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31/03/2007

Amor de mis amores

medium_Sorolla_01.jpgDans la vie, il y a des artistes qui vous plaisent, vous agacent, vous bouleversent ou vous amusent. Dans ma vie, il y a mille auteurs, mais aussi les Beatles, les Pink Floyd, Led Zeppelin, Beethoven et bien d’autres ; sans parler d’Egon Schiele, Klimt, Van Gogh ou Chagall. Et puis il y a un peintre associé à mille et un souvenirs madrilènes, un peintre dont je n’avais pas vu les toiles depuis trois ans et dont les pastels me manquaient cruellement.

L’exposition Peintres de la Lumière a été l’occasion de retrouver la douceur de Sorolla et de découvrir certaines œuvres de John Singer Sargent que je ne connaissais pas encore. Le rapprochement entre les deux peintres n’était pas surprenant. C’est donc avec beaucoup d’intérêt que j’ai découvert l’exposition, avec un magnifique record d’immobilisme devant mes toiles favorites, pourtant maintes fois admirées auparavant !

medium_sorolla_03.jpgAprès avoir bravé les commentaires insipides de beaucoup de visiteurs cherchant à tout prix à dire quelque chose sur chacune des toiles histoire d’avoir l’air compétent (j’ai été ravie d’entendre qu’une petite fille peinte par Sorolla était effectivement un enfant, comme le prouvaient ses jolies petites fesses bien rondes ; j’ai trouvé encore plus amusant d’entendre une personne particulièrement suffisante parler de « jardin à la française » devant le patio de Sorolla, malgré son bordel organisé, ses azulejos et ses fontaines andalouses), je suis sortie de l’exposition des couleurs plein les yeux et une foule d’impressions en tête.

Puisque je connais moins bien Sargent, c’est surtout ce peintre qui m’a intriguée – bien que ma préférence, hautement subjective, revienne à Sorolla. Notamment :

La capacité de Sargent à faire abstraction des commandes qu’il reçoit et à peindre des portraits à la fois osés et très révélateurs de leur commanditaire. Le peintre n’épargne pas le jeune pédant qui a un magistral coup de soleil sur le front ; il donne vie à ses tableaux en montrant par exemple l’ennui profond de l’enfant qu’il est en train de peindre.

medium_Sorolla_Joaquin_Antes_Del_Bano.3.jpgLe réalisme et la précision de ses portraits : l’attention portée au regard et aux marques d’expression donnent un volume et un réalisme inattendus aux personnes représentées. A mes yeux, Sargent est capable de supprimer les barrières qui s’érigent généralement entre l’observateur et l’observé ; ses personnages ont une telle consistance qu’on imagine sans peine les modèles qui les ont inspirés. Chaque portrait a cette petite étincelle de vie qui vous laisse cloué sur place !

L’audace et l’originalité de Sargent tiennent notamment au déséquilibre de ses toiles : visage ultra-réaliste puis imprécisions croissantes dans le décor, tant et si bien que les contours du tableau sont totalement impressionnistes ; attention accordée à une partie de la scène, le reste étant peint grossièrement avec de rapides coups de pinceau de même couleur, le tout laissant une impression d’inachevé.medium_sargent.jpg

Pour ceux qui peuvent voir cette exposition, je vous la recommande chaudement en raison de la qualité des toiles exposées et de l’excellent travail de documentation qui permet de découvrir en douceur les principales caractéristiques demedium_smLady_Agnew_of_Lochnaw_Sargent.jpg certaines toiles et le contexte dans lequel elles ont été peintes.

Et comme ici, je vous parle de livres, le prétexte à cette petite note est le petit livret édité par le Petit Palais. J’ai longuement hésité avec l’énorme catalogue de l’exposition, mais j’ai finalement décidé de me contenter du livret synthétique, dont les reproductions sont parfois meilleures. Reprenant le parcours de l’exposition, Peintres de la lumière revient sur les portraits, les peintures sociales, les projets de grande envergure ou bien encore les superbes aquarelles (Sargent) exposées.

Et si vous ne pouvez pas aller à l’exposition, ma petite note aura sûrement permis à certains d’entre vous de découvrir Sorolla, qu’on ne connaît pas très bien en France. J’aurai donc accompli ma mission ! :o)

medium_Sorolla_Joaquin_Maria_Con_Sombrero40x80.jpg

Exposition Peintres de la Lumière

Petit Palais, Paris

Métro Champs-Elysées Clémenceau

30/03/2007

Douceurs printanières

medium_segur_poetique_egorgeur.JPGEn ces jours de printemps ponctués par la pluie, adoucis par de brèves éclaircies et les délicates odeurs de pot d’échappement qui m’entourent, je me sens des envies de tendresse, de chocolat, de lectures à la terrasse d’un café. Finies mes pulsions meurtrières, mes tourments jubilatoires… en bonne lectrice que je suis, j’ai décidé de lire un roman tout en rondeurs, un roman tendre et rose bonbon en phase avec les premiers arbres en fleur qui parsèment mes cheveux de pétales roses dans la rue (quel pouet je fais !). Pleine de bienveillance et d’indulgence, le sourire aux lèvres et la main caressante, j’ai choisi avec amour mon dernier livre. J’avoue avoir longtemps hésité entre Toi et moi, Nous de Jacques Mévy et Ensemble, c’est nous de Anne-Marie Cavana. Puis, avec un petit soupir d’aise, j’ai finalement opté pour Poétique de l’Egorgeur de Philippe Ségur.

Découvert grâce à Caro[line], Philippe Ségur est une nouvelle bonne surprise pour moi : suis-je en voie de guérison ? Vais-je enfin lutter dignement contre mon allergie anti-auteurs français ? Peut-être. Notons, cher docteur, de nets progrès (Français : élève appliquée malgré une mauvaise volonté évidente).

