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30/03/2008

What's next ?

A mes z'amis lecteurs :

Comme vous le voyez, les notes en retard sont devenues une petite spécialité de la maison ! Alors, dans un profond élan d'enthousiasme printanier, je me suis dit que vous pourriez choisir le livre que je vais commenter ici en premier. Bien entendu, d'autres chroniques suivront et je ne laisserai aucun de mes petits compagnons dans l'oubli (pas même Ida, pourtant lu en décembre !).

Tous les livres au choix sont dans la colonne de droite, à la rubrique "en ce moment je lis".

Alors chers amis, faites vos jeux !

PS : et pour ceux qui veulent aussi respirer la joie et la bonne humeur en ce beau printemps nuageux, je vous invite à écouter "Panic at the Disco" et le très sympathique "Nine in the afternoon", dont le passage en boucle suffit à me mettre d'excellente humeur en ce moment !

20/03/2008

Salon du livre 2008 - 18 mars

726988806.jpgDear all,

Hier je vous racontais mes aventures au Salon du Livre lors de la journée pro, où mon passage d’une heure a été riche en rencontres et en échanges, pour mon plus grand bonheur ! (Merci encore aux auteurs et spécialement à Lee Jackson, Fabrice Bourland et Gyles Brandreth pour tout le temps que vous m’avez accordé et votre extrême gentillesse !)

Follement enthousiaste, je suis donc retournée au Salon avec mon cher et tendre mardi soir. Autant le dire tout de suite, la soirée s’annonçait musclée et une fois entrée, j’avoue avoir un peu regretté de ne pas avoir pris avec moi mon kit de survie (inhalateur et bombe à oxygène, lance à eau pour écarter de moi tout regroupement suspect, armure anti-collisions et, pour les files d’attente, lasso pour lancers « spécial hystériques »).

La situation a eu l’air d’affecter tout particulièrement Mister Lou qui, dès lors, s’est lamentablement traîné dans mon sillage, attendant avec impatience que ça passe. J’en profite donc pour lui faire un petit clin d’oeil pour le remercier pour son endurance exemplaire, tout ça pour faire plaisir à son petit rat de bibliothèque !

J’avoue ne plus savoir exactement quand j’ai rencontré tel ou tel auteur, puisque j’ai erré entre les stands des Editions Sabine Wespieser, Actes Sud et Gallimard, attendant quelques auteurs avec impatience. Certains ne sont pas venus (ou sont arrivés lorsque j’avais renoncé) : Jean-Christophe Ruffin (le seul auteur que voulait voir Mister Lou) et Vincent Delecroix, dont j’avais beaucoup apprécié La Chaussure sur le Toit. De même, je suis passée à plusieurs reprises devant le stand de Daniel Pennac, mais l’immense file d’attente m’a découragée : j’avais lu ses livres il y a bien trop longtemps pour m’en souvenir ; je ne me voyais pas attendre 20 ou 30 mn sans savoir lui exprimer mon intérêt pour ses livres. J’ai également vu toute une flopée de « célébrités » : Xavier Darcos, Gonzague Saint Bris (j’ai d’ailleurs regretté de ne pas mieux connaître ses livres pour l’aborder), Jean-Pierre Foucault (eh oui !), une des sœurs Laborde (la météo ou le journal, je ne sais plus, même si elles ont toutes deux l’air plutôt sympathiques), l’inimitable Amélie Nothomb (avec un beau chapeau – je ne peux pas m’empêcher d’adorer le look Nothomb) et tout un attroupement devant le stand de Ségolène Royal.

1234586554.jpgEn cherchant à voir Daniel Pennac et Vincent Delecroix, j’ai vu Alix de Saint-André (que je ne connaissais pas jusqu’alors), entourée de piles de livres de tous formats. Curieuse, je me suis donc approchée, et, lorsque j’ai avoué que je n’avais lu aucun de ses livres et expliqué qu’au final, malgré une certaine prédilection pour les romans anglo-saxons et les romans historiques, je m’intéressais à tout, Alix de Saint-André s’est fait un plaisir de me parler de chacun de ses livres. J’ai donc découvert les sujets, l’histoire de leur écriture, leurs particularités et tout un tas d’anecdotes concernant sa passion pour Malraux et sa rencontre avec la fille du grand homme en question ! J’ai finalement jeté mon dévolu sur Il n’y a pas de grandes personnes et, pour mon père, Papa est au Panthéon (n’y voyez pas de connotations morbides ou d’intentions meurtrières – Papa, je sais pertinemment que tu ne te priveras pas d’un commentaire à ce sujet, mais l’histoire est directement inspirée de la passion de l’auteur pour Malraux et c’est pour cela que j’ai choisi ce roman !). Alix de Saint-André est quelqu’un d’extrêmement sympathique, à l’enthousiasme communicatif, et j’ai passé un excellent moment à la suivre dans le dédale de ses aventures littéraires. J’ai maintenant hâte de me plonger dans l’objet de ma convoitise (qui m’a d’ailleurs été entre-temps chaudement recommandé par une admiratrice venue saluer Alix de Saint-André), depuis que je suis repartie avec deux livres bien tentants forts de leurs joyeuses dédicaces.

