglant (édition ?)

Anscombe Roderick, La vie secrète de Laszlo, comte Dracula

Atwater Rhodes Amelia, Dans les forêts de la nuit (jeunesse)

Baker Nancy, Nuit intérieure
Baker Scott , La voix du sang

Bérard Cyprien, Lord Ruthwen ou les vampires (1820)

Bergstrom Elaine La baronne sanglante

Bouguet, Jean-Louis Laurine ou la clef d'argent
Briggs Patricia, Cycle Mercy Thompson

Brite Poppy Z, Ames perdues

Brasey Edouard, Traité de vampirologie : Par le docteur Abraham Van Helsing

Brown Fredric, Mort d'un vampire

Cary Kate, Dracula l'héritier

Cabot & Harrison, Nuits d'Enfer au Paradis de Meyer

Cohen Olivier, Je m'appelle Dracula

Cohen Olivier, La Fiancée de Dracula (romans jeunesse)

Collectif, Les Cent ans de Dracula

Collectif (présenté par S. Cohen-Scali), Les dents de la nuit (recoupe en partie les éditions Librio)

Courau Laurent, Vampyres : quand la réalité dépasse la fiction (essai contemporain sur les « nouveaux vampires »)

Curtis Klause Annette, La solitude du buveur de sang
Cruz (de la) Mélissa, Les vampires à Manhattan (3 tomes)

Doyle Arthur Conan, Le vampire du Sussex
Doyle Arthur Conan, Le parasite (édition?)

Dumas Alexandre, La Dame Pâle

Drake Shannon & Osborne Dany, A la lueur de la lune rousse
Drake Shannon & Osborne Dany, Dans les profondeurs de la nuit

Farrachi Armand, Un Amour de Dracula

Féval Paul, La Vampire

Féval Paul, La Ville-Vampire

Fuentes Carlos, En inquiétante compagnie

Garcia Sanchez Javier, Ella, Dracula (en espagnol)

Gautier Théophile , La morte amoureuse

Gomez Jewelle, The Gilda Stories

Grange Amanda, Mr Darcy, Vampyre

Hamilton Laurell K, Cycle d'anita blake

Harris Charlaine, La Communauté du Sud (plrs tomes)

Honaker Michel, Terminus : Vampire city (jeunesse)

Huff Tanya, Une aventure de Vicki Nelson : Le prix du sang (tome 1)

Huff Tanya, Une aventure de Vicki Nelson : Piste sanglante (tome 2)

Huff Tanya, Une aventure de Vicki Nelson : Frontière sanglante (tome 3)

Huff Tanya, Une aventure de Vicki Nelson : Pacte sanglant (tome 4)
Huston Charlie, Le vampire de New-York

Jubert Hervé, Blanche et le vampire de Paris

Kalogridis Jeanne, Le sang du vampire

Kalogridis Jeanne & Bismuth Daniel, Pacte avec le vampire

Kenyon Sherrilyn , le cercle des immortels

King Stephen, Salem

Knight E.E., Terre Vampire (plrs T ; SF)

Kostova Elizabeth, L'historienne & Dracula (2T en VF)

Lacassin Francis, Vampires

Le Fanu J. Sheridan, Carmilla

Lee Tanith, Ecrit avec du Sang

Lovecraft, La maison maudite

Lumley Brian, Nécroscope

Marigny Jean, Sang pour Sang : le Réveil des Vampires (étude)

Marigny Jean, Dracula, figures mythiques

Martin George R., Riverdream

Matheson Richard, Je suis une légende

Maxwell Katie : Crocs ! Confessions de la copine d'un vampire

McKee Charnas Suzie, Un vampire ordinaire

Mérimée Prosper, Lokis

Meyer Stephenie, Fascination + 3T

Moore Christopher, Les Dents de l'Amour

Murail Marie-Aude, Amour, vampire et loup garous (jeunesse)

Newman Kim, Anno Dracula

Newman Kim, Le Jugement des Larmes

Newman Kim, Le Baron rouge sang

Niebisch Jackie, L'ecole des petits vampires - les dents de l'amour (jeunesse)

Penrose Valentine, La comtesse sanglante (historique)

Poe Edgar Allan, Ligea

Poe Edgar Allan, Morella

Ponson du Terrail Pierre Alexis, La Baronne Trépassée

Porset Charles, Vampires et lumières (étude)