Que dire de Poétique de l’Egorgeur ? Impossible d’évoquer le vrai sujet de l’histoire sans vous donner la solution au mystère. Je me contenterai donc de planter le décor, pour une petite mise en bouche.

Nid est encore jeune. Nid a une femme et deux enfants. Nid est un professeur de droit renommé. Il enseigne à Toulouse, devant un parterre d’amibes et de bactéries qui l’effraient tout particulièrement. Nid est respecté. C’est un expert, un des meilleurs. Nid mène une vie tranquille. Nid a la vie la plus heureuse qui soit.

Mais Nid est un romancier qui se cache. Nid est un homme torturé. Un homme qui allume son pc et qui, au moment d’ouvrir le fichier « roman », voit sa souris faire un bond salvateur vers « l’abandon de la faute lourde dans la responsabilité hospitalière ». Nid n’aime pas son métier et regarde avec détachement ses collègues – notamment un juriste à l’air de « lemming neurasthénique ».

Nid raconte l’histoire du terrible Yagudin à ses enfants. Mais il ne peut pas, ne veut pas coucher cette histoire sur le papier. Car ce monstre sanguinaire est par trop atroce.

Puis arrivent les vacances. Tout va de mal en pis. Coups de fil anonymes, factures suspectes, clefs qui ne fonctionnent plus, mot de passe invalide sur l’ordinateur, enveloppes vides envoyées chez lui en quantités industrielles. Et tous ces Y étranges, retrouvés çà et là autour de lui. Serait-ce une mauvaise farce ? La vengeance d’un étudiant dont il a consciencieusement massacré la thèse en juillet ? Et pourquoi pas Yagudin lui-même ?

Pris dans une spirale infernale, Nid perd femme et enfants ; un inconnu vit dans sa maison, ses chiens ne le reconnaissent plus. On le prend pour un fou (rassurez-vous, vous saurez ça dès les premières pages de ce roman, n’attendez pas ici le fin mot de l’histoire !).

Voilà pour le sujet de Poétique de l’Egorgeur. Et maintenant, le verdict !  Vous devez déjà vous en douter, je ne taillerai pas en pièce l’auteur cette fois-ci ! Avant tout, je ne m’attendais pas à trouver dans un roman français contemporain une histoire dense, dynamique et bien construite. Car selon mes précédentes expériences, le roman français était : 1) vacuité ; 2) nombrilisme ; 3) esthétique (déjà mieux) ; 4) auto-dérision (à juger sur pièce) ; 5) roman psychologique (de même). Je ne m’attendais donc pas à autant d’action : premier bon point !

Que dire ensuite ? L’écriture de Philippe Ségur est fluide et pleine d’humour. Ses comparaisons, son ironie, ses qualificatifs peu flatteurs font de Poétique de l’Egorgeur un texte vif et amusant. Les personnages sont bien campés : Nid en fait à mon avis un peu trop parfois, mais il m’a séduite par ses commentaires cyniques et sa paranoïa – en contraste avec sa passivité et sa bienveillance apparentes. Nid est complexe, à la fois agaçant, touchant, perdu, sur organisé, drôle, ironique, peureux, asocial, amical et égoïste. J’ai adoré ses filles, à la fois caricaturales et touchantes. La première est une mademoiselle je-lis-tout. A neuf ans, elle connaît tous ses classiques sur le bout des doigts, écrit consciencieusement dans un carnet et passe tout son temps libre un roman  à la main. Lorsque les choses ne vont pas, la solution s’impose d’elle-même : « Tu devrais relire L’île du Docteur Moreau ».  La petite, quant à elle, vit une relation exclusive avec son poupon Ian-Tole. Mais lorsque son père lui demande l’avis de Ian-Tole sur un point précis, elle fait la moue et jauge Nid d’un air sceptique avant de lui expliquer qu’il est un peu stupide de ne pas avoir vu que Ian-Tole n’était qu’un jouet.

Au final, j’ai dévoré la deuxième moitié du roman hier car je ne pouvais décemment pas abandonner Nid dans les affres qui le tourmentaient. Avec son histoire captivante, Philippe Ségur m’a enthousiasmée. A quand la prochaine lecture ?

230 p

27/03/2007

Quatre

medium_nounours.jpgA la demande expresse d’Allie, voici mes 4 !

 

Les 4 livres de mon enfance:
La Comtesse de Ségur
Oui-Oui
Contes illustrés (anthologie)
Les Belles Histoires (Pomme d’Api)
(mais euh, il y a aussi les Quatre filles du Docteur March et Papa Longues Jambes ainsi que la petite Maison dans la Prairie, et bien d’autres que j’ai relus un nombre incalculable de fois !)


Les 4 écrivains que je lirai et relirai encore :

Joyce Carol Oates
Charles Dickens
Virginia Woolf
Charles Baudelaire

Les 4 auteurs que je n'achèterai (ou n'emprunterai) probablement plus:
Raymond Queneau
Richard Matheson
Clémence Boulouque
James Patterson

Les 4 livres que j'emporterais sur une île déserte:

Les Heures (Michael Cunningham)
Les Fleurs du Mal (Charles Baudelaire)
La conjuration des imbéciles (John Kennedy Toole)
David Copperfield (Charles Dickens)

Les 4 premiers livres de ma liste à lire (LAL):
Souvenirs pieux (Marguerite Yourcenar)
L’immeuble Yacoubian (Alaa El Aswany)
Chicago May (Nuala O’ Foalain)
Dans la forêt du miroir (Alberto Manguel)
(les quatre « premiers » étant un concept très fluctuant, vu que je suis incapable de prévoir mes lectures à court terme !)