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1783095263.jpgLe deuxième temps fort de ma soirée a été ma rencontre avec Marianne Rubinstein, qui a écrit Le Journal de Yaël Koppman, excellent souvenir de mes lectures estivales. Là encore, énorme surprise ! Non seulement le nom de mon blog était loin d’être inconnu à Marianne Rubinstein, mais je me suis finalement aperçue qu’elle se souvenait de nombreux détails concernant ma critique (notamment le coup de la lecture au Champ de Mars !) et mon blog (« et vous lisez beaucoup de littérature anglo-saxonne, non?»). J’ai même eu droit à un compliment sur mes notes (imaginez alors votre petite Lou bouleversée qui fait de son mieux pour cacher son trouble) et quelques autres remarques dont je ne reviens toujours pas. Enfin, toujours est-il que nous avons également discuté de son roman et que je suis partie avec une dédicace faisant référence à la critique que j’avais faite sur mon blog, une des toutes premières lues par Marianne Rubinstein. Ça ne doit pas m’arriver souvent alors le fait mérite d’être souligné, pour qu’à l’âge de quatre-vingts ans je puisse me souvenir de mon épopée bloguesque avec une petite larme à l’œil (« tu vois, Théodorus, quand Mamie était jeune… si si, Mamie a aussi été jeune, donc je disais : elle avait créé un blog… Qu’est-ce que c’est qu’un blog ? Eh bien, à l’époque des ordinateurs… oui oui, Mamie est si vieille que ça… »).

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1870834506.jpgBon. Je m’égare. J’ai donc foncé à nouveau vers le stand Actes Sud où j’ai rencontré Michèle Lesbre, dont les livres ont un si grand succès sur vos blogs. J’ai choisi Boléro chez Sabine Wespieser pour retrouver l’auteur chez Actes Sud, pour une nouvelle dédicace.

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212142441.jpgPuis j’ai choisi deux autres livres pour mes parents : pour ma mère, Eldorado de Laurent Gaudé. Le livre a reçu d’excellentes critiques et je voulais pousser un peu ma Mama à découvrir la littérature française, elle qui connaît bien plus la littérature espagnole. Laurent Gaudé, au mieux de sa forme après un entraînement intensif à la dédicace, prenait tout de même du temps pour échanger quelques mots avec tout le monde.

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1102274295.jpgPour mon père, j’ai découvert une nouvelle publication d’Actes Sud, Sans Relâche d’Antoine Bourseiller, livre dans lequel l’auteur partage les souvenirs de toute une vie passée à aimer passionnément le théâtre. L’auteur, spontané et, je le crois, agréablement malicieux, s’est lui aussi gentiment prêté au jeu des dédicaces.

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1884893244.jpgVoilà, nous avons presque fait le tour des dédicaces et de ces belles rencontres entre amoureux de la littérature. Mais il me reste encore à vous parler de Cécile Ladjali, que je n’ai pas le souvenir d’avoir repérée sur les blogs auparavant (lecteurs de Cécile Ladjali, n’hésitez pas à mettre ici vos liens, je suis curieuse !). D’abord, il faut bien l’avouer, j’ai été attirée par les belles couvertures d’Actes Sud. Puis, dans une deuxième phase, j’ai vu ce titre : Les Vies d’Emily Pearl. Ça sentait l’Angleterre à plein nez tout ça… je me suis donc plongée dans le quatrième de couv’ : pas de doute, ce livre était fait pour moi. De toute façon, je n’avais pas besoin de dépasser les premiers mots pour être convaincue : « dans un manoir anglais, à la fin du XIXe siècle ». Mais j’ai tout de même continué par pure curiosité, ce qui n’a fait que me conforter dans mon opinion. Un autre roman a attiré mon attention, Les Souffleurs. Pour tout bien de consommation il s’agirait là d’un achat compulsif, mais là il s’agissait d’un coup de foudre anticipé. Inutile de lutter, de toute façon je n’avais aucune chance. C’est plus ou moins ce que j’ai dit à Cécile Ladjali, jeune auteur très intéressante et pleine d’humour. Au final, je suis repartie avec une dédicace pour le moins originale, puisqu’elle est à cheval sur les deux romans.

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Pfew. Voilà. Ce fut long, mais j’ai passé de si bons moments au Salon du Livre que je voulais en garder une petite trace (j’ai une mémoire catastrophique) et partager avec vous mon enthousiasme. Vous n’avez plus qu’à imaginer Miss Lou couvant d’un regard amoureux ses nouveaux petits, et vous aurez là un parfait tableau qui clôt cette chronique par un beau final, digne des blockbusters h/bollywoodiens, avec force violons, couchers de soleil et jeunes lectrices en pleurs, le sourire barbouillé de larmes de joie. Bon, d’accord, je ne pleure pas, c’est juste pour le petit côté happy end. Mais une fois de temps en temps, une petite fin émouvante ne fait pas de mal, non ?

19/03/2008

Salon du livre 2008 - 17 mars

726988806.jpgChers tous,

Mon dernier week-end s’annonçait outrageusement sombre : pas de salon du livre en perspective pour moi, puisque la majorité des auteurs que je voulais rencontrer étaient là à des horaires auxquels je ne pouvais pas me libérer. C’est donc le profil bas et le cœur bien lourd que j’ai entamé la fin de semaine, poussant de gros soupirs à chaque fois que mes yeux se posaient sur l’un des livres que j’aurais aimé faire dédicacer et, plus encore, sur le nom des auteurs à qui j’aurais pu faire part de mon enthousiasme pour leurs rejetons littéraires.

Et puis lundi, j’ai finalement trouvé un peu de temps pour m’incruster lors de la journée réservée aux professionnels. Et là a commencé toute une série de rencontres qui ont de quoi me laisser sur un petit nuage jusqu’à l’arrivée du printemps (2009, bien sûr, sinon je manquerais cruellement d’ambition) !

