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29/04/2007

Quatre vérités sur moi

medium_PICT0003.JPGA la demande de Hilde, voici 4 révélations sur moi (en essayant de ne pas trop tricher – ex : j’aime la littérature anglo-saxonne… oh, quelle révélation !) :

1) Parmi tous les blogers avec qui j’échange avec beaucoup de plaisir au fil des lectures se cache une amie que je connais depuis 12 ans (la moitié de ma vie – admirez, deux révélations en une :o)). De qui s’agit-il ? D’Hilde, bien sûr ! Nous sommes allées dans le même collège, puis dans le même lycée, et, malgré nos deux ans de différence, nous écrivions ensemble il y a douze ans des histoires à la « petits meurtres entre amis » dont la scène se déroulait presque toujours dans notre collège qui d’ailleurs a brûlé depuis!

2) Hormis la littérature, ma passion dans la vie c’est l’Espagne ! J’aime passionnément ce pays depuis que je suis toute petite, j’y ai vécu au cours de mes études et ne rêve que d’une chose… m’y installer définitivement !

3) Je suis très probablement un futur écrivaillon raté ! De l’école primaire à ma première année d’étude j’ai sans cesse écrit. Nouvelles, romans inachevés (à l’exception d’un si lamentable que je l’ai jeté il y a quelques années), poèmes, histoires de quelques pages… j’ai arrêté pendant mes études mais je suis en train de m’y remettre tout doucement, avec une histoire victorienne commencée avec Hilde. Grâce aux critiques de mon cher et tendre, je vais d’ailleurs reprendre nos premiers jets dans l’espoir de finir par arriver à quelque chose de convaincant. J’ai aussi très envie d’écrire une sorte de fresque familiale, inspirée de ma famille mais aussi de personnes observées çà et là.

4) Mmh… dernière révélation… ah oui ! Comme certains d’entre vous, j’adore le thé ! Je suis loin de maîtriser le sujet aussi bien qu’un ami absolument incollable, mais en dehors des livres, mon autre poste de dépense « plaisir » régulier est celui du thé. J’affectionne tout particulièrement certains thés de Mariage Frères comme l’Alexandra David-Néel ou leur excellent Lapsang Souchon ; chez l’Empire des Thés à Paris « l’Après-midi au Népal », des thés verts légérement parfumés, du vrai thé à la fleur de jasmin… j’ai donc plusieurs théières (dont une petite en porcelaine à roses bleues pour mes moments à l’anglaise), une collection impressionnante de boîtes à thé et de filtres à thé. Quant aux sachets, que je limite au maximum, je n’aime que les Dammann… n’hésitez pas à les goûter, ça vaut le coup !

Beaucoup ont déjà répondu à ce petit jeux des quatre... alors à qui proposer de dire ses quatre vérités ? A tous ceux qui voudront et notamment celles qui ne l'ont pas déjà fait dans mes souvenirs : Caro[line], Val (oui, toi ;o)), peut-être Lilly... now it's up to you !

26/04/2007

The art of story-telling

medium_auster_brooklyn_follies.JPGBrooklyn, An 2000. Une année marquée par le retour de Nathan Glass dans ce quartier qui l’a vu naître. Jeune retraité récemment soigné pour un cancer, Nathan est d’un naturel pessimiste. Passant ses journées seul dans un modeste appartement, il ne vit que pour les déjeuners qu’il passe dans un petit restaurant auprès de la jolie serveuse latino-américaine Marina. Sa vie est un désastre : tout juste divorcé, il entretient également des relations difficiles avec sa fille. Persuadé qu’il ne lui reste plus beaucoup de temps à vivre, il écrit ce qu’il appelle The Book of Human Follies, une série d’anecdotes toutes plus cruelles et pathétiques les unes que les autres.

C’est alors qu’il rencontre par hasard son neveu Tom dans une boutique proposant des livres d’occasion. Ancien étudiant brillant à la carrière toute tracée, Tom Wood est devenu vendeur après avoir abandonné sa thèse et s’être reconverti en chauffeur de taxi new-yorkais. La vie de Tom est tout aussi solitaire que celle de son oncle. Célibataire endurci, la disparition de sa sœur et de sa nièce l’ont laissé très amer.

Oncle et neveu deviennent alors très proches, fréquentant aussi quotidiennement le libraire pour qui Tom travaille, Harry, un vieil excentrique qui aurait troqué une vie mouvementée aux relations plutôt douteuses pour son nouveau métier.

Dès lors les péripéties s’enchaînent : Lucy, la nièce de Tom, refait surface mais refuse de dire où sa mère se trouve. Est-elle toujours avec son mari, un puritain obnubilé par la religion au point de chercher à couper tout contact avec la civilisation ? Que se passe-t-il chez les Mazzucchelli, une famille voisine, dont la fille Nancy incarne la perfection même aux yeux de Tom ? Tom va-t-il céder aux avances de Honey, une institutrice généreuse au corps imposant et au cœur d’or ? Et si Nathan, notre narrateur, retrouvait le bonheur de la vie conjugale dans les bras de Joyce, la mère de Nancy ?