Les 4 x 4 derniers mots d'un de mes livres préférés:
“Someone should have thought of daisies.”
“Yes”
“Ah, well.”
The Stone Diaries, Carol Shields

Les 4 lecteurs/lectrices dont j'aimerais connaître les 4:
Florinette, [Caroline], Val, Hilde…

25/03/2007

The white side of the moon

medium_ferney_elegance_des_veuves.JPG« Une fois n’est pas coutume » me suis-je dit l’autre jour en lorgnant sur les piles de livres en attente chez moi. Depuis quelques temps déjà, mon cœur se serrait à la vue des livres d’Alice Ferney, sagement rangés chez le libraire, chuchotant entre eux d’un petit air entendu dans un bruissement de pages. Car oui, chers lecteurs, j’étais prête à succomber. J’ai franchi le pas avec L’Elégance des Veuves. Encore aujourd’hui, je me dis que le nom trompeur d’Alice Ferney m’a impitoyablement manipulée en me faisant, entre roman français et anglo-saxon, dangereusement perdre le sens de la réalité. Si les regards pleins d’éloquence des livres d’Alice Ferney ont fini par vaincre mes dernières réticences, c’est aussi parce qu’Actes Sud est à votre chroniqueuse ce que la Bible est à un mormon, bref, beaucoup de choses, le sacré Graal, une montagne de promesses, un océan de plénitude, une douceur infinie.

Vous qui connaissez mes lectures, vous ne vous étonnerez sans doute pas de ces prémisses à n’en plus finir. Car vous savez que j’éprouve une certaine aversion pour la littérature française actuelle, après quelques malheureuses expériences et des émissions télévisées affligeantes.

Peu importe. Il est temps de faire la place aux excellents. De balayer d’un coup de serpillière rageur le musée des horreurs ! Et d’accorder à nouveau (presque) toute mon indulgence – ou du moins, le bénéfice du doute – aux auteurs français que je ne connais que de nom.

Autant le dire tout de suite : Alice Ferney nous rappelle l’écriture calme et franche de nos classiques ; elle s’en affranchit pourtant avec une incroyable féminité et une écriture détachée, se posant en simple observatrice. Avec simplicité, elle évoque les émotions de toute une vie, de plusieurs vies. Avec brio, elle place la femme au cœur de tragédies familiales. Alice Ferney ne décrit pas. Elle donne à voir le monde de ses héroïnes, nous fait partager leur vie, la simplicité des instants vécus, la beauté du quotidien, l’abnégation face à l’adversité.

Sur plusieurs générations, nous suivons le rapide écoulement de la vie d’une famille. La maternité, le deuil, le renoncement : tels sont les maîtres mots de l’histoire, ceux qui vont peu à peu forger chaque héroïne. Ployant sous le chagrin, Valentine, Mathilde ou Gabrielle s’effacent sans cesse au profit des autres. Taisant leur douleur, elles continuent d’avancer jusqu’au dernier instant, puisant dans leur rôle d’épouse et de mère la force nécessaire à leur survie.

Si le destin de Valentine au début du XXe m’a bouleversée, j’ai particulièrement apprécié l’égale importance accordée à chaque personnage et me suis attachée à chacun d’eux. Sans voyeurisme, Alice Ferney évoque avec grâce et sobriété le malheur qu’entraîne la perte d’un être aimé. Et nous renvoie à notre propre image. Car l’histoire, loin d’être finie, recommence encore et encore. Comme celle de l’arrière petite fille de Valentine qui, dans les dernières pages du roman, est à un tournant décisif de sa vie. Une jeune fille de mon âge, également étudiante. Car toutes les femmes peuvent se retrouver dans ce roman où toutes les générations sont représentées.

Hommage à la femme ? A la famille ? A nos vies, si complexes et pourtant prises au sein d’un cycle en mouvement permanent ? Peut-être est-ce là un hommage à tout cela.

Pour moi, mon premier Alice Ferney. Certainement pas le dernier.

126 p

24/03/2007

Salon du Livre 2007

medium_salon_01.jpgAmis lecteurs, comme promis, me voici de retour pour un compte-rendu en règle de cette excellente journée passée au Salon du Livre 2007 !

Pour qu’un Salon soit authentique et plein de charme, celui-ci doit présenter certaines caractéristiques : une métro bondé, une pluie persistante, une file d’attente de trois kilomètres de long pour voir Marc Lévy (et quelques fans en délire), une bonne dose d’agressivité et de mauvaise volonté, des bras chargés de paquet, une lectrice qui une fois arrivée au Salon part en trottinant vers les stands en oubliant de laisser son énorme manteau au vestiaire (pour voir celui-ci au moment du retour)…

Mais il y a aussi : des lecteurs enthousiastes de tous âges avec qui j’ai tranquillement papoté en attendant mes dédicaces ; une nombre incalculable de livres (vraiment ?); une exposition du dessinateur Bilal (32 Décembre) ; des émissions radio ; des gens de la télé comme Frédéric Mitterrand, Roger Hanin (filmé pendant toute sa séance dédicace, le pauvre !) ou Claude Sérillon ; le rappeur Doc Gynéco, vu alors que je m’en allais ; des stands de calligraphie et de reproductions de toute sorte.

