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30/06/2007

Oreilles pointues garanties

Qui êtes-vous ? Pour le savoir, vous pouvez éventuellement passer chez Anjelica ou directement !

de1419e172c1351a9f39fa79e6ef4203.jpg Voici mon résultat :

ELF

You are an elf. An elf is like a human but much fairer and pure. Elves are usually tall, with pointed ears, and resemble humans very closely, but elves are usually much more beautiful. Elves are a distant race. They prefer to keep to themselves, because often, many of them feel that their race is superior to humans. Elves symbolize wisdom, prudence, love, and hope. They are very merry and happy. They are forever young and delight in music. They are natural artists as well.

Bon, je ne suis pas exactement une grande blonde supérieure et tout et tout, mais si je peux toujours rester jeune, ça me va ;o)

07:20 Publié dans Lou's world | Lien permanent | Commentaires (8) |  Facebook | |

29/06/2007

Le souffle coupé

13405de2879aaaa2e3bebad43fd651d4.jpgLe week-end dernier, votre fidèle chroniqueuse s’est engouffrée dans le train 8329 en partance pour la Rochelle, avec pour tout compagnon Le Destin de Mr Crump, roman finalement choisi à la dernière minute pour un week-end qui s’annonçait chargé. En sirotant un thé aux chrysanthèmes (boisson assez étrange, je vous l’accorde), j’ai donc commencé ma lecture, me trouvant mêlée presque malgré moi au destin de deux familles, les Crump et les Vilas.

1st round : Anne Bronson Vilas entre en scène. Personnage louche, Anne est de celles qui pérorent à longueur de journée, s’extasiant sur la beauté de sa fille, pleurant sur le destin tragique de sa défunte mère, s’apitoyant sur son propre sort de femme parfaite prise au piège d’un affreux mariage qui l’a contrainte aux pires renoncements. Dans un kimono sale, des mèches grises et sales s’échappant de sa coiffure négligée, Anne clame de façon outrancière son âge, ses quelques neuf ans de plus que son époux… vingt années réduites à neuf dans sa bouche. Les frasques de la famille, l’alcool, la crasse, le vice, la perversité des femmes Bronson font du destin d’Anne Bronson un récit particulièrement étonnant, qui, tout en dégoûtant le lecteur, parvient à éveiller sa curiosité pour l’entraîner dans le récit du pire mariage qui soit, de l’enfer de la vie de couple.

2nd round : on s’ennuie un peu. Après la première partie haute en couleur, on trouve que l’écriture mollit un peu lorsqu’il s’agit d’Herbert Crump. Le mot « misogynie » n’est pas loin : après le portrait détestable d’une femme qui l’est tout autant, la vie de parfaits petits bourgeois dans une parfaite petite ville puritaine fait pâle figure. On sent le manichéisme poindre le bout de son nez, on reproche secrètement au narrateur de tirer de trop grosses ficelles et d’user d’arguments un peu grossiers. Quelques bâillements plus loin, on laisse le destin mortellement ennuyeux de la respectueuse famille Crump pour ce qui sera le cœur de l’intrigue : la rencontre d’Anne et d’Herbert.

3rd round : De la rencontre a priori innocente va naître toute l’intrigue. De là découleront toutes les bassesses, les mesquineries, l’abus de confiance, les remords et la souffrance. Malgré le quatrième de couverture qui en disait déjà beaucoup – trop peut-être, je ne pouvais pas m’empêcher d’espérer une fin  plus heureuse, un dénouement moins tragique. Pendant près de 300 pages, je me suis interrogée sur les motivations d’Anne Bronson Vilas Crump, sur ce qui pouvait la pousser à être l’odieuse épouse qu’elle est, ce qui lui faisait fermer les yeux sur les échanges de regard et les haussements de sourcils devant ses éclats et sa grossièreté sans limite. Si le narrateur ne lui laisse aucune chance, en dépeignant une harpie vulgaire terrorisant son jeune époux brillant, bon et malheureux, je ne me suis à aucun moment lassée de cet enchaînement d’événements dont je voyais forcément l’issue fatale. Si à aucun moment l’espoir n’est permis, on ne peut s’empêcher tour à tour de vibrer ou de trembler avec Herbert, dont la jeunesse a été ravie par un mauvais tour réalisé avec une habileté déconcertante. Dans un sublime crescendo, on assiste à la descente aux enfers des protagonistes, persécutrice et persécuté sombrant ensemble dans un abîme sans fin de haine et de rancœur.