Lundi j’avais donc ciblé le stand 10/18 en espérant y rencontrer Fabrice Bourland, dont je venais de lire (et d’adorer) le Fantôme de Baker Street et bien évidemment, Lee Jackson, mon auteur de polars victoriens favori, petit nouveau de la série 10/18 l’an dernier pour qui j’avais eu un énorme coup de cœur et avec qui j’avais eu la chance d’échanger suite à mes critiques (il avait même écrit sur ce blog  !). Sachant qu’il allait être au Salon du Livre, je l’avais re-contacté récemment pour savoir s’il avait d’autres séances de dédicaces prévues en librairie (malheureusement ce n’était pas le cas) – après une petite conversation sur son blog j’avais même fini par lui donner quelques adresses pour un peu de tourisme à Paris. Autant le dire : vu les montagnes, les océans et les routes grouillant de brigands qui séparent Londres de Paris, j’étais bien évidemment anéantie à l’idée de ne pas pouvoir rencontrer cet auteur dont j’adorais les livres – et qui en plus se souvenait de moi, petite chroniqueuse acharnée, après un an.

436250377.jpgLundi à 11h, j’arrive donc au Salon et file tout droit au stand 10/18. Sous le regard d’abord réticent des hôtesses, j’ai enfin rencontré Lee Jackson qui, une fois qu’il a su qui j’étais, m’a accueillie très chaleureusement et m’a consacré un long moment. Et là, de façon assez surréaliste, pendant le cocktail organisé par l’éditeur, nous avons discuté de choses et d’autres, de son séjour, d’un épisode amusant lié à de petits problèmes linguistiques et de bien d’autres détails futiles qui ont donné à cette conversation le ton d’un échange entre deux vieilles connaissances ! Mister Jackson m’a également dédicacé deux livres que j’avais apportés : Le cadavre du Métropolitain et Le Jardin des derniers Plaisirs, dont je parlerai bientôt ici. J’ajouterai simplement que je suis d’autant plus heureuse d’avoir rencontré Lee Jackson que c’est un auteur souriant (ce que ne montre pas vraiment la photo), spontané et aussi sympathique que le laissait penser son blog !

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132232226.jpgMais je n’étais pas au bout de mes surprises ! Car avant notre conversation, Lee Jackson m’avait présenté Gyles Brandreth. Si Lee m’a ensuite expliqué qu’il était très connu en Angleterre (ancien MP, connu à la télévision, auteur de livres à succès), le nom de Brandreth ne me disait rien… jusqu’à ce que je découvre qu’il n’était autre que l’auteur de Meurtre aux Chandelles, tout nouveau 10/18 que j’avais repéré avant sa parution et tenais absolument à lire ! Pourquoi ? Mais parce que le personnage principal n’est autre qu’Oscar Wilde ! J’ai donc eu la chance de discuter avec cet auteur charmant parlant un français absolument parfait. Amusé d’avoir devant lui une lectrice impatiente de découvrir son roman, Gyles Brandreth m’a au final serré la main et, dans un moment solennel, m’a expliqué que je serrais ainsi la main d’Oscar Wilde par procuration, lui-même ayant serré il y a bien longtemps la main de son professeur de littérature qui enfin, avait eu le grand honneur de rencontrer Oscar Wilde… et de lui serrer la main ! Et voilà le livre que Mister Brandreth m’a dédicacé :

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550547874.jpgPuis j’ai abordé Fabrice Bourland, un peu gênée car il venait à peine de quitter d’autres personnes. Mais quelle n’a pas été ma surprise lorsque j’ai découvert que cet écrivain me connaissait aussi via mon blog, sur lequel il avait lu la critique du Fantôme de Baker Street ! J’ai donc eu quelques informations sur le prochain roman qu’il allait publier chez 10/18 (et même une petite idée pour un autre livre à venir !) et Fabrice Bourland m’a également parlé un peu de la façon dont il avait trouvé un éditeur, puis de l’écriture du 2e tome de sa série (qui n’en était pas une à l’origine). J’en profite pour vous dire que s’il ne se manifeste pas sur les blogs, il lit les critiques en ligne et tenait vraiment à remercier les bloggers qui ont contribué à faire découvrir ses romans : nous avons évoqué Clarabel et Nicolas notamment, mais j’espère que tout le monde se reconnaîtra ici. Je vous renvoie également vers le site d’Eric Poindron, qui lui aussi a parlé des livres de Fabrice Bourland. Là encore, j’ai eu la chance d’avoir deux dédicaces (et un gentil remerciement pour mon article).

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119199286.jpgEnfin, j’ai rapidement rencontré Mesdames Claude Izner, très sympathiques dames qui ont signé un livre pour moi (Le Secret des Enfants Rouges) et un que je souhaitais offrir à ma mère, fan de polars (Rendez-vous passage d’Enfer). Etant assez pressée, je suis partie rapidement, regrettant au passage de ne pas avoir rencontré Guillaume Prévost ou Yves Josso, dont je pensais découvrir les livres à cette occasion. Mais rien n’aurait pu me faire plus plaisir que les conversations que j’ai eues ce jour-là !

 

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J’avais prévu de faire d’une pierre deux coups et de vous parler de ma deuxième visite au Salon du Livre dans la foulée… mais je crois que vous devrez patienter jusqu’à demain pour lire la suite de mes fabuleuses chroniques (si tant est qu’elles intéressent quelqu’un :p!).