Mon petit bilan : 7 auteurs rencontrés pour mon plus grand plaisir, après une attente de près d’une heure pour l’une d’entre eux !

medium_ferney_01.jpgAlice Ferney – particulièrement adorable avec ses lecteurs – a été la première à me dédicacer son livre après une petite discussion très intéressante. Elle m’a recommandé un livre différent de celui que j’avais choisi au vu de mes commentaires sur ma première lecture… débordant d’enthousiasme, j’ai décidé de lire chacun de ses livres (car tous me tentent !). Eh bien, j’aurai de quoi lui parler l’an prochain !
 
medium_gaude_01.jpgLaurent Gaudé ensuite : curieusement, j’ai découvert que son premier livre n’était pas la Mort du Roi Tsongor. Je ne savais absolument pas qui pouvait être Laurent Gaudé… j’imaginais sans doute un auteur un peu coincé (deux Goncourt, tout de même !) ; au contraire, c’est l’un des auteurs les plus souriants du Salon ! Il est vrai que le succès ne manquait pas… 
 
medium_izner_01.jpgClaude Izner : je n’ai rencontré qu’une des deux sœurs Izner, fort sympathique également. Abandonnée par sa sœur et les deux auteurs de polar à ses côtés, cet auteur a volontiers discuté avec moi, me conseillant sur le choix de mon aventure de Victor Legris. Voir cette dame tranquille et fort respectable se délecter des petits meurtres mystérieux de cette série, voilà un échange pour le moins amusant qui m’a donné envie de poursuivre ma découverte de cette série chez 10/18 ! 
 
medium_grimbert_01.jpgAu détour d’une allée, je suis tombée par hasard sur Philippe Grimbert, dont je voulais lire depuis longtemps Un Secret. Séance dédicace très rapide, petit photo de l’auteur (qui tenait à être prévenu du moment où il devait prendre la pose) et me voilà repartie !
  
medium_sorour_kasmai.jpgJ’avais vu qu’Alaa El Aswany dédicaçait son Immeuble Yacoubian, repéré (et souvent feuilleté) depuis un certain temps déjà. En tournant comme un fauve en cage autour du stand d’Actes Sud, j’ai rencontré l’auteur iranienne Sorour Kasmai. Les titres de ses livres m’ont attirée mais j’ai finalement opté pour un roman qu’elle avait traduit.
 
medium_alaa_el_aswany.jpgAprès être partie une fois de plus puis revenue autour du stand d’Actes Sud, j’ai vu Alaa El Aswany s’installer ; j’ai ainsi fait partie des premiers à le rencontrer. Cet auteur très distingué a été extrêmement sympathique… et m’a donné sa carte de visite pour que je le contacte et lui fasse part de mon avis sur son roman. (Quoi ?! Moi petite lectrice avoir téléphone et mail d’auteur illustre chez moi ?!) 
 
medium_gary-victor.gifEt enfin, faisant un dernier petit tour du Salon, cette fois-ci en famille, j’ai choisi un livre de Gary Victor, auteur haïtien qui a conquis mon père avec La Piste des Sortilèges. Encore une dédicace de cet auteur pour le moins plein d’humour (impossible de l’aborder sans plaisanter et se délecter de ses grands éclats de rire chaleureux). Alain Mabanckou était à ses côtés mais je n’avais pas ses livres avec moi (et j’ai déjà tous ses livres il me semble). Et puis, il a son fan club maintenant que ses Mémoires de Porc-Épic ont un grand succès !

De son côté, mon ami a rencontré Taï-Marc Le Than (l’écrivain travaillant souvent en collaboration avec Rebecca Dautremer). Nous avons trois nouveaux albums de cette superbe série… je craque !
 
Photos : Lou, 24/03/2007, à l'exception des trois dernières photos.

Et au final, voici mes petites trouvailles de la journée :
 
medium_Immeuble_Yacoubian.jpg medium_mort_du_roi_tsongor.jpg medium_leventredelafee.jpg medium_Mystere_rue_des_Saints_Peres_Claude_Izner_901277.jpg medium_a_l_angle_des_rues_paralleles.jpg medium_un_secret.jpg medium_partir_rester_revenir.jpg

23/03/2007

Mise en bouche

medium_salon_du_livre_2007.JPGDemain est un grand jour dans ma vie de lectrice : je vais enfin pouvoir me rendre au Salon du Livre, événement que j’attendais avec impatience depuis déjà un an !
 
M’armant de mon kit de survie de lectrice chevronnée, je suis allée visiter le site du Salon pour voir quels auteurs seraient présents demain.

Voici quelques noms qui devraient vous dire quelque chose :
• Alain Mabanckou
• Alice Ferney
• Sarnath Banerjee
• Claire Castillon (à force de lire des critiques positives, cette demoiselle m’intrigue)
• Philippe Ségur (même remarque, et je songe très fortement à rencontrer cet auteur demain)
• Claude Izner
• Victor Gary

Je compte bien vous faire un rapport en bonne et due forme ce week-end, mais je n’ai pas pu résister à cette petite mise en bouche !

Petit bémol : le site du Salon n’est pas franchement ergonomique, et surtout, quel calvaire que de parcourir leur liste des auteurs présents (avec un ascenseur qui n’en finit pas) ! Bien sûr la fréquentation est suffisante pour ne pas avoir besoin de faire un site parfait, mais un petit effort ne leur ferait pas de mal!

http://www.salondulivreparis.com/

13:05 Publié dans Lou's world | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook | |

17/03/2007

Si j'étais un personnage, je serais...

medium_Lectrice_Picasso.jpgMalgré toutes mes bonnes intentions de chroniqueuse fidèle et attentionnée – et malgré toutes mes mauvaises pulsions de critique acharnée, mes contributions sur ce blog sont pour le moins sporadiques en ce moment. Merci à tous ceux qui viennent régulièrement et à ceux qui laissent un petit message de temps à autres !

En attendant de vous faire part de mes dernières lectures, j’ai eu envie de « profiter » de cette accalmie de fin de trimestre pour faire appel à vous, amis lecteurs. Vous avez été nombreux à partager ici vos lectures préférées. J’ai été ravie de voir tant de lecteurs participer à ma petite enquête informelle et, ne résistant pas au plaisir de vous lancer une fois de plus un défi, en bonne curieuse, j’ai décidé de continuer sur ma lancée !