Que dire de ce roman, si ce n’est que j’en sors bouleversée ? Si j’ai eu quelques doutes au début, et si je persiste à penser suite à l’épilogue que ce roman est relativement misogyne – à l’en croire, les hommes seraient sans défense et les femmes auraient leur mari à leur merci aux Etats-Unis au début du XXe, ce sur quoi je me permets d’émettre quelques réserves – je comprends désormais pourquoi Freud et Thomas Mann ont déclaré que ce livre était un chef d’œuvre. Si sa lecture est à la fois plaisante et dérangeante, si l’on oscille toujours entre réflexion et abandon romanesque, ce livre reste à n’en pas douter l’un des meilleurs que j’ai lus dernièrement, à n’en pas douter un classique incontournable, mené d’une main de maître et comptant parmi les plus belles réussites de la littérature américaine. D’où cette note empreinte de respect pour Ludwig Lewisohn, injustement condamné par les critiques puis oublié. Je n’ai peut-être pas su bien exprimer ce que j’ai ressenti à la lecture de cette œuvre mémorable ; difficile de résumer tout cela par un « j’ai aimé / je n’ai pas aimé ». Mais je conclurai en disant que je suis vraiment admirative : à mes yeux Le Destin de Mr Crump mérite toute notre attention.  

406 p

24/06/2007

Taggée !

376cd86e448533d292c528ea06ce0ca6.jpgA la demande de Caroline et du Bibliomane (dont j'ai vu la demande un peu tard... encore mille excuses!), je vais vous révéler quelques vérités insoupçonnées sur moi. J’avais déjà révélé quatre petits secrets il y a quelques mois… à ce rythme-là je n’aurai bientôt plus de secrets pour vous ;)

L’une de vous ayant présenté ses vérités sous formes de comparaisons, je me permets de reprendre la même tournure pour changer un peu de mes premières confessions. Merci à mon inspiratrice !

Comme Catherine Morland (Northanger Abbey), j’ai une forte tendance à être gauche et ridicule devant un charmant gentilhomme. Heureusement, Mr Lou et moi avons commencé à échanger des lettres avant de nous rencontrer. Ouf ! Tout finit bien. Et ils vécurent heureux...

Comme Mrs Dalloway, je suis une maniaque des réceptions. Mon obsession ne se concentre pas sur la tenue parfaite d’un bouquet de fleurs ou l’éclat scintillant du cristal, mais je me perds en conjectures avant de choisir soigneusement mes invités pour éviter les incompatibilités d’humeur. Sans parler de la minutie avec laquelle je m’acharne sur la présentation des assiettes de petits fours. Damn it !

Comme Virginia Woolf je tiens (à l’occasion) mon journal. Comme Bridget Jones ça ne donne pas grand-chose (mais pour de toutes autres raisons).

Comme Lucie Westenra, je suis fascinée par Dracula et les vampires. Contrairement à elle, je n’irai pas me balader en chemise de nuit dans un cimetière, qu’il ait ou non vue sur la mer.

Comme les héroïnes de Desperate Housewives, je suis curieuse et aime bien savoir ce qui se passe près de chez moi.

Mais comme Sigourney Weaver dans Working Girl, je n’aspire pas à passer mes journées à me tourner les pouces dans une belle maison.

Et enfin, comme pour beaucoup, Mr Darcy est l’un de mes héros masculins préférés.

22/06/2007

Bibliothèques & gothique

5d80f78b59d70cca05230bbaf80a54e9.jpgAmis lecteurs,

Je vais vous raconter une histoire unique, une histoire de jumelles, une histoire de fantômes. Ou plutôt non, je ne dirai rien afin de laisser Diane Setterfield vous emporter dans son monde imaginaire, vous arracher à votre quotidien et vous envelopper d’un filet de brume et de mystère. Car l’étrange est peut-être le maître mot de The Thirteenth Tale. Peut-être pas. C’est une histoire faite de passion, de viols, de meurtres et d’erreur humaine. Un roman aux influences victoriennes : Jane Eyre, les Hauts de Hurlevent, le Secret de lady Audley, De Grandes Espérances, La Dame en Blanc. Autant de livres auxquels la narratrice fait souvent référence. L’histoire, gothique à sa façon, n’est pas loin de ressembler à celle de ces classiques. Et si l’écriture est moins recherchée, le récit n’en est pas moins excellent.

