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24/11/2007

Merci Flo !

Ce soir en rentrant une bonne surprise m'attendait avec un paquet de Flo. Encore un grand merci ! Ayant perçu ma folle envie de me lancer dans la fabrication industrielle d'objets pour Noël, Superflo a volé à ma rescousse avec l'agenda 2008 de Marie-Claire Idées et une adorable carte. Deux petites photos pour le plaisir des yeux (enfin c'est relatif vu mon appareil photo).

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23/11/2007

Coup de gueule !

Je viens de lire deux commentaires très critiques par rapport à mes notes sur Stevenson. Sur le fond, soit. J’ai failli m’endormir en lisant cet auteur et je trouve intéressant d’avoir un autre apport, qui plus est d’un traducteur qui est, il va de soit, spécialiste de Stevenson – je dis cela sans ironie.

Cette personne a fait ressortir les limites de mes commentaires – par exemple, quand j’accuse ce pauvre oncle dans « The Merry Men » de parler dans un anglais de paysan incompréhensible, il s’agit en réalité en écossais. Soit.

On peut discuter de la subtilité de chaque auteur. Chacun a sa sensibilité comme mon contradicteur le souligne, et j’en conviens tout à fait. Comme je l’ai clairement précisé dans l’A Propos, mes chroniques n’ont pas la prétention de livrer une vérité quelconque sur un livre. Comme sur bien des blogs, il s’agit de mon ressenti et je dois admettre que j’ai été particulièrement dure avec Stevenson sur qui j’ai écrit juste après mes lectures. Avec un peu de recul j’aurais sans doute mis en avant certains atouts du texte. En l’occurrence j’ai choisi de transmettre mon impression immédiate à la lecture et cela s’est traduit par deux notes assez moqueuses suivant un ennui profond.

Ce qui m’a fait bondir, c’est cette diatribe frisant le ridicule :

« Ce n'est pas manichéen du tout, tu ne dois pas connaître la vie pour ne pas croire aux situations évoquées par RLS, ou alors tu n'as pas de conscience morale. »
Je ne ferai pas de commentaire là-dessus si ce n’est que les attaques personnelles sont regrettables et que votre statut de fervent lecteur offensé ne vous confère pas le droit de juger de ma personnalité.

Sur ce à bon entendeur salut.

17/11/2007

Le vieux Paris

5b3bd69aaf24713b6099ae018c64876c.jpgAprès deux heures de glandouillage intensif sur Internet, je viens de me décider à faire une petite note sur ma dernière lecture (note que j’aurais déjà dû faire mardi soir !).

Découvert grâce à Stéphanie, Légendes et Récits de Paris de Nathalie Tournillon revient comme son nom l’indique sur quelques histoires des rues de Paris, de personnages historiques ou fantastiques.

On retrouve ainsi Ste Geneviève, dont les vieux os reposent encore près du Panthéon. On découvre ici une Geneviève enfant puis religieuse, qui conseille aux Parisiens de prier pour dissuader Attila de s’emparer de la ville et de venir massacrer hommes, femmes et enfants.

Côté fantômes, on raconte qu’un certain écorcheur dénommé Jean fut assassiné à la demande de Catherine de Médicis pour avoir surpris un secret dérangeant. On dit qu’il poursuivit la reine par ses prédictions et qu’il apparut à Marie Antoinette (pendant la Révolution), à Napoléon (avant Waterloo) et au frère de Louis XVIII (deux jours avant la mort du roi), avant de disparaître définitivement après la destruction des Tuileries qu’il hantait depuis sa mort.

Quelques lieux prennent une nouvelle dimension à la lecture de ces récits : le martyr de St Denis donna lieu à la basilique cathédrale actuelle érigée sur sa tombe. Qui se trouve sur l’ancien « Mont des Martyrs », désormais Montmartre. Les Gobelins doivent leur nom à une famille de commerçants ayant fait un pacte avec un gobelin pour devenir riches et célèbres. Denfer viendrait bien du terme « d’Enfer », la voie grouillant avant de tueurs sans scrupule et le Diable en personne étant censé avoir occupé une vieille demeures (et ses caves) à cet endroit.

Ajoutons à cela quelques histoires de rois, le moine bourru, un peu de magie, une bonne dose de catholicisme, beaucoup de barbarie (certaines exécutions rappellent les débuts de Punir et Surveiller de Foucault). Le tout permet de découvrir un Paris oublié où les ponts croulaient sous les maisons, où vivaient de grands personnages de l’Histoire aujourd’hui largement oubliés.

Sur la forme les histoires sont courtes, dans l’ensemble très intéressantes pour ceux qui aiment associer les lieux qu’ils fréquentent aux personnes qui y ont vécu avant eux. Quelques petits dérapages (heureusement rarissimes), tels que – de mémoire - « il se sentait jeune et con » (on ne parle pas de Saez mais d’un jeune homme mort depuis des siècles). Quand on est aussi mauvais que moi en histoire de France on a parfois du mal à resituer les rois et les grandes figures que l’on croise mais cela ne gêne aucunement la lecture. En somme, une bonne introduction à l’histoire populaire de Paris, telle qu’on l’a racontée au coin du feu pendant des siècles.