Comment ? En vous demandant quels sont vos héros et héroïnes de roman préférés ! Ceux qui vous ont fait rêver, ceux qui vous ont délicieusement agacés, ceux en qui vous vous êtes reconnus, que vous avez eu envie d’achever sur place (et qui vous ont par conséquent profondément marqués, les sentiments extrêmes nouant toujours les liens affectifs les plus forts !)… bref, ceux que vous ne voudriez oublier pour rien au monde ! Et, deuxième petite question (si vous avez le temps et si l’objectif parvient à l’emporter sur le subjectif – ce qui, pour ce genre de questions cruciales, n’est pas évident) : pourquoi ceux-là ?

J’espère que vous serez une fois de plus nombreux à me répondre et je vous fais remarquer ici ma grandeur magnanime : le nombre de réponses est illimité ! Pas de dilemme traumatisant, pas de question de vie ou de mort, pas de personnage laissé sur le bord de la route… vous pouvez laisser votre bibliothèque parler !

 
(… et pour les petits malins qui feront remarquer que je n’ai pas répondu, sachez que je suis actuellement dans une phase de profonde réflexion sur la question !)

13/03/2007

Lectrice en transe

medium_oates_beasts.JPGIl y a quelques jours, alors que l’insomnie me guettait, je me suis plantée devant ma bibliothèque à la recherche de ma nouvelle victime. Ma bibliothèque, toute tremblante, observait avec appréhension les mouvements de ma main s’approchant et s’éloignant tour à tour de livres non lus. Percevant la tension qui régnait dans la pièce et quelque peu sensible à la détresse visible de mes pauvres étagères, j’ai dit à ma bibliothèque pour la rassurer : « Ne t’inquiète pas… de toute façon, tu ne pourras pas faire pire que la dernière fois. » Ma bibliothèque, sans doute galvanisée par cet encouragement et ces débordements enthousiastes, a alors poussé vers moi un petit volume à la couverture fort sympathique. Pleine de gratitude, j’ai donc remercié ma vieille amie et me suis installée dans un fauteuil avec sur les genoux le petit volume qui, je l’avoue, m’intriguait fortement.

Je ne peux que féliciter ma bibliothèque et lui octroyer un A+ pour les progrès formidables réalisés depuis son dernier devoir. Souvenez-vous.

Le petit livre mystérieux s’intitule Beasts. L’auteur, quant à elle, n’est autre que Joyce Carol Oates, qui a fait son entrée au Lou Book, dans ma bibliothèque et dans ma vie au mois de janvier. Joyce Carol Oates à qui je vais bientôt devoir vouer un culte si elle continue à exceller avec la même persévérance déstabilisante. Cela en deviendrait presque agaçant. A quoi bon s’escrimer à écrire lorsque qu’une grande dame de la littérature a tout dit (ou presque) ? Mais je vois que je m’enflamme, ce n’est pas bon pour la popularité de ce blog (qui connaît une forte notoriété avec la gamme « ruptures cinglantes et tonitruantes »). Et au contraire, Joyce Carol Oates a le mérite de lancer un remarquable défi aux auteurs à venir !

Dans la rubrique « lettres d’amour enflammées », nous avons donc aujourd’hui Beasts et une lectrice qui a encore du mal à trouver ses mots après tant d’émotions ! Tâchons donc de rationaliser cette chronique pour le moins chaotique !

L’histoire : une jeune étudiante fait partie d’un atelier d’écriture animé par Andre Harrow, professeur charismatique qui déchaîne les passions parmi ses élèves. La narratrice, Gillian, évoque les quelques mois passés au sein de cet atelier. Solitude, mal-être et rivalités sous-jacentes sont analysés méthodiquement par Gillian, dont les souvenirs d’une précision déconcertante retracent sans retenue ni ostentation les événements marquants et le quotidien de l’année 1975, année ponctuée de fausses alertes au feu et rythmée par la relation que le couple Harrow semble entretenir avec les adolescentes.

On pourrait résumer le fil conducteur de l’histoire à cela : Gillian semble cacher un terrible secret. Quelle a finalement été la nature de sa relation avec le Professeur Harrow et son épouse ? Aurait-elle commis un crime à l’époque ? Ces possibles développements nous sont suggérés dès les premières pages. La construction savamment étudiée conduira le lecteur à travers les souvenirs de Gillian pour le ramener finalement à la scène initiale, avec cette fois-ci quelques éléments de réponse en main. Je vous l’accorde, le fil conducteur a tout du pire roman de gare. Encore une fois, tout n’est qu’apparences avec Joyce Carol Oates.

Hormis la construction parfaite de ce roman (« novella »), impossible de ne pas savourer les subtiles nuances progressivement apportées au tableau finalement assez statique de Catamount College. Les portraits de chaque personnage sont exécutés avec une exquise délicatesse, faisant de Beasts un superbe roman psychologique, passionnant à tous égards. Le tout orchestré d’une main de maître et délicatement saupoudré d’un style d’une simplicité et d’une élégance désarmantes. Progressivement happé par ce court roman, le lecteur est envoûté par la musicalité des phrases qui dansent devant lui. L’écriture est précise, nette et pourtant incroyablement sensuelle et onctueuse. Et je résumerai ma critique avec une image qui m’est venue à l’esprit à plusieurs reprises au cours de cette lecture troublante : Beasts est comme un fruit, une délicieuse pêche que l’on s’apprêterait à goûter. Toute en rondeur mais si délicate, modeste, le parfum très discret, elle n’attend que le moment où on la croquera pour libérer tous ses arômes et la pleine richesse de sa chair.

Que dire de plus ?

138 p



Citation de D.H. Lawrence :

I love you, rotten
Delicious rottenness.