Sans vous en dévoiler trop, je peux déjà vous dire que deux récits s’entremêlent ici. Deux narratrices alternent également. Margaret, jeune femme ayant perdu sa sœur jumelle à la naissance, est appelée par Vida Winter, célèbre écrivain qui lui demande d’écrire sa biographie. Plus elle découvre la vie mouvementée de Mrs Winter, plus elle parvient à appréhender sa propre histoire. Etre inachevé, arraché à sa moitié à la naissance, Margaret pénètre avec Vida Winter dans un monde de jumelles, où deux sœurs ne peuvent être séparées, quoi qu’il advienne. La vie de Vida Winter, elle, est entourée de mystères. Où est passée sa sœur Emmeline ? D’où vient cette main meurtrie, repliée sur elle-même à la suite d’une blessure ? Sans vous en dire plus, sachez déjà que son histoire implique une famille sujette à la folie et peu épargnée par les scandales.

Au final, voilà un excellent roman, dont la narration extrêmement bien menée pousse le lecteur à dévorer chaque chapitre sans plus s’arrêter. La complexité de l’histoire et le dernier retournement de situation font qu’on ne saisit pas forcément tout une fois arrivés à la fin. Quelques doutes, quelques moments de confusion demeurent. Impossible alors de quitter cette famille tandis que certaines questions semblent rester sans réponse. Setterfield raconte avec simplicité une histoire passionnante aux rebondissements incessants. Pas un seul temps mort pour le lecteur, forcément happé par cette belle histoire aux accents victoriens. Je suis conquise !

499 p

Site de The Thirteenth Tale

Allie m'a fait découvrir ce livre. (Pour tous ceux qui ont déjà lu ce roman, n'hésitez pas à mettre votre article en lien dans les commentaires)

21/06/2007

Dilemme

Ce week-end je pars à la Rochelle. Décidée à ne prendre qu’UN seul livre avec moi (et non dix que je ne pourrai bien sûr pas lire), je suis dans une phase de torture propre à tout lecteur compulsif. Quel livre choisir ?

J’hésite notamment entre :  

     Le Destin de Mr Crumpda399287e4ec38073709e1ca17872a1e.jpg

         Water Music (Boyle)02f2cab557f4ec96bfc7ec121d5e054d.jpg

-        

 

 

 

 

 

          L’infortunéee86e8ba4e175849b7f76c04bb81a94b7.jpg

-                            ... Et d’autres9e12a9c536c851a803b3306b60d75e43.jpg

       

 

 

 

 

Que faire ?!!

19/06/2007

Soupe à la guimauve empoisonnée

fc6ee6a4788547d0c7359089ead19f43.jpgChère Louisa,

C’est avec beaucoup de ressentiment que je t’écris cette lettre qui, je l’espère, n’entachera en rien notre belle amitié.

Tu te souviens peut-être de l’époque où, enfant, je dévorai à maintes reprises Les Quatre filles du Docteur March, revivant toujours avec la même intensité, autant d’espoir, de chagrin et d’amusement chacune des scènes qui composaient un tableau si parfait. Jo était bien sûr ma petite préférée, son aînée m’exaspérait parfois avec ses airs de petite fille modèle – on eût dit Marie dans La Petite Maison dans la Prairie. La maladie de la petite sœur m’arrachait à chaque fois quelques larmes mais quoi qu’il en soit, tu restais à l’époque l’une de mes plus chères amies de papier et, chaque année, je retrouvais avec un plaisir toujours inégalé les quatre sœurs.

Voilà quelques jours, j’ai découvert par hasard un de tes livres dans ma librairie. Trop heureuse de retrouver une amie oubliée, j’ai acheté, lu et adoré en un rien de temps tes Secrets de Famille.