Pouget Anne, Les Enigmes du Vampire (jeunesse)

Powers Tim, Le poids de son regard

Rice Anne, Entretien avec un vampire + série

Ronecker Jean-Paul, Encyclopaedia Vampirica - Encyclopédie Illustrée des Vampires

Ruaud André-François, Les nombreuses vies de Dracula (beaux livres)

Shayne Maggie, Les Fiancés du Crépuscule

Sizemore Susan, Baiser Fatal

Sizemore Susan, Morsure Fatale (très original le choix des titres)

Sirgent Jacques, Le Livre des Vampires (étude)

Smith Lisa-Jane, Journal d'un Vampire (plusieurs tomes)

Somtow S.P., Vampire Junction

Stine R.L, Vampire Breath (Chair de Poule) (jeunesse)

Stoker Bram, Dracula

Valls de Gomis Estelle (sous la dir. de), Vampires (anthologie)
Valls de Gomis Estelle, Le vampire au fil des siècles : Enquête autour d'un mythe (étude)

Warrington Freda, Le retour de Dracula

Watt-Evans Lawrence, La horde du cauchemar

Wellington David, 13 balles dans la peau
Wellington David , 99 cercueils
Westerfeld Scott, V-Virus

Westerfeld Scott, A-apocalypse

Zimmermann NM, Eden City (3T)


Filmographie

Blacula (William Crain, 1971)

Dracula (T. Browning, 1931)

Dracula (J. Badham, 1979)

Dracula (F.F. Coppola, 1992)

Dracula et les Femmes (F. Francis)

Dracula, Prince des Ténèbres (Terence Fisher)

Entretien avec un Vampire (Neil Jordan, 1994)

Fright Night (Tom Holland, 1985)

L'Ombre du Vampire (Elias Merhige)

La Reine des Damnés (P. Goldman & M. Rymer)

Le Bal des Vampires (Roman Polanski)

Le cauchemar de Dracula (Terence Fisher)

Les cicatrices de Dracula (Roy Ward Baker)

Lost Boys (Joel Shumacher, 1987)

Love at first bite (Stan Dragoti, 1979)

Near Dark (Kathryn Bigelow, 1987)

Nosferatu (Friedrich Murnau)

The Hunger (Tony Scott, 1984)

Underworld

Vampires (John Carpenter)

Vampire, vous avez dit vampire ? (Tom Holland, humour)

Une Nuit en Enfer (Robert Rodriguez)

 

NB : je n'ai pas cité tous les films de Hammer Productions avec Christopher Lee (très nombreux).

 

SORCIERES

Bibliographie

Armstrong Kelley, T3 et 4 de la série Morsure

Bradley M Z, Sara (Witch Hill)

Bergstrom Elaine, The door through Washington Square

Bray Libba, Les sorcière de Spence T1

Bray Libba, Rebel Angels

Bray Libba, The Sweet Far Thing

Collectif, Fées, Sorcières et diablesses (Librio)

Collectif, Dansons autour du Chaudron

DeCandido Keith, Nuits de terreur

Galenorn Yasmine, Les Soeurs de la Lune (plrs T)

Jubert Hervé, Trilogie Morgensten (lien vers l'avis de Loula dans les commentaires)

Michelet, La Sorcière
Rice Anne, Le Lien Maléfique

Rice Anne, L'Heure des Sorcières

Rice Anne, Taltos

Rice Anne, Merrick (vampires et sorcières)

Updike John, Les sorcières d'Eastwick

 

Filmographie

Blair Witch Project

Blair Witch Project 2

Hocus Pocus (Kenny Ortega)

Les Ensorceleuses (Griffin Dune)

Les Sorcières d'Eastwick (George Miller)

Ma Sorcière bien aimée (Nora Ephron)

Nuits de Terreur (Jonathan Liebesman)

 

LOUPS-GAROUS

Bibliographie

Armstrong Kelley, Morsure + série

Collectif, Gare aux garous (Librio)

King Stephen, L'année du Loup-garou

Krinard Sandra, Lee Tanith & Vaughn Evelyn, Les légendes de l'ombre : Le baiser du loup-garou ; L'étreinte de l'ombre ; La nuit du démon

Stableford Brian, Les loups-garous de Londres

Filmographie

Ginger Snaps

Hurlements (Joe Dante)

La nuit du Loup-Garou (Terence Fisher)

Le Loup-garou (Georges Waggner)