… wonderful are the hellish experiences,
Orphic, delicate
Dyonisos of the Underworld

07/03/2007

Une fin sanglante

medium_patterson_noires_violettes.JPGCher James,

Dans la vie, certaines rencontres sont à éviter. C’était peut-être le cas cette fois-ci et, dans la liste des ruptures cinglantes et tonitruantes, je crois, mon cher James, que tu devras toi aussi rejoindre les auteurs éconduits.

Remarque, je dois être honnête envers toi : je n’attendais pas grand-chose de ton style, et sur ce point au moins tu n’as pas déçu mes attentes. Quoi que. Bien sûr, tes violettes noires promettaient de m’assurer une lecture facile et je ne t’avais pas choisi en espérant découvrir le nouveau Faulkner. Mais si au royaume du thriller il existe des plutôt bons, des moyens et des médiocres, je suis navrée de te dire que tu oscilles dangereusement entre les deux dernières catégories.

Pourquoi ces débordements excessifs, me dis-tu ? Les raisons ne manquent pas. Je n’en listerai que quelques-unes :

Premiers signes annonciateurs de la crise : Un personnage principal sympathique. Une histoire de pseudo vampires. Un paysage de rêve. Notre histoire avait plutôt bien commencé et, sans aller jusqu’aux débordements enthousiastes, j’ai lu avec curiosité les 100 premières pages de Noires sont les Violettes en un temps record. Oui mais voilà. L’orage n’était pas bien loin et notre relation s’est vite gâtée : une fois l’histoire lancée, quelle lenteur ! Péniblement, j’ai parcouru les chapitres suivants en étouffant un bâillement, l’enquête piétinant et le manque de profondeur des personnages ne rattrapant en rien la vacuité de l’ensemble.

Récrimination numéro 2 : Je suis plus habituée à lire des polars écrits par des femmes et j’ai l’impression qu’en bonne lectrICE que je suis, j’apprécie plus les personnages de Mary Higgins Clarke ou de Patricia MacDonald. Malgré toute ma bonne volonté, j’ai trouvé tes personnages féminins d’une masculinité désarmante. Les commentaires faits sur chaque protagoniste étaient quant à eux d’une banalité affligeante.

Faille numéro 3 : J’ai remarqué que tu avais une liste de phrases fétiche ridicules figurant probablement parmi les 10 règles d’or trônant au-dessus de ton bureau. Comme : « j’avais vraiment très envie de lui mettre mon poing dans la figure ».

Lectrice au bord de la crise de nerfs : pas trop de surprise lors de la découverte des principaux instigateurs des crimes commis. Pas de réponse ni de théorie expliquant leurs actes. En somme, tu sais semer les pièces d’un puzzle mais de là à apporter quelques réponses au lecteur… la dispute orageuse qui s’est ensuivie m’a confortée dans mon opinion : Mary, Patricia, Agatha ou même Anne comprennent mieux mon petit esprit curieux de lectrice et n’osent pas m’abandonner en cours de route. Avec toi, je me suis dit que lire 400 p ou 200 p… quelle différence ?

La rupture : comment oses-tu massacrer avec autant d’aplomb le mystère qui planait autour du Cerveau, ce vilain psychopathe qui persécute notre enquêteur préféré ? Là, je me dois de m’insurger au nom de tous les lecteurs pleins de bonne volonté qui viennent de faire la connaissance d’Alex Cross : comment oser faire de X l’ennemi public numéro 1 ? Je n’ai jamais vu un dernier pseudo rebondissement aussi pathétique : en temps normal, je ne devine jamais (ou presque) l’identité du grand méchant, quels que soient mes efforts pour ce faire. Et là, un seul personnage me semblait fait pour être le Cerveau : suffisamment antipathique, avec un rôle assez central pour donner un petit air mélodramatique à l’ensemble… mais bien sûr, je me disais que ce serait quelqu’un envers qui j’avais une confiance aveugle, car il en a toujours été ainsi. Eh bien, non ! Une plaisanterie ?

Bref, tu étais bien parti, l’histoire était prometteuse, le personnage principal plutôt sympathique. Tu restes une (toute) petite lecture de détente, mais rassure-toi, la prochaine fois que je chercherai à me changer les idées, je ne penserai certainement pas à toi. Et si j’ai le choix entre Patterson et une série télé à suspense, je crois que je pencherai pour la série, aussi suspecte soit-elle.

Ta lectrice offusquée

1coeur.jpg

 

 

400 p

James Patterson, Noires sont les violettes, 2004

06/03/2007

Challenge ABC 2007

medium_banner_blog.jpgIl y a deux mois de cela, j’ai décidé de faire une liste de mes résolutions 2007, écartant l’idée du Challenge ABC 2007 pour ne pas privilégier les lettres bizarres (Q, X…) au détriment de très bons livres s’ennuyant à mourir dans ma bibliothèque.

J’ai finalement trouvé amusant ce petit défi et, tâchant de faire se recouper quelques livres avec mon défi 2007 et de puiser essentiellement dans ma PAL et dans la bibliothèque familiale, je viens tout juste de finaliser ma liste du Challenge ABC 2007. (Admirez la sélection rigoureuse : il ne me manque que 3 livres pour relever mon défi !)