Petite question annexe : parmi les hypothèses avancées par Tournillon pour expliquer l’oubli dans lequel sont tombées ces histoires, on trouve l’intervention d’Haussmann qui, en détruisant les ruelles tortueuses et insalubres du cœur de Paris, aurait délogé ceux qui perpétuaient cette tradition orale. Eloignés du centre de la capitale, vivant dans ce qui deviendrait ensuite la banlieue, ces personnes auraient cessé d’échanger ces contes populaires. Une autre explication vient du grand brassage des cultures à Paris, avec l’arrivée constante de jeunes d’autres régions venus étudier ou travailler dans la capitale et l’internationalisation de la ville. Ces hypothèses sont intéressantes mais je me demande si cela peut vraiment expliquer non pas la perte de transmission orale (qui s’est produite dans de nombreuses régions) mais le fait qu’on en vient à oublier que Paris a aussi son folklore et ses vieilles légendes. Avez-vous d’autres idées sur la question ?

195 p

Nathalie Tournillon, Légendes et Récits de Paris, 2003

10/11/2007

Une tasse de thé ?

perry_egorgeur westminster bridge.jpgActe 1 – Moteur !

Drumond – (Il se tient debout devant le feu, les mains croisées dans le dos. Bientôt il s’écarte pour laisser son employé se réchauffer) Alors, du neuf ?

Pitt – Malheureusement pas grand-chose de plus, monsieur.

Drumond – (Avec une lueur d’espoir dans les yeux) Avez-vous interrogé les députés ayant vu Lockwood juste avant son assassinat ? (témoins principaux dans l’horrible affaire qui nous occupe – il va sans dire que Pitt aurait pu omettre ce précieux élément)

Pitt – Oui, monsieur. Nous avons aussi interrogé les boutiquiers, les prostituées qui vendaient leurs services sur et sous le pont (pas dans la Tamise il fait froid en ce moment). Et aussi la vendeuse de fleurs, le vendeur de sandwichs, le cocher et le chien errant qui traînait sur le pont au moment du meurtre. Aucun n’a vu quoi que ce soit de suspect.

Drumond – (Les sourcils froncés) Bon. Bon. Eh bien, comme vous le savez, la presse est après nous. Il faut impérativement résoudre cette affaire. (Mais pas les autres)

Pitt – Oui monsieur, je mets tous mes hommes dessus. (Enfin comme apparemment c’est sa seule affaire…)

Pitt s’éloigne en gouttant sur le plancher.

Pitt - Drumond a raison. On ne peut pas laisser cet égorgeur en liberté plus longtemps, ou bientôt ce sera l’émeute !

Coupé !

Acte 2 – Moteur !

Charlotte Pitt – Tante Vespasia, vous m’avez fait venir de toute urgence.

Vespasia – Oui Charlotte. Ma vieille amie Zenobia Gunne s’inquiète pour sa nièce. On semble vouloir l’accuser de meurtre ! Elle abrite une femme à qui on a enlevé la garde de sa fille et qui aurait commis ces horribles meurtres sur Westminster Bridge (Bizarrement, c’est ce que Charlotte a entendu le soir précédent en dînant avec Pitt, l’inspecteur chargé de l’affaire ! Quel ha-sard- euh !!)

Charlotte – Oh c’est affreux !

Vespasia – Sa nièce s’appelle Africa Dowell.

Charlotte – Oh ? (et de rosir joliment. Mon Dieu ! il s’agit « donc » du meurtre sur lequel Pitt était en train de travailler ?!!)

Vespasia – Qu’allons-nous faire ? Je connais l’épouse de Lockwood, Lady Hamilton. C’est une femme très gentille.

Charlotte – Dans ce cas je propose que nous allions voir Amethyst Hamilton (vous remarquerez que Charlotte est si intelligente qu’elle a deviné elle-même le prénom d’Hamilton, que personne n’avait avant cela mentionné devant elle).

Vespasia – (souriant à son amie Zenobia également présente) Je vous avais bien dit que Charlotte saurait nous conseiller !

Coupé !

Acte 3 – Moteur !

(Après le 3e meurtre)

Drumond – Ah, c’est vous Pitt !

Pitt – Bonjour Monsieur. Nous piétinons. Nous avons interrogé une 5e fois les députés, les boutiquiers, les prostituées, la vendeuse de fleurs, le vendeur de sandwichs, le cocher et le chien errant qui était toujours là.

Drumond – (une nouvelle lueur d’espoir dans les yeux) ça a donné quelque chose ?

Pitt – Hélas non monsieur, nous n’avons pas du tout avancé (Avouez que c’est étrange, puisque depuis 5 mois on interroge toujours les mêmes personnes sans rien leur demander de nouveau)

Coupé !