13/03/2008

Hocus Pocusons une 2e fois !

A la demande de La liseuse (et avec un peu de retard, je m'en excuse !) j'ai fait quelques modifications à ma note sur Dansons autour du Chaudron. J'ai ajouté la liste précise des textes qui figurent dans ce recueil sur le thème de la sorcellerie. J'en ai profité pour faire le lien avec une note écrite l'an dernier sur l'un des textes concernés. J'en avais déjà lu trois autres également mais malheureusement, je les avais lus avant de tenir ce blog. Qui sait, peut-être qu'un jour je prendrai le temps d'en parler aussi ?
 
A part ça je risque de prendre encore du retard avec mes notes (je suis même sur le point de renoncer au Salon du Livre - où je voulais rencontrer Lee Jackson et Fabrice Bourland notamment - pour préparer un examen... boooouuuuuhhh !!) MAIS, TADAM ! ... pour les plus curieux, sachez que nous parlerons bientôt fantômes et apparitions par ici, guidés par la sombre plume d'Edith Wharton ! (Sans parler des autres critiques en retard)
 
Livresquement votre,
Lou 

10/03/2008

Cherche vieille fille désespérément

1867231617.JPGChère Barbara,

Lorsque vous nous avez quittés en 1980, le monde était bien différent de celui dans lequel je vis aujourd’hui. Internet n’existait pas, les ordinateurs étaient encore de gros monstres presque inutiles, votre future chroniqueuse dévouée Mademoiselle Lou n’était pas encore née et les dîners livres-échanges n’avaient sans doute pas encore remplacé les réunions Tupperware et les goûters littéraires très formels de la bonne société.

Vous ne pouviez donc pas vous imaginer que 27 ans après votre disparition (car j’ai assisté à ce phénomène pour la première fois l’an dernier), de petits groupes de lecteurs un tantinet bobos se réuniraient à Paris autour de nouilles sautées et de pizzas 4 fromages pour échanger des livres et parler bouquins. Et si vous l’aviez pu, auriez-vous un seul instant songé au rôle prépondérant joué par vos romans dans ces réunions de lecteurs enthousiastes ?

Car chère Barbara, lorsqu’un lecteur est assez fou pour apporter à ces dîners l’un de vos romans, à l’instant où il sort (aussi discrètement que possible) ledit roman de sa besace, un frisson parcourt l’assemblée, quelques exclamations fusent, la tension s’installe, impalpable mais bien réelle. Malgré les plaisanteries (lancées avec un peu plus de nervosité que d’ordinaire), la compétition s’annonce désormais féroce. Tout est bon pour atteindre la victoire : coups d’œil aiguisés aux adversaires ; élaboration d’une stratégie d’urgence en fonction du nombre de lecteurs prêts à tout pour emporter l’objet convoité ; feinte et mise en circulation d’informations erronées (je ne vise pas du tout Isabelle qui lance négligemment pour les pauvres oies blanches non averties : « Barbara Pym c’est vraiment pas terrible, je ne comprends pas ce qu’on lui trouve ! ») ; en dernier recours, mais de façon plus discrète, menaces en amont (« attention cette fois-ci j’ai apporté une hache au cas où ») ou négociations désespérées en aval (« je t’échange tous les livres que j’ai eus contre ton Barbara Pym »).

Et me direz-vous, Barbara, pourquoi un tel engouement ? Pour quelques vieilles filles, un bouquet de pasteurs et une moisson de 5 o’clock teas ? Pour la sérénité et le calme apaisant de vos histoires où rien ne se passe ? Tout cela vous paraît invraisemblable, j’en conviens volontiers.

Alors si vous vous posez encore des questions, je dois vous parler de ma récente immersion dans votre délicieux Crampton Hodnet. Evidemment, cela fait bien longtemps que vous l’avez écrit et vous aurez peut-être oublié cette histoire où les couples se font et se défont à un rythme digne des meilleurs épisodes des Feux de l’Amour (ne me questionnez pas ici sur le sens à donner au mot « meilleurs »).

A Oxford, dans les années trente, dans la plus pure tradition pymesque, vos personnages sont : une vieille femme désagréable qui se mêle de la vie des autres, Tante Maude, et sa demoiselle de compagnie, Miss Morrow, gentille et fade comme il se doit ; Mr Cleveland, universitaire pantouflard et égocentrique se découvrant soudain un certain potentiel de séduction auprès de ses étudiantes ; Barbara Bird, jeune étudiante brillante et romanesque éprise dudit professeur ; un vicaire séduisant croyant chercher le confort monotone d’un foyer de fidèles (si possible vieilles et dévotes, avec une bonne cuisinière) ; Mrs Cleveland, épouse pragmatique et arrangeante ; enfin, Anthea Cleveland, jeune fille en fleur dont le dernier prétendant en date est Simon, étudiant ambitieux et fils de diplomate s’imaginant déjà premier ministre.

Comment vous dire ? Ces jours-ci, en lisant votre savoureux roman, une tasse de thé à portée de main, la pluie venant par intermittence frapper à mon carreau, j’ai eu le sentiment que l’Angleterre était à portée de main, là, dans les bulles tremblotantes flottant à la surface de mon Yunnan tout juste servi.

L’introduction présente ce livre comme l’un de vos premiers, une œuvre moins aboutie ponctuée de petites maladresses. C’est aussi le roman que vous jugiez vous-même le plus drôle. Et c’est tout à fait ce qui séduit à la lecture de Crampton Hodnet.

