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30/08/2009

Abracadabra !

BD_malle sanderson.jpgJe profite d'un coup de tête et d'un abonnement soudain à la médiathèque (accès gratuit aux livres, comment une livrovore de mon acabit pourrait y résister ?) pour découvrir des BD dont je n'avais jusque-là jamais entendu parler. Parmi les 4 albums récemment choisis au hasard, La Malle Sanderson m'a permis de découvrir Jean-Claude Götting, que je ne crois pas avoir déjà croisé en sautant de bulle en bulle (hormis les couvertures françaises de Harry Potter que je trouve particulièrement moches, eh oui).

BD_malle_sanderson_01.jpgParis, dans les années trente. L'illusionniste Sanderson triomphe avec ses évasions et ses numéros de divination (« mind reading »). Recherché par la haute société qui s'est entichée de ses tours et serait ravie de l'exhiber dans des dîners privés, Sanderson rencontre Marie, l'épouse blasée d'un négociant de pierres précieuses qu'elle n'aime pas. Alors que notre héros s'apprête à réaliser à New-York une évasion spectaculaire, Marie se déclare prête à tout quitter pour lui. Ce qui ne serait pas souhaitable pour la carrière de son amant, à qui tout réussit pour l'instant.

BD_malle_sanderson_02.jpgSans être un coup de coeur, cet album m'a finalement beaucoup plu en raison de la chute ironique et cruelle qui apporte un élément de surprise à une histoire fluide et agréable, un peu trop peut-être. L'originalité tient surtout au portrait de l'illusionniste, dont les tours de magie sont pleinement offerts à la vue du spectateur qui découvre aussi bien le tour apparemment mystérieux que la solution rationnelle à l'inexplicable. Loin de prétendre avoir des dons surnaturels, Sanderson déclare publiquement que les magiciens qui se prêtent des pouvoirs ne sont que des charlatans. C'est un esprit cartésien, qui prend plaisir à concevoir les plans de ses « outils » d'évasion avec minutie, développant des mécanismes astucieux qui lui permettent d'innover par rapport à ses concurrents.

Sur le plan esthétique, les dessins en noir et blanc sont sobres et soignés. L'ensemble est agréable à l'oeil mais je dois avouer que ce n'est pas l'aspect qui m'a le plus séduite. En somme, un album sympathique et un thème intéressant à découvrir même si pour ma part je reste un peu sur ma faim.

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109 p

Jean-Claude Götting, La Malle Sanderson, 2004

28/08/2009

Be sure to wear some flowers in your hair

bonnerave_nouveaux_indiens.jpgJe n'avais d'abord repéré qu'un seul titre de cette rentrée littéraire, à savoir Nouveaux indiens dont le résumé suscitait ma curiosité. J'ai donc sauté sur l'occasion lorsqu'il m'a été proposé. Ensuite, il y a eu la phase « ô rage, ô désespoir » dont Isil a été témoin, votre fidèle et dévouée ne parvenant absolument pas à surmonter l'angoisse des premiers dérapages stylistiques (pardon) des premiers effets de style audacieux du narrateur. Fou et intrépide, voilà notre héros qui mélange joyeusement les phrases, entre associations d'idées et rappel des improvisations musicales des étudiants qu'il est venu observer à Mills, San Francisco. J'ai commencé à m'arracher les cheveux par poignées en craignant une invasion du roman par ce staccato éreintant, voire une syncope en ré mineur de votre chroniqueuse. Mais, ouf ! Tout est bien qui finit bien et j'ai lu avec beaucoup de plaisir ce roman passée la page trente, accélérant brutalement mon rythme de lecture à chaque fois que la migraine menaçait le narrateur, nos deux rythmes s'accordant alors parfaitement et donnant finalement au texte une tonalité musicale cohérente.