Bilan

J’ai donc lu L’Egorgeur de Westminster Bridge d’Anne Perry. C’était détendant, un peu trop longuet, très répétitif et vieille dame à souhait. On piétine pendant 300 pages. Aucune crédibilité, Charlotte et Thomas au pire de leur forme (qui n’est d’ailleurs pas souvent olympique). La fin tombe comme un cheveu sur la soupe. Oh ! Comme c’est étrange ! Le seul à avoir un comportement bizarre est directement lié à l’affaire (mais on ne s’y intéresse pas avant les 50 dernières pages). Oh ! Déception, tous les députés ont été tués par erreur. Remarquez c’est plus facile de donner l’explication finale quand il n’y en a pas. Ah oui, n’oublions pas les clichés (et nos rires à étouffer en gloussant derrière nos mouchoirs en dentelle). Bref, du grand Anne Perry ! Mais c’est (presque) pour ça qu’on l’aime !

Extraits

Zenobia (partie affronter le Nil et l’Afrique seule au XIXe) passa devant elle, la tête haute, traversa le vestibule et sortit dans la rue. Une fois dehors, elle se mit à jurer entre ses dents dans un dialecte que lui avait appris son piroguier congolais. 

L’élégante et raffinée Tante Vespasia – Bon ! Cherchons (de ce côté). Nom d’une pipe, Somerset, on l’a assassiné, tout de même ! 

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380 p

Anne Perry, L'Egorgeur de Westminster Bridge, 1990

03/11/2007

Fighting spirits

0e022d1d7975e5eea86380a5ac9fe247.jpgI worship Edith Wharton. (Evidemment je ne trouve pas mes mots en français. Ne vous étonnez pas, ça devient chronique chez moi)

Voilà. C’est dit. Après un énorme coup de Coeur pour Xingu et une agréable surprise avec Libre et Légère, j’ai craqué devant Eté, vendu en occasion à un prix irrésistible. Avec une couverture de Sargent, les dieux s’étaient ligués contre moi. Impossible de lutter. Une seule option s’offrait à moi : repartir en faisant profil bas, un livre de plus à ajouter à ma monstrueuse PAL.

Eté d’Edith Wharton est l’histoire de Charity Royall, une jolie jeune femme assez hautaine vivant chez l’avocat qui l’a recueillie alors qu’elle n’était qu’un nourrisson. Loin de la misère dans laquelle elle était née, Charity se sent largement supérieure aux jeunes filles de son village, plus simples dans leurs manières ainsi que dans leurs amours. Une nuit, l’avocat tente de pénétrer dans la chambre de sa pupille. S’il ne se passe rien, l’incident la conduit à mépriser son tuteur, l’ignorant au quotidien. C’est alors que Charity rencontre le jeune Harney, venu d’une grande ville lointaine. Plus instruit, plus brillant que tout l’entourage de la jeune femme, Harney la séduit de suite.

[Attention spoiler]
[Charity et Harney deviennent bientôt amants, malgré les demandes en mariage répétées de M. Royall. Puis vient l’humiliation lorsque Royall découvre les amants et accuse Harney de ne pas avoir l’intention d’épouser Charity. Car comme chacun le sait au village, il sait qu’il n’a pas besoin de son consentement pour parvenir à ses fins. Pris de remords, Harney quitte le village en promettant à Charity de l’épouser. Bientôt, elle découvre que parmi les arrangements que son amant doit prendre se trouve un problème épineux : Harney est déjà fiancé à une autre jeune femme des environs, aux origines moins troubles que celles de Charity. Lorsque l’héroïne comprend qu’Harney n’a nullement l’intention de revenir auprès d’elle et se décharge de ses obligations envers elle dès lors qu’elle lui demande d’être honnête envers sa fiancée, il est trop tard. Car Charity est enceinte d’Harney. Après une fuite dans la montagne où campent les miséreux et les bandits qui l’ont vue naître, Charity retrouve M. Royall et accepte cette fois-ci docilement de l’épouser. Le roman se termine sur les quelques mots qu’elle envoie à Harney pour l’informer de son mariage. Tout ce qui lui reste à la fin, c’est une broche que lui avait offerte son amant]

Ce roman m’a d’abord un peu ennuyée. Par moments un peu mièvre, il n’avait rien en commun avec l’idée que je me faisais de Wharton : pas de verbe insolent, de réparties ironiques et cinglantes. Loin des salons new-yorkais, ce récit qui se déroule dans la Nouvelle Angleterre prend pourtant son essor après des débuts sympathiques mais peu convaincants. Ce qu’on pouvait voir comme un livre de jeune fille frôlant l’eau de rose devient un roman terriblement cruel où l’on prend en pitié la jeune Charity (qui n’avait pourtant rien de bien touchant jusqu’ici). Ce livre traite de la place faite aux femmes au début du XXe et de leur dépendance dans une société où un mari faisait toute la légitimité de son épouse. Les considérations matérielles et pragmatiques jouent au final un rôle plus important que l’amour. L’arbitrage entre devoir et vouloir est mis en valeur de manière impitoyable. Aussi bien Harney – lâche mais pris au piège par un engagement sans doute contracté avant sa relation avec Charity – que l’héroïne sont les victimes du regard des autres. Le quand dira-t-on est finalement le maître mot de l’histoire et conduit inexorablement à la chute brutale que l’on sait.

254 p

L’avis de Stéphanie.

Edith Wharton, Eté, 1917