Encore toute émoustillée par ces retrouvailles inattendues, me voilà qui me précipite chez mon libraire pour me procurer Derrière le masque, espérant ainsi renouveler quelques jours le plaisir de te lire. De là mon mécontentement et ma lettre accusatrice.

Par où commencer ? Par l’histoire sans doute, du moins, « the plot ». En refermant ce livre, je n’ai pas pu m’empêcher de me demander quel était le but de ces quelques 200 pages, qui du début à la fin, ne mènent pas à grand-chose. Deux ou trois hypothèses se présentaient à mon esprit – aucune d’elle n’étant franchement élaborée. Je ne me suis pas trompée car l’une d’elle s’est totalement réalisée, les deux autres partiellement. Le mystère dont tu entoures Mlle Muir est grotesque. Tu nous dis dès le début qu’il s’agit d’une fourbe, d’une arriviste. Le peu que l’on apprend sur elle gâche tout le plaisir de l’attente et ruine une fois pour toutes nos espoirs. Non, pas de chute dramatique, pas de bouleversement, pas de secret honteusement dissimulé pendant près de 200 pages.

Quant aux personnages, malgré leur entrain, leur joie de vivre ou leur cynisme, aucun ne parvient à convaincre. Sans être caricaturaux, ils restent trop plats, trop fades pour éveiller l’intérêt. Sans parler de Mlle Muir, honteusement grotesque. Peut-être pourrait-on la comparer à Ambre, à qui j’avais déjà pensé en lisant Secrets de Famille. Mais là où Ambre est piquante et pleine de caractère, Muir n’est que le pâle reflet de l’horrible sorcière qu’elle devrait être en réalité.

Impossible d’être convaincue car dès le début, les exagérations gâchent le texte, tandis que les libertés que prend la gouvernante sont totalement aberrantes et improbables. Bref, on est dans la farce, le théâtre, sans y être tout à fait. Sans l’humour et le goût du grotesque.

Quant à l’éditeur qui compare ce livre à Dickens ou Collins, je m’interroge sur ses motifs – ou plutôt je les connais trop bien. Car ce livre ne soutient pas la comparaison.

En résumé une lecture rapide et monotone qui a suscité ma curiosité dans l’espoir d’une fin grandiose. Le tout s’achevant sur un superbe flop. Une belle déception.

Cela dit rassure-toi ma chère Louisa, je fais partie de ces lectrices perfides qui aiment gâcher le plaisir des meilleurs auteurs. Caroline et Clarabel ne sont pas d’accord avec moi.

                                           Une fidèle lectrice fort déçue

200 p

15/06/2007

De neige et d’acier

b4d07e47aacf5a952904fc9671fa2e73.jpgDepuis bientôt deux heures, un petit livre à la couverture orangée me regarde avec dédain depuis mon bureau. Car cela fait deux heures que j’ai tourné sa dernière page avec un pincement au cœur, et voilà que je cherche depuis toute sorte de prétextes fallacieux pour ne pas rédiger une note pour mon blog.

Et ce petit livre a bien raison de me bouder. Car j’aurai bien du mal à lui rendre justice avec cette nouvelle chronique. Essayons tout de même !

Ordonnance (prescrite contre la monotonie) – Secrets de Famille :

Une boîte de Louisa May Alcott. Prendre trois pilules par jour. Remarque : Louisa May Alcott est un auteur à l’écriture tranquille et agréable, dont les personnages torturés sauront saisir à point les états d’esprits les plus mous et redonner peps, malice et œil pétillant au sujet.

Un flacon de passion. Trois gouttes, deux fois par jour. Ne pas dépasser la dose prescrite. Les robes de mariée rangées pour toujours, les fiancés oubliés, les familles déchirées sont un allié sûr contre la monotonie. Possibles effets non désirés : l’embrasement inopiné d’un cœur sec peut conduire certains sujets à s’épancher dans des torrents de larmes. Les chroniqueuses souhaitant conserver leur dignité dans le métro ne pourront réprimer un léger tremblement des lèvres qui les trahira.