Il ne se passe pas grand-chose en fin de compte : les demandes en mariage n’aboutissent pas, les vieilles filles restent célibataires ; les maris prêts à faire des démonstrations de virilité rentrent la tête basse au foyer (devrais-je utiliser une autre expression plus appropriée ?), quémandant timidement une nouvelle tasse de thé ; un commérage est remplacé par un autre et si quelques changements éphémères viennent troubler l’apparence de cette vie immobile, ce n’est que pour retourner rapidement dans l’ombre et souligner plus crûment encore l’immuabilité de ces petites vies d’Oxford-Nord.

Ce tableau malicieux de vos contemporains sur lesquels vous portez un regard tendrement cynique est ici empreint d’humour et d’espièglerie. La fatuité est tournée en dérision, les travers de chacun ressortent comme par magie sous une plume taquine. Et voilà comment vous piégez vos lecteurs, en les faisant rire de leurs propres travers et en mettant le doigt sur des paradoxes qui font notre quotidien. Avec ironie, et sans vraiment se l’avouer, ne se reconnaît-on pas un peu dans ces aventuriers du dimanche, ces personnages qui veulent refaire le monde et parlent de vivre intensément leurs passions autour d’un Darjeeling ?

Quoi qu’il en soit, à l’avenir, j’aurai certainement une prédilection pour ce roman de vous que je viens de découvrir, et qui n’est que le deuxième d’une longue liste de bonheurs hautement britanniques à venir.

Espérons que la plupart des romans de la maturité pymesque auront gardé leur vivacité et leur fraîcheur. Si ma première tentative s’est soldée par une simple lecture apaisante pour jeune lectrice surbookée, c’est à Crampton Hodnet que je me suis le plus amusée !

Fort respectueusement votre,

Une nouvelle recrue !


Extraits :

Anthea vient de quitter Simon, reparti à Randolph College :

Anthea était couchée à plat ventre sur son lit, le visage enfoui dans son oreiller. (…) Elle vida d’un trait deux verres d’eau, puis se mit à sa fenêtre et se pencha à l’extérieur. « Pense-t-il à moi ? » chuchota-t-elle à la nuit, envoyant solennellement des baisers dans ce qu’elle imaginait être la direction de Randolph College – baisers qui s’envolèrent en fait, et bien inutilement, vers un séminaire de prêtres catholiques romans non loin de là.

Le vicaire Latimer est sur le point de demander la demoiselle de compagnie Miss Morrow en mariage :

« Ce n’est pas la peine de le regarder à la dérobée, dit Miss Morrow, qui avait suivi son regard. Il est parfaitement naturel d’avoir envie d’un remontant de temps à autre. Mais il ne me semble pas qu’on prenne du sherry après un repas. Ne serait-ce pas plutôt l’heure du porto ?

- Oui, sans doute, répondit Mr. Latimer, agacé par la tournure que prenait la conversation.

- Remarquez, si vous ne considérez que ses vertus médicinales, j’imagine que le moment où vous le buvez n’importe guère. A votre place, j’en prendrais un verre maintenant si cela vous tente » ajouta Miss Morrow.

Un verre de sherry lui serait de peu de secours, mais Mr. Latimer se sentit encouragé. « Comme vous me comprenez bien ! soupira-t-il. Vous aussi devez ressentir cette tristesse ici, cette impression de se trouver dans une prison… » Il agita les mains avec de grands gestes d’oiseau pris au piège.

«  Naturellement, je l’ai ressenti, répondit vivement Miss Morrow. Je vous l’ai dit quand vous êtes arrivé. Mais pour moi, les choses sont différentes ; en tant que demoiselle de compagnie, je suis payée pour endurer cette tristesse ; c’est mon lot. Quoique, dans l’ensemble, j’aie de la chance – et j’aime beaucoup la vie.

- Vous aimez la vie ? demanda Mr. Latimer comme si c’était une découverte pour lui.

- Bien sûr. Et vous devriez l’aimer davantage encore parce que vous êtes jeune.

- Mais, je ne suis pas jeune, répondit Mr. Latimer. Nous ne le sommes ni l’un ni l’autre. Sans être vieux non plus. » Sa voix se chargea d’espoir. « Oh, miss Morrow – Janie ! s’exclama-t-il soudain.

- Voyons, mon prénom n’est pas Janie.

- Il commence bien par un J, non ? » rétorqua-t-il plutôt sèchement. Il était agaçant d’être arrêté par de telles banalités. Qu’importait donc son prénom à un moment pareil ?

« Je m’appelle Jessie, si vous voulez savoir ; enfin, Jessica, plutôt, dit-elle sans même lever les yeux de son tricot.

- Oh, Jessica, poursuivit Mr. Latimer qui commençait à perdre de son aplomb, ne pourrions-nous fuir tout cela ensemble ? »

Miss Morrow se mit à rire. “Oh, vraiment, dit-elle, vous devrez m’excuser, mais cela me fait si drôle de m’entendre appeler Jessica. Je crois que j’aime assez cela d’ailleurs ; cela fait plus digne.

- Eh bien ? lui demanda Mr. Latimer qui se sentait alors aussi effondré que tout homme dont la demande en mariage vient d’être entièrement ignorée.

- Eh bien quoi ? reprit Miss Morrow.

- Je vous ai demandé : ne pourrions-nous fuir tout cela ensemble ?