A vous de lire The Brooklyn Follies  pour découvrir tout cela. Quant à moi, j’ai refermé hier ce roman avec soulagement – après une angoisse soudaine de dernière minute, ravie de ma lecture et prête à relire Paul Auster prochainement. Des trois Auster que j’ai lus, c’est de loin mon préféré. J’avais par exemple été captivée par l’histoire de The Book of Illusions, mais j’avais trouvé la fin très décevante, plus mièvre et fleur bleue que tout le reste du récit. Bien sûr, la fin pouvait être logique sur le plan narratif, mais elle n’atteignait pas à mes yeux le niveau de la trame principale, intrigante et passionnante à souhait.

Ici, pas de grand mystère, rien de bouleversant. Ce sont les vies de New-Yorkais qui se croisent, s’aiment ou s’abandonnent. Bien sûr, certains vivent des histoires sortant de l’ordinaire, mais ce livre est avant tout un hymne à la vie, très positif et encourageant. Autant les personnages vivent des moments difficiles, autant ils sont amenés à faire au fur et à mesure des choix pour reprendre les rennes de leur vie. La trame narrative est presque sans surprise, tant elle semble couler de source sous la plume habile de Paul Auster. L’écriture est fluide, le style courant, presque parlé.

Bref, ce livre classe une fois de plus Paul Auster parmi les maîtres de la narration. A recommander aux amoureux de Brooklyn, à ceux qui sont sensibles aux histoires simples et sans prétention – racontées avec élégance, bien évidemment ! Chapeau bas.

304 p

PS: Difficile de tout dire sur ce roman aux pistes de lecture multiples, mais je vous invite à aller voir les critiques de l'Austerblog et d'Anjelica.

20/04/2007

Confessions intimes

medium_ogawa_piece_hexagonale.JPGScène 1 : Les vestiaires de la piscine. Midori est assise sur le canapé. Elle attend une autre nageuse plus âgée. Midori est calme, elle est d’une banalité remarquable, elle semblerait presque s’effacer parmi les objets qui l’entourent. Et pourtant, voici une jeune femme attirée par elle, trouvant Midori intrigante, comme enveloppée d’une aura mystérieuse.

Scène 2 : la jeune femme suit Midori et découvre que celle-ci détient une sorte de meuble que l’on nomme la petite pièce hexagonale. Qu’y fait-on ? Quelles impulsions étranges poussent des inconnus à verser de l’argent à Midori pour entrer dans la cabine ?

Suite : la narratrice découvre le mystère de la petite pièce hexagonale et noue des liens privilégiés avec Midori et son fils. Elle sait pourtant que cela ne pourra durer éternellement.

Difficile de présenter l’histoire sans dévoiler l’essentiel, car peu d’éléments viennent perturber ce récit toute en continuité. Comme toujours chez Ogawa, l’introspection, la patience et un certain détachement des personnages sont de mise. L’histoire pourrait sembler a priori bizarre ; c’est à cette atmosphère étrange que l’on sait reconnaître immédiatement l’univers si particulier de l’auteur.

Au final, la Petite Pièce Hexagonale est une lecture agréable et facile. La narration semble couler de source, les personnages secondaires manquent de relief mais parviennent ainsi à mettre en avant les préoccupations du personnage principal. On retrouve sans difficulté le style doux et poétique d’Ogawa, qui contraste si bien avec les thèmes dérangeants que cet auteur choisit.

Je dois avouer que ma préférence va à ses livres plus sombres, ceux où l’élément le plus troublant vient perturber le récit alors que tout semblait naturel. J’ai été moins convaincue par ce livre-là, bien que la thématique choisie soit intéressante. Ogawa aime flirter avec la banalité et les pensées obscures. Cependant, la routine décrite ici efface en partie l’étrangeté du récit. Moins enthousiaste, j’ai cependant apprécié la façon dont l’auteur nous dévoile les pensées les plus intimes de la narratrice, avec pudeur, tout en finesse.

110 p 

16:15 Publié dans Japon | Lien permanent | Commentaires (13) |  Facebook | |

15/04/2007

Superstitions et crucifix

medium_chessex_vampire_ropraz.JPGCurieux ouvrage que ce petit livre de Jacques Chessex.

1903. Un petit village suisse. Une jeune femme à peine enterrée est sauvagement violée et mutilée par un mystérieux inconnu. La légende du vampire de Ropraz est née. Les mois passent et les villageois superstitieux sont brutalement surpris en découvrant coup sur coup les cadavres profanés de deux autres filles dans la fleur de l’âge. Crucifix et gousses d’ail ressortent dans cette région pourtant protestante. Les habitants, brutes épaisses peu recommandables, cherchent en vain le coupable, l’atroce vampire qui est à blâmer pour tous les malheurs qui se sont accumulés dans la région. C’est alors que l’on découvre que le jeune Favez viole et blesse le bétail la nuit venue. Immédiatement, le coupable est trouvé, le vampire maudit et emprisonné. Le récit porte ensuite sur les mois de détention de Favez, sa remise en liberté rapidement interrompue par le viol d’une veuve de cinquante ans. L’histoire se conclut sur la fuite de Favez, son enrôlement dans la légion française auprès de Blaise Cendrars. Sa mort pendant la guerre de 14-18. Et l’auteur de suggérer que le soldat inconnu reposant sous l’Arc de Triomphe n’est autre que Favez, misérable alcoolique violeur de génisses et de veuves.