Le Loup-garou de Paris (Anthony Waller)

Le Loup-garou de Londres (John Landis)

Peur bleue

 

Wolf (Mike Nichols)

 

FANTÔMES

Bibliographie

Alcock Vivien, Le fantôme vous salue bien (jeunesse)

Assouline Pierre, Fantômes

Benhedi Louis, Fantômes et apparitions (essai- « documentaire »)

Brisou-Pellen Evelyne, L'année du deuxième fantôme

Brown Fredric, Fantômes et Farfouilles

Brussolo Serge, Peggy Sue et les Fantômes (plrs tomes) (jeunesse)

Collectif, Les Fantômes des Victoriens

Collectif, Les Fantômes des Victoriennes

Dahl Roald (sous la dir. de), Selected ghost stories

Davies Robertson, Fantômes & Cie

Dickens Charles, Un Conte de Noël

Dumas Alexandre, Mille et un Fantômes (sur fantômes et autres créatures)

Fearson Erick, Manuel du chasseur de fantômes (essai- « documentaire »)

Hearn Lafcadio, Fantômes du Japon (ogres, vampires etc. du folklore japonais)

Higgins Clarke Mary, Le Fantôme de Lady Margaret

Jackson Shirley, Maison Hantée

James Henry, Le Tour d'Ecrou

James Henry, La redevance du Fantôme

James Henry, Visites de fantômes

King Stephen, Shining

Koetzle Hans-Michael, Villes fantômes de l'Ouest américain (beaux livres)

Leroux Gaston, Le Fantôme de l'Opéra

Lively Penelope, Le Fantôme de Thomas Kempe (jeunesse)

Lormier Dominique, Le Grand Livre des fantômes (essai- « documentaire »)

Marsden Simon et Boucher Alice, La France hantée : Voyage d'un chasseur de fantômes (beaux livres)

Mould Chris, Fantômes & Cie (jeunesse)

Probst Pierre, Caroline et le fantôme du Loch Ness (jeunesse)

Singer Isaac Bashevis, Le Fantôme

Straub Peter, Ghost Story

Waters Sarah, Affinités (spiritisme)

Wharton Edith, Le Triomphe de La Nuit

Wharton Edith, Grain de Grenade

Wilde Oscar, Le Fantôme de Canterville

Woolf Virginia & Leonard, A Haunted House and other short stories

Filmographie

Beetlejuice (Tim Burton)

Blithe Spirit (DVD zone 1)

Casper (Brad Silberling, 1995)

Fantôme à vendre ( René Clair, 1935)

Fantômes contre fantômes (Peter Jackson, 1996)

Ghost (Jerry Zucker, 1990)

Hantise

Histoires de fantômes chinois (Siu-Tung Ching, 1987)

L'Aventure de Mme Muir (Joseph L. Mankiewicz, 1947)

L'Hôpital et ses fantômes (série de Lars von Trier)

La maison de l'horreur (William Malone, 2000)

La maison du diable (Robert Wise, 1963) (un des films Amityville)

Le corps et le fouet (Mario Bava, 1963)

Le couple invisible (Norman Z. McLeod, Roy Del Ruth, 1937)

Le Fantôme de l'Opéra (plrs versions)

Les Autres (Alejandro Amenabar, 2000)

Les Contes de la lune vague après la pluie (Kenji Mizoguchi, 1953)

Pandora (Albert Lewin, 1951)

Poltergeist (Tobe Hooper, 1982)

SOS Fantômes 1 & 2 (Ivan Reitman)

Sixième Sens (Night Shyamalan, 1998)

Ring (Hideo Nakata, Chisui Takigawa)

Shining (Stanley Kubrick)

The Ring (Gore Verbinski)

Truly, Madly, Deeply (Anthony Minghella, 1990)


AUTRES

Bibliographie

Ackroyd Peter, Le Golem de Londres

Agapit Marc, Ecole des monstres

Balzac Honoré de, Melmoth Réconcilié

Barbeau Philippe & Judenne Roger, Le Château de tous les dangers (jeunesse)

Block Lawrence, Ariel

Brasey Edouard, Grimoires, Sortilèges et Envoûtements : Le Manuel du Sorcier (beaux livres)

Campbell Ramsey, La lune affamée (etc)

Collectif : Des Crocodiles dans les égouts et autres légendes urbaines

Fleischman S., L'homme qui brillait la nuit (jeunesse)