Effectivement, nous sommes en mars ! Mais après tout, pourquoi pas ? Voilà donc, amis lecteurs, les notes auxquelles vous pouvez vous attendre dans les mois à venir…
 
Littérature anglo-saxonne
Littérature asiatique
Littérature française
Littérature germanique
Littérature russe
Littérature espagnole 


ATWOOD Margaret, The Blind Assassin
BOULGAKOV, Le Maître et Marguerite
CUNNINGHAM Michael, Specimen Days
DOSTOIEVSKI Fedor, Les Frères Karamazov
EUGENIDES Jeffrey, Virgin Suicides
FITZGERALD, Tendre est la nuit

GOETHE, Les Souffrances du Jeune Werther
HESSE Hermann, La conversion de Casanova

INOUE Yasushi, Le Maître de Thé
JOYCE Graham, Lignes de Vie
KAWABATA Yasunari, Le Lac
LESSING Doris, The Grand-Mothers
MILLER Arthur, The Crucible
NIN Anaïs, The Four Chambered Heart

OGAWA Yoko, l’Hôtel Iris
PEAKE Mervyn, Titus d’Enfer
QUINT Michel, Effroyables Jardins
RUSSO Richard, Le Déclin de l’Empire Whiting
SCHNITZLER Arthur, Vienne au crépuscule
THACKERAY William, la Foire aux Vanités
UPDIKE John, The Witches of Eastwick

VIAN Boris, L’Arrache-Cœur
WHITE Edmund, Un jeune Américain
XINGJIAN Gao, La Montagne de l’Âme
YOURCENAR Marguerite, Souvenirs pieux
ZAFON Carlos, La Sombra del Viento

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04/03/2007

Petits meurtres entre amis

medium_etrange_affaire_corps_sans_vie.JPGAmis lecteurs,


Ma vie fort mouvementée et mes hautes responsabilités mondialement connues ont quelque peu affecté mon quota de lecture hebdomadaire ces derniers temps. Ce pauvre blog en est la première victime et vous m’en voyez terriblement navrée. C’est pourquoi, décidant de faire fi des contraintes qui pèsent dramatiquement sur mes frêles épaules de lectrice, j’ai décidé de faire une courte note ce week-end. Et pour cela, j’ai choisi de vous présenter une petite bande dessinée comme on les aime, à savoir originale et, ma foi, fort sympathique.

Vous me ferez remarquer avec raison que le titre n’a rien de bien avenant : L’étrange Affaire des Corps Sans Vie. On ne peut effectivement faire guère plus lugubre, je vous l’accorde. Mais cette bande dessinée est avant tout amusante et, si nombreux les cadavres soient-ils, difficile de ne pas qualifier « d’agréable » cette plaisante petite lecture !

L’histoire : fin XIXe, dans une ville de province, un homme est retrouvé mort, visiblement étranglé, à moitié dévoré. La rumeur enfle : homme ? animal ? loup-garou ? Les morts se font alors plus nombreuses, en partie cachées par la police qui profite de cette série d’assassinats pour nettoyer les quartiers pauvres de la ville de sa « vermine », essentiellement des étrangers de passage. Un étudiant en médecine ayant pratiqué la première autopsie va se charger de l’enquête, qui le conduira vers la solution la plus acadabrante qui soit. Le Corbeau, l’un des personnages, résumera bien pour moi la situation : « Si j’ai bien tout compris, on a là une histoire de meurtres en série sans tueur en série et dont le principal coupable n’a jamais tué personne ? » Si cela ne suffit pas à en intriguer quelques-uns… !

Au final, cette BD indépendante est une très agréable surprise. Le format (16/23), la qualité du papier et la couverture souple sont le petit plus de ce livre agréable à tenir et à feuilleter. L’enquête simple mais bien menée n’est pas excessivement centrée sur la résolution de l’énigme. Cependant, l’originalité de la solution devrait satisfaire ceux qui reprocheront à cette bande dessinée de ne pas suffisamment détailler l’enquête. Il nous est difficile de nous identifier aux personnages mais leur portrait n’a rien d’exagérément caricatural. Le dessin est original, humoristique et haut en couleur ; les maisons et les quartiers représentés feront envie à plus d’un lecteur ! C’est avec plaisir que nous arpentons les rues de cette charmante ville, tandis que nous lisons avec avidité cette histoire plutôt rythmée.

Bref, pour tous ceux qui cherchent des bandes dessinées différentes et pour ceux qui n’ont pas spécialement envie de lire toute une série pour enfin découvrir le fin mot de l’histoire, L’étrange Affaire des Corps sans Vie est à mon avis un très bon choix…

160 p

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02/03/2007

Autorretrato

medium_pageturner.jpgIl y a un an, j’ai suivi un cours sur l’autoportrait en Amérique latine. Avant de débuter nos analyses, on nous a demandé de rédiger notre propre autoportrait. Il fallait être aussi créatif que possible et, malgré toutes mes premières idées, j’ai finalement jeté tous mes brouillons. Non seulement je ne les trouvais pas originaux, mais je ne me reconnaissais pas dans ces autoportraits. Puis un éclair de lucidité est arrivé à point nommé (ne jamais désespérer !) et j’ai écrit un texte qui me ressemblait. Voici le résultat !

Soy un libro, una novela de más de trescientas páginas. Cuento con centenas de párrafos y millones de letras.

Si algún día te apetece leerme, me encontrarás en un pequeño piso de la calle Fuencarral, escondida en una vieja estantería de madera de color oscuro. Cubierta de polvo, amarilleada por los rayos del sol madrileño que cada mañana me despiertan al atravesar las cortinas cerradas, me quedo tranquila, dormida con mis compañeros de papel, soñando no sólo con mis páginas ya llenas, sino con las que todavía quedan por escribir.

Soy mágica. ¡ Sí, de verdad ! No te creas que me parezco a esas novelas de encuadernación artificial y de papel helado expuestas en cincuenta ejemplares en las librerías del Corte Inglés. No, yo soy única. Que la gente me lea o no me importa muy poco. Nunca he experimentado la soledad de estas novelas perdidas en un almacén, tantas historias paralizadas que nunca cambiarán y que nadie jamás encontrará. Yo vivo con millares de historias. Lo que me hace especial, es que cada día me voy escribiendo, reinventándome a cada hora.