MillsHall_01_hm.jpgDe quoi parle Nouveaux indiens, me dites-vous ? Il s'agit de l'étude d'un groupe d'étudiants en musique par un jeune anthropologue très français (tout de même relativement enclin à s'immerger dans la culture américaine). Les musiciens et leurs professeurs sont les nouveaux Indiens : l'anthropologie a évolué et l'élite un brin bohème de San Francisco devient la nouvelle tribu « sauvage » à observer. Ceci dit, c'est une autre histoire qui m'a vraiment tenue en haleine : celle d'une jeune femme anorexique décédée, Mary. Sur fond de campagne électorale (Bush vs Kerry) et de pousses de bambou, le narrateur s'intéresse de plus en plus à la disparition de cette inconnue dont la mort semble être taboue à l'université.

Au final, j'ai trouvé ce roman intéressant et globalement agréable à lire. Un vrai page-turner une fois l'introduction passée, Nouveaux indiens est un livre assez original qui risque de diviser ses lecteurs mais que je suis contente d'avoir lu.

D'autres avis très partagés : Papillon « Un roman dense et surprenant pour lecteurs curieux » ; Cathulu « Un livre original et intelligent, sans être pédant. Une réussite ! » (Cathulu souligne aussi la qualité littéraire de quelques passages érotiques, avis que je partage tout à fait) ; Doriane « le style m'a semblé indigeste » (et de citer un passage qui a aussi failli me faire rendre l'âme) ; Marie-Lo « N’est pas Henry Miller qui veut ! Quoiqu’il en soit, Nouveaux Indiens est un premier roman audacieux, attendons de voir le second. » ; Saxaoul « Je me suis très vite perdue dans les méandre de la pensée de A. qui passe souvent du coq à l'âne (…). Quant au style, je n'ai pas réussi à m'y faire non plus : les phrases sont courtes et parfois hachées, fidèles aux pensées de A. ».

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170 p

Jocelyn Bonnerave, Nouveaux indiens, 2009

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2/7

****

 

objectif pal.jpgObjectif PAL (proposé à l'origine par Antigone) : Je trouvais la proposition de Fashion à la mesure de mes ambitions (et de mon taux de réussite particulièrement crasse lors des challenges divers et variés de la blogosphère). J'ai donc fixé un objectif « PAL – 20 en 3 mois », en ne comprenant pas dans cette PAL les BD et la PPAL (pile de prêts à lire, eh oui j'invente un nouveau terme aujourd'hui, qu'est-ce que c'est beau !). Ayant pour des raisons diverses et variées connu un ouragan qui s'est traduit ces derniers jours par une PAL + 9 (oui mais Hilde m'a traînée chez tout un tas de bouquinistes à Rennes et à Bécherel, le destin n'était-il pas au rendez-vous avec des livres neufs à 2 € ? Quant aux cadeaux, je n'y suis pour rien). Alors j'ai décidé de fixer un objectif PAL – 30 en 4 mois.

Un autre objectif tout aussi ambitieux s'est ajouté au premier : d'ici fin décembre, lire au moins la moitié de ma PPAL qui compte plus de 15 titres à l'heure actuelle.

PAL - 1

27/08/2009

Bloody late !

logo_bloodyswap_02.jpgSwappeuses et futures swappées,

Les inscriptions au bloody swap sont terminées (depuis près d'une semaine en fait). Je vous envoie le questionnaire dans le courant de la première semaine de septembre. J'ai prévu un stock de lectures appropriées pour le mois d'octobre et reviens vers vous pour d'autres posts d'Halloween très rapidement (je vous communiquerai la liste des participants par la même occasion).

A très bientôt !

 

PS : non non je n'ai pas oublié vos commentaires (et oui Fashion pas de souci je te le prête :)). On ne dirait pas comme ça...