Garcia Bob, Duel en Enfer

Ghelderode Michel de, Sortilèges

Ghelderode Michel de, La Balade du grand macabre

Herbert James, Sanctuaire

Herbert James, Fog (etc)

Irving Washington, Sleepy Hollow

King Stephen, ça

Le Braz Anatole, La légende de la mort chez les Bretons armoricains

Lecouteux Claude, Elle mangeait son linceul (anthologie)

Leroux Gaston, La Poupée Sanglante

Leroux Gaston, Histoires épouvantables : Suivi de L'Homme qui a vu le diable

Levin Ira, Un bébé pour Rosemary

Lovecraft, La Peur qui rôde (etc.)

Masterton Graham, Djinn

Masterton Graham, La Maison de Chair

Masterton Graham, Le Trône de Satan

Masterton Graham, Démences

Masterton Graham, Apparition (etc)

Maturin Charles Robert, Melmoth

Meyrink Gustav, La Nuit de Walpurgis

Meyrink Gustav, Le Golem

Meyrink Gustav, Histoires fantastiques pragoises

Renard Jean-Bruno, Rumeurs et légendes urbaines (étude)

Rohmer Sax, Le Mystérieux Docteur Fu Manchu

Rohmer Sax, Les Créatures du Docteur Fu Manchu

Sage Angie, My haunted house (jeunesse)

Shelley Mary, Frankenstein

Shelley Mary, La jeune fille invisible

Stevenson R.L., Docteur Jekyll & Mr Hyde

Stoker Bram, Le repaire du vers blanc

Stoker Bram, La dame au linceul

Straub Peter, Shadowland

Surget Alain, La grande peur d'Halloween (jeunesse)

Tepper Sheri S., Ossements

Villiers de l'Isle Adam, Contes cruels

Villiers de l'Isle Adam, Nouveaux Contes cruels

West Paul, Les Filles de Whitechapel et Jack l'Eventreur

Filmographie

Bride of the monster (Ed Wood, 1956)

Candy Man

Chucky (plusieurs films)

Docteur Jekyll & Mr Hyde (plusieurs versions)

Frankenstein (James Whale)

La Fiancée de Frankenstein (James Whale)

From Hell

Gremlins I et II

Halloween (+ suites) (John Carpenter)

L'Empreinte de Frankenstein (F. Francis)

L'Etrange Noël de Mr Jack (Tim Burton)

L'Exorciste (plusieurs versions)

La Fiancée de Frankenstein (James Whale)

La maison de l'horreur (Geoffrey Rush)

La nuit de tous les mystères (William Castle, 1959)

La nuit des morts-vivants (George Romero)

Le Cabinet du Docteur Caligari (Robert Wiene)

Le Village des Damnés (Wolf Rilla)

Les Frères Grimm (Gilliam)

Les griffes de la nuit (Wes Craven)

Les Noces Funèbres (Tim Burton)

Paris je t'aime (un court métrage sur le thème du loup-garou)

Plan 9 from outer space (Ed Wood,1959)

Psychose (Alfred Hitchcock)

Psycho (Gus Van Sant)

Rosemary's Baby (Roman Polanski)

Scream (Wes Craven)

Shrooms (Paddy Breathnach)

Sleepy Hollow (Tim Burton)

Sweeney Todd (Tim Burton)

Urban Legend (Jamie Blanks)

Urban Legend 2 (John Ottman)

Urban Legend 3 : Bloody Mary (Mary Lambert)

Vendredi 13 (+ suites) (Sean Cunningham)

 

La-Nuit-de-tous-les-mysteres-10564.jpg

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03/09/2009

"D'après le crime"

ladjali_ordalie.jpgLorsque j'ai découvert qu'un nouveau roman de Cécile Ladjali allait être publié, je me suis mise à frétiller d'impatience, comptant bien découvrir Ordalie au plus vite. Ladite arme du crime m'ayant été offerte par un généreux lecteur qui se reconnaîtra, je me suis très vite plongée dans cette version romancée de la relation entre Paul Celan et Ingeborg Bachmann (appelés ici Lenz et Ilse).