- Vous voulez dire sortir ce soir ? répondit-elle en lançant un regard indifférent vers l’horloge de marbre sur la cheminée. Aller au cinéma ou quelque chose comme ça ? »

Mr. Latimer était parvenu à un état d’exaspération tel qu’il se résolut à être tout à fait direct. Il n’était pas possible que sa niaiserie ne fût pas feinte. Elle essayait de le mettre en colère. « Je suis en train de vous demander de m’épouser, de devenir ma femme, lui dit-il, en articulant chaque syllabe.

- Ah, bon ! dit Miss Morrow. Je croyais que vous vouliez seulement dire sortir ce soir.”

Ah bon ! Demande en mariage avait-elle jamais reçu pareil accueil ? « Vous pourriez au moins me donner une réponse, lança-t-il froidement.

- Vous êtes vraiment sérieux ? demanda Miss Morrow. On ne le croirait pas, mais apparemment vous l’êtes. Personne n’oserait demander ma main même par plaisanterie…. De crainte que je n’accepte.

- Vous êtes une femme charmante, affirma sans aucun enthousiasme Mr. Latimer, qui boudait maintenant.

- Naturellement, je suis très flattée que vous ayez voulu – ou cru vouloir – m’épouser, dit posément Miss Morrow, mais j’ai peur que la réponse doive être non. » Elle s’interrompit un instant avant de reprendre sur un ton plein de sollicitude. « Vous ne semblez pas dans votre état normal ce soir. Vous vous êtes surmené sans doute. Je vais demander à Florence qu’elle vous prépare une tasse d’Ovomaltine, voulez-vous ?

- Vous pourriez au moins me faire la grâce de penser que je sais ce que je dis, rétorqua Mr. Latimer, avec colère. Je vous respecte et vous estime beaucoup, continua-t-il sur le même ton. Je crois que nous pourrions être très heureux ensemble.

- Mais m’aimez-vous ? lui demanda doucement Miss Morrow.

- Si je vous aime ? s’exclama-t-il, indigné. Mais je viens de vous le dire ! »

En parlant des maris :

« Quand on a été mariée à quelqu’un pendant près de vingt ans, on se fait à sa présence dans la maison. Et quand il vous quitte, c’est comme si l’on avait enlevé un meuble et qu’on se retrouvait avec un mur nu en face de soi… »

« Imaginez-vous, poursuivit Lady Beddoes, que nous avions à Varsovie une impressionnante desserte en acajou à laquelle Lyall (le mari en question) tenait beaucoup. Eh bien, nous ne l’avons pas rapportée en Angleterre et Lyall n’a vécu que dix-huit mois à Chester Square. Peut-être était-ce un signe… quoique Lyall ne fût pas un homme d’une stature imposante. Il était même de petite taille, pas aussi grand que moi avec mes talons. »

Et pour finir, une charmante conversation entre Miss Doggett (alias Tante Maude) et sa demoiselle de compagnie (après la demande en mariage dont elle ne sait rien) :

« Miss Morrow, dit-elle, j’espère que vous ne vous faites pas d’idées à propos de Mr. Latimer. Mrs. Wardell a cru vous voir vous abriter ensemble dans la remise à outils. »

(…) « Je crois avoir passé l’âge où je pourrais me faire des idées, répondit-elle d’un air modeste.

- Justement, rétorqua Miss Doggett sur un ton de remontrance. Ce sont les femmes sans attraits et plus toutes jeunes qui risquent le plus de perdre la tête. »

J'ai déjà parlé de Barbara Pym ici !

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277 p

Barbara Pym, Crampton Hodnet, 1940

Challenge anti-PAL 2008

09/03/2008

Travaux

Chers tous,

Vous avez peut-être remarqué que mon blog avait quelques problèmes depuis la refonte de hautetfort. En particulier, les liens vers mes anciennes chroniques ne fonctionnent plus, ce qui est un peu gênant puisque j'avais mis ce système en place pour faciliter l'accès aux critiques par titre. Si le problème n'est pas résolu prochainement je referai les listes. En attendant, j'ai mis en place un autel à l'intention des dieux des blogs. Je fais chaque jour trois fois le tour d'une pile de bouquins, puis un dernier tour dans le sens inverse à cloche-pied, le tout en portant des bougies Casa aux fruits rouges et en récitant du Barbara Cartland, histoire de maximiser les chances de rétablissement pour mon blog. Bizarrement, les résultats se font attendre mais je suis persuadée de l'influence positive de ces citations enflammées ("Oh, monsieur, mais je rougis !" "ce n'est rien, madame, mais permettez-moi d'abord de vous aider à sortir de cette fosse où ce misérable vous a abandonnée" "Mais monsieur, c'est que vous allez vous salir" "Ah, madame, je supporterais des bottes crottées si cela pouvait vous secourir !").

Plus sérieusement (enfin, vraiment ?) je vais essayer de vous parler aujourd'hui de Crampton Hodnet de Barbara Pym. Avis aux amateurs (car personne n'occasionne autant de batailles lors des dîners livres-échanges !). 

10 Mars : GOOD NEWS !

Les liens de la colonne de gauche fonctionnent à nouveau : cette petite bibliothèque louesque est à nouveau accessible !

05/03/2008

Révélation

213915152.jpgJ’ai beau m’intéresser de très près aux auteurs anglo-saxons, mes connaissances en matière de classiques français sont franchement limitées. J’ai eu beau faire un bac L et un début d’études littéraires, le déclic ne s’est jamais produit.