Un tube de noirceur. A appliquer avec parcimonie tout au long de la journée. Folie, cruauté, trahison, soupçons, espionnage, regards foudroyants et accusateurs, éclats de rire inquiétants. Convient parfaitement aux âmes romanesques.

Verdict

Ce livre plaira sans aucun doute à ceux qui aiment Jane Austen, les sœurs Brontë, Wharton et tous ces auteurs qui s’attachent à décrire la cruauté de la vie en société, les faiblesses, les lâchetés et le cynisme des hommes – ou parfois plus particulièrement, des femmes ambitieuses. Robert Steele, « le mauvais génie » de l’histoire, rappellera à certains Lord Carlton (Ambre), Heathcliff ou mieux encore, l’excellent Darcy.

Un roman trop court à mes yeux, une histoire bien menée, des personnages pleins de relief malgré une histoire qui pourrait être caricaturale ou trop exagérée. Même si elle incarne la vérité et la bonté, la narratrice n’a rien d’une vieille barbe moralisatrice et reste sympathique – un bel écueil qui a été heureusement évité, car les personnages vertueux ont parfois une fâcheuse tendance à être insupportables.

Mais ce livre ne serait rien sans Steele, personnage a priori antipathique qui a tout de suite « su trouver grâce à mes yeux » – pour imiter le style de la narratrice ! Séduite, voire même conquise par ce personnage froid et cynique rongé par un feu intérieur, je ne me préoccupais plus que de lui arrivée au dénouement de l’histoire, presque indifférente au sort d’une famille à laquelle je m’étais pourtant attachée. « Quelle sentimentale tu fais ! » me dit le petit livre assis à mes côtés. Il a bien raison ! Eh bien, il est temps de me draper dans tout mon orgueil et vous quitter la tête haute : « même  pas pleuré ! » (« il s’en est fallu de peu », susurre le curieux ouvrage. Tu l’auras voulu impertinent ! Retour immédiat dans ma bibliothèque !)

Au final : lisez-le !!

Et n'oubliez pas l'article de Clarabel !

164 p

12/06/2007

Retour des chroniques !

d8e7ff61c7b8d4ab4d70ea69d9339ef0.jpgAmis lecteurs,

C’est avec plaisir que moi et mon blog vous retrouvons après une abstinence peu méritée.

« Wunderbar ! » m’a dit MyLouBook tout à l’heure, tant la perspective d’accueillir une nouvelle critique lui semblait inattendue – voire même totalement improbable.

Depuis le temps, le mécanisme s’est un peu rouillé, mais j’essaierai de faire de mon mieux pour vous présenter en quelques mots La Collection Invisible, nouvelle de Stefan Zweig.

L’histoire : après la guerre, alors qu’une inflation galopante sape l’économie allemande, un antiquaire cherche d’anciens collectionneurs dans le besoin prêts à lui revendre quelques chefs d’œuvre fortement convoités par les nouveaux riches. Ses recherches le poussent sur la trace d’un collectionneur qui, après avoir entretenu avec son père une correspondance minutieuse, a soudain cessé d’écrire voilà soixante ans. Le narrateur rencontre donc l’ancien collectionneur, devenu totalement aveugle. Prié d’admirer sa collection il est discrètement mis en garde par la famille du vieil homme : avec l’inflation, la collection a été entièrement vendue pour des sommes ridicules, afin d’assurer au ménage de quoi subsister durant quelques mois. L’antiquaire se plie alors aux exigences de la famille et fait la joie du vieillard en s’extasiant à ses côtés devant un tas de feuilles vierges sans valeur. La nouvelle s’achève sur le départ de l’antiquaire et la joie débordante du collectionneur, trop honoré d’avoir eu l’occasion de montrer cette collection qui est toute sa vie.

Stefan Zweig était bien loin lorsque j’ai saisi mon recueil pour lire cette nouvelle en vue de mon cours d’allemand (car je l’avoue, je n’ai pas compris la moitié du texte allemand et j’ai finalement déclaré forfait !). J’avais découvert cet auteur au lycée avec La Confusion des Sentiments, puis Le Joueur d’Echecs (à l’étude en Lettres lorsque j’ai passé mon bac). Malgré le peu de souvenirs que j’avais, Stefan Zweig avait laissé dans ma mémoire une empreinte romantique et un sens de la narration sans égal. La Collection Invisible ne dément pas cela.