Ce récit très court se lit rapidement. L’histoire morbide est pour le moins fascinante. L’auteur laisse planer le doute quant à la culpabilité de Favez, à son rôle dans la profanation des trois tombes. L’écriture rapide et saccadée accompagne le style presque journalistique de Jacques Chessex. Un style souvent neutre, froid, clinique.

Chessex a pour mérite de semer le doute. Du fait divers de 1903 aux pulsions étranges de Favez en passant par le soldat inconnu, il est difficile de dissocier le réel du fictif dans ce récit étonnant. C’est sans doute ce qui m’a réellement plu dans Le Vampire de Ropraz. A première vue, il ne s’agit que d’une retranscription de faits peu banals. Dans ce cas, on aurait tendance à regretter l’exposition brute des faits, car cette histoire étrange ferait une merveilleuse trame pour un roman gothique ou psychologique. Cependant, le style choisi par Chessex sème le doute dans l’esprit du lecteur. La rencontre avec Cendrars semble plausible. Mais lorsque l’écrivain suggère que le soldat inconnu pourrait n’être autre que le vampire de Ropraz, le doute s’installe. On s’interroge alors sur les premiers meurtres. On veut se documenter sur les faits réels et la légende née autour de ces profanations choquantes pour mieux comprendre.

Au final, le Vampire de Ropraz m’a intriguée sans me conquérir totalement. Si l’histoire a éveillé mon intérêt, je n’ai pas été particulièrement sensible au style froid et au récit brut des événements. Une curiosité.

108 p

Beloved a aussi lu ce livre.

 

13/04/2007

Mystères Londoniens

jackson_cadavre du metropolitain.jpgQuelle belle surprise que cette nouvelle série policière chez 10/18 – qui, pour le bonheur des lecteurs les plus gourmands, débute avec la publication simultanée de deux tomes ! Je me suis bien sûr jetée avec avidité sur ces romans, convaincue par trois arguments de choix : 1) c’est un 10/18, pas forcément toujours bien traduit, mais j’aime beaucoup leurs sélections et leurs formats (sans parler des couvertures !) ; 2) c’est un polar, et depuis mes dernières lectures un peu décevantes, j’avais envie de me délecter de meurtres plus habilement maquillés ; 3) et surtout (petit soupir), il s’agit d’un polar victorien ! L’affaire était donc faite, je ne pouvais décemment plus reculer et c’est donc d’un pas décidé que je me suis dirigée vers le rayon policier de mon libraire (admirez le courage de votre fidèle chroniqueuse qui, magnanime bien qu’à peine remise d’une brutale déception, donne une nouvelle chance au genre policier !).

Avec Le Cadavre du Métropolitain, Lee Jackson signe un roman assez éloigné des aventures de Charlotte et Thomas Pitt de la très victorienne Anne Perry. Moins de discussions mondaines, un inspecteur qui n’a pas le rôle principal, bref, quelques différences qui ne manqueront pas de séduire les amateurs de polars victoriens en leur apportant un peu de nouveauté.

L’histoire : 1864. Une jeune femme, visiblement une prostituée, est retrouvée morte dans le métro, sur la première ligne mise en service à Londres. Son compagnon de voyage s’enfuit lorsque le cadavre est découvert par un employé du métro près de Baker Street. Et voilà la police de Londres et l’inspecteur Decimus Webb sur les traces du meurtrier. Leurs pas les conduiront dans un foyer pour femmes repenties et dans différents quartiers, d’une maison aisée aux ruelles tortueuses et insalubres des quartiers pauvres.

C’est avec délectation que j’ai parcouru à une vitesse surprenante les quelques chapitres de ce roman, lu d’une traite et terminé en pleine nuit. L’histoire est captivante et le récit habilement mené. L’écriture est agréable et rend le texte fluide. Difficile de faire la différence entre personnages principaux et secondaires, car chaque protagoniste joue un rôle clef dans l’histoire et est doté d’une personnalité propre qui contribue pour beaucoup à l’intérêt du roman. Les quelques descriptions du Londres victorien sont précises et pleines de vie, sans sentimentalisme ou ton moralisateur.

Déjà trois autres romans ont été publiés en Angleterre, autant dire que les lecteurs de 10/18 n’auront pas à attendre trop longtemps pour découvrir la suite des aventures de Decimus Webb. Je prévois de mon côté de me plonger dans le deuxième tome très rapidement !
 
4coeurs.jpg
 



286 p 

Lee Jackson, Le Cadavre du Metropolitain, 2004