Non, la petite Lou ne s’est jamais précipitée sur les auteurs qu’il-faut-im-pé-ra-ti-ve-ment avoir-lus ; Si, petite Lou aurait un 0 pointé si la « Kultur » se limitait à la France et à ses grands écrivains (car quand elle était petite, Lou n’a-t-elle pas été bercée au son de fameuses tirades sur la grandeur de la France, patrie des artistes et de l’immense majorité des génies qui ont fait l’histoire de ce monde, et patati et patata ?).

Il y a bien eu quelques coups de cœur, oui. Avec Laclos et les Liaisons dangereuses (« je remarque que Laclos ne compte que des lectrices dans cette salle. Serait-ce une coïncidence ? », disait son professeur de français). Quelques Zola ou Balzac. Et en primaire, une passion foudroyante qui lui avait fait lire d’une traite les pièces de Molière les plus connues. Mais tout cela s’était produit de façon sporadique. Aujourd’hui, du haut de ses 25 ans, Lou n’a pas lu un seul roman de Nerval, pas plus qu’un seul livre de Proust ou de Huysmans (tous deux commencés mais discrètement repoussés dans la bibliothèque l’an dernier – cela dit, leur repos ne sera pas éternel).

Alors quand j’ai ouvert Pauline d’Alexandre Dumas, le choc a été radical. Loin de la nouvelle un peu bébête que j’avais lue l’an dernier, La Dame pâle, Pauline est un livre enivrant écrit en 1838. Connu à l’époque pour ses pièces de théâtre et des récits essentiellement ancrés dans un cadre historique, Alexandre Dumas signait là son premier roman contemporain.

Présenté comme une histoire véridique, Pauline débute avec un récit à la première personne, dans lequel Dumas dit avoir rencontré au cours d’un voyage son ami Alfred de Nerval. Celui-ci, accompagné d’une jeune femme qui souhaitait visiblement rester discrète, s’enfuit sans revoir l’écrivain. Quelque temps plus tard, le jeune Alexandre poursuit son voyage et finit par se rendre à Sesto Calende où l’attend la tombe de la jeune femme.

Puis s’ouvre rapidement la deuxième partie du roman, dans laquelle Alfred raconte l’extraordinaire histoire de l’inconnue. De Paris à la Normandie, puis en Angleterre, en Ecosse et en Italie, le narrateur amène le lecteur sur les traces d’une femme au sombre destin.

Ecrit sur un rythme haletant, ce roman mêle l’horreur à la tragédie dans un style qui rappelle en Angleterre les grands écrivains victoriens. Tous les ingrédients du roman gothique à la Radcliffe sont aussi réunis : le tombeau, la crypte, le cimetière, le château délabré, le sous terrain, l’orage, la tempête, le naufrage, l’homme obscur et mystérieux… dois-je continuer ?

Loin d’être un simple roman d’épouvante, Pauline se présente aussi comme un drame inspiré par le mouvement Sturm und Drang. A la lecture des mésaventures de l’héroïne, l’angoisse est tempérée par le fait que l’on connaît déjà la fin, inéluctable : Pauline ne survivra pas. De même qu’alors que l’histoire s’achève avec la lente agonie de l’héroïne, une question nous taraude : Pauline succombera-t-elle au charme de son fidèle allié ?

Dévoré pendant mes vacances, Pauline m’a séduite par cet intéressant mélange entre la subtilité d’une histoire au final bien triste et le recours aux ficelles les plus grosses du roman d’épouvante. Le cadre historique, l’alliance des différents personnages, les rebonds multiples (bien qu’un peu prévisibles), tout fait de cette lecture un immense moment de plaisir et me pousse à découvrir d’autres facettes d’Alexandre Dumas… et pourquoi pas ? D’autres auteurs utilisant des ressorts similaires.

Petit bémol : bien qu’attachants, les personnages sont un peu caricaturaux. Par-dessus tout, on regrette le peu de temps accordé au ténébreux comte, dont la psychologie complexe mériterait un portrait plus poussé.

Au final, une belle aventure, une excellente découverte et un roman qui m’a emportée bien loin d’ici. Voilà un beau voyage que j’aimerais encore avoir devant moi !

241 p

Alexandre Dumas, Pauline, 1838

 

04/03/2008

Colloc à haut risque

1034608469.JPGComme si je n’avais pas assez de soucis en ce moment, Jonny est venu en remettre une couche récemment ! Jonny c’est le petit nom que je donne à Jonathan. Ce n’est ni mon amant, ni mon cousin, ni mon hamster. Pas même ma plante verte. Non, Jonathan est mon nouveau colloc et squatte ma bibliothèque depuis quelques mois. Ou presque.

Quand je dis qu’il est arrivé avec sa valise et ses cartons comme ça sans prévenir, annonçant les pires ennuis, je n’ai pas menti. La preuve ! Histoire de me rassurer, il m’a remis un texte au titre fatidique : Tout peut arriver ! Si j’avais déjà quelques inquiétudes en voyant débarquer Jonny chez moi, autant dire que ce cadeau empoisonné ne laissait plus de place au doute. A mes menus tracas j’ai dû ajouter tous ceux de Zach (de ce côté-là il était servi !). La période heureuse des petites angoisses était révolue : les catastrophes pouvaient déferler.