De Cécile Ladjali, je connaissais Les Vies d'Emily Pearl et Les Souffleurs (lu il y a plus d'un an mais jamais chroniqué ici – je ne désespère pas). J'ai découvert l'auteur par hasard au Salon du Livre, attirée par les couvertures des romans cités à l'instant. Le titre Les Vies d'Emily Pearl s'est imposé à moi en raison du cadre victorien et des prénoms Emily et Virginia qui me faisaient déjà pressentir un auteur aux goûts littéraires proches des miens. Ce livre qui transgresse les codes du roman victorien avec habileté m'a beaucoup marquée ; je l'ai préféré aux Souffleurs, texte insaisissable et déconcertant inspiré de l'univers de Shakespeare. Ce titre plus ancien m'avait cela dit déjà séduite par sa forme et son originalité. Depuis ces deux lectures, j'ai beaucoup d'admiration pour le travail ambitieux de Cécile Ladjali, son écriture poétique et très soignée et plus que tout, les nombreuses références qui alimentent ses récits et leur donnent une nouvelle dimension. L'intertextualité est encore au cœur de son dernier roman, Ordalie invitant à la (re)lecture des œuvres de Bachmann et de Celan (puis à sa propre relecture).

ladjali_ordalie_bachmann.jpgInventant Zak, un cousin imaginaire amoureux d'Ilse, l'auteur choisit un narrateur très observateur, témoin privilégié au jugement sans doute parfois biaisé par la jalousie. Intégrant des citations de Celan et de Bachmann au récit, le parcours d'Ilse et de Lenz est aussi pour nous l'occasion de croiser d'autres figures emblématiques de la littérature germanique d'après-guerre, comme le Suisse Max Frisch ou l'Allemand Henrich Böll. Citons encore parmi d'autres nationalités René Char et Kissinger.

ladjali_ordalie_celan.jpgCe roman traite d'une passion dévorante, d'un amour inaltérable mais voué à l'échec ; l'histoire d'Ilse et de Lenz n'est pourtant que le fil conducteur.

L'ordalie, « ce jugement de Dieu par l'eau ou le feu » (p81-82), se traduit par de nombreuses allusions aux deux éléments dont le choix n'est pas dû au hasard : Ingeborg Bachmann a péri dans un incendie à Rome ; Paul Celan s'est suicidé en se jetant dans la Seine.

Au-delà de leur relation fusionnelle se pose la question du rôle de l'écrivain. A travers le rapport particulier à l'art d'Ilse, de Lenz et d'autres personnages, le lecteur est amené à s'interroger : comment se positionner en tant qu'artiste après l'horreur de la guerre et des camps ? Doit-on avoir une vision purement artistique ou faire de son œuvre une arme politique ? Ou bien encore, outre la problématique de l'art engagé ou non, comment les écrivains d'expression allemande en particulier peuvent-ils ou doivent-ils se positionner après le fléau nazi ? Ordalie tente surtout de dire la grande Histoire, à travers le parcours de ces trois êtres meurtris, orphelins ou fils de la honte, qui trébuchent dans le noir, la bouche pleine de cette langue allemande qui les étouffe et avec laquelle ils vont tenter de créer. Car pour Ilse et Lenz, écrire revient à vivre. Zak finira par comprendre cela à son tour (Actes Sud).

ladjali_ordalie_rothko.jpgLa prose de Cécile Ladjali est facilement reconnaissable. Ordalie est comme vous vous en doutez ma troisième rencontre avec l'univers de l'écrivain et, malgré le sujet et le cadre jusqu'ici toujours différents, il me semble que le lecteur retrouve à chaque fois un style exigeant et terriblement exact chez Ladjali, ainsi qu'une certaine distanciation entre le lecteur et les personnages. Ce ressenti est peut-être très personnel mais lorsque je lis cet auteur, j'ai l'impression d'être un observateur extérieur rendu lucide par la précision de l'écriture, parfois même par sa froide mécanique (en particulier dans Les Souffleurs). Ordalie ne fait pas vraiment exception à la règle même si j'ai trouvé le ton plus doux et particulièrement poétique.

ladjali_ordalie_atget.jpgPour ceux qui ne connaissent pas encore l'auteur, ma préférence va aux Vies d'Emily Pearl et j'aurais tendance à le recommander pour une première lecture. Dans un genre différent, Ordalie est un roman habilement construit qui m'a beaucoup plu pour de nombreuses raisons : la plume particulière de C. Ladjali ; les nombreuses références et les problématiques dont le texte s'enrichit ; enfin, la fluidité du texte qui, s'il ne respire pas toujours la joie de vivre, est extrêmement agréable à lire.