19:24 Publié dans Swap | Lien permanent | Commentaires (6) | Tags : bloody swap |  Facebook | |

23/08/2009

Le père et la fille

le gall_peine_menuisier.jpg« Je retrouvais le cadre immense, le visage grandeur nature, le garçonnet de papier. Le rayon de son regard me fixait alors. J'étais debout sur une chaise, au même niveau que lui mais à bonne distance. Il m'envoûtait, je cherchais son mystère et restais sans réponse devant le pâle sourire, les yeux clairs habités d'une douce mélancolie. Sa trop grande gravité, qui ne correspondait pas à l'enfant espiègle qu'il avait été, me laissait penser qu'il pressentait son destin. » (p119)

Dans cette rentrée littéraire 2009, La Peine du Menuisier va sans doute constituer l'une des plus agréables surprises parmi les premiers romans. L'auteur est née en 1955 à Brest. Dans un texte autobiographique, elle revient sur le parcours de Marie-Yvonne, de l'enfance à l'âge adulte, entre fantômes et silences au sein d'un entourage profondément catholique.

Le silence, c'est celui du « Menuisier », ce père âgé qu'elle ne sait pas nommer autrement. C'est aussi le silence qui la caractérise, petite fille taiseuse, secrète, sans doute un brin fantasque et morbide. Point commun entre le père et la fille, le silence les rapproche et les sépare à la fois, leur permettant de communier et de se comprendre implicitement mais les empêchant d'aborder certains sujets et de se dire l'essentiel, alors que la mort du père approche à grands pas.

Outre la relation père-fille difficile au cœur de ce roman que Marie Le Gall a d'ailleurs dédié à son père, la narratrice explore de nombreuses thématiques à travers le récit de sa vie, à commencer par les racines et les secrets de famille qui ne semblent pas manquer chez ces parents qui l'ont conçue très tard, dix-neuf ans après Jeanne, sa sœur folle et pleine d'amour. Entourée de non-dits et d'absents, ces membres de la famille qu'elle n'a jamais connus qu'à travers les photos pour toujours figées qui peuplent sa maison d'enfance, Marie-Yvonne est fascinée par la mort, revenant sans cesse au portrait de René-Paul dont un jouet conservé à la cave l'attire sans cesse. Enterrements, errances dans les cimetières, heures passées à regarder les restes d'os extraits d'une tombe humide et nauséabonde par le fossoyeur, conjectures au sujet des photos des disparus, la mort est une question qui taraude la narratrice de manière obsessionnelle.

L'histoire personnelle est aussi l'occasion de dresser un portrait d'une Bretagne aujourd'hui disparue, celle des années soixante où le rapport à la terre, les souvenirs de guerre, les traditions familiales et la vie quotidienne avaient encore le goût des temps anciens, une époque révolue racontée avec justesse sur un ton toujours sobre et précis.

le gall_Expo-Brest-2007.jpgCe livre présente beaucoup de qualités et pourtant, j'ai d'abord eu beaucoup de peine à m'immerger dans le récit qui manquait à mon sens de fil conducteur pendant les cent premières pages. Bien sûr, dans le titre, la dédicace et certaines scènes, tout tendait à faire de la relation au père la quête finale de la narratrice. Malgré tout, la première partie privilégie un peu trop l'anecdote à mon avis, au détriment du récit. Les réminiscences de Marie-Yvonne sont intéressantes à lire mais me rappellent un peu trop les mémoires qui se transmettent au sein des familles, le but étant de retranscrire ses souvenirs le plus fidèlement possible, sans se préoccuper des questions de déroulement et de structure propres au roman. Quoi qu'il en soit, le style soigné et le ton plein de pudeur de Marie Le Gall m'ont convaincue et je suis ravie de ne pas avoir planté là ce beau roman. Plus centrée sur la relation entre la narratrice et son père, la deuxième partie est passionnante et m'a beaucoup émue. Les moments volés qui noyaient la première partie à force d'accumulation sont ici parfaitement insérés dans une « intrigue » de mieux en mieux menée.

Au final, voilà un beau roman très personnel qui parvient à avoir une portée plus générale, le lecteur pouvant difficilement lire cette histoire unique sans songer à sa propre famille et aux similitudes inévitables entre les parcours individuels. L'art d'aimer, le temps trop court à partager avec ses proches, la souffrance inhérente aux relations distantes que Marie-Yvonne entretient avec ses parents sont remarquablement retranscrits. Touchant et évocateur, le récit est porté par l'ambiance un peu mystérieuse et chargée d'histoire. Et lorsque l'on tourne la dernière page, il est difficile d'abandonner ce menuisier et cette famille auxquels on s'est nous aussi attachés. Un bel hommage au père disparu.

« Par tradition, il me donna le prénom composé de sa soeur asthmatique, morte en crise beaucoup trop tôt en laissant trois jeunes orphelines. C'était aussi le prénom de sa tante, la soeur de Tad, qui n'avait vécu que quelques années. « Marie-Yvonne », avait écrit l'employée. Enfin, puisqu'il fallait un second prénom, celui de la fille de ma marraine, Nicole, fit l'affaire. Asphyxiée par une fuite de gaz, elle s'était éteinte à six ans. » (p 22)

Les avis de Cathulu, de Cuné.

Opération Masse Critique dans le cadre des Chroniques de la rentrée littéraire.

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283 p

Marie Le Gall, La Peine du Menuisier, 2009

 

« Ce blog a décidé de s'associer à un projet ambitieux : chroniquer l'ensemble des romans de la rentrée littéraire !

Vous retrouverez donc aussi cette chronique sur le site Chroniques de la rentrée littéraire qui regroupe l'ensemble des chroniques réalisées dans le cadre de l'opération. Pour en savoir plus c'est ici. »

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20/08/2009

Monster & co

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Amis lecteurs, amis mélomanes,

Vous aimez les dépaysements passagers ? Vous n'avez pas froid aux yeux ? Alors peut-être aimerez-vous partir en voyage autour du Lac aux Vélies, dont l'atmosphère chargée de mystère est faite pour dérouter les aventuriers qui se risquent à la découvrir.

Conte musical mis en images, Le Lac aux Vélies est déjà en soi un objet tout indiqué pour les amateurs de beaux livres ; il est composé d'un bel album de format horizontal (papier épais, couverture cartonnée épaisse elle aussi) et d'un CD inclus dans un livret très soigné et agrémenté de quelques dessins.

Il est question dans ce conte de Günel, personnage monstrueux et fantastique issu du « croisement des souffles d'un dieu fou et d'un mourant venu pleurer au pied du grand arbre Sladinji ». Attiré par des pleurs alors qu'il vit accroché aux parois d'un arbre depuis toujours, Günel décide de quitter son inconfortable matrice pour rejoindre un monde que l'on pressent désolé. A sa sortie, Günel découvre une femme, Milenaz et, voulant l'embrasser, ne fait que lui briser le nez et les dents. La faisant fuir par la même occasion.

Chantée en « klokobetz », langue inventée par Nosfell, et écrite en version bilingue (klokobetz-français), l'histoire est empreinte de mélancolie.nosfell_lac_velies2.jpg Le personnage effrayant détruit tout, sa quête de l'amour se traduisant par des morts brutales et des gestes maladroits aux conséquences fatales. Morbide et infiniment triste, tel est le sort de Günel. Morbide, c'est aussi l'adjectif qui convient le mieux aux corps dessinés, tourmentés, difformes, anormaux et passablement inquiétants qui peuplent l'album. L'imaginaire prend tout son sens avec ce conte qui n'est pas sans rappeler les contes classiques souvent cruels, tout en inventant un univers bien à part.

Le Lac aux Vélies ne s'adresse pas aux enfants (s'il fallait encore le rappeler étant donné le cadre glauque). C'est un récit qui offre de nombreuses pistes de lecture, allant de la simple curiosité littéraire au texte symbolique traitant d'amour, d'égoïsme, d'altruisme, de sexualité, du rapport complexe aux autres, pour ne citer que quelques aspects.

Une ambiance un peu trop sombre et oppressante à mon goût, mais j'ai savouré les textes finement ciselés et le design très travaillé, parfaitement accompagnés par la musique (évidemment, pas très gaie elle non plus).

On en parle très bien ici (un article qui dit sensiblement la même chose, mais de façon bien plus détaillée).

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Editions Futuropolis

Nosfell & Ludovic Debeurme, Le Lac aux Vélies, 2009

15/08/2009

Le Bloody Swap, II !

Chers Draculitos, chers monstres nocturnes, chers trépassés et chers vous qui par ici vous êtes égarés,

L'équipe organisatrice du Bloody swap modestement constituée de moi-même tenait à vous remercier pour tous vos sympathiques mails et commentaires, tout monstrueux ou diaboliques que vous êtes.

Sachez que le fantôme de Lady Lou n'est pas tout seul et ajoute à ses redoutables talents d'organisation (si si ! je vous assure !) la terrifiante efficacité de blogueurs a) adorables, b) enthousiastes, c) eux aussi un peu fous.

Un grand grand merci en particulier :

A Kincaid, dont le nouveau blog hautement "vampiresque" devrait vous plaire. J'avais demandé à Kincaid quelques conseils pour compléter ma biblio avec des références plus récentes, comme j'affectionne particulièrement les vampires enterrés et trucidés depuis un bon siècle et m'y connais moins en serveuses vampiriques à Manhattan. Kincaid m'a finalement envoyé une liste si fournie que c'est plutôt moi qui vais adapter/compléter sa biblio que l'inverse.

A Romanza et à Celsmoon, qui ont spontanément conçu des logos pour ce swap. Chers vous deux, je m'incline une nouvelle fois devant votre entrain très communicatif ! Et chers participants, n'hésitez pas à utiliser ces logos !

 

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A Malice, qui m'a donné plusieurs conseils précieusement notés pour une future liste de titres consacrés aux fantômes, ainsi qu'un catalogue jeunesse comprenant un certain nombre de titres sur le sujet. Au passage, ça n'a rien à voir mais Malice a écrit deux billets très intéressants sur deux illustres oubliés de la scène littéraire française : Rémy de Gourmont et Mireille Havet. N'hésitez pas à aller faire un tour au pays des Merveilles !

 

Pour l'instant nous sommes 26 à participer au swap, qui sera pimenté d'une petite nouveauté dont je vous parlerai bientôt (mais qui ne change rien au déroulement du swap ou au contenu des colis, rassurez-vous).

 

Le petit mot « nocturne » du jour :

Plusieurs commentaires et mails me laissent penser que certains d'entre vous ont compris que le swap est exclusivement consacré aux vampires.

Que nenni, mes amis ! Le swap étant celui d'Halloween et des créatures de la nuit, il est ouvert aux amateurs de bestioles diverses et variées (loup-garous, fantômes, goules, zombies et, soyons généreux, sorcières et balais). Sont aussi compris dans le swap les romans noirs et d'inspiration gothique classiques (certains Poe, Radcliffe, Lewis, Maturin, etc.).

Exemple de colis : « Je suis une légende » de Matheson, « Mille et un fantômes » de Dumas, le DVD de « Hocus Pocus » + gourmandise(s) + objet(s).

 

Des listes de conseils sont en préparation pour les valeureuses participantes (et l'invité mystère s'il en a besoin). Voici aussi la liste Amazon des livres et films incontournables que j'ai faite il y a quelques mois au sujet des vampires – non exhaustive, juste un petit guide pour les apprentis vampires.

Ici, sur le blog Vampirisme consacré aux vampires, une longue bibliographie (renvoyant aux avis postés sur le blog).

Enfin, un site consacré à la bit lit et une bibliographie plus complète classée par thème sur Histoires de vampires.

SEE YOU SOON, CREATURES OF THE NIGHT !

 

13:03 Publié dans Swap | Lien permanent | Commentaires (23) | Tags : bloody swap |  Facebook | |

11/08/2009

Despite all my rage

humbert_origine-de-la-violence.jpgJe fuis de plus en plus les récits traitant de la guerre et de la Shoah, dont la prolifération ces dernières années a fini par me dégoûter un peu du sujet. Malgré les critiques très positives lues çà et là au sujet de L'Origine de la Violence de Fabrice Humbert, j'ai donc abordé ce livre avec une certaine appréhension. Voilà un essai transformé qui fait de cette lecture une excellente surprise : non seulement ce titre est de loin mon préféré parmi mes 4 lectures de l'opération de communication autour du Prix Landerneau (ce qui n'était pas difficile vu le plaisir que j'ai éprouvé en découvrant les trois livres précédents), mais il fait partie de ceux qui m'ont le plus marquée cette année.

Difficile d'innover en traitant d'un thème aussi présent dans la littérature depuis maintenant un certain nombre d'années. Et pourtant, c'est ce que Fabrice Humbert parvient à faire en nous livrant ici un roman très personnel, où l'histoire présente du narrateur se mêle au parcours de son père et de son grand-père, le récit intime s'imbriquant à un cadre historique peu anodin. Avec beaucoup de justesse, le narrateur parvient à faire co-exister la petite histoire et la grande Histoire (comme l'a déjà souligné Fashion), apportant au passage un regard neuf sur le nazisme et l'Allemagne qui en a découlé.

C'est d'ailleurs le principal mérite de ce livre, qui évite à mon sens tous les écueils du genre : les clichés, les invraisemblances, les mièvreries, les descriptions complaisantes de scènes barbares, sans parler des pages d'Histoire hachées par le menu et recrachées avant digestion au beau milieu d'une vague trame romanesque.

Au contraire, l'auteur aborde de façon originale son sujet. La guerre, les déportations, la Shoah, le destin des bourreaux puis de l'Allemagne éclatée jusqu'en 1989, voilà autant de grands événements qui sont traités de manière détournée puisque le narrateur n'est autre qu'un professeur dans un lycée franco-allemand qui cherche avant tout à connaître ses origines pour mieux comprendre la violence qui l'habite. Le lecteur suit ainsi pas à pas le narrateur, dans un récit émaillé d'événements personnels et familiaux qui sortent en partie de l'atmosphère oppressante de la toile de fond (en partie, car tout est finalement lié de façon plus ou moins directe à l'objet des recherches du narrateur). En choisissant cette structure, Fabrice Humbert parvient à mon avis à écrire un roman très crédible, qui m'a de plus particulièrement touchée puisque j'ai trouvé certaines similitudes entre ce parcours et mon propre rapport à l'Allemagne. Et ce, jusqu'aux impressions partagées au sein de Buchenwald, de Weimar ou de Berlin, à tel point que cette lecture n'a cessé de me troubler en raison de l'écho très particulier qu'elle trouvait en moi (à l'exception de la vision très occidentale de la RDA, avec laquelle je ne suis pas entièrement d'accord).

Je ne peux que vous recommander sans réserve L'Origine de la Violence, excellent roman auquel tout le mal que je souhaite est de décrocher Weimar--Goethe-Schiller-Den.jpgau moins l'un des prix littéraires francophones les plus reconnus. Ne vous laissez pas décourager si, comme moi, vous évitez en général les titres traitant des camps de concentration, de la guerre ou de la Shoah. Car l'auteur signe ici un livre puissant, fin, dense mais d'une grande clarté, un roman dont l'histoire passionnante n'a d'égale que la pertinence des observations et la fluidité de la narration. A cela s'ajoute une écriture particulièrement agréable. Fabrice Humbert est un auteur qui ne cherche pas la facilité, et qui s'en sort très bien. Son Origine de la Violence est remarquable. C'est un texte qui a su à la fois m'intéresser et m'émouvoir, un titre que je recommande depuis autour de moi et dont le souvenir n'est pas près de ternir.

Les avis de : Aifelle, Anne, Caro[line], Cathulu, Cécile, Clarabel, Cuné, Dominique, Fashion, Lily, Ma Tasse de Thé, Papillon, Sylire, Yv.

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314 p

Fabrice Humbert, L'Origine de la Violence, 2009

02/08/2009

Du rififi in the middle of nowhere

gottlieb_ainsi soit il.jpgÉcrivain en vogue issu d'une petite ville où rien ne se passe jamais, Rob Castor s'est récemment suicidé après avoir assassiné son ex petite amie. Son ami d'enfance Nick ne s'en remet pas et revient sur l'histoire de Rob, leur amitié et, en passant, sur sa propre vie privée, ses problèmes conjugaux, le psy de sa femme, le chien du voisin, le rhododendron de sa grand-mère... désolée je m'égare.

Je l'avoue, ce résumé est nettement moins alléchant que celui qui figure au dos de mon édition. Malgré tout, je le trouve plus à la hauteur des ambitions et du contenu de ce livre où il ne se passe finalement pas grand-chose. Si je reprends donc le résumé plus alléchant que j'évoquais à l'instant, on apprend que « dans le paysage des jours enfuis, d'étonnants secrets le guettent ». Ce n'est pas faux. Deux révélations importantes se font, expliquant certains aspects un brin étonnants du comportement du narrateur. Ce qui me gêne plus, c'est le fait que ces deux nouveautés arrivent comme un tas de cheveux au milieu de la soupe au brocoli (soyons précis sur ce point, voulez-vous ?) ; elles ne sont pas franchement exploitées, que l'on pense à l'éventuelle « intensité dramatique » de la chose ou, ce qui est sans doute plus important, à l'impact sur le dénouement du récit. Nick n'évolue pas, la fin n'en est pas une (malgré les révélations, on reste un peu sur sa faim) et, de bout en bout, on suit le parcours d'un mari geignard qui s'écoute parler. Ce qui, personnellement, a fini par me lasser, le personnage m'étant profondément indifférent.

wood_american-gothic.jpgFinalement, comme le récit stagne beaucoup du début à la fin, il me semble que l'intérêt principal résidait dans l'analyse du comportement du narrateur. J'imagine que l'objectif recherché tenait davantage du portrait psychologique que du thriller, ce qui aurait dû me convenir parfaitement au vu de mes goûts personnels. Malheureusement, le sujet observé est aussi creux qu'une Veruca Salt * ; qui plus est, il est parfaitement antipathique. L'essentiel de ses jérémiades concerne sa femme, qui détourne ses enfants de lui et fait preuve d'une jalousie tout à fait inappropriée. Parallèlement à ce constat, voilà notre narrateur qui raconte comment il retrouve la sœur de Rob, son ex petite-amie, ennemie jurée de sa femme. Et comment (accessoirement) il devient son amant. Je me suis mortellement ennuyée en suivant les manifestations d'auto-apitoiement de ce cher Nick, ce qui est particulièrement gênant étant donné leur caractère répétitif. Voilà un héros qui tente de se remettre en question mais qui ne va pas assez loin dans sa démarche et ronronne un peu trop à mon goût. A part ça, ce roman se laisse lire (le style est d'ailleurs agréable) et convient tout à fait aux séances de lecture dans les transports en commun.

Ah oui, pourquoi ce titre à la place de Now you see him en anglais ? Ainsi soit-il m'a d'ailleurs valu des commentaires dans le métro de la part d'un monsieur sympathique chargé comme une mule avec un sac Boulinier.

Mon avis est très proche de celui de Petite Fleur et je suis également d'accord avec Hedwige
On lit le roman vite, sans y penser, sans réfléchir, et on l’oublie tout de suite ; certes il ne laisse pas de mauvais souvenirs flagrants, c’est qu’en réalité il ne laisse pas de souvenirs du tout… Il est dommage qu’un livre sans défauts majeurs manque à ce point là de qualités. »),
mais la plupart des avis référencés par Bob sont beaucoup plus positifs ; beaucoup de lecteurs ont au contraire été touchés par le personnage ou intéressés par les étonnants secrets qui le guettaient.

Lu dans le cadre du partenariat entre Bob et les éditions 10-18.

(Tableau : American Gothic de Grant Wood, cité par le narrateur)

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274 p

Eli Gottlieb, Ainsi soit-il, 2008

 

* Charlie et la Chocolaterie de Roald Dahl