Soy una novela muy extraña. No tengo edad ni límites. Soy yo y soy todos. Las páginas que me componen están llenas de vidas, de lugares y de épocas. No importa que sean reales o ficticios. No importa que nadie nunca se entere, que viva sola con todas mis identidades, mis fantasmas olvidados y sus rasgos borrosos.

Entre mis líneas se encuentran seres queridos, los que veo cada día y los que se han ido a otras esferas, siempre formando parte de mis historias presentes y futuras. Entre mis párrafos se esconden lugares mágicos, paísajes encantadores, campos castellanos de color vivo, océanos de azul profundo, islas vírgenes donde llueven frutas tropicales. Los he contemplado todos millones de veces, con los ojos muy abiertos o con los párpados cerrados. Tampoco soy una novela paralizada por el tiempo. Viví en Londres en el siglo diecinueve y en Luisiana en varias épocas. Me quedé en palacios de toda clase, perseguida por fantasmas encadenados en Escocia, luchando con brujas en casas de azúcar en Alemania y buscando tesoros en viviendas oscuras y húmedas en el resto del mundo. Soy estas experiencias, estos lugares y estas personas. Juntos, son mi verdadera historia y mi propia personalidad.

En realidad, es difícil diferenciarme de los demás libros. Cuando uno me ve, nota en silencio : “este libro ha vivido”. Y con respeto – y, a veces, con cariño – me vuelve a poner con suavidad sobre mi estantería, como si mis páginas desprendieran un aura misteriosa, casi mística que le permitiera a uno ver que pertenezco a otro mundo. Sin embargo, soy un libro que se parece a los demás. Un libro de bolsillo con un dibujo a tinta china impreso en la encuadernación. Mi novela tampoco se diferencia de las demás. Mis verdaderas palabras se escriben en silencio, con tinta invisible.

Soy un libro y ya no se ve mi título. Soy una novela increíble, una mezcla de historias y de líneas que cuentan millares de vidas, incluso la mía propia. Soy compleja, por eso no se puede hablar de mí sin tomar en cuenta todos estos elementos que, no sólo no son ajenos a mí vida, sino que me componen y, una vez structurados, forman mi identidad. Describirlos es describirme. Me permite destacar mi personalidad y, al hacer el retrato más extraño, más irrealista que sea, describirme con fidelidad al subrayar lo que soy dentro, fuera de las miradas exteriores.

Nunca he tenido que describirme, hacer mi propio retrato. Sin embargo, si tuviera que hacerlo, así lo haría, porque llevo dentro de mí una inmensidad de imágenes, de caras, de palabras, de gestos y de músicas que remiten a lecturas pasadas o futuras y que, juntos, determinan lo que soy. Soy un libro.

 

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01/03/2007

Diamonds are a girl’s best friends

medium_capote_breakfast_tiffanys.jpgVoilà six jours que j’ai terminé Breakfast at Tiffany’s… malgré cette note qui tardait à venir, cette lecture est loin d’avoir été fastidieuse !

Avec ce court roman écrit à la première personne, Truman Capote signe le livre le plus authentiquement américain qui soit. Hollywoodien, devrais-je dire. Impossible de ne pas voir une actrice à la Audrey Hepburn lorsque Holly Golightly se met à jacasser. Ne vous méprenez pas : je n’ai pas vu le film et n’ai pas revu ses scènes au tournant de chaque page de mon précieux petit roman. Mais je ne suis pas sure non plus de le voir à l’avenir, de peur de gâcher le souvenir de cette lecture si fraîche et si vivante.

La pétillante Holly donne au récit son ton dynamique, aussi instable - et insupportable – soit-elle. Chaque intervention de cette petite brunette maigrichonne est un flot de paroles intarissables qui rappelle immédiatement tous ces vieux films hollywoodiens où les héroïnes rivalisent de superficialité et de monologues surexcités. Seulement, là où le cinéma en fait parfois un peu trop, Truman Capote réussit un coup de maître avec ce récit brillant et incisif. Les dialogues mêlent langage courant et beauté des mots. La narration est fluide, le style simple et élégant.

Le narrateur, un écrivain qui n’est pas sans rappeler un certain Truman, apporte quant à lui une touche d’ombre au récit. S’il est au final plus équilibré et sans doute moins malheureux que la frivole Holly, ce narrateur se pose en observateur privilégié, parfois intrus, parfois voyeur, toujours étrangement réservé lorsque l’on considère le tourbillon dans lequel sont entraînés les personnages qui gravitent autour de Holly.

Cet excellent récit était suivi de trois nouvelles, House of Flowers, A Diamond Guitar et A Christmas Memory. Toutes agréables à lire, elles font cependant pâle figure à côté de Breakfast at Tiffany’s dont on savoure avec délectation le style, l’ambiguïté des personnages et la complexité de l’histoire pourtant a priori simple.

House of Flowers est l’histoire d’une prostituée qui tombe sous le charme d’un jeune paysan et part vivre avec lui dans la maison familiale. Là l’attend l’horrible grand-mère du mari, une vieille autoritaire pour le moins inquiétante. A Diamond Guitar est l’histoire d’un camp de prisonniers qui voit arriver un Latin avec une guitare couverte de diamants. Le nouveau venu se lie d’amitié avec un prisonnier à vie et lui propose de fuir, au péril de sa vie. A Christmas Memory, ma nouvelle préférée, est l’histoire écrite à la première personne d’un homme se remémorant les Noëls de son enfance, à l’époque où des liens étroits le liaient à une parente âgée. Dans une maison emplie d’inconnus membres de la même famille, le narrateur découvre les joies simples de Noël, un bonheur qui ne tardera pas à se faner.

Vous l’aurez compris, malgré mon silence obstiné et fort malveillant, ma première rencontre avec Truman Capote s’est soldée par un coup de foudre. Chroniqueuse KO prête à poursuivre son aventure trumanienne prochainement !

157 p