PS : J'ai ajouté la toile de Rothko (un peintre qui me plaît énormément, ça tombe bien) et une photographie de Atget car tous deux sont évoqués.

Lilly, elle aussi conquise par l'auteur, a beaucoup aimé ce roman et traite dans son billet d'autres aspects intéressants.

197 p

Cécile Ladjali, Ordalie, 2009

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01/09/2009

Périple d'un bibliobus

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J'ai récemment découvert le nom de Jacques Poulin avec la sortie de L'Anglais n'est pas une langue magique (dans ma PAL), livre qui m'attirait par sa belle couverture et son titre mystérieux contenant le mot clef « anglais » - il provoque visiblement chez moi une sorte d'effet placebo. C'est donc avec plaisir que j'ai ouvert La Tournée d'Automne. Je m'imaginais ce livre plein de charme, bien écrit et surtout, j'attendais de nombreuses références littéraires et un certain art dans l'intertextualité ou la transmission de l'amour des livres. Ma lecture a été globalement agréable mais ce n'est certainement pas un coup de cœur, car ce roman ne répondait pas vraiment à mes attentes.

Dans ce livre, « le Chauffeur » d'un bibliobus s'apprête à faire sa dernière tournée au Québec. Peu avant son départ, il rencontre une troupe de musiciens et de saltimbanques et s'éprend de Marie, la maman poule du groupe. Tous deux se découvrent de nombreux points communs mais leur histoire reste très pudique et avance pas à pas, avec beaucoup de délicatesse et un certain charme suranné. Au cours de la tournée, le Chauffeur et la troupe qui s'est décidée à le suivre découvrent de nouvelles régions et de beaux paysages, où la nature est à l'honneur. A chaque arrêt, fidèles et nouveaux lecteurs font leur choix dans le bibliobus. Leur attitude et leurs choix toujours différents sont un hymne à la lecture, au partage des livres et à l'échange entre amoureux des livres. Ces passages m'ont d'ailleurs beaucoup plu.

feuille.jpgJe lirai au moins le livre de Jacques Poulin qui dort dans ma bibliothèque car j'ai trouvé ma lecture agréable et sans heurt; elle me délassait. J'aime les sujets abordés par l'auteur, en l'occurrence ici ce bibliobus qui revient régulièrement au même endroit et qui me fait penser que j'aurais adoré me lier d'amitié avec un chauffeur amoureux des livres qui serait venu dans ma petite ville à la bibliothèque minable quand j'étais enfant. C'est un roman plaisir que l'on peut savourer comme ces fameuses « lectures doudou » dont le terme bloguesque me semble ici assez approprié. Cependant, ce n'est pas un grand roman à mes yeux et je lui trouve de nombreux défauts : le ton parfois un peu naïf et des expressions plates comme « elle avait un mari très gentil » (p35), qui m'ont fait trouver le style un peu scolaire ; les références littéraires, citées à plusieurs reprises « par paquets », peu de livres émergeant finalement du lot (j'ai trouvé que La Reine des Lectrices, même s'il est assez léger, donne plus envie de lire les auteurs cités) ; enfin la trame du récit n'avait pas beaucoup d'importance en soi pour un hommage à la lecture mais, vu la place un peu superficielle qu'occupent les autres livres dans ce récit, elle aurait pu donner un regain d'intérêt au texte si elle avait été un peu plus dense. Au final ce roman m'a paru un brin ordinaire, même s'il me donne envie de chercher des photos des paysages québécois et peut-être de m'y rendre un jour (c'est déjà ça).

feuilles2.JPGBref, ce n'est pas une révélation pour moi, c'est même une lecture un peu mitigée, mais comme je le disais, j'ai pris suffisamment de plaisir à lire ce roman pour avoir encore envie de lire L'Anglais n'est pas une langue magique.

Un grand merci à Malice pour le prêt (et celui du livre de Gabrielle Roy que j'ai très envie de découvrir). Le lien pointe vers ses 7 billets sur Jacques Poulin.

D'autres avis : Lilly (dont l'avis est très proche du mien); Charlie Bobine (déçue), Laure (mitigée) ; et plus enthousiastes : Allie, Lily, Florinette, Cathe... et beaucoup d'autres à venir aujourd'hui avec la lecture du blogoclub.

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191 p

Jacques Poulin, La Tournée d'automne, 1993

 

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