L’histoire, parfaitement maîtrisée, coule avec un naturel qui rend la lecture particulièrement agréable. Les personnages et le sujet poussent à réfléchir sur ce qu’est l’Art, sur son importance, sur les rapports humains qu’entretient le collectionneur avec ceux qui lui sont proches. Le texte rappelle un contexte social dramatique qui a conduit aux conséquences désastreuses que l’on sait. Il effleure avec pudeur et délicatesse le ressentiment et l’amertume d’Allemands fatigués et désabusés une fois la guerre et l’Alsace Lorraine perdues. En résumé, un beau conte philosophique qui peut servir d’introduction à l’œuvre élégante de Stefan Zweig. Un auteur à recommander à tous ceux qui n’ont pas encore croisé son chemin.

Au fait, savez-vous que Stefan Zweig est presque inconnu en Allemagne (il était Autrichien), tandis qu’Arnold Zweig y est très célèbre – cette fois-ci, un auteur méconnu en France.

Je profite de ce petit retour au pays des livres pour remercier tous ceux qui ont eu la patience de repasser régulièrement par ici !

20 p

08/06/2007

Premier dîner Livres-échanges !

Hier s’est tenu le dernier dîner Livres-échanges organisé par Cécile, qui gère activement le groupe Quoide9 sur Yahoo.

Le Dîner devait se dérouler aux Degrés de Notre Dame mais, le gérant du restaurant ayant annulé à la dernière minute notre réservation de façon particulièrement grossière – je ne résiste pas au plaisir de lui faire un peu de publicité pour que sa stratégie de fidélisation très particulière ne soit pas vaine – nous nous sommes finalement retrouvés aux Trois Eléphants, à proximité des Halles.

Dans un cadre sympathique et autour d’un bon repas thaï, nous avons été 17 à nous retrouver pour échanger nos livres et discuter lecture (ou pas) en passant pour des fous avec nos piles de livres énormes ! Quelques bloggeuses étaient là : Caroline, Caro[line] et Stéphanie, la petite nouvelle de la blogosphère !

J’avais apporté trois romans :
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Le Maître et Marguerite de Boulgakov

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Le cher disparu d’Evelyn Waugh
 
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Poétique de l’égorgeur de Philippe Ségur


Et je suis repartie avec :
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Des femmes remarquables de Barbara Pym
 
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L’ange des ténèbres de Caleb Carr
 
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Délire d’amour de Ian McEwan

J’avoue avoir lorgné sur plusieurs autres livres, dont un petit récit d’Edith Wharton (dont Caroline nous parlera sûrement bientôt), ainsi que Le Potentiel érotique de ma femme (dont Caro[line] a beaucoup parlé).

Bref, plein de bonnes lectures en perspective et une soirée vraiment très agréable, avec des amies bloggeuses et d’autres lecteurs que j’étais ravie de rencontrer !

02/06/2007

Silence radio

e18318fa78951a6703ea21161f6f230e.jpgDébordée avec mes projets de fin de trimestre, ma recherche de stage (et aujourd’hui, « l’événement » avec un gala d’école), je néglige à contrecœur ce blog et j’espère vous retrouver enfin avec de nouvelles critiques dans une dizaine de jours !

En attendant, je voulais vous faire part d’un dossier intéressant qui figure dans le Magazine Lire de Juin, avec l’enquête suivante : « Ce que font les écrivains pour sauver la planète ». Le dossier présente toute sorte de livres, du roman fantastique à l’essai philosophique. Et si le développement durable trouvait son mot à dire en littérature ? L’idée me séduit. L’essentiel étant que le sujet ne serve pas à justifier d’autres faiblesses dans l’écriture.

Et pour rattraper mes longs silences et vous mettre en appétit, voici quelques livres lus et adorés que je compte bientôt présenter par ici : Ambre (K. Winsor), The Historian (E. Kostova) et The Master (Colm Toibin).

Au passage, je voudrais remercier tous ceux qui passent régulièrement par ici, en laissant un message ou non ! Promis, je ne serai plus silencieuse longtemps !