Car Zach a beau être un type très sympa, jeune, dynamique… il a beau être le meilleur des frangins et faire tout son possible pour devenir quelqu’un de bien, en prenant l’exact contre-pied de son père… il cumule tous les ennuis possibles. Fiancé à Hope, riche héritière intelligente et splendide (bien qu’un peu potiche à mon goût), il est fou amoureux de Tamara, la veuve de son meilleur ami. Au cas où le petit côté tragique de la chose vous aurait échappé, ajoutons que l’ami en question est décédé dans un accident de voiture aux côtés de Zach, après avoir tranquillement agonisé auprès de lui (pour les détails, voir directement l’extrait incriminé).

Bon. Avouez que jusque-là, Zach et moi pouvions encore nous en sortir. Oui mais non. Ajoutez à ce triangle amoureux la réapparition inquiétante d’un père disparu depuis des années, soi-disant venu faire amende honorable ; un job épouvantable qui le rend fou ; un beau-père qui tripote un peu trop Hope, la fiancée ; un colloc dépressif qui passe sa journée à poil devant la télé ; un frère cadavérique et un autre qui se fait arnaquer par le balourd du quartier. Ah, et j’oubliais un dernier petit détail : des ennuis de santé franchement inquiétants (Zach vit-il ses derniers mois ?). Vous aurez devant vous le tableau des problèmes qui se sont subitement ajoutés aux miens. (Autant dire que par effet de substitution, mes petits soucis ont disparu et que j’ai pu librement angoisser pour mon ami Zach, serrant convulsivement le texte de Jonny pendant de fiévreuses lectures sans fin)

Au final, après des péripéties tantôt rocambolesques et hilarantes, tantôt inquiétantes, l’histoire de Zach a pris la tournure que j’attendais. Soulagée, j’ai refermé mon livre et repris ma respiration après une immersion totale. Puis j’ai vite remis ce fardeau à une amie pour ne plus avoir à frémir à chaque seconde. Jonny a donc fait ses valises pour quelque temps. Zach aussi. Et pour me remettre de mes émotions j’ai entrepris une cure de thé vert aux effets pseudo-zénifiants. Car ne prenez pas ce voyage aux côtés de Jonny pour la traversée d’un long fleuve tranquille !

Enfin, c’est qu’il va tout de même me manquer Zach… pfff… je parie que si Jonny débarque à nouveau avec ses cartons plein d’épines je ne vais même pas savoir lui dire non !

N'oubliez pas le site de l'auteur et les notes publiées sur Lecture/Ecriture.

375 p

Jonathan Tropper, Tout peut arriver, 2005

03/03/2008

Hocus Pocus

1171503974.gifOui, je suis fatiguée mais non, je n’abandonnerai pas la bataille sans avoir âprement lutté contre les chroniques en attente qui s’amoncellent et menacent à nouveau de m’écraser sous leur poids. Acculée au mur, ma bibliothèque me menaçant de ses tours monstrueuses, je n’ai plus qu’à prendre les armes et à engager l’offensive en commençant par un duel Lou vs Dansons autour du Chaudron !

Petit recueil aux textes très variés, ce livre fait revivre la sorcellerie sous la plume d’écrivains pour la plupart très célèbres : parmi eux Baudelaire, Marcel Aymé, George Sand, Roald Dahl, Victor Hugo, Maupassant, Updike ou encore Shakespeare.

Les textes choisis avec soin offrent un panorama large sur cette thématique. De l’Antiquité à aujourd’hui en passant par des périodes obscures, des plages surpeuplées aux maisons lugubres, de la ville à la campagne, la sorcière apparaît ici sous des visages contrastés. Parfois femme fatale, parfois monstre diabolique ou être étrangement farfelu, ce personnage aux visages multiples retrouve toute sa vigueur dans ce recueil qui dépoussière l’image un peu éculée du vieux chaudron.

On regrette un peu d’abandonner rapidement chaque sorcière et peut-être que quelques passages auraient pu être mieux choisis (je pense en fait à l’extrait du livre de Maryse Condé, que je connaissais déjà), mais l’ensemble constitue une bonne introduction au thème des sorcières dans la littérature et regorge de pistes à parcourir selon ses goûts. Pour ma part, Shakespeare a marqué des points avec l’excellent échange (on ne peut plus bouillonnant) de Macbeth. En somme, voilà un petit guide très sympathique qui devrait ravir les amateurs de filtres d’amour et de potions magiques.

Encore mille mercis à Choupynette pour cette découverte !

Voilà la liste des extraits :

Jules Michelet, "Le Pacte", La Sorcière

Charles Baudelaire, "L'Irréparable", Les Fleurs du Mal

Marcel Aymé, La Vouivre

George Sand, La petite Fadette

Roald Dahl, "Comment reconnaître une sorcière ?", Sacrées sorcières

Victor Hugo,"Trois coeurs d'homme faits différemment", Notre Dame de Paris

Michèle Gazier, "Portrait de femme en rose et rouge", Sorcières ordinaires

Maryse Condé, Moi, Tituba Sorcière...

Guy de Maupassant, "Misti", Contes et Nouvelles, T1 (Pléiade)

John Updike, Les Sorcières d'Eastwick

William Shakespeare, Macbeth

Charles Nodier, "L'épisode", La fée aux miettes. Smarra. Trilby (Folio)

H.P. Lovecraft, "La maison de la sorcière", Dans l'abîme du temps (Folio) ; en anglais, également disponible dans The Dreams in the Witch House and other Weird Stories. J'ai parlé de cette nouvelle l'an dernier : tout est ici !

Apulée, L'Âne d'or, L'Âne d'or ou les Métamorphoses 

 

137 p

Collectif, Dansons autour